Hey ! Comment allez-vous ? Moi, ça va.

Nous revoilà rassemblé(e)s pour un nouveau chapitre. Il est long, mais tout ce que j'avais à dire dans ce chapitre, je devais le mettre ici et non dans le suivant. Et enfin je peux partager "New beginning" de Luke Faulkner, une superbe belle musique que je voulais absolument identifier à ce chapitre. Car vous verrez, ça sera un nouveau départ, mais pour qui ? Huhu, vous allez lire ça.

Je pose un warning ici ! Ce chapitre, surtout au début, parlera d'une chose qui peut dégoûter/choquer : j'évoquerais plusieurs fois le mot "vomi". Donc, faites attention si vous êtes facilement choquables ou autres (mais normalement, j'ai fait en sorte d'en parler le moins possible).

Sinon, quoi dire d'autre ? Rien de nouveau. Je vais vous laisser lire et vous souhaite une bonne lecture. On se retrouve en bas :D.


Chapitre 7 : New beginning

25 Juillet 1989

Chambre 1507 – Kakyoin Noriaki

Hôpital de Tokyo, Japon

Le lendemain arrivait rapidement, sans que Kakyoin n'ait pu réellement dormir. Il avait sommeil, il se sentait très fatigué, mais la remémoration de son souvenir le préoccupait. Lorsque 7 heures du matin arrivèrent, il fut emmené faire encore un tas d'examens. Il ne comprenait pas pourquoi il avait autant besoin d'en faire. Ou du moins, il comprenait mais l'équipe médicale refaisait exactement la même chose. Est-ce que ça voulait dire que son état était toujours inquiétant ? Quand il y repensait, il n'avait pas eu de visite depuis quelques jours de son médecin.

Une fois ramené dans sa chambre, le roux lâchait un long soupir, étant enfin seul. Depuis qu'il s'était souvenu de sa « mort », il était devenu morose. Il n'avait pas encore toutes les cartes en main, mais les éléments du puzzle commençaient à se rassembler. Il avait été tué par DIO.

DIO. Rien que de prononcer son nom provoqua des frissons et de la nausée chez le jeune homme... Lors de sa première rencontre avec lui, il se souvint que ce vampire suscita une grande peur chez lui. Et pourtant… Il lui parla d'une voix mélodieuse, sa bouche collée contre son oreille, son souffle chaud arrivait délicatement sur sa peau. Il lui murmura des mots qu'il voulut tant entendre autrefois, une de ses mains taquinant sa boucle d'oreille, touchant parfois son épiderme d'un geste quasi inexistant et pourtant cela pouvait réveiller des sensations particulières…

C'en était trop, Kakyoin attrapa à temps le haricot présent sur sa table mobile et rejeta tout ce qu'il avait pu avaler -que du liquide- jusqu'à hier soir, apparemment encore stocké dans son estomac. Comment avait-il pu autant se laisser faire par ce monstre ? Comment avait-il pu être aussi faible ? Il espérait sincèrement que le vampire n'avait rien fait sur son corps. A cette pensée, le roux se sentait soudainement sale et peu à l'aise. Et ce sentiment se renforça lorsqu'un second spasme parvint jusqu'à ses lèvres, remplissant presque le haricot. Aaah, c'était dégueulasse, tout était dégueulasse. Le reposant à l'endroit où il était initialement après s'être essuyé la bouche, Kakyoin se rallongea convenablement, choisissant d'ignorer la vive douleur dans son dos et cette impression très désagréable de brûlure dans la gorge et l'estomac. Il eût envie de se brosser les dents et de prendre une douche. Il avait horreur de se sentir sale. L'hygiène était primordiale pour lui. Malheureusement, ce n'est pas comme s'il pouvait se lever.

Il devait dormir. Il fallait cette fois-ci qu'il dorme car il se sentait terriblement mal, comme tous les autres jours précédents. Il se demandait même s'il n'était pas mieux qu'il soit mort contre ce château d'eau, car au moins là-bas, il n'avait pas mal.
Cela dit, le médecin ne fut pas d'accord avec la décision de Noriaki de se reposer car il décidait de faire enfin son apparition après tant de jours d'absence, l'air grave.

« Bonjour, Noriaki, je suis Akira Kimura, ton médecin je ne sais pas si tu te souviens de moi, s'annonça le jeune médecin, gardant un gros dossier dans ses bras.

- Hm…, fit le japonais en ouvrant difficilement les yeux. Il avait tourné la tête vers son visiteur impromptu. Il ne semblait pas avoir remarqué le beau reste qu'il avait laissé sur la table mobile.

- Je viens te faire une conclusion de tous les examens qu'on t'a fait depuis ton éveil et même avant. D'habitude, je l'annonce avec les parents en ta présence, ...ou plutôt c'est le protocole à faire, pensa le praticien avant de poursuivre, cependant tes parents sont tous les deux en déplacements. Je leur ai donc déjà tout dit au téléphone, mais je préfère te le dire aussi à vive voix. Je tiens aussi à souligner que j'ai travaillé en collaboration avec ton neuropsychologue. Ne t'en fais pas, il ne m'a rien dit, il m'a seulement fait une conclusion de deux premières séances sans rentrer dans les détails.

- Hm..., répéta le roux, ne sachant quoi dire d'autre. Il ne savait pas ou alors avait-il sans doute oublié que ses parents étaient en déplacement.

- Bien, hm…Je suis désolé, ce ne sont pas vraiment des bonnes nouvelles. Du moins, pour l'instant. Cela ne me ravit pas de te l'apprendre comme ça, mais à l'heure actuelle, il nous ait encore impossible de savoir si tu peux remarcher. La balance pencherait plutôt vers le côté négatif, c'est-à-dire que tu ne pourras plus jamais marcher, mais rien n'est moins sûr. Tu peux toujours tout fait chambouler, la science n'est pas exacte !

Le médecin se voulait enthousiaste mais en vrai, il ne l'était pas du tout. Les bilans montraient clairement que son patient n'aura plus jamais l'occasion de marcher, courir, ou quoi ou qu'est-ce. Et que, même si par un miracle, il pourrait entamer une rééducation, il ne pourra plus jamais faire comme ce qu'il avait fait lors de son voyage mortel jusqu'en Egypte.

Cette nouvelle réveilla totalement le roux, qui s'était redressé comme il le pouvait, fixant son interlocuteur.

