Ouip, ça faisait longtemps. Nope, cette fic n'est pas abandonnée. Juste qu'en ce moment, je n'ai pas trop le temps de m'y consacrer. x,) (Et que je n'ai plus de stock de chapitres, pour ne rien arranger, alors du coup... forcément, je suis lent ! D:)


20

— Au final, je commence à y prendre goût…

Faisant face à un miroir sur pied, Kunsel s'observe attentivement. Ses doigts passent dans ses cheveux en grande partie synthétiques et, réajustant sa robe, il confirme :

— Ouais, c'est pas si mal. Ok, je vaux pas Sephiroth, mais je me défends quand même. Non, qu'est-ce que t'en dis ?

Disant cela, il se tourne vers Zack – qui se crispe, comme le ferait quelqu'un pris en flagrant délit de… quelque chose dont il aurait préféré ne pas être pris en flagrant délit, justement. Et c'est avec un sourire un peu forcé que celui-ci répond :

— Et alors quoi ? Faut que je te fasse des compliments, maintenant ?

— Qu'est-ce qu'il se passe, Zack ? se moque Kunsel. C'est toi qu'arrêtes pas de me tripoter et, maintenant, ça te gêne de me dire que ça me va bien ?

— Hé, c'est pour plaisanter, hein ?

— Dommage ! Et moi qui pensais avoir une touche.

En réponse, Zack laisse entendre un rire qui se veut amusé, mais qui ne sonne pas très convaincant à ses oreilles. Kunsel ne semble toutefois pas se rendre compte de sa nervosité et s'en retourne à son miroir, visiblement sérieux quand il prétend que son apparence actuelle ne lui déplaît pas. Quant à Zack… il est le premier surpris de constater que ça ne lui déplaît pas non plus.

En vérité, il commence même à sentir grossir en lui un soupçon d'intérêt qui le perturbe. Son regard ne cesse de revenir à son ami; s'attarde un peu trop sur sa silhouette qui, ainsi mise en valeur, lui apparaît sous un nouveau jour. Il doit d'ailleurs se faire violence pour détourner le regard, ce de crainte que son comportement ne finisse par paraître suspect aux yeux des autres membres du SOLDAT traînant à proximité.

Merde, qu'est-ce que je fous ?

Car si dans un premier temps, il a trouvé amusant de le voir habillé ainsi et s'est donc permis de le taquiner un peu sur scène ou devant Genesis, à présent il a le sentiment que…

Ok, relax, c'est rien. C'est juste l'effet de la nouveauté, rien de plus. Ouais, c'est ton pote, quoi !

Les bras croisés, il prend une longue inspiration et ferme les yeux, le temps de calmer le soupçon de panique qui voudrait le submerger.

— Tu sais quoi, lui lance Kunsel en se tournant vers lui. On devrait prendre une photo tous les deux !

Et à Zack de battre des paupières, l'air paumé.

— Une photo… ? répète-t-il stupidement.

— Ouais, habillés comme ça. Ce serait bête de pas en garder un souvenir. Je veux dire… c'est pas comme si ça risquait de se reproduire !

— Ah…, commence Zack, avant de retrouver son sourire. T'as raison, faut qu'on immortalise ça ! (Avant de lancer à la cantonade :) Hé, quelqu'un pour prendre une photo de moi et Kunsel ?

Après l'incident survenu un peu plus tôt, l'équipe, ainsi que tout leur matériel, ont été déplacés dans une autre partie des loges jusque-là peu, sinon pas utilisée. On peut d'ailleurs deviner, chez certains, un soupçon de méfiance qui les pousse à jeter régulièrement des regards autour d'eux – désireux de ne plus se laisser surprendre des fois qu'un intrus se soit glissé dans leurs rangs.

Et au milieu de ce petit monde, un jeune Troisième classe, dont le visage ne lui est pas familier, lève la main.

— Je me débrouille pas trop mal niveau photos, si vous voulez.

— Parfait ! T'as un appareil photo, Kun' ?

