Chapitre 7: Gemini
Après cette nuit-là, Draco l'ignorait encore mais tout était perdu. Irrémédiablement.
Scorpius devint le premier véritable ami d'Albus. Ce fut d'abord de simples coups d'oeil pendant les leçons d'Astoria, des moments complices où sans se le dire, ils se rappelaient tous les deux la nuit sous les étoiles. C'était leur secret, quelque-chose qui les liaient pour toujours, comme s'ils avaient enfreint ensemble une loi terrible gravée dans le marbre par le père de Scorpius.
Albus ne cessait de repenser à ce qu'il avait senti les traverser tous les deux lorsqu'il avait osé effleurer son camarade. Il n'avait plus tolérer le moindre contact depuis le Loup. A présent, il ne cessait d'y penser. Il avait peur, mais il mourait d'envie de toucher Scorpius à nouveau. Et contrairement à avant, il n'avait plus envie de s'empêcher d'y penser.
Le fils de Draco revint visiter Albus durant la nuit quelques jours plus tard, alors qu'il hurlait à nouveau. Juste une autre fois, se disait Scorpius. Cette fois-ci, Albus pleura moins longtemps. Ils construisirent de nouvelles constellations ensemble dans leur ciel, des constellations qui n'existaient pas comme le Draco Vociférus qui parvint presque à faire rire Albus quand, à son grand ravissement, aussitôt fini il commença à agiter le poing dans le ciel en menaçant les autres astres. J'y étais presque, avait pesté Scorpius en son fort intérieur. Il voulait terriblement parvenir à le faire rire. Quand la fois suivante il revint sans avoir entendu Albus crier, et le trouva en train de l'attendre sur son lit encore réveillé, les deux jeunes hommes comprirent silencieusement avec un mélange de curiosité et de vague culpabilité qu'ils étaient amis. Jamais encore Scorpius n'avait désobéis à ses parents, et cette tension dans sa poitrine où son cœur battait la chamade était follement excitante. Ils parlaient des heures entières sous les couvertures serrés l'un contre l'autre, à chuchoter tout bas, discutant de choses dont ils n'avaient jamais parlés avec personne, dont ils n'auraient jamais imaginés pouvoir un jour s'ouvrir à quelqu'un.
Scorpius lui parla de ses craintes de ne pas tomber amoureux d'une fille et de laisser la famille Malefoy sans héritier, de comment il trafiquait les affreuses blagues de certains Serpentard en cachette alors même qu'il y avait participé, simplement parce qu'il craignait qu'elles fassent du mal à quelqu'un. Mais aussi du genre de choses que James et ses amis lui avait fait chaque année depuis trois ans, et d'à quel point il avait trop honte de sa faiblesse pour les dénoncer à qui que ce soit. Albus aussi avait l'impression de faire semblant, semblant d'être un Potter, semblant d'avoir des amis, comme si ceux avec qui il passait sa journée étaient attachés à celui qu'il était censé être et pas celui qu'il était. Scorpius rougit jusqu'à la racine des cheveux quand Albus lui révéla qu'il avait été amoureux de son père, et en ressenti une étrange contrariété, comme si Draco en était responsable. Très rarement, Albus passait lentement les doigts sur les siens, sans raison particulière, sans vraiment le regarder. Et secrètement Scorpius était étrangement fier, heureux d'être celui qui avait le droit de le toucher. Comme si le brun était rien qu'à lui.
En journée, ils continuaient à ne pas se fréquenter et à adopter une sage distance, sous le regard attentif d'Astoria qui fronçait les sourcils au moindre début de sourire entre les garçons. Mais elle était trop satisfaite de voir Albus obéir enfin docilement lorsqu'elle lui ordonnait de se battre contre Scorpius, de frapper, de se laisser frapper, pour chercher plus loin.
Tromper la vigilance de Drago, ce qui était si terrifiant au début, devint vite comme un jeu pour les deux adolescents. Cela faisait si longtemps qu'Albus n'avait joué à rien. Le manoir leur ouvrait silencieusement toutes sortes de portes dérobées pour leur permettre de disparaître et que le maître de maison ne réalise les avoir perdus que bien trop tard. Evidemment, s'ils avaient su pourquoi ils ne devaient pas se lier l'un à l'autre, tout aurait été très différent. Albus se serait enfui dans la nuit le plus loin possible sans se retourner, Scorpius n'aurait plus jamais pu faire face à son père, ni à Albus lui-même. Mais en ce temps là ils étaient encore si jeunes. Et ni Albus ni Scorpius n'avait jamais eu une personne rien qu'à lui auparavant.
