le juste vivra par sa loyauté

Chapitre 8 : Courez les blaireaux !

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S'il y avait bien une chose qu'Eva avait appris auprès d'Amos c'était qu'il ne fallait pas se laisser décontenancer par les imprévus de la vie.

L'équipe de Quidditch des Gryffondors avait l'air d'être à deux doigts d'imploser. Meredith Ravencrest se disputait avec James qui n'hésitait pas à lui répondre; Steve McAvoy se relevait en lançant des regards prudents à Howard qui, bien que refroidi par le vol plané que lui avait fait subir sa petite amie, montrait toujours les crocs à l'Attrapeur de Gryffondor ; Liam Olsen s'était relevé et se disputait de vive voix avec Richard Eric, son gardien, et Ryan Burke, son batteur. Les trois étaient aussi énervés les uns que les autres et paraissaient prêt à se battre entre eux maintenant.

La seule rescapée des Lions était leur Poursuiveuse qui était restée avec Emma Stark malgré leur différence d'âge.

Quant aux Poufsouffles d'Eva, ils s'étaient réunis en un petit groupe qui se dirigeait lentement mais sûrement vers elle et Amos. A en juger par leurs expressions, les garçons remontaient les bretelles à Akash qui n'avait pas changé depuis la 1ère année. Grande gueule et aimant se frotter à n'importe qui, ce n'était pas la première ni la dernière fois qu'il se retrouvait avec le nez ensanglanté.

« Non mais sérieusement, si tu nous refais ce coup-là, on te laissera crever seule, disait Aaron, foudroyant du regard Akash qui se pinçait le nez.

— Vous êtes pires que ma mère. C'était juste une petite boutade. C'est pas de ma faute si Olsen est aussi susceptible qu'une meuf pendant ses règles.

— Akash ! s'exaspéra Bill Burke. Arrête un peu ton cirque ! On a bien compris que t'avais des envies suicidaires, c'est bon maintenant.

— T'es qui toi le 6ème année pour me parler comme ça ? grommela Akash alors qu'ils arrivaient à hauteur de leurs deux camarades. Aaron, arrête de ramener tout le temps tes potes de 6ème, ils sont lourds.

— C'est toi le lourd dans l'histoire, intervint Eva en faisant signe à Akash de retirer sa main de son nez. La vache ! s'exclama la brune, les yeux écarquillés, sur la pointe des pieds pour voir de près les dégâts. J'espère qu'il t'a cassé le nez.

Eva ! s'écria Akash alors que le groupe de blaireaux rassemblés autour de lui se foutaient de sa gueule sans vergogne. Je faisais que prendre ta défense en plus ! »

Eva haussa les sourcils, sachant pertinemment que ce n'était pas de l'altruisme qui avait poussé Akash à chercher des noises auprès du Gryffondor.

« Ah bon ? C'est pour ça que tu t'es sentie obligé de répéter cinq fois qu'Olsen avait des problèmes d'éjaculation ? »

Même Akash qui arborait une expression boudeuse ne put retenir un sourire au mot "éjaculation" sortant de la bouche de la jeune fille. Les autres ne se retinrent pas, riant à gorge déployé.

Soudainement, Amos qui avait toujours besoin d'être le centre de l'attention posa ses coudes sur les épaules d'Eva :

« Il ne t'a pas raté. J'ai même envie d'aller le féliciter d'avoir défoncé ta tête de con, dit Amos en lançant un sourire moqueur à Akash qui lui fit une grimace mécontente.

— Dégage, Amos. Tu m'écrases ! » grommela Eva mais Amos ne fit que plier ses bras autour du cou de la jeune fille, la serrant plus fort contre lui.

Eva fut forcée de faire quelques pas en avant sous le poids du gardien.

« Dégage l'obèse ! s'exclama-t-elle, tentant de retirer les bras d'Amos de son cou en glissant ses doigts sous ses biceps.

— Qui est-ce que tu traites d'obèse ? souffla Amos à l'oreille de la Poufsouffle, un sourire d'effronté aux lèvres. C'est toi l'obèse, la grosse ! »

Amos détacha un bras du cou d'Eva pour lui pincer le ventre, sa main se glissant sous son pull. Eva poussa un cri de protestation et se secoua en tous sens pour lui faire lâcher prise. Il riait l'idiot alors que la jeune fille continuait de s'escrimer pour qu'il lui lâche le gras du ventre. Finalement, Amos baissa son deuxième bras pour l'encercler autour du ventre d'Eva. Les pieds de la jeune fille quittèrent le sol.

Vociférant, elle continua de lui ordonner de la lâcher alors qu'il continuait son cirque de « c'est qui le gros maintenant, hein ? c'est tout ce gras sur ton bidon ». Finalement, Eva lui donna un coup de pied particulièrement vicieux à la cheville ce qui le fit la relâcher avec un rire.

« Bon, c'est pas tout les mauviettes mais on la fait notre compète ?! s'exclama le capitaine de Quidditch bien fort, un énorme sourire arrogant aux lèvres.

— T'es encore là-dessus ? T'as pas compris qu'on en a rien à foutre de ta compète de merde, cracha Liam Olsen, revenant à la charge, rouge de colère et une veine saillante sur le front.

— Qu'est-ce qu'il y a, Olsen ? La soi-disant meilleure équipe de Poudlard a peur de se faire battre par nous les blaireaux ? Amos provoqua avec arrogance le Gryffondor qui serrait les poings.

— Qui a dit ça ? Peur de vous ? Ne me fais pas rire, grinça Liam Olsen en montrant les dents.

— Dans ce cas, je ne vois pas ce qui vous empêche de participer à une petite compète de rien du tout. »

Et aussi simplement que ça, Amos avait eu ce qu'il souhaitait.

Les garçons de la Maison d'Helga Poufsouffle étaient déjà en habit de sport, ils leur suffisaient d'enlever leurs couches de vêtements. Quant aux Gryffondors, ils avaient la panoplie d'accessoires de sécurité obligatoires pour le Quidditch sur eux. Ils retirèrent donc leurs protections pour les coudes et genoux ainsi que leurs gants et robe de Quidditch, ne les laissant vêtus que du maillot aux couleurs de Gryffondor et de leur pantalon moulant à souhait.

Ça avait presque viré à la bagarre générale mais finalement la compétition pour mettre au clair qui était le plus rapide de la Maison était enfin en phase d'arriver.

Alors qu'Eva regardait les Gryffondors se concerter pour une réunion stratégique, Amos attira son attention lorsqu'il lui expliqua que, bien que « très bandante » avec sa tenue, Eva n'avait pas la tenue appropriée pour la course.

Eva lui jeta un regard agacé avant de lui rappeler que ce n'était pas comme si elle avait été prévenu à l'avance.

Comme par magie, Aaron apparut avec son sac de sport dans lequel se trouvait comme par hasard une tenue de rechange. Amos secoua ses sourcils d'un air joueur dans la direction de la Poufsouffle, lui disant que les excuses ce n'était que pour les mauviettes.

Eva prit soin de lui montrer son majeur avant de prendre de mauvaise grâce le sac de sport qu'Aaron lui tendait. A l'intérieur se trouvait un T-shirt noir avec « STONE 3 » écrit en jaune sur le dos et un blaireau montrant les griffes sur le devant ainsi qu'un pantacourt. Amos fit signe à la jeune fille d'aller se changer dans les vestiaires normalement réservés aux équipes de Quidditch.

« A moins que tu ais besoin d'aide, ajouta Amos avec un clin d'œil.

— Je peux t'accompagner si tu veux, proposa Akash en secouant ses sourcils d'un air moqueur en direction de la brune qui soupira avec exaspération.

— Restez là où vous êtes bande de pervers. Si un seul d'entre vous vient renifler près des vestiaires, je vous envoie Ravencrest dessus.

— T'es pas censée être en froid avec elle ? la contredit Akash.

— Ne me cherche pas, le prévint la Poufsouffle en pointant son doigt vers lui d'un air menaçant, tenant les vêtements d'Aaron contre son torse de sa main libre. Je suis bien capable de le péter pour de bon ton pif.

— Si on peut plus rigoler ici, s'exaspéra Akash en levant ses mains en l'air.

