Chapitre 16: Situation imprévue


Hermione Granger était assez contente au final de pouvoir assister Minerva McGonagall et ce pour plusieurs raisons. La première étant bien évidemment que cela lui permettait de veiller sur la santé du professeur qui devait désormais connaître l'esclavage. La seconde était plus personnelle et lui rappelait tout ces moments passés à la ferme avec les enfants.

Elle était actuellement en classe de métamorphose, aidant le professeur malgré les difficultés d'enseigner sans baguette. Les élèves qui n'étaient que des premières années n'arboraient aucun signe de maison, juste le symbole de Voldemort sur la poitrine là où devait se trouver l'écusson de maisonnée. Psychologiquement, se retrouver dans cette classe avait été dur la première fois, elle voyait ses amis Ron et Harry sur leur banc, essayant en vain de métamorphoser les objets et au final, dans son cagibi, elle en avait pleuré toute la nuit.

Hermione déambulait dans la classe observant les élèves qui tentaient de métamorphoser des souris en tabatière comme elle à l'époque en prévision de l'examen de première année.

- Mademoiselle, fit un des élèves.

- Oui?

- Vous auriez un conseil car j'arrive pas à faire une tabatière carrée.

Hermione s'approcha de cet élève si poli, étrangement ils l'étaient tous, malgré son statut d'esclave. Ils appelaient McGonagall professeur et elle Mademoiselle depuis le début et être à nouveau un être humain faisait un bien fou à Hermione.

- Le but c'est de visualiser totalement ta tabatière. Regarde...

Elle saisit alors la plume de l'enfant pour dessiner la forme de tabatière sur le parchemin. La première fois, elle avait fait l'erreur de prendre la baguette et avait du subir un coup du mangemort qui les surveillait. Depuis elle était plus attentive à ses mouvements.

- Merci Mademoiselle Granger, fit il en passant discrètement une barre chocolatée sur son siège.

Hermione avait découvert que la plupart des élèves, même si ils étaient sang-purs, venaient de famille qui s'étaient simplement pliées au régime par peur et parfois ils glissaient des choses, souvent des confiseries, pour elle et le professeur. Bien sûr il y avait également des élèves dont les familles obéissaient aussi par conviction mais ceux là restaient au moins poli. Elle échangeait beaucoup de regards avec Minerva McGonagall qui avaient également quelques complications à expliquer un cours sans user de baguette pour l'exemple.

- La mienne a toujours des moustaches.

- On lève la main, fit Minerva McGonagall.

- Pardon.

- Je viens, fit Hermione.

Elle vit la tabatière très moche qu'avait produite l'enfant.

" Les moustaches ne sont pas le seul problème si tu veux mon avis..."

- C'est plus compliqué, mais c'est lié à la métamorphose.

- Je fais quoi?

- Il faut que tu arrives...

- Tu dois oublier que c'est un être vivant, fit une voix dans le fond de la classe.

Hermione se retourna au moment même où tous les élèves se levèrent. Desmond Lestrange était entré discrètement dans la classe, comme souvent, pour surveiller les deux prisonnières et en réalité pour vérifier que celles-ci ne tentaient nullement de retourner les têtes des élèves. Hermione le savait car elle lui avait posé la question.

- Bonjour Capitaine Lestrange, firent les élèves en chœur.

- Bonjour.

Comme souvent, il allait passer entre les tables pour vérifier qu'elle et Minerva McGonagall ne cachaient rien.

- Le travail se passe bien Professeur ? demanda Lestrange.

" Je comprends pas pourquoi il l'appelle toujours professeur... à croire qu'il a une forme de respect... Ou alors c'est pour les enfants, moi il ne me nomme pas esclave non plus et il n'agit pas violemment devant eux."

Hermione se disait surtout que c'était pour donner une image de supériorité du régime.

- Très bien, les élèves sont compétents et assidus.

- Je vois...

Hermione le vit s'approcher de la cage où se trouvaient les rats et il en saisit un sans grande douceur. Il s'approcha alors de l'élève.

- Ton prénom?

- Andrew Capitaine, fit l'enfant avec méfiance et une certaine terreur dans la voix.

- Tu dois oublier que ceci est un être vivant, ce n'est qu'un nuisible comme ce qui rode dans le château. Il y a des rats bien plus gros cachés ici.

" Il est toujours convaincu que nous avons un informateur à raison... Mais il leur fait peur."

