Point de vue d'Hinata •
Il était dix heures du matin et j'étais assise sur une pouffe dans ma chambre à peindre un nouveau paysage. Cette fois ci, c'était une forêt. J'ai trouvé une magnifique photo d'une forêt à l'apparence macabre et hantée et j'ai pensé que ça pouvait donner un très beau tableau à accrocher ou à offrir pour Halloween. A condition que je le réussisse bien sûr.
Je m'y donnais à cœur joie, motivée par le résultat que ça allait donner au final. Je me focalisais d'abord sur l'illusion d'ensemble avec des couleurs froides, avant d'ajouter les détails subtils du décor.
La sonnerie incessante des notifications venant du téléphone d'Ino, qui était posée sur mon lit à lire un bouquin de science il me semble, m'agaçait de plus en plus.
Je la regardais qui se jetait presque sur son portable à chaque fois qu'il sonnait, et esquissait un sourire juste après.
Il faut tarder un peu à répondre tu sais, lui dis-je sans relever la tête de mon tableau.
Elle ria de plus belle sachant qu'elle était démasquée, elle n'était pas vraiment discrète il faut dire.
Il faut créer l'illusion de la femme indisponible, ajoutais-je.
Depuis quand tu es experte en relation amoureuse toi ?
Qui a parlé de relation amoureuse ?
Je reposais mon pinceau piquée dans ma curiosité mais Ino se cacha derrière son bouquin.
Tu viens d'avouer toute seule que c'est une relation amoureuse ! Insistais-je.
Moi ? Je n'ai rien dit du tout ! Nia-t-elle en bloc.
Je me relevai et m'armer d'un coussin.
Petite cachotière, qu'est-ce que tu caches ?
Le coussin c'est pour m'étouffer si je ne te dis rien ?
Exactement, alors parle.
Elle soupira avant de déposer son gros livre sur la commode et de me faire face.
C'est un garçon que j'ai rencontré à la soirée de Sasuke.
Vous vous êtes revu ?
On s'est revu au café, et c'est là où on s'est échangé nos numéros.
Oh ! Premier rendez-vous ?
Non, c'était une coïncidence.
Je plissais les yeux septiques.
Je t'assure, insista-t-elle. Il est à l'université lui aussi. Il suit les même cours que Naruto.
Hmm. Comment il est ?
Pour toute réponse, elle fouilla dans son téléphone et me montra une de ses photos.
Joli !
Je sais !
Je riais aux éclats en remarquant les cœurs qu'avait Ino à la place des yeux. Elle me montra quelques brides de leur conversation. Ce Sai était un vrai séducteur. Et apparemment, le seul homme sur terre à pouvoir distraire Ino de ses bouquins.
C'est quoi tout ce bruit ? Sakura apparut à l'encadrement de la porte une louche à la main.
Ino a un amoureux !
Sai ?
Quoi ? Tu savais ? Demandais-je offusquée.
Qu'est-ce que tu crois ? Je suis sa meilleure amie.
Je leur lançais un regard mauvais à toutes les deux.
Tu en es ou avec tes cupcakes de l'horreur ? Demanda Ino en remarquant la louche dans la main de Sakura.
En cours.
Une minute, pourquoi une louche ?
Une sonnerie interrompit la discussion et Sakura s'éclipsa pour aller ouvrir. Ino en profite pour me demander ce que j'espérais qu'elle ait oublié.
Tu as parlé à Sakura de la fête de l'autre soir ?
Je la regardais avec un sourire inquiet.
Pas vraiment.
Elle soupira bruyamment.
Ça fait deux jours Hinata !
J'attends juste le bon moment Ino…
La voix de Neji se fit immédiatement entendre dans tout l'appartement et je profitais de cette distraction pour aller courir dans ses bras.
Je sautais hors du lit et je courrai jusqu'au salon pour trouver un Neji en capuchon, une boite de pizza à la main, et je lui sautais littéralement dans les bras.
Salut Hinata ! Dit-il tout en me caressant les cheveux. Salut Sakura.
