Tyrion aurait pas pu expliquer l'intense sentiment de soulagement qui l'envahit quand il vit son frère dans l'encadrement de la porte de la Grande Salle de Winterfell, suivi par les généraux des armées Lannister, Sercilia, son dæmon, à ses côtés.

Jaime avait l'air fatigué, éreinté. Une barbe hirsute, qu'il n'avait pas pris la peine de raser, recouvrait désormais la moitié de son visage, qui, associée à ses cheveux grisonnants, lui donnait facilement dix à vingt ans de plus.

Cersei avait tenu la parole. Cersei leur avait envoyé ses armées.

Il ne manqua pas le regard déçu de Daenerys. Elle pensait que si Cersei avait trahi sa promesse, elle serait décrédibilisée. Ou, les généraux de ses armées venaient d'arriver.

Daenerys venait donc de perdre un potentiel d'appui dans sa conquête du Trône de Fer.

Tyrion se pencha pour regarder Sansa, à la gauche de Jon.

Elle avait l'air soulagée, elle aussi, et il se doutait que son expression à elle n'était que le reflet de la sienne.

Mais il fut bien obligé de détourner ses yeux d'elles quand Daenerys, qui avait bien vite repris ses esprits, appela:

'' Ser Jaime Lannister? ''

Son frère s'avança.

'' Vous dites être ici au nom de votre sœur, Cersei Lannister. Mais pourtant, elle n'est pas là. ''

Jaime se sentit devenir livide.

'' Non, en effet. ''

'' Puis-je vous demander pourquoi? ''

Des murmures approbateurs commencent à se faire entrer dans la salle.

Il redoutait cette question.

Que pouvait-il bien répondre?

Ils y avaient pensé au début. Ils s'étaient dit qu'il serait peut-être préférable que Cersei les accompagne dans le Nord, histoire de montrer qu'elle était réellement impliquée et qu'elle se souciait de la sécurité de son royaume.

Mais son état actuel avait rapidement mis fin à cette idée. Il était hors de question pour Jaime de laisser Cersei faire la longue route jusqu'à Winterfell en plein hiver alors qu'elle était enceinte, même si elle avait d'abord insisté, ne voulant surtout pas le laisser y aller tout seul.

Il était absolument hors de question qu'il dévoile que la raison de l'absence de Cersei était sa grossesse.

Daenerys ne devait surtout pas savoir que Cersei était enceinte.

Heureusement, Tyrion vola à son secours:

'' Votre Majesté, notre sœur a promis de nous envoyer ses armées pour nous prêter main forte pendant la Longue Nuit. Jamais elle ne s'est engagée à venir elle-même à Winterfell. ''

Daenerys le regarda d'un œil mauvais, visiblement mécontente qu'il réponde à la place de son frère alors qu'elle cherchait évidemment à le mettre en difficulté.

'' Tous les bons chefs de guerre accompagnent leurs armées où elles vont. Je commence à me demander si ça ne serait pas plutôt la preuve que vous êtes venu, en entraînant les armées de votre sœur, mais sans pour autant avoir sa permission. ''

A ces mots, Jaime sourit.

Cersei avait senti le coup venir, et ils avaient anticipé le problème.

Il sortit un rouleau de parchemin dont le sceau de cire dorée représentait le lion des Lannister, et le tendit à Sansa.

Elle le prit, le montra à tout le monde dans la salle, et annonça d'une voix forte:

`` Le sceau de la reine Cersei, intact. ''

Elle décacheta le message, et le lut à voix haute:

'' Je, soussignée Cersei de la Maison Lannister, Reine des Andals et des Premiers Hommes et Protectrice du Royaume, déclare déléguer à mon frère Ser Jaime, de la Maison Lannister, le commandement de l'intégralité de mes forces armées, afin de les conduire au Nord et de se battre dans la guerre contre les Marcheurs Blancs et l'armée des morts aux côtés des forces déjà présentes sur place. ''

Avant même de savoir si Sansa avait fini de lire la missive, Daenerys intervint:

`` Puis-je voir cette lettre, Lady Sansa? ''

Sansa lui jeta un regard noir, que Daenerys ne manque pas de remarquer, mais lui tendit le papier.

