Chapitre seize

Sed, qui me defendet ab me terribilissimo ipse ?

A 16 heures ce jeudi-là, le cortège funéraire avait pris la direction de l'arrière-cour du manoir des Malefoy et avait emmené le cercueil jusqu'à une stèle de marbre blanc particulièrement imposante. Aux côtés d'Abraxas et de son épouse, Lucius Malefoy reposerait en paix pour l'éternité parmi les tourbillons de feuilles dorées et les ormes majestueux qui faisaient ombre aux dalles mortuaires. L'épitaphe de sa tombe était gravée en lettres d'or, et l'inscription indiquait : « Sed, qui me defendet ab me terribilissimo ipse* ? ». L'enterrement s'était déroulé dans la plus grande intimité, et seuls Narcissa, Bellatrix et Drago avaient été autorisés à assister aux funérailles. Au plus grand soulagement du garçon, Voldemort n'avait pas fait d'apparition et il se surpris à espérer qu'il ne le verrait peut-être pas de cette macabre journée, d'autant plus que les deux aurors présents, Gawain Robards et un autre dont il ignorait le nom, n'auraient pas apprécié la présence du mage noir à la petite fête. Lorsque la famille eut rejoint la demeure, après que le Maître de cérémonie ait quitté les lieux, une foule de personnes se pressait devant l'entrée. Ils avaient été invités à participer au banquet funéraire, en guise de dernier hommage à leur ami mangemort. Drago reconnut les Carrow, Jugson, les frères Lestrange, Macnair, Mulciber, Nott et son épouse, Rookwood, Rowle, Selwyn, Yaxley et Travers.

« Est-ce qu'ils ont perdu la tête ? » Murmura-t-il à sa mère.

Pour toute réponse, elle serra son avant-bras, les larmes aux yeux et les salua d'une voix glaciale d'où transperçait un mépris non dissimulé. Ils entrèrent un à un et les aurors, stupéfaits, eurent l'air sur le point de tirer leurs baguettes lorsque les Malefoy les prirent à part.

« Madame Malefoy, je vous présente toutes mes condoléances. » Affirma Robards.

Le regard qu'elle lui lança à cet instant aurait suffi à le réduire en cendres si elle avait eu des éclairs à la place des yeux.

« Vos condoléances m'importent peu. Vous méritez votre place à Azkaban pour avoir forcé mon mari à boire ce véritasérum ! » Cracha-t-elle avec dédain.

« Je ne tolère pas les actions du Département de la Justice Magique mais… »

« Je me fiche de vos convictions monsieur Robards », elle le toisa comme s'il s'était agi d'une bouse de dragon particulièrement odorante, et l'autre auror se ratatina sur lui-même. « Vous avez tué mon mari en utilisant des pratiques illégales, je devrais vous emmener vous-même devant le magenmagot ! »

« Vous avez tout à fait le droit de détester mes collègues pour cela, mais dois-je vous rappeler que votre mari a commis deux meurtres sur des jeunes femmes encore mineures ? » Il avait haussé le ton de sa voix, et plusieurs mangemorts s'étaient retournés vers lui, l'air menaçant.

« Un seul », coupa Drago, « il n'a commis qu'un seul meurtre. »

« Et il était complice d'un autre, c'est presque pareil aux yeux du Ministère de la Magie. Je ne suis d'accord en rien avec les initiatives de mon département, cependant, votre père risquait bien pire que la mort, alors je dirais qu'il a eu de la chance en mourant ainsi ! »

Narcissa Malefoy manqua de s'évanouir et son visage prit une couleur translucide. Son fils lui apporta une chaise sur laquelle elle se laissa tomber.

« Pourquoi êtes-vous venus chez moi aujourd'hui, monsieur Robards, si votre dessein est seulement d'insulter la mémoire de mon père ? » Demanda hargneusement le Serpentard, la main crispée sur sa baguette à l'intérieur de son costume.

« Pour vous annoncer officiellement la cause du décès de votre père : il avait contracté un serment inviolable avec quelqu'un et l'a trahi en parlant d'une des choses qu'il a dites à son procès. » Sa voix s'était radoucie. « Savez-vous qui était l'autre détenteur de ce serment ? »

Drago regarda sa mère, anxieux. Ils avaient tous les deux la même idée en tête, mais ne pouvaient définitivement pas la partager avec l'auror.

« Non, absolument pas », finit par répondre madame Malefoy.

« S'il s'agit de Vous-Savez-Qui… »

« Vous ne pourriez rien faire, et nous non plus. » Coupa Drago.

