Petites explications : comme je l'ai indiqué, j'ai décidé de faire un crossover entre Saint Seiya et Harlock. J'adore ces deux œuvres donc j'ai vraiment voulu les faire se rencontrer. J'ai lu les mangas, j'ai vu les animés mais je suis loin d'avoir une connaissance hyper poussée de l'œuvre de Kurumada, sans compter que pour pouvoir l'adapter au monde d'Harlock je vais devoir prendre quelques libertés tout en respectant au maximum l'œuvre originale. C'est donc humblement que je vous demande de pardonner les petites différences glissées ici ou là.
Lorsque j'ai démarré ma fic je ne m'attendais pas à ce qu'elle devienne si longue et si dense dans un sens .En écrivant le tome 1 j'avais un plan bien établi au départ mais au fur et à mesure que j'écrivais les idées se sont bousculées dans ma tête et notamment une sur l'origine de l'humanité. Dans le tome 1, je l'ai présenté de manière très succincte mais en travaillant sur le tome 2 l'idée a commencé à se préciser et je ne saurai expliquer pourquoi mais j'ai voulu intégrer Saint Seiya à cela, sans aucun doute parce que je partais d'un postulat d'un pouvoir mystérieux qui régissait Gaïa la planète d'origine de l'humanité. Et en fait au fur et à mesure du temps les personnages de Saint Seiya et tout son bagage mythologique s'est imposé de lui-même. Sans aucun doute car j'adore l'œuvre mais surtout aussi car celle-ci est très riche et qu'il y a de très beaux personnages et comme beaucoup de gens j'ai un gros faible pour les chevaliers d'or ( au niveau des chevaliers de bronze Ikki et Shiriyu). Après au fur et à mesure que le tome 3 progressera j'ajouterai des précisions par rapport à mon idée de départ pour intégrer l'histoire de Gaïa et des chevaliers d'Athéna au récit et leur place sera très importante pour la fin de l'histoire qui ne termine pas au tome 3, l'histoire de Gaïa et des chevaliers d'Athéna est très dense. Tout comme au niveau du tome 4 il y aura d'autres clins d'œil, plus timides ceux-ci à un ou deux autres mangas.
Pour en revenir à Saint Seiya j'espère que vous m'autoriserez à vous faire voyager dans mon imaginaire et pour que vous acceptiez les petites libertés que je vais prendre je vais vous expliquer mon idée de départ. Nous allons faire comme si les quatre-vingt-huit chevaliers et leur pouvoir existait vraiment, oui nous allons être comme des enfants. Je sais cela ne fait pas très sérieux XD. Si on part de ce postulat, vous comprendrez aisément que pour que cela soit le plus « réaliste » possible je vais devoir prendre l'œuvre et modifier un petit peu. Pas de beaucoup, rassurez-vous. De plus nous sommes en l'an 3000 donc on est loin des événements de 1986. Cependant, on ne va pas se mentir je ne vais pas créer de chevaliers d'Athéna, je suis beaucoup trop attachée aux personnages de Saint Seiya et de The Lost Canvas, donc on va simplement les retrouver. Et pour ce qui est des évènements du manga d'origine eh bien comment dire, c'est quand même très manichéen et ma vision des choses sera en quelque sorte l'envers du décor au niveau de Saint Seiya. Saint Seiya le manga et les animés l'histoire officielle nous allons dire et ma fic l'histoire officieuse. XD En gros je vais présenter un envers du décor qui virera le côté manichéen pour quelque chose de beaucoup plus réaliste et je vais prendre certains personnages à contre-pied. Voilà donc j'espère avoir pu vous éclairer un petit peu, j'espère ne pas avoir spolié par mégarde... Donc ne vous inquiétez pas la fic n'est pas à l'arrêt mais elle demande beaucoup plus de travail que prévu et ce n'est pas toujours facile de caser des heures de rédaction dans un emploi du temps quelque peu surchargé.
