Jour 16 : Dinde (mot de l'Enfer) + Arya x Joffrey (demandé par Deborah)

Contexte : modern UA

Note : le retour du "essayons de ne pas égorger Joff parce que c'est Noël et donc de ne pas le faire aussi cinglé que dans la série" (et en effet Lassa, j'aime pas Joff)

Merci à Starck29, Marina, Lassa, Anegelica, Black Angelis et LamangakaHP (x2) pour leurs reviews sur les précédents textes !


Arya Stark n'aimait pas beaucoup Joffrey Baratheon.

Bon, ok, elle le détestait complètement, et la réciproque était bien vraie. Le cerf l'accusait d'avoir lâché son chien sur lui par pur sadisme alors que c'était lui qui avait commencé à se moquer d'elle et de son ami Mycah. Et puis si l'on ajoutait à cela son attitude hautaine de petit connard qui lui donnait envie de le frapper à chaque fois qu'elle le voyait, sa propre personnalité explosive et (même si cela l'écorchait de devoir l'admettre) parfois insolente, l'on obtenait un cocktail dangereux qui tournait invariablement à une confrontation musclée entre les deux.

Confrontation qu'elle remportait généralement, bien que l'autre soutienne le contraire – il gagnait, et si ce n'était pas le cas, c'était parce que qu'elle avait triché. Bref, le genre de mauvaise foi mature qui l'énervait encore plus.

Quoi qu'il en soit, Arya détestait devoir supporter la présence de sa Némésis.

C'est pourquoi, lorsque son père lui annonça qu'ils allaient cette année passer le réveillon de Noël chez les Baratheon, Arya crut qu'elle allait s'étouffer de rage.

- Mais pourquoi ? Explosa-t-elle. Noël est une fête de famille ! On doit la passer avec les gens qu'on aime !

- Et nous aimons les Baratheon. Une famille ne s'arrête pas au sang et...

- Non ! Tu aimes Robert, mais c'est tout ! Ok Myrcella et Tommen sont mignons, mais on va devoir ce coltiner cette pétasse de Cersei et cet abruti de Joffrey et...

- Sur un autre ton, jeune fille ! La stoppa son père. Quel est donc ce langage ? Va donc dans ta chambre réfléchir sur cette très mauvaise attitude.

Arya s'exécuta en râlant et dans une réaction mature, claque la porte pour marquer son indignation.

oOoOo

La louve eut beau montrer cette dite indignation quinze jours durant, elle se retrouva tout de même le soir du 24 décembre, une dinde entre les mains, devant le pallier des Baratheon. La porte s'ouvrit sur la figure pachydermique de Robert qui s'empressa de donner une accolade enivrée à son meilleur ami. Derrière lui se trouvait Cersei dont le visage était feint d'un sourire hypocrite. À vrai dire, Arya ne savait dire qui des deux l'insupportait le plus – elle opta finalement pour le mari, puisque Cersei avait au moins le mérite d'être tout aussi contrariée qu'elle par cette réunion inter familiale. De toute manière apparu derrière elle sa progéniture, et tout son dégout se concentra sur une personne : Joffrey.

Mais qu'est-ce qu'il l'agaçait... Elle doutait d'arriver à se contenir bien longtemps mais se voulait essayer.

oOoOo

- C'est de ta faute !

- Pardon ? C'est toi qui a commencé !

- Non c'est toi !

- Mais ferme là un peu !

- Tu...

Joffrey ne termina pas sa phrase : Arya venait de lui donner un coup, qu'il s'empressa de répliquer.

- Tu vas encore me dire que c'est moi qui ai commencé, là ?

- J'ai commencé parce que tu as commencé tout à l'heure ! Tu as fait exprès de te moquer de Mycah !

- Et tu ne te dis pas que si tu fonces exprès dans cette provocation, c'est de ta faute et que tu ne sais pas te contrôler ?

- Mais... ta gueule en fait ! Hurla-t-elle.

- Et oh ! Ça va là-haut ! Tonna la voix de Ned avant que la porte ne s'ouvre brusquement sur sa figure d'un cramoisi dû à l'énervement. On vous a fait monter ici pour que vous vous parliez et que vous cessiez cette rivalité enfantine ! Il est grand temps de mûrir ! Arya, je suis extrêmement déçu et indigné par ton comportement. Et Joffrey, je le suis tout autant. Vous allez rentrer à l'université, et vous réglez encore vos problèmes par une bataille de nourriture ? Ce n'est plus possible. Alors vous allez rester dans cette chambre, sans vous battre ni criez, et vous en descendrez une fois que vous aurait parler où tout du moins calmés !

Et aussi brusquement qu'il avait surgit, Ned referma la porte, laissant derrière lui les deux adolescents. Ceux-ci restèrent de nombreuses minutes silencieux, tâchant d'ignorer du mieux possible la présence de l'autre. Mais la tâche était ardue... rien que la respiration du blond l'agaçait ! Sérieusement, qui respirait aussi fort ?

Elle finit par se lever, furieuse.

- Ce n'est pas possible ! Je ne peux pas rester une seconde de plus avec toi !

- Ton père a dit qu'il fallait descendre une fois calmé. Ce qui n'est manifestement pas le cas.