Gawain Robards scruta un moment le garçon, et se rendit compte qu'il avait parfaitement conscience de qui était Voldemort, de la crainte et du désespoir qu'il inspirait, et de la difficulté qui existait pour se défaire de ses griffes. Il était de notoriété publique que Lucius Malefoy ait été un mangemort, mais son fils ? Etait-il adepte de la magie noire et de la pureté du sang, comme l'avait été son père ? Probablement pas, ou, du moins, pas autant. Avait-il voué une fidélité éternelle à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Il ne l'espérait pas non plus. En le regardant, il voyait à quel point il avait peur, à quel point la présence de tous ces mangemorts l'incommodait et, surtout, à quel point il semblait vidé de toute substance. Madame Malefoy avait l'air malade à en mourir, et Drago, dont les yeux gris fixaient la bande de mangemorts qui s'étaient rués sur le buffet, paraissait en permanence tout près de s'effondrer.

« Je vous remercie de votre franchise, et vous présente encore une fois mes plus sincères condoléances. »

Son collègue et lui disparurent au bout du chemin, dans la nuit qui commençait à tomber sur le manoir et le reste des Malefoy retourna auprès de ses invités. Drago constata avec dépit que plus on souhaite qu'un évènement se termine, plus le temps passe avec une vitesse singulièrement lente. La montagne de nourriture diminuait de minutes en minutes, les bouteilles de vin et de whisky pur feu s'amenuisaient crescendo, au même titre que le savoir-vivre de quelques-uns des mangemorts et, bientôt, l'atmosphère étouffante et glaciale se remplissait de rires et de remarques grivoises. Ils étaient, pour la plupart, complètement saouls. Le rouge lui montant aux joues, il entreprit de les chasser définitivement de sa demeure lorsqu'une bourrasque de vent traversa la salle à manger. Il vit alors tous les mangemorts s'incliner bien bas et su que derrière lui se trouvait ce qu'il redoutait le plus.

« Drago ! Tu ne m'accueilles pas comme il se doit ? »

Le garçon se retourna, courba l'échine et baissa les yeux. Voldemort s'approcha de lui de sa démarche ondulante, et tendit sa main décharnée que Drago embrassa avec dégoût. Ce contact était bien loin de la bouche délicieuse d'Hermione.

« J'aimerais que tu m'accompagnes jusqu'à la tombe de ton père. »

« Oui, Maître. »

Sous les regards interloqués – ou courroucés – des mangemorts, ils sortirent de nouveau jusqu'au cercueil fraichement recouvert de Lucius Malefoy. Quelques oiseaux étaient en train de picorer sur le tas de terre, et Nagini, le serpent de Voldemort, s'approcha furtivement avec l'espoir d'en dévorer un ou deux.

« Tu es maintenant le maître de famille, Drago. Du moins, jusqu'à ce que ton fils te remplace un jour. J'espère que tu montreras plus de dévouement que ton prédécesseur, ainsi que plus d'honnêteté. »

Le sorcier à la tête de serpent le fixa intensément. Drago sentait que ses dernières paroles n'étaient pas à prendre à la légère, et il continua de scruter l'écriteau doré de la stèle.

« Un de mes fidèles m'a rapporté qu'il avait vu la sang-de-bourbe Hermione Granger se promener librement dans les rues du chemin de traverse. »

Le garçon sentit un froid inhabituel lui remplir les entrailles, et ce fut comme s'il venait de recevoir une gifle au visage.

« Pardonnez-moi, Maître, j'aurais dû vous prévenir. »

« Que tu avais relâché notre hôte ? »

Ses yeux rouges commençaient à trembler et sa bouche inexistante frémissait sous les premiers pans de colère.

« Elle est à Poudlard, je vous l'assure, Maître. Elle ne s'est enfuie que le temps de la fouille des aurors. »

Voldemort resta silencieux, ses pupilles transversales toujours fixées sur le blond. Une goutte de sueur lui parcouru l'échine, et les traits de son visage se contractèrent sous l'effort qu'il dû fournir pour maintenir son esprit clos.

« Pourquoi me fermes-tu ton esprit Drago ? Aurais-tu des choses à me cacher ? »

« Non, Maître, je vous l'assure. Ma tante m'a appris que tout bon sorcier se devait d'être aussi un bon occlumens. »

« Elle est incorrigible », dit-il dans un ricanement à glacer le sang, « mais elle est sans doute la plus dévouée à notre cause. »

Il marqua une pause, faisant apparaître un bouquet de chrysanthèmes noires au pied de la tombe.

« Sais-tu pourquoi cette fille est indispensable ? »

« C'est elle qui amènera Potter jusqu'à vous », répondit Drago, le cœur serré.

« Exactement. D'ici quelques mois, j'aurais de mon côté le Ministère de la Magie, Poudlard, Dumbledore sera mort (il appuya un regard plein de sous-entendus au garçon) et Potter également. »

« Puis-je vous demander, Maître, pourquoi ne pas avoir tenté d'échanger cette fille contre Potter dès que vous l'avez eu auprès de vous ? »

Ils avancèrent de quelques pas, tournant le dos au cimetière pour faire face à l'immense bâtisse.

