Hi everyone,
I'm sorry for the delay of my publication. I have less time to work on my fanfiction and I don't think things are getting better in the next few months... Anyway here is the chapter 7, a transition chapter including some plot and "clues" about the case.
Regarding the following steps: The first version of chapter 8 is almost written. And I will start the 9th in a few days
What will be the final number of chapters ? I still don't know but I would bet 12 maybe !
Enjoy...
Chapitre 7
Cinq jours auparavant…
Camille Fengler fixait avec douceur son interlocuteur. Elle était installée sur une jolie chauffeuse écrue d'une matière délicatement duveteuse. L'harmonie qui se dégageait de ce petit boudoir savamment décoré devrait naturellement avoir un effet apaisant sur l'homme qui était assis en face d'elle.
Enfin tout du moins, c'est ce qu'elle espérait.
Il était arrivé un peu en avance, un peu énervé, un peu en opposition de phase avec son naturel jovial et tout en rondeur. Toute la matinée, l'agitation l'avait gagné. Si l'aspect de son costume gris anthracite froissé reflétait le changement de son état d'esprit, on pouvait imaginer que la mécanique s'enrayait doucement mais certainement.
Camille parlait d'une voix légère et chaleureuse. Et entre ses bribes de conversation, elle lui souriait, essayant de lui témoigner tout l'amour qu'elle pouvait lui porter.
« Camille, la police est passée hier sur le port. Pas pour une visite de contrôle… ils étaient là pour Otto, tu comprends !
- Crois-tu qu'ils aient trouvé quelque chose ?
- Je ne sais pas, je ne crois pas… »
Il détourna son regard d'elle, avec cette certitude qui grandissait que tout ne pourrait finir que très mal.
« Excuse-moi, excuse-moi de t'embêter avec tout ça. Je sais que tu n'es pour rien dans cette affaire…. Je n'aurais pas dû. Je n'aurais pas dû te parler de tout ça ma douce, mon morceau de paradis…
- Ne dis pas ça ! Ne cesse jamais de me parler. Je t'aime et je veux juste pouvoir t'aider.
- Camille, que serais-je devenu si le destin ne m'avait pas mis sur ta route ? »
Ils échangèrent un regard plein de tendresse, témoin de l'attachement réel qu'ils portaient l'un pour l'autre. Camille sans couper cet échange de regard lui demanda
« Mais tu ne penses pas qu'il faudrait que tu ailles les voir, pour tout leur dire, pour qu'ils te protègent ?
- Camille, comment veux-tu que j'aille voir la police ? Je suis impliqué jusqu'au cou. Qu'est-ce que tu crois qu'il va m'arriver ? Ils vont me coffrer, sans aucun doute… »
Et il commença à pleurer, incapable de continuer à argumenter et de contenir la pression qui s'accumulait sur ses épaules. Georges Mianon pleurait.