— Je crois que t'as assez plaisanté pour la journée, mec, » ironisa Aaron en échangeant un regard entendu avec son ami Bill Burke.

Eva n'entendit pas le reste de la conversation mais elle n'avait pas besoin de faire de la divination pour savoir que le commentaire d'Aaron était suffisant pour commencer les embrouilles. C'était tout le temps comme ça, embrouille sur embrouille. C'était une des raisons pour lesquelles (en plus de sa rupture avec Amos et de l'animosité d'Akash) Charlotte n'accompagnait pas Eva lorsque celle-ci passait son temps avec les garçons de Poufsouffle. Pour Charlotte, les joutes verbales perpétuelles étaient éreintantes.

Bien qu'Eva comprenne le point de vue de son amie, elle n'était pas d'accord. Contrairement à Charlotte pour qui l'hyperactivité des garçons était un défaut, Eva, elle, adorait passer du temps en leur compagnie. Elle pouvait bien avoir la journée la plus merdique au monde, elle pouvait toujours compter sur ses garçons pour lui remonter le moral. Qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il y ait des morts ou des disparus, ils ne changeaient pas. Ils étaient un constant dans sa vie qu'elle avait appris à apprécier davantage cette année.

Une fois arrivée dans les vestiaires dans lesquelles elle ne pénétrait que pour la deuxième fois de sa vie, Eva prit soin de se mettre à l'abri des regards dans une cabine de douche avant de se déshabiller. Elle accrocha les vêtements d'Aaron sur le crochet de la cabine puis se baissa pour dénouer ses lacets.

Avec leurs talons compensés, ses chaussures n'étaient pas la bonne paire pour faire de la course.

Elle retira ensuite ses collants, toucha d'une main curieuse la peau douce de ses jambes après le soin de Pomfrey puis baissa la fermeture de sa jupe à carreaux beige et marron qui tomba à ses pieds après qu'Eva se fut trémoussée sur place.

Jamais Eva n'aurait imaginé porter de son plein gré une jupe qui n'était pas celle de l'uniforme et voilà que maintenant elle prenait un plaisir coquin à porter des jupes et des robes.

La Poufsouffle retira ensuite son pull à col roulé et hésita à enlever son débardeur noir aussi. D'une main distraite, elle frotta le coin de peau au-dessus de son sein gauche. Son geste lui valut un lancement de douleur qui la fit grimacer.

Eva garda finalement son débardeur et enfila le T-shirt de Quidditch d'Aaron par-dessus. Le pantacourt d'Aaron qui était plus un pantalon sur Eva était décidément trop grand mais Eva n'était pas certaine que ses sortilèges ne déformeraient pas totalement le vêtement d'Aaron. Elle demanderait à Bill ou Aaron de rajuster la taille du pantacourt. Ils étaient bien plus fiables qu'Amos ou Akash qui s'amuseraient à raccourcir le vêtement pour en faire un shortie short ou à faire craquer le tissu pour que les fesses d'Eva soient à l'air.

Finalement, Eva sortit de la cabine, vêtue des couleurs de sa Maison et pieds nus. Elle s'avança vers un des miroirs au-dessus des lavabos et son reflet la fit automatiquement faire la grimace. Son mascara avait légèrement coulé mais le fard à paupière blanc à paillettes avait tenu. Elle se frotta le coin de l'œil pour faire disparaître les traces de mascara. A cause de son manque de sommeil, les cernes sous ses yeux étaient sombres sans parler de la pâleur de son visage... Et puis ce bouton sur sa tempe qui ne se décidait toujours pas à partir !

Ca la fatiguait de se regarder et de voir l'image qu'elle donnait aux autres.

Au moins, elle pouvait régler facilement le problème de ses cheveux car les cheveux bruns clairs qui s'étaient échappés de ses chignons avaient bouclés, gravitant dans les airs. Avec un soupir, Eva détacha ses cheveux, leur poids familier se posant sur son dos avant qu'elle ne les rattache en une haute queue de cheval qui était plus appropriée pour une séance de sport.

« Bientôt terminée de te mater ? »

La voix de Sirius fit sursauter Eva qui arracha son regard de son reflet pour le poser sur le Gryffondor qui était posé contre un des casiers, les bras croisés sur sa poitrine une expression nonchalante collée à son visage.

« S-sirius ?! Qu'est-ce que tu fais là ? bégaya la Poufsouffle, les yeux écarquillés de surprise et le cœur battant.

— Ravencrest me saoulait à être sur mon dos pour les entraînements, » répondit nonchalamment le griffon en se redressant pour se rapprocher de la 7ème année qui restait figée à le fixer.

Sirius s'arrêta à un pas d'elle. Sa tête pencha légèrement sur le côté alors qu'il laissait son regard glisser de bas en haut du corps d'Eva. Cette dernière prit une seconde avant de capter ce qu'il faisait mais quand elle le fit, le rouge lui montant à la tête, elle frappa le bras du griffon :

« Arrête de me regarder comme ça, espèce de malpropre ! » s'exclama-t-elle.

Son regard noir ne parut lui faire aucun effet puisque Sirius laissa échapper un éclat de rire :

« Malpropre ? Je te regarde normalement, se défendit Sirius avec un sourire d'effronté.

— J'ai du mal à croire que tu regarderais ta mère avec ces yeux-là, » objecta Eva en plissant ses yeux.

Sirius leva les yeux au ciel, son sourire disparaissant.

« Bien sûr on était obligé de gâcher cette magnifique journée en mentionnant ma chère mère, » soupira Sirius en continuant de fixer le plafond tacheté par l'humidité.

Eva se rendit compte de sa bêtise. S'il y avait bien un sujet épineux qu'il ne fallait pas mentionner devant Sirius Black c'était sa famille…

« Je ne voulais pas —

— C'est pas grave, la coupa Sirius en faisant un geste de la main pour signaler à la Poufsouffle de ne rien ajouter sur le sujet. Il n'y pas besoin de parler plus longtemps de ce sujet.

— Mais — »

Les yeux gris de Sirius se plantèrent dans ceux paniqués d'Eva. Ce fut son expression qui stoppa net la Poufsouffle.

« Eva. Chut. »

La Poufsouffle expira et se secoua la tête :

« O.K., oui, Eva chut. Je me tais. Bon on y va ? dit Eva en un souffle, attrapant entre ses bras ses affaires qu'elle avait posé sur le lavabo et contournant Sirius pour quitter les vestiaires.

— Tu n'oublies pas quelque chose ? » lui demanda Sirius, retenant la Poufsouffle qui se retourna gracieusement sur ses pieds nus, rappelant à Sirius les nombreuses fois où il avait assisté aux cours de danse de ses cousines pendant son enfance.

Entre ses doigts, Sirius tenait les chaussures qu'Eva avait oublié sous le lavabo. La Poufsouffle prit un air surpris.

« J'avais complètement oublié de les prendre ! s'exclama Eva. Tu peux les prendre ? J'ai peur de tout faire tomber avec ça en plus dans les mains, expliqua-t-elle en faisant un signe de tête vers ses collants, jupe, pull et sac d'Aaron qu'elle n'avait pas pris la peine de plier avant de tout fourrer entre ses bras.

— Tu ne pourrais pas tout mettre dans le sac de ton copain blaireau ? lui demanda Sirius en jetant un regard moqueur au sac d'Aaron qui était dans les bras d'Eva.

Eva suivit le regard du griffon et réalisa que sa bêtise n'avait pas de limite.

— C'est pas possible, s'exaspéra-t-elle en un murmure.

— C'est plutôt toi qui n'es pas possible, commenta Sirius d'un ton amusé en se rapprochant de la Poufsouffle qui venait de tout jeter sur le banc au milieu de la rangée de casiers pour fourrer ses vêtements dans le sac. Ta mère ne t'a pas appris à plier tes affaires ? » plaisanta-t-il en observant le travail de la Poufsouffle.

Eva se redressa, sac de sport à la main, et jeta un regard mécontent au Gryffondor.

« Si je ne peux pas parler de ta mère alors ne parle pas de la mienne. »

Le Gryffondor haussa des sourcils surpris mais n'eut pas le temps de réagir que la Poufsouffle se dirigeait avec détermination vers la sortie, paraissant ne pas remarquer que son pantalon trop large tombait, laissant Sirius entrevoir le début d'une culotte noire – rien de provoquant mais qui laissait deviner ce qui se cachait en-dessous.

