NDT : Cela fait bien longtemps dites donc ! On approche de la fin de cette affreuse année 2020 donc quoi de mieux pour fêter ça qu'un nouveau chapitre ?

L'un de vous m'a dit que si, Alanna the Lioness avait été traduit en français (assez récemment par rapport à la date de sortie de l'original) donc si ça vous intéresse de les lire, n'hésitez pas à aller voir (j'ai terminé le tome 1 depuis le temps et si j'ai eu du mal avec le début, la fin promet beaucoup de choses et était assez intéressante).

NDA : (Je sais, je sais, j'abuse du privilège des notes d'auteur, désolée.) Je voulais juste dire que bien que je ne le détaille pas, l'hygiène de Rigel n'est pas aussi mauvaise. C'est juste pénible dans une histoire de dire quand elle se lave et se brosse les dents et vous ne voulez pas lire ça non plus, non ? Donc partez du principe que cela a lieu à un moment magique de la journée à moins que je ne le précise.


Chapitre 9

Rigel se dit plus tard que, après sa première semaine d'école, elle n'aurait vraiment pas dû s'attendre à ce que le week-end soit différent mais elle se réveilla samedi avec un optimisme naïf. Elle se dit qu'elle allait s'y prendre tôt pour ses devoirs et ceux de Flint ce matin donc elle mit silencieusement ses chaussures et attrapa son sac, avec la lettre de Flint à l'intérieur, sur son trajet vers la porte. Elle suivit la route la plus rapide sur la Carte des Maraudeurs vers la bibliothèque et se rendit vers les rayons, sortant en même temps la lettre de Flint. Il n'y avait pas de salutation ou de réitération accablante de leur marché. C'était court et allait droit au but.

Pour lundi : 35 centimètres sur les propriétés de la plante Tentacula vénéneuse, y compris comment on la fait pousser et la récolte et un schéma légendé, dessiné à l'échelle, de ses caractéristiques importantes.

Pour mercredi : 25 centimètres sur les sortilèges de Transfert et comment ils ont des liens avec et sont comparables aux sortilèges d'Échange.

Également pour mercredi : 30 centimètres sur les rébellions de gobelins de la fin du seizième siècle dirigées par Urlag le Terrible.

Pour jeudi : un rouleau de parchemin sur les mérites et conséquences de l'utilisation de différents matériaux dans la concoction de potions qui affectent le système nerveux.

Rigel roula le parchemin et le rangea. Elle pouvait le faire. Elle pensait déjà à plusieurs arguments à faire pour l'essai de Potions et elle s'y connaissait suffisamment sur la Tentacula vénéneuse pour ne pas avoir à trop chercher pour l'essai de Botanique – bien que ses capacités de dessins étaient de zéro donc elle espérait que Professeure Chourave n'évaluait pas le talent artistique. L'essai d'Histoire, elle n'en savait rien du tout, pareil pour Sortilèges, donc elle se rendit vers ces deux sections d'abord.

Elle prit tout d'abord le Livre des sorts et enchantements, niveau cinq, ainsi qu'un livre appelé Charmes de l'échange équivalent qui semblait prometteur, et se rendit à une table non loin pour travailler tranquillement sur l'essai de Sortilèges. Cela demanda à Rigel quatre aller-retours supplémentaires aux étagères pour des livres plus spécifiques avant qu'elle ne pense avoir assez d'informations compilées pour faire une comparaison précise des sortilèges d'Échange et de Transfert mais quelques heures plus tard, elle avait vingt-cinq centimètres dont elle était plutôt fière donc elle partit à la recherche de textes pour l'Histoire.

Elle se heurta à des difficultés car la section d'Histoire était organisée par auteur, non par période (ce qui aurait fait plus de sens pour Rigel) donc elle n'avait aucune idée par où commencer au-delà de Histoire de la magie de Bathilda Tourdesac, qui contenait un bref synopsis de la rébellion, mais qui était plus une vue d'ensemble qu'une bonne source pour des informations détaillées sur quoi que ce soit. Rigel n'avait qu'une heure pour chercher avant qu'elle ne manque le déjeuner (et elle avait déjà sauté le petit-déjeuner de toute façon) donc elle remit les livres de Sortilèges à leurs places et alla demander de l'aide à la bibliothécaire.

Madame Pince était assise, raide comme un piquet, derrière son bureau décoré au centre de la bibliothèque, tamponnant des livres tendrement alors qu'elle les récupérait de la pile des retours, tandis que ses yeux ratissaient les rayons pour tout coup tordu. Elle avait un aspect de vautour, qui n'était pas dans sa posture de piquet, mais dans son air de sauvagerie sous-alimentée alors que ses fines mains osseuses attrapaient les couvertures de ses livres avec une sorte de faim désespérée.

« Excusez-moi… »

Rigel garda sa voix en un murmure qui ne gênerait pas la paix de la bibliothèque.

La femme âgée tourna ses yeux clairs et aiguisés.

« Quoi ? murmura-t-elle sévèrement.

– J'ai besoin d'informations sur une rébellion particulière de gobelin, dit doucement Rigel. Mais je ne sais pas de quel livre j'ai besoin ou par qui il a été écrit donc je me demandais si vous aviez une idée.

– Quelle rébellion ? demanda-t-elle impatiemment.

– La montée d'Urlag le Terrible pendant la…

– Fin du seizième siècle, claqua-t-elle. Oui, oui, côté nord du quatrième rayon à la gauche de cette section. Sixième étagère à partir du bas. Il y a trois textes, tous écrits par Wilheilma Pofkey, embossés d'argent sur le dos. Maintenant partez et soyez silencieux. »

Rigel cligna plusieurs fois des yeux mais se retourna docilement et fit son chemin jusqu'à la section d'histoire. Elle réfléchit au genre d'esprit capable de retenir de telles informations aussi exactes et sembla comprendre pourquoi Dumbledore n'avait pas remplacé la vieille dame par une âme plus agréable. Elle compta les rayons et trouva les livres que Pince avait recommandés. Ils semblaient correspondre exactement à ce dont elle avait besoin donc elle les emporta à sa table et commença à compiler les informations pour l'essai d'Histoire. Wilheilma Pofkey avait écrit trois livres sur le monde magique du seizième siècle un sur les politiques de ce temps, un sur l'économie et le commerce et un sur l'art et la culture. La rébellion d'Urlag était abordée dans chacun d'eux, en lumière de comment elle avait affecté chaque aspect de la période.

Rigel avait à peu près vingt centimètres d'écrits quand elle jeta un œil à la grande horloge à côté des portes de la Bibliothèque et réalisa qu'elle avait cinq minutes avant que le déjeuner ne commence. Elle roula son travail à contrecœur – il se trouvait que Urlag était un gobelin fascinant pour sa période et avait inventé plusieurs techniques révolutionnaires pour les guerres gobelines, la plupart poussant principalement leurs ennemis sorciers au désespoir en coupant leurs options de commerce jusqu'à ce qu'ils acceptent de renégocier les contrats des gobelins.