Une heure auparavant, Camille n'était toujours pas parfaitement consciente de ce que les deux hommes de sa vie étaient réellement en train de préparer. Son mari Andrew était en lien avec des forces armées terroristes extérieures, venait-elle finalement de comprendre. Il ne lui avait jamais rien dit et elle ne lui avait jamais rien demandé non plus d'ailleurs, préférant rester dans l'ignorance feinte qui empêche de s'inquiéter. La jeunesse et le passé de son mari offraient pourtant des aspérités qui l'avaient certes interpellées au début de leur relation, mais elle avait préféré fermer les yeux sur ces détails d'un autre temps. En outre, Andrew n'avait jamais cacher ses relations avec le haut de l'appareil d'Etat qui semblaient l'apprécier dans la durée. Alors était-il bien important de comprendre le parcours qui lui avait permis d'arriver jusque-là ? Lui, un jeune homme prometteur mais issu d'une famille d'intellectuels modestes, sans titre ni fortune, qui certainement par des chemins insoupçonnés avait fini par atteindre une strate bien supérieure à celle de ses origines. Camille n'avait jamais cherché plus avant. Mais il y a un an maintenant, les choses avaient pris une tournure différente avec la rencontre de Georges Mianon, un libanais dont la société d'import-export travaillait avec Fengler Limited. Georges et Camille, pas vraiment heureux dans leur mariage respectif et certainement mûrs pour s'ouvrir à d'autres horizons, étaient tombés dans les bras l'un de l'autre, aidés par le hasard de quelques soirées où ils s'étaient croisés plusieurs fois en peu de temps. Et là par une soudaine animation de sa vie quotidienne, Camille était allée regarder un peu plus loin que ses horizons protégés habituels. Des papiers, des bribes de conversations d'Andrew et de Georges devenaient maintenant intéressants et bien que volontairement peu curieuse, elle n'en restait pas moins un esprit perspicace qui n'avait pas tarder à comprendre qu'une forme de danger avait pris place près d'elle…
Très rapidement dans leur douillets, plutôt pour eux d'ailleurs des 2 à 4, Georges s'était également confié à Camille, incapable de tenir sa langue face à l'escalade récente des missions qui lui étaient confiées par Fengler. Fengler Ltd importait régulièrement des armes au Royaume-Uni et c'étaient les entrepôts de Mianon qui les abritaient le temps d'être acheminées vers leurs destinataires. Mais depuis maintenant plus d'un an, Fengler avait été embauché par des moyen-orientaux, pas de simples vendeurs d'armes. Non, cette fois des terroristes… Les cargaisons s'enchainaient avec un seul destinataire final, toujours les mêmes Pakistanais. Et Mianon se demandait ce qu'on pouvait bien faire avec un arsenal pareil. Et voilà que la police débarquait maintenant ! Il avait appelé Andrew, pris de panique. Fengler avait tenté de le rassurer en lui amenant quelques éléments nouveaux de compréhension de la situation.
« Merde Andrew, mais qu'est-ce qui te prend ? Pourquoi tu nous mets dans un pétrin pareil, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse Exklora ou un autre ? Tu me dis que c'est des terroristes c'est ça ? Je n'ai rien contre l'Angleterre, moi… Je l'aime l'Angleterre, elle m'a bien accueilli et elle me traite bien
- Tais-toi un instant, Georges, s'il te plaît. Tu ne risques rien toi, d'accord. Quant à moi, je sais ce que je fais. La fin justifie parfois les moyens...
-Tu devrais te faire soigner Andrew mon vieux. Je ne sais pas ce que tu cherches mais il n'y aura rien de bon à traiter avec ce genre d'individu. »
Il n'empêche, la police avait maintenant saisi les armes et il fallait trouver une solution pour la dernière livraison à faire parvenir aux pakis. Andrew se dit qu'il faudrait qu'il se passe de Georges pour ce dernier ajustement.
Georges Mianon pleurait à chaudes larmes dans le boudoir clair de Fengler, sa maîtresse bien aimée en face de lui. Il ne savait pas combien de temps il tiendrait. Certes il avait déjà collaboré avec Fengler sur des affaires un peu limites mais les accointances d'Andrew avec la haute administration l'avaient toujours maintenu hors d'atteinte, et lui aussi par la même occasion. Fengler devait jouer un double jeu un peu sophistiqué qui échappait à Mianon, mais là il n'y avait pas besoin d'être un grand devin pour comprendre qu'en cas d'attaque terroriste, il n'y aurait plus personne pour les aider ou tout du moins fermer les yeux. Camille observait Georges, avec une onde de peur grandissante qui se propageait dans toute son ossature. Pourquoi refusait-t-il d'aller voir la police, elle serait à même de le protéger contre une coopération de sa part. Et un homme comme lui, d'ici et d'ailleurs, n'aurait aucun mal pour quitter l'Angleterre plus tard et poursuivre le cours de sa vie et de ses affaires… Elle aurait pu même peut-être envisager de le rejoindre, après que le scandale autour de son mari se fut dissipé… Au contraire, en venant se confier juste à elle, en se lamentant et en restant inactif, il contribuait à les faire couler tous ensemble. Camille avait fait il y a bien longtemps une croix sur Andrew et la perspective d'un mariage heureux dans la durée. Alors elle s'était occupée de préserver les apparences, ce qui était fort important à ses yeux. Elle se réservait des à-côtés plaisants pour lui permettre de survivre dans ce marécage d'ennuis. Georges était l'un de cela, celui qui rendait le quotidien supportable en la faisant rire et en déplaçant autour d'elle sa volupté aux accents du sud.