« Il faut parfois savoir faire preuve de patience. Les alliés de Dumbledore sont encore trop nombreux au Ministère, et l'Ordre du Phénix protège bien Potter, mais ils ne peuvent pas le protéger de lui-même. Lorsqu'il sera le plus vulnérable, après la mort de Dumbledore, après une année à croire son amie morte, il n'hésitera pas à se jeter dans la gueule du loup pour éviter que d'autres ne meurent. C'est son plus grand point faible : l'amour. »

Drago entendit ses dernières paroles résonner dans son esprit, comme si ce dernier mot faisait écho à sa propre situation, et, sans trop savoir pourquoi, il pensa à Hermione, qu'il savait la clef entre le bien et le mal, la paix et le chaos.

« Tu m'as désobéi, Drago. »

Ce dernier sortit de sa rêverie.

« Maître ? »

« En faisant fuir cette sang-de-bourbe à travers les rues de Londres, tu aurais pu la perdre définitivement, elle aurait pu être reconnue, ou s'enfuir. »

« Elle est toujours sous mes ordres… »

Voldemort leva la main.

« Tu as envoyé une lettre indiquant qu'elle était toujours avec toi à Bellatrix, or tu viens de m'avouer que ce n'était pas le cas. Pourquoi avoir menti ? »

Drago bégaya. Il ne pouvait décemment pas avouer qu'il l'avait fait pour la protéger. Il voulut répondre, mais sa bouche ne bougea pas.

« Endoloris ! »

Le cri fusa à travers les bois et des oiseaux s'envolèrent de la cime des arbres. Accablé par la douleur, le garçon tomba sur le sol, tentant d'abord de résister à la sensation de brûlure qui envahissait son corps et sa tête, puis finit par céder aux affres de la détresse qui le submergeaient. Des milliers de couteaux chauffés à blanc s'enfonçaient dans sa chair, son cerveau se serrait sous de violentes contractions, il avait envie d'en finir, que Voldemort le tue pour abréger son supplice. Il vit le visage d'Hermione, ruisselant de larmes après qu'elle-même ait vu passer la mort au-dessus d'elle, et se demanda si elle le pleurerait. Enfin, sa cage thoracique se libéra et il eut la sensation de respirer sa première bouffée d'air frais depuis des heures.

« La fille me sera amenée à ton prochain retour de Poudlard, et nous la garderons en des mains plus sûres que les tiennes. Tu as jusqu'à cette date pour la discipliner et prouver une dernière fois ta fidélité. »

Drago resta étendu sur l'herbe humide, le corps encore tremblant de spasmes et de courbatures, ferma les yeux et huma l'odeur de la terre. Il aurait voulu mourir en cet instant, et son estomac se tordit douloureusement en pensant à Hermione qui, il le savait, ne serait en réalité jamais libérée contre Harry Potter.

* « Cependant, qui me protège du Moi qui est le plus terrible ? »

« … »

Le mois de mars arriva à grand pas à Poudlard. La neige avait définitivement quitté les jardins, laissant place au gel et aux vents si froids qu'ils donnaient une sensation de coupure sur les peaux mises à nues des élèves de la serre numéro 4. Les cours de botaniques apparaissaient comme un réel soulagement aux yeux des 6ème années, car les programmes des autres matières étaient tellement intenses qu'ils avaient l'impression de suffoquer sous le poids du travail. Harry, Ron et Ginny, debout face à un Snargalouf particulièrement teigneux, bataillaient furieusement contre une des branches qui s'agitait dans tous les sens, visiblement mécontente qu'on tente de lui retirer ses gousses. Si la botanique n'était pas le cours préféré de Harry, il restait néanmoins un des plus commodes pour parler en toute discrétion, les élèves étant trop occupés à leurs tâches pour entendre autre chose que les cris impétueux des plantes magiques.

« Ma prochaine leçon avec Dumbledore est lundi soir, et je n'ai toujours pas trouvé le moyen de recueillir le souvenir de Slughorn », pesta Harry en évitant de justesse le coup de liane d'un Snargalouf.

« Ce n'est pas faute de t'avoir prévenu ! » Tempêta Ginny.

« Lâche-le un peu Gin', il a eu beaucoup à faire avec le match de Quidditch contre les Serpentards », répondit Ron en jetant un regard noir aux Serpentards qui se débattaient eux aussi contre la végétation.

« Moi aussi, et ça ne m'empêche pas de faire le travail qui m'est demandé à côté ! »

Ron laissa échapper une gousse qui alla s'écraser contre la verrière derrière lui.

« Je lui parlerai après le cours de potions d'aujourd'hui », finit par dire Harry en haussant les épaules.