Rigel empila les trois livres du seizième siècle et les transporta jusqu'au bureau des emprunts pour qu'elle puisse finir l'essai dans sa chambre plus tard. Madame Pince la regarda aigrement mais prit les livres pour mettre à jour les registres d'emprunt.

« Nom ? demanda-t-elle d'un ton sec.

– Rigel Black. »

Madame Pince s'immobilisa, ses mains empoignant l'air convulsivement.

« Black ? s'étouffa-t-elle, se remettant à bouger et s'emparant des livres de Rigel avec une vitesse qui démentissait son âge. Pas de livres pour toi, espèce de… »

Elle lança un regard noir à Rigel, trop étonnée par la soudaine méchanceté qu'elle avait inconsciemment provoquée pour se défendre, et ses narines s'élargirent alors qu'elle exhalait violemment.

« Sirius Black a pratiquement brûlé ma section de Divination ! La plupart de ces livres sont des témoignages écrits à la main de voyants morts depuis longtemps… des sources de connaissances inestimables ! Non, aucun de ses fils n'est le bienvenu ici. Dehors ! Du balai ! »

Elle était en train de hurler à la fin de sa tirade et Rigel attirait les regards mauvais des étudiants essayant d'étudier donc elle abandonna les livres et se barra d'ici aussi vite qu'elle le put.

Il semblait, de plus en plus, que prétendre être le fils de Sirius était plus un poids qu'une aide.

Rigel ne ralentit pas avant qu'elle n'ait passé une série de peintures qui lui étaient inconnues et réalisa qu'elle n'avait pas prêté attention à où est-ce qu'elle allait. Elle se cacha dans les ombres derrière une armure et sortit la Carte, à peu près sûre qu'elle avait monté un escalier ou deux dans sa fuite de la monstrueuse bibliothécaire. Sans surprise, quand elle prononça son nom à voix haute, la Carte zooma sur le couloir le plus à l'est du cinquième étage.

Décidant que la meilleure chose à faire était d'aller déjeuner et régler la question de la Bibliothèque plus tard, Rigel remonta son sac à dos, le refermant quand elle se rendit compte qu'elle l'avait laissé ouvert – cela ne l'aurait pas fait que sa lettre de Flint tombe accidentellement, peu importe à quel point cela pouvait sembler innocent. Après avoir revérifié la Carte pour la route la plus rapide, Rigel se rendit vers l'escalier à la fin du couloir qui était fait en pierre qui s'effritaient et seulement assez large pour deux personnes mais qui donnait directement au troisième étage en zappant le quatrième étage complètement pour quelque raison que probablement seulement les Fondateurs pouvaient comprendre.

Rigel était à la moitié des escaliers et pensait avec envie à du riz au lait quand quelque chose de chaud transperça son mollet par derrière. Elle reconnut aussitôt la sensation du maléfice du Croche-Pied immédiatement c'était un des tours favoris qu'Archie lui jouait, et elle amena tout de suite ses mains au visage pour se protéger. Elle eut le temps de se dire qu'elle allait définitivement rater le déjeuner et alors elle tomba, son sac se balançant violemment devant elle et la tirant toujours plus hors de son équilibre, droit dans l'inconscience.

Quand elle se réveilla, ce fut sur une douleur aiguë à plusieurs endroits de son corps. Son cou endolori pouvait s'expliquer par l'angle inconfortable qu'il avait pris - à moitié écrasé contre le bas des escaliers qu'elle avait apparemment dévalés si les bleus qui coloraient ses membres étaient d'une quelconque indication. Sa langue semblait gonflée comme si elle l'avait mordue à un moment et elle crut au début que son dos était blessé à cause de la position étrange dans laquelle il était mais elle réalisa qu'elle était allongée sur son sac à dos. Elle espéra que ses essais n'étaient pas trop aplatis.

Elle appuya sa main droite contre les marches pour rouler sur ses genoux mais quand elle bougea sa main gauche elle laissa échapper un gémissement qui était pitoyable autant en volume qu'en la douleur qu'il exprimait. Après avoir précautionneusement manœuvré autour de cette main, elle réalisa que la bretelle de son sac s'était enroulée autour de son poignet quand elle était tombée et que la chute l'avait enchevêtré avec ses autres membres et l'avait serré fortement jusqu'à ce que son poignet se casse sous la pression. Elle palpa misérablement le membre cassé. Maudit Archie et son insistance pour avoir des bretelles incassables sur tous leurs sacs.

Rigel descendit jusqu'au bas des escaliers en faisant levier avec sa main droite et ses jambes, regrettant de ne pas connaître un sort pour détacher la bretelle de son poignet cassé. Si elle tentait de le faire manuellement, il n'y avait aucune garantie qu'elle ne s'évanouisse pas à nouveau à cause de la douleur. Elle décida qu'elle pouvait peut-être porter son sac de la main droite, gardant la bretelle supplémentaire libre jusqu'à ce qu'elle retourne quand sa chambre où elle pourrait trouver des ciseaux. Elle venait de vérifier que rien n'était tombé de son sac dans son vol impromptu quand des voix joyeuses arrivèrent du couloir d'en face. Elle s'arrangea aussi naturellement que possible et tenta discrètement de cacher sa main gauche avec ses robes alors que les voix devenaient plus fortes et que deux garçons approchaient. C'était Ron et Neville, de toute évidence de retour du déjeuner.

Ils s'arrêtèrent de surprise quand ils la virent assise sur le sol devant eux. Elle essaya d'agir comme si elle faisait ce genre de choses tous les jours mais sut que sa voix sonnait fatiguée et que ses vêtements et ses cheveux étaient en pagaille :

« Oh, salut Neville, salut Ron. »

Elle serra les dents en un mince sourire.

« Comment vous allez aujourd'hui ? »

Les deux Gryffondor lui lancèrent des regards sceptiques.

« Ça va, dit Ron. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

– Sur le sol en plus ? ajouta Neville.

– J'étais juste fatigué à déambuler partout et me suis dit que je prendrais un peu de repos sur ces escaliers. Je n'avais pas réalisé à quel point je manquais d'exercice avant de venir dans cette école. C'est clair que ce château ne pousse pas à la léthargie, hein ? dit-elle.

– Je sais, dit Neville en acquiesçant. Je regrette presque de ne pas être un Poufsouffle. Au moins ils n'ont pas à monter et descendre tous ces escaliers juste pour aller manger. »

Ron envoya un regard buté à Rigel qui disait qu'il n'allait pas avoir son attention détournée aussi facilement.

« Tu es un peu loin de ta salle commune pour te promener, pointa-t-il. Et tu n'as pas l'air fatigué, tu parais malade ou je ne sais quoi. Tu es plus pâle que d'habitude et tu n'arrêtes pas de serrer les dents et ton poing droit sur ton genou. »

Rigel cligna des yeux, n'ayant pas réalisé à quel point le plus jeune des Weasley était observateur. Elle supposa que cela venait du fait d'avoir tant de frères aînés auxquels il devait faire attention.