Même s'il se retenait d'en faire la remarque devant James (il n'était pas suicidaire), il était particulièrement difficile d'ignorer la rondeur bien définie du —

Sirius releva en vitesse ses yeux lorsque la Poufsouffle reprit la parole, lui jetant un regard par-dessus son épaule :

« Prends mes chaussures. Ça te rendra utile. »

Son ordre donné, la Poufsouffle reprit son chemin, sa longue queue de cheval claquant contre le numéro 3 inscrit sur le dos de son T-shirt noir.

Laissé en plan dans les vestiaires, Sirius sourit. Pas un de ses sourires arrogants habituels mais un sourire affectueusement amusé. Il avait pris la peine d'aller chercher la Poufsouffle dont l'absence prolongé avait inquiété James qui n'avait rien dit de tel pendant que Liam Olsen motivait les troupes pour battre à plate couture les Poufsouffles mais Sirius n'avait pas besoin que James dise quoi que ce soit pour comprendre la raison derrière ses nombreux coups d'œil en direction des vestiaires.

Et, contrairement à James, Sirius n'en avait rien à faire de partir en plein milieu du discours du capitaine des Gryffondors.

Liam Olsen ne lui faisait ni chaud ni froid. Le 7ème année avait beau être le capitaine, ses remontrances pour que Sirius assiste plus souvent aux entraînements en tant que batteur remplaçant n'impressionnaient guère Sirius et, après le spectacle de tout à l'heure, le peu de respect que Sirius éprouvait pour Liam Olsen s'était évaporé.

Vivement l'année suivante lorsque James obtiendrait enfin le badge de capitaine. Avoir un incapable comme Olsen en capitaine passait en travers de la gorge de Sirius.

Peut-être que lorsque James deviendrait le capitaine, Sirius ferait plus d'effort pour assister aux entraînements.

Et si ce n'était pour la fierté de Maison, Sirius aurait avec joie prit le parti des Poufsouffles pour remettre à sa place Liam Olsen. James l'aurait certainement suivi.

Toutefois, Sirius avait été agréablement surpris par la repartie des Poufsouffles. En particulier celle d'Eva Brown, qui, contrairement à ce que l'on pouvait croire avec ses grands yeux d'innocente et ses rougissements embarrassés, avait la langue bien pendue.

Le commentaire sur l'éjaculation précoce d'Olsen ? Légendaire.

Sirius ne savait pas si l'accusation était fondée puisqu'il portait rarement attention aux rumeurs circulant dans le château mais, en moins de deux secondes, Eva avait tourné la situation en sa faveur. Et, grâce au soutien de Diggory, Olsen avait été mis K.O.

Derrière lui, Sirius avait entendu Peter étouffer un ricanement après le commentaire de Diggory, faisant apparaître une expression amusée sur le visage de l'aîné des Black.

« James, ne t'en mêle pas, » avait dit Remus, serrant de sa main l'épaule de James dont la mâchoire serrée et le regard furieux laissaient entendre que, sans la vigilance de Remus, il aurait déjà foncé vers son capitaine pour lui apprendre une bonne leçon.

L'affront d'Olsen envers Eva Brown avait été la raison pour laquelle les quatre 6ème années avaient décidé de ne pas prendre part à la bagarre. Le fait que le badge de préfet de Remus et le futur badge de capitaine de James soient en jeu était la deuxième raison.

Sirius rigola tout bas puis suivit la Poufsouffle. Il fut obligé de courir à moitié pour la rattraper, elle et son allure de locomotive.

« Pressée maintenant que les festivités ont commencé ? » lui dit-il en lui décochant un rictus amusé.

Sur le terrain de Quidditch, les blaireaux et lions n'avaient pas attendu les retardataires. Déjà, des matchs deux contre deux avaient débuté. Avant que Sirius ne parte à la recherche d'Eva, Aaron Stone et Richard Eric s'étaient affrontés amicalement. Etant donné qu'Aaron Stone avait le corps flexible d'un Poursuiveur et Richard celui costaud d'un gardien, le Poufsouffle avec qui Sirius avait eu l'occasion de bien rigoler pendant des cours d'Herbologie avait gagné.

Pourtant, il semblait que l'ambiance bonne enfant ait disparu pour lancer place à un esprit compétitif digne d'un match officiel de Quidditch.

Sans surprise, après sa semi-défaite, Liam Olsen n'avait pas hésité une seconde à provoquer Diggory pour rabattre le caquet du grand Poufsouffle.

Alors que Sirius et Eva s'avançaient vers le regroupement de supporters qui hurlaient leurs encouragements pour les deux 7ème années, les deux capitaines étaient arrivés à leur deuxième tour de terrain sans qu'aucun ne se soit démarqué. Actuellement au coude à coude, les deux capitaines tentaient de déséquilibrer leur adversaire par de violents coups d'épaule.

Les yeux plantés droit sur les deux coureurs, Eva n'apparaissait pas très intéressée par la conversation. Sirius n'en eut que faire. C'était quand Eva était contrariée qu'elle était le plus drôle. Pas quand elle prenait son air de fille polie comme la dernière fois dans le couloir quand Remus venait de sortir de l'infirmerie. Depuis ses 11 ans, Sirius avait connu Eva comme une Poufsouffle grande gueule, bourrine et sans aucune considération pour l'espace personnel des gens.

Il trouvait ça chiant à mourir lorsqu'elle forçait un sourire poli sur ses lèvres et échangeait des banalités. C'est pourquoi il n'avait pas pu s'empêcher de la secouer. Après des remontrances de la part de Remus et le commentaire d'aujourd'hui de Liam Olsen, Sirius se rendait compte que sous-entendre qu'elle avait sucé quelqu'un n'avait pas été très fin de sa part. Mais sur le coup il avait été fier d'avoir déclencher le rougissement de la Poufsouffle et cet air choqué.

« Pressée que tu me laisses tranquille surtout, » marmonna Eva dans sa barbe.

Sirius qui l'avait parfaitement entendu ne put s'empêcher de la titiller :

« Pardon, pressée de quoi ?

— Rien, dit la Poufsouffle en faisant un geste dédaigneux de la main. J'ai juste hâte de botter le cul des p'tits péteux de Gryffondors, continua-t-elle en lui lançant un sourire provocateur.

— Pieds nus ? la questionna Sirius en baissant ses yeux sur les pieds nus de la Poufsouffle dont le vernis rouge détonnait sur le gazon du terrain de Quidditch.

— Pas besoin de chaussures pour rabattre le caquet des Gryffondors. Tu participes à la course ?

— Pas cette fois-ci. La flemme, » répondit Sirius en suivant l'exemple d'Eva qui s'était arrêtée à côté d'Emma Stark, l'attrapeuse de Poufsouffle.

Ne voulant pas que la conversation prenne fin tout de suite, Sirius décida d'attendre un peu avant de rejoindre James, Peter et Remus qu'il avait vu un peu plus loin, entourés par le reste de l'équipe de Gryffondor.

« Waouh, je ne savais pas que les Gryffondors étaient des lâches. Et fiers de l'être en plus. »

Sirius lui donna un coup d'épaule :

« Arrête ton cirque. Si je participais, je te batterais à plate couture. Tu devrais plutôt me remercier de te laisser la chance de gagner.

— C'est ça aussi ton excuse pour rester remplaçant ? Tu veux laisser la chance aux autres Maisons de gagner ? minauda Eva en laissant tomber le sac d'Aaron Stone par terre.

— Quelque chose comme ça, acquiesça vaguement Sirius.

— J'espère que tu t'étoufferas sur ton égo. Ça t'apprendra une bonne leçon. »

— Hé, ne — »

Mais la remarque de Sirius fut coupée par l'arrivée en trombe d'Akash qui cria « Evaaa ! » avant de sauter sur le dos de la concernée.

La jeune fille poussa un juron, se retenant de justesse de ne pas s'étaler de tout son long sur le gazon. Sirius haussa des sourcils surpris puis observa sans un mot le 7ème année dire rapidement à la brune qu'elle avait pris des plombes à sortir des vestiaires et que c'était quoi ce look de pouilleuse ? Si elle voulait montrer son cul à tout le monde, autant enlever son pantalon plutôt que de le baisser aussi bas !