Sakura le prit à son tour dans ses bras et j'en profiter pour me jeter sur la boite de pizza. Ino arriva à son tour et se joignit aux accolades.
Une discussion joviale commença mélangeant rire et pizza, avec une Ino mi- présente, le plus souvent plongée dans son téléphone.
On assista tous Sakura durant sa préparation des cupcakes, jusqu'à ce qu'elle les enfourne.
Je mets le minuteur, comme ça tu te souviendras de les retirer, d'accord ?
Pourquoi, tu vas où Sakura ?
Etudier au café, j'ai encore beaucoup de retard. Répondit l'intéressée d'un ton morose. D'ailleurs, qui va m'accompagner ?
Ino fut la première à esquiver cette petite corvée que nous coltine Sakura à chaque fois.
Moi je ne peux pas, j'ai un devoir de Physique atomique et moléculaire à rendre très bientôt et je préfère le travailler depuis ma chambre.
Et là, une idée de génie m'ait tombé dessus.
Neji et moi, on ne peut pas non plus. Ca fait des jours que je l'attends pour essayer le tout nouveau Call of Duty.
Ce n'était évidemment pas vrai, je n'attendrai personne pour essayer le nouveau Call of Duty. Je pinçais discrètement Neji pour qu'il ne dise rien.
Je suis sûre que tu trouveras quelqu'un au café que tu connais Sakura.
Avant qu'elle n'ait pu prononcer le moindre mot, j'entrainais Neji pour l'installer devant la télé qui se contenta de hausser les épaules face à Sakura. Celle-ci avait la moue triste face à nos excuses et alla s'habiller sans un mot.
Je retournais près de Neji qui m'interrogeait du regard.
Je t'expliquerai un jour.
Point de vue de Sakura •
Une fois arrivée au café aux environs de 16heures, je ne trouvais pas grand monde. Je repensais aux mots d'Hinata « Je suis sûre que tu trouveras quelqu'un au café que tu connais. » et je soupirais. Je ne peux pas leur en vouloir de ne pas vouloir m'accompagner, c'était plutôt à moi de m'habituer à étudier toute seule.
Je m'installe en terrasse, comme toujours. L'air frais me faisait beaucoup de bien. J'ouvrais mes livres et me plongeais dans ce qui allait être une longue session d'étude, seule.
J'avais déjà bien démarré lorsqu'une main se posa sur la chaise devant moi.
Je peux ?
Je relevais ma tête et écarquillais les yeux à la vue de prunelles bleues posés délicatement sur moi. Naruto se trouvait juste devant moi et il demandait de s'assoir à mes côtés. Il me fallut quelques secondes pour réaliser la situation et pour reprendre mes esprits.
B-Bien sûr.
Il s'installa devant moi sans un mot de plus, me regarda une dernière fois avec un de ces regards qui vous font chavirer à vie, et ouvrit le journal qu'il tenait sous son bras pour s'y plonger. Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Cet homme avait le don de me faire oublier le monde.
J'ai continué de le fixer quelques instants, attendant une réaction, une explication, quelque chose. Mais rien. Il était absorbé par son journal.
Comment faisais-t-il pour être toujours là quand il fallait ? Et surtout, pourquoi ?
Je voulais te remercier…
Ses yeux azur se posèrent sur moi.
… Pour… Les notes que ton amie m'a prêtées.
C'est ma cousine, et de rien.
Les commissures de ses lèvres s'étirèrent pour former le sourire le plus tendre du monde. Puis il reprit sa lecture sans plus.
C'était très dur, mais j'arrivais tant bien que mal à me focaliser sur mes cours. Mes yeux m'échappèrent de temps à autres pour se poser sur ce beau blond devant moi.
Etait-ce normal de se sentir bien par la simple présence de quelqu'un ?
Deux heures plus tard, je me redressais sur ma chaise fatiguée. Le regard de Naruto avait quitté son journal depuis une bonne demi-heure pour s'intéresser à l'un de mes romans posé sur la table.
Je ferme mon registre et il repose enfin son attention sur moi.