Chapitre 8 : Piégé
Pendant tout le temps où Harlock fut plongé dans le coma les deux reines se rendaient à son chevet chacune leur tour. Sylvidra fut la première à venir, le regardant dormir en serrant les poings de colère. La prêtresse avait raison, elle l'aimait et rien que d'y penser, cela l'a mettait en colère. Oui elle l'aimait, de cela elle en était certaine, pourtant une reine Mazone n'a pas droit à ce genre de faiblesse. Elle s'approcha du lit où Harlock reposait alimenté en oxygène par un masque, les veines percées dans la saignée du bras de plusieurs intraveineuses chargées de le sauver. Elle pouvait le tuer, elle en avait le pouvoir, il lui suffisait de couper l'alimentation en oxygène et le capitaine s'éteindrait dans son sommeil rejoignant leur fils. En pensant à Mark sa main se mit à trembler. Elle l'éloigna prestement du bouton alors que son cœur battait la chamade. Une douleur sourde envahissait son cœur. Elle sentait la colère monter en elle, le docteur Kimura avait réussi à toucher plusieurs de ses faiblesses et il ne s'était pas gêné pour les lui envoyer en pleine figure. Lors de leur première séance, elle avait senti la colère transpirer par tous les pores de la peau du médecin. Elle avait même vu du mépris dans son regard, les rares fois où ses yeux se posaient sur elle. Elle avait la très nette sensation de l'écœurer. Cela ne l'avait pas vraiment gêné au début, elle en avait même rit mais au fur et à mesure des séances il avait su lui faire comprendre qu'il l'avait percé à jour. L'amour impossible qui la rongeait, sa colère alors qu'après avoir rompu avec Mimée il s'était donné à toutes ces femmes vulgaires alors qu'elle était prête à lui ouvrir ses bras sans concession. Ce fut par colère qu'elle fomenta son plan de revanche et contre toute attente il avait brillamment fonctionné jusqu'à ce que l'Arcadia sorte des limbes et que son fils finisse par courir se réfugier dans les bras de son père. Elle ne voulait pas partager, Mark était à elle, il était une part du capitaine de l'Arcadia, cette part toute à elle seule et à personne d'autre. Harlock n'avait pas son mot à dire. En théorie le connaissant il aurait dû rejeter ce fils non désiré mais à cause d'Eliza Zone, il avait changé, il s'était ouvert et avait finalement choisi d'être un père à part entière pour Mark. En repensant à celle-ci la colère envahit son cœur, c'est vrai elle la respectait et avait su voir la vraie valeur de cette jeune femme mais elle la détestait. Harlock l'aimait d'une façon que celle-ci ne soupçonnait même pas. Elle eut un ricanement. Elle ne s'abaisserait plus à tromper le cerveau du capitaine pour qu'il fasse semblant de l'aimer. Elle passerait outre la haine qu'elle lui inspirait. Les nanos le laisseront libres de ses pensées, de s'exprimer, sa personnalité sera libre mais il n'aura plus sa volonté. Il lui obéira totalement et il n'aura même pas la possibilité de se supprimer pour l'empêcher de parvenir à ses fins. Si les Résistants finissaient par le récupérer, il n'aurait que son cadavre, les nanos empoisonnées le tuant comme elles l'avaient fait pour Mark. Cela avait même un côté beaucoup plus excitant que de faire de lui un animal de compagnie docile comme il l'avait été lors de la conception de leur fils. Elle se demanda comment il allait réagir à son réveil en découvrant la situation dans laquelle il se trouvait. Elle approcha ses lèvres de son front sur lequel elle déposa un baiser après l'avoir dégagé de ses mèches rebelles. Elle sourit en le quittant savourant par avance la souffrance que la situation allait provoquer au capitaine de l'Arcadia.