- … Je vois…

- Je suis désolé, se répétait-il, la moelle épinière a été sanctionné lors de ton… ahem, ton accident. Même si nous, la fondation Speedwagon, avions pu d'implanter une greffe inorganique, nous avons essayé tant bien que de mal de recoller la moelle épinière sanctionnée. Mais jusqu'à ton arrivée, nous n'avons jamais testé cette méthode et on ne sait toujours pas comment celle-ci pourrait réagir d'ici les prochains jours, voire mois ou années. Les tests prouvent pour l'instant que cela n'a pas fonctionné et c'est aussi la raison du pourquoi tu as des grosses douleurs dans le dos lorsque tu bouges légèrement. Ils pouvaient remercier les Allemands d'avoir apporté leur technologie, sans quoi ils n'auraient pas pu faire tout cela. En parlant de greffes, je n'ai pas pu te voir avant mais je voulais faire un point là-dessus. Nous t'avons fait plusieurs greffes : celle-ci dont je viens de te parler, un estomac, un bout d'intestin -le gros, heureusement-, nous avons également réussi à régénérer tes cellules du foie grâce à un manieur de stand et recoller ta peau. Malheureusement, pour toutes ces greffes, on est obligés de te mettre sous médicaments qui baissent tes défenses immunitaires. Il faut donc que tu fasses très attention à ne pas avoir une maladie car elle peut t'être fatale. Donc tu ne dois pas hésiter à nous dire quoi que ce soit, d'accord ? De toute façon, les infirmières seront là pour relever tes constantes tous les jours deux fois par jours. Nous serons par conséquent extrêmement vigilants sur ta température et ta tension.

- Hm…

- Pareil pour l'estomac, c'est un organe très capricieux quand il est greffé, si jamais tu as des brûlures, des vomissements, il faut que tu nous préviennes d'emblée !

- …, ah, c'était grave alors ? Et ce n'était donc pas dû à la remémoration de son souvenir ? Parce que si le médecin faisait un peu attention, il y avait toujours ce qu'il avait recraché à côté de lui.

- Parlons maintenant des autres séquelles, Ah ! Parce que ce n'était pas terminé ?!, M. Laurent Thierry m'a dit qu'en seulement deux séances, tu avais fait beaucoup de progrès ! C'est ce qu'il faut. Il semblerait que tu as toujours un problème de débit de parole, je dois te le dire franchement, ça restera à jamais ainsi. Attention, je n'ai pas dit que tu parleras toujours comme ça, mais il t'arrivera, malheureusement, de chercher tes mots. Mais cela ne devrait pas te gêner davantage. Ca à l'air d'être la même chose pour la lecture. Tu vas avoir des difficultés pour lire, mais ça restera de plus en plus… pas rare mais je dirais maîtriser. Cependant, pour ton problème d'attention, on dirait que cela se soit déjà un peu calmé.

- … D'accord…

- Est-ce que tu as-! Qu'est-ce que c'est que ça ?! Ah, il avait enfin vu ce que Noriaki ne voulait pas qu'il ne voit. Comprenez-le, il savait très bien que c'était une source de problème, le fait d'avoir vomi. Quand est-ce que c'est arrivé ?!

- Tou-l'heure…, Arg, vraiment parler après avoir vomi et avoir encore les cordes vocales enrouées, c'était vraiment douloureux. Après un raclage de la gorge, le roux retenta. Tout à l'heure…

- Mon dieu ! Je reviens tout de suite ! Le médecin sortit complétement paniqué de la chambre, abandonnant ainsi son patient. »

Seul, il repensa à ce qu'il venait d'apprendre. Alors, il ne pourra plus remarcher donc ? C'était clairement ça. En plus, il allait être vraiment faible, à pouvoir tomber malade pour le moindre petit rhume, et lui, il détestait être faible. Vraiment, il s'était demandé pourquoi l'avoir sauvé lui plus que les autres. Surtout que si c'était à refaire, il le referrait mais en demandant que l'on ne le sauve pas.
Mais le roux n'eut pas plus le temps de s'enfoncer dans ses sombres pensées car l'équipe médical arrivait et l'emmenait, directement sur son lit, faire des examens supplémentaires. Ce n'était vraiment pas sa journée. C'est ce qu'il s'était mis à penser lorsqu'il revint une énième fois dans sa chambre, la table étant débarrassée. On l'avait sermonné de n'avoir rien dit, et l'avait assommé de questions plus embêtantes les unes des autres.

Kakyoin espérait sincèrement qu'il n'y aura personne, aujourd'hui, pour lui rendre visite. Si son débit de parole avait été de retour comme avant, il se serait sans doute énervé contre la personne qui serait passée le voir, alors qu'elle n'aurait rien fait. Mais il était comme ça, en temps difficiles, ou alors il laissait son stand se déchaîner contre tout ce qu'il trouvait (bien qu'il n'eût aucun souvenir, il savait qu'il faisait ça), ou bien, il peignait de formes illisibles, jusqu'à, parfois, sacrifier un ou deux pinceaux tellement qu'il appuyait fort. Mais là, il ne put rien faire, il était bloqué dans un corps qui était cassé et reconstitué avec certains organes qui n'étaient même plus les siens. Alors il pria fort. Il pria tous les Dieux qui pouvaient exister sur cette Terre qu'on le laissât tranquille, pour une fois, cette journée-ci.

Mais il fallait croire que Jotaro n'avait pas entendu cette prière. Le lycéen était en route après sa journée au lycée, vers l'hôpital où résidait provisoirement son ami. Le brun fut soulagé car dans quatre jours, le samedi qui venait, annonçait les vacances d'été, même s'il devra rater quelques journées entre temps. Il pourra se reposer et travailler tranquillement tout en tenant compagnie au roux. Cela étant dit, il y avait quelque chose qui inquiétait le délinquant depuis quelques jours. Personne ne lui avait parlé des séquelles qu'encourait Kakyoin depuis son éveil, dû à son coma et à sa blessure mortelle. Allait-il pouvoir remarcher ? Allait-il pouvoir revenir au lycée avec lui avant que son année ne se termine ? Très sincèrement, il l'espérait bien. Il avait toujours envié les gens de son âge, que ça soit les nanas qui le suivaient comme des chiots affamés, ou ses autres camarades de classe, il les voyait toujours accompagnés de leur ami, discutant de tout et de rien. Avant d'avoir les Crusaders, le délinquent ne s'était jamais lié d'amitié avec quelqu'un, même quand il était plus jeune et moins… voyou, on va dire. Alors, il souhaita pouvoir goûter un peu de ce bonheur avant qu'il ne soit trop tard. Surtout que le peintre avait toujours des choses à raconter, ou même s'il n'en avait pas, il restait silencieux mais sa présence faisait toujours du bien au futur océanologue.

Alors qu'il était en chemin et qu'il avait décidé de marcher à pied jusqu'à l'hôpital -le lieu de sa destination était assez loin mais y aller à pied lui permettait de profiter du beau temps-, il s'arrêta devant la palissade d'un magasin, quelque chose l'ayant interpellé. Cachant son sourire derrière sa casquette, il y rentra aussitôt pour y ressortir quelques minutes plus tard, le bras portant maintenant un sac.

Lorsqu'il arrivait à destination, après s'être acheté une canette de coca pour se déshydrater en route, il passa un rapide coup d'œil à l'accueil, demandant si c'était ok pour lui d'y entrer et choisissait d'ignorer le regard insistant de l'hôtesse d'accueil lorsqu'il partit au premier étage. Le voilà devant la porte. Il toqua assez fort et attendit qu'on lui réponde. Mais aucune réponse ne vint, alors Jotaro retenta en sortant un « Excuse-moi mais je rentre », et entra. Il fut surpris de voir que non seulement, la pièce était plongée dans le noir, la seule source de lumière étant celle du couloir où il y était à moitié, que le japonais n'était pas endormi, mais en plus avait la tête tournée vers la fenêtre encore cachée derrière les épais rideaux, les poings serrant fortement son drap.