Hermione le vit serrer le rat qui se défendit en le mordant jusqu'au sang. Lestrange ne réagit pas et d'un simple mouvement de baguette, il transforma le rat en une tabatière argentée arborant un crâne ouvragé dans un style néo-gothique évident et effrayant.

" Son goût artistique est assez spécial mais la tabatière est parfaite."

- Cela a l'air facile Capitaine, mais je n'y arrive pas...

- C'est parce que la méthode est douce.

- Qu'entendez vous par douce ? demanda McGonagall.

- Un coup de fouet par échec pousse à l'efficacité.

Lestrange venait de jeter un froid dans la classe, ses méthodes d'éducation seraient violentes si il était professeur. Elle le vit alors l'observer et toucher la tunique d'esclave qu'elle portait.

" Je sais... elle est sale mais je n'en ai qu'une alors... je peux pas vraiment la laver."

Hermione connaissait son aspect physique actuel, sale et les pieds meurtris à force de marcher pieds nus mais désormais grâce à la corne, elle ne ressentait au moins plus le froid.

- Tu n'es pas présentable, fit il tout bas.

- Ai-je le choix?

- Nous allons y remédier.

" Ça veut dire quoi ça ? Qu'il va me le faire payer?"

Elle le vit alors observer les transformations des élèves.

- Ils semblent faire des progrès. Nous avons bien fait de vous embaucher.

- C'est comme ça que vous dîtes ? fit Minerva McGonagall.

- Une façon de voir les choses.

Elle le vit alors approcher de l'élève qui avait placé le chocolat sur son banc et elle vit son regard. Elle s'approcha alors de lui et lui parla tout bas.

- Lestrange, ce n'est qu'une confiserie, ne faites pas de mal à cet enfant.

- Cela commence par une confiserie, cela s'enchaîne avec une information pour finir par te laisser prendre sa baguette.

- Lestrange, c'est un enfant. Il ne se rend pas compte.

- Il devrait.

- Ne leur faites pas subir la cruauté que vous avez subie.

- Tu me donnes des ordres ?

- Non... je vous le demande comme une faveur. Ne faites rien à cet enfant.

Il sembla ignorer alors la fameuse confiserie et continua sa ronde.

- Placez sur vos tables vos documents d'ascendance.

Les élèves comme l'avait appris Hermione, devaient avoir constamment sur eux leurs documents prouvant qu'ils étaient sorciers sur au moins trois générations. Cela lui rappelait les heures sombres de l'humanité et même si elle ne connaissait par encore les prénoms des élèves, étant leur enseignante depuis peu, elle plaignait chacun d'entre eux. Elle le vit alors saisir au hasard certains papiers.

- Sept générations... Un vrai sorcier.

- Merci Capitaine, fit le petit garçon à défaut de savoir quoi répondre.

Elle le vit prendre le document d'une petite fille.

- Trois générations à peine.

- Oui... Monsieur...

- Une vérification pourrait s'imposer.

- Il n'y pas d'erreur Monsieur.

" Espèce de monstre... même sur eux tu joues de la peur."

Elle le vit s'approcher du fond de classe regardant quel élève il allait choisir et il prit les documents d'une petite fille complètement effrayée.

- Tu caches quelque chose ?

- Non Monsieur... je vous le jure.

- Voyons...

Étrangement, Hermione le vit marquer un temps d'arrêt presque infime. Avant de reposer les documents et se diriger vers la porte.

- J'aurai du travail pour toi tout à l'heure, lui dit il.

- J'assure toujours mes parts de travail.

- Bonne continuation chers élèves.

Il sortit alors de la classe et elle s'approcha immédiatement de la petite fille effrayée.

- N'aie pas peur.

- Le... Dullahan...

- Oui?

- Ils ont exécuté un de mes oncles... et ses enfants.

" Pauvre enfant..."

- Ma tante était moldue...

" Les monstres..."

Hermione osa alors passer sa main dans le dos de l'élève pour la rassurer.

- N'ayez crainte, fit Minerva McGonagall. Il ne fera pas de mal à des enfants.

Hermione n'en était pas totalement convaincue mais calmer la petite fut plus compliqué. Quand celle-ci se ressaisit enfin, le cours finissait.

- Allez n'y pense plus.

- Merci Mademoiselle... bonne journée.

- À toi aussi... euh...

" Zut je ne sais pas son prénom..."