Le grenier était devenu leur repère. Il était immense, comme toutes pièces du manoir, et il regorgeait de trésors qui fascinaient Albus. A son grand ravissement, il trouva un télescope, puis un astrolabe. Le garçon se demandait souvent comment le grenier pouvait être au quatrième étage alors qu'il y en avait un cinquième, mais il savait qu'on n'avait même pas le droit de parler de ce qui se trouvait au cinquième étage. C'était dans le grenier qu'ils avaient accrochés les cartes du ciel que traçait Albus et que s'ébattaient maintenant les dessins de Scorpius. C'était dans ces moments là que Scorpius apprenait à Albus toutes les choses les plus intéressantes.
Albus n'était pas toujours sûr d'être d'accord, mais il aimait la façon dont Scorpius le regardait quand il lui racontait, comme s'ils étaient les deux seules personnes au monde. C'était des moments à eux, où le jeune blond parlait comme s'ils partageaient quelque-chose d'unique, quelque-chose que personne d'autre ne pourrait jamais comprendre.
-Ma mère dit qu'être un loup, un paria, ça peut aussi être une incroyable chance. La société condamne un tas de choses stupides, elle impose des règles injustes. Mais nous, elle ne veut pas de nous. On est libres. On est des êtres naturels, en connexion directe avec tout ce que l'être humain a de plus primitif, de plus basiquement pur en lui. C'est sûr que c'est dangereux, c'est violent. Mais ca l'est parce que c'est sauvage, c'est ce que sont les animaux. Les règles ne s'appliquent pas à nous. Tu comprendrais mieux si tu faisais parti d'une meute.
-Scorpius... les autres, où sont-ils? Votre meute, à ta mère et toi. Il ne peut pas y avoir que vous deux et les quelques loups qui travaillent ici, pas vrai ?
Après cette fois-là dans sa chambre Albus n'avait plus jamais revu Hannibal, l'immense jardinier qui chantait si bien. Il savait aussi que la cuisinière, une petite femme replète nommée Lizzy qui s'épouvantait toujours qu'Albus ne se resserve pas trois fois de tous ses plats, faisait également partie de la meute. Mais il avait du mal à croire que les gaïas n'étaient que quatre. Il se demandait parfois si les autres n'étaient pas au cinquième étage, Charon en avait parlé comme s'il y avait de nombreux habitants là-haut.
Mais Albus n'en avait jamais vu descendre un seul.
-Les loups-gaïas sont au moins deux cent. On ne vie pas tout le temps ensemble. On est trop puissants. Les meutes les plus fortes vivent au naturel, ou ses membres se séparent de temps en temps, sinon ça finirait par se savoir que des loups-garous qui vivent comme des humains sont rassemblés dans un endroit comme celui-ci. Pour les gens normaux une telle concentration de loups un minimum civilisés ça ressemble toujours à une rébellion en préparation. C'est rare que l'un d'entre eux décide de s'isoler presque entièrement comme ma mère, en général ils sont dispersés en plus petites meutes d'une vingtaine de loups. Mais la vie de mon père est ici, tu comprends.
-Alors... elle va rejoindre sa meute, bientôt, quand on ira à Poudlard ?
Il n'avait pu empêcher de laisser percer une certaine tension dans sa voix, teintée d'une possessivité qu'il ne se connaissait pas. Il n'osait pas demander si Scorpius partirait lui aussi parce qu'il craignait trop de lui donner cette idée. Mais la réponse du blond le prit de court :
-C'est la meute qui va nous rejoindre. C'est très rare d'avoir un territoire pareil, ici c'est un des meilleurs endroits qu'on a pour vivre en paix en étant nous même, il y a plein de places, pas un humain à la ronde, on peut se transformer comme on veut... Ils y passeront quelques mois avant de se disperser à nouveau en plus petits groupes. Ils seront encore là quand on partira pour l'école.