- Et alors ? Tu...

Ce fut à ce moment là que son monde bascula.

oOoOo

Il bascula d'une étrange manière, à vrai dire.

Par une simple coupure d'électricité.

Arya resta un moment interdite en se retrouvant dans un noir complet. Elle reprit toutefois rapidement ses esprits, et se mis à tâtonner pour trouver la porte. Mais alors qu'elle allait atteindre cette dernière, elle entendit quelque chose de surprenant : la respiration de Joffrey s'était emballée d'une drôle de manière. Et puis, avant qu'elle ne dise quoi que ce soit, elle entendit un sanglot.

- Jo... Joffrey ? Demanda-t-elle interdite. Ça va ?

- Oui. Fous moi la paix, répondit-il, des sanglots dans la voix tranchant avec son ton mordant.

- Ça n'a pas l'air d'aller si je peux me permettre, fit-elle remarquer.

Arya était complètement paniquée – qu'est-ce qu'on était censé faire quand son pire ennemi faisait une crise d'angoisse ? Même si une grande partie d'elle voulait juste sortir de cette chambre et le laisser gérer sa vie seul, cela ne serait que justice pour toutes les fois où il l'avait embêté, elle s'approcha tant bien que mal en direction des bruits.

- Ne t'inquiètes pas, c'est moi.

- Et puis, étrangement, elle se retrouva à le prendre dans ses bras pour le consoler. Le jeune homme tremblait à ses côtés.

- ça va aller, murmura-t-elle. Tout va bien.

- Je... je ne peux pas... respirer...

- Mais si, tu paniques simplement. Cale toi sur moi. Inspire... expire...

Elle répéta ce mantra une dizaine de fois, jusqu'à ce que la lumière revienne.

- Oh c'est revenu. Voilà... c'est... c'est fini, dit-elle maladroitement.

Elle tâchait de faire au mieux pour ignorer les traces de pleurs sur les joues de Joffrey.

- Avant que tu dises autre choses, oui, j'ai peur du noir. Mon parents étaient pas souvent à la maison petits, alors je... je restais souvent dans le noir, réveillé, à attendre qu'ils rentrent et...

- Tu n'as pas besoin de te justifier. Tu sais... on a chacun nos peurs.

- Vraiment ? J'ai pas l'impression que t'aies peur de quoi que ce soit. C'est sûrement pour ça que tu m'énerves autant.

- Crois moi, j'ai peur aussi. J'ai peur de ce que je vois, de ce que je fais, et de ce que je suis, mais le plus terrible c'est que j'ai peur de sortir de cette chambre et de ne plus jamais ressentir ce que je ressens.

Il y eu un instant de flottement avant que Joffrey ne demande :

- Est-ce que... est-ce que tu viens sérieusement de citer Dirty Dancing ?

- Est-ce que... tu viens sérieusement de relever le fait que j'ai cité Dirty Dancing ?

- Myrcella adore ce film, haussa des épaules Joffrey. Et puis Bébé est plutôt canon. Je ne pensais pas que toi par contre tu connaitrais...

- J'ai les mêmes arguments que toi. Si ce n'est que c'est Sansa qui le met toujours, et que c'est plus Johnny qui m'intéresse. Même si Bébé est pas mal non plus et que...

Là, Arya ne comprit pas très bien ce qui venait de se passer. En revanche, son corps réagit de suite : avant qu'elle ne puisse se contrôler, sa main donna une gifle à Joffrey.

- Non mais ça sortait d'où ce baiser ? S'exclama-t-elle.

- Euh je... balbutia l'autre en ce tenant la joue. Je sais pas. Juste, tu ne t'es pas moqué de moi pour le noir ou pour Dirty Dancing, et... et t'es assez jolie de base et...

- Et ?

- Je... je ne sais pas, c'est comme un réflexe !

- Un réflexe ? Tu embrasses des gens par réflexe ? Tu... oh et puis merde.

Lorsque Ned entra de nouveau dans la chambre pour voir comment les deux se comportaient, il s'attendait à beaucoup de choses, mais certainement pas à les voir s'embrasser.

oOoOo

Assise à l'arrière de la voiture, Arya était silencieuse. Elle savait que si ses parents ne l'avaient pas encore puni pour son comportement au repas, c'est parce qu'ils étaient encore sous le choc de la savoir avoir embrassé Joffrey. Malgré tout, elle ne se faisait aucune illusion sur les réprimandes qui allaient inévitablement suivre.

Mais elle imaginait que la soirée n'était pas entièrement gâchée – elle ne savait pas où ce baiser la mènerait, mais elle avait envie de le soir. Après tout, elle n'avait pas pensé à Dirty Dancing pour rien. Elle avait effectivement peur de ne jamais plus ressentir ce mélange de détestation, de compétition et satisfaction si elle devait ne plus jamais revoir Joffrey. Alors une punition valait peut-être bien le fait de s'en être rendu compte.

Et si ce n'était pas le cas, voir Cersei Lannister avec des morceaux de couscous dans les cheveux, victime collatérale de leur dispute, et bien... ça, ça compensait à coup sûr tout le reste.


Note de fin : Pour demain... si je change pas d'avis, on part normalement sur un couple canon de la série dont les deux personnages sont morts !