- Lisanna, au revoir, fit la petite en partant.

Hermione regarda alors la porte surprise.

" Lisanna? Voilà la source de son mal-être instantané... Ça le marque bien plus qu'il ne veut l'avouer."

- Hermione ?

- Oui professeur.

- Vous devriez décourager les enfants.

- Pardon?

- De vous faire des cadeaux. Je sais que c'est touchant au vu de notre condition mais cela pourrait leur poser problème.

- Je sais professeur...

- Un problème ?

- Ça ne vous fait pas quelque chose d'être de retour en classe.

- Si surtout au vu des conditions.

Hermione vit le professeur regarder un endroit bien particulier dans la classe. Elle comprit qu'elle revoyait une scène ayant eu lieu des années auparavant. Elle aussi se voyait aux côtés de Ron et Harry.

- Dès le premier cours.

- Pardon ?

- Dès le premier cours j'ai vu votre talent, vous aviez presque réussi à changer cette allumette en aiguille.

- Cela remonte à si loin.

- Trop loin. J'espère un jour revoir cette école comme elle l'était.

- Je l'espère également.

- Nous aurons alors besoin de professeurs.

- Si c'est une offre d'emploi, ça me touche énormément mais...

- Mais?

- Professeur... quand tout sera fini et si nous réussissons à ramener la paix...

- Oui.

- Je quitterai le monde magique.

- Vous êtes sérieuse ?

- Totalement... je resterai chez les moldus.

- Pourquoi donc?

- Je ne pourrai oublier tout ce qui a eu lieu. Et surtout je ne pourrai pas être hissée en héroïne. Pas avec tout ceux qui nous ont quittés.

- Cela se comprend. Cela sera une perte pour notre monde malgré tout.

- Merci professeur.

- Mais je vous reverrai un jour je pense quand même.

- Je resterai en contact avec vous.

- Je parlais d'avenir Hermione.

- D'avenir ?

- Une génération suivante... Vous êtes une sorcière et avec certitude, vos enfants le seront.

- Sans doute...

- Ne traînez pas trop... le Capitaine n'a pas l'air d'avoir apprécié votre remontrance.

Hermione se dirigea alors vers le bureau.


Hermione passa devant Goyle et arriva dans le bureau où semblait l'attendre Lestrange.

- Désolée du retard, je rangeais la classe...

- J'ai mis des choses à ta disposition. Dépêche toi.

" Je me demande de quoi il parle."

Hermione passa alors devant le bureau de Lestrange et se dirigea vers son cagibi et elle découvrit sur sa couverture, les fameuses choses mises à sa disposition. Il y avait là une serviette, un bloc de savon et surtout une tunique neuve.

" Il a remédié..."

- Lestrange... ai-je le droit de me doucher?

- Je t'ai dit de te dépêcher.

Hermione saisit alors le tout et se dirigea immédiatement vers la salle de bain dont elle ne pouvait pas souvent faire usage, la plupart du temps, elle n'avait le droit qu'à une bassine d'eau froide. Elle alluma la douche et se déshabilla devant le miroir découvrant son corps. Elle était amaigrie, on pouvait même discerner ses côtes, les nombreuses marques de blessures étaient également visible. Elle regarda son visage de plus près et elle se rendit compte qu'elle était affreuse. Ses cheveux étaient en bataille, ce qui ne changeait pas réellement mais ils étaient plus noirs que châtains à cause de la crasse. Elle avait une cicatrice sur la joue, une trace sur le nez, une dent manquante. Il fallait reconnaître que lorsqu'elle avait subi les tortures physiques, il y était allé franchement. Elle prit le savon et se jetta presque sous le jet d'eau chaude. Et elle en profita. Elle se frotta très nerveusement, découvrant à quel point l'eau qui ruisselait dans le bac de la douche pouvaient être brunâtre voir noirâtre.

" Y avait vraiment une sacrée couche... pourquoi il m'autorise ça ? Pour les élèves ? Sans doute..."

Elle en profita pour tenter de nettoyer intégralement ses cheveux et c'était un travail de titan mais elle fit au plus vite. Sortant de la douche, elle s'essuya se rendant compte qu'elle avait l'air un peu plus humaine. Elle remarqua une odeur qui la fit sourire, l'odeur de la propreté, la sienne. Elle sortit alors de la salle de bain et tomba nez à nez avec Lestrange.

