Je suis très heureuse de finalement vous livrer ce chapitre. Je le poste rapidement, et je reviendrais sans doute dessus pour des corrections. N'hésitez pas à me signaler les fautes !

J'ai eu peu de temps pour écrire car j'ai déménagé de ma ville, Bordeaux, vers l'Espagne pour une année d'Erasmus ! Une magnifique aventure.

Si vous voulez me suivre plus, ou me bottez les fesses pour me rappeler d'écrire (oui ça marche vraiment), n'hésitez pas à me suivre sur Instagram :

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Bonne lecture 😊


Chapitre 14


Alors qu'elle contemplait la rue déserte, Hermione ressentit une sorte de frustration. Elle avait sans doute envie que Snape reste. Quelle étrange pensée. Ne voulant pas trop réfléchir, elle retourna bien vite à la chaleur des échanges qui allaient bon train dans le salon. Ginny se dirigea vers elle, ravie du cadeau d'Harry. Un balai, rien que ça ! Et dernier cri. Elle n'était pas fille qui appréciait de recevoir des bijoux en pagaille ou autres soins féminins face à un balai, ça ne valait rien pour elle ! Hermione était ravie de l'attitude d'Harry, qui soutenait les passions de sa petite amie et l'encourageait à suivre ses envies. L'indépendance d'une femme était encore chose encore bien fragile à leur époque, et la jeune fille ne pouvait rêver mieux comme partenaire.

Parmi tous ces gens heureux, elle se sentait quelque peu inconfortable, jetant de nombreux regards vers son ex petit ami. La jeune fille se sentait égoïste de se sentir blessée de ne pas avoir eu une attention de sa part… mais au vu les circonstances, elle ne devait sans doute pas en attendre plus. Dans sa position, elle ne se voyait pas aller vers lui et entamer une discussion… c'était à lui de choisir le moment. Les occasions pour eux de parler ne manquèrent pourtant ni le lendemain, ni la journée suivante. Quand ils se retrouvaient en tête à tête, un silence extrêmement pesant s'installait. Hermione en parla à Harry qui lui fit une petite leçon, disant que c'était parfaitement normal.

- A ma connaissance, il avait un cadeau prévu… Il a sans doute de bonnes raisons de ne pas te l'offrir, Hermione. Laisse-lui du temps.

A travers ses nombreuses réflexions, la sorcière se passionnait pour ses devoirs de vacances. Enfin, un en particulier il fallait avouer… Souvent enfermée dans sa chambre, elle se sentait pourtant de mieux en mieux, plus en paix avec elle-même. Elle savourait son temps seule. Personne ne venait lui reprocher premièrement par connaissance de sa personne deuxièmement car cela permettait à Ron de rester avec tous les autres sans complications. L'ambiance propice à la réflexion la poussait à lire, écrire, rédiger fiévreusement. Après avoir composé différents rouleaux de parchemins, la Gryffondor se trouvait bien en peine pour choisir ses mots. Hermione voulait tellement impressionner Snape qu'elle se laissait entraîner par mille chemins de réflexions différents. Elle finissait par s'embrouiller plus qu'autre chose elle avait tellement de choses à dire et si peu de place pour le faire ! Ses cheveux, comme toujours, étaient en train de marquer son agitation intérieure lorsqu'on frappa à sa porte.

- Entrez ! dit-elle en ne relevant pas les yeux de sa copie, mordant rageusement le bout de sa plume.

Elle appuya plus fort sur l'outil qui perça la feuille de parchemin.

- Mais ! ragea-t-elle, pourquoi on continue d'utiliser ces plumes ? Le stylo-plume c'était quand même mieux ! Très honnêtement, les sorciers ont du retard sur tellement de choses… Il faudrait peut-être que j'en touche un mo-

- Hum, je peux repasser si tu veux…

Hermione sursauta violemment en reconnaissant cette voix. Elle se tourna vers ces yeux bleus qu'elle connaissait si bien. Cernés, fatigués, un peu éteins. Mais déjà, au fond d'eux, une plus belle lueur qu'il y a quelques jours. Ils se contemplèrent ainsi de longues secondes.