Albus tenta d'imaginer le manoir Malfoy, rempli de loups comme il avait craint de le trouver à son arrivée. Il en saisissait mal toutes les implications. Une pleine lune avec deux cent loups garous. Scorpius commençait à comprendre quand il était nécessaire de rassurer Albus :
-Ce sera nouveau pour moi aussi, tu sais. Ils viennent deux fois par an mais je ne savais pas qu'ils étaient des loups-garous, avant. Je ne savais même pas que j'en étais un moi même, mais ils ne m'ont jamais mangé pour autant.
Albus ouvrit de grands yeux. Scorpius le trouvait absolument adorable quand il faisait ça, à chaque fois qu'il apprenait quelque-chose sur son nouveau monde. Le jeune Malfoy se réjouissait d'avoir une longueur d'avance sur lui et d'être celui qui pourrait lui apprendre.
-Comment ce serait possible ?, s'étonna Albus. Ta mère en est une.
-Et pas mon père. J'avais de grandes chances de ne pas être un loup, d'ailleurs c'est pour ça que les unions avec des humains sont désapprouvées. Mes parents... ils ont voulus croire que ça irait, tu vois? Que peut-être ce n'était pas la peine de me charger avec ça, que je n'avais pas besoin de trembler chaque nuit en me demandant si c'était pour la prochaine pleine lune.
-Mais... et si t'en étais un?
-Ils pensaient qu'on aurait le temps d'en parler, de m'apprendre la nouvelle en douceur. Qu'il y aurait des signes avant coureur. Et comme en fin de compte, j'ai muté avec plusieurs années de retard... ça faisait longtemps qu'ils avaient arrêtés de l'envisager.
-Comment faisaient-ils, quand la meute de ta mère était au manoir? Il y avait des loups-garous partout !
Scorpius grimaça.
-Mon père mettait un peu de potion de naïveté dans mon petit-déjeuner tous les matins.
-Une potion qui rends naïf ?Juste comme ça ?
-Elle est très dure à préparer, à ce qu'il paraît. Et ça ne marche pas si tu sais que tu la prends, évidemment. Mais il suffit de quelques gouttes, et tu ne vois plus que ce qu'on te fait voir. Ma mère me disait simplement que les membres de la meute, qu'ils soient sous leur forme humaine ou lupine, n'étaient pas des loups-garous. Et donc pour moi c'était vrai. Je ne cherchais pas plus loin, ils pouvaient bien se transformer sous mes yeux je ne faisais pas attention à eux et je ne les soupçonnaient pas une seconde. Quand ils partaient, je n'y pensais plus. Tout ce que je croyais savoir, c'était qu'on reçevait des cousins au manoir de temps en temps.
Albus ne su pas quoi penser. Son propre père ne lui aurait jamais fait une chose pareille. Ca paraissait étrangement immoral, de priver ainsi quelqu'un de son jugement. Mais les Malefoy pensaient sans doute la même chose des potions que les Potter faisaient prendre à Albus pour le faire réfréner sa nature lupine. Drago lui avait clairement interdit de continuer à en boire, mais Albus ne les avait pas toutes arrêtés. Il en avait un peu honte et ne l'avait même pas dit à Scorpius.
-Ca a l'air... mal, ne put tout de même s'empêcher de dire le brun.
Scorpius haussa les épaules, mal à l'aise.
-C'était la seule solution. Au début c'était des sortilèges d'amnésie, mais c'était dangereux et tout le monde devait tout le temps faire attention de ne pas se métamorphoser devant moi, c'était invivable. La magie est brisée si on raconte la vérité à la victime quand elle n'est pas sous l'emprise de la potion. Donc maintenant, je me souviens de tout. Ma mère m'a tout raconté le lendemain de ma transformation.
-...le lendemain?
Albus avait toujours vu Scorpius comme un privilégié. Déjà du temps de Poudlard, et encore d'une certaine façon avec son statut de né-loup-garou. Ses parents n'avaient pas peur de lui, ils avaient su quoi faire, Scorpius n'avait jamais craint la bête en lui ni éprouvé le moindre malaise à passer d'un corps à l'autre. Albus pensait que l'héritier de la famille Malefoy n'avait jamais eu de problèmes. Pourtant les ombres qu'il trouvait dans son regard lui était presque familières.
-Je croyais que tu étais revenu ici avant la fin des cours parce que ta mutation s'éveillait et que tes parents voulaient que tu sois avec eux ?