Cela ne pouvait pas être si simple. Cela ne devait pas être si simple.

Cela semblait juste inconcevable que Cersei ait engagé aussi facilement ses soldats dans cette guerre.

Et pourtant, c'était la pure vérité.

Lorsque Daenerys eut le morceau de parchemin déroulé sous les yeux, elle dut bien admettre que Sansa avait lu exactement ce qui était écrit.

La calligraphie était délicate, élégante et soignée. La lettre ne pouvait pas avoir été écrite que de la main de Cersei elle-même.

A moins que…

'' Lord Tyrion, pouvez-vous examiner ce message et me dire s'il s'agit bien de l'écriture de votre sœur? ''

Elle jeta un coup d'œil à Jaime, avant de poursuivre:

'' Il serait dommage, après tout, de nous laisser abuser ... ''

Tyrion prit la lettre des mains de Daenerys, et, n'arrivant pas à voir où se déroule le piège, baissa les yeux dessus.

`` Oui, Majesté, il n'y a aucun doute, c'est bien l'écriture de Cersei. ''

«Bien, bien…»

Mais non. Ce n'était pas bien. Tyrion pouvait le voir dans les yeux de Daenerys.

Heureusement, avant que le malaise induit par le silence général ne devienne trop pesant, Sansa intervint, et demanda à Jaime:

`` Combien d'hommes avez-vous amenés avec vous, Ser Jaime? ''

Il lui sourit poliment:

'' Quinze mille, ma Dame. ''

Mais la voix froide de Daenerys interpella à nouveau le chevalier:

'' Et où sont-ils? Je ne les vois nulle part. ''

C'est à elle que Jaime sourit, mais ce n'était plus le sourire aimable qu'il avait réservé à Sansa.

Cette fois, c'était un sourire arrogant, qui le ramena presque dix ans plus tôt, quand il se tenait debout dix ans plus tôt dans la même salle, en train de railler Ned Stark pendant que Cersei surplombait la salle, assise sur l ' estrade qui avait été dressée à l'intention de la famille royale, une vraie souveraine, contrairement à Robert qui, au beau milieu des gens du commun, s'amusait à tripoter les jeunes filles qui mettent le service et à boire de tout son saoul .

'' En effet. Ils arriveront à la première heure demain matin, ma Dame. ''

Ver Gris, qui s'était approché des soldats Lannister, comme pour les examinateurs sous toutes les coutures, se rapprocha encore plus de Jaime, et, presque nez à nez avec lui, siffla:

«Pas» ma Dame ». C'est '' Votre Majesté ''. ''

Mais Jaime ne recula pas:

''Non. Non, pas '' Votre Majesté ''. Je n'ai pas ployé le genou devant Daenerys, de la Maison Targaryen, moi. Je suis comme Jon Snow. Je ne peux pas servir deux reines. ''

`` Daenerys de la Maison Targaryen est la vraie reine. ''

'Ma vraie reine est à Port-Réal. C'est elle qui m'envoie, et c'est elle qui est assise sur le Trône de Fer, pas Daenerys Targaryen. J'ai juré fidélité à ma sœur. C'est un serment que je n'ai pas l'intention de briser. ''

Alors que Ver Gris s'apprêtait à dégainer se servir de sa lance, qu'il tenait dans une main, quitte à commencer une bataille entre les soldats Lannister et les Immaculés, Sansa intervint, avant que tout ne dégénère:

'' Nous avons conclu une trêve avec Cersei Lannister. Cela inclut que nous acceptons, pour le moment du moins, que c'est elle, la reine. Daenerys le sera quand elle aura représailles le Trône de Fer, mais ce n'est pas d'actualité. Nous avons besoin de tous les hommes présentent capables de se battre. Inutile d'en perdre plus que nécessaire pour des broutilles. ''

Ver Gris attendit de longues secondes, avant de finalement reculer à contrecœur, tout en lâchant pas Jaime des yeux, un regard assassin dans les siens, yeux noirs contre yeux verts.

