Chapitre 7

En son esprit, il eut comme une sorte de confusion. Un mélange de pensées concernant ce qu'il devait faire et ce qu'il allait faire, pour finalement devenir un énorme brouhaha dans sa tête.

Pour faire simple, Gaara n'appréciait ni le fait qu'on se mêle de sa vie, ni les personnes qui le faisaient. Ainsi que tout ce qui touchait aux questions trop personnelles, aux évocations de son passée ou encore à d'éventuels ordres. Le dernier fait était surtoutce qu'il détestait le plus !

Tel le vent, Sabaku no Gaara était libre et vivait comme il l'entendait alors il ne pouvait s'abaisser à donner des ordres ou à en recevoir. Ce serait contre son principe : "demeurer libre dans les limites d'autrui".

D'ailleurs, il avait presque toujours pensé de cette manière bien qu'il n'avait pas souvent agi de cette façon avant sa rencontre avec le blondinet. Et voilà une chose qu'il trouvait véridique... Si l'entrée de Naruto dans sa vie n'avait été que pure bénéfice, celle de Sasuke Uchiha n'avait été jusqu'à lors qu'une erreur monumentale.

C'était comme si, tous les côtés désagréables de sa personnalité qui avaient disparus autrefois grâce au blond, venaient à ressurgir avec plus d'ampleur à cause du brun.

Et l'un de ses défauts étaient le fait qu'il détestait être pris de haut par quelqu'un, surtout quand cette personne lui semblait plus faible. Malheureusement, dans cette situation, dans cette pièce même, se trouvait un facteur potentiel pour révéiller la bête endormie.

«Je vois. »

Cette même bête qui dormait depuis cinq longues années et qui attendait chaque jour avec impatience et dans le silence de pouvoir renaître de ses cendres.

«C'était donc ça. »

Oui, cette bête.

Ses pupilles turquoises précédemment tournées en direction de la porte de sortie, pivotèrent pour aller se planter dans les deux masses noires qui le fixaient toujours avant tant de mépris.

Mais alors que jusqu'à présent il avait fait preuve d'un calme et d'une retenue sans pareil, voilà que pour la première fois de la soirée, une expression vint se loger sur son faciès. Si la plupart des occupants de la pièce fut seulement surpris, le blond quand à lui, écarquilla grandement les yeux, n'osant croire à ce qu'il voyait.

Et pourtant...

«Ce que tu peux être inintéressant, Uchiha.»

... il ne rêvait pas.

Les yeux très légèrement écarquillés, le menton relevé, le regard plein de mépris et de supériorité braqué sur le brun, les lèvres étirées en un demi-sourire qui laissait entrevoir tout l'amusement que ressentait le rouquin. Oui tout y était.

«G-Gaara... »

Le Gaara qu'il avait connu ces cinq dernières années s'était envolé en laissant en ne laissant rien derrière luu si ce n'est les morceaux brisés qui composaient son ancien lui. Ces mêmes morceaux qui se recollèrent pour donner forme au garçon devant face à tout le petit peuple.

Le brun lui-même crut voir une photo de sa propre personne qui prenait vie devant lui. Mais la différence était que le rouquin restait bien plus sadique qu'il ne pouvait l'être.

Et surtout...

«Inintéressant ? Reprenant contenance et son instinct combatif, le Corbeau fronça des sourcils en se levant à son tour. Il fit quelques pas pour se placer bien face à Gaara qui le regardait toujours de haut. Pour qui tu...

– Je ne crois pas t'avoir autorisé à parler, Uchiha.»

...plus effrayant...

Pour la première fois de sa vie, le dit Uchiha fut couper en pleine phrase alors qu'il exerçait son autorité. Pour la première fois depuis sa naissance, quelqu'un autre qu'un membre de sa famille, osait le regarder de haut tout en lui parlant de manière autoritaire.

Pour la première fois de son existence, il se voyait dans une autre personne et il n'appréciait pas du tout le rendu.

«Comme je le pensais, tu n'es vraiment pas intéressant. »

Les lèvres du rouquin s'étirèrent davantage et son regard se retrouva encore plus malsain. Encore un peu et on pouvait l'entendre ricaner à gorge déployée comme le ferait docteur malade après avoir achevé ses expériences frappadingues.

L'Onyx quant à lui n'aimait vraiment pas ce qu'il se passait. Il était censé avoir tout le monde dans sa poche mais là... tout semblait être contrôlé par ce gars qui lui faisait face. Ce gars qui aurait pu être son reflet dans un miroir.

«L-Les gars... Pour la énième fois, calmez-vous ! Intervint Lee en se mettant entre les deux hommes.

– Ouais, ça devient lourd ! » Poursuivit alors Kiba en se levant également.