A son grand désarroi, la journée fila comme un éclair de feu, et avant qu'il ait eu le temps de penser à comment il allait s'y prendre pour convaincre le professeur de potions de lui livrer son souvenir, ils se retrouvèrent seuls. Leur échange fut bref, Harry tortillant ses doigts sous sa cape alors que les paroles que Voldemort avait dit un demi-siècle plus tôt sortaient de sa propre bouche.

« C'est ce que vous avez dit à Tom Jedusor il y a 50, n'est-ce pas ? » Conclut-il après avoir tout récité d'un seul trait.

« C'est Dumbledore qui vous envoie, c'est cela ? Et bien il a tort, car je ne vous dirais rien du tout ! »

La main de Slughorn fendit l'air en signe de protestation et il disparut à travers l'embrasure de la porte. Harry, dépité, abaissa ses épaules qu'il avait maintenu haussées par la tension et soupira. Non seulement il n'avait pas obtenu de réponses, mais en plus, il s'était mis son professeur à dos. Il prit la direction de la tour de Gryffondor, l'air accablé, ne prêtant même pas attention au chevalier du Catogan qui courrait à travers les tableaux, l'accompagnant à grands coups de « Maroufle ! » ou encore « Godelureau ! ». Après avoir enjambé le portrait de la Grosse Dame, il traversa la salle commune bondée en esquivant les frères Crivey qui lui couraient après en lui demandant : « Tu vas bien Harry ? Viens t'asseoir avec nous ! On a acheté des crèmes canaries du magasin Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux ! », puis monta directement dans ses dortoirs. A sa grande surprise, Ron était assis face à la fenêtre et lui tournait le dos. Visiblement, il était en grande contemplation du ciel étoilé.

« Elle est magnifique n'est-ce pas ? La lune. » Dit alors le rouquin, un sourire aux lèvres.

Harry le regarda, incrédule, et tourna les yeux vers son lit. Une boite de chocolat y était posée, et un monticule de papier jonchait le sol.

« Tu t'es offert quelques douceurs à ce que je vois », affirma-t-il en se penchant pour ramasser les déchets.

Ron se releva rapidement sur ses jambes, comme une grenouille qui s'apprête à bondir, et s'approcha très près de son ami, le couvercle de la boite de confiserie en forme de cœur collé contre lui.

« La boite était sur ton lit, alors j'ai voulu en essayer un ou deux. »

« Ou vingt », ajouta Harry.

Le rouquin le regarda d'un air rêveur, un sourire béat toujours accroché sur son visage.

« Tu crois qu'elle sait que j'existe ? » Interrogea Ron sans préambule.

« Bien sûr que oui, ça fait des mois que vous vous bécotez. »

« Bécotez ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils, « mais de qui est-ce que tu parles ? »

« Et toi de qui tu parles ? »

« De Romilda Vane bien sûr ! »

« Très drôle », marmonna Harry en continuant son ménage.

Soudainement, une vive douleur à la tête lui fit relever le menton. Ron venait de lui lancer la boîte de chocolat à l'arrière du crâne.

« Non mais qu'est-ce qui te prend ?! » S'énerva-t-il.

« Il n'y a rien de drôle ! Je l'aime ! » Répondit Ron en hurlant.

« Très bien ! L'as-tu jamais rencontré ? »

« Non… Tu me la présenterais ? »

Harry, abasourdi, le fixa sans comprendre puis aperçut la carte sur son lit. Elle était signée du nom de Romilda. Il comprit alors que Ron était en proie à un philtre d'amour.

« Viens », lui ordonna-t-il en l'attrapant par le bras, « je vais te la présenter. »

Ils descendirent d'étage en étage, passant devant les fenêtres recouvertes de gel et les torches éternelles qui lévitaient le long des murs. Harry regrettait de ne pas avoir mis de pull, car même à l'intérieur du château, l'air était glacial. Il lui sembla d'ailleurs voir une ou deux armures grelotter. Lorsqu'ils arrivèrent devant les cachots, la porte de la salle de classe était fermée et plongée dans le noir, mais celle des appartements de Slughorn laissait passer un halo de lumière et de chaleur le long de ses contours. Harry frappa, anxieux, et vit la porte s'entrouvrir de quelques centimètres.

« Ah c'est vous Potter », grommela le professeur de potions.

Il gardait l'entrebâillement inutilement étroit, comme s'il avait peur qu'il l'attaque. Sa grosse moustache de morse frémissait au-dessus de sa bouche.

« Pardonnez-moi professeur, je ne vous dérangerais pas si ce n'était pas aussi urgent, mais… » Harry baissa la voix pour que Ron ne l'entende pas, « mon ami a bu un philtre d'amour particulièrement puissant. »

« Romilda ? » S'enquit alors le rouquin en passant la tête par-dessus l'épaule du garçon.