— Non, juste mon portable, lui répond son ami en haussant les épaules. Mais c'est toujours mieux que rien. (Puis, lui donnant une tape sur l'épaule, il questionne :) Tu veux que je te ramène aussi le tien ?

Zack approuve et le regarde s'éloigner en direction des vestiaires. S'attarde un peu trop sur le va-et-vient de ses jupons, avant de se reprendre. Puis il se tourne vers le Troisième classe qui, ayant lui aussi suivi le départ de Kunsel des yeux, fait remarquer :

— Ça lui va pas trop mal, n'empêche. Moi, à sa place, je suis sûr que j'aurais l'air ridicule.

— Et moi donc, soupire Zack. Genesis a été sympa avec moi, sur ce coup !

Et même plus que sympa. Sûr que s'il n'avait pas jugé que ça pourrait être préjudiciable pour la pièce, il se serait fait un malin plaisir de lui refiler le rôle de Kunsel. Juste histoire de lui en faire baver.

Il remarque que le jeune SOLDAT l'observe. L'observe avec peut-être un peu trop d'intensité, les yeux plissés sous le coup de la concentration. Comme il hausse les sourcils en signe d'interrogation, celui-ci lui dit :

— Faut voir… je veux dire, Kunsel est presque aussi musclé que vous et puis, vous avez vu ce que ça donne sur Sephiroth ? Avec le bon maquillage et la bonne robe, ça aurait pu passer.

Zack ouvre la bouche pour lui demander de ne pas raconter de conneries, mais Kunsel revient au même instant et lui tend son portable.

— Fais gaffe, lui dit son ami. T'as presque plus de batterie.

Puis il remet le sien au Troisième classe qui, avec un large sourire, s'éloigne de quelques pas et entreprendre de les cadrer. Il ne semble toutefois pas très satisfait du spectacle qu'ils offrent et, après avoir vainement cherché le bon angle, voit une moue lui retrousser la lèvre inférieure.

— Ce serait mieux si vous preniez la pause, non ?

Et aux deux amis, qui se contentaient de se tenir l'un à côté de l'autre, d'échanger un regard. Le jeune, lui, pousse un soupir et, se passant une main dans ses cheveux courts, ajoute :

— Je veux dire… quitte à être en costumes, autant incarner vos personnages. De ce que j'ai compris, sur scène, vous êtes censés être des époux. Alors faites genre aussi pour la photo. (Puis son regard se faisant scrutateur, un claquement de doigts lui échappe.) Je sais ! Zack, prenez-le par la taille, d'accord ? Ce sera parfait !

Là-dessus il lève le téléphone portable, ce avec l'expression impatiente de celui qui attend que des modèles récalcitrants daignent enfin lui donner satisfaction. Kunsel envoie un coup de coude à Zack.

— On dirait qu'on n'a pas le choix, hein ?

Zack lui rend son sourire, mais on sent chez lui un début de nervosité.

Ton pote ! Ton pote ! Ton pote !

Déglutissant, il vient donc se placer derrière Kunsel et referme ses bras autour de sa taille. Sent aussitôt quelque chose remuer en lui; quelque chose qui aurait mieux fait de rester plongé dans le sommeil, mais qui maintenant qu'on l'a asticoté, est bien décidé à ne pas se rendormir de sitôt.

Et merde !

Ok, on se calme. On se caaaaaalme ! C'est rien. Rien du tout. Juste un trouble passager.

N'empêche que de le savoir aussi près de lui, pouvoir respirer son parfum…

Il sent pas aussi bon, d'habitude… pourquoi est-ce qu'il sent bon comme ça ?!

… sentir la caresse de ses cheveux contre sa peau et puis…

Oh merde ! OH MERDE !

… Kunsel qui se rapproche d'un peu trop près et qui l'effleure… là où il ne devrait justement PAS l'effleurer, manquant de le faire couiner au passage; ça l'envahit d'un sentiment de panique, auquel s'ajoute un soupçon d'excitation qui va en grossissant et…

Bon sang, Kun' !