« Hey, Kakyoin. Je t'ai rapporté quelque chose. »

Déclara Jotaro tout en lui posant ce dit quelque chose sur sa table d'hôpital. Il se rendit vers la fenêtre et tira légèrement la draperie afin de laisser passer un peu de lumière. Il n'obtint encore aucune réponse de la part de son ami, ni même un regard, celui-ci toujours dirigé sur l'ouverture. Il s'efforça à nouveau à dire quelque chose, en vain. Même son stand, Star Platinum, sortit de son corps contre son accord, et questionna, inquiet, l'artiste avec un « Ora ? ». La seule réponse qu'ils reçurent fut la sortie de Hierophant Green qui semblait à la fois paniqué, en colère et triste. Jotaro se doutait qu'il s'était passé quelque chose, ou peut-être un souvenir ? Après tout, n'avait-il pas prononcé hier, le nom de leurs compagnons morts au combat ? Il se posa donc sur le côté gauche du lit, et levait sa main droite pour la poser doucement sur l'épaule gauche de son ami, le faisant sursauter au passage. Ils n'avaient jamais eu trop de contacts ensemble, cela faisait donc bizarre pour le lycéen d'avoir un contact direct.

« Hey, Kakyoin, tout va bien ? Question nulle, Jotaro le concevait, mais c'est tout ce que lui vint en tête. Vaut mieux ça que rien.

- Hmm… Jotaro…, prononça d'un ton quasi-normal le roux, alors qu'il tournait doucement la tête vers son interlocuteur. Le lycéen fut tout à fait soulagé d'entendre le timbre de sa voix, ayant peur pendant quelques secondes qu'ils avaient fait un saut en arrière, dû au choc.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu t'es souvenu de quelque chose ?

- Non, lui répondit-il sur un ton devenu sec.

- ..., Wow, c'était bien la première fois que le roux lui parla ainsi. Il décida de poursuivre. Ne fais pas l'idiot, Kakyoin, car tu ne l'es pas. Je sais que tu as clairement quelque chose, donc dis-le-moi. »

Devait-il lui dire ? Kakyoin se posait sérieusement la question. C'était assez intriguant la sensation qu'il avait en ce moment-même. Il n'avait toujours pas envie de voir personne, préférant qu'on le laisse tranquille et donc prêt à envoyer balader Jotaro, mais il n'avait pas envie de le faire à la fois. Pour être exact, il n'avait ni l'envie ni la force.

Il finit par lui répondre :

« Je-J'ai eu des nouvelles… Le médecin- mes jambes…, son ton s'était un peu radouci. Il n'avait plus en tête le verbe « marcher » voulant dire à Jotaro qu'il ne pouvait peut-être plus marcher, alors il espérait qu'il le comprendrait. Bien sûr, il omit de lui dire qu'il se souvenait du comment on lui avait infligé cette blessure. Peux plus.

- … Tu ne pourras plus marcher ? Oh, c'était la nouvelle qu'il ne voulait pas entendre… entre autres. Cela devait être un coup dur pour le japonais de se sentir aussi faible, lui qui est si fier. Et il le comprenait. Et il admettait pourquoi il arborait cette attitude morose.

- Hm-ne savent pas.

- Oh, Jotaro eut envie de sortir quelque chose du genre « alors rien n'est perdu », mais il savait que ce n'était pas la chose lui à dire, du moins pas maintenant. Au moins, ils t'ont enfin donné des nouvelles, c'est déjà ça.

- Si tu le dis, la tonalité fut plus dure qu'il ne le voulait, sa colère et sa tristesse ayant pris le dessus.

- Bien sûr que je le dis, répondit Jotaro, après avoir longuement cherché une réplique. Il essaya de trouver quelque chose d'autre à dire, mais il n'était pas Polnareff. Il était dur de voir comment le ton fluctuait chez le roux, allant du doux au sec en un quart de seconde. Je sais que ça t'attriste, mais rien ne te dit que c'est définitif, et il n'avait pas tort sur ce coup-là, s'il se basait sur les dires de son ami. Il essayait par tous les moyens de trouver les bonnes phrases. Pas facile quand il n'avait jamais eu de relation amical avant les Crusaders.

- Epargne-moi ce genre de commentaires, crachait-il, sur une intonation toujours aussi brutale.

- Je ne dis pas ça pour seulement te remonter le moral. Il devait faire abstraction sur son attitude. Ce n'était pas de sa faute, après tout. Je sais que les choses ne sont pas aussi nettes qu'on le croit. C'est toi-même qui m'a dit ça, tu t'en souviens ? Bien sûr que non, il ne s'en souvenait pas. Par moment, Jotaro se demandait s'il ne devrait pas se murer dans le silence, comme il le faisait à chaque fois pour tous les autres compagnons de discussions.

- Hm... Le japonais soupirait. Cette discussion commençait sérieusement et pour la première fois à l'énerver. Alors il chercha quelque chose des yeux qui pourrait le distraire. Son regard se déposa sur le sac blanc qui reposait sur sa table, se demandant bien ce que c'était.

- Ah, oui, c'est pour toi, déclarait le délinquent tout en lui tendant le paquet après avoir soutenu son regard jusqu'à l'objet de son interrogation.

- Qu'est-ce ... ? Demandait-il, un sourire se dessinant sur son visage. Que Jotaro pense à lui au point de lui ramener quelque chose lui avait fait énormément plaisir.

- Ouvre, tu verras. »

Le sourire aux lèvres et l'atmosphère d'avant très vite oubliée pour faire place à une plus détendue, l'artiste ouvrit le sac pour tomber nez-à-nez sur un petit carnet de croquis et des crayons neufs. Son sourire s'étendit, faisant revenir son regard sur l'homme à la carrure impressionnante qui semblait également être content.

« C'est génial, merci hm…. J-Jotaro, le remercia le roux et fit tout sortir du sac.

- J'espère que tu m'en voudras pas trop si ce n'est pas des crayons de qualité. Je les ai choisis avec la vision de Star Plat mais peut-être que c'est insuffisant.

- Non ! Non c'est- … Non- génial !

- Je sais pas si t'es déjà au courant mais t'as aussi ton ancien carnet. Je te l'ai mis là-dedans, il pointa du doigt la table de chevet et plus particulièrement son unique tiroir. Il était amusant de constater qu'avec Kakyoin, Jotaro trouvait toujours l'effort de faire des phrases plus longues qu'il ne faisait d'habitude. Cet homme avait un pouvoir immense sur lui. »

Comme le regard du plus jeune fut interrogatif, il l'ouvrit pour lui, se doutant qu'il ne pouvait atteindre la table de chevet -pourtant collée au lit- sans se faire mal, l'attrapa et le lui tendit. Le peintre observa pendant de longues secondes ledit carnet avant de le feuilleter. Vu que Jotaro lui avait acheté du matériel pour dessiner, il ne se souciait donc plus pour montrer son intérêt pour l'art devant lui.