Tu as fini ?
Pour aujourd'hui.
Tu reprends quand ?
Demain sûrement.
A demain alors, même heure ?
N'y croyant qu'à moitié, tout ce qui me venait à l'esprit c'était : Pourquoi ?
Mais je n'allais pas jouer le déni plus longtemps, j'étais clairement et franchement attirée par cet être beaucoup trop parfait pour être humain. Et je n'allais pas cracher sur ce petit bout de bonheur présenté sur un plateau d'argent, qu'était sa simple présence à mes côtés. Alors oui, à demain, et à après-demain, et à autant de fois que ce sera possible.
Oui, à demain.
Affirmais-je avec un petit sourire.
Il faisait déjà noire à cette heure et il insista pour me raccompagner jusqu'à chez moi. Après un trajet plutôt silencieux, il me laissa sur le pas de la porte et je rentrais chez moi le corps léger, le cœur très chargé.
L'ambiance chez nous était des plus cosy, Ino travaillait dans le salon, Hinata peignait à côté d'elle et Neji l'assistait dans le choix des couleurs et des motifs.
Hinata insista pour savoir comment c'était passé ma séance d'étude, mais je préférais ne rien mentionner au sujet de Naruto.
On mangea tous ensemble et je m'éclipsais dans ma chambre trop fatiguée où je m'étalai sur mon lit comme une crêpe.
La nuit fut plutôt courte, une certaine personne aux yeux bleus hanta tous mes rêves.
Je me réveillais les yeux cernés, fit le tour de l'appartement pour réveiller tout le monde. On alla tous ensemble à l'université et on revint chacun à son tour après la fin des cours.
On passa la journée ensemble à décorer les cupcakes de la veille et à faire des compétitions du cupcake le plus effrayant. Hinata gagna à tous les coups et Ino fit les plus moches. On finit par tous les manger et j'en gardais un de côté. J'avais une petite idée pour qui l'offrir.
On se fait un film ? Proposa Neji en engloutissant le dernier gâteau.
Oh oui ! Répondit Hinata presque aussitôt.
Je passe mon tour, lança Ino de l'autre côté du salon toujours plongée dans son téléphone. Mon devoir m'attend.
Tout le monde savait en réalité que c'était pour parler à Sai.
Je passe mon tour aussi, ajoutais-je, je vais travailler au café.
Tu veux que je t'accompagne ? Avança gentiment Neji.
Non ça ira.
Hinata me lança un regard malicieux, je l'entendis tapoter au dos de Neji.
On dirait bien qu'il n'y aura que nous deux.
Lequel tu veux voir ? Je te laisse choisir.
Je quittais la conversation et me dirigeait vers ma chambre pour m'habiller et pour ranger mes livres. Je n'oubliais pas le cupcake que j'avais décoré de crème chocolat et de Reeses en essayant vainement de créer une chauve-souris.
Je le mettais dans une boite lorsque j'entendis la sonnerie de la porte d'entrée.
Je m'y dirigeais tout en enfouissant la boite dans mon sac.
J'ouvre grand la porte.
Je relève la tête.
Mon sourire s'évapore à la vue de Sasori sur le pas de la porte. Un bouquet de rose à la main. Le regard abattu.
Sakura…
Qu'est-ce que tu fais là Sasori … ?
Je suis désolée Sakura… J'ai merdé, j'ai fait n'importe quoi, je suis tellement con… Je ne sais pas comment je tiens debout tant tu me manques.
Je reculais de quelques pas les yeux perlant de larmes.
Je sais que tu me déteste probablement mais…
Oui Sasori, avec chaque cellule, chaque fibre de mon corps je te hais.
Il ne sait plus quoi dire, alors il me tend le bouquet de roses.
Je sais que c'est insuffisant mais je ne voulais pas arriver les mains vides.
Je toise le bouquet de fleurs du regard sans le prendre.
Je suis un évier qui n'a plus de bouchon, et tout ce que tu peux me dire ou donner va tout droit à l'égout. Alors ça sera toujours insuffisant Sasori.
