Chapitre 8

Après une nuit agitée, le colonel Fitzwilliam descendit en hâte le grand escalier de Netherfield. Avalant une tasse de café, il ordonna qu'on lui scelle son cheval lorsqu'il tomba nez à nez avec Mr Darcy qui sortait de la bibliothèque.

« -Vous partez ? Il est encore tôt. Demanda Darcy.

-J'ai quelques affaires à régler. Lui répondit-il avec un regard entendu.

-Ah cette affaire là... Avez-vous entendu, ou vu quelque chose ?

-Je crois qu'il est préférable que je ne vous en dise pas plus pour le moment, et qui sait qui pourrait nous entendre. Retenez simplement que j'ai quelques pistes mais ne m'en demandez pas plus, je ne voudrais pas vous donner de faux espoirs.

-Dans ce cas ne m'en dites pas plus Richard. Je vous fais confiance.

-Je m'étonnes que vous n'insistiez pas plus ! En temps normal vous me forceriez à parler ! Serait-ce votre amour pour Elizabeth qui vous rend plus sage ? Railla le colonel.

-Cessez donc de vous moquer et regardez plutôt qui descend l'escalier, voilà la raison de ma retenue. Soyez assuré que je vous interrogerai à votre retour.

-Voilà qui est fort peu surprenant ! » Sourit le colonel en ajustant sa veste et son chapeau.

Avant que Caroline n'ait eu fini de descendre l'escalier, il s'en alla d'un pas vif en saluant son cousin une dernière fois. Darcy baissa les yeux sur son livre auquel il tentait désespérément de s'intéresser. Réveillé bien avant l'aube, il s'était rendu dans la bibliothèque afin de s'occuper l'esprit. Choisissant au hasard, il avait pris un recueil de poèmes de Lord Byron. Il fut interrompu par les questions de Caroline Bingley.

« -Où le colonel est-il allé ? Il est tout de même tôt ! Il ne peut pas avoir été appelé pour des affaires à cette heure !

-A l'évidence, il a été appelé pour une affaire urgente et qui, je l'espère pour lui comme pour nous, sera réglée rapidement. Répondit Darcy, lassé par les questions de sa fiancée et se levant pour l'accueillir, comme le voulaient les bonnes manières.

-Qu'avons-nous à voir avec les affaires du colonel ? S'exclama Caroline. Je doute que nous soyons au cœur de ses affaires qui l'appellent de si bon matin. »

Pour seule réponse Darcy offrit son bras à Caroline afin de l'escorter jusqu'à la salle du déjeuner.

Ils entrèrent dans la salle à manger en silence, Caroline accrochée au bras de son fiancé toisa le valet qui se trouvait à proximité du buffet tandis que Darcy lui fit un petit signe de tête. Darcy aida sa fiancée à s'installer et alla se placer aussi loin d'elle que les convenances le lui permettaient. Il fut soulagé de voir Caroline commencer à lire ses lettres, il savait qu'il aurait la paix durant le temps du déjeuner. Il reprit alors son ouvrage et l'ouvrit où il avait marqué la page. Il fut alors happé par un court poème.

She walks in beauty, like the night

Of cloudless climes and starry skies

And all that's best of dark and bright

Meet in her aspect and her eyes :

Thus mellow'd to that tender light

Which heaven to gaudy days denies.

One shade the more, one ray the less,

Had half impaired the nameless grace

Which waves in every raven tress,

Or softly lightens o'er her face

Where thoughts serenely sweets express

How pure, how dear their dewelling place.

And on that cheek, and o'er that brow,

So soft, so calm, yet eloquent,

The smiles that win, the tints that glow,

But tell of days in goodness spent,

A mind at peace with all bellow,

A heart whose love is innocent !

She walks in beauty, Lord Byron, 1813.