Isabelle Von Kiel savait qu'elle devait noyer le poisson comme le dit une expression familière du peuple. Son mari avait su percer à jour son premier plan et elle allait devoir se montrer prudente pour qu'il ne découvre pas le nouveau. Pendant des jours son cher époux était resté loin d'elle, chassant les troupes de son père dans les moindres recoins de la zone sous domination humaine. Cela en faisait des planètes, des anciennes mines ainsi que des lunes à vérifier. L'humanité avait prospéré envahissant des centaines de planètes, exploitant tout ce qu'elle pouvait. Isabelle lors de la visite de son époux au vaisseau de Sylvidra quinze jours après la récupération du capitaine avait su montrer profil bas. Son époux ne devait surtout pas découvrir la présence du capitaine à bord. Harlock était sa chance et elle ne laisserait pas Oscar la lui voler. Celui-ci fini par se faire inviter tous les deux jours auprès de Sylvidra. Il était très souvent accompagné par Aristote Zone, Von Stadt quant à lui le suivait dans les moindres de ses déplacements. Lors du premier dîner, elle avait poussé la plaisanterie assez loin en faisant des œillades coquines au jeune Von Stadt qui y répondait fort aimablement. Elle s'était même hasardée à frotter sa jambe contre la sienne, ne cachant guère ses intentions. Oscar observait du coin de l'œil ce manège très dangereux. Von Stadt était sa chose, il lui obéissait au doigt et à l'œil mieux que le ferait un chien avec son maître et il ne comptait pas laisser Isabelle le mettre dans sa poche. Sylvidra en regardant ce petit manège, sourit intérieurement. Isabelle posait ses pions et cela promettait d'être amusant. Elle avait installé Isabelle dans une suite magnifique loin de tous autres appartements pour qu'elle puisse faire son devoir d'épouse sans avoir la crainte d'être entendue par le reste du vaisseau. Pour l'instant, Oscar ne semblait guère désireux d'honorer son épouse mais tôt ou tard il succomberait. Il suffisait pour en être certain de le regarder enrager en silence pendant que son épouse draguait ouvertement son amant. Oscar commençait à avoir de forts soupçons et il comptait bien en avoir confirmation le soir même. Alors qu'il prenait congé, faisant un délicat baisemain à son épouse il lui proposa.
- Friedrich peut rester avec vous ce soir si vous le désirez, vous vous sentirez moins seule.
Cette idée surpris le jeune Von Stadt qui remarqua le regard gourmand que posa Isabelle sur lui.
- J'en serai ravie mais n'allez-vous pas vous sentir seul mon ami ? S'inquiéta Isabelle d'une voix doucereuse.
- J'ai beaucoup de travail, je ne m'ennuierai pas je vous l'assure, affirma Oscar.
- Alors j'accepte avec plaisir, se réjouit Isabelle.
Alors qu'il voulait s'éloigner, elle le retint par la main puis elle se colla à lui amoureusement.
- J'espère qu'un jour vous vous déciderez à passer la soirée avec nous ou avec moi, roucoula-t-elle à son oreille.
- Bientôt, soutint Oscar en souriant.
- Vous m'avez dit cela il y a quinze jours très cher, se plaignit Isabelle en murmurant. Je vais donc me rassasier avec Von Stadt en attendant que vous vous décidiez enfin.
Oscar de Péhant la regarda en souriant. Il ne savait pas si cette proposition était sérieuse ou s'il s'agissait d'un savant manège de la jeune femme pour étouffer ses inquiétudes. Il fit signe à Von Stadt qui l'accompagna jusqu'au vaisseau. Aristote était déjà reparti lorsque l'un des soldats de de Péhant fit chauffer les moteurs du petit vaisseau de transport. Oscar, arrivé dans la zone des passagers qui étaient déserte planta son regard dans celui de Von Stadt.
- Je veux que tu espionnes Isabelle, fais lui croire que tu entres dans son jeu et que tu es d'accord pour l'aider.
- Ça ne marchera pas Oscar, ton épouse n'est pas si naïve, rétorqua Friedrich calmement. Elle ne me mêlera jamais à ses combines si elle en prépare.
- Elle a déjà un plan, j'en suis certain ! Affirma Oscar. Surveille là. Il faut le découvrir. Un vaisseau viendra te prendre demain.
- Écoute, il y a une petite chose qui m'inquiète, Oscar, avoua Von Stadt. Elle m'a l'air d'avoir pas mal d'appétit et je ne sais pas si je vais assurer surtout après la nuit dernière.