Les yeux de Neville s'écarquillèrent.

« Tu vas bien, Rigel ? Tu n'es pas blessé, non ? Tu peux nous le dire si tu l'es, il n'y a aucun Serpentard aux alentours pour le voir. »

Rigel trouva que Neville poussait le côté Serpentard un peu trop loin après tout, le choixpeau n'allait pas la replacer après l'avoir fait parce qu'elle arrêtait d'agir comme une Serpentard, mais elle fit appel à un autre sourire et dit :

« Ne t'inquiète pas trop, Neville. Et j'ai juste manqué le petit-déjeuner et le déjeuner, Ron, donc j'imagine que j'ai un peu faim.

– Eh bien ça explique pourquoi Malfoy zyeutait les portes de la Grande Salle pendant les deux repas d'aujourd'hui », dit Ron.

Rigel grimaça à l'idée de la leçon qu'elle allait recevoir plus tard.

« Mais cela n'explique pas pourquoi tu as manqué à l'appel toute la journée, que tes vêtements sont déchirés par endroits et que ton visage devient de plus en plus vert. Je dirais même que tu ressembles à quelqu'un qui vient de tomber d'une falaise… »

Il s'interrompit, ses yeux partant, à toute vitesse, d'elle aux escaliers derrière elle, à ses membres, trois qui semblaient normaux et un qui était caché à leur vue. Sa bouche se transforma en une ligne sombre.

« Ou d'une volée de marches en pierre. Montre-nous ton poignet gauche, Rigel.

– Oh non, gémit Neville comme si c'était lui qui avait dégringolé deux étages jusqu'en bas. Est-ce que tu as trébuché ?

– Ouais, en quelque sorte, dit-elle, plaçant ses robes fermement au-dessus de son poignet. Je suis vraiment ok par contre, donc vous pouvez juste retourner faire ce que vous… »

Ron s'avança d'un coup et attrapa son avant-bras avec une vitesse incroyable. Elle pensa qu'il ferait un bon gardien un jour quand sa portée serait plus longue mais alors qu'il arracha d'un coup sec sa main gauche de ses robes et que cela tira sur la bretelle qui y était emmêlée, ses pensées devinrent moins charitables. Un affreux cri déchira sa gorge et Ron lâcha son bras produisant lui-même un son étonné. Elle le colla à elle d'un geste protecteur, clignant des yeux contre une autre vague de larmes et Neville siffla avec sympathie. Elle examina son poignet. Il était toujours coincé par la bretelle du sac à dos et plié anormalement loin d'elle. Sa main était violette à cause du sang comprimé par la bretelle et elle déglutit fortement. Ce n'était vraiment pas beau à voir.

« C'est cassé, dit Ron. Neville, reste ici pendant que je vais chercher un professeur ou quelqu'un qui sait où est l'infirmerie. Je crois que c'est quelque part au premier étage mais cela prendra trop longtemps à essayer de chercher…

– Non ! haleta Rigel. Pas l'infirmerie. »

Ils la regardèrent comme si elle était folle.

« Je déteste les hôpitaux, dit-elle. Et les docteurs et les médi-sorciers et sorcières aussi.

– Mais on ne peut pas juste le laisser comme ça, dit Neville. Il d… doit être remis en place et guéri, pas vrai ? »

Ron réfléchissait dur, faisant les cent pas alors qu'il essayait de décider quoi faire.

« O.K., si tu ne veux pas chercher un professeur alors on va te ramener dans notre salle commune. Percy y est et c'est un préfet. Il saura quoi faire. Peut-être qu'il peut replacer l'os ou je ne sais pas quoi.

– D'accord », approuva Rigel.

La douleur commença à la submerger alors que son cerveau autorisait lentement ses nerfs à recevoir de nouveau les signaux de détresse. Pour faire simple, son choc s'estompait.

Neville l'aida à se relever sans perdre l'équilibre alors que Ron tenait son sac avec précaution, assez près pour éviter de tirer sur son poignet mais suffisamment loin pour éviter une éventuelle bousculade. Tous les trois remontèrent lentement les escaliers jusqu'au sixième étage et une autre volée d'escaliers, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant un portrait immense d'une femme en rose en surpoids. Elle savait que c'était l'entrée de la salle commune de Gryffondor bien qu'elle ne l'eût vue que sur la Carte.

« Flitterglibs(1) », articula Ron.

Le portrait pivota pour dévoiler un trou derrière lui suffisamment large pour le traverser. Ils s'y entassèrent tous avec précaution et Neville prit son sac des mains de Ron et la dirigea vers les meubles en face du feu tandis que Ron partit en courant chercher son frère.

Elle était assise sur un des doux canapés rouges depuis seulement une minute ou presque quand quelque chose qui sonnait comme une avalanche arriva en descendant un escalier non loin. À en juger par le nombre d'escaliers placés autour de la pièce, Rigel se dit qu'ils devaient mener aux dortoirs. Le fracas se trouva être Fred et George qui étaient en train de rire à gorge déployée alors qu'ils tiraient un Ron qui protestait derrière eux.

« Non, Fred, George, grogna Ron. Je dois chercher Percy, je n'ai pas le temps pour ça !

– Percy est occupé, dit George entre deux rires. Je t'assure que tu ne veux vraiment pas le voir maintenant, bébé frère.

– Non ! Gred ou Forge ou peu importe, lâchez-moi ! J'ai besoin de Percy maintenant…

– Allons, allons, mon petit Ronichou, dit Fred. Pour quoi aurais-tu bien besoin de Percy quand tu nous as ? Dis-nous tes soucis de petit première année et on te promet de ne pas beaucoup nous moquer de toi.

– À moins que tu ne le mérites vraiment vraiment, sourit George.

– À moins que vous puissiez guérir des os tout à coup, vous feriez mieux de mettre fin à ce que vous avez fait à Percy pour qu'il puisse m'aider », ordonna Ron, son visage s'enflammant comme ses cheveux alors qu'il soufflait colériquement.

Les jumeaux remirent à peu près aussitôt les pieds sur terre.

« Des os cassés, dis-tu ? Nous avons de l'expérience avec ça, n'est-ce pas Forge ? dit Fred.

– En effet, nous en avons, Gred, dit George. Cela dépend du type bien sûr. Quels os t'es-tu cassé, Ron ? »

Ses yeux examinèrent d'un œil critique la mince silhouette de Ron.

« Parce que tous les tiens ont l'air bien, à mon avis.

– C'est pas moi, dit Ron, fatigué. Un autre première année est tombé dans les escaliers et son poignet n'a pas bonne mine.

– Hm… les os du poignet sont épineux, dit George. Dis-lui d'aller à l'infirmerie.