Son dæmon, une chienne, qui s'était approché de Sercilia, commença à lui montrer les dents, mais, quand la lionne commença à faire de même, et à pousser un grognement, elle retourna auprès de Ver Gris.

Daenerys n'aimait pas du tout ça.

Les Lannister étaient peut-être la dynastie actuelle, mais cela n'allait pas durer. Elle allait s'en assurer.

Les lions passent pas supérieurs aux dragons. Personne ne l'était.

oOo

Si Daenerys pensait qu'elle ne pouvait pas être plus irritée par les Lannister que le soir de leur arrivée, elle s'était trompée.

Quand les hommes de Cersei arrivèrent à Winterfell, elle ne put ignorer l'accueil que leur réserva les Nordiens.

Les Lannister avaient beau avoir été les ennemis des Stark toute la guerre durant, les loups ayant été la proie des lions, les habitants du Nord semblaient plus soulagés, moins effrayés, de les voir arriver qu'ils ne l'avaient été quand les Dothrakis , les Immaculés et les dragons s'étaient établis devant eux.

Quand Daenerys le fit remarquer à Jon, il se contenta de lui répondre:

''Les Nordiens se méfient des étrangers. Les Lannister ont peut-être été nos ennemis pendant longtemps, ils demeurent toujours des armées de Westeros, des chevaliers des Sept Couronnes.''

Il prit une profonde inspiration avant de continuer :

''Pour être parfaitement franc, les Dothrakis et les Immaculés n'ont pas vraiment une bonne réputation à Westeros. C'est pour ça que les habitants du Nord ont été encore plus réservés. Et ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir deux dragons, par ici.''

Cela ne suffit pas à convaincre Daenerys. Elle était persuadée qu'il y avait plus.

Les paroles de Ser Jorah revinrent à son esprit, quand elle avait parlé avec lui de Sansa.

Elle a parlé à Cersei, et, d'une manière ou d'une autre, a réussi à la convaincre, non seulement de faire provisoirement la paix avec nous, mais aussi de nous appuyer, et de nous prêter main-forte en nous envoyant ses armées. Je trouve cela légèrement suspect.

Et tout prêtait à penser qu'il avait raison. Même si Sansa lui avait prétendu le contraire.

Je vous prie de me croire sur parole quand je vous dis que personne au monde ne souhaite plus que moi voir la tête de Cersei Lannister sur une pique.

La jeune Stark avait semblé anormalement soulagée de voir débarquer les armées de Cersei, pour quelqu'un qui la haïssait au moins autant que Daenerys elle-même, sinon plus.

oOo

Plus les jours passaient, et plus les Marcheurs Blancs se rapprochaient de Winterfell. Le combat était désormais imminent.

Le vent du Nord était si glaçant que l'air qu'exhalait Jaime, alors qu'il cherchait quelqu'un dehors, formait des nuages devant lui, parfaite représentation du souffle chaud de la vie contre le froid glacial de l'hiver éternel qui menaçait tout Westeros.

L'hiver était venu, comme les Stark s'étaient toujours appliqués à le promettre.

Mais cela n'empêchait visiblement pas le plus jeune de leurs survivants, Bran, de se trouver à l'extérieur, dans le bois sacré de Winterfell.

Il était là, immobile, son dæmon-corneille fidèlement perchée sur son épaule, devant l'immense arbre cœur au feuillage rouge chanté.

Jaime soupira.

La dernière fois qu'il avait vu le jeune garçon qui lui tournait le dos, il n'était qu'un gamin.

Un gamin.

Un gamin qui aimait escalader les murs et les tours.

Un gamin qui venait de découvrir un secret qui aurait pu faire sombrer dans la guerre et le chaos les Sept Couronnes toutes entières.

Il n'avait pas réfléchi à deux fois avant de le pousser par la fenêtre d'où il les avait aperçus, Cersei et lui, en plein milieu de leurs ébats amoureux.

Cersei lui reprochait souvent de ne jamais réfléchir aux conséquences avant d'agir.

