_ Tu ne devineras jamais ce que Shikamaru m'a dit ce matin alors que je passais voir mon paternel pour lui parler de la cérémonie d'officialisation ?

_ Hmm ? Laisse-moi deviner mon cœur : ton père était encore occupé ... avec une rousse cette fois-ci ?

Le blond soupire et lève les yeux au ciel. Sa fiancée n'a pas tort ! On ne peut pas dire que Naruto Uzumaki, grand gouverneur de Konoha, soit le mari le plus fidèle du monde !

_ Oui il était occupé ...

_ Tu vois, je le savais ! Je respecte ton père parce que c'est ton père ! Mais ses pratiques me sortent par les yeux ! Ça sera la première chose que je ferai une fois à sa place : virer tous ces vieux croûtons et leurs pensées rétrogrades ! C'est sûr que ce n'est pas moi qui vais écarter les cuisses devant tous les hommes qui solliciteront Mme la Gouverneure ! Rétorque la jeune femme en remontant ses lunettes sur son nez.

_ Sarada ! Tu permets oui ?! Mon vieux était occupé pas avec une de ses greluches mais avec le conseil des anciens !

_ Ah ? Ça lui arrive de travailler ? Demande-t-elle avec sarcasme

_ chérie ! S'il te plaît ...

_ Excuse-moi Boruto, mais ton père s'est vraiment pris tous les privilèges depuis qu'il occupe la fonction ! J'ignore si mon père aurait été pareil mais quand même ! Je ne sais vraiment pas comment ta mère peut supporter ça ! Ses absences, ses infidélités... moi ça me dépasse qu'elle soit aussi stoïque ! Heureusement Himawari se rebelle !

_ La faute à ta mère ça mon amour ! Mais ce n'est pas le sujet du jour : Shikamaru m'a raconté que le vieux est arrivé ce matin l'air grave et sérieux. Il a exigé que toutes les femmes qui se présentaient pour lui devaient être renvoyées : il a assez fait de conneries comme ça et il veut sauver son mariage avec ma mère !

_ Quoi ? Ton père ...

_ Attends ce n'est pas fini ! Il a fait convoqué le Conseil des Anciens pour soumettre le projet de passation progressive du pouvoir en faveur de sa future belle-fille c'est-à-dire toi mon amour !

La brune est complètement muette devant ces révélations à tel point qu'elle met un moment avant de parler.

_ Ton père est tombé sur la tête ou quoi ? Répète un peu ?

_ Sarada ; il veut quitter la présidence et c'est toi qu'il désigne officiellement !

_ Mais ... c'est absolument dément ! Moi qui voulais proposer à ton père de le suivre ou plutôt de commencer à travailler à la Résidence pour m'imprégner des us et coutumes légales et professionnelles on s'entend ! Mais alors là, c'est inattendu. Je suis estomaquée qu'il puisse avoir eu l'idée de proposer ça. J'imagine que tu n'as pas la suite de cette nouvelle ?

_ Bah non. Shikamaru m'a dit ça et m'a dit de repasser plus tard, mon vieux a de nombreux autres rendez-vous aujourd'hui.

Les deux jeunes gens se sourient et restent un moment silencieux. Sans qu'elle ne comprenne pourquoi, la jeune femme se met à penser à son père qu'elle n'a plus jamais revu depuis ses 5 ans. Qu'aurait-il dit ou fait s'il avait été là ?

_ Boruto ? Tu sais je me disais quelque chose : penses-tu que ton père fait ça pour compenser le fait qu'il n'aurait jamais été Gouverneur si mon père n'avait pas déserté la ville.

_ Dans quel sens ma chérie ?

_ S'il décide ça maintenant c'est peut-être parce qu'il pense que cette place me revient de droit puisque c'était mon père qui était censé l'occuper...

_ oui mais nous n'avons pas la certitude que c'était ça qui était prévu ! On était enfant quand ça s'est produit ! Ce ne sont que des souvenirs diffus que nous avons et rappelle-toi que nos parents ont toujours maintenus secrets cette période de ta vie. Comme si la disparition de ton père était devenu un sujet tabou voire maudit.

••••

Flashback

C'était un matin de printemps, les cerisiers étaient en fleurs et ce nuage de rose envahissait la fenêtre qui donnait sur le jardin à l'extérieur de la maison. Sarada était tranquillement assise par terre dans sa chambre et elle jouait avec ses poupées. Son père et sa mère étaient à l'étage inférieur.
La petite fille n'entendait pas distinctement ce qu'il se disait mais elle sursautait à chaque fois qu'elle entendait la voix froide et dure de son père.

_ Ne viens pas te plaindre que je ne suis jamais là ! Tu as choisi d'être mon épouse ! Et ça pour le meilleur comme pour le pire !

_ Il est bien là le souci Sasuke ! Tu ne m'offres que le pire depuis toujours ! Des promesses que des promesses ! En as-tu seulement respectées une ?