S'il te plait Sakura… Je veux une deuxième chance.
Une deuxième chance pour me tromper ?
Non Sakura, pour tout recommencer à zéro et me rattraper.
Personne n'a cette chance. Certaines trahisons sont justes tellement graves et profondes, qu'il n'y a absolument plus rien à faire.
Je regrette tellement.
Il me regarde avec une larme sur la joue.
Moi aussi je regrette.
Je baisse la tête, sors de l'appartement et claque la porte derrière moi. Il essaye de m'attraper le bras mais j'écarte violement ma main et m'en vais en courant.
Je finis au café, la respiration saccadée, les yeux rouges et les joues humides. J'attends un peu de me calmer avant de rentrer. Je trouve Sasori déjà assis, son journal en main. J'hésite à le rejoindre. Mais je n'hésite pas longtemps.
Je m'approche doucement, m'installe sur la chaise libre et dépose mon sac sur la table, tête baissé. Je sens son regard posé sur moi, mais je n'arrive pas à relever la tête. Je l'entends alors fermer son journal.
Tu veux en parler ?
Je ne dis rien et me contente de le regarder tristement. Il dépose son journal et attrape un livre qui dépasse de mon sac Zadig ou la destinée de Voltaire.
J'aime bien ce livre, dit-il simplement.
Tu connais ?
Je ne suis pas aussi inculte en littérature que tu penses. Il esquissa un faible sourire.
Qu'est-ce que tu en as pensé ?
Je trouve que ça reflète bien la réalité houleuse, sombre et effrayante, pleine de trahison et de mal amour.
Je considère sa réponse un instant.
Avoue que tu n'as lu que le résumé.
Je suis démasqué. Il soupire.
Je gloussais face à sa mine décontenancée. Un petit silence s'installe, que je rompe en pensant à haute voix.
Les tragédies, ça change des contes de fées.
Tu parles, celui qui a dit « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » mériterait un bon coup de pied au cul.
Je pouffe de rire puis je l'entends qui reprend.
Mais la réalité c'est tellement plus intéressant que de vivre heureux jusqu'à la fin de ces jours. Et puis, on a pas besoin d'un conte de fée, on a juste besoin de quelqu'un avec qui on est bien.
Je pourrai rester là à boire ses paroles toute la soirée. Nos regards se croisent et sont beaucoup trop intenses pour oser prétendre qu'il n'y a rien du tout.
Sa main se posa tendrement sur la mienne et un électrochoc me traversa le corps.
Je me précipitais peut être mais le seul moyen de se remettre les idées en place, c'est de tourner une nouvelle page ou de laisser une vieille histoire reposer en paix. J'allais faire les deux.
Tu ne crois pas aux comptes de fées, mais est-ce que tu crois aux âmes sœurs ?
Bien sûr, mais personne n'a qu'une seule âme sœur.
Ah oui ? Demandais-je curieuse.
Ce serait triste sinon, tu mérites mieux que quelqu'un qui te fasse souffrir.
Comment tu sais…
Comme il y a plus d'une âme sœur pour une personne, il y aurait la queue si les hommes savaient que tu es libre. Dit-il en chuchotant.
Toi, tu serais dans la file ?
J'y suis déjà.
Mon sang ne fit qu'un tour.
Mon cœur s'affola. S'affola de bonheur. Et en même temps, il soupira de soulagement. Parce qu'on est toujours persuadé qu'il n'y a qu'une personne au monde à aimer et on en trouve une autre pourtant un jour. Et ça à l'air dingue de s'être autant inquiété pour ça au début.
J'ai soudain le sentiment étrange d'être en harmonie avec moi-même, tout est parfait en cet instant, la douceur de la lumière, ce petit parfum dans l'air, la rumeur tranquille de la ville. Tout est parfait.
J'avais oublié, je t'ai apporté quelque chose.
Il enlève sa main d'au-dessus la mienne pour me laisser fouiller dans mon sac, j'en sors la petite boite dans laquelle se trouve le cupcake décoré en chauve-souris.