« Faites-le entrer ! »

A peine eurent-ils franchi le seuil de la porte que Slughorn s'affaira à préparer une décoction. Il piochait dans divers tiroirs et meubles éparpillés un peu partout dans la pièce, et Harry s'étonna qu'il n'ait pas sa propre réserve dans un renfoncement du château.

« Doué comme vous êtes, j'aurais pensé que vous lui auriez concocté vous-même une potion ! »

« Oh », balbutia-t-il, « je me suis dit qu'il valait mieux un homme d'expérience pour ce genre de remède. »

Slughorn hocha vivement la tête, les yeux toujours rivés sur sa mixture.

« Je tenais à m'excuser », continua le garçon, « pour ce que j'ai dit tout à l'heure. Je ne voulais pas vous offenser monsieur. »

« Ce n'est rien, ce n'est rien, de l'eau a coulé sous les ponts depuis ! »

Il agita sa main devant lui en mimant un coup de vent. Derrière eux, Ron, qui s'était assis sur le dossier du canapé, tomba à la renverse mais lorsqu'ils accoururent vers lui, il affichait toujours un immense sourire dévot.

« Tenez Wallenby, buvez ça cul sec ! » Adjura le professeur de potions.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Un tonique pour les nerfs. »

Sans poser plus de questions, Ron avala le liquide d'une traite. Son visage, qui, jusque-là, était teinté d'un rose soutenu et ornait une expression d'extrême félicitée, perdit peu à peu de ses couleurs et sa bouche s'affaissa en une moue d'incompréhension.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda-t-il sans comprendre.

« Tu as bu un philtre d'amour », répondit Harry.

« Et fichtrement costaud ! » Renchérit Slughorn, « il vous faut un remontant, j'ai ce qu'il vous faut. » Il attrapa une bouteille rangée un peu plus loin sur un if et se retourna vers eux, l'air gourmand. « J'ai un excellent hydromel vieillit en fut ! Je destinais cette bouteille à autre chose mais vu les circonstances… »

L'homme déboucha une bouteille à l'aspect vieilli, dont l'étiquette grisâtre commençait à tomber en lambeaux, et versa son contenu dans trois verres à pieds qu'il tendit respectivement à ses élèves puis, levant haut sa propre coupe, s'exclama :

« A la vôtre ! »

Mais avant qu'Harry ait pu goûter à l'hydromel, il vit Ron s'effondrer sur le sol. Son corps fut pris de spasmes et de convulsions, de l'écume lui sortait de la bouche, ses yeux roulaient dans ses orbites et sa respiration devenait saccadée. Harry se précipita sur lui, appelant son nom.

« Ron ! Ron ! Professeur, faites quelque chose ! » Hurlait-il.

« Je ne comprends pas ! »

Harry se releva précipitamment et alla fouiller frénétiquement dans tous les tiroirs qu'il trouvait. Il cherchait, il ne savait pas quoi, mais il cherchait quelque chose. Un antidote, un remède, une pierre… Sur le sol, Ron suffoquait, et on n'entendait plus que sa respiration sifflante qui fendait l'air. Il le trouva finalement, au fond d'une petite boîte de fer, cachée parmi les décombres de fleurs séchées et d'ingrédients secs. Tenant le bézoard bien en main, il se jeta sur son ami et lui enfonça la pierre au fond de la gorge. Pendant quelques secondes durant lesquelles Ron ne bougea et ne respira plus, Harry fut pris de panique et pensa aussi fort qu'il put : « ne sois pas mort, je t'en prie, réveille-toi ! ». Un crachotement indistinct puis une toux violente saisit Ron et il se redressa sur ses coudes, le teint livide et les yeux injectés de sang.

« Ces filles, elles veulent toutes me tuer. »

« … »