_ Ah oui ? le pire ! Je vais te montrer ce qu'il y a de pire Sakura…

Sarada sursauta quand elle entendit le cri de sa mère résonner dans la maison. Ce n'était pas la première fois que de telles choses se produisaient : cris et bruits sourds se faisaient entendre dès que son père et sa mère se retrouvaient ensemble dans la maison. Mais la petite fille ne devait pas bouger de là où elle était, sa mère lui avait répété de nombreuses fois que lorsque papa et elle parlaient, elle devait rester là-haut, dans sa chambre. Et ce, même si elle entendait crier : « Maman ne craint rien mon cœur, alors reste toujours dans ta chambre. » « Mais pourquoi tu cries alors quand papa discute avec toi, maman ? » « Parce que papa et maman se crient dessus pour s'entendre, mais promets-moi de ne jamais descendre quand nous sommes ensemble avec papa. »

Ah un moment, il n'y avait plus de bruit. La petite fille avait entendu tout un tas de choses, mais avait fait ce que sa mère lui avait à chaque fois recommandé : elle avait fermé la porte de sa chambre et avait continué à jouer. Puis lorsqu'elle avait entendu la porte de la maison claquer, Sarada avait encore attendu un long moment avant d'ouvrir la porte de sa chambre et de descendre prudemment les escaliers le cœur serré. Sa mère lui avait dit de ne jamais avoir peur de rien, alors elle essayait de surmonter l'angoisse qui la prenait : mais elle fut rapidement soulagée lorsqu'elle entendit du mouvement provenir de la cuisine. Elle se rapprocha timidement et vit sa mère assise en se frottant les poignets. Que s'était-il passé cette fois-ci ? Sarada se contenta de venir enlacer sa mère en silence et reçut son habituel câlin suivi d'un baiser sur le dessus de la tête.

Ce même jour, ou plutôt tard dans la nuit, alors qu'elle était plongée dans le sommeil, Sarada crut percevoir des éclats de voix suivi d'un bruit sourd. Mais dans l'obscurité de la nuit et l'esprit ensommeillé, Sarada ne sut jamais s'il s'agissait de la réalité ou d'un mauvais rêve comme elle en faisait les jours où ses parents se criaient dessus. Mais depuis ce jour-là, son papa n'était plus jamais revenu à la maison, maman avait expliqué qu'il avait préféré partir loin s'occuper des affaires qu'il avait à l'étranger.

Et les années avaient passé et effectivement, il n'était plus jamais revenu. Sa mère avait semblé angoissée quelques temps mais plus jamais Sarada avait dû restée cachée dans sa chambre. Il n'y avait plus eu de cris, le calme était revenu dans la maison. Le calme, puis les rires avaient de nouveau fait leur retour ainsi qu'un monsieur. Il était plus âgé que sa mère mais il était gentil. Sarada l'avait trouvé étrange avec ses cheveux couleur argentés et coiffés à pic, mais il était gentil. Il faisait rire sa maman et cela rendait Sarada si heureuse. Maman souriait vraiment en sa présence : Kakashi Hatake rendait heureuse sa maman et il jouait avec Sarada, il la grondait aussi. Mais jamais la petite fille n'avait senti de l'exaspération chez cet homme qui venait de plus en plus en régulièrement leur rendre visite. Puis un jour, il a fini par habiter avec elles. Sarada avait appris à le connaître et même s'il n'était pas son vrai père, elle avait fini par l'accepter comme tel. Mais bizarrement, même avec la présence de Kakashi à leurs côtés, le nom de Sasuke Uchiha n'avait jamais été prononcé ou s'il l'avait été cela était resté accidentel. En grandissant, Sarada se souvenait de ce père qui avait partagé sa vie mais plus les années passaient, plus les souvenirs s'étiolaient pour ne plus ressembler qu'à des bribes jusqu'à se demander s'ils étaient réels ou le fruit d'une mémoire qui voulait bien produire un semblant de quelque chose de potentiellement réel. La jeune fille avait tenté d'en apprendre plus sur son père mais que ce soit auprès de sa mère ou même auprès des services de la ville : RIEN. Sasuke Uchiha était tout simplement absent de toutes les données de la ville. De ce clan dont elle était visiblement la dernière héritière elle ne connaissait que les faits historiques. Mais aucun contact avec d'autres membres même éloignés n'étaient disponibles : à croire que les Uchiha n'existaient plus.

••••

Mais alors qu'elle s'apprête à unir son destin au fils du Gouverneur, Sarada ne peut s'empêcher de penser à son père absent depuis toutes ces années avec une seule question finalement qui lui vient en tête : pourquoi ?

_ Boruto ? Tu ne trouves quand même pas étrange que je n'arrive pas à trouver d'informations sur mon père ? Nulle part, Ni au Pays du Feu et encore moins dans le monde. Il y a quelques Uchiha de-ci de-là mais ils sont tous vieux et grabataires. Je ne l'ai pas dit à ma mère, mais je comptais engager un détective privé pour en savoir plus sur lui et sur ce qu'il est devenu.