- Ça va ? finit-elle par demander à Ron, la voix cassée.

Il hocha la tête, restant sur le pas de la porte. Son langage corporel semblait dire qu'il ne voulait pas s'attarder.

- Mieux, un peu… je voulais juste te dire, vu que Harry m'en a parlé, que je ne t'ai rien offert à Noël car le cadeau que j'avais prévu était trop… personnel. Je trouvais ça inutile et… douloureux.

Il posa un petit écrin à bijou sur le bureau, et repartit tout aussi vite qu'il était venu.

- Voilà, au moins tu l'auras quand même… à plus tard Hermione.

Il referma la porte derrière lui.

- A plus, Ron…

La jeune fille laissa tomber sa tête sur ses copies. Et même là, il est assez gentil pour s'inquiéter pour elle. Ses doigts vinrent saisir l'écran, découvrant un adorable collier d'or gravé de leurs initiales. Elle ferma les yeux. On ne pouvait pas être coupable de ne plus aimer quelqu'un. Mais en cet instant, elle se sentait comme une pauvre tâche, telle celle sur son parchemin.

Le lendemain, le quartier fut agité dès le petit matin. L'ancien ordre du phœnix utilisait toujours le Square comme lieu pour leurs rendez-vous et Minerva était revenue indignée de sa visite au ministère. Elle était restée loger directement ici en profitant de la pause scolaire pour laisser l'école quelques jours sous la surveillance des autres professeurs. Kingsley avait beau avoir pris la tête du pays après la guerre, des partisans de l'ancien régime courraient toujours dans les couloirs. Beaucoup réclamaient de nouvelles élections afin d'élire un autre chef de file. Kingsley était très directif et précis, ce qui avait beaucoup pour déplaire à certains. En résultait parfois des disputes phénoménales entre celui-ci et la directrice de l'école des sorciers. C'est ainsi qu'Hermione passa dans le couloir jusqu'à la cuisine en se faisant aussi petite que possible, ne souhaitant pas intervenir dans le débat houleux. Elle retrouva Harry qui grimaçait, tentant tant bien que mal de nourrir son filleul, agité par ces bruits incessants.

- Ça n'arrête pas depuis une heure… soupira son meilleur ami. Je me suis dévoué pour m'occuper de lui que ça a réveillé, et impossible de le rendormir… Dire que Ginny est au chaud sous la couette…

Prise d'une idée soudaine, Hermione suggéra :

- Et si on allait balader le petit Teddy ? ça devrait lui plaire de jouer dans la neige !

Les yeux d'Harry s'illuminèrent et il acquiesça du chef.

- Bon il va falloir repasser par le couloir maudit, mais ça en vaut la peine.

- Rendez-vous prêts dans dix minutes alors ! dit la jeune fille, ravie.

- Disons quinze, le temps que je couvre bien le petit…

Elle sourit, attendrit, attrapa un toast et monta directement dans sa chambre pour se couvrir. Il avait l'air de vraiment faire froid dehors, aussi elle ne lésina pas sur les couches de vêtements. Quelques minutes plus tard, Hermione descendait les marches pour rejoindre Harry, prenant soin de ne pas se mettre au bord du palier afin de ne pas se faire voir. Elle suait un peu avec son bonnet en l'attendant, mais bon. Il tardait à la rejoindre alors elle eut tout le loisir d'entendre la conversation de Minerva avec Kingsley. Ils évoquaient des noms qui ne lui parlait pas le moins du monde. Se perdant dans ses pensées, la jeune fille sursauta violemment et son cœur s'emballa soudainement alors qu'elle entendit une voix qu'elle n'aurait pas imaginé réentendre avant de nombreux jours. C'est son corps qui la poussa en avant jusqu'à la rambarde de protection, ses yeux voulant vérifier ce qu'elle pensait.