- Tu y arriveras, ce n'est que du bluff son soi-disant appétit. Lorsque je la sautais, elle était limite frigide, se moqua Oscar.
- Je ne sais pas car la fois où on l'a fait, elle me paraissait chaude comme la braise. Elle n'était peut-être pas frigide avec Harlock ! Répliqua Von Stadt.
- Le problème viendrait donc de moi ? Ricana Oscar.
- Je crois que la haine qu'elle avait pour toi à l'époque et qu'elle a peut-être encore fait que cela bloque chez elle tout désir, supposa Friedrich. Je pense qu'il vaudrait mieux que ce soit toi qui y aille pour t'assurer qu'elle ne prépare rien, tu la connais mieux que moi.
- Une prochaine fois, il faut que je trouve Von Kiel et que je l'abatte avec toute son armée !
- Quelque chose me dit que tu ne le trouveras qu'au moment où il voudra riposter ! Affirma Friedrich. Il faut espérer qu'aucun de ses hommes ne sera bon stratège sans quoi on ira droit vers une guerre d'usure ! Bonne nuit Oscar.
Von Stadt descendit du vaisseau après un bref salut militaire puis, alors que le vaisseau décollait, glissant vers la piste d'envol, il retourna dans le confortable salon de la reine où l'attendait Isabelle Von Kiel. Isabelle se doutait des raisons qui faisaient que son mari lui prêtait son jouet pour la nuit et cela l'enchantait. Sans qu'il ne s'en aperçoive alors qu'il passait le pas de la porte un détecteur installé dans un des montants scannait son corps entièrement signalant la présence de tous les mouchards installés dans la tenue de l'amant du duc. Il y en avait dans chaque vêtement. Une Mazone l'indiqua à Isabelle grâce à la mini-oreillette. Elle ne put s'empêcher de sourire, elle allait offrir à son époux un spectacle de haut vol qui épuiserait le jeune Von Stadt, le rendant incapable de fouiller le vaisseau. Elle prit congé de la reine et emmena le jeune officier à ses appartements. Elle avait pris un médicament fourni par la reine qui allait lui permettre de se montrer bien plus résistante que le jeune homme. Oscar ne serait pas le seul à profiter du spectacle, une Mazone chargée d'enregistrer les ronflements de Von Stadt une fois que celui-ci serait endormi était elle aussi à l'écoute attendant le bon moment pour enregistrer la séquence qui serait diffusée dans les hauts parleurs pendant que le jeune Friedrich serait emmené dans une autre pièce. Isabelle prit son invité de court. A peine furent ils arrivés dans la chambre qu'elle l'embrassa fougueusement en le menant vers le lit. Friedrich était très perturbé par cette attitude, Isabelle n'avait pas subi l'hybridation mais elle donnait l'impression d'avoir les mêmes besoins qu'une femme dont l'ADN aurait été modifié. Il tenta de prendre le dessus mais ce fut en vain, elle le poussa de toutes ses forces sur le lit puis elle se jeta sur lui, ouvrant la veste militaire puis la chemise en arrachant les boutons. Elle le chevaucha tout en l'embrassant avec passion. Friedrich avait la sensation qu'il allait se faire dévorer. Elle s'acharna ensuite sur la gorge puis elle glissa sur le torse en y déposant des baisers gourmands qui allaient marquer la peau pâle du jeune homme pendant plusieurs jours. Von Stadt rougissait de plaisir. Isabelle semblait connaître les moindres de ses faiblesses. Elle défit le pantalon afin de préparer l'intimité du jeune homme à l'acte. Le cœur de Von Stadt s'emballait. Isabelle était en train de le rendre fou de plaisir. Il haletait. Isabelle sourit, il était fin prêt pour une chevauchée dont il lui donnerait des nouvelles. Elle prit une protection dans la boîte posée sur la table de nuit qu'elle plaça délicatement sur l'intimité de Von Stadt puis en dirigeant les opérations, elle fit pénétrer celle-ci en elle tout en douceur, savourant chaque instant. Elle connaissait les tendances de Von Stadt, ce qu'il avait fait à Patrick Coste mais étrangement avec elle, il faisait preuve d'une douceur incomparable. Si elle n'était pas au courant de cette tragédie, à la manière dont ils avaient fait l'amour la première fois, jamais elle ne l'aurait cru capable de telles atrocités. Elle accéléra le mouvement menant son amant jusqu'à l'extase prenant elle aussi son plaisir, elle le laissa se reposer quelques minutes puis elle reprit ses douces tortures qui réveillèrent le désir du jeune homme. Isabelle ne le laissait pas conduire, le dominant totalement. Von Stadt commençait à s'épuiser. Ce qu'il craignait était en train de se réaliser, Isabelle était infatigable. Elle le laissait reprendre des forces quelques minutes puis elle se remettait à l'ouvrage afin qu'il continue à lui fournir toujours plus de plaisir. Von Stadt, quatre heures plus tard, à bout de force, finit par la supplier
- Je t'en prie, stop ! Je n'en peux plus, gémit-il au bord de la crise cardiaque.