Hermione était revenue depuis près d'un mois et demi dans la salle-sur-demande, et elle ne supportait plus tous les cliquetis et les bourdonnements permanents qui résonnaient à ses oreilles nuit et jour. L'aspect vivant de la salle, bien qu'il fut un élément de charme au début où elle y vivait, était désormais un casse-tête sempiternel dont les ronflements rythmaient ses journées de façon monotone. En dehors de la grande fenêtre arquée, elle n'avait pas de contact avec le monde extérieur, et même le quotidien de la Gazette du Sorcier lui parvenait plus rarement, aussi souvent que les visites de Drago. Si à son retour il avait été profondément soulagé de la voir, il avait depuis, en revanche, espacé ses venues et se montrait à chaque fois un peu plus distant. Hermione se demandait parfois s'il regrettait leur baiser, s'il n'avait pas apprécié, ou encore s'il n'avait été partagé que sous le coup de l'émotion. « Non », pensa-t-elle, « il m'a embrassé même après qu'il ait eu la certitude que je sois en vie. » Une autre voix lui répondit cependant : « oui, quand il a compris que son père était mort ». Un nœud crispa son estomac et elle sentit le poids de la déception retomber dans son ventre. Ils n'avaient pas reparlé de cet instant intime, et elle n'était pas sûre qu'il ait envie de le faire. Néanmoins, elle ne comptait pas se laisser entrainer par la réputation de lâche des Serpentards et avait la ferme intention d'avoir une discussion claire avec lui, ne serait-ce que pour son bien à elle. Mais maintenant qu'il n'avait plus à réparer l'armoire à disparaitre, Hermione se demandait quand il comptait revenir. La gazette qui lui était parvenue la veille indiquait le 1er mars, et il n'avait pas pointé le bout de son nez depuis au moins une semaine. En dépliant de nouveau le journal, elle eut un pincement au cœur. Hier, c'était l'anniversaire de Ron, le premier qu'elle ne fêtait pas avec lui depuis 6 ans. L'idée saugrenue de lui faire porter une carte anonyme lui avait vaguement traversé l'esprit, avant de s'évaporer aussi rapidement qu'elle était arrivée. La captivité la rendait définitivement lente d'esprit, s'était-elle dit. Il devait être aux alentours de 18 heures passées lorsque le « plop » habituel de Wilzby qui lui apportait son repas retentit.

« Bonsoir Wilzby », la salua Hermione.

« Bonsoir Madame Hermione ! » Couina l'elfe en se précipitant vers elle, un plateau rempli de pot-au-feu et de bouillabaisse au-dessus de sa tête.

Elle lui tendit son repas en baissant respectueusement la tête et la jeune fille en fut désolée. Elle n'aimait pas que Wilzby se comporte avec elle comme si elle était sa maitresse.

« S'il te plait Wilzby, relève-toi, tu sais bien que tu n'as pas besoin de me faire des courbettes. »

« Pardonnez Wilzby, Madame », répondit-elle sur un ton d'excuses, « c'est que Wilzby a toujours servi ses Maîtres de cette manière ! »

« Ce n'est pas grave », soupira Hermione. « As-tu des nouvelles de Drago ? »

« Oh Wilzby ne l'a pas vu dans la Grande Salle ce soir, ni ce midi. En fait, elle ne l'a pas vu depuis hier midi ! »

« A-t-il un problème ? »

« Je crois que le jeune Maître Monsieur Malefoy est malade. »

« Malade ? »

La Gryffondor s'étonna. Il était rare que les sorciers tombent malade, car la magie dans leur sang les protégeait généralement de toute maladie non magique.

« Oui, Madame Hermione, il n'a pas mangé depuis deux jours, d'après ce que Wilzby sait, il a même raté les cours. »

« Tu penses qu'il a attrapé la dragoncelle ou quelque chose comme ça ? »

« Oh, non ! Il l'a déjà eu quand il était petit. Il semble très anxieux après ce qui est arrivé à votre ami. »

« Quel ami ? Qu'est-ce qui est arrivé ? » Demanda précipitamment Hermione.

« Votre ami aux cheveux roux, monsieur Weasley », répondit Wilzby en baissant les yeux, comme si elle avait dit quelque chose qu'elle n'était pas censée dire. « Il est à l'infirmerie, car il a bu du poison hier soir. »

Hermione ouvrit de grands yeux remplis de larmes.

« Comment cela est-ce arrivé ? Et comment va-t-il ? »

« Wilzby l'ignore, elle sait seulement que c'est arrivé avec le professeur Slughorn et Harry Potter. Maintenant, monsieur Weasley est soigné par madame Pomfresh et ses amis et sa petite-amie veillent sur lui. »

Le cœur de la Gryffondor rata un battement.

« Sa petite-amie ? » Interrogea-t-elle, la gorge nouée.

« Miss Brown, Madame Hermione. Wilzby vous prie de la pardonner, Wilzby ne pensait pas que vous seriez blessée de le savoir, car elle croyait que le Maître Drago et vous… »

« Cela n'a rien à voir », coupa-t-elle avec douceur. « Drago et moi ne partageons rien de tel. Il avait besoin de moi et j'avais besoin de lui. C'est tout. »

Hermione renifla bruyamment, des larmes coulant silencieusement le long de ses joues et ses mains tortillant nerveusement un des fils de son pull. Elle ne savait pas vraiment si elle se sentait triste à cause du choc d'apprendre l'empoisonnement de Ron, ou si elle ressentait un profond désarroi car la nouvelle d'une petite-amie ne l'avait pas tant ému que ce qu'elle croyait. Après avoir passé des années à aimer Ron, elle aurait cru être jalouse, au moins pour la forme. Mais rien. Elle était seulement envieuse du fait qu'il partageait une vraie relation avec quelqu'un, alors qu'elle s'était contentée de se faire dérober quelques baisers en espérant naïvement que Drago la traiterait avec égard. Par Merlin, que diraient ses amis s'ils apprenaient qu'ils avaient échangé bien plus que des insultes !