– Il déteste les hôpitaux et les médi-sorciers, expliqua Ron. Vous ne pouvez pas faire quelque chose pour l'aider ? Ou je dois quand même aller chercher Percy ?

– Oh, on peut faire quelque chose, s'enthousiasma Fred. Cela fera un mal de chien par contre. »

Ron blanchit.

« Euh, laissez tomber alors, je vais juste… »

Il jeta un œil désespéré vers la cheminée où Neville regardait l'échange anxieusement et Rigel écoutait avec amusement. Les jumeaux suivirent son regard et éclatèrent en sourire surpris.

« Rigel ! cria Fred joyeusement, sautant vers là où elle était assise. Qu'est-ce que tu fais ici ?

– On ne t'attendait pas aussi tôt, petit serpent. »

Le sourire de George disparut en apercevant son poignet tenu précautionneusement.

« Oh, donc le première année cassé c'est toi ? On aurait dû s'en douter.

– Tu as en effet un talent pour tomber dans les escaliers, chiot. »

Fred examina la blessure puis secoua sa tête d'un air sombre.

« J'ai bien peur qu'il va falloir amputer ceci. »

Ron blanchit de nouveau et Neville chancela dangereusement sur ses pieds.

« Je rigole, dit Fred. En réalité, Fred et moi nous cassons les os tout le temps.

– Tu es Fred aujourd'hui, espèce d'étourdi, dit George en roulant affectueusement des yeux. Mais il a raison. On s'en casse beaucoup. On peut l'arranger pour toi si tu ne veux vraiment pas aller voir Madame Pomfresh mais il y a trop de petits os dans le poignet pour que je me risque à les réparer magiquement de moi-même. Je peux les remettre au bon endroit mais ils auront besoin de s'ajuster de quelques millimètres çà ou là durant la guérison.

– Ouaip. Ça devra se soigner de soi-même, ce qui devrait prendre, oh, sept semaines tu penses ? Fred regarda-t-il George.

– Plutôt cinq avec toute la magie ambiante dans ce lieu qui aidera, estima George. Mais on ne peut pas l'anesthésier avant que tout soit en place parce que le sort engourdissant qu'on connaît paralyse les muscles tout en en empêchant l'usage. »

Rigel acquiesça sèchement.

« Merci. Ça le fera. »

Les Jumeaux haussèrent les épaules en même temps. Ron regarda avec horreur alors que ses frères remontaient leurs manches de façon inquiétante et Neville détourna le regard, paraissant plus vert que Ron.

« Ne bouge pas », dit Fred, sortant sa baguette.

Il la pointa sur la bretelle et utilisa un sortilège de disparition pour la faire disparaître et laisser sa main pendouiller librement. Elle gémit doucement alors que le sang se précipitait librement dans son poignet à nouveau.

« Je sais, chiot », dit George d'un ton apaisant.

Rigel aurait voulu que sa mère soit là. Lily était la meilleure pour apaiser.

« Juste un peu plus longtemps. Tu vas sentir un petit pop à trois. Un… »

Il sortit un mot en latin et Rigel s'évanouit à nouveau quand elle sentit ses os grincer violemment l'un contre l'autre alors qu'ils revenaient à leur véritable place. Elle revint à elle quand une main bronzée la secoua alors qu'une autre conjurait un bandage rigide autour d'un poignet qu'elle ne pouvait plus sentir.

« Rigel, dit George. Tout va bien maintenant, Fred l'a anesthésié et bandé et il devrait rester engourdi jusqu'à ce que ton corps produise suffisamment d'endorphines de lui-même, mais tu dois manger un gros dîner et prendre soin à te positionner de façon à ce que tu ne roules pas dessus dans ton sommeil cette nuit, d'accord ? »

Si quiconque trouva que c'était amusant qu'une paire de Gryffondor de troisième année maternait un Serpentard de première année dans leur propre salle commune, personne ne rit.

« C'est toujours pas beau à voir, dit Neville, jetant un coup d'œil au bandage qui allait du pouce de Rigel à son coude.

– Meh, j'ai peut-être mis trop de bandage, dit Fred. Maman est meilleure à ça. Ce n'est vraiment pas si mauvais que ça, Neville. Rigel ne fera juste pas beaucoup de chose de la main gauche pendant un moment.

– Ce n'est pas avec cette main que je mélange ou hache, de toute façon, marmonna Rigel, se sentant lente et endormie alors que son corps lui injectait ses propres drogues naturelles.

– Comment tu vas expliquer ça ? demanda vivement Ron. Les gens vont vouloir savoir ce qui s'est passé et aussi pourquoi tu n'es pas allé voir Madame Pomfresh.

– J'aimerais bien savoir aussi, dit doucement George. La dernière fois que tu es tombé dans les escaliers, on s'est percuté de plein fouet dans le noir. »

Son plus jeune frère lui envoya un regard interrogatif que George ignora.

« Et tu ne me sembles pas être du type maladroit donc qui t'est rentré dedans cette fois ?

– Personne ne m'est rentré dedans, dit-elle honnêtement. J'ai trébuché.

– Qui t'a fait trébucher alors ? demanda Fred.

– Je… ne sais pas, soupira-t-elle. On m'a eu par derrière. Cela aurait pu être n'importe qui mais c'était au cinquième étage, côté est…

– Donc il y a des chances que ce soit un Gryffondor, dit Ron d'un air grave, regardant la salle commune autour de lui.

– Peut-être pas, dit Rigel. Cela serait très Serpentard de monter une attaque aussi loin que possible du repaire des serpents.

– Quoi qu'il en soit, quelqu'un veut faire du mal à notre nouveau jouet, dit Fred tristement. J'ai peur que quand on trouvera le coupable, on devra lui montrer de quel bois on se chauffe, Gred.

– Eh bien, bien sûr qu'on lui montrera, dit George, ses mots bon enfant contredisant ses yeux fermes. Ou mon nom n'est pas Forge. »

Après avoir remercié Fred, George, Ron et Neville pour leur aide et les faisant jurer de ne rien dire, Rigel retourna aux cachots avec son sac nouvellement réparé, cadeau de George. Elle avait refait son bandage pour qu'il soit plus court mais plus serré. Il était bandé autour de son poignet et de son pouce mais, aussi longtemps qu'elle laissait son bras pendre sur le côté ou qu'elle le gardait dans sa poche (ce qu'elle n'était pas censée faire, comme il devait être surélevé, mais aux grands maux les grands remèdes), les manches de ses robes devraient le cacher. D'aussi loin que Rigel était concernée, personne n'avait besoin d'être au courant pour sa blessure. Cela lui vaudrait seulement un tour à l'infirmerie et qui sait ce que Madame Pomfresh serait capable de comprendre avec son expérience de médi-sorcière ? Rigel ne pouvait pas risquer les chances que la Soigneuse reconnaisse une fille quand elle en voyait une, peu importe son déguisement.