Sentant le sang lui monter au visage, il doit se faire violence pour ne pas fuir à toutes jambes; se fige, comme les mains de son ami viennent se poser sur les siennes. Son cœur, quant à lui, s'emballe complètement.

De son côté, leur photographe amateur lève le pouce, ravi du spectacle qu'ils offrent à présent.

— Ok, je compte jusqu'à trois, d'accord ?

Et tandis que le décompte se fait, Zack trouve la force de se parer d'un sourire à peu près naturel.

Les secondes suivantes lui semblent durer une éternité. Et quand enfin le Troisième classe abaisse le portable, un large sourire aux lèvres, Zack se recule vivement. Précipitation que ne semble pas remarquer Kunsel – qui s'approche déjà de l'autre pour prendre connaissance du cliché réalisé. Jugeant le résultat satisfaisant, il a un geste de la main et lance :

— Allez, Zack. File ton portable, c'est à ton tour !

Mais au lieu de tendre son téléphone, c'est sous le regard surpris des deux autres que Zack tourne les talons. La seconde d'après, il fuit à toutes jambes la catastrophe qui s'annonce s'il reste plus longtemps dans le coin…

21

— Donc, en résumé, on se retrouve avec un figurant en moins !

Exaspéré, Genesis émet un claquement de langue. Lui font face un Troisième et un Deuxième classes qui, non sans une certaine appréhension, sont venus lui apprendre que le SOLDAT censé incarner le fils de Raiponce avait été envoyé au Département scientifique – ce après avoir vomi ses tripes dans les cabinets.

Il n'est d'ailleurs pas le seul dans ce cas, deux autres membres s'étant trouvés mal suite à ce qui était maintenant qualifié d' « attaque ennemie » – bien que personne ne sache vraiment qui est cet ennemi, ni n'est certain de bien comprendre son but, tant il est absurde d'imaginer que quelqu'un puisse chercher à saboter la pièce.

Même s'il serait stupide d'écarter complètement cette possibilité…

Il ne voit cependant pas trente-six personnes qui pourraient souhaiter que la pièce s'achève prématurément et toutes sont soit ses amis proches – Angeal et Sephiroth ayant clairement exprimé leur mécontentement quant à leurs rôles de premier rang dans celle-ci –, soit des impertinents qui, de toute façon, en ont déjà terminé avec leur participation sur scène – du reste, il ne voit pas Zack monter un plan pareil, quant à Kunsel… celui-là ne lui semble pas bon à grand-chose d'une part et, de l'autre, n'aurait aucun intérêt à perpétrer une attaque de cette sorte sur leur équipe.

En bref, aucun d'entre eux ne fait un coupable crédible, d'autant moins qu'en ce qui concerne Sephiroth et Angeal, il connaît suffisamment leurs méthodes pour savoir qu'ils ne s'abaisseraient pas à gazer leurs effectifs pour obtenir satisfaction.

Reste qu'il leur manque à présent un figurant et qu'ils vont avoir du mal à trouver quelqu'un pour le remplacer au SOLDAT. Trop grand… trop musclé… trop âgé… tous les membres qu'il a en tête répondent au moins à l'un de ces critères disqualificatifs.

Non, on ne trouvera personne au SOLDAT. Il va donc falloir faire venir quelqu'un d'extérieur à notre département, mais… je ne vois absolument pas vers qui nous pourrions nous tourner.

C'est à ce moment qu'il avise Zack. Rouge pivoine, celui-ci s'est arrêté à l'angle du couloir et, après un regard par-dessus son épaule, se laisse aller contre le mur à sa gauche – une main portée à l'emplacement de son cœur. Puis il émet un soupir, avant de grogner et de se gratter furieusement les cheveux.

— Pour une fois, on peut dire que tu tombes à pic !

Avec un sursaut, Zack tourne la tête vers Genesis, qui marche dans sa direction. Et sur son visage, l'expression de celui qui craint qu'on n'ait quelque chose à lui reprocher… ce sans bien savoir de quoi il s'agit.