« D'ailleurs, je tiens à m'excuser. J'ai regardé ce que tu avais dessiné dedans, il s'était juré de s'excuser alors il le fit. Ça ne se faisait pas de regarder dans les affaires des autres sans qu'on ne l'invite, il n'était pas son grand-père !

- Pas de souci. Il scruta Jotaro quelques secondes avant d'ajouter, dis qu'est-ce que hm…, c'était vraiment emmerdant de perdre ses mots comme ça. Ça, il pointa son vieux carnet, tu en dis quoi ?

- T'es vraiment talentueux, si c'est ce que tu veux savoir, Kakyoin. Il se devait être sincère avec lui, et il le pensait vraiment. Il avait une belle et unique façon de peindre ou de capturer des scènes et de dessiner.

- Merci, dit-il, souriant tendrement. Un sourire à vous faire fondre le cœur. Le brun avait réussi à lui rendre le sourire, alors que lui-même pensait que c'était impossible à ce stade-là. »

Jotaro ne put s'empêcher de sourire en retour. Quand Kakyoin souriait sincèrement, il y avait quelque chose de radieux et de chaleureux chez lui.

Un silence reposant régnait dans la pièce après ce dialogue. Kakyoin regardait toujours ses dessins réalisés pendant son périple en Egypte -maintenant qu'il les regarde, ça lui disait vaguement quelque chose-, tandis que Jotaro avait pris l'un de ses manuels scolaires et révisait, son dos bien enfoncé dans la chaise, installé confortablement. Il fallut qu'un des deux interrompit ce break, et c'était le roux qui le fit.

« J-Jotaro…, commença-t-il, pour attirer l'attention de l'interpellé. Celui-ci leva les yeux de son centre d'attention et l'interrogeait du regard. Il prit un temps avant de poursuivre la conversation, cherchant ses mots et leurs ordres. Tu-Hier. Je me suis souvenu...- DIO n'est-ce pas … ? C'est lui qui m'a inf-… infli-… ? C'est lui qui m'a blessé ?

- … Ouais. Il lui fallait toujours du temps pour comprendre parfaitement où voulait en venir son ami. Et donc il se rappelait bien du moment où DIO lui avait infligé -était-ce ce mot qu'il cherchait ?- la blessure mortelle. Tu te souviens d'Avdol et Iggy ?

- Un peu. Un chien et un … hm… humain, comme nous ?

- Ouais. Tu progresses super vite. C'est pas étonnant venant de toi.

- Hm… Non. J'aimerais tout me souvenir… De toi, d'Avdol, d'Ig- de tout le monde.

- Laisse-toi le temps. Ça arrivera.

- Hm…, il regardait quelques secondes son homologue, voulant ajouter quelque chose mais voyant qu'il n'y arrivait pas, il s'y résigna et prit son nouveau carnet afin de commencer à dessiner. »

A vrai dire, Kakyoin voulait contester Jotaro, lui dire qu'il n'était pas fragile, et qu'il voulait vraiment se souvenir de tout maintenant, mais il savait très bien qu'il avait tort. Mais comme on ne cessait de lui dire de faire attention, de ne pas trop forcer, de ne pas faire ceci, qui l'aura cela, il en avait clairement marre. Un ras-le-bol total. Alors qu'il savait très bien qu'il n'était pas au bout de ses peines. Aujourd'hui était vraiment pas sa journée.

« DIO…, prononçait-il, recentrant à nouveau l'attention de son unique visiteur sur lui. Comment… ? Mon message a-t-il été perçu ?, avait-il envie de dire, mais les mots ne voulurent pas se former sur sa langue. Il est mort … comment ?

- Hm. Le vieux avait bien compris ton message. Lorsque tu… enfin, tu sais quoi, il savait que tu ne prenais pas de décisions à la légère et que si tu choisis d'exploser une horloge, c'était pour une raison précise.

- Hm…, le roux regardait pendant quelques secondes ses mains, mon dernier… Emerald Splash. Répétait-il, les évènements lui revenant en tête. Il se souvint très bien de la sensation qu'il avait eu, ce jour-là. Un mélange d'adrénaline d'avoir découvert un secret et de peur de ne pas être écouté, mais aucun sentiment de regret. Cette dernière parole qu'il avait prononcée avait une toute autre signification maintenant qu'il était vivant. Ou peut-être pas. Qui lui disait qu'il pourra à nouveau utiliser son stand en combat comme il faisait autrefois ?

- Tu as été brillant, comme à chaque fois. Sans toi, nous n'aurions pas pu gagner. Mais… Jotaro s'arrêta. Devait-il vraiment dire le fond de sa pensée ? Qu'il désapprouvait totalement l'action de l'artiste sur son sacrifice ? Ça serait briser sa fierté, et tout le monde connaissait l'immense fierté qu'aspirait le manieur d'Hierophant Green. De plus, lui dire qu'il avait la même capacité que le monstre qui lui avait infligé cette blessure, c'était risqué gros. Il ne voulait absolument pas que son ami se mette à le craindre ou autre. Il connaissait Kakyoin, et Kakyoin avait horreur qu'on lui mente ou qu'on lui cache des choses, mais il faisait ça pour leur bien, à tous les deux.

- Hm… ?

- … Rien. Il est l'heure. A plus Kakyoin, et repose toi. »

Le lycéen partit aussitôt après avoir prononcé ceci. Il aurait également voulu lui dire qu'il se sera pas là avant un petit moment, mais il préféra se taire. Ainsi s'acheva cette longue et chargée journée. Le roux désirait savoir ce que voulait dire Jotaro, mais il n'aura pas la réponse. Et malheureusement, ça ne sera pas avant un petit moment, mais ça, il ne le sut pas tout de suite. Il était l'heure de se reposer en attendant la venue des infirmières. La venue du brun n'avait pas changé le fond de la pensée de l'artiste, mais au moins, il y pensa moins.

Le 30 juillet 1989

Hôpital de Tokyo

Chambre 1507 – Kakyoin Noriaki

Cinq jours plus tard, la situation concernant la mémoire de Kakyoin s'améliorait. Il ne se souvenait pas de tout, encore une fois, mais tout revenait petit-à-petit. Il savait son âge, comment il avait rencontré Jotaro, puis le reste des Crusaders, les quelques disputes et voyages faits avec ses parents. En parlant de Jotaro, depuis le jour où il lui avait parlé de ses mauvaises nouvelles, il n'était plus revenu. Cela angoissa le plus jeune. A force de rester allongé à l'hôpital, on finit par se mélanger les pinceaux mais il se rappela très clairement avoir mal parlé à son ami. Si ça se trouve, il lui en voulait et ne souhaitait plus revenir ? Après tout, il n'était pas obligé de venir ici tous les jours, surtout pour se recevoir ses états-d 'âmes, ils n'étaient qu'amis, pas de la même famille. Secrètement, il espérait que cela était tout mais pas ça.

« Bonjour, mon Nori, déclarait Sanna, sa mère tout en entrant dans la chambre, accompagné de son père.