L'image d'Elizabeth lui vint immédiatement en tête en lisant. Il imaginait sa beauté pure, son sourire innocent et engageant destiné à lui seul. Il l'imaginait déambuler dans les jardins de Pemberley à la nuit tombée, avec pour seule lumière, celle de la lune éclairant ses cheveux d'un noir de gai. Il imaginait Elizabeth, son épouse, étendue dans son lit, l'ombre des flammes du feu dans la cheminée léchant son corps, épousant ses formes et créant une créature tout en ombre et en lumière, délicieuse tentation pour ses yeux et ses mains. A cet instant, il avait envie de la toucher, de la goûter. Mais plus que les tentations de la chair, ce qu'il aimait en elle c'était son esprit, sa beauté unique que beaucoup ne qualifieraient d'ailleurs pas de canon. Mais il voyait sous le tracé d'une joue, à travers un regard, dans une grande simplicité, un calme réconfortant et pourtant si éloquent, un sourire vainqueur et lumineux, empreint de bonté et de malice qui lui apportait la paix. Il aimait une femme, son entrain, mais plus que tout il aimait un cœur dont l'amour innocent et fragile lui semblait inaccessible.

Elizabeth senti son corps frissonner de la tête aux pieds tandis qu'une douce chaleur envahissait lentement son corps. Le jour pointait déjà à travers les rideaux de sa chambre mais elle se refusait à se lever tant la sensation était agréable. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait ressenti une telle sérénité. Allongée sur le dos elle savourait le calme relatif de la maison, seuls les bruits de vaisselles au rez-de-chaussée lui indiquait que la maisonnée était éveillée. Mais elle se refusait à se lever. Car elle rêvait.

Alors qu'elle marchait en compagnie de sa sœur aînée lors de leur promenade quotidienne, elles étaient tombées nez à nez avec Mr Bingley et Mr Darcy. Jane, tout à la joie de retrouver son fiancé avait alors abandonné sa sœur aux bons soins de Mr Darcy. « Prenez bien soin de ma sœur Mr Darcy, je suis sûre que vous trouverez comment vous occuper en notre absence tous les deux » avait-elle lancé avec audace. Abasourdie Elizabeth avait rougi et n'osait lever la tête vers cet homme qui se tenait près d'elle. Trop près d'elle à son goût. Malgré tout, elle devait l'admettre, elle appréciait sa proximité. Sans trop savoir comment elle se retrouva à marcher à ses côtés, tenant le bras qu'il lui avait offert. Aucun d'eux ne parlait mais ce silence n'était pas gênant. Au contraire, le fait de se savoir l'un à côté de l'autre les réconfortaient et semblait leur suffire. Darcy avait alors proposé à Elizabeth de s'asseoir afin de lui permettre de se reposer un peu. Elle ne voyait pas son visage, elle distinguait seulement son torse, ses bras et ses mains puissantes ainsi que sa voix grave et profonde. Fascinée par sa présence, elle s'assit docilement et le laissa s'installer à son coté. Détendue et confiante elle se laissa aller à contempler le paysage qu'elle connaissait par cœur. Elle ne fit aucun mouvement de recul au moment où Darcy saisit sa main pour en caresser le creux ainsi que le poignet. Elle se rendit compte alors qu'ils riaient ensemble, elle ne savait pas de quoi mais ce dont elle était sûre c'était d'entendre son rire et d'apercevoir un sourire sur ses lèvres charnues. Essoufflée à force de rire, elle s'étendit sur l'herbe verte et mousseuse afin de reprendre ses esprits. Elle fut éblouie par le soleil et dissimula le haut de son visage avec son bras. Elle ne voyait plus l'homme qui se trouvait à ses côtés mais elle pouvait sentir sa présence par toutes les fibres de son corps. Elle ressentait sa puissance, sa confiance et son odeur enivrante, musquée et boisée. Alors qu'elle l'entendit emmètre ce qui lui semblait être le début d'un rire, elle ne put s'empêcher de sourire et de se crisper quelque peu en le sentant se rapprocher d'elle. Elle vit alors une ombre se pencher au-dessus d'elle et c'est alors qu'elle le senti, au plus près d'elle, dans son intimité la plus précieusement protégée. Lentement il se rapprochait d'elle jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de sa bouche. Elle ferma les yeux et tourna la tête pour lui permettre un meilleur accès. Délicatement il posa ses lèvres sur les siennes pour lui donner un premier baiser rempli de tendresse et d'amour. Lorsque qu'il se redressa, Elizabeth se dit que ce premier baiser avait été parfait mais trop court à son goût. Elle fut davantage satisfaite quand il déposa un dernier baiser chaste sur ses lèvres.