Autre chose commençait également à devenir lourd et ceci se trouvait du côté de Naruto. En voyant la transformation de Gaara, ce dernier eut comme un choc et son coeur s'alourdit soudainement.

«Gaara... » Souffla-t-il à demi-voix sans oser croire en ce qu'il se passait sous ses yeux. Il voulut se lever pour aller calmer le rouquin mais au même moment il vit que son homologue s'énervait egalement.

«Sasuke... » Sa voix n'était même plus un murmure tellement elle avait perdu en intensité. Il leva la main en direction des deux garçons mais au même moment, son portable se mit à vibrer dans sa seconde main.

Encore ce foutu message.

Sa main retomba instantanément et il la plaqua contre a poitrine pour y serrer son t-shirt comme s'il pouvait réussi à calmer les battements effrénés de son pauvre organe.

«Arrêtez... » Mais ces mots qui semblaient fortement audibles à ses oreilles ne l'étaient malheureusement pas à celles du Rubis et de l'Onyx. Ces derniers ne détournèrent pas les yeux, ils ne s'arretèrent pas de se defier et il continuèrent leur conversation comme si de rien n'était. Et ce simple fait suffit à alourdir un peu plus le poids sur le cœur du Citrine.

«Qu'est-ce que tu essaies de dire ? Sasuke commençait à perdre patience et répétait les mêmes erreurs que Naruto précédemment. Il alla réduire la distance qui le séparait du rouquin puis il le saisit par le col et colla presque son front à l'autre. Répète !

– Je disais simplement que tu étais ennuyeux. Et comme Sasuke s'amusait à le faire plus tôt, Gaara se laissa attraper et à aucun moment son air supérieur ne s'en alla de son faciès. Au contraire, il continua à titiller le brun jusqu'à ce que les veines sur son front n'éclatent. M'éloigner parce que tu as peur de moi ? Il se pencha à son oreille et murmura d'une voix sûre. Ce que c'est ennuyant. Autant déclarer forfait. »

Si Shikamaru derrièreeux troqua sa flemme légendaire contre un bon gros sourire ravit, Saï et Sasuke, quant a eux, sentaient la colère monter. Mais rien de tout ça n'était comparable à la peine que ressentait Naruto a cet instant.

«Eh Naruto ! Commença soudainement le dresseur de chien en se tournant vers lui. Aide-moi à les calmer, ça va dégénérer !»

Mais il n'écoutait pas. Ou plutôt, il n'arrivait plus à se focaliser sur ce qu'il se passait devant lui car ses yeux étaient maintenant rivés sur l'écran de son téléphone sur lequel quelques mots y étaient affichés. Des mots qu'il aurait préféré ne jamais voir.


Le 26 novembre, plus de trois ans auparavant, vent et pluie se succédaient en cette délicieuse journée d'Automne où seul le soleil s'était fait la malle en laissant derrière lui tous les autres imprévus du temps. La fraîcheur du soir était d'ores et déjà présente quand bien même l'astre du midi était au plus haut dans le ciel. Les nuages quant à eux s'étaient invités aux festivités dans la voûte céleste, prêt à obscurcir la fin de matinée des habitants de cette ville.

Parmi ces derniers, se trouvait un jeune garçon qui jonglait depuis peu entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Si sa tenue décontractée composée d'un simple sweatshirt et d'un jogging, témoignait du premier fait, il était certain que le regard et l'air déterminé qu'il arborait était la preuve irréfutable qu'il n'était plus un enfant.

«Pourquoi tu ne te confies jamais sur ce qu'il se passe à l'école ? Même le psychologue dit que tu ne t'ouvres pas assez et que vous stagnez ! Commença une femme sur un ton très énervé.

– Il a dit quoi ? Pour quelle raison il vous a dit ça ? Et le secret professionnel ? Reprit le garçon sur la même intonation.

– Il ne nous a rien dit, chéri. Continua la même femme en prenant une voix plus douce et rassurante.

– Oui, écoute ta mère ! Tout ce qu'il a pu nous dire c'est que tu ne disais rien. Il n'y a pas à s'inquiéter ! S'immisça la voix d'un homme de manière réconfortante.

– À vrai dire, si ! Tu dois lui parler ! On le paye pour ça. » Conclut finalement la femme avec un regain d'énergie.

La conversation ne semblait ni être au goût du garçon, ni à celui qui portait le même faciès que lui avec quelques années de plus. Ils échangèrent un regard à travers leurs pupilles océaniques avant que le jeune blond ne lâche un énorme soupir et ne décide de se lever de table.