Sauf que maintenant, il ne ressemble plus vraiment à grand-chose.
Il le sort de la boite et le toise du regard amusé. Il le tourne dans tous les sens et essaie de comprendre ce que c'est censé former. N'ayant visiblement aucune idée, il me regarde interrogateur.
C'est une chauve-souris.
Ça ? Une chauve-souris ? Il en rit aux éclats.
D'abord je souris, amusée par sa réaction, puis je boudai, vexée par ses moqueries.
Je suis désolé, ne boude pas, c'est juste que… D'où c'est une chauve-souris ? Il retenait à peine son rire. Mais je parie que c'est bon.
Il mordu dedans et ferma les yeux pour en apprécier le gout.
Je confirme, c'est très bon.
Il me tendit l'autre moitié que je prenais avec plaisir.
Tu te sens mieux pour étudier ?
Oui, merci.
Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, j'ai tout sauf envie d'étudier. Je veux continuer à lui parler, sentir sa main sur la mienne, sentir son regard azur posé sur moi. Mais son intention était désormais posée sur Zadig ou La Destinée, qu'il entreprit de lire, ce qui me fit rire intérieurement.
Je me lançais tant bien que mal dans mon étude, et je m'efforçais de me concentrer sur mon cours. Mais je me surprenais à d'innombrables reprises, entrain de penser à Naruto ou à le regarder en douce.
Après une heure de combat intérieur, j'abandonnais. Je refermais mon bouquin et il fit de même.
Déjà fini ?
Oui.
Je te raccompagne ?
D'accord.
On y va.
Je ramassai mes affaires et il me regarda faire. Il me conduit jusqu'à chez moi en espérant de tout mon cœur ne pas trouver Sasori devant mon immeuble. Arrivés au pas de la porte, il me tendu son téléphone pour que j'y inscrive mon numéro et il me souhaita bonne nuit sans plus avant de disparaitre dans la pénombre de la nuit. Et je remontai les escaliers en dansant sur les marches.
La vérité, c'est que lorsqu'on se demande pourquoi c'est aussi nul parfois, pourquoi ça fait aussi mal, la chose à ne pas oublier c'est que ça peut changer en un clin d'œil. C'est comme ça qu'on reste en vie.
Point de vue d'Ino •
Me concentrer sur mon devoir était une épreuve en soit. La conversation très entrainante et amusante avec Sai m'absorbait totalement. Il était tellement gentil, séducteur et intelligent. Trois qualités que je ne pensais pas pouvoir exister en un homme, jusqu'à maintenant. Notre connexion était tellement parfaite que j'y crois à peine.
Nous avions rendez-vous au restaurant et je m'étais faite plus belle que je ne le pouvais, avec l'aide d'Hinata bien sûr.
Sakura était à peine rentrée à l'appartement en batifolant, que je m'apprêtais à sortir. Sai m'attendait devant l'immeuble dans une jolie petite voiture. Il sort, me fait la bise et m'ouvre la portière. Je me glisse dans la voiture, et il retourne à son siège.
Durant le trajet, on est plutôt silencieux. Il est concentré sur la route, mais sa main vient se poser de temps en temps sur la mienne et m'extrait brusquement de mes pensées.
Le restaurant auquel on arrive est assez classe, les serveurs sont charmants, l'endroit élégant et tout est tiré à quatre épingles. Il nous a fallu du temps, mais on a enfin pu matérialiser la connexion bâtie à travers tous les messages.
L'endroit était peut-être un peu trop classe puisqu'on a fini par nous moquer un peu trop bruyamment des gens assis autour qu'on trouvait trop crispés et contractés, tout sauf naturel.
On s'évadait presque du restaurant, non pas sans un désert à la fin, main dans la main. La pluie s'est mise à s'abattre sur nous et on se réfugia dans la voiture. Il se dirigea vers un endroit calme, qui donnait sur une vue magnifique de la ville.
C'est ici que tu emmènes toutes tes conquêtes ?