Elle fut alors réveillée en sursaut par les couinements de ses deux jeunes sœurs et de sa mère. Frustrée qu'il ne s'agisse que d'un rêve, elle se leva lentement, enfila sa robe de chambre et descendit rejoindre sa famille, l'air rêveur.

Après avoir lu la lettre de sa mère dans laquelle Caroline ne trouva rien de nouveau ou d'intéressant et qui ne vaille une réponse immédiate, la jeune femme ouvrit le courrier express arrivé le matin même. La lettre est de Fanny Merkham, que peut-elle avoir de si urgent à me dire ? Pensa-t-elle. Va-t-elle encore me questionner sur les sentiments de mon fiancé, ça je ne l'espère pas. Agacée, elle commença sa lecture.

Ma chère Miss Bingley,

Je vous dois tout d'abord des excuses, je n'aurais pas dû m'immiscer dans votre vie privée de la sorte, c'était inconvenant, acceptez mes plus plates excuses.

Si vous dites que votre fiancé est épris de vous, soit ! Je ne poserai plus de questions.

Si je vous envoie cet express c'est pour vous demander une faveur. J'aimerais beaucoup apprendre à connaître votre fiancé, je l'ai seulement aperçu, nous n'avons échangé que quelques mots mais je dois dire qu'il m'a intrigué ! Verriez-vous un inconvénient à me présenter davantage celui qui a su ravir votre cœur ?

Mon cher époux étant absent encore un mois si ce n'est plus, je n'ai guère de distraction plus attrayante que celle de visiter mes amies.

Dans l'attente de votre réponse,

Bien à vous,

Fanny Merkham.

Caroline reposa la lettre avec un rire. Pleine d'orgueil à l'idée d'avoir pu contrer aussi facilement les interrogations de Mrs Merkham, Caroline décida qu'elle ne voyait aucun inconvénient à la recevoir. Ainsi elle souhaite me rendre visite ? Qu'il en soit ainsi. Mais elle va savoir que mon frère a demandé Jane Bennet en mariage et que celle-ci a eu l'audace d'accepter ! Que faire... Elle poussa un soupir d'agacement. Au diable les Bennet ! Je ne vais pas gâcher une occasion de pouvoir montrer au grand jour que je suis fiancée à Darcy ! Qu'elle vienne, je la sais influente dans notre cercle d'amis, elle répandra la nouvelle, elle qui est si friande de ragots.

Prise par ses pensées, Caroline se leva brusquement en rassemblant ses lettres à la hâte et s'en alla écrire une réponse à Mrs Merkham, dans laquelle elle l'enjoignait à venir dès qu'elle le souhaitait et parmi d'autres formules de convenance et de politesse lui glissa qu'elle serait ravie de la recevoir. Elle ne fit pas même attention à Mr Darcy, qui surprit par le bruit qui l'avait sorti de sa torpeur rêveuse, n'eut pas le temps de se lever au moment où Caroline quitta la table.

Le colonel Fitzwilliam arriva tôt au campement du régiment de Meryton. Un calme relatif régnait encore parmi les officiers et les soldats. Il ordonna que l'on s'occupe de sa monture et il se dirigea vers l'entrée du campement où deux soldats, le voyant arriver se redressèrent et le saluèrent. Ils avaient visiblement été surpris par l'arrivée du colonel de si bonne heure, d'autant qu'aucune missive prévenant de l'arrivée de celui-ci n'avait été envoyée.

« -Je souhaiterais m'entretenir avec votre supérieur en charge sur le champ. Exigea-t-il.

-Le colonel Foster est encore dans sa tente Monsieur, il est tôt. Lui répondit le soldat.

-Je le sais parfaitement ! Mais je sais aussi que le colonel est très demandé dans la journée et qu'il est difficile de le voir. D'où ma venue si tôt.