Severus leva son regard ébène, attiré par un mouvement soudain à l'étage. Des prunelles noisette le fixait avec étonnement. Il se recentra sur la directrice, mais son cerveau avait imprimé l'image de la jeune fille, couverte jusqu'au bout de la tête, les pommettes rougies. Visiblement, tous avaient assez confiance en les membres qui résidaient au Square pour pouvoir discuter dans le couloir même. McGonagall lui demandait maintenant s'il serait disponible pour une filature prochaine d'un mangemort qui leur donnait du fil à retordre. L'ordre du phœnix l'avait évité longtemps, mal à l'aise de le réintégrer pour certains, d'autres comme Minerva pensant qu'on lui en avait déjà beaucoup trop demandé. Il avait été convié à venir en ce jour justement pour cela. L'homme était habité par trop peu d'émotions pour refuser. Il désirait par-dessus tout être tranquille, mais la menace que laissaient encore peser des êtres abjects de l'ancien régime lui paraissait trop importante pour être ignorée. Son honneur lui imposait d'accepter. Cela lui donnait un objectif, un but s'avérant salvateur pour qui vivait une vie sans saveurs. Miss Granger descendit l'escalier, et donnait presque l'impression de chercher son regard. L'homme trouva cela bien étrange. Elle resta plantée au bas de celui-ci. Severus, qui tentait aussi bien que mal de nier son évident attachement pour sa jeune élève, se surprit à penser qu'elle méritait bien un monde un peu plus en paix. S'il pouvait y contribuer…

- Très bien, je le ferais. Si nous allions au salon, en discuter ? suggéra-t-il d'une voix posée.

Les deux autres approuvèrent et le précédèrent. Croisant enfin le regard de la Miss, il put voir ses sourcils froncés. Elle paraissait inquiète. « Pourquoi donc ? » se dit Snape. Elle ne put cependant les suivre comme son envie lui disait, car Harry arrivait enfin avec Teddy.

- Désolée de t'avoir fait attendre, mais je ne suis pas le plus doué pour coordonner les membres de cet enfant ! En plus, je crois qu'il commence à comprendre comment métamorphoser le bout de ses doigts… Je suis sûr d'avoir été piqué par une pince de crabe…

Hermione regarda Harry avec un air grave. Non seulement il était plus que gaga, mais il en oubliait de s'occuper de lui-même. Une vraie mère poule.

- Harry, c'est super de couvrir Teddy… mais je doute que tu survives dehors avec un simple T-shirt.

Le survivant la regarda un instant, fronçant les sourcils. Puis il baissa les yeux sur sa propre tenue avant de relever la tête dans une expression comique. Les yeux ouverts de surprise, la bouche également, avant de grimacer, gêné.

- D'accord, prends Teddy alors… j'en ai pour deux minutes.

Il lui donna le bambin qu'elle réceptionna avec maladresse, peu habituée aux enfants et bébés. Il faut dire que celui-ci était si choyé qu'il passait le plus clair de son temps dans les bras des adultes autour de lui, et Hermione n'était pas vraiment allée réclamer de le porter. Mais instantanément, elle put sentir la fragilité du petit garçon qui la regardait avec curiosité. Alors, elle se sentit envahie du devoir de protéger une chose aussi fragile. Et comme toute personne devant un bébé, elle voulut le faire sourire et se mit à lui faire des grimaces en espérant le faire rire. Le petit Lupin eut plus l'air sceptique qu'autre chose alors qu'il faisait virer ses cheveux au gris.

- Ahah, le gris il l'exprime toujours quand… et bien un peu quand il juge ce que quelqu'un peut faire.

- Je vois, constata Hermione. Il faut croire que je ne ferais pas comédienne de stand-up.

Harry rit à sa remarque et l'enjoins à le suivre dehors.

- Tu veux le porter sur toi ? J'ai pris l'échappe de portage.

- Oh euh… Pourquoi pas, je suppose ?

Son meilleur ami lui fit alors ouvrir son blouson et l'enroula dans un engin complexe. Elle le regardait avec tant de scepticisme que le petit se mit à rire, les cheveux passant au bleu.

- Cette tête a l'air de plus lui convenir…

- En même temps, tu verrais ton expression, dit Harry en souriant.

Lorsqu'ils ouvrèrent la porte pour s'aventurer dans le froid hivernal, seule la petite tête de Teddy dépassait du manteau d'Hermione. Elle sentait son poids mais ce n'était pas désagréable. Il lui tenait bien chaud.