Avec un glapissement de surprise, Eva s'empressa de remonter son pantalon qui était tombée bien plus bas que prévue après qu'Akash l'ait poussé sans prévenir.

Comme le pensait Sirius, comme le sous-entendaient les jeans que portait parfois Eva, ce qui se cachait en-dessous était tout aussi appétissant.

Tenant de ses deux mains son pantalon, Eva jeta un regard embarrassé en direction du Gryffondor qui se tenait debout sans rien dire, les mains dans les poches de son pantalon bien taillé. Il n'y avait pas besoin d'être savant pour comprendre qu'il avait vu ce qu'il n'était pas censé voir, c'est-à-dire la culotte de la Poufsouffle.

Pourtant, même s'il n'y avait pas de sourire arrogant sur les lèvres du Gryffondor, Eva n'était pas très réconforté par son air stoïque. Était-ce une réaction normale de la part d'un garçon d'arborer un air désintéressé après avoir vu la culotte d'une fille ? Eva n'en était pas sûre…

« Non mais sérieux, t'essayais de nous flasher ? disait Akash, attirant de nouveau l'attention de sa camarade qui s'était perdue dans un duel de regard avec l'aîné des Black, pas qu'Akash s'en soit aperçu.

— Bien sûr que non ! se défendit Eva, fusillant du regard le plus grand des Poufsouffles qui était l'une des rares personnes qui forçait Eva à lever la tête pour pouvoir croiser son regard. C'est toi et ta manie de sauter sur tout ce qui bouge qui êtes en faute ! »

Akash lui rit au nez :

« Ma manie de sauter sur tout ce qui bouge ? Voyons Eva, tu sais très bien que tu es la seule dans mon cœur.

— C'était pas ce que je voulais dire ! s'écria Eva en se rendant compte de sa bourde mais c'était trop tard, Akash était lancé.

— Non, non. C'était exactement ce que tu voulais dire, » la contredit allègrement Akash en secouant son index à dix centimètres du nez d'Eva.

Eva vira la main d'Akash avec une gifle.

« C'est bien d'être honnête envers soi-même ma petite mais il faut savoir apprendre à partager quand on grandit. Pas vrai Black ? s'exclama Akash en direction du Gryffondor qui était resté silencieux jusqu'alors, son expression stoïque donnant l'impression qu'il s'ennuyait.

— Pas comme si tu avais assez de demandes pour pouvoir partager, » répondit nonchalamment le Gryffondor avec un haussement d'épaules.

L'expression bon enfant d'Akash prit une tournure plus forcé.

« Ha, bien trouvé Black, consentit Akash d'un ton faussement amusé. Mais heureusement que, contrairement à toi, je ne passe pas après les restes des autres. »

Sirius haussa les sourcils, l'expression de son visage transmettant sa pensée de « il est sérieux celui-là ? ». Prise de court par la tournure des évènements, les yeux écarquillés d'Eva alternèrent entre Akash qui affichait un air suffisant et Sirius qui n'allait certainement pas laisser une telle remarque sans réponse.

Finalement, la décision d'Eva fut simple. Elle frappa avec force le bras d'Akash qui glapit de douleur et se retourna vers elle d'un air éberlué, se tenant son bras endolori :

« Mais qu'est-ce qui te prend ?! s'exclama Akash, faisant les gros yeux à Eva qui le fixait d'un air réprobateur, ses mains posées sur ses hanches.

— On ne t'a jamais appris la politesse ? »

Akash s'étouffa sur sa salive, incrédule :

« Toi tu veux me parler de politesse ? Qui est-ce qui parlait d'éjaculation il y 20 minutes de ça ?

— Oui, moi. Contrairement à toi, je n'agresse pas les gens qui n'ont rien demandé.

— Tu te fous de ma gueule, dit platement Akash. C'est moi que tu reprends alors que Black – Akash pointa du doigt le Gryffondor sans quitter Eva des yeux – est là ? Le mec qui a baissé le froc d'un Serpentard, je te rappelle ? »

A cet argument irréfutable, Eva perdit un peu de son aplomb, grimaçant légèrement.

« Sur ce coup-là je ne peux rien réfuter mais ta manie de t'en prendre à tout le monde va te coûter.

— T'es sérieuse ? Et si on parlait de ton cirque avec l'hystérique de Ravencrest hier ? Quand toi tu lui sautes à la gorge il n'y pas de problème mais quand c'est moi, bien sûr, c'est la pire des méchancetés, dit Akash en prenant un air faussement décontract', jetant ses mains en l'air.

— Attends, tu veux parler d'hier ? le reprit Eva en lui faisant signe de la main d'arrêter. Tu te rends compte que c'est à cause de toi que Meredith a commencé à gueuler ? Tu veux que je te rappelle ce que tu lui as sorti ?

— Ah oui, remets toute la faute sur moi ! s'écria le Poufsouffle. Parce que bien sûr c'est à cause de moi si Avery a décidé de nous enlever des points et si McGonagall nous a foutu en retenue ?!

— Non mais t'es sourd ou quoi ? C'est pas du tout ce que je viens de dire ! s'énerva Eva en donnant une tape au torse d'Akash du dos de sa main.

— Pourtant c'est ce que — »

Mais la phrase d'Akash fut rendue inaudible par les hurlements rageurs que Gryffondors comme Poufsouffles venaient de pousser. Tous deux pris de court par les cris de protestation, Akash et Eva en oublièrent leur dispute, tournant de concert leur tête en direction du terrain.

Les deux prirent un air ébahi. La bouche entrouverte, ils observèrent Amos et Liam Olsen se battre sur le gazon. Celui en position de force, c'est-à-dire chevauchant l'autre, changeant toutes les deux secondes.

« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? » demanda Eva d'un air ahuri, ne s'adressant à personne en particulier.

Ce fut Emma Stark qui lui répondit. La jeune fille, telle une Attrapeuse de talent, avait réussi à suivre la dispute d'Eva Brown et Akash Banerjee tout en gardant un œil sur son capitaine. En tant qu'attrapeuse, c'était la moindre des choses de pouvoir se concentrer sur deux choses à la fois.

« Ils étaient à quelques mètres de la ligne d'arrivée et je crois bien qu'Olsen a pris peur et a sauté sur Amos.

Quoi ?! » s'écrièrent de concert les deux Poufsouffles, leur dispute apparemment complètement passée aux oubliettes.

Sirius fut pris au dépourvu lorsqu'Eva se tourna vers lui, sa queue de cheval fouettant Akash au passage.

« Tu vois quand je te disais que les Gryffondors étaient des lâches ! » s'exclama-t-elle, ne prêtant pas attention au juron qu'avait poussé Akash.

Sirius évita son regard, grimaçant légèrement :

« Hum…On va dire qu'Olsen n'est pas le meilleur exemple de ce qu'est un Gryffondor. »

Akash lâcha un petit rire moqueur : « Sans blague. »

Sirius claqua sa langue contre son palet, n'appréciant guère le commentaire du Poufsouffle même si le comportement d'Olsen était difficilement excusable. Pour une fois, Sirius regrettait qu'Evans ne soit pas là. Elle qui adorait leur faire la morale à lui et James comme quoi ils faisaient honte à leur Maison avec leur comportement puéril, il aimerait bien voir sa réaction face au désastre qu'était Liam Olsen.

Mais c'était impossible que la préfète rousse pointe le bout de son nez dans les parages. Après les évènements d'hier, Lily Evans refusait d'être de près ou de loin associée à leur groupe. Pour une fois qu'elle s'était décoincée, il avait fallu que McGonagall fasse un rare contrôle dans la Salle Commune.

Mais Sirius n'eut pas l'occasion de faire entendre son opinion à l'indien car une main chaude venait de se refermer sur la sienne. Il n'eut le temps que de jeter un regard surpris au dos de la tête de celle à qui appartenait cette main qu'Eva le tirait déjà en direction de Diggory et Olsen qui roulaient l'un sur l'autre à tour de rôle, cherchant à être celui ayant le dessus.