« Wilzby », dit-elle soudain, « pourras-tu demander à Drago qu'il vienne me voir ? J'ai à lui parler. »

« Bien sûr madame ! » S'empressa de répondre l'elfe. « Wilzby ira le retrouver dans un instant. »

Et elle disparut dans ce même bruit sonore de transplanage. Les minutes passèrent sans qu'aucun autre son que ceux de la salle-sur-demande ne viennent perturber l'environnement. Hermione attendait sur le canapé, un livre entre les mains, mais n'arrivait pas à se concentrer sur sa lecture. Elle lut plusieurs fois de suite les mêmes phrases, sans parvenir à en comprendre le sens. Elle abandonna finalement, préférant préparer soigneusement ce qu'elle dirait à Drago lorsqu'il arriverait. « S'il arrive », pensa-t-elle. Après une heure d'attente, la silhouette du garçon se dessina enfin dans l'obscurité, droite comme un piquet. Son visage était fermé et ne laissait transparaitre aucune émotion.

« Bonsoir. » Dit-il, les mains dans les poches.

« Bonsoir Drago », répondit-elle, hésitante.

« Wilzby m'a dit que tu voulais me voir ? »

Elle déglutit difficilement. Il prenait un ton officiel qu'il n'avait plus adopté depuis longtemps.

« Oui, mais je t'en prie, assied-toi. »

Il obéit et s'assit sur le canapé rouge, face à elle.

« Par pitié, ne me regarde pas de cette manière. » Supplia Hermione en soupirant.

« Comment ? » Demanda-t-il sans comprendre.

« Comme si tu me détestais toujours. »

« Je ne te déteste pas. »

« Alors parle-moi comme tu le faisais avant. Tu as changé, depuis que je suis revenue. »

« C'est faux », répliqua-t-il du tac au tac.

« Ne me mens pas. Avant tu venais me voir tous les jours. »

« J'avais l'armoire à réparer. »

« Même quand tu ne travaillais pas dessus, tu venais me voir et nous passions parfois plusieurs heures à discuter. »

« J'ai beaucoup de travail. »

« Bon sang Malefoy ! Quand cesseras-tu ta mauvaise foi ? »

Drago sembla s'offusquer à l'entente de son nom. Elle ne l'avait plus appelé ainsi depuis des mois.

« Nous ne sommes pas des étrangers, et je ne suis pas une idiote. Tu m'as embrassé. »

« C'est toi qui m'a embrassé ! »

« Et tu n'as pas refusé si mes souvenirs sont bons ! »

Hermione s'était levée à la suite du garçon qui la surplombait de toute sa hauteur. Elle n'avait jamais remarqué à quel point la colère pouvait le rendre effrayant.

« Je n'aurais jamais dû. C'était un moment de faiblesse, rien de plus. »

« Vraiment », répondit la Gryffondor en esquissant un sourire, « tu n'as jamais su mentir. »

« Pourquoi mentirais-je ? »

« N'oublie pas que je suis la miss-je-sais-tout de cette école. Je sais tout. »

Drago tressaillit, une sueur froide lui parcourant l'échine. Savait-elle pour ses parents ?

« Voldemort veut m'échanger contre Harry, c'est ça ? »

Il releva les yeux, surpris, et elle continua sur sa lancée.

« C'est logique, je ne lui suis plus d'aucune utilité, car ma mission pour ton père a été prématurément annulée et un échec cuisant (elle jeta lui jeta un regard en biais). Néanmoins, je reste ici, alors que mon rôle s'apparente plus à un boulet qu'autre chose. Voldemort n'est pas un idiot, aussi cruel soit-il, et il connait les faiblesses de Harry. Lorsqu'il me verra réapparaitre alors qu'il me croyait morte depuis un an, après avoir été rendu vulnérable suite à tous ces décès et tous ces drames, il n'hésitera pas une seconde pour prendre ma place. Tu n'aurais pas dû tenter de me le cacher, je crois que je le sais depuis longtemps… »

Drago l'avait écouté attentivement. Elle l'impressionnait, et il pensa que sa réputation de sorcière brillante ne faisait pas honneur à la réalité.

« Je comprends parfaitement que tu aies voulu me préserver mais je ne suis pas une enfant, tu n'as pas à me protéger des nouvelles du monde extérieur. Nous sommes en guerre, je suis captive depuis 9 mois et j'ai subi plus de séances de torture que tu n'imagines. Si tu t'inquiétais que j'apprenne pour Ron... »

« Comment es-tu au courant ? »

« Wilzby m'en a parlé. Et je voudrais te demander une faveur à ce propos. »

Elle se risqua à se rapprocher et le regarda sans ciller.