Les deux amis partirent se balader avec sérénité, passant un moment privilégié ensemble. Leur temps seul était plutôt rare et ils se retrouvèrent avec grand plaisir. Ils se stoppèrent dans un parc de jeux, où des enfants étaient en train de s'amuser malgré le froid. Grelottant le temps que Teddy puisse sortir de sa cachette, Hermione fut ravie de pousser le petit sur la balançoire et d'entendre son rire.

- Sacré entraînement ! dit-elle à Harry en riant.

- Si on veut des enfants, oui… répondit-il doucement.

Hermione réfléchit avant de répondre.

- Ou si on a six beaux-frères qui demanderont à Tonton Harry de bien vouloir les aider avec les leurs…

Son meilleur ami rit de bon cœur, imaginant l'horreur d'être entouré d'enfants criants dans tous les sens. Mais c'était un cauchemar qu'il serait bien heureux de vivre, ce pour quoi il s'était battu.

Sur le chemin du retour, ils s'arrêtèrent dans un café pour boire quelque chose de chaud. Les deux amis choisirent tous les deux un grand chocolat chaud avec gourmandise, accompagné de petites guimauves qui fondaient dedans.

- Du coup, repris Hermione après un temps, tu ne souhaites pas avoir d'enfants ?

Harry prit son temps pour répondre.

- Eh bien, je ne sais pas exactement… Je n'y ai jamais vraiment songé en fait, jusqu'à dernièrement. Avant, je ne me laissais pas trop à penser plus loin que la veille pour le lendemain. Mais aujourd'hui, avec Teddy… plus Ginny… j'ai un peu imaginé mon futur. Je crois que ça pourrait me plaire, mais je veux me laisser le temps. Je n'ai pas envie d'en avoir juste parce que c'est comme ça que la vie devrait se dérouler, tu vois ce que je veux dire ?

- Parfaitement.

- Je veux être sûr, si j'amène un enfant dans ce monde, qu'il y fera bien meilleur que ce qu'on a pu vivre.

- Il le sera Harry, lui dit-elle en lui prenant la main, on a déjà fait de grands pas en avant.

- Et toi alors ? questionna-t-il.

- Eh bien, soupira-t-elle, j'y ai souvent pensé. Déjà en tant que fille, on m'en parlait avant même que je sois en âge de lire. J'ai été fille unique et j'ai toujours rêvé d'avoir un grand frère. Et ma famille me manque terriblement…

Elle dut s'interrompre, l'émotion la bouleversant. Harry serra sa main et attendit avec patience qu'elle continue.

- Donc j'ai vraiment cette envie de fonder la mienne. Mais plus tard, comme tu dis, si le monde est un peu plus en ordre et que j'ai les moyens. C'est un choix assez égoïste d'amener un enfant dans ce monde retors. Pourtant j'ai la certitude de pouvoir tellement donner d'amour que ça en vaudra le coup, pour lui.

Le survivant hocha la tête, profondément d'accord.

- Mais bon, déjà il faut trouver la bonne personne pour ça ahah ! finit-elle par conclure sur une touche d'humour.

- Je pense que Ginny et moi, c'est fait pour durer… C'est aussi effrayant qu'exaltant, ce que je ressens pour elle.

Il regarda ailleurs, gêné de sa confession. Hermione eut le sourire jusqu'aux oreilles en entendant cela. C'était beaucoup trop mignon. Harry était heureux lui d'avoir une amie comme Hermione. Jamais il n'aurait avoué cela à Ron – ou comment se faire charrier pendant un mois entier.

C'est ainsi qu'ils retournèrent au Square alors que la nuit était déjà tombée en ce jour hivernal. Teddy s'était paisiblement endormi contre Harry, et ils marchèrent dans un silence apaisé. Hermione bougeait doucement ses doigts contre l'intérieur de ses gants, appréciant la texture. Elle avait moins peur de revoir Ron et les autres, et espérait pouvoir passer la soirée avec tous au coin du feu.