«Où crois-tu aller comme ça, jeune homme ?– J'ai plus faim, vieille femme ! »

Il va s'en dire qu'une énième dispute éclata entre les deux fortes têtes de la maison tandis que celui qui paraissait être le père de famille, tentait de calmer le jeu. Cependant, les choses n'avaient pas l'air aisé et elles ne s'améliorèrent pas quand le blondinet tourna les talons en décidant de ne plus prêter attention aux paroles de ses géniteurs.

«J'ai plus faim.– Naruto ! Je te rappelle que tu étais à l'hôpital il y a encore un mois à cause d'un problème au lycée. Dis-nous ce qu'il se passe pour qu'on puisse te changer d'établissement ! »

En entendant ces mots, le Citrine s'arrêta quelques secondes dans sa marche avant de poursuivre à nouveau en ne prêtant plus attention à la voix féminine qui tentait de le retenir.

«Tout va bien. »

Et c'est ainsi que prit fin une discussion entre deux parents inquiets et un fils renfermé sur lui-même et ses problèmes. Quelques secondes plus tard, le plus jeune représentant connut à ce jour de la famille Uzumaki, sortit de la demeure familiale pour rencontrer et braver bourrasques et averses.

Il venait de subir une énième dispute et une tonne d'interrogatoire de la part de ses paternels et à présent, une seule et unique pensée prenait place dans sa tête en éclipsant toutes les autres.

Je ne peux pas en parler avec eux... —

Puis il s'arrêta subitement après n'avoir fait qu'une dizaine de pas. Il leva la tête vers le ciel, laissant les gouttelettes célestes s'abattrent sur sa crinière flavescente avant qu'elles ne redessinent les courbes de son visage tout en se mêlant aux perles salées qui quittaient le coin de ses pupilles.

Je ne peux en parler à personne... —

Il posa une main sur son bras droit où une blessure récente venait de cicatriser. Un temps passa durant lequel une expression de douleur se figea sur ses traits.

Un mélange d'inquiétude et de peine.

C'est mon fardeau... —

C'était une pensée emplit d'une forte détermination et de toute la peine que pouvait ressentir le garçon à cet instant précis. Ce même gamin qui essuyait brièvement sa face pour en virer l'accumulation d'eau qui s'y était incrustée. Puis, tout en troquant son air grave contre un visage faussement rayonnant, il reprit sa marche comme si de rien n'était.

La capuche rabattue sur sa tête et les mains enfoncées dans ses poches, il s'éloigna peu à peu de sa demeure. D'abord seuls quelques ridicules mètres l'en séparaient, puis ce fut d'importants kilomètres avant qu'il n'atterrisse dans un nouveau quartier. Et si le mot "Suna" ne lui disait pas grand chose sur ce nouvel endroit...

Il fallait qu'on se dispute un dimanche quand absolument tout est fermé ! —

Pensa le jeune homme l'air très agacé en frappant dans une canette traînant sur le trottoire.

«Aïe ! »

... peut-être que ses habitants lui en apprendraient plus.

Évidemment, il était tellement malchanceuxqu'il fallut que le déchet aille s'échouer contre la jambe d'un passant dont le timbre de voix lui rappelait curieusement quelque chose.

«Eh, gamin ! »

D'ailleurs, il n'y avait pas que la voix qui faisait ressurgir des souvenirs désagréables de sa mémoire car c'était également le cas de l'apparence de l'homme lui faisant maintenant face.

Il faisait une tête de plus que lui, il avait la moitié inférieure du visage emmitouflée sous un masque tandis que l'autre moitié demeurait cachée sous une capuche et pour finir, la seule chose que l'on pouvait voir lui appartenant était son regard vert meurtrier qui l'analysait de haut en bas.

«C'est bien toi qui m'a jeté cette canette ? »

Aucune réponse ne semblait appropriée et seule la mort avait l'air de vouloir l'attendre. Ainsi, il leva la tête pour ancrer ses billes bleues dans celles de son futur assassin dont l'unique nom réussi à se faufiler jusqu'à ses oreilles.

«Eh, Kakuzu ! »

Il aurait dû se rejouir que l'homme se détourne de lui à cet appel mais il ne put car la seconde voix qu'il entendit le rendit plus inquiet encore.

Qu'est-ce qu'il fait là... ? —

Les yeux perdus dans le vague, le souffle court et la tête embrouillée par une tonne d'informations, Naruto se réveillait doucement de sa léthargie. Comme plus tôt, ce qu'il se passait autour de lui n'arrivait pas à se frayait un chemin jusqu'à ses oreilles tant il était obnubilé par son téléphone.

«...ruto ! »

Une nouvelle vibration provenant de l'objet le fit sursauter. Il venait de recevoir un énième message de la part de son interlocuteur et comme précédemment, il n'osait pas lire les mots que contenait le mail.