Non, pas toutes. Juste les plus spéciales.
Tu ne m'auras pas avec ça.
J'oubliais que tu étais trop intelligente.
On en ria tous les deux puis on a parlé de tout et de rien, la pluie en bruit de fond, et les mains liées toute la soirée.
Il évoqua une certaine soirée entre amis Samedi, à laquelle il voulait que je l'accompagne, je n'ai pas eu plus de détails. Et à mesure qu'on discutait, la distance entre nos deux corps se rétrécissait. Ces caresses allèrent de mes mains, remontèrent le long de mes bras, se promenèrent sur mes épaules pour s'arrêter à ma nuque qu'il chatouilla du bout des doigts avant d'y prendre appuie pour m'attirer vers lui et sceller nos lèvres dans un baisé prévisible.
Un peu plus tard, on était déjà sur le chemin du retour. Il me déposa devant chez moi, m'embrassa une dernière fois et je descendis pour remonter chez moi.
J'avais une boule au ventre. Un sentiment que j'avais ignoré tout le long de la soirée mais qui pourtant, persistait à s'imposer. Je remontais dans ma chambre, sans un mot. Hinata fut la première à débouler, et Sakura la suivit sous peu. Elles n'étaient vraiment pas sœur pour rien.
Je leur racontai les grandes lignes du rendez-vous, des cris et des exclamations fusèrent à tout va. Elles finirent tout de même par se calmer et j'ai pu penser à autre chose : Mon devoir de physique. La boule en ventre, toujours présente.
Arrivée Samedi, deux jours après, j'avais à peine avancé dans ma phase de recherche, alors je n'avais clairement pas la tête à sortir. Il insista quand même en prétextant que ce n'était que pour deux ou trois heures et qu'il me ramènera chez moi dès que j'en aurai marre.
L'ambiance a la maison, ce matin, était plutôt terne. Du moins c'est ce que je pensais, avant de pénétrer la chambre d'Hinata, qui elle vivait dans un autre univers. Des vêtements jetés en masse partout dans la chambre, une musique estivale en pleine hiver et une séance d'essayage privée. Il n'y avait qu'Hinata pour être aussi enjouée un Samedi matin à 09h.
C'est quoi tous ces vêtements ?
Je t'ai déjà dit que je sortais.
Où ça ?
Je t'ai déjà que c'est un barbecue, elle se tourna vers moi, c'est Alzheimer ou c'est Sai qui t'a aspiré le cerveau ?
Ni l'un ni l'autre, je veux juste plus de détails c'est tout.
Un ami m'a invité, c'est tout.
Dit-elle tout en balançant son short à l'autre côté de la chambre pour en enfiler un autre.
C'est ton « ami » ou c'est le barbecue qui te rend aussi heureuse ?
C'est une journée ensoleillée à passer avec des amis au bord de la piscine, qui ne serait pas heureux ?
Moi ? Sai m'a invité à une fête avec des amis et je ne suis pas plus motivée que ça.
Tu veux que je t'habille ?
Sans façon.
Tant pis.
Sakura arriva les cheveux en bataille, les yeux à moitié fermés.
Pourquoi vous êtes debout à cette heure ? Hinata c'est un barbecue, pas un petit déjeuner, tu as le temps. Dormez et laisser moi dormir.
Et elle disparut aussitôt. On se regarda Hinata et moi et on se moqua de la mauvaise humeur matinale de Sakura en l'imitant. Elle ne tarda pas de nous crier de la fermer depuis sa chambre.
La matinée se déroula assez rapidement, et bien qu'Hinata ait commencé les préparatifs à 9h du matin, elle a quand même réussi à être en retard et sorti en trompe de l'appartement. Quelques quarts d'heures plus tard, ce fut à mon tour et je rejoins Sai qui m'attendait devant chez nous. Je l'embrassais sur la joue et on se mit en route.
Je me rendis compte, une fois stationnée, qu'il s'agissait de la villa de Sasuke. Et je déglutis, parce que les soirées ne se terminent jamais bien chez Sasuke.