- Je t'avais dit de te dépêcher.

- J'ai fait au plus vite.

- Au moins c'est plus supportable.

" Supportable ? Est-ce censé être un compliment."

- Y avait une femme sous la crasse, je sais, fit elle.

- Je n'avais jamais pensé à ce genre de besoin.

Il repartit alors surprenant Hermione.

" Ce genre de besoin ? Que je veuille être intégralement propre? Bon... sur un champ de bataille, ce serait idiot..."

- Lestrange... merci quand même.

- Les élèves auront quelqu'un de présentable devant eux.

- Je n'ai pas choisi d'être esclave.

Hermione le vit s'allumer une cigarette et l'observer se consumer un peu comme à son habitude.

- Tu peux travailler maintenant.

" Si c'est dans sa stratégie, il faut qu'il apprenne la gentillesse parce-que là... c'est plutôt désobligeant."

Comme souvent, elle se dirigea vers son bureau et ramassa les parchemins qu'elle devraient recopier et saisit l'occasion qu'il était en train de lire pour laisser ses yeux parcourir rapidement les autres documents sur le bureau. Il y avait des informations sur leurs réserves, leurs opérations et elle vit un document plus intéressant, un listing des filles de la Fontaine de la vie dont les grossesses étaient avérées. Elle se dépêcha de déchiffrer l'écriture avant qu'il ne la remarque, les avortements allaient encore une fois reprendre même si cela devenait de plus en plus compliqué malgré l'aide de Mimi Geignarde. Et là, Hermione se figea en voyant le dernier nom de la liste.

" Non... Weasley... Ginny! Je vais tuer Zabini..."

Elle vérifia qu'il n'y avait pas Lovegood car Hermione n'avait pas envie de pratiquer un troisième avortement, son premier avaient été le premier d'Hermione, et deux mois plus tôt, juste après son retour du stade, elle avait dû recommencer. Luna en était devenu mutique à force de subir milles tourments. Hermione se mit à travailler, recopiant machinalement ce qui était écrit oubliant même d'observer Lestrange. Même Ginny avait été une victime. Elle allait clairement se venger. Zabini devait se tenir correctement.

- À quoi pense-tu? fit une voix à son oreille.

Hermione sursauta, Lestrange s'était approché d'elle avec une discrétion féline.

- Lestrange...

- Oui ?

- Non rien...

- Que cache-tu?

" Merde... il est legilimens, ça sert à rien de mentir. Mais je peux le leurrer".

- Je pensais à Lisanna.

- Quoi? fit il surpris.

- Vous avez réagi à cette petite fille qui portait le même prénom, vous ne la considérez pas comme une simple victime.

- Tu veux à nouveau cette conversation.

- C'était votre amie, n'est-ce pas ? Vous regrettez l'avoir tuée et c'est pour ça que je l'ai vu, un souvenir puissant.

- Qu'est-ce que cela change ?

- Tout... vous avez des regrets, vous pensez à elle comme quand vous m'avez posé la question sur Poudlard. Dans la classe, vous vous en êtes souvenu. Et cela vous travaille... et vous vous montrez gentil comme à chaque fois ensuite.

- Gentil?

- Oui, des vêtements propres...

- Tu appelles cela de la gentillesse ?

- Oui, vous aussi rêviez peut-être d'autres choses.

- Navré ce n'est pas le cas. J'écoutais juste ses histoires.

- Ses histoires ? Sur Poudlard ?

- Oui... j'y prêtais attention. Je devais bien être le seul à m'intéresser à l'histoire de ce château.

- Ha oui?

- Elle me harcelait avec son livre.

- Lequel ?

- Histoire de Poudlard... Ses fondateurs, son lac... ses serres. Elle ne parlait que de ça. "Je veux aller à Poudlard et tout voir, découvrir ses passages secrets et ce genre de chose."

- Elle n'était pas faite pour la guerre.

- Cela lui a coûté la vie.

- Lestrange... je me demande quelque chose sur vous.

- Quoi donc?

- Vous n'êtes pas obligé de me répondre.

- Je ne le suis pas... ce n'est pas moi l'esclave ici.

" J'espère qu'il va répondre..."

- Vous avez tué Lisanna pour la raison que vous m'avez annoncée ou parceque... vous ne vouliez pas qu'elle souffre, j'ai vu le coup... net et précis, qui ne fait pas souffrir.

- En quoi cela te regarde ?