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1971

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« James ! Il faut absolument que tu viennes voir ce qu'il se passe dans le parc ! »

Les deux garçons, occupés à dessiner une moustache sur le visage du Ministre de la Magie pris en photo dans la Gazette, sursautèrent. Ils levèrent des yeux surpris vers la brune de 12 ans qui venait d'apparaître aussi soudainement que si elle avait retiré la cape d'invisibilité de James.

« Eva ? Qu'est-ce que tu fais là ? demanda James, rajustant sur son nez sa monture qui était tombée sous l'effet de la surprise.

On s'en fiche de ce que je fais là, s'exaspéra Eva Brown en levant ses yeux au ciel, trépignant d'impatience. Levez-vous. Vite !

Pourquoi est-ce qu'on devrait se lever ? ronchonna James qui avait l'habitude de toujours contredire les ordres qu'on lui donnait.

Mais allez ! s'impatienta Eva en tapant du pied. Bougez-vous !

J'ai pas envie de bouger, grommela James.

Merlin ! Tu es impossible, James Potter ! s'exaspéra la brune en poussant un soupir d'exaspération. Très bien, si tu ne veux pas bouger alors tu n'as qu'à rester là à faire tes bêtises de gamin. Sirius viendra avec moi ! termina la Poufsouffle.

Sirius n'a pas envie de traîner avec toi, Eva ! s'exclama James, fusillant du regard la Poufsouffle qui lui rendait bien son regard, les mains posées sur les hanches.

Peut-être que Sirius aimerait bien décider pour lui-même, » rétorqua Eva.

De concert, James et Eva tournèrent leurs yeux enflammés par la détermination de prouver que l'autre avait tort vers Sirius. Sirius qui écarquilla les yeux, déconcerté par le rapide échange de mots entre le Poufsouffle et Gryffondor. Il ne s'attendait pas à ce qu'on lui demande son avis. Il lança un regard prudent à James qu'il connaissait depuis deux semaines maintenant puis à la Poufsouffle avec qui il n'avait échangé que de brèves paroles le jour où elle était venue se présenter comme une tornade indomptable.

« Euh…

Oh Merlin, vous les garçons vous êtes tellement lents, » commenta Eva après avoir soupiré avec lassitude.

Puis, sans demander l'avis de personne, Eva prit Sirius par la main et l'aida à se remettre sur ses pieds. James, toujours assis contre le mur du couloir et la Gazette des Sorciers sur ses cuisses, protesta vivement mais Eva fit la sourde oreille. A la place, elle tira sa langue en direction du Gryffondor puis tira avec force sur la main de Sirius. Sirius trébucha après la Poufsouffle, surprise par la force avec laquelle elle tirait sur leurs mains jointes.

Une tornade indomptable, c'était la première impression qu'avait Sirius de la Poufsouffle qu'il ne connaissait qu'à peine.

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« LIAM ! CALME-TOI BON SANG ! » s'écriait Meredith Ravencrest en donnant des coups de balai à son capitaine qui chevauchait actuellement Amos.

A cause de la hargne de sa batteuse qui lui donnait des coups de balai en pleine face, Liam Olsen fut obligé de lâcher le T-shirt de Diggory et de se protéger la tête de ses bras.

« Arrête, Meredith ! s'écria le capitaine des Gryffondors pour mettre un terme à l'excès de violence de sa camarade.

— Ne me dis pas ce que je dois faire ! » rétorqua bruyamment Meredith Ravencrest, sa peau bronzée prenant des couleurs alors que son capitaine se roulait par terre, la tête toujours dans les bras, laissant Amos se relever en s'essuyant sa lèvre en sang.

Étonnamment ce ne fut pas Eva Brown qui arrivait en courant, Sirius Black à sa suite, qui mit fin à l'altercation entre Gryffondors. Ce ne fut pas non plus Howard Stark qui ne paraissait pas se soucier que sa petite copine dégomme son coéquipier, souriant plutôt avec fierté alors qu'il admirait le travail de sa petite amie. Ce ne fut pas non plus un membre de l'équipe des griffons soucieux de la survie de son capitaine.

Non, ce fut un Gryffondor de 6ème année dont on n'avait pas l'habitude d'associer à sa fonction de préfet.

Pourtant, la conscience de préfet de Remus Lupin semblait s'être éveillée en ce dimanche 11 octobre 1976. A l'aide d'un sortilège informulé, il sépara batteuse et gardien et retira même le balai des mains de la batteuse dont la bouche s'ouvrait pour sortir un cri de protestation alors qu'elle était transportée à quelques mètres de distance.

Heureusement, contrairement à ce que la Gryffondor avait fait subir aux garçons tantôt, Meredith ne se retrouva pas tête la première par terre, atterrissant plutôt avec douceur sur ses pieds.

Le balai de la batteuse se retrouva entre les mains d'un James surpris.

Pendant ce temps, Eva Brown et Sirius Black avaient atteint Amos Diggory qui se relevait avec l'aide de Steve McAvoy qui lui fit une grimacé désolée comme pour s'excuser du comportement de son meilleur ami et capitaine.

Amos répondit d'un geste désinvolte une fois sur ses pieds. Sa lèvre inférieure continuait de saigner et commençait même à enfler.

Eva Brown lâcha la main de Sirius.

« Ça va Amos ? » demanda-t-elle d'un air inquiet, se retenant d'attraper le Poufsouffle pour observer de plus près son visage poussiéreux.

Il y avait même des brins d'herbe dans ses cheveux après sa séance de roulades dans l'herbe.

Amos fit une grimace puis s'ébouriffa ses cheveux rasés courts.

« Ça va ouais, répondit-il distraitement en suivant du regard Liam Olsen qui se remettait debout.

— Vraiment désolé pour ce qui s'est passé, mec, intervint Steve McAvoy en se frottant la nuque d'un air gêné. Liam est sur les nerfs depuis hier à cause de l'histoire avec Amelia Avery. »

Amos haussa les épaules, portant peu d'importance à l'excuse de l'Attrapeur. Eva, quant à elle, se retint de faire une grimace. C'était bien Steve McAvoy, ça. Toujours à se dédouaner quand lui ou son pote dépassait les bornes.

Malgré son agacement, Eva ne dit rien, préférant ne pas envenimer les choses avec le Gryffondor qui lui avait lâché la grippe jusqu'ici.

« Si c'est ça l'équipe de Gryffondor, je suis bien content d'être resté remplaçant, » commenta Sirius Black à quelques pas d'Eva, n'ayant pas souhaité chouchouter Diggory comme la Poufsouffle.

Les trois 7èmes années lancèrent un regard surpris à leur cadet – à des degrés différents. Amos n'était qu'à moitié concentré sur ce qu'il se passait à côté de lui. Il était occupé à observer avec des yeux prudents Liam Olsen qui était en pleine discussion animée avec Ryan Burke, son batteur, Rick Eric, son gardien ainsi qu'Aaron, Bill et Akash.

A vue d'œil, il n'y avait pas que les Poufsouffles qui étaient remontés contre le capitaine des lions. Son équipe paraissait être tout aussi exaspérée par son comportement.

De l'autre côté du terrain, Howard Stark amadouait sa copine pour qu'elle ne s'en prenne pas au préfet de 6ème année – bien qu'elle ne sache pas encore que Remus Lupin soit le coupable. L'attaque surprise l'avait complètement prise au dépourvu, elle n'avait pas vu qui avait lancé le sortilège. Howard préférait ne pas l'informer de l'identité de son assaillant. Meredith lui avait raconté la veille le commentaire de Lupin pendant sa séance d'étude obligatoire. Même si Howard adorait voir sa copine s'énerver, il n'était pas assez sot pour la laisser s'en prendre à un préfet.

Steve McAvoy s'étouffa sur sa salive :

« Attends, Black tu —

— Faut pas le prendre au sérieux, Steve. Il est juste de mauvaise humeur parce que son rendez-vous amoureux s'est mal passé, dit James en posant une main sur l'épaule de son ami qui lui lança un regard mécontent, tenant toujours dans son autre main le balai de Meredith Ravencrest.

(Sans que personne ne le remarque (et encore moins la Poufsouffle concernée), le visage d'Eva prit un air renfrogné à l'entente du commentaire de James)

Cornedrue, » râla Sirius, l'air las.