- Déjà vaincu mon fougueux étalon ! Se moqua Isabelle. Dois-je comprendre qu'Oscar s'est régalé avant moi ?
- La nuit dernière, avoua Friedrich ses bras cachant son visage.
Elle rit doucement puis déposa des baisers gourmands sur sa gorge en le forçant à retirer ses bras. Elle remonta jusqu'au visage, déposants des baisers sur ses joues puis ses lèvres s'emparèrent des siennes, sa langue entraînant celle de Von Stadt dans une valse passionnée qui laissa le jeune homme le souffle court. Elle posa sa tête sur sa poitrine attendant que Friedrich se décide à l'interroger.
- Ça se passe bien avec la reine? Hasarda Von Stadt.
- Elle est très gentille, reconnut Isabelle. Tout du moins avec moi parce que je suis une femme mais face à un homme je ne sais pas comment elle se comporte.
- Pour elle ce ne sont que des objets, affirma Von Stadt. C'est pour cette raison qu'Oscar ne lui a jamais cédé.
- Ce qui ne me surprend pas, Oscar adore dominer ! Affirma-t-elle en riant. Deux caractères forts cela ne peut marcher ! Quand se décidera-t-il enfin à venir me faire un bébé ?
La question prit de court le jeune Von Stadt qui, incapable de trouver une excuse, resta quelques minutes silencieux.
- Pour le moment, il ne pense qu'à vaincre ton père, expliqua-t-il. Tu vas devoir attendre un peu.
Il espérait vraiment que ce prétexte fonctionnerait, il ne pouvait envisager de dire la vérité à la jeune femme. Isabelle sourit. Von Stadt était donc obligé de mentir. Oscar devait avoir certaines choses à cacher. Peu importait, dès cette nuit, elle saurait la vérité. Elle posa sa tête sur le torse du jeune homme à hauteur du cœur. Celui-ci battait à tout rompre et elle s'inquiéta, elle avait été à deux doigts de le faire mourir d'extase. Elle se demanda quelles étaient les limites d'Harlock pendant le plaisir. Est-ce qu'à son âge il arriverait à supporter ses besoins ou est ce qu'il s'effondrerait plus vite que Von Stadt. Alors qu'elle fermait les yeux, le visage d'Oscar se matérialisa dans son esprit. Peut-être cet homme pourrait tenir la distance. Elle souriait tandis que Von Stadt s'endormait épuisé. Elle respira profondément pendant une bonne dizaine de minute puis la Mazone se manifesta.
- C'est fait votre altesse, nous pouvons passer à l'interrogatoire, indiqua l'officier. Son Altesse Sylvidra vous attend à l'infirmerie.
- Parfait ! Commenta Isabelle en se relevant. Elle passa une chemise de nuit qu'elle recouvrit d'une vaporeuse robe de chambre puis elle quitta la pièce. La Mazone officier entra accompagnée par une infirmière. Celle-ci injecta grâce à une seringue le traitement qui allait leur permettre d'interroger le jeune Von Stadt dans son sommeil sans que celui-ci ne se doutât de rien. En entrant dans l'infirmerie, Isabelle trouva la reine qui observait le repos du capitaine de l'Arcadia. Elle se racla la gorge par politesse afin d'avertir la reine de sa présence puis elle s'approcha.