Mais maintenant, elle prenait peur. Georges était en train de craquer et vraisemblablement, il ne choisirait pas l'option qui pourrait les protéger, elle et lui. L'amour réel qu'elle lui portait n'était pas assez solide, ni assez profond pour qu'elle se mette en danger pour lui. Sans quitter son sourire affectueux, elle se décida à cet instant. C'est elle qui irait offrir sa coopération à la police. Ils plongeraient peut-être tous, mais sans elle… Elle se délesterait d'Andrew, sans aucun doute. Quant à Georges, elle ne savait pas. L'essentiel était, à ce moment-là pour elle, très autocentré.
Ce lundi signait pour le sergent Makepeace sa dernière semaine au musée. L'inauguration officielle de l'exposition « Animaux de compagnie sous l'Egypte Ancienne » était prévue vendredi soir et l'ouverture au public le lendemain. C'est animée d'un petit pincement au cœur qu'Harriet déambulait ce matin-là dans les allées vides du musée. Elle avait prévu un court entretien avec le professeur Wenglon en début d'après-midi, et d'ici là son plan d'activité était suffisamment clair pour la tenir occuper physiquement et mentalement.
Un petit pincement au cœur, oui… un petit pincement au cœur... Elle avait frôlé il y a quelques semaines la possibilité d'une autre vie, celle d'une Lady Wingfield travaillant au montage d'expositions pour des musées. Pas désagréable cette vie-là, qui ne la m'était pas en danger à tout bout de champ… Mais malheureusement, loin également de l'adrénaline qu'elle avait fini par accepter comme lui étant indispensable. Ce n'était alors juste qu'un léger pincement, même pas une hésitation ni un regret, peut-être simplement un réflexe primitif de protection d'elle-même... Ce léger picotement n'était plus un problème aujourd'hui. Alors, reprenant sa marche d'un pas plus décidé, elle se re focalisa sans difficulté sur ses objectifs de la journée.
Harriet rencontra le professeur Wenglon après sa pause déjeuner. Quand elle entra dans son bureau il se leva d'un seul bond et vint à sa rencontre d'un pas enjoué, slalomant entre les piles d'articles, livres et autres revues qui jonchaient le sol dans un ordre qui n'appartenait qu'à lui. Harriet avait connu le professeur Wenglon au début de ses études supérieures, quand elle ne savait pas encore très bien vers quoi elle allait se diriger. L'Histoire et plus particulièrement l'Antiquité égyptienne, discipline enseignée par le professeur, était une vraie gourmandise dans sa vie d'étudiante. Le professeur avait senti ce goût chez cette jeune étudiante au port de tête aristocratique, et ils avaient naturellement sympathisé, Harriet ne manquant pas une occasion d'échanger sur le fond des cours avec son mentor.
Dix ans plus tard, il était toujours là, affable et passionné, fourmillant d'anecdotes captées dans ses lectures érudites. Mais surtout, accueillant comme il l'avait toujours été, il n'avait pas beaucoup réfléchi avant d'accepter, le plus naturellement du monde, d'associer Harriet à son travail du moment, cette exposition qu'il préparait en collaboration avec le Muséum d'Histoire Naturelle de Londres. Harriet lui avait annoncé il y a une dizaine de jours qu'elle allait rejoindre à nouveau la police et ses précédentes activités. Wenglon sentait que la jeune femme était arrivée au bout de sa réflexion sur ce sujet, et l'avoir aidée en lui permettant de mener à bien ce cheminement personnel dans un environnement protégé lui réjouissait tout simplement le cœur.