_ Pourquoi tu veux retrouver ton père ? Il a suffisamment prouvé qu'il n'en avait que faire de toi et de ta mère. Et à en croire nos parents, il n'était finalement pas quelqu'un de bien.

_ Peut-être, mais c'est mon père. Et il était censé être le Gouverneur de Konoha, alors pourquoi il a cédé sa place à ton père ? Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi toutes les informations concernant les Uchiha semblent être classées secret défense ? Si je m'apprête à devenir la future Gouverneure de Konoha, je pense être dans mon droit de connaître ses secrets-là qu'ils soient bons ou mauvais à entendre. Je n'ai plus 6 ans, Boruto je mérite de connaître la vérité.

_ Chérie, tu sais, il n'y a peut-être aucune vérité, ni bonne ni mauvaise à découvrir. Ton père est peut-être de ceux qui ne savent pas ce qu'est le bonheur de créer une famille et de la conserver. Franchement, à quoi bon remuer le passé ? Ton avenir est devant. Tu ne seras pas jugée parce que tu t'appelles Uchiha et puis je te signale que tu t'apprêtes à devenir Mme Uzumaki alors …

_ Qui a dit que j'allais porter ton nom chéri ? D'ailleurs à ce propos …

_ Ne me dis pas que tu souhaites annuler la cérémonie ? s'inquiète le blond tout à coup.

_ Je ne dis pas que je veux annuler, mais franchement Boruto, pourquoi est-ce qu'on le fait ? On s'aime et on est très bien comme ça. Pourquoi on devrait passer par tout ce protocole ? Pour faire plaisir à qui ?

_ Es-tu sûre qu'on s'aime ? la taquine-t-il alors ce qui lui vaut un regard noir de la brune qui n'apprécie guère la blague à ce moment-là. Le jeune homme s'approche d'elle et lui dépose un baiser sur les lèvres avant de lui murmurer : Moi je sais que je t'aime depuis toujours, j'ai toujours su que c'était toi que je voulais à mes côtés.

Sarada passe alors ses bras autour du cou de l'homme qu'elle aime et l'embrasse à son tour.

_ Mais je te l'accorde, ta mère n'a peut-être pas si tort dans le fond. Qu'est-ce qu'un bout de papier et une cérémonie si nous vivons déjà comme cela toi et moi. Fidélité, sincérité, vérité et amour. Mais maintenant qu'on a lancé la machine, il sera difficile de faire machine arrière surtout si le vieux a convoqué le Conseil des anciens. Tu les connais tous ces vieux machins, le protocole est le protocole. Nous pouvons si tu veux, entamer la procédure d'officialisation puisque ton entrée dans le monde va être imminente. Cela calmera les ragots et te protégera d'une certaine façon.

_ ça justifiera surtout le fait que je vis avec toi dans le péché ! ironise-t-elle alors.

_ Bah de toute manière, les mauvaises langues diront que tu es bien la fille de ta mère ! lui rétorque-t-il alors.

_ Pas faux, mon cœur, pas faux ! Mais j'y pense ? il faudra que je pense à aller chez le coiffeur pour la cérémonie. Je déteste ça, tous ces chichis et simagrées mais il faut bien que je sois resplendissante et digne de l'homme avec qui je veux passer le reste de ma vie.

_ Mais j'y compte bien ! Tu devrais prendre plus de temps pour t'occuper de toi, ne le fais pas pour moi, mais pour toi. Tu le mérites ma chérie.

••••

Mais alors que le jeune couple continue de discuter paisiblement de l'avenir, un homme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux toujours aussi ébènes malgré le temps, est au téléphone. Son timbre de voix est froid et dur.

_ Je veux que vous fassiez parvenir ce bon cadeau à Mlle Sarada Uchiha, domiciliée à Konoha. Faites-en sorte qu'elle croit qu'il s'agit d'un cadeau de sa future belle-mère. Et une dernière chose, n'oubliez pas de tout faire pour récupérer une mèche de cheveux de la demoiselle le jour où elle se présentera au salon et surtout d'avoir la preuve en photo qu'il s'agit bien de sa mèche.

Une fois la conversation finie, l'homme s'adosse dans son fauteuil et croise ses doigts devant son visage. Un sourire diabolique s'étire lentement sur son visage.

_ Tout se met en place. Cette salope va me faire payer toutes ces années perdues. Je vais la rendre cinglée, elle et son enfoiré de petit ami. Elle a voulu m'effacer de leur vie maintenant qu'elle en a bien profité, c'est à moi de reprendre la partie en main. Ils vont tous crevés pour tout ce qu'ils ont osé me faire à moi et aux Uchiha !

L'homme regarde alors un document posé sur son bureau. On peut clairement y voir plusieurs photos accompagnées des noms correspondants : Sakura Haruno, Kakashi Hatake, Naruto Uzumaki, Hinata Hyûga-Uzumaki.

_ Vous cinq, vous êtes tous coupables de trahison envers Konoha ! Je vous détruirai un à un … un à un et jusqu'au dernier.

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A suivre