Ne perdant pas de son sourire, James lança tout de même un regard d'avertissement à son meilleur ami. Levant les yeux au ciel, Sirius comprit qu'il devait se taire et n'ajouta donc rien.

« Vous voyez ? Il est un peu ronchon aujourd'hui, plaisanta James en laissant sa main retomber. Amos, ça va la lèvre ? ajouta-t-il dans la direction d'Amos Diggory.

— Ouais ouais, je suis pas une fillette non plus, répondit Amos, l'air agacé qu'on lui demande encore une fois comment il allait.

— Une fillette n'aurait pas été assez bête pour se faire battre par Olsen, commenta Eva, ce qui lui valut une tape à l'arrière de la tête de la part d'Amos. Aïe !

— Fais pas trop la maligne, Eva, la prévint Amos. Je t'ai vu pleurer plus de fois que je n'ai de doigts.

— Hé ! s'insurgea la Poufsouffle.

— Ouais ouais. Je vais voir ce qu'il se passe là-bas, moi, » dit Amos d'un ton désinvolte avant de quitter leur petit groupe.

Les quatre restants le regardèrent partir. Eva ne savait pas si elle était la seule mais le silence suivant le départ d'Amos lui paraissait gênant. Elle hésita à suivre l'exemple d'Amos mais ce fut la voix de James qui la retint :

« Eva, quand est-ce que tu apprendras que tu ne peux pas juste me piquer Sirius, dit James d'un ton faussement ennuyé. C'est mon pote, pas le tien. »

Eva écarquilla les yeux.

« Qu'est-ce que tu racontes James ? Je ne t'ai pas piqué Sirius, » se défendit-elle en lançant un regard incrédule vers James qui souriait d'un air moqueur à l'entente du déni de la Poufsouffle.

Eva fit très attention de ne pas laisser son regard dévier en direction du meilleur ami de James.

« Comment tu décrirais toi qui le tiens par la main pour qu'il te suive comme un bon toutou alors ? demanda James, faisant un coup de coude à Sirius au mot « toutou ».

— Je — s'indigna Eva en un balbutiement rageur. Je le faisais se bouger, vous les Gryffondors vous êtes les personnes les plus lentes que je connaisse ! »

James pointa le balai de Ravencrest vers Eva. Eva tenta de dégager la partie rêche des cheveux du balai d'un coup de la main agacé mais James continua de lui chatouiller le visage avec malgré ses grommèlements de protestation. Finalement, la Poufsouffle eut la judicieuse idée de se reculer de quelques pas, une grimace mécontente sur le visage

« On a qu'à mettre ça au clair. Toi contre moi, Brown. Celui qui perd fait un tour de terrain en slip, la défia James avec un rictus arrogant en posant le balai de Meredith Ravencrest sur son épaule.

— J'espère que tu as mis ton plus beau slip, Potter.

— Et j'espère que tu assumes ton choix de sous-vêtements, Brown, rétorqua James avec un sourire qui n'augurait rien de bon.

— Arrête de parler de mes sous-vêtements et raccourci ce pantalon, tu veux, lui dit Eva en faisant une grimace en direction de son pantalon qu'elle devait retenir avec ses mains. Et garde tes commentaires pour toi, ajouta-t-elle en n'ayant besoin que de voir le début d'un rictus sur le visage de James pour savoir qu'il allait se moquer d'elle.

— O.K., très bien, je me tais, concéda James. Difficile de se moquer une 7ème année qui a besoin de l'aide d'un petit 6ème année pour un sort basique. »

Eva entendit derrière elle le ricanement étouffé de Steve McAvoy. Face à elle, un sourire espiègle s'était formé sur les lèvres de James alors que Sirius laissait échapper un rire.

« James, grogna Eva en lançant un regard noir au Gryffondor qui haussa ses épaules d'un air innocent.

Eva, » la singea James avant de sortir sa baguette de la poche de son pantalon noir moulant de Quidditch qui était en partie caché sous son large maillot rouge et or de Quidditch.

Eva n'était pas sûre que ce soit très prudent de glisser sa baguette dans une poche aussi serrée. Elle n'oublierait jamais la fois où elle avait naïvement glissé sa baguette dans la poche arrière de son jean et qu'une chaleur inquiétante l'avait fait sursauté alors qu'elle s'apprêtait à s'asseoir. Apparemment, sa baguette était capable de pressentir qu'elle allait se faire casser en deux puisqu'elle avait brulé le derrière d'Eva juste à temps pour que la Poufsouffle ne commette pas l'erreur fatal de s'asseoir avec une baguette dans la poche.

Toujours aussi nonchalamment arrogant, James ne prit même pas la peine de lancer le sortilège à voix haute pour que le pantalon d'Eva devienne comme par magie à sa taille. Se doutant que ce serait mal venue de sa part de traiter James de « frimeur », Eva se contenta de le remercier après s'être tapotée les jambes pour s'assurer que sa tenue soit correcte.

Bien qu'il n'y ait aucun doute sur les compétences de James en métamorphose, Eva n'était pas assez naïve pour croire qu'il ne lui viendrait pas à l'idée de l'humilier en lui craquant le pantalon par exemple.

Le reste se fit très rapidement. James comme Eva n'étaient pas du genre à remettre à plus tard toute forme de compétition. Enfin, dans le cas d'Eva c'était plutôt le fait que ce soit James. Il n'y avait pas meilleure personne pour lui donner envie de gagner. Elle allait le battre à plate couture.

James et Eva se mirent derrière la ligne blanche qu'Amos avait peint à son arrivée sur le gazon.

James resta debout, sautillant sur place pour s'échauffer. Eva, à l'incompréhension de certains (et à la compréhension d'autres qui avaient l'habitude de la voir faire), s'accroupit. Les deux bras devant elle, un genou plié, l'autre jambe étendue derrière elle, elle leva la tête pour observer Emma Stark qui avait été désigné pour donner le signal de départ.

« Je vais te faire mordre la poussière, blaireaute, lui dit James, ne quittant pas des yeux la figure frêle d'Emma Stark qu'il avait plus l'habitude de voir voler du coin de l'œil pendant un match de Quidditch que debout sur la terre ferme.

— Je t'attends, mauviette, répondit Eva, souriant avec trépidation.

— Prêt, PARTEZ ! »

Des brins d'herbes volèrent derrière les deux étudiants dont les pieds s'abattaient sur le gazon l'espace d'un bref instant avant de brasser l'air. Le vent écossais sifflait dans leurs oreilles. Les encouragements de leurs camarades rien qu'une arrière-pensée.

« TU COURS AUSSI VITE QUE MA GRAND-MERE, EVA ! ET ELLE EST MORTE ! »

Bon. Excepté pour le cri d'Akash dont la capacité à se faire entendre n'était pas à sous-estimer.

Eva sentait le poids familier de sa queue de cheval se dandiner derrière elle. Ses cuisses chauffaient avec familiarité. A chaque nouvelle enjambée, elle parcourait une plus longue distance. Le bruit de sa respiration contrôlée était comme un vieil ami.

Ici, sur le terrain, son souffle saccadé n'était pas causé par une peur paralysante. Ni par une crise de larmes ou une crise de panique. Ici, sur le terrain, avec James qui soufflait comme un buffle en redoublant d'effort pour rester à une distance d'un pas derrière elle, elle avait l'impression de retrouver la paix qu'elle avait cherché tout l'été dernier en tournant en rond dans son quartier.

Ils arrivaient au virage de la fin du terrain. A la vitesse où elle allait, Eva dût faire attention de ne pas perdre l'équilibre mais l'expérience était de son côté. Malheureusement, James qui était plus doué sur un balai que sur ses pieds, ne prit pas de la meilleure manière le virage et rentra donc dans Eva.

« Dégage, grinça Eva entre ses dents.

La ferme, » haleta James en retour, les joues rouges d'effort et de la buée sur ses verres de lunettes.

Ils échangèrent coups d'épaule et de coude pendant un instant avant que la ligne ne redevienne droite.

Il restait 100 mètres. 100 mètres puis le perdant montrerait son froc à tous ceux présents.

Hors de question que je perde ! pensèrent de concert Eva et James dont les traits se froncèrent, une flamme de détermination nouvelle dans leurs yeux les poussant à redoubler d'allure.