Elle n'avait pas tout à fait tort. Il n'était effectivement pas rare que ce soit le cas.

Mais pas cette fois.

Et la seule chose à laquelle il avait pu penser, c'était ce qu'il se passerait si le garçon parlait de ce qu'il avait surpris.

La seule chose à laquelle il avait pu penser, c'était leurs têtes, à Cersei, aux enfants, et à lui, au bout d'une pique.

Ce n'était pas tant l'idée de son chef ornant les portes de la capitale, qui le dérangeait.

Après tout, comme les habitants d'Essos le disaient, Valar Morghulis.

Oui, tous les hommes de mourir.

Mais il était absolument hors de question qu'il laisse cela arriver à Cersei ou à leurs enfants.

Il ne pouvait pas se permettre de les laisser mourir sans rien faire.

Alors, il avait fait la seule chose qui lui assurait que le jeune Stark ne parlait pas. La seule a choisi qui lui assurerait que Cersei, leurs enfants, et leur secret étaient en sécurité.

Il réalisé poussé par la fenêtre.

Les choses que je fais par amour.

Mais il n'était certainement pas prévu que le garçon en ressortirait vivant.

Il n'avait pas prévu, un jour, de le revoir, huit ans après et deux jambes en moins pour lui.

Il n'avait pas prévu de devoir s'expliquer.

Jaime ne savait pas comment s'adresser au jeune homme, qui lui tournait encore le dos, pour attirer son attention.

Il n'eut pas à le faire.

Son dæmon avait aperçu Sercilia, et se mit à croasser.

Bran tourna la tête, et vit le chevalier qui se tenait derrière lui.

Jaime, parfaitement consciencieux que sa présence n'était plus un secret, vint se placer face à lui, et, sans trop savoir comment démarrer la conversation, dit clairement:

`` Je regrette de t'avoir poussé de la tour. ''

Ce n'était pas vrai. Il ne regrettait pas. Il ne regrettait pas, et il le referait si cela s'avérait nécessaire. S'il devait choisir entre la vie de Cersei et de leur bébé et celle de n'importe quel enfant, son choix serait fait rapidement. Très rapidement. A peine une fraction de seconde, en réalité.

Bran le regarda avec ses yeux sombres, et pourtant étrangement clairs, presque comme s'ils étaient vides, comme s'il n'y avait pas d'âme derrière.

''C'est un peu tard pour des regrets.''

Jaime regarda ses pieds, voulant absolument éviter le regard terrifiant, glaçant, du jeune homme.

Après un long silence gênant, il reprit la parole, et soupira :

'' A l'époque, vous protégiez votre famille. Je serais encore Brandon Stark, si vous ne m'aviez pas poussé de cette tournée. ''

Pris par la curiosité, Jaime releva la tête:

'' Tu ne l'es plus? ''

Bran détourna les yeux, et économiquement évasivement:

''Non. Je suis désormais autre chose. ''

'' Tu ne m'en veux pas? ''

`` Je n'en veux à personne. ''

Une question brûla les lèvres de Jaime, pourquoi , et il décida de ne pas se retenir:

`` Pourquoi avoir tu ce qu'il s'est passé? ''

Bran posa à nouveau ses yeux sur lui, et déclara:

'' Si j'avais dit à tout le monde ce que vous avez fait, on vous aurait très probablement fonctionné. Si était arrivé, je ne suis pas cela sûr que vos armées ont bien réagi. Et Cersei aurait probablement immédiatement envoyé la Compagnie Dorée pour nous massacrer ici-même. Je ne pense pas que votre sœur aurait laissé passer votre assassinat sans répliquer au centuple. ''

Jaime déglutit en pensant à sa sœur. Elle lui manquait. Il pensait à elle tous les jours, à la manière dont son ventre devait s'être arrondi plus nettement, plus visiblement. Il lui avait promis de revenir, et il le ferait, il le savait, mais il avait la très désagréable impression qu'une partie de lui était restée à Port-Réal avec elle.