- Bonjour Maman, Papa, répondit tout aussi poliment le jeune homme, tandis qu'il relevait la tête d'un de ses cours gentiment ramené par son ami, tentant en vain de le lire, trop préoccupé par ses sombres pensées.

- On t'a apporté un jus maison aujourd'hui.

- Comment te sens-tu aujourd'hui, fiston ? Demanda son père tout en déplaçant la chaise à côté de celle de sa femme, afin d'être face à son fils.

- Mieux. J'arrive mieux à … hm… mes phrases. Il posa son livre à côté de son oreiller.

- Oui je vois ça, je suis fière de toi ! L'encourageait-elle avec un grand sourire.

- Le médecin nous a dit que tu fais également d'énormes progrès pour te souvenir avant l'accident. Tu ne nous en avais pas parlé, hier.

- 'Oublié, sans doute. Je suis désolé, papa, maman.

- Johan, tu crois vraiment que c'est le moment de faire des réflexions ?! Elle fronçait les sourcils tout en regardant son mari avant de reporter son regard sur Noriaki. C'est intriguant de voir que Jotaro ne vient pas en ce moment.

- Hmpf, heureusement ! Ce jeune homme est bien trop délinquent et hautain pour notre fils.

- Jotaro- Il m'a, Kakyoin souffla un bon coup et reprit, voulant à tout prix sauver la réputation de son ami auprès de ses parents, il m'a sauvé, papa.

Et bizarrement, les parents restaient silencieux. Pour tout vous dire, l'artiste aurait voulu qu'ils lui posaient des questions, rien qu'un « Comment ça ? » mais non, rien. Ça l'aurait franchement beaucoup aidé à tourner au mieux ses phrases dans sa tête avant de parler. Cependant, il décidait de continuer dans sa lancée, n'étant pas près de lâcher le morceau.

- Il m'a retiré- ça, il pointa son front, plutôt l'intersection entre sa peau et le début de son cuir chevelu frontal. Mon cerveau était en danger, il était en danger. Il m'a sauvé.

Que ça soit Johan ou Sanna, ils se regardèrent avant de poser leur regard sur leur fils.

- Je ne comprends pas, mó leanbh (/mo lyan-iv/= mon chéri)*, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- DIO. Il prit de grande inspiration et à nouveau un temps d'arrêt pour l'organisation de ses idées. Le voyage sur le Nil, il faisait exprès de parler plus lentement, ne voulant pas perturber sa concentration. Il m'a attr-… piégé. J'ai eu ça, il repointa à nouveau l'endroit où était implanté la germe de chair. Plus le même après. Meurtrier. Jusqu'à Jotaro. C'est grâce à lui. Il espérait, une nouvelle fois, qu'il comprenait où il voulait en venir.

- … Quand tu parles de ce DIO, tu parles de cette histoire de vampire ? Demanda le père, se demandant s'ils n'étaient pas tous victimes d'une hallucination collective. Comment les vampires pouvaient-ils exister ? Ce n'était qu'une affabulation pour les mômes, leur faire peur pour les empêcher de traîner la nuit sous peine d'en croiser un.

- Hm ? Kakyoin écarquillait les yeux. Vous… hm, vous savez ?

- … Disons que ton cher ami Jotaro et son grand-père nous ont déjà conté l'histoire, répondit la mère.

- Hm… D'accord. DIO est un vampire. Je ne connais pas tout mais…hm… Il est lié à la famille Jo… Jostare ? Josar ? Il avait déjà oublié le nom de famille de Joseph, ou d'Holly. Il fronça les sourcils, tentant de se rappeler du nom.

- Joestar, c'est ça ? Le corrigeait son père. Il lui répondit par un "Oui". Tu ne vas pas me faire croire que toute cette histoire à dormir debout de vampire… c'est du réel ? Avec cette histoire de possession ou je ne sais quoi ? »

Il n'eut pour réponse qu'un hochement de la tête de la part de son fils, accompagné d'un regard très sérieux. L'action se répétant, les parents se turent sans ajouter un mot. Plutôt, Johan fut assez choqué. Si, quelques années auparavant, on lui avait raconté que son propre fils et des parfaits inconnus lui avaient dit que les vampires et autres trucs surnaturels existaient, il leur aurait ri au nez.
Ce fut moins le cas pour Sanna. La jeune mère avait en fait commencé à faire son cheminement pour croire à tout ce qu'on lui racontait. Après de longues journées à avoir discuté avec Jotaro, elle comprit que le monde qu'elle voyait n'était pas en fait le bon, pas entier. Son fils et son meilleur ami, la famille Joestar et quelques autres, eux, ils voyaient le monde entier. Elle ne fut donc pas surprise de voir son fils remettre ceci sur le tapis, puisque c'était leur réalité, la réalité, la vraie.

« Je vois. Pour tout te dire, Johan, Nori, j'ai beaucoup discuté avec ton ami, Jotaro, pendant ton coma. Je me suis toujours posé la question de savoir si on avait fait le bon choix, à l'époque, de te placer en thérapie, sans t'écouter. Maintenant que j'ai eu la version de ton camarade, je sais bien qu'on s'est trompés sur toute la ligne, et que nous t'avons fait horriblement souffert. Je suis désolée mon chéri, tellement désolée de ne t'avoir pas compris à temps… La mère retint ses larmes tandis que le père se leva pour se poser sur le lit de son fils, lui prenant la main.

- Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire depuis que tu es réveillé mais oui, nous sommes terriblement désolés pour le mal qu'on a pu te causer, il apporta la main de Kakyoin au niveau de sa joue. Nous t'aimons tellement, Nori. On t'aime, et nous sommes désolés, pardonnes nous, mon chéri.

Kakyoin ne dit rien mais esquissait un grand sourire, faisant lâcher sa main de celle de son père pour la loger complètement sur sa joue, la caressant doucement. Leur enfant n'avait pas du tout regagné sa force alors la caresse fut douce et légère.

- Mais c'est à moi de… hm… je suis désolé. Pas fait assez d'eff- »

Mais il ne put en dire davantage, car ses deux parents l'avaient pris dans leur bras, fondirent en larmes. Kakyoin en fit de même, incapable de se retenir plus longtemps. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas été dans les bras de ses parents, comme ceci ? Il ne savait plus, mais se doutait que cela devait faire des années, comme cela devait faire des années qu'il ne s'était plus senti en sécurité auprès d'eux, qu'il se sentait aimé et entendu. Il ressentait tout à nouveau et ses nerfs lâchaient. Ses parents lui avaient tant manqué, pourquoi n'avaient-ils pas fait ça avant ? Tout aurait été plus simple. Il suffisait d'un rien...
Mais rien ne sert à penser au passé, il faut penser à l'instant présent et le futur. Et à cet instant, il se senta aussi bien que lorsqu'il avait été avec les Crusaders. Il savait que d'autres souvenirs de sa vie lui manquaient, mais il n'ignorait pas également que les ses amis avaient une place tout aussi importante que ses parents. Maintenant, il éprouva un sentiment de bonheur complet. Il avait décrété ceci comme un nouveau départ, et que désormais, tout irait pour le mieux entre lui et sa famille.