— Nous avons un petit problème, lui annonce le Banoran en s'arrêtant à sa hauteur. Le SOLDAT censé jouer le rôle du fils de Raiponce a été envoyé au Département scientifique et ne risque pas d'en ressortir de sitôt.

— Heu…, commence Zack, pas certain de savoir pourquoi il lui raconte ça. Si c'est pour me demander de le remplacer, je suis pas sûr que je…

— Pas toi, non ! Ce serait peu crédible et cette pièce a déjà eu plus que sa dose de ridicule. Pas question d'en rajouter une couche !

— Heu…

— Mais comme tu es du genre sociable, peut-être connais-tu quelqu'un d'extérieur à notre Département qui pourrait faire l'affaire ?

Et à Zack de battre bêtement des paupières. Son cerveau encore perturbé assimilant enfin ce qui lui est demandé, il se détend, tandis qu'un sourire fleurit sur ses lèvres.

— Ah, ouais… j'ai peut-être ça !

Il lève ensuite les yeux au ciel, fronce légèrement les sourcils et passe en revue ses différentes connaissances.

— Faudrait quelqu'un de pas très grand, c'est ça ?

— Non seulement ça, confirme Genesis, mais qui soit également jeune et pas taillé comme une armoire à glace.

— Petit, jeune, pas bien épais, ok !

Il ne lui faut que quelques secondes pour repérer le candidat idéal. Son sourire faisant sa réapparition, il opine du chef pour lui-même et annonce :

— Ouais, j'ai un ami qui fera l'affaire. Je vais l'appeler pour voir s'il est libre !

Disant cela, il entreprend de fouiller dans ses poches à la recherche de son portable. Trouve le numéro de celui qui l'intéresse, avant de porter le téléphone à son oreille. Mais comme personne ne décroche, il finit par tomber sur le répondeur de son correspondant.

— Hé, Cloud, c'est Zack, dit-il. Rappelle-moi, tu veux ? J'ai un service à te demander.

Puis il raccroche et, avec un haussement d'épaules, ajoute à l'intention de Genesis :

— Je l'ai vu à la Shinra, ce matin. Il doit encore y être.

— Il doit, répète Genesis, peu enchanté par cette formulation.

— Il est parfait, je t'assure ! Exactement ce qu'il nous faut.

— Je l'espère. Parce que sinon, je…

Le Banoran ne termine pas et tourne vivement le regard sur sa gauche. Un peu plus loin, les deux SOLDATs avec qui il se trouvait se tiennent toujours au milieu du couloir et discutent – l'un affichant un air soucieux, tandis que l'autre semble songeur. Ce n'est toutefois pas eux qui ont attiré son attention, car aucun des deux ne regarde dans sa direction. Pourtant, il a eu la nette impression d'être épié. Ce avec suffisamment d'insistance pour le mettre en état d'alerte.

Est-ce que je me fais des idées ?

Contrarié, il porte une main à sa nuque. Sans doute une conséquence du gaz qu'il a inhalé… celui-ci lui brouille encore un peu l'esprit et, en vérité, il se sent plutôt vaseux. Sa gorge est irritée, son crâne douloureux et il a presque hâte d'aller se coucher.

— Bref, reprend-il en revenant à Zack. Dès que tu as des nouvelles de ton ami, tu viens m'en informer. Et essaye de voir autour de toi si d'autres n'auraient pas des candidats du même genre en tête… il vaut mieux qu'on en ait plusieurs sous le coude, au cas où.

Puis il sort une montre à gousset de ses poches et, l'ouvrant pour y consulter l'heure, ajoute :

— En attendant, tu m'excuseras, mais il va être temps pour moi de remonter sur scène !


Prochain chapitre (Qui apparaîtra... je ne sais pas trop quand, en vérité. Mais qui apparaîtra tôt ou tard !), entrée en scène d'Angeal ! :p