Elle entra silencieusement dans la salle commune mais son travail de discrétion ne lui rapporta aucun fruit. Elle venait juste de fermer la porte quand Pansy l'appela depuis une des tables d'étude :

« Rigel, te voilà. »

Rigel se tourna juste à temps pour voir la tête de Draco pivoter vers elle avec de l'acier en fusion dans les yeux. C'était assez beau mais elle ne pensa pas que c'était un bon signe. Elle marcha sans se presser vers l'endroit où ils étaient assis. Prenant soin de garder sa main gauche hors de vue, elle plaça son sac sur la table avec sa main droite et s'assit à côté de Pansy avec Draco en face d'elle. Elle savait que Draco mourait d'envie de savoir où elle était mais elle savait aussi qu'il ne demanderait pas par fierté donc elle feignit l'ignorance, demandant poliment à Pansy comment sa journée se passait au lieu de répondre à la myriade de questions mijotant dans les yeux de son ami.

« Elle ne se passe pas très bien, j'en ai peur, renifla Pansy. Une certaine personne bruyante n'arrêtait pas de se demander où tu étais et, bien sûr, je ne le savais pas, et puis il y a ce devoir de Sortilèges qui ne fait aucun sens, soupira-t-elle joliment. Je ne pense pas être très douée en Sortilèges.

– Je pense que tes nombreux charmes sont les meilleures choses te concernant, dit Rigel, rassemblant l'énergie de sortir son propre devoir de Sortilèges de son sac.

– Oh, tu sais tout juste quoi me dire pour me faire me sentir mieux, sourit Pansy joyeusement. Finissons cela pour que l'on puisse avoir le reste de la journée libre. »

Rigel s'intéressa à son devoir. C'était une feuille d'exercices qui leur demandait de répondre « oui » ou « non » à s'ils pouvaient soulever chacun des objets en utilisant « Wingardium Leviosa » ou pas. Il y avait des choses comme des pommes, des pierres, des branches d'arbre, etc. Pansy continuait à pratiquer le sortilège, essayant de jauger s'il était assez fort pour soulever une grande assiette ou non. Rigel mit juste « non » à tout sauf « un humain » et le considéra comme fini. Pansy termina le sien peu après.

« Parfait ! dit-elle, roulant son devoir. Je pense que j'aimerais faire une promenade.

– Eh bien je n'ai pas fini mon devoir de Potions encore, dit Draco d'un ton morose. Donc j'imagine que tu devras y aller sans moi.

– En fait, je n'ai pas fini le mien non plus, dit Rigel. Mais peut-être que l'on peut aller marcher à un autre moment, Pansy.

– Mais tu semblais avoir fini le tien en classe, vendredi, dit Pansy.

– Et si tu n'étais pas à la Bibliothèque à travailler sur nos devoirs de Sortilèges ou de Potions alors qu'est-ce que tu faisais toute la journée avec ton cartable ? »

Draco pointa du menton son sac qui lui avait apporté tant de problèmes ce jour-ci.

« J'ai été viré de la Bibliothèque avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Puis je suis allé me promener, dit Rigel.

– Viré ? Qu'as-tu fait ? demanda Pansy.

– Rien », Rigel haussa-t-elle les épaules.

Draco souffla d'exaspération.

« Peu importe. Laisse-moi voir ton devoir de Potions. Je ne suis pas sûr que le mien fasse sens dans la dernière partie.

– Je ne l'ai pas, dit Rigel.

– Alors va le chercher. »

Draco lui désigna les dortoirs d'un geste de la main.

« Il n'est pas là non plus. Je l'ai déjà fini et je l'ai donné au Professeur Snape, dit Rigel, sortant un parchemin vierge de sa main droite et le coinçant avec des pierres tout en sortant sa dicto-plume également.

« Mais tu viens juste de dire que tu l'avais fini. »

Même Pansy semblait légèrement exaspérée d'elle à présent.

« Snape m'en a donné à un autre à terminer avant lundi, dit Rigel.

– Snape t'a donné du travail supplémentaire juste pour avoir rendu quelque chose plus tôt ? dit Draco. Pas de chance. Il est généralement plus sympa avec les Serpentard.

– Non, je lui ai demandé plus de travail, dit Rigel distraitement, ratant le regard que ses amis échangèrent qui disait que Rigel était plus fou qu'ils ne le pensaient. Ça te gêne si je dicte mon essai, demanda-t-elle à Draco.

– Pourquoi tu ne l'écris tout simplement pas ?

– Je suis incroyablement paresseux », dit-elle solennellement.

Pansy et Draco ne semblèrent pas la croire mais aucun des deux ne parvint avec une autre raison pour laquelle elle voulait le dicter donc ils laissèrent tomber. Draco haussa les épaules en permission et Pansy partit chercher Blaiser pour qu'il l'escorte pour sa promenade dans les jardins.

« Plume, commence, dit Rigel et la dicto-plume se plaça droite comme un piquet au-dessus du parchemin. Essai sur le Souffle de Nimue. À la ligne. Le Souffle de Nimue, communément appelé Le Faiseur de Veuves pour son histoire en tant qu'ingrédient principal du Merlicide, le poison de choix des femmes cherchant à tuer leurs maris, est une petite fleur bleue avec des épines noires tranchantes. Il est généralement trouvable dans des grottes sombres et humides près de corps d'eau salée. La fleur est la seule partie utile de la plante pour les Potions et la fleur est généralement placée dans le chaudron en entier (à moins que la Potion ne fasse appel spécifiquement à l'essence ou au parfum du Souffle de Nimue, comme dans certaines Potions réductrice d'inhibition). De ce fait, un soin particulier doit être pris quand on le récolte pour s'assurer que les pétales ne soient pas séparés ou écrasés. Il est préférable d'utiliser un petit couteau dentelé fait de tout sauf d'or pour couper la tige aussi proche des racines que possible. Les épines sont moindres à la base de la fleur, bien que de la peau de dragon ou des gants similaires sont recommandés pour éviter les piqûres car si les épines ne sont pas vénéneuses comme la fleur l'est, tout sang versé sur la fleur lui fait perdre aussitôt sa puissance. »

Rigel parla sans accroc, ne s'arrêtant presque pas entre les phrases et aussitôt Draco avait oublié son propre essai, préférant juste écouter son ami qui était beaucoup plus intéressant que n'importe quel livre qu'il ait jamais lu sur les Potions. De façon assez étrange, ce n'était pas les informations qui étaient intéressantes car elles auraient pu être trouvées dans n'importe quel vieux livre. C'était simplement la façon dont Rigel le disait. Comme si c'était la chose la plus fascinante que Rigel avait jamais sue.