Les minutes défilèrent, et enfin Johan et Sanna se séparaient de leur fils. Ils essuyèrent leurs larmes comme le fit Kakyoin, ce dernier tenta de parler avant de se ravaler, ne trouvant plus les mots. Son travail avec Laurent Thierry portait ses fruits mais ce n'était pas assez, selon lui. Qu'il avait hâte de recouvrir une partie de ses anciennes capacités !

« Dorénavant, cela sera un nouveau départ pour nous trois, déclarait la mère, comme si elle avait pensé la même chose que son enfant ou l'avait entendu. Elle caressa avec une douceur exquise les cheveux de son enfant.

- Exactement, et j'ai une requête auprès de toi, mon fils. J'ai encore du mal avec ces histoires de vampire, mais je te crois. Comme pour ton ami… Green, c'est ça ? Demanda l'homme, dans un sourire tendre, cassant toute son image stoïque et nerveuse qu'il montrait à chaque fois.

Le jeune homme esquissait à nouveau un magnifique sourire, étant réellement touché par l'attention que lui portait ses parents.

- Hm… Hierophant Green, à ce moment-là, le stand sortit de son corps, visiblement tout aussi heureux que son manieur et faisait coucou aux deux interlocuteurs. Il vous salue.

- Oh… Alors permets nous de te demander également pardon, Hierop- Hierophant ?

- Oui, Hierophant Green, reprit Kakyoin tout en regardant tendrement sa mère qui avait pris la parole.

- Pourquoi pas avoir 'Green' ? C'est plus court, non ? Demandait son père, intrigué.

- Hm… Avec le Tarot. Carte n°5, d'ailleurs quand est-ce qu'il avait changé son nom ? Il n'avait encore aucun souvenir. Sans doute qu'il le saura quand ça reviendra.

- Oh, je comprends mieux. Et donc comment est le … stand ? de Jotaro, demanda à son tour Sanna.

- Un stand ? C'est ce qu'à Nori ?

- Oui, papa. Un stand c'est la prolongation de nous, hm… Star Platinum est impressionnant. Mais Jotaro a le cœur sur la main. Alors Star Platinum aussi. Il devait couper ses phrases. Il voulait bien qu'avec toujours autant de concentration et une certaine procédure, il y arrivait. C'est ce qu'il ne cessait de se répéter, cela dit, la fatigue commençait sérieusement à prendre le dessus. Comme d'habitude.

- Effectivement, l'apparence de Jotaro est en total contradiction avec ce qu'il est. C'est un charmant jeune homme, surenchérit la rousse.

- Si vous le dites. Personnellement, je ne l'apprécie pas, le père soupirait. Mais au fait, pourquoi on n'a pas de stand alors ? Pourquoi ne nous sommes pas capable de voir le tien, alors que tu es notre fils ?

- Je ne sais pas. Il y repensa maintenant, mais comment allait Holly ? Il espérait qu'elle était en meilleure santé. Il se doutait que oui, puisque Jotaro en aurait forcément parlé mais quand même. Il se promit de lui demander plus tard.

- Dommage, fit Johan avant de se redresser. Il aurait aimé passer encore plus de temps avec leur enfant, mais il devait admettre que leur fils faisait très fatigué. Il arrivera à savoir d'où proviennent ces cicatrices sur ses yeux. Je vois que tu commences à être fatigué, Nori, on va te laisser. On repasse demain, fiston. Il se penchait pour poser un baiser sur le front de son fils. Ce dernier fut surpris par ce geste, tant bien qu'entre lui et son père, il se doutait qu'il n'y a jamais eu de contacts physiques de ce genre. Mais il ne dit rien, sans doute trop fatigué et heureux et reçut un baiser de la part de sa mère au même endroit.

- Bonne nuit, mon cœur. On y va, Johan, laissons-le se reposer. »

Et de cette façon s'acheva cette journée qui apportait enfin des bonnes nouvelles. Kakyoin put se reposer tranquillement, se sentant totalement apaisé, chose improbable pour lui il y avait quelques années, grâce à ses parents. Le lendemain, la famille Joestar reçut un appel du commissariat afin de leur mentionner que la plainte a été totalement retirée par le père de Kakyoin, qui s'était finalement décidé à le faire.

02 août 1989, 15h40

Aéroport de Tokyo, Japon

Enfin. Ce fut la première pensée de Jotaro quand il déposa la valise sur le sol, après son vol long-courrier des Etats Unis. Il était bien content de rentrer chez lui. Bien qu'il ne soit qu'à moitié japonais, Jotaro se trouvait vraiment très attaché à ses racines japonaises -oubliant, bien sûr, qu'elles appartenaient à son père et qu'il le lui avait transmises-. Même s'il quitterait le Japon d'ici peu, il sera sûr et certain qu'il y retournerait, rien que pour revoir sa mère. Et Kakyoin.

En parlant du loup, voilà Holly qui sauta sur son fils après un grand « JOOOOTAAAAROOO-CHEEERIIIII » crié dans tout l'aéroport. Elle avait fortement hérité du côté de Joseph pour être aussi peu gênée. Quoi que Grandma Suzie n'était pas mieux non plus.

« Mon chéri, comme tu as manqué à Maman ! S'exclamait avec une joie qu'elle ne dissimula pas.

- Hm, Jotaro était beaucoup trop pudique et peu démonstratif pour montrer que lui aussi, sa mère lui avait manqué.

- Viens, je t'ai préparé un festin ! Elle entraînait son fils par le bras. Alors comment s'est passé ces examens ?

- J'ai cartonné, répondit-il du tac-au-tac.

- ORA ! Et bien sûr, son stand était sorti de son plein gré pour surenchérir, s'empressant (et trahissant par la même occasion son hôte) de serrer la femme de 45 ans.

- Ohohoh, Star Platinum, on fera autant de câlins que tu veux à la maison, mon chéri. »

Tandis que Jotaro répondit avec un « Tch » tout en abaissant sa casquette, voulant cacher son sourire, son stand exprima un nouveau « Ora » très énergique et excité avant de disparaître, le regard impatient. Finalement, il se serait bien passé d'un stand, si c'était pour être trahi de la sorte. Il se promit de lui faire la morale, une fois arrivé dans sa chambre.

La mère et le fils quittèrent l'aéroport sans plus tarder, prenant un taxi pour les ramener chez eux. Sur le chemin, le délinquant vit le bus menant à l'hôpital de Tokyo. Il se demandait comment allait Kakyoin. Il espérait que le cadeau qui lui avait fait lui avait remonté le moral, et surtout qu'il n'avait pas été déçu de son absence. Il s'en voudrait toute sa vie si le roux lui reprochait d'être parti sans prévenir. Cela dit, connaissant le roux, c'est bien ce qu'il risque d'arriver. Ou alors il avait tout oublié à cause de sa mémoire.

Bah, il passera demain. Il devait bien avouer que le décalage horaire l'achevait un peu pour aujourd'hui, sans compter que c'était bientôt l'heure du départ des visiteurs.