« VAS-Y, POTTER !

— PLUS VITE, JAMES !

— NE LE LAISSE PAS GAGNER PUTAIN !

— POUFSOUFFLE, POUFSOUFFLE, POUFSOUFFLE, POUFSOUFFLE !

— GRYFFONDOR, GRYFFONDOR, GRYFFONDOR, GRYFFONDOR ! »

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1969

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« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, Euphémia. Fréquenter des moldus et pratiquer un sport aussi peu féminin ? J'ai peur que cela la mène vers la mauvaise voie.

Oh voyons, Mary. Tu l'as vu courir ? Elle pourrait bientôt battre les garçons de son groupe.

Je sais. C'est bien ça le problème.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Tu sais tout comme moi qu'il ne faut pas aspirer à des rêves de grandeur.

Elle a huit ans.

Et si on me l'avait appris assez tôt, je n'aurais pas commis la pire erreur de ma vie à seize ans. »

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1976

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« Tu fais moins la maline maintenant que tu es sans tes copains. Pauvre petite bâtarde qui a besoin de se rassurer en traînant avec toute la vermine du château. Tu croyais vraiment que tu allais réussir à m'échapper ? Je sais où tu te caches. Chaque seconde de chaque journée. Alors arrête de courir. J'ai gagné la chasse depuis bien longtemps. »

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Un cri rageur se fit entendre, rendant inaudible l'éclat de rire essoufflé d'Eva.

Tout doucement, la Poufsouffle ralentit et, alors qu'elle se retournait pour se vanter de sa victoire, elle n'eut le temps que de voir une masse sauter sur elle, qu'elle se retrouvait à terre avec un glapissement de surprise.

« J'arrive pas à croire que j'ai perdu ! s'écria James à la figure d'Eva, presque assise sur elle pour la secouer par les épaules.

— J-James ! Lâ-âche-mo-ii, tenta de dire Eva.

— T'as triché, c'est pas possible ! Tu as foutu un sort d'allègement sur tes chaussures, c'est ça, hein ? lui demanda James en plissant ses yeux d'un air suspicieux.

— Quoi ? rigola Eva avec incrédulité. Arrête tes bêtises ! »

Mais James ne l'écoutait plus. Ni une ni deux, il se redressa pour attraper le pied d'Eva et commença à essayer de lui retirer sa chaussure. Avec un cri de protestation, Eva se redressa elle aussi pour attraper sa chaussure de ses deux mains pour empêcher James de la lui retirer.

« Arrête de faire ton mauvais perdant ! Il n'y aucun sortilège d'allégement qui vaille. T'as juste grossi pendant l'été, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?! » grogna Eva, le visage entre ses genoux, alors qu'elle et James procédaient à un duel de force.

Profitant d'être assise tandis que James était à genoux, Eva enfonça son pied libre dans le ventre de celui-ci.

« Raconte pas de conneries, c'est toi qui as pris du cul, haleta James et Eva ne fit qu'enfoncer encore plus son pied dans son ventre pour se venger.

— Et tu crois que c'est quoi sous mon pied ? Je crois bien que c'est ton gras du ventre.

— Pff, comme si. »

Et après lui avoir décroché un sourire moqueur, James tira encore plus fort et voilà, la chaussure d'Eva auquel des brins d'herbe s'étaient accrochés à la semelle était dans ses mains.

« AHA ! » lui fit-il d'un air triomphant brandissant en l'air la chaussure qui paraissait bien pitoyable pour autant de bagarre.

Oh, il allait le payer

« Rends-moi ça James.

— Pourquoi est-ce que je devrais t'écouter ? »

Ah le retour de son sourire malicieux insupportable.

« Parce que —

— Je sais pas pourquoi tu joues l'arrogant, James, le coupa un nouveau venu. Tu as peut-être oublié mais c'est toi qui es censé te dévêtir, ajouta Rémus.

— Pas besoin d'être aussi poli, Lunard. James, baisse ton froc. Une promesse est une promesse, dit Sirius avec un rictus narquois, faisant pouffer de rire Peter qui complétait le quator du groupe des Maraudeurs.

— Ouais, James, montre-nous ton slip avec des vifs d'or, on attend que ça, ajouta Peter après avoir contrôlé son amusement.

— Je n'ai pas de slip avec des vifs d'or, putain ! » s'écria James avec indignation, laissant deviner à Eva que ce n'était pas la première fois que ce fameux slip était mentionné.

Connaissant James, Eva ne serait pas surprise qu'il ait réellement un slip avec des dessins de vifs d'or. C'était James. Sa première peluche était un vif d'or géant. Pour ne pas mentionner le vif d'or qu'il avait pris l'habitude de jouer avec à n'importe quelle heure de la journée dans le château bien qu'il ne soit même pas un Attrapeur.

« Félicitations, Eva. Ça faisait un moment que James avait besoin qu'on le ramène sur terre. »

Eva leva ses yeux vers Remus qui lui souriait d'un air relaxé (tellement différent de la veille où il paraissait prêt à tuer quiconque osait lui adresser la parole) tandis qu'à côté d'elle James se défendait contre Sirius et Peter qui ne décrochaient pas du sujet des sous-vêtements de James.

Les pattes d'oie autour des yeux d'Eva s'approfondirent alors qu'elle lançait un sourire heureux à Remus.

Elle avait l'impression que le commentaire du Gryffondor avait soulevé un poids dont elle ne soupçonnait même pas l'existence de sa poitrine. Un peu comme si Remus venait de lui pardonner tous ses mois passés à éviter James comme la peste. C'était ridicule car Remus ne devait pas avoir ça comme intention mais Eva avait tout de même chaud au cœur.

Décidément, Remus rendrait quelqu'un très heureux un de ces jours.

« Heureuse d'avoir été là pour le faire. »

Remus lui fit un sourire étendu puis il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.

« Je crois que ta victoire n'a fait que ranimer l'esprit de compétition. Deux victoires d'affilée par les Poufsouffles c'est un peu dur à avaler pour nous, grimaça Remus.

— Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Eva, étirant son cou pour tenter de voir par-dessus la tête de James.

— Je crois bien qu'ils parlaient d'un match de quidditch pour régler les choses.

— Tu n'as pas peur que ça dérape en bagarre générale ? »

Remus laissa échapper un petit rire sarcastique.

« Avec Meredith Ravencrest qui les surveille ? Aucune chance. »

Il n'avait pas tort. Mais l'explication de Remus expliquait que personne ne soit venue en hurlant la féliciter de sa victoire. Loin d'être égocentrique, Eva connaissait plutôt très bien ses camarades de Poufsouffle pour savoir que dès qu'une chose positive se passait, c'était l'ensemble des blaireaux qui venaient fêter ça à grand coup de contact physique.

Remus se retourna vers James, coupant court sans aucun scrupule à la dispute amicale d'à côté :

(Vraisemblablement, Remus avait l'habitude de s'interposer dans les disputes de ses amis.)

« Bon, James. C'est quand que tu décides à honorer les termes du pari ?

— Comment vous êtes au courant du pari d'ailleurs ? grommela James d'un air mécontent. C'est toi qui as cafté, Patmol ? ajouta-t-il en direction de Sirius en lançant un regard suspicieux à ce dernier.

— Tu croyais vraiment qu'il n'allait pas nous le dire ? rétorqua Peter, donnant toujours l'impression d'être à deux doigts de rigoler, la rougeur de ses pommettes renforçant encore plus la bonne humeur qu'il exsudait.

— Ca aurait été plus étonnant qu'il ne nous le dise pas, ajouta Remus avec un amusement plus contenu. De toute façon, Steve McAvoy n'a pas tardé à le raconter à tout le monde.

Ce sale rat, siffla James entre ses dents.

— Hé ! protesta Peter.

— Désolé, s'excusa de suite James avec une grimace à la grande confusion d'Eva qui ne comprenait pas en quoi traiter quelqu'un de rat était malpoli. Mais franchement ce McAvoy c'est une vraie commère. Encore pire que Rita Skeeter ce mec.

— Je trouve que tu parles beaucoup pour un mec qui aurait dû se déshabiller il y a cinq minutes déjà, commenta Sirius.

— Je savais pas que tu étais aussi impatient que ça de me voir en slip, » rétorqua James avec un sourire moqueur.