Il se remit à regarder le jeune Stark, et demanda:

`` Et il se passera quoi après? ''

`` Qu'est-ce qu'il vous fait croire qu'il y aura un après? ''

oOo

Jon était dans les cryptes de Winterfell, accompagné de Fantôme, devant la statue de sa mère, quand Daenerys le trouva.

Il était perdu dans la contemplation du visage taillé grossièrement dans la pierre brute.

Daenerys vint à ses côtés, sans faire de bruit, et se serra contre lui:

'' Qui est-ce? ''

Jon resta silencieux pendant de longues secondes, avant de répondre:

«Lyanna Stark…»

Devait-il avouer la vérité à Daenerys?

Mais avant qu'il n'eut pu prendre une décision, elle soupira:

«Mon frère Rhaegar… on m'a dit qu'il était réputé pour son honnêteté et sa gentillesse. Il adorait chanter. Il faisait l'aumône aux enfants ... et il l'a violée. ''

Elle en paraissait presque triste. Non, pas triste. Accablée.

Était-il possible que, d'une manière ou d'une autre, Daenerys ait déjà été mis au courant?

Quoiqu'il en soit, s'il y avait déjà une rumeur qui courait à son sujet, Jon jugea qu'il était préférable qu'il soit celui qui lui annoncent, avant qu'elle n'entende quelque chose de plus par la bouche de quelqu'un d'autre.

'' Il ne l'a pas violée. Ils se sont aimés. Ils se sont mariés en secret. Après la mort de Rhaegar au Trident, elle a eu un fils. S'il essayait appris, Robert aurait mis à mort l'enfant. Lyanna le savait. Son dernier acte, alors qu'elle ... ''

Jon hésita, et Daenerys le regarda avec des yeux insistants:

'' Alors qu'elle baignait dans son sang après l'avoir mis au monde fut de confier l'enfant à son frère Ned, Stark… ''

Il n'avait pas besoin d'en dire plus.

Daenerys avait compris.

Elle s'écarta brusquement de lui, attendant la suite, même si au fond, elle n'était pas sûre de vouloir l'entendre.

Elle était même plutôt sûre de ne pas vouloir l'entendre.

Toute une vie passée à penser que c'était elle, la dernière des Targaryen, elle, l'Imbrûlée, la Briseuse de Chaîne, elle qui était destinée à la grandeur, elle qui était l'héritière légitime du Trône de Fer, tout ça pour finalement trouver quelqu'un de plus légitime qu'elle.

'' ... afin qu'il l'élève comme son bâtard. ''

Non, non, non. Cela ne pouvait pas être la vérité.

Il la regarda dans les yeux.

'' Mon nom ... Mon vrai nom est Aegon Targaryen. ''

Elle secoua la tête:

'' C'est impossible ... ''

Et pourtant, ses yeux hurlaient qu'il disait la vérité.

Comme si Jon Snow aurait pu mentir un jour. Même quand il s'était agi de leur, leur survie à tous, il s'était retrouvé incapable de mentir à Cersei Lannister.

«J'aimerais tant que ce le soit…»

Les yeux de Daenerys étaient devenus durs, durs comme la pierre, comme les pierres avec elle était entrée dans ce brasier huit ans auparavant et qui avait forgé son destin.

La Mère des Dragons.

Trois dragons, trois, comme les trois têtes du dragon tricéphale de leur emblème.

'' Qui t'a raconté ça? ''

''Fibre. Il l'a vu. ''

Elle fronça les sourcils:

'' Il l'a vu? ''

'' Et Samwell l'a confirmé. ''

Elle avait envie de hurler. Elle n'avait que brièvement rencontré Samwell Tarly, pour le remercier d'avoir sauvé la vie de Ser Jorah en le soignant de la Grisécaille, et pourtant, il lui avait paru tout aussi incapable que Jon Snow, tout aussi capable qu'Aegon Targaryen de mentir.