-Non. Je suis revenu parce que ma mutation s'éveillait, mais je ne savais pas ce que c'était. Je pensais que j'étais malade, ou quelque-chose comme ça, et ils m'ont laissés revenir parce qu'ils ont crus que ce serait la fièvre charbonneuse qui se répandait dans l'école, la même qui t'as fais rentrer plus tôt cette année. Ils n'ont rien soupçonnés de la vérité parce que je suis trop vieux, ils ont arrêtés d'envisager que je puisse être un loup depuis des années. Un né-loup-garou sent toujours le loup à l'intérieur, même avant la mutation, même si je ne savais pas ce que c'était mais... il a commencé à se réveiller. Dans ma tête. Je sentais quelque-chose s'agiter en moi, quelque-chose d'horrible, et je n'osais pas en parler à mes parents. Je volais des trucs dans le bureau de mon père pour essayer de me soigner. Et quand j'ai compris que ça grandissait en moi avec la lune... (il adressa à Albus un regard embarrassé) j'ai eu peur que si mes parents apprenaient ce que j'étais... enfin... le soir de la pleine lune j'ai essayé de prendre de l'aconit tue-loup. C'est juste une fleur, mais pour les loups-garou en avaler est absolument mortel. Je voulais tuer la chose en moi avant qu'elle ne s'éveille, je pensais que si je le faisais avant ma première transformation ça tuerait la bête et pas moi. J'étais désespéré.
Le cœur d'Albus manqua un battement.
-Avec le recul, c'est vraiment ridicule, pas vrai? Mes parents et moi on se cachaient la même chose. Comme ma mutation n'était pas tout à fait arrivée à son terme ça ne m'a pas tué. Et puis je n'en avait prit qu'un peu. Mais ça a fait horriblement mal, ça a rendu mon loup complètement fou, encore plus dangereux. Je me suis transformé tout seul, dans ma chambre. J'ai cru que j'étais en train de mourir.
Albus ne pouvait pas l'imaginer. Il avait connu la première mutation. Lui, au moins, avait eu conscience de ce qui était en train de se produire. Ca avait éclairé la situation dans toute son horreur bien-sûr, mais ne pas comprendre ce qui était en train de nous arriver, ne pas en avoir la moindre idée, sentir chaque parcelle de son corps devenir celle d'une bête sans... sans savoir ? Le pire était peut-être la suite, que Scorpius lâcha en fixant le sol, un peu plus pâle:
-Et j'ai essayé de tuer mon père. Le seul humain dans la maison.
-C'est pour ça que c'est tellement tendu entre vous, qu'il est tellement...
-Froid? Je ne sais pas. Je pense que le plus difficile pour lui ça a été de ne pas me tuer. Depuis quelques temps il a changé. Il ne me regarde plus. Je suppose que c'est peut-être normal. Il se souvient de cette nuit, pas moi.
Il y eut un moment de silence, durant lequel une infinité de choses flotta entre eux. Les souvenirs de leur première transformation.
-Je sais que ce n'est pas pareil, ajouta hâtivement Scorpius sans le regarder. Que pour toi c'était... que cet homme t'as... fais du mal. C'était pervers, tordu. Je dis juste que vivre cet instant sans personne, sans le vouloir, terrorisé, persuadé que si ça ne te tue pas tu vas rester cette chose pour toujours... ça, je peux voir. Un peu.
-Alors... ça vient réellement de commencer, pour toi aussi ?
-C'était il y a juste deux mois. Je n'en sais pas beaucoup plus que toi, reconnu finalement le blond un peu à contrecoeur.
Albus éprouva une étrange joie à l'idée qu'ils allaient pouvoir parcourir ce chemin ensemble. C'était la première fois qu'il ressentait quelque-chose d'apparent à du soulagement depuis le début de tout ça, et il s'y attacha avec bonheur, comme un garçon mort de froid se réchauffe à un bon feu.
XXX
Quelques jours à peine après la morsure d'Albus, Harry avait tué Ted Lupin. Teddy avait insisté, et c'était son idée, mais cela restait abominable. Harry ne l'avait contacté que pour demander à Ted de lui envoyer les vieux journaux intimes de son père s'il les avait encore, mais le fils de Rémus Lupin avait eu une idée bien plus intéressante. C'était un sorcier brillant, qui avait toute la malice de sa mère et l'intelligence de son père, il adorait apprendre ce qu'il n'avait pas le droit de savoir. Les histoires d'Harry l'avait souvent fasciné, mais celle des Reliques de la Mort plus que tout autre.