-Je vais aller le prévenir dans ce cas Monsieur. »

Puis le soldat disparu dans la tente du colonel Foster. Quelques instants plus tard il ressortait et tenait la tente du colonel ouverte.

« -Le colonel Foster va vous recevoir colonel. Il vous demande d'entrer.

-Merci » Répondit le colonel avant d'entrer dans la tente.

Il se retrouva nez à nez avec un homme d'une cinquantaine d'années, le front dégarni et à la mine soucieuse mais ayant gardé toute la vigueur de sa jeunesse. Il leva des yeux fatigués vers le colonel et lui indiqua un siège.

« -Entrez, entrez donc, asseyez-vous colonel Fitzwilliam. Lui dit le colonel Foster.

-Pardonnez mon intrusion si matinale, mais...

-Ne vous en faites pas ! J'étais en pleine lecture de rapports sur l'approvisionnement des troupes auxiliaires basées en Belgique lors de la bataille de Waterloo. Voilà trois jours que je n'ai pas fait autre chose ! C'est fascinant je dois dire, Wellington s'est surpassé ! Mais vous êtes plus que bienvenu ! Que puis-je donc faire pour vous ?

-Je viens vous entretenir de plusieurs de vos recrues, j'ai entendu une conversation hier au Rose and Crown qui me laisse à penser que la vertu de plusieurs jeunes filles est en jeu.

-Voilà une affaire des plus sérieuse, je n'aimerais pas que le nom de ma jeune épouse fût porté en diffamation avant notre mariage... Ainsi vous pensez qu'il s'agit de l'un de mes soldats ?

-Pas d'un de vos soldats, mais de deux. Peut-être trois.

-Trois ? Que mes hommes profitent des charmes de certaines jeunes filles peu recommandables voilà qui ne me surprend guère mais que trois d'entre eux mettent en danger la réputation de jeunes filles ! Cela me laisse sans voix... Et de qui parlons-nous au juste ?

-Je tairais les noms des jeunes filles pour des raisons que nous connaissons bien. Ma source au pub m'a donné deux noms : Phillis et Peterson. Elle n'a cependant pas pu me donner le nom du troisième soldat bien que j'avoue avoir une idée sur l'identité de ce personnage.

-Au vu des noms que vous venez d'énoncer, je puis aisément vous dire que le troisième compère se nomme George Wickham. Ils sont inséparables.

-C'était précisément vers lui que se tournaient mes pensées. »

Après un instant de silence où les deux colonels se dévisagèrent gravement, le colonel Foster demanda :

« -Puis-je vous demander ce que vous avez entendu qui vous laisse penser qu'ils sont en mauvaise posture avec ces jeunes filles ?

-Assurément. La jeune serveuse semblait avoir de tendres pensées en ce qui concerne Phillis et Peterson, ils ne fréquentent que les filles de petite vertu, d'après ce que j'ai entendu de leur conversation. Ils parlaient d'un certain George qui avait réussi à s'attirer les faveurs d'une jeune fille de bonne réputation.

-Ce que vous me dites sur Phillis et Peterson ressemble bien à leurs habitudes. D'ailleurs... »

Le colonel Foster se leva en faisant signe au colonel Fitzwilliam de patienter et sorti quelques instants de sa tente. Intrigué, le colonel Fitzwilliam le regarda partir et resta assis dans son siège, pensif.

Il sursauta en entendant les colonel Foster entrer d'un pas décidé.

« -C'est bien ce que je pensais...

-Quoi donc ? Interrogea le colonel Fitzwilliam.

-Phillis et Peterson. Ils sont rentrés ivres hier au soir, tard. Ils n'ont pas même cherché à se cacher de la sentinelle. Mais ils n'étaient pas avec Wickham.

-Me voilà bien avancé, merci pour votre confirmation. Je ne puis malheureusement pas les interroger sur Wickham et cette jeune fille.

-Assurément, ils refuseraient de répondre. Néanmoins vous pouvez interroger la sentinelle. J'ai une confiance totale en ce jeune homme, il a des yeux partout. Son tour de garde se termine dans une demi-heure, en attendant qu'il ne nous rejoigne, prenez de quoi vous restaurer et racontez-moi en détail cette affaire. »

La demi-heure durant laquelle les deux colonels discutèrent d'un air grave s'écoula rapidement et la sentinelle fit son entrée avec le respect dû à ses supérieurs.