Son souhait fut exaucé, se dit-elle quelques heures après, une infusion bien chaude entre les mains et lovée sur un coussin par terre, le dos contre un des canapés. Ron jouait aux échecs avec son père (il écrasait maintenant quiconque jouait à ce jeu avec lui, et son père était un des rares bons perdants du groupe), Mrs Weasley tricotait assise près du feu et les autres jouaient aux cartes. Hermione attendait qu'ils aient fini le tour pour jouer à nouveau, ayant gagné assez rapidement. Ils veillaient tous ensemble avant d'aller se coucher. La porte du couloir s'ouvrit alors, McGonagall entrant dans la pièce pour leur souhaiter la bonne nuit.

- Merci de nous avoir accueillir, nous finissons assez tard ce soir… Je vais aller directement prendre un peu de repos.

- Mais il n'y a aucun soucis Minerva, reposez-vous bien ! lui dit Mrs Weasley.

Harry se leva pour aller parler avec la directrice avant qu'elle ne se retire, sans doute pour la rassurer. Les grandes réunions de l'ordre avaient toujours lieu ici, mais arranger tout ce qu'il y avait autour nécessitait des réunions de petit comité, et tous avaient décidé de sortir cela de l'école des sorciers. Hermione les observait parler, et elle aperçut du mouvement dans le couloir.

Sans comprendre pourquoi, elle se leva vivement pour s'y diriger. Elle se retrouva alors face à Snape qui s'apprêtait à partir, Kingsley le précédant. Les deux la regardèrent avec scepticisme, attendant visiblement qu'elle dise quelque chose. Sauf que la sorcière n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait inventer là en cet instant pour justifier sa soudaine irruption. Snape fixa son regard aussi noir que l'onyx sur elle, et elle perdit ses moyens.

- Oui, Miss Granger ? finit par dire son professeur.

- Euh…

Elle répondit cela en bloquant sur l'onomatopée plusieurs secondes, et la réponse fusante ne manqua pas.

- Si vous vouliez avoir l'air d'un stupide poisson-rouge Miss, c'est très réussi.

Elle piqua un fard.

- Avez-vous quelque chose de constructif à ajouter, car j'ai personnellement mieux à faire que de regarder vos amygdales.

La colère monta en elle comme une vague, et elle se demande qu'est-ce qu'elle foutait là à avoir l'envie de parler à cet odieux personnage.

- Severus, enfin… Hermione, tout va bien ?

Elle se ressaisit finalement.

- Tout va bien oui, veuillez m'excuser. Je voulais juste vous demander avec honnêteté, professeur, dit-elle en tournant son corps vers celui-ci, si vous alliez vraiment reprendre des activités avec l'ordre.

Il la regarda d'un air impassible, et elle ne sut dire ce qu'il ressentait face à sa question. Elle savait surtout qu'il ne supportait pas la curiosité, et elle s'attendait à se faire violemment rembarrer. Avant qu'il ne puisse répondre, Kingsley intervint.

- Si ce n'est que cela, j'en profite pour me retirer… bonne soirée à vous deux.

Hermione le salua mais Snape ne bougea même pas. Intérieurement, l'homme était simplement perplexe et analysait toutes les possibilités de pourquoi la jeune fille lui posait une question comme cela.

- En quoi cela vous regarde-t-il ?

C'était bien vrai. Il ne pouvait pas simplement se dire que la jeune fille était inquiète pour lui. Elle le regarda avec des gros yeux.

- Parce que je m'inquiète pour vous ?

Ce coup-ci, ce fut lui qui fit les gros yeux.

- Vous êtes… inquiète pour moi.

S'il avait su comment faire, il aurait ri de sa réponse. Lui faisait-elle une blague ? Non, vu son regard, elle paraissait sérieuse en disant cela. Ils se contemplèrent en silence. Elle plissa les yeux, l'air de se demander ce qu'il ne comprenait pas dans sa phase.

- Oui, je le suis.

Aussi simple que cela. Il s'éclaircit la gorge, choisissant de répondre à sa question à sa propre surprise.

- Oui, je vais travailler de nouveau avec l'Ordre.

Elle parut décontenancée.

- Mais… pourquoi ?

Il haussa un sourcil. Elle se justifia.