« Le Souffle de Nimue est souvent confondu avec la fleur de Parcilia qui est de la même taille, forme et couleur. La fleur de Parcilia n'est pas du tout vénéneuse donc il est important de les différencier mais à aucun moment ne faudrait-il vérifier de quelle fleur il s'agit par l'odeur. Il y a une différence la Parcilia sent légèrement comme de la lavande tandis que le Souffle de Nimue sent comme du miel et du lait, mais l'odeur du Souffle de Nimue est ce qui le rend dangereux. Le parfum libéré par la fleur contient une substance qui éteint temporairement la capacité du cerveau à faire des déductions logiques et stimule la partie qui réagit normalement au plaisir. L'inhaler directement pousse un sorcier à se sentir si irrationnellement heureux et satisfait qu'il refuse souvent de quitter la fleur, assimilant de plus en plus de parfum et négligeant de faire quoi que ce soit d'autre jusqu'à ce qu'il meure de déshydratation ou d'exposition ou qu'il est sauvé par quelqu'un de non affecté. Les anciens Grecs avait un mythe à propos d'une île remplie de ces fleurs qu'ils déclaraient être de la création d'Orphée. Toutefois, aussi longtemps que quelqu'un ne respire pas directement depuis l'étamine, le parfum ne devrait pas être un problème. À la ligne.

« Le Souffle de Nimue est utilisé dans de nombreuses variations du Merlicide et d'autres poisons basiques et il est intéressant de noter que cette fleur est presque toujours utilisée de la même façon. Peu importe le poison que l'on tente de créer, la base, généralement composée d'herbes communes et d'épices bouillies dans de l'eau dans le seul but de cacher les ingrédients les plus distinctement empoisonnés, est préparée en première. Ensuite, le Potionniste doit ajouter n'importe quoi depuis les solanacées jusqu'aux aconits, même le poison commun des lutins, aussi longtemps que ce qui est ajouté à la base soit mortel. C'est le composant empoisonné, qui, si correctement proportionné, disparaît complètement dans la base. Puis le Souffle de Nimue est ajouté. Cela ne demande qu'une seule fleur, entière et intacte, placée dans la mixture à température d'ébullition. La fleur se dissout instantanément et laisse derrière son parfum enchanteur. Bien qu'il empoisonne l'esprit, le Souffle de Nimue n'est pas mortel de lui-même. Toutefois, le Souffle de Nimue cause un poison déjà mortel à devenir irrésistible pour le buveur qui croit boire le plus doux des nectars. Il était commun, principalement au milieu du quatorzième siècle, pour les sorcières de glisser une Potion mélangée au Souffle de Nimue dans la nourriture ou boisson de leurs maris puis de simplement regarder alors que leurs victimes avalaient et engloutissaient le poison désespérément, riant alors que les victimes réclamaient plus de leur propre mort. À la ligne.

« Il est vital que le Souffle de Nimue soit ajouté à la Potion au point d'ébullition autrement, au lieu de se dissoudre, soit la fleur éclatera et dispersera sa fragrance à la tête du concocteur (si la base est trop chaude) ou alors se solidifiera en une sorte de goudron et collera de façon énervante sur le côté du chaudron (si c'est trop froid). Ainsi, la fleur doit être ajoutée tout en concoctant un poison pour la première fois. On ne peut pas acheter ou préfabriquer un poison puis y ajouter le Souffle de Nimue après l'avoir réchauffé au point d'ébullition car chauffer une deuxième fois déstabilise la plupart des poisons et les rend soit inoffensifs ou tellement acides qu'ils fument et détruisent n'importe quelle coupe dans laquelle ils sont placés, ce qui rend inutile le but de l'empoisonnement. À la ligne.

« Parfois, l'essence ou nectar de la fleur du Souffle de Nimue est ajouté en minuscules doses à des anti-inhibiteurs, tels que des boissons alcooliques, drogues récréatives ou aphrodisiaques mais l'essence est généralement ajoutée juste avant le point d'ébullition pour un meilleur contrôle de la façon dont elle se disperse et donc ne se dissout pas complètement. On peut reconnaître la présence du Souffle de Nimue dans une boisson en cherchant un caractéristique éclat nacré du coin de l'œil. Le Souffle de Nimue se vend pour à peu près onze Mornilles par fleur, bien qu'il devienne beaucoup plus cher durant la saison des crues du fait de la difficulté accrue à s'en procurer comme la neige fond et ses caves naturelles se remplissent d'eau. Plume, arrête. »

Rigel plaça uniformément du sable asséchant sur le parchemin, contente de ne pas avoir à y revenir et retirer des passages car il semblait pile à environ vingt-cinq centimètres. Elle se tourna pour voir si Draco avait encore besoin d'aide avec son essai mais il n'était pas en train de le faire et l'encre au bout de sa plume avait séché depuis longtemps. Le blond la fixait comme un enfant fixe l'enclot des grands félins à travers les barres au zoo. Rigel était à moitié tentée de bâiller largement comme elle avait vu un lion faire avec bons résultats quand Archie et elle y étaient allés une fois, mais elle soupçonna que ses dents n'étaient pas aussi impressionnantes.

Draco déglutit fortement avant de parler, comme s'il avait laissé sa salive s'accumuler dans sa bouche pendant un moment. Rigel se demanda si elle l'avait ennuyé jusqu'à la stupeur et qu'il avait commencé à baver (ou tout du moins, d'aussi près qu'un Malfoy puisse baver) comme Goyle le faisait durant l'Histoire de la Magie.

« Pourquoi es-tu même en Potions ? » demanda franchement Draco.

Rigel souleva un sourcil pour communiquer sa confusion. Draco passa une main dans ses cheveux, quelque chose qu'il semblait beaucoup faire autour d'elle, et dit :

« Je veux dire, on dirait que tu connais déjà tout. Tu devrais enseigner ce truc ou je ne sais quoi.

– Peut-être que j'en sais plus que les autres premières années, dit Rigel, fronçant les sourcils. Même si je ne comprends toujours pas pourquoi les parents n'enseignent pas tout ça à leurs enfants, selon les standards d'un maître de Potions, je ne suis qu'un grand débutant. La connaissance des ingrédients et des recettes pour un maître des Potions, c'est comme connaître l'abécédaire pour un grand poète. J'ai appris tout ce que j'ai pu de moi-même mais j'ai besoin d'années d'éducation avant de pouvoir simplement être qualifié du statut de Compagnon. Je dois savoir bien plus que les faits concernant les composants. Je dois développer mon instinct et apprendre les choses qu'ils n'indiquent pas dans les livres car ce ne sont que des suppositions que quelqu'un a fait à partir d'intuition et qu'il n'y a pas de logique claire derrière. Sans mentionner le fait qu'il y a une tonne de potions que je ne connais qu'en théorie parce que les ingrédients ne sont vendus qu'à des Potionnistes licenciés et qu'ils demandent tous différentes techniques pour les mélanger et à quel moment et des choses qui ne peuvent être résolues qu'en les pratiquant et…

– Okay, okay, capitula Draco en levant les mains. J'ai compris, tu n'es pas encore du niveau de Snape.