« Professeur, les choses avancent bien de notre côté. Nous aurons terminé avec l''équipe toutes les notices des pièces exposées pour demain soir, prêtes à être envoyées en reprographie. Il ne nous reste que quelques relectures et vérifications.
- Formidable Harriet, c'est excitant vous ne trouvez pas lorsqu'on arrive au terme des préparatifs ? Tous nos éléments et nos travaux de recherche prêts à être exposés au public !
- Oui professeur, lui répondit Harriet en souriant.
Ce n'était peut-être pas le mot excitation qu'Harriet aurait employé… L'excitation c'était lorsqu'elle enquêtait, que les morceaux du puzzle se m'étaient en place et que l'assaut final était prêt à être lancé. Mais elle se garda d'exprimer sa façon de voir les choses au professeur.
« Professeur je voulais en profiter pour vous remercier, vous remercier de m'avoir accueillie sur ce projet et de m'avoir laissée la possibilité de collaborer à nouveau avec vous comme lorsque j'étais étudiante. Je… » Elle s'interrompit car elle sentait bientôt un flot d'émotions monter en elle.
« Tout le plaisir était pour moi, Harriet. Tout le travail de qualité que vous avez apporté, je vois que les aspects méthodologiques de mon cours n'ont pas été oubliés ! contribueront à faire de cette exposition une très belle réussite. Je suis à la fois déçu que vous partiez, mais aussi heureux que vos perspectives se soient éclaircies. Si j'ai pu vous aider sur ce chemin, j'en suis profondément ravi. Et puis, nous trouverons toujours un moyen de collaborer j'en suis certain. Si le cœur vous en dit et que vous en avez le temps.
- Professeur…
- Ne dites rien de plus, Harriet » Il s'avança pour la prendre dans ses bras.
« Prenez votre après-midi, le travail de votre côté est achevé. Profitez de cette demi-journée de vacances. Je sais que vous avez continué à vous intéresser aux affaires de police depuis que vous nous avez rejoints… Allez reposez-vous un peu, ça me fera plaisir. »
Harriet se décolla de l'étreinte presque paternelle du professeur Wenglon et lui répondit à voix basse. « Oui professeur, je crois que je vais vous écouter ».
Dans son hall d'entrée, Makepeace souffla un instant. Elle était arrivée chez elle une demi-heure après avoir quitté le Muséum, heureuse de ce petit bonus, même si ces dernières semaines, elle n'avait été guère chanceuse dans ce domaine… Par réflexe, elle recherchait systématiquement du regard en entrant chez elle le clignotement possible de son répondeur téléphonique. Effectivement ce jour-là, il clignotait. Elle s'approcha du combiné et lança l'enregistrement. La voix de Georges Mianon résonna dans le haut-parleur.
« Lady Wingfield, Georges Mianon à l'appareil. J'espère que vous allez bien. » Il avait cette même voix assurée que lorsqu'ils s'étaient rencontrés samedi dernier. Assuré et jovial. Qui aurait pu croire qu'un type comme lui préparait en ce moment peut-être le coup le plus dangereux de sa vie ? Makepeace attrapa prestement un crayon et s'apprêta à écrire sur le bloc-notes près du téléphone, pendant que la voix poursuivait.
« Nous n'avons malheureusement eu si peu de temps pour discuter samedi soir, et c'est la raison pour laquelle je me permettais de vous rappeler. Pour faire bref, « les Amis du Cèdre » sont dans une phase importante de développement. J'aurais tellement aimé échanger avec vous sur votre expérience de même nature pour la Charity Wingfield… Je ne sais pas si vous auriez d'autres disponibilités prochainement ? Je vous laisse mon numéro, rappelez-moi quand il vous plaira. Très bonne journée Lady Wingfield ».
Makepeace composa dans la minute qui suivit le numéro de Spikings et en moins de 10, elle était dans sa voiture en direction du SI-10