Au même moment, à l'Hôpital de Tokyo

Chambre 1507 – Kakyoin Noriaki

Aujourd'hui, ça n'allait pas trop mal pour l'artiste. Il avait connu mieux, bien sûr, son corps était toujours parcouru de vives douleurs, plus douloureuses les unes des autres. De temps en temps, il avait mal au crâne, éprouva une grande fatigue habituelle ou encore il avait des nausées, mais tout ceci faisait parti de son quotidien, désormais, alors il ne s'en plaignait pas. En revanche, il y avait une chose qui le tiquait. Que faisait Jotaro ? Cela faisait une semaine qu'il n'était pas revenu. Il se demandait s'il n'avait vraiment pas été trop loin ce jour-là, quand il lui avouait qu'il ne pourrait sans doute plus remarcher et son souvenir douloureux du sourire de DIO qui se délectait de voir petit-à-petit la vie lui quitter le corps lorsqu'il l'avait « assassiné ».

Pensif et en soupirant, il ouvrit son nouveau carnet -ses parents étaient heureux que son ami ait pensé à lui de la sorte- et dessina des formes sans y faire attention.

Ah oui, c'est vrai, s'était-il rappelé après avoir passé à une autre page pour réaliser autre chose, cette fois-ci des yeux, il devait recevoir la visite de son médecin, encore une fois. Apparemment, il souhaitait refaire un point sur sa situation. Ce qui veut dire que ses parents ne devraient pas tarder non plus, étant au Japon tous les deux.

C'est à ce moment-là qu'ils choisissaient de pointer le bout de leur nez car le médecin, Akira Kimura, toquait à la porte avant de rentrer, suivi de sa famille qui semblaient radieux. Ils vinrent immédiatement auprès de leur fils tandis que le médecin vérifia les dernières données sur les machines.

« Bonjour Noriaki, comment te sens-tu aujourd'hui ?

- Bien, merci. Vous ? Ce n'était pas totalement vrai, mais pas totalement faux non plus.

- Bien, bien. J'ai une très grande nouvelle à t'annoncer, et je pense que tu ne t'y attendais pas à celle-là. Pas même nous.

- Nous sommes si heureux ! Vous ne pouvez imaginer combien nous le sommes, ajouta la femme, un grand sourire tendre et lumineux aux lèvres.

- Effectivement. Et il y a de quoi, nous t'avons refait des tests, tu t'en souviens ? C'était il y a deux jours. Nous avons reçu tous les résultats ce matin. Tout porte à croire, que finalement, tu vas pouvoir suivre une rééducation afin de t'apprendre à marcher à nouveau. Nous tenons donc à te féliciter au nom de toute l'équipe médicale.

Kakyoin n'en croyait pas à ses oreilles. Interdit, il bougeait lentement la tête vers ses parents, se demandant si ce n'était pas une blague de mauvais goût. Mais voyant que rien ne changea sur leurs attitudes, il revint sur le visage de son médecin, qui affichait un sourire fier.

- Hm… Pardon ? Il préférait demander qu'il se répète, car il remettait tout en cause, et en premier la morphine qui était encore à haute dose.

- Oui, oui, tu as bien entendu. Tu pourras apprendre à remarcher. Alors, je te le dis tout de suite, ça ne sera plus jamais comme avant, tu auras sans doute des béquilles, mais le résultat des dernières radio ont montré qu'il y a bien une re-solidification au niveau de ta colonne vertébrale, et que ton corps accepte le nerf de ta moelle épinière artificielle, la chose dont je t'avais parlé quelques jours plus tôt qui nous faisait peur. Tu auras aussi tout un autre système pour entrainer ton estomac à ingérer des aliments, donc à partir d'un certain moment, tu pourras remanger du solide. Avec un régime adapté, bien sûr.

Encore une fois, Kakyoin s'était arrêté sur le fait qu'il allait pouvoir remarcher. Bien entendu, il préta l'oreille à la suite, étant content qu'il allait enfin pouvoir remanger ses cerises, mais la précédente information ne passait pas.

- Mais… comment ? Il ne trouva pas les mots pour poursuivre sa phrase, mais il était clair qu'il questionnait sur ce revirement de diagnostic. Etait-ce une erreur ? Si ça se trouve, il avait pris le dossier de quelqu'un d'autre, et s'était trompé.

- Tout simplement parce que la science n'est pas exacte. On a tendance à croire qu'elle l'est, mais les patients nous rappellent sans arrêt que nous nous trompons sur toute la ligne. C'est exactement ce que vous nous avez fait, expliqua le médecin. Peut-être est-ce dû à ta volonté ? Ou simplement des tests ou un diagnostic posés trop tôt.

- Quand est-ce que commenceront les premières séances ? Quémanda le père.

- D'ici la semaine prochaine. Noriaki doit repasser quelques examens mais si tout va bien, nous l'emmènerons dans la partie rééducation, là, il aura une nouvelle chambre, plus grande. Concernant les séances, ça sera à voir avec le centre de rééducation directement. Bien sûr, tu seras toujours suivi par nous, et Laurent, Noriaki.

- Je… Je ne sais pas comment hm... Vous remercier, le jeune homme avait les larmes aux coins de ses yeux, menaçant de couler. Il passa la main sur son visage et les balayait d'un geste rapide. Il était tellement heureux à l'instant présent qu'il se demandait si c'était normal et s'il avait le droit de l'être. Aussitôt, il sentit les bras de sa mère qui fondit en larmes -de joie, uniquement de joie cette fois-ci-, dans lesquels il ne tardit pas pour s'y blottir.

- Je vais vous laisser en famille. Je suis heureux pour vous. Bonne journée Noriaki, Mme et M. Kakyoin, déclara sincèrement le médecin avant de les laisser tranquille. »

Le 03 août 1989

Hôpital de Tokyo

Chambre 1507 – Noriaki Kakyoin

Après la nouvelle d'hier, le roux s'était retrouvé incapable de dormir la nuit, étant un poil excité. Même s'il n'allait pas avoir sa motricité d'antan, c'était toujours mieux que rien. Et il était impatient d'en parler avec Polnareff, M. Joestar et… Jotaro. S'il revenait bien sûr. Il faudra qu'il pense à demander, la prochaine fois que ses parents passeront, de prendre le numéro de téléphone de Joseph Joestar. Et Polnareff par la même occasion. La communication coûtait cher quand on appelait à l'étranger, il en était conscient, mais il était prêt à sacrifier tout son argent de poche, tant qu'on ne lui empêchait pas d'appeler sa seconde famille.

« Kakyoin ? J'entre, déclara une voix bien grave qui avait bien manqué au jeune homme. Le rouquin fut d'ailleurs très soulagé et particulièrement content de voir entrer Jotaro dans sa chambre.

- Ah, Jotaro ! Il eut envie de rajouter un « comme tu m'avais manqué » mais se ravisa. Il voulut lui demander où était-il passé, mais ne préféra pas le faire. Peut-être ça ne le concernait pas. Il avait bien le droit d'avoir une vie, après tout. Il se demandait s'il devait s'excuser maintenant pour son comportement, mais il ne sut pas comment amener sur le tapis le sujet de discussion.