Il était venu rendre visite aux Potter pour proposer à Harry d'user d'un sortilège très ancien que seul quelqu'un qui était ou avait été le Maître de la Mort pouvait utiliser. Une magie absolument illégal, et que le Survivant n'aurait jamais employé si la situation n'avait été absolument effroyable. Ted était le filleul de Harry, et il l'avait toujours aimé comme un petit-frère. Il avait parlementé pendant des heures avant d'enfin faire ce qu'il avait à faire.
Avada Vocare.
Un sort capable d'échanger la vie d'une personne qui se sacrifie volontairement contre celle d'un mort de sa lignée. Le sortilège ne durait qu'aussi longtemps que l'agonie du mort avait duré. Durant trois minutes, dans une lumière verte affreusement similaire à celle du simple avada kedavra, Ted avait été remplacé par son père, Rémus, ou en tout cas sa silhouette évanescente qui peinait à se maintenir parmi eux. Harry aurait un million de choses à lui dire mais il n'en avait pas le temps, et Rémus qui le savait fort bien n'avait rien demandé. La voix tremblante comme celle d'un gosse malgré ses efforts, désespéré qu'il veuille bien l'admettre ou non, Harry lui avait parlé d'Albus, de sa morsure. Rémus Lupin était le seul et unique loup-garou qu'Harry ait jamais connu, le seul qui avait expérimenté presque exactement ce qu'Albus était en train de vivre. L'expression de Rémus était difficile à observer dans la lumière, mais Harry était certain de ne jamais l'avoir vu aussi accablé.
-Je suis désolé, Harry, avait-il dit. Le petit n'est plus à ta portée.
A toute vitesse Rémus lui avait parlé de son enfance, où sa famille avait dû déménager plusieurs fois par an pour protéger son secret ou fuir ceux qui l'avaient découvert. Il lui avait parlé des potions qui pouvaient lui permettre de garder le contrôle de sa transformation, expliqué à quel point la tue-loup était chère et empoisonnait le corps, et qu'il devrait employer des élixirs moins pratiques. Il lui avait expliqué comment lui-même avait complètement renoncé à retourner chez ses parents pour leur permettre d'enfin vivre en paix. La douleur de la transformation, dont Harry se souvenait si bien pour l'avoir vu, et les affres dans lesquels sombrait un loup-garou à l'approche de la pleine lune.
Tout cela, Harry ne s'y attendait que trop et croyait s'y être préparé, même si ça l'avait dévasté. Il l'avait invoqué pour recevoir plus que ça, des solutions, quelque-chose qu'il ne saurait pas déjà. Pourtant, ce furent les derniers mots de Rémus qui devraient le hanter encore longtemps, des mots qui n'avaient plus rien à voir avec le reste. Il hésita un instant avant de dire :
-Harry... il se trame quelque-chose ici. De mon côté. Quelque-chose de mauvais.
Harry en avait été déconcerté. A vrai dire, c'était peut-être horrible, mais il ne voulait pas savoir. Il n'avait le temps pour rien, et certainement pas une nouvelle aventure, il ne voulait qu'aider son fils. Mais il savait aussi que Lupin en avait parfaitement conscience et qu'il serait le dernier à le tourmenter avec des problèmes qui ne le concernait nullement. A moins, justement, que ça ne le concerne.
Rémus n'avait pas le temps de lui expliquer. Il avait tout utilisé pour parler d'Albus et il le savait. Alors il dit simplement le plus important, en sachant qu'Harry ne comprendrait peut-être que trop tard :
-Il y a peut-être déjà d'autres Maîtres de la Mort, les murailles s'effondrent, il faut que tu te renseignes sur la première fois que quelqu'un a essayé.
-Essayé de quoi ?
-L'inverse, Harry, quelqu'un qui a essayé de venir ici, de savoir ce qu'on n'a pas le droit de savoir. Le timing... est-ce que tu es sûr que ton fils est un loup-garou? Est-ce que ce n'est pas un...
Et puis le vieux lycanthrope avait disparu aussi brutalement qu'il avait surgi sans parvenir à en dire davantage.
Ca m'a mis un certain temps pour poser le décor mais j'y suis, prochain chapitre on entre dans l'action X'D Prochainement : le cinquième étage