– Si je le serai un jour, soupira Rigel.

– Mon parrain est vraiment aussi bon ? demanda Draco sceptiquement. Je veux dire, il passe son temps à enseigner à des enfants après tout.

– Il est le meilleur de toute la Grande-Bretagne, dit Rigel avec une solide conviction. Son travail est à la pointe des recherches de Potions. Il a inventé plusieurs recettes de potions originales, sans mentionner les améliorations majeures de potions comme la Tue-loup ou le sérum de Remplacement sanguin, qui sont connues pour être dures à travailler. Mais ce ne sont pas juste ses contributions physiques à la science des Potions, Rigel tenta-t-elle d'expliquer, c'est sa compréhension de son art. Tous les articles dans des publications comme le Potions Quotidien, le Chaudron Trimestriel, et autres sont intellectuellement impressionnants mais les articles de Snape sont de ceux que l'on relit. La façon dont il écrit à propos des Potions est comme la façon dont les autres personnes respirent. En les lisant, on ne peut penser que ça, pour le Professeur Snape, les Potions c'est respirer. Tout est si naturel pour lui et il manipule un chaudron comme si c'était une extension de lui-même – c'est dire à quel point il est bon. C'est toute la raison de pourquoi je suis là, déclara Rigel directement depuis son cœur. Pour apprendre du meilleur pour qu'un jour, les Potions soient comme respirer pour moi aussi.

– Eh bien, Draco se dégagea-t-il la gorge, de toute évidence pris par surprise par sa ferveur inhabituelle. Je suis sûr que si quiconque peut dépasser Snape, c'est toi, Rigel. À vrai dire, lui sourit-il de l'autre côté de la table, un jour je vais être fier de dire que je te connais. J'en suis persuadé. »

Rigel passa sa main droite sur son visage, embarrassée.

« Ah, merci. Désolé de m'être jeté sur toi comme ça. Tu m'as attrapé en mode Potions, j'en ai peur.

– Pas de problème, dit Draco, bien qu'il semblât honnêtement être encore un peu abasourdi. C'était vraiment intéressant de toute façon. J'ignorais tout ça concernant mon parrain. Il n'aime pas se vanter de son travail. Je pense que c'est pour ça que Père et lui s'entendent aussi bien, sourit Draco ironiquement. Père déteste les gens qui se vantent. »

Bon à savoir pour quand je le rencontrerai, nota Rigel silencieusement.

« Bon, quoi qu'il en soit, tu as toujours besoin d'aide pour ton essai ? » demanda Rigel d'un ton gêné.

Elle n'arrivait pas à croire qu'elle s'était encore lâchée comme une encyclopédie obsédée de Potions. Archie l'aurait giflée depuis le temps, s'il avait été là.

« Bien sûr, sourit largement Draco. Si tu le vérifies avant que je ne le rende, je suis sûr d'obtenir une bonne note. »

Rigel tendit la main au-dessus de la table pour prendre l'essai de Draco, se rappelant juste à temps de ne pas utiliser sa main gauche. Cela allait demander un certain temps avant de parvenir à n'utiliser qu'une seule main pour sembler naturel. Elle espérait que personne ne deviendrait suspicieux simplement parce qu'il n'y avait pas de raisons. Sans une suggestion de fausseté, la plupart des gens ne prenaient pas la peine de la rechercher. Et vraiment, pourquoi quiconque s'inquièterait qu'elle se soit blessée à la main d'abord ?

Après que tous leurs devoirs soient terminés (ceux dont Draco était au courant, au moins), Draco informa Rigel qu'ils allaient dehors pour pratiquer leur vol. Rigel refusa poliment, plaidant la fatigue, qui n'était d'aucune façon feinte, et Draco la pointa d'un regard grave à travers sa frange.

« Rigel, je ne t'ai presque pas vu pendant des jours, dit-il, son visage résolu alors qu'il observait avec attention sa réaction à son exagération éhontée. Les sélections sont le week-end prochain pour Serpentard puisque que Gryffondor a déplacé les siennes si tôt cette année, et ils viennent juste de changer cette stupide règle concernant les premières années tentant les sélections pour les équipes de Maison il y a quelques années, donc on devrait en profiter. »

Ce n'était pas tout à fait vrai, pensa Rigel. Les règles concernant les premières années ayant des balais et étant dans les équipes de Maison avaient été changées presque aussitôt que les né-moldus aient été bannis de l'école. L'argument était que les règles avaient été mises en place pour égaliser les niveaux et donner aux enfants élevés comme des moldus, qui n'avaient pas été exposés aux balais comme des enfants sang-purs, une chance raisonnable en compétition en exigeant une année de cours de Vol avant d'être éligible pour jouer. Les révocations avaient eu lieu environ vingt ans plus tôt quand le parti politique de Mr. Jedusor avait gagné suffisamment d'influence pour pousser son lot de législations anti-moldues à travers le Magenmagot.

Toutefois, l'expression de Draco était si sincèrement implorante que la résistance de Rigel s'écroula. Le blond se faisait aimer d'elle à une vitesse alarmante. Elle tenta de recouvrir mentalement son visage par quelque chose de féroce, qu'elle pourrait résister mentalement, mais tout ce à quoi elle parvint était le visage d'un labrador errant qu'elle avait trouvé sous la pluie une fois. Ça lui allait, d'une façon étrange qu'Archie aurait apprécié, mais elle reconnut que ça lui rendait encore plus difficile de dire non à Draco quand tout ce à quoi elle pouvait penser était de pauvres chiots mouillés.

Ce fut donc vingt minutes plus tard que Rigel se trouva sur le terrain de Quidditch, tenant un vieux balai d'école dans sa main droite et se demandant pourquoi, au nom de Merlin, elle allait jouer au Quidditch en un contre un avec seulement une bonne main sans donner l'impression que c'était ce qu'elle faisait.

Normalement, c'était le genre de défi qu'elle appréciait, ou tout du moins, qu'elle n'évitait pas. Toutes les positions au Quidditch demandaient à un moment de voler à une main bien sûr, et les batteurs encore plus, passant le jeu entier avec une main tenant une batte mais il y avait une différence entre voler avec une main libre et voler avec aucune main ne tenant le balai, tout en empêchant une main blessée de se balancer – une main qui la démangeait à un point, comme sous une force G, en dépit du sort engourdissant.

Mais même, si Archie avait voulu voler, elle serait allée avec lui, quoi qu'il en soit, et Draco était tout autant son ami, simplement plus neuf, conclut-elle, donc elle se dit de souffrir en silence, pour le bien de son ami. Avec cette attitude en tête, Rigel enjamba son balai et accepta la batte de batteur de Draco, qui avait aussi attaché un sac d'orbes dorées qui ressemblaient un peu à des balles de golfs à son balai. Draco montait le dernier Comète et bondit dans le ciel si vite qu'il aurait tout aussi bien pu être un feu d'artifice attendant d'être mis à feu. Elle tint son propre balai avec ses genoux, posant sa main gauche contre son giron pour qu'à distance, elle paraisse le tenir avec cette main (bien que d'une poigne incorrecte).