- Hey. Comment vas-tu ?

- Hmhm ! Il hochait la tête, tout souriant. Et toi ?

- Je suis désolé d'avoir été aussi longtemps absent, s'excusait-il, retirant sa casquette. Il remarqua qu'il avait l'air mieux que le jour où il était venu avant de partir aux USA et cela lui fit énormément plaisir.

- Excuses ? Il lui envoya un regard offusqué et froissé. Tu es parti, comme ça. Sans me dire. Donc, excuses ?

- Hmpf, tu n'as pas changé, Kakyoin, se permit-il de répondre, un léger rire s'échappant de ses lèvres. À la suite de l'entente de ce rire, le roux abandonna son air froissé pour sourire à nouveau.

- Hm… Traître, dit-il avant de se mettre également à rire, se tenant le ventre. C'est à moi. Je suis désolé pour l'autre jour... tu sais?

- C'est déjà oublié, Kakyoin, je sais très bien que tu n'étais pas bien ce jour-là.

- Hm... Merci. Il fut heureux de se savoir pardonner. Il s'en voulait vraiment de lui avoir mal parlé.

- Je constate que tu arrives davantage à construire tes phrases. C'est pas étonnant d'un super élève comme toi.

- Nohoho! -Ah, Jotaro ! Je me souviens. Notre rencontre. Pas de tout, mais notre rencontre.

- Mh ? Il se remémora de tout : la chute dans les escaliers, leur échange froid mais quelque peu particulier, le combat dans l'infirmerie. On s'était bien amusés, ce jour-là.

- Hm. Parle pour toi. Je me suis fait… Tu m'as bien eu sur ce coup-là. Même si tu avais un Stand que depuis peu.

- Stand ou pas, je ne dis pas non à une baston, déclarait Jotaro avec un sourire évocateur.

- Haha, rit le plus jeune avant de se calmer. Je... Hm, comment dire… Il prit une grande inspiration, recherchant tous les mots qu'il voulait prononcer. Merci, Jotaro. D'être mon ami, mon meilleur ami. De m'avoir sauvé. De-tout. Merci pour tout. »

Bien que le lycéen fût assez surpris de la soudaine déclaration, il ne répondit pas, préférant les actes plutôt que la parole. Alors il lui sourit, encore une fois, se pencha sur son ami alité, posa un genou sur le lit et le prit dans ses bras. Il n'était pas habitué des contacts en dehors de sa mère et de ses grands-parents, mais il décida de faire une entorse à sa pudeur, perçant son mur qu'il avait bâti entre lui et l'extérieur, et serra aussi fort qu'il pouvait se le permettre sans lui faire mal Kakyoin. Ses mains se logèrent dans ses cheveux et dans son dos -oh mon dieu ce que Kakyoin était fin !-. Tout comme pour son père, le roux fut également surpris de cet acte. Mais il n'en releva rien et resserra l'étreinte en passant ses mains sur le dos de Jotaro, enfouissant sa tête dans le torse de l'autre homme. Il huma son odeur, un mélange de parfum d'eau de Cologne de très bonne qualité et de cigarettes. D'habitude, il ne supportait pas l'odeur de la cigarette, et avait souvent réprimandé Jotaro de fumer, mais cette douce et surprenante combinaision arrivait à l'apaiser plus qu'autre chose. Il se sentait délicieusement bien et en sécurité dans les bras de son ami, comme il l'avait senti avec sa famille, même si c'était un peu différent. Il ne saurait mettre le doigt dessus pour l'instant, alors laissât tomber. Il ferma les yeux et profita de l'instant présent. Il semblerait que ce fut également la pensée de Jotaro qui ne voulait pas non plus quitter son ami. Malgré le fait qu'il restait allongé, sans bouger, Kakyoin dégageait toujours une senteur très agréable, une fragrance subtile de cerises. Il ressentait aussi une douce chaleur émanant des mains plus petites que les siennes du plus jeune dans son dos.

Au bout de longues minutes, Noriaki brisa le silence pour ajouter quelque chose :

« Jotaro… Je vais pouvoir remarcher.

- Hmpf, c'est tout toi. Bravo Kakyoin, le félicitait-il sans le quitter des bras, ni le regarder. »

Le roux sourit, ne changeant en rien de leur position, et ne dit plus rien.
Pour lui, c'était réellement un nouveau départ. Nouveau départ pour ses jambes, pour ses parents et pour son amitié avec Jotaro. Il n'avait qu'une hâte, c'est d'entamer cette nouvelle vie.


mó leanbh (= mon chéri)* : vient du gaélique irlandais. A la base, ça veut dire "mon enfant" mais j'ai préféré l'employer sous la forme de "mon chéri'.

Yo ~~.

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu. J'ai voulu vraiment jouer sur le fait qu'à l'hôpital, on est jamais à 100% bien ou pas bien moralement. Kakyoin a eu une baisse de moral et une montée dans la même journée, et c'est normal. J'espère sincèrement l'avoir bien représenté. Je suis aussi très heureux d'avoir enfin fait interagir les parents de Kak avec leur fils ! Nombreuses sont les fanfictions où leurs relations sont compliquées (que j'ai fait aussi), mais je suis certain que si Kak avait survécu, leurs relations se seraient améliorées et ils auraient compris leur enfant. Je pense vraiment que les parents de Kak manquent juste d'informations, d'une aide de la Fondation SPW, peut-être, pour comprendre que leur enfant n'avait aucun problème.
Ca m'attriste profondément de voir une famille ne pas se comprendre, alors que, comme l'a dit Kak dans ce chapitre, il suffisait d'un rien. En tout cas, je souhaite de tout coeur ne pas avoir raté ce moment très important.

Et oui, j'ai aussi fait faire un câlin entre Joot et Kak ! Je me suis juré d'en faire un avant que tout se complique ! Tout cela en pure amitié, bien sûr, rien d'autre... Mais il le fallait. Les deux en avaient besoin. A la base, je comptais le mettre plus tard, mais la situation faisait que c'était le bon moment. Surtout que Jotaro est un homme d'action, pas un homme de mots. Pardon si ça vous semblait en décalage par rapport au personnage de Joot. Mais je le vois totalement comme ça, au fond de lui. Il n'est pas le fils d'Holly et le petit-fils de Joseph pour rien.

Personnellement, je trouve que ce chapitre marque un tournant à ma fanfiction. C'est vraiment celui-ci qui fait la césure entre les précédents et les suivants.

Surtout n'hésitez pas à me laisser vos impressions. Bonnes fêtes si je ne sors rien d'ici là et à bientôt ! :3 Amusez vous bien tout en faisant attention à vous !

Prochain chapitre : la première séance va-t-elle bien se passer ? Le moral de Kak va-t-il continuer à fluctuer ? Et Jotaro, quels étaient ces fameux "examens" qu'il a passé aux US ?

Tchüss ~~.

PS : Eh oui, vous avez bien lu, la mère de Kakyoin a parlé en gaélique irlandais. Je n'ajouterais rien d'autre ~ :3.