Un sourire paresseux se dessina sur les lèvres de Sirius.

« Je suis juste impatient que tout le monde puisse profiter du spectacle que j'ai l'honneur de voir tous les soirs.

— Peut-être que ça lui fera enfin comprendre que l'on n'a pas besoin de voir des horreurs tous les soirs, » ricana Peter, arrachant un esclaffement à Sirius et un sourire amusé à Remus.

Le rire de Sirius se révéla aussi communicateur que d'habitude car il déclencha un petit rire chez Eva.

« Hé ! J'te permets pas ! s'insurgea James.

— Allez Cornedrue. Déshabille-toi.

— Je vous déteste tous, » ronchonna James, se remettant tout de même à ses pieds.

James laissa tomber la chaussure oubliée sur les genoux d'Eva puis procéda à un strip-tease inattendu.

« Mais qu'est-ce que tu fais ?! s'écria Eva en ouvrant grand les yeux d'incompréhension quand James attrapa le dos de son maillot de Quidditch pour le retirer, offrant à tous la vue de son torse nue.

— Je me déshabille, qu'est-ce que tu crois ? lui répondit James en lui lançant un regard qui laissait bien comprendre qu'il la prenait pour une idiote.

— Mais personne n'a dit que tu avais besoin de te mettre torse nue ! objecta Eva alors que James se mettait à cloche-pied pour retirer ses chaussures.

— J'ai chaud.

— Mais j'ai pas besoin de voir ça ! s'étouffa Eva avant de décider de se cacher les yeux des mains.

— Quel exhibitionniste, » commenta platement Sirius.

James lui jeta sa chaussure à la figure. Sirius évita le projectile de justesse en se baissant.

« Il ne connaît pas la pudicité, dit Remus.

— Pudicité ? C'est un mot ça ? s'interrogea tout bas Peter.

— Lunard ressent juste le besoin de prouver sa culture générale. Tu peux dire pudeur comme le reste du monde, Queudver, » le rassura Sirius.

Eva écarta ses doigts et regarda à travers eux ce que James faisait. Maintenant déchaussé, il s'apprêtait à retirer son pantalon moulant de Quidditch.

« Mais tu le fais vraiment en plus ! s'insurgea-t-elle, n'en revenant pas qu'un adolescent puisse être sans gêne à ce point.

— Autant montrer mes atouts, lui dit James avec un sourire arrogant avant de s'ébouriffer les cheveux.

— Evans n'est pas là, lui rappela Sirius.

— Et il n'y a presque que des gars ici, ajouta Remus. A moins que tu sois intéressé par une des rares filles sur le terrain ? »

Eva sentit des yeux se poser sur elle. Elle releva les yeux et vit que Peter la pointait du doigt d'un air choqué.

« Bien sûr que non ! » s'indigna-t-elle, sa réaction dégoûtée faisant éclater de rire Peter.

Les trois garçons lancèrent un regard confus aux deux, n'ayant pas suivi leur échange. Remarquant le regard interrogateur de Sirius, Peter lui tapota l'épaule d'un air faussement contrit :

« Désolé, Patmol. Je voulais pas sous-entendre qu'une fille puisse se mettre entre toi et Cornedrue.

— Qu'est-ce que tu racontes ? demanda James avant que son regard ne se pose sur Eva dont l'expression faciale lui mit la puce à l'oreille. Attends. Moi et Eva ? T'es sérieux ?! » s'exclama James en se tournant vers Peter, une grimace de dégoût lui déformant les traits du visage.

Peter haussa les épaules.

« Pourquoi pas.

— Non mais ça va pas la tête ? Ça serait comme – comme…

— Comme ? répéta Remus.

— Comme sortir avec ma mère, » lâcha finalement James avec des grands yeux écarquillés.

Un lourd silence se fit. Un silence incrédule.

Sur le coup, Eva ne sut pas trop comment le prendre. Il la considérait comme sa mère ? Elle aurait compris s'il avait dit « comme sa sœur » mais sa mère ? Wtf James ?

« Ta mère ? répéta Peter d'un air perplexe. T'es sûr que c'est le bon exemple parce que je crois pas que—

— Fais attention à ce que tu dis, Peter, » le prévint Remus en haussant la voix pour couper son ami, peinant à contrôler son air alarmé pour que la Poufsouffle qui observait leur manège avec un air perdu ne se rende pas compte de la dangerosité de la tournure de la conversation.

Peter lança un regard confus à Rémus :

« Hein ? Bah j'veux dire que moi je n'ai jamais essayé de voir ma mère sous la d— »

Plus surprenant encore, ce fut Sirius cette fois-ci qui empêcha Peter de terminer sa phrase en lui plaquant sa main sur la bouche. Un peu violemment tout de même. Tout le monde entendit le bruit semblable à une claque.

« Mmmff, s'exclama Peter derrière la main de Sirius qui s'était rapproché du blond pour entourer les épaules de celui-ci de son bras pour raffermir sa prise sur sa bouche.

— Même moi je suis pas assez con pour sortir ça, chuchota Sirius à l'oreille de Peter, trop bas pour qu'une personne qui n'était pas un animagus n'entende. Rattrape le coup maintenant. »

Sirius relâcha Peter. Son expression stoïque ne laissant rien deviner. Il était particulièrement conscient du regard d'Eva qui alternait entre lui et Peter, l'air de réfléchir très fort à ce qui était en train de se passer.

Peter se redressa. Son teint pâle laissant de suite entrevoir son rougissement violent. Il se dandina sur ses pieds.

« Euh, ouais bon, voilà quoi. T'as pas un tour de terrain à faire, Cornedrue ? » demanda Peter à la limite du bégaiement tellement sa langue était lourde dans sa bouche sous le coup de l'embarras.

Il n'avait jamais été bon à l'improvisation. James, Sirius et Remus se chargeaient toujours de régler les choses en temps habituel.

« Hum, ouais, » répondit James, se sentant lui aussi décontenancé après sa presque crise cardiaque.

Heureusement que Sirius avait coupé Peter. Il n'osait même pas imaginer ce qu'il se serait passé si Peter avait terminé sa phrase.

« Un tour de terrain et c'est bon ? C'est bien ça Eva ? » demanda-t-il en tournant à peine la tête en direction de la Poufsouffle.

Il n'osait même pas la regarder.

« Euh oui, un tour. Mais il s'est passé quoi là ?

— Oh tu connais Peter, il sait plus ce qu'il dit par moment, répondit James d'un air faussement décontracté. Bon, moi je vais le faire ce tour ! »

Et sur ces mots, James déguerpit en vitesse, vêtu que de son caleçon d'un noir plutôt décevant.

« Vous allez me répondre vous ? retenta Eva en plissant ses yeux en direction des trois Gryffondors qui prenaient tous bien soin d'éviter son regard. Peter ? »

Peter toussota, se forçant très clairement à le faire. Il était un horrible menteur.

« Oh Merlin…, soupira Eva en levant les yeux au ciel. Vous êtes pas possibles, s'exaspéra-t-elle en se rechaussant. Quelqu'un veut bien m'aider à me relever au moins ? »

Ce fut Remus qui lui tendit sa main, un sourire penaud aux lèvres. Eva secoua sa tête avec exaspération.

« 5 GALLONS SI TU TE METS A POIL, POTTER ! »

Oh, Akash…

titre : courez les blaireaux !
nombre de mots : 10 800

oui, bonjour, c'est moi, 5 mois plus tard, haha. En fait, je viens de voir que j'avais terminé ce chapitre depuis le 21 mai mais vu que je bloquais sur le suivant je ne voulais rien publier de plus. J'ai aussi corrigé les chapitres précédents d'ailleurs (et quand on se relit, on se dit vraiment que tout est nul, haha, c'est fou).

Merci à mes deux guests, à faustine lupin, ewi, baccarat v, astr33 et miss loloto pour vos reviews. Ca fait toujours plaisir d'avoir des retours ;) J'espère que ce chapitre était agréable à lire ! Et, encore une fois, n'hésitez pas à laissez des commentaires, c'est ça qui donne de la motivation !

Next time : L'entrée sur scène de Poud'news ! Des mecs BG ! Et un bond en avant dans l'intrigue !