« J'aimerais aller le voir. »

« C'est hors de question. »

« Je prendrai du polynectar, j'irai la nuit… »

« Non seulement tu n'as plus de polynectar et il te faudrait un mois pour en préparer de nouveau, mais en plus, si tu te faisais prendre, tu risquerais bien plus gros que n'importe quel élève de ce château ! »

Hermione baissa les yeux, confuse. Elle savait qu'il avait raison, il était totalement inconscient de prendre ce genre de risques. Elle laissa passer quelques secondes avant de se rasseoir, et bientôt, il s'assit à son tour à ses côtés.

« Raconte-moi tout ce que tu sais, comment cela est-ce arrivé ? »

« Je n'en sais pas plus que les autres. Potter et Weasley étaient avec Slughorn, ils ont voulu boire un vieil hydromel et Weasley a été empoisonné. D'après les rumeurs, c'est Potter qui l'a sauvé, à l'aide d'un bézoard. »

La jeune fille se mit à sourire elle était très fière de son ami.

« Wilzby m'a dit que Ron allait mieux. »

« Il est à l'infirmerie. Sa petite-copine prend soin de son « Ron-Ron ». Weasmoche est encore plus ridicule avec cette fille à son bras. »

Il avait dit cela en ricanant, l'air moqueur. Hermione ne le contredit pas. Elle avait toujours trouvé Lavande un peu écervelée et tape-à-l'œil.

« Tu es jalouse Granger ? »

« De Lavande ?

« Qu'elle soit sa petite-amie. »

Sa voix s'était rembrunie. Il ignorait pourquoi il lui demandait cela, mais la réponse l'intéressait au plus haut point.

« Si l'année s'était déroulée normalement, je suppose que j'aurais dû l'être. Je pense qu'il mérite mieux, mais je suis contente qu'il ait trouvé quelqu'un pour traverser ces temps troublés. »

Drago la contempla. Il avait terriblement envie de l'embrasser et de la toucher, seulement, lorsqu'il s'approchait d'elle, le souvenir de ses mensonges, l'image de son cadavre et du chaos l'empêchaient de céder à ses désirs. Si elle apprenait qu'il lui avait caché la situation de ses parents, elle ne lui pardonnerait probablement pas. Et il était certain que Voldemort ne la libérerait pas et la tuerait sous ses yeux, alors pourquoi envisager de sentir la douceur de sa peau en sachant qu'un jour, elle s'évanouirait dans l'ombre de la mort ? Hermione s'était approchée de lui à pas de velours, et avait posé sa main sur son avant-bras. Elle le regardait avidement, mais ne bougeait pas. Drago lui rendit son regard, scrutant d'abord ses iris dorées, puis admira sa bouche. Elle mourrait d'envie de réitérer leur expérience passée, pourtant, la peur de le voir une fois de plus s'éloigner l'empêcha de franchir cette ultime frontière qui séparait leurs deux êtres. Ce fut lui qui s'abandonna en premier à la concupiscence, et goûta enfin au fruit défendu. A nouveau, ils s'embrassèrent dans le silence, s'adonnant totalement à leur appétit interdit, essayant d'assouvir une faim insatiable. Elle cicatrisait ses blessures et saccageait son indolence trop longtemps nourrie. Leur étreinte était moins désespérée que la précédente, plus avide, et davantage maîtrisée. Ils n'étaient plus en terrain inconnu, et Drago se surprit même à attraper Hermione par la taille pour l'approcher de lui. Ses doigts pianotèrent le long de ses hanches, caressèrent son dos, sa chute de rein, et il eut envie de beaucoup plus qu'un simple baiser. Il s'agrippa plus fermement à sa chair, la fit basculer sur lui et parsema son cou des traces brûlantes que déposaient sa bouche. L'obscurité les engloutit tout entier, les dernières lueurs du soleil se couchant derrière les montagnes écossaises, et le noir total recouvrit la salle-sur-demande où on entendait plus que les halètements précipités du lion et du serpent.

« … »

Chose promise, chose due, voici un chapitre avec plus de mouvements et une petite ellipse temporelle. J'ai souhaité placer la scène de l'empoisonnement de Ron afin de situer dans le temps les évènements, mais également d'apporter une petite touche d'humour à travers ce chapitre particulièrement intense, car même si la scène finale n'est pas plus comiques, l'avant est plutôt savoureux. Je m'excuse pour la publication des chapitres qui n'est pas régulière, mais j'ai des partiels en approche, alors... Dans tous les cas, j'espère que ce chapitre vous aura plu, et que vous continuerez de suivre cette histoire avec le même intérêt qu'au début. J'essaye de rester le plus fidèle possible aux livres, tout en maintenant mon intrigue, afin de ne pas modifier la trame initiale qui est très complète.

Bonne lecture à vous, et merci !