- Je veux dire… vous en avez déjà tellement fait. Et ce n'est pas comme si les gens avaient été réellement reconnaissants avec vous…

Elle se tut, ne comprenant pas. Comment ce personnage aussi exécrable avec tous, finissait toujours par se sacrifier pour tout le monde ?

- A un moment, vous avez droit à un peu de paix aussi !

Snape n'avait jamais vu quelqu'un réagir comme cela pour lui. Parler de lui ne lui était pas aisé, mais il avait l'envie sincère de répondre aux interrogations de la jeune fille en face de lui.

- Mes choix sont portés par mes valeurs Miss Granger. Si le travail n'est pas terminé, je n'ai aucune raison de m'en retirer.

- Mais…

Elle dit cela, sans savoir quoi ajouter.

- Et puis qui pourrait s'en charger parmi ces incapables. Mieux vaut que ce soit moi.

Hermione le regarda étrangement. L'ironie était présente, mais elle sentait presque une touche d'humour dans sa phrase. Il ne la rassurait pas de manière claire, mais lui faisait comprendre qu'elle n'avait pas à s'en faire.

- Malgré cela, monsieur… Comment dire… je trouve ça injuste et cela me perturbe. Je ne sais pas comment nous aurions pu faire sans vous.

- Je ne sais pas non plus, Miss.

Elle sourit.

- Quand commencez-vous ?

- Dès demain.

Elle mordait sa lèvre inférieure, la torturant d'une façon qui attira le regard de Snape une seconde de plus que la décence ne l'autorisait. Toute à sa réflexion, elle ne remarqua rien cependant.

- Revenez au moins le trente-et-un.

- Pardon ?

Il avait répondu vite et avec surprise.

- Oui, pour la nouvelle année.

Décidément, son élève lui réservait plein de surprises. L'inviter, lui, à un événement social ? Cette idée semblait sortie tout droit de nulle part.

- Je ne crois pas que ce genre d'événement soit bien… intéressant, Miss. Vous m'excuserez de décliner votre invitation.

Fêter le passage d'un chiffre à un autre, il n'en voyait nullement l'intérêt.

- Mais si, en tant que membre de l'ordre vous devez vous intégrer au groupe. Vous étiez bien là pour Noël.

Il renifla, dédaigneux. Oui, il avait été là, parce que sa collège l'avait forcée – ou appâté avec un budget intéressant pour ses ingrédients s'il se présentait.

- C'était exceptionnel.

- Pourtant nous avons eu un bon moment !

- Miss Granger, je ne sais pas pourquoi cette conversation s'éternise. Je vous remercie de vos bonnes intentions, mais ce sera tout.

Il amorça son départ, mais elle continua.

- Mais Monsieur, je pense que chacun a pu apprécier votre présence. Moi également…

Sa voix mourut sur la fin de sa phrase, et ses joues rosirent légèrement. Elle était intimidée d'avouer cela, et cela le gêna lui tout autant.

- Cela me ferait plaisir de vous compter parmi nous. Vos anecdotes et connaissances ont animé ma soirée de Noël, et je serais bien tentée de connaître votre avis sur une bouteille que je prévois d'ouvrir ce soir-là.

Par Merlin, Severus avait maintenant envie de fuir. Comment avait-elle pu débiter autant de choses gênantes en quelques secondes ? Les Gryffondors étaient vraiment stupides. Décidément, il ne savait même plus s'il était réellement le professeur de cette gamine qui lui faisait perdre ses moyens.

Voyant qu'il ne répondait pas, elle insista.

- Si l'ambiance ne vous plaît pas, vous pourrez toujours repartir. Venez donc pour vingt heures.

Et voilà qu'il hésitait ! Il avait l'envie de répondre à l'attente de cette jeune sorcière, inexplicablement.

- Je vais y réfléchir.

Il s'en alla pour de bon cette fois-ci, désireux de quitter cette atmosphère étrange qu'il n'identifiait pas. Hermione se sentit tellement heureuse. Même s'il ne venait pas finalement, elle avait le sentiment que l'inviter était une bonne chose à faire. Et elle n'avait pas menti, elle appréciait réellement la compagnie de cet homme.


Alors, pensez-vous que Severus se présentera ? Et si oui, qu'est-ce qu'il pourrait se passer ? :)