`` Il a appris leur mariage dans un ouvrage de la Citadelle sans faire le lien sur le moment. ''

La voix de Daenerys était aussi froide que les vents de l'hiver qui soufflaient dehors quand elle répliqua:

'' Un secret que nul au monde ne partage, à l'exception de ton frère et de ton meilleur ami. N'est-ce pas étrange selon toi? ''

La voix de Jon se fit plus dure, plus sèche, elle aussi:

'' C'est la vérité. Je le sais. ''

Oui. Oui, bien sûr que c'était la vérité. Tout au fond d'elle, Daenerys le savait aussi. Mais seulement, elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas l'admettre.

`` Si jamais cela était vrai, cela supposerait que tu es l'héritier mâle de la dynastie des Targaryen. Tu pourrais revendiquer le Trône de Fer. ''

Jon la saisit par les épaules.

'' Je n'en veux pas. Je te l'ai déjà dit: tu es ma reine. ''

Daenerys ne l'écoutait pas. Elle en avait marre, d'écouter.

'' Qui d'autre que moi est au courant, mis à part Bran et Samwell? '

Jon baissa les yeux.

Non. Non, il n'avait pas quand même pas pu en parler à Sansa avant de lui en parler à elle, n'est-ce pas? N'est-ce pas?!

Ses yeux rencontrèrent les siens, et elle comprit.

Si, il avait pu. Et il étudie fait.

`` Je l'ai dit à Sansa et à Arya. ''

Daenerys sentit la colère bouillir en elle.

«Tu leur a dit à elles avant de m'en parler à moi?

Jon ne comprenait pas la fureur de Daenerys. Sansa et Arya étaient des Stark. Elles étaient tout aussi dignes de confiance que lui. Pourquoi ne le voyait-elle pas?

`` Sansa et Arya sont mes sœurs. ''

`` Et je suis ta reine. ''

Elle soupira:

«Maintenant que Sansa et Arya le savent, la rumeur va se propager. Tu seras incapable de contrôler les conséquences sur nos peuples, en faute de ce que tu auras pu jurer, en faute du nombre de fois où tu auras prêté allégeance. Je veux que nous restions ensemble, comme cela a toujours été. Sansa va vouloir que je parte, et que le Trône de Fer revienne à Aegon Targaryen. ''

Jon secoua la tête:

`` Tu te trompes. ''

Daenerys lui adressa un nouveau regard dur.

'' Ce n'est plus la fille avec qui tu as grandi. Pas après ce qu'elle a vu. Pas après ce qu'ils lui ont fait. ''

'' J'étais obligé de lui dire. Quoiqu'il en soit, elle reste ma sœur. ''

Daenerys ne met s'empêcher de riposter:

`` Et ta sœur conspire avec Cersei! ''

Elle haleta. Elle n'aurait pas dû dire ça. Elle n'aurait jamais dû dire ça. Elle n'avait absolument aucune preuve de la véracité de ses dires, et elle risquait probablement de se mettre Jon à dos, à la longue, avec ses accusations non fondées envers Sansa, qui commençaient à se faire de plus en plus répétitives.

Les yeux de Jon étaient interrogateurs, quand il la regarda, mais il y avait autre chose choisi, et Daenerys n'arrivait pas vraiment à savoir ce que c'était. Quelque a choisi qui ressemblait à la déception. Elle était purement incapable de se rappeler la dernière fois que quelqu'un visualisé de cette manière.

'' Nous en avons déjà parlé. Sansa est ma sœur. Jamais elle ne nous aurait trahi de la sorte. ''

Sa voix était étrangement froide.

«Non ce… Ce n'est pas ce que voulait dire… Je voulais dire que quand nous sommes allés à Port-Réal, Sansa est allée parler seule à Cersei… Qu'est-ce qui nous prouve qu'elle n 'a pas essayé de la corrompre? On ne peut pas lui faire confiance, après tout. ''

Elle mentait. Elle était toujours persuadée qu'il y avait eu quelque chose de plus pendant leur discussion, quelque chose que Sansa se refusait à leur avouer. Il lui restait simplement à découvrir de quoi il rés. Mais elle devait être prudente. Sansa ne devait pas surtout pas se douter que Daenerys la soupçonnait de quoi que ce soit.


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