« -Vous souhaitiez me voir mon colonel ?

-Tout à fait oui. Voici le colonel Fitzwilliam, il aurait quelques questions à vous poser, aussi je vous demande d'y répondre sans détour et aucun mensonge ne saurait être toléré, m'entendez-vous bien ?

-Parfaitement mon colonel.

-Bien. Colonel Fitzwilliam je vous en prie. Je souhaiterais tout de même assister à cet entretient afin de savoir plus précisément ce qu'il en est de l'état de mes troupes.

-Assurément. Je ne serai pas long. Soldat, lors de vos rondes nocturnes avez-vous remarqué des déplacements inhabituels de la part d'officiers ou de recrues ?

-Rien qui ne sorte de l'ordinaire mon colonel, je sais qui est autorisé à sortir lors des permissions du soir, je connais les habitudes de chacun et les heures d'allées et venues de tous.

-Et que pouvez-vous me dire sur les habitudes de Phillis, Peterson et Wickham ?

-Ah ces trois-là ! Ils sont toujours fourrés ensemble mon colonel. Ils aiment aller au pub et le plus souvent rentrent à trois mais ces derniers temps Wickham revient à l'aube, bien après que les deux autres ne soient rentrés. Et il arrive toujours du même côté, de l'est mon colonel.

-Oui vous confirmez mes informations. Et lorsque Wickham revient, est-il seul ? Ne lui connaissez-vous aucune conquête féminine ?

-Oui mon colonel, toujours seul. Pour ce qui est des conquêtes, Wickham est toujours accompagné de jolies dames. Je ne l'ai vu revenir avec aucune, le règlement l'interdit. Mais il y a tout de même une femme qui a attiré mon attention lors de mes permissions car elle était bien plus distinguée que les autres et je l'ai vu accompagner Wickham à plusieurs reprises en ville.

-Voilà qui pourrait m'être utile. Dites-m'en plus. La connaissez-vous ? Savez-vous son nom ?

-Non Monsieur, je ne la connait pas et je ne sais pas son nom.

-Sauriez-vous la décrire dans ce cas.

-Oui mon colonel. C'était une femme qui semblait bien née, je l'ai vu à ses vêtements et son attitude, elle était bien éduquée. C'était une femme aux traits durs mais somme toute assez jolie avec ses cheveux bruns mais son attitude m'a contrarié car elle était loin d'être avenante et semblait même toiser son monde. Je me souviens l'avoir vu monter dans une voiture tirée par deux chevaux, un blanc et un noir.

-Est-ce tout ce dont vous vous souvenez ? N'avez-vous pas plus de détails la concernant ? Un détail physique particulier, n'importe quoi !

-Mon colonel je crois avoir répondu de mon mieux. Je peux seulement ajouter qu'elle portait une toilette des plus originales, un peu comme ces femmes orientales avec un turban surmonté d'une plume gigantesque. La couleur pourrait aussi vous aider, puisque la toilette était orange et la ceinture rouge.

-Voilà qui est beaucoup mieux ! Vous souvenez vous la direction qu'a pris la voiture ?

-Le soleil se couchait au moment de son départ, la voiture s'est éloignée vers l'est mon colonel. Voilà tout ce que je sais.

-Et vos informations sont précieuses, je pense en avoir suffisamment entendu. Si quoi que ce soit concernant cette conversation ou Wickham vous revient en tête, je vous prie de prévenir immédiatement le colonel Forster qui se chargera de me transmettre vos informations.

-Bien mon colonel. »

Les deux colonels restèrent ensuite seuls à repenser aux informations du jeune soldat. L'un pensait au cours de discipline qu'il allait devoir dispenser à ces deux mules de Phillis et Peterson quand l'autre se demandait comment il allait retrouver cette femme à la toilette orange parmi toutes les conquêtes de Wickham. L'air soucieux, le colonel Fitzwilliam s'assura du soutien et de la discrétion de son homologue et pris congé rapidement.