Draco voulait passer les sélections d'attrapeur donc Rigel l'aida à s'entraîner en utilisant sa batte pour propulser les petites balles dorées dans les airs avec autant de vitesse qu'elle le pouvait pour qu'il les attrape. Batteur était la position favorite de Rigel et celle qu'elle aurait probablement tenté si les circonstances avaient été différentes. Après la lettre de Sirius, elle s'était dit qu'elle passerait quand même les sélections et gérerait les problèmes au fur et à mesure qu'ils apparaîtraient mais maintenant que son poignet était inutile elle supposa qu'elle devrait mentir au père de Archie à nouveau en lui disant simplement qu'elle n'avait pas réussi les sélections cette année.

Draco n'était pas trop mauvais d'aussi loin qu'elle pouvait le dire. Rigel ne balançait pas la batte avec sa vitesse habituelle du fait d'avoir moins d'effet de levier sans une main supplémentaire pour la supporter mais sa visée était correcte même s'il était un peu difficile de placer sa batte sur ses genoux, attraper une balle et la lancer dans les airs, puis rapidement attraper sa batte et la balancer pour intercepter la balle en vol, tout cela avec la même main. Rigel offrit un bon entraînement à Draco en lui envoyant les petites balles d'un côté puis de l'autre pendant à peu près une heure. Il faisait trop noir pour sortir un vrai vif d'or d'ici là donc Draco et elle s'entraînèrent à des manœuvres de vol – à vrai dire, Draco lui montra tous ses tours et Rigel se concentra pour rester stable dans les airs et ne pas laisser son inconfort être visible sur son visage ou via son langage corporel.

Dix minutes avant le dîner, ils se rendirent à l'intérieur. Draco souriait avec confiance, les cheveux ébouriffés sur la tête et les joues rouges d'exercices. Le visage de Rigel était pâle et elle suait. Elle savait qu'elle paraissait peut-être en grand manque d'exercice alors qu'en réalité ce n'était pas de la sueur due à un entraînement vigoureux mais une sueur froide due aux petites vagues de nausée et de douleur qui l'avaient léchée pendant la dernière demi-heure à peu près. Mais bien qu'elle ressemblât à un bordel surchauffé (pas aidé par la légère fièvre qui l'habitait alors que son corps battait les possibles infections en réaction à son trauma physique), Draco semblait être sorti d'une publicité des années 40 pour les aéronautes moldus. Elle pouvait facilement l'imaginer avec une de ces longues écharpes militaires et une paire de lunettes d'aviateur perchée en haut de sa tête.

Il continuait à parler avec animation à propos de leur entraînement tout en s'asseyant entre Pansy et Nott dans la Grande Salle.

« Tu n'es vraiment pas si mauvais sur un balai, disait-il. C'est dur de tenir l'équilibre avec une main tout en balançant une batte si tu n'y es pas habitué.

– C'était un sacré défi », dit Rigel, se servant un large bol de pâtes.

D'habitude elle ne mangeait pas autant de glucide comme ça lui pesait dans l'estomac et elle se sentait encore moins encline à en manger à cause de sa nausée mais son corps avait besoin d'énergie pour guérir.

« Ouais, lui sourit Draco de côté. Ne t'inquiète pas trop pour ton horrible visée par contre. C'était en fait beaucoup plus difficile d'essayer d'attraper toutes tes frappes sauvages mal orientées. »

Rigel sourit énigmatiquement à son ami, se demandant combien de temps cela allait lui prendre pour la connaître avant qu'il apprenne à lui accorder un peu plus de crédit. Quoi exactement aurait-elle viser ? Lui ? Cela ne l'aurait guère aidé à s'améliorer car elle doutait que le vif d'or lui volerait dessus en jeu. Ceci dit, la plupart des personnes n'imaginerait jamais qu'un enfant de onze ans puisse être aussi délibéré dans ses actions donc Rigel ne pouvait pas blâmer Draco pour ses suppositions faciles.

« Vous allez tenter les sélections pour l'équipe samedi prochain alors ? demanda Nott par-dessus sa tourte aux rognons.

– Oui, dit Draco. Je tente attrapeur.

– Non, dit Rigel.

– Tu pourrais, l'encouragea Draco. Tu pourrais être gardien. Ils n'ont pas besoin de viser pour tirer ou frapper quoi que ce soit.

– Peut-être l'année prochaine, dit Rigel.

– Eh bien bonne chance Draco, dit Nott.

– Merci Theo. »

Rigel se demanda quand est-ce que ses camarades avaient commencé à s'appeler par leurs prénoms et quoi d'autre avait-elle manqué en étant préoccupée par sa duplicité, du chantage et ses ambitions cette semaine passée.

Rigel s'excusa tôt du dîner et rentra aux dortoirs. Son plan était de se réveiller tôt le jour suivant et de trouver un moyen d'entrer dans la bibliothèque pour pouvoir finir ses essais et les renvoyer à Flint. En dernier recours, elle pouvait toujours utiliser la cape d'invisibilité. Elle voulait juste terminer tous les devoirs de Flint pour pouvoir se concentrer pendant la semaine sur son propre travail scolaire.

Elle était si fatiguée, mentalement et physiquement, de son premier jour de repos qu'elle tomba assoupie sans même prendre la peine d'enlever ses chaussures et de tirer les rideaux. Son poignet cassé était tenu de façon à le protéger contre son côté et sa dernière pensée de mauvais augure avant de sombrer comme une pierre dans la rivière Sommeil était qu'elle n'avait toujours aucune idée de qui voulait la blesser autant pour lui jeter un sort la faisant dégringoler des volées de marches en pierre en plein jour.


(1) Flitter = Flutter = voleter, battre des ailes glib = désinvolte/agile, vif (Je n'avais vraiment aucune idée de comment traduire ça donc si vous avez une idée, je suis preneuse !)


NDA : Presque 8000 mots [8600 pile en francais] ^^ Un nouveau record ! Merci de nouveau à vous, magnifiques personnes qui reviewez, cela signifie tant pour moi et ce chapitre était pour vous. C'est bon d'être de retour aux USA où il y a une maison avec internet et donc de la joie (bien que, si vous vivez en Europe, ne vous y trompez : c'était génial).

NDT : Et voilà, c'est la fin du chapitre ! Il était assez long mais c'est toujours aussi plaisant à traduire. Dites-moi en review qui vous pensez a fait trébucher Rigel dans les escaliers ! (Quand j'ai lu la toute première fois, jusqu'à ce que le coupable soit dévoilé, je ne m'étais doutée de rien !) On se reverra l'année prochaine un 15 du mois ! Passez de bonnes fêtes et une bonne fin d'année :)