- Répondez moi...

" Jouons un peu..."

-... j'ai besoin de savoir si vous avez quand même une part d'humanité en vous.

- Pourquoi ?

" Tiens il réagit... parfait."

- Je désire le savoir... ce n'est pas utile mais je veux juste savoir si vous pouvez agir avec bonté comme quand vous m'avez prise dans vos bras.

" Il a écarquillé les yeux... il va répondre..."

- Pour les deux raisons.

- Quoi?

- Un peu des deux. Elle était faible et inutile, et je ne voyais pas l'intérêt qu'elle souffre durant des heures.

- Merci de m'avoir répondu, fit Hermione en posant sa main sur le bras de Lestrange.

Elle le faisait souvent, il semblait toujours si peu à l'aise mais cela semblait le marquer un peu. Comme à cet instant, quand il retourna juste à son bureau, réfléchissant à la conversation.

" Si cet homme est une armure gigantesque pour les forces ennemies, Lisanna est la seule pointe de flèche qui puisse la percer."

Il arriva cependant quelque chose d'étrange, comparé à d'habitude qui impliquait qu'elle ne pouvait aller manger avec les autres si elle n'avait pas fini, il la laissa partir malgré tout. Tandis qu'Hermione descendait l'escalier elle réfléchit à la situation.

"Je crois que ça marche de plus en plus, il ne m'aidera pas à fuir c'est évident mais il hésitera avant de me tuer et une seconde d'hésitation peut tout changer... J'espère ne pas me tromper et j'espère que je pourrais la saisir cette occasion... Je me rends bien compte que j'ai pitié de lui..."


Hermione était installée dans la Grande Salle de Poudlard et attendait l'arrivée de Ginny qui arriva seule. Comme souvent, Luna ne montait que rarement. La plupart des filles, qui comme elle vivaient les nombreux sévices, finissaient par ne plus avoir goût à rien et Luna leur avait indiqué qu'elle allait les imiter pour faire croire aux mangemorts qu'elle était brisée. Ginny s'installa en face d'elle.

- Mione... tu es propre?

- Oui, je dois être avec les élèves alors Lestrange a eu l'idée que je devais me laver.

- Bizarre.

- Mais logique... Gin... il faudra qu'on trouve le temps pour que je m'occupe de toi.

- Pardon ?

- Pourquoi tu me l'as pas dit par Merlin? Je vais lui arracher les couilles à Zabini.

- Je te l'ai pas dit parce que j'avais honte !

- Tu n'as pas à avoir honte, ce sont des monstres et des porcs. Il a abusé de toi malgré sa promesse, je vais le tuer.

- Mione arrête...

- Quoi? Pourquoi ?

- Ne fait rien à Blaise.

" Blaise? Mais pourquoi ?"

- Gin... Il faut régler le problème, je vais m'en occuper, j'ai l'habitude maintenant.

- Non... je... veux le garder, fit Ginny tout bas.

- Je te demande pardon ?

- Oui...

- Tu veux le garder après ce qu'il t'a fait ?

- Il... ne m'a pas forcée.

- Hein?

" Elle hallucine ou quoi?"

- C'est pour ça que j'ai honte...

- Explique moi... je comprendrai mieux.

- La première fois, c'était le soir où tu as été jetée dans la forêt... j'étais malheureuse, j'avais peur... Il m'a consolée...

- Ginny...

- Je l'ai embrassé... et on l'a fait... Je... je regrette.

- Tu regrettes d'avoir couché avec lui?

- Oui et non... je regrette d'avoir oublié Harry et de l'oublier de plus en plus mais Blaise, il est pas comme les autres... on parle beaucoup, il me réconforte, il me parle de ses peurs et des horreurs auxquelles il assiste... il me dit ce qu'il entend sur ma famille par d'autres esclaves ou d'autres mangemorts.

- Ginny...

- Si tu savais comment je m'en veux d'avoir oublié Harry et... puis c'est l'ennemi à la base... je suis une traîtresse.

- Non, ne dis pas ça... la façon dont tu en parles... tu es simplement tombée amoureuse.

- Tu m'en veux?

- Non... ça peut arriver...

" J'avais mal jugé Blaise... Ginny et lui? Surprenant... mais après tout si il l'avait achetée c'était pour la protéger..."

- Et pour notre enfant ?

- Ça ne sera pas facile mais bon...