Il avait déjà fait l'erreur de rester dans cette appartement en pensant que tout allait bien se passer et que jamais l'existence de cette soirée n'arriverait aux oreilles des plus indésirables. Puis il avait fait la nouvelle erreur de rester enfermé dans la cuisine en compagnie de Sasuke pendant beaucoup trop longtemps.

Et voilà qu'il avait fait sa troisième erreur. Alors que le brun avait quitté sa cuisine pour se rendre dans la salon (enfin, avant de se faire arrêter par Shikamaru) Naruto avait reçu un premier message et l'air de rien, il l'avait presque immédiatement ouvert pour en connaître le contenu.

Le fait qu'il ne connaissait pas le destinataire aurait dû l'alerter mais étant naïf, il ne pensa pas une seule seconde que c'était quelqu'un qui lui voulait du mal. Quelqu'un qu'il avait connu dans le passé et qui en savait plus sur lui que n'importe quel autre personne de cette pièce.

Oui... quelqu'un qui ne le laisserait pas vivre sa vie tranquillement même des années plus tard. Et tout ça, commençait à le peser.

«Eh... ru... o ! »

Tout lui pesait.

Faire semblant que tout allait parfaitement bien dans sa vie alors que son univers s'écroulait, lui pesait et il y a toujours ce moment où on finit par craquer et tout lâcher. Et ce moment arriva.

Alors sans un mot, sans prendre la peine de répondre à Kiba qui cherchait à attirer son attention depuis cinq minutes, sans essayer de calmer le jeu entre Gaara et Sasuke qui étaient à deux doigts de se taper dessus, sans un regard pour le reste des occupants de son appartement, le blond se leva et sortit en trombe de chez lui.

La porte claqua fortement dans son dos et le silence revint aussitôt. Mais il ne pouvait être conscient de tout cela car pour lui, une chose avait de l'importance et celle-ci n'était autre que le besoin de s'éloigner de tout le plus vite et le plus loin possible.

Comme il avait fait trois ans auparavant, il avait quitté sa demeure en vitesse sous un mauvais temps et avec pour seuls vêtements, un pantalon et haut. La différence aujourd'hui était qu'il n'y avait pas de pluie pour camoufler les larmes qui coulaient le long de ses joues. Non, il n'y avait que les flocons de neige pour recouvrir sa chevelure et accentuer sa basse température corporelle.

Ça recommence... —

Il était à nouveau seul face à un dilemme, seul face à un passé qui le rattrapait et seul face à un présent qui s'écroulait. Ni ses larmes ne pouvaient alléger la peine dans son cœur, ni sa course effrénée ne pouvait soulager la douleur dans ses muscles. Rien n'avait l'air de vouloir prendre un sens et pourtant, il continua à courir.

Pourquoi maintenant... ? —

À chaque nouveau pas, la neige sous ses pieds fondaient légèrement et une empreinte de ses pieds s'y incrustaient.

À chaque nouvelle pensée, une gouttelette salée quittait ses prunelles et traversait ses joues pour finir sa course dans la masse blanche qui recouvrait le sol.

À chaque nouvelle vibration sur son téléphone, l'envie de s'arrêter s'accentuait et le désir de mettre fin à ses jours grandissait.

Mais pour ne succomber à aucune de ces tentations et afin de ne plus jamais avoir à vivre ainsi, il continua à courir à en perdre haleine et bientôt, il quitta son quartier.

Ainsi, il fit sa quatrième erreur.

À suivre...

[Bonjour à tous, ici MYRHAGE l'auteur !

Pour commencer, comment allez-vous ?]

[Je sais que je n'ai pas été très présente dernièrement mais c'est pour la simple et bonne raison que j'ai changé mon mode d'écriture. Avant de poster chaque chapitre, j'écris l'histoire en continu (pas sous forme de chapitre) dans mon cahier.]

[La bonne nouvelle est que j'ai beaucoup avancé et ce qu'il y a sur mon cahier équivaut à pratiquement quatre ou cinq chapitres.]

[L'inconvénient est que je n'ai pas toujours le temps de réécrire le tout sur mon pc. M'enfin, je me débrouillerai. ]

[Comme je le pensais, l'histoire est loiiiiin d'être fini du coup je vous demande un peu de patience et de courage pour suivre la suite de l'histoire. Je pense qu'on est pas encore au tiers de l'oeuvre. ]

[Comme j'ai pu le dire dans le premier compréhension, cette histoire aura un côté très sombre qui commence maintenant. J'espère que vous comprendrez bien de quoi il s'agit !]

[Ce sera tout ! Passez une bonne journée et à la semaine prochaine, même jour, même heure. ]

[Pour plus d'histoires, je poste le premier chapitre de ma prochaine fiction sur le NaruHina, ce samedi 10 octobre à 16h !]