- Je pourrai le voir ici, tu sais... Je ne sais pas encore comment l'appeler mais si c'est un garçon j'aimerais l'appeler Ron... si Blaise veut.

- Tu songes déjà au prénom ? Gin...

" Je dois lui dire"

- J'ai eu un message de Shakespeare... il ou elle va nous libérer.

- C'est vrai? Et pour Blaise ?

- Il faudra qu'il se débrouille.

- D'accord... Ça ne te dérange pas alors?

- Non... c'est un peu le choc mais... je comprends.

- Tu veux dire... Lestrange ?

- Quoi?

- Toi et lui...

- Non! C'est pas ça.

- Mais...

- Mais je peux comprendre, je le prends un peu en pitié, j'ai appris des choses sur sa vie et le Dullahan a souffert autant que les esclaves avant de devenir ce qu'ils sont. Dès l'enfance on les a torturés...

- Et puis il te traite bien.

- Quoi?

- Ce n'est pas une critique mais ça se voit.

- Explique...

- Les seuls esclaves qui ont de quoi se changer se trouvent à la Fontaine... Les autres doivent laver leurs affaires pendant leurs heures de sommeil et les faire sécher avant le matin...

- Je n'ai rien demandé.

- Mais il le fait...

- Mais c'est sa stratégie !

- Peut-être.

- Comment ça peut-être ?

- Hermione... ton but et le sien sont identiques... vous risquez pas de vous rapprocher ?

- Je sais que c'est mon ennemi...

- T'as pas l'air convaincue.

- Tu sais... si tu ne me fais pas confiance, dis le.

- Mione c'est pas ça... mais je me vois avec Blaise et...

- Gin... ce type est un monstre... il m'a tabassée je ne sais combien de fois, il m'a brisé les doigts, il m'a jetée dans la forêt, il a assassiné Olivier devant moi... Il n'a fait qu'une chose de gentille pour moi. Une seule.

- Et laquelle ?

- Il a empêché des raffleurs de me violer, et oui, même si c'est que stratégique, je lui suis reconnaissante mais il reste mon ennemi, fit Hermione méchamment.

- Mione...

- Alors oui je le plains pour sa vie mais j'oublie pas où je suis. Je suis en sursis.

- Quoi?

- Il le sait et je le sais... Je n'ai plus beaucoup de temps. Quand Voldemort aura décidé d'en finir, je serai exécutée. Alors si je peux rendre Lestrange plus humain pour l'évasion et l'affaiblir, je le ferai mais je resterai moi même... Et je continuerai ma stratégie jusque l'échafaud si il le faut. Tu vois je connais ma place.

- Mione je voulais pas insinuer...

- Mais tu l'as fait. Oui je suis bien traitée et crois moi si je pouvais, je prendrai la place de n'importe quel esclave même Luna. Mais mon destin est tracé, soit je me soumets à Voldemort soit je suis exécutée. Même si ce monstre finit par s'attacher à moi, il ne pourra pas me sauver. Et de toute façon il ne le fera pas. Il ne vit que pour me tuer depuis sa jeunesse...

Hermione se leva alors et se prépara à remonter travailler quand Ginny l'interpella.

- Mione... s'il-te-plaît, je pensais pas que...

- C'est bien le problème... Je suis la seule à pouvoir tenter de faire entrer de la bonté dans ce monstre et je savais ce que les gens penseraient mais ma mission passe avant tout.

Et Hermione partit profondément vexée que son amie de toujours remettent en cause ses décisions mais se réjouissant malgré tout pour elle.

" Trois bébés dans la nouvelle génération Weasley, au moins si on réussit cette famille aura de quoi se reconstruire... elle."


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Réponses Reviews

pcam

Le duel est clairement lancé dans les deux sens, chacun se montrant bon par moment avec l'autre. Pour la libération, Shakespeare a déjà envisagé pas mal de choses qu'il/elle met en place depuis un moment.Minerva, je m'en veux moi même.Pour Shakespeare j'ai prévu en réalité deux chapîtres explicatifs: Comment et Pourquoi. Le premier expliquera toutes les actions de Shakespeare et le second, ses raisons, le tout en flashback. Bientôt en ligne... Très bientôt.

Lestrange-maria

Merci pour les compliments, et j'ai déjà posté le chapitre 1 de Slytherin. Mais j'avoue qu'il ne s'y passe pas énormément de choses (logique en soit).