- Qu'est-ce qu'il est beau quand il dort, complimenta Isabelle en caressant du bout des doigts les contours du visage d'Harlock. Dîtes moi Sylvidra, au lit, il tient combien de temps ?
- Bien plus que Von Stadt, croyez-moi, ricana la reine. J'ai l'impression que le duc en a eue pour sa peine ! Son oiseau a du se mettre au garde à vous rien qu'en vous entendant vous amusez avec son amant.
- Von Stadt est très doué je dois dire, avoua Isabelle. Je n'aurai pas cru en le voyant sans arrêt collé à mon époux qu'il puisse donner autant de plaisir à une femme.
Alors qu'elle prononçait ces mots, le brancard où reposait Von Stadt fut poussé à l'intérieur de la pièce puis installé près d'une zone de soin où son nez fut recouvert d'un masque destiné à diffuser le gaz qui le garderait endormi.
- Vous êtes certaine que mon époux ne se doutera de rien ? S'inquiéta Isabelle.
- Aucun risque, affirma l'infirmière. Ce produit est indétectable dans le sang. Votre mari fera sûrement subir des analyses au cas où à son amant mais il ne trouvera rien. Ce produit n'a jamais servi auparavant, les humains ne le connaissent pas et ne savent pas le détecter !
- Pouvons-nous l'interroger ? S'enquit la reine.
- Allez-y votre altesse, il répondra à toutes vos questions ! Soutint l'infirmière.
- Où sont vos bases ? L'interrogea la reine.
- Il y en a dans la mer d'astéroïdes qui se trouve près de Bayan Star, Ensuite sur la lune de Minos, ajouta Von Stadt difficilement. D'autres ont été installées très loin pour une éventuelle contre-attaque avant la constellation d'Andromède.
- Combien de bâtiments en tout ? S'enquit Isabelle.
- Mille deux cents.
- Mille deux cents ! S'exclama Isabelle. Mais en tout en comptant les vaisseaux de mon père il y en avait huit cent trente !
- Comment Oscar a-t-il pu avoir autant de bâtiments ? L'interrogea la reine. Aristote en partant n'en disposait que d'une centaine!
- Il en a fait fabriquer pendant son temps d'exil, indiqua péniblement Von Stadt. Il dispose de bases secrètes qu'il a installées afin de les faire bâtir.
- Est-ce que les soldats sont tous des hybrides ? L'interrogea la reine.
- Oui.
- Dans ce cas Isabelle, vu l'importance des troupes j'opterai pour une tactique moins risquée, proposa la reine. Je pense que plutôt de les soigner, il serait plus judicieux de les exterminer avec un poison génétique.
- Ce n'est pas envisageable Sylvidra ! Refusa Isabelle. Je sais que vous ne voulez plus être mêlée aux histoires qui concernent les humains mais vous oubliez qu'il y a encore mon père ! Il est préférable de les laisser s'entre-tuer ! Cela me laissera la possibilité d'envoyer Harlock aux commandes d'une armée se débarrasser du vainqueur pour que je puisse accéder au trône ! D'autant plus qu'avec la menace Illumidas, il faut une armée prête à les contrer et…
-…Je sais ! La coupa la reine. Harlock peut les battre ! Quelles sont les intentions d'Oscar à mon encontre et mon peuple ?
- Le même que celui que vous réserviez à l'humanité, une éradication pure et simple, affirma Von Stadt dans son sommeil. Oscar ne vous fait pas confiance. Vous avez trahi la confiance d'Harlock à deux reprises, la première fois en affirmant que vous renonciez à la Terre et la deuxième en le violant pour obtenir un fils qui vous mènerait à la victoire. Oscar sait que vous ne renoncerez pas, qui plus est, il ne veut pas se contenter des planètes qui sont sous domination humaine.
- Votre plan a intérêt à fonctionner Isabelle, sans quoi les conséquences seraient catastrophiques ! Gronda la reine.
- Oscar est un conquérant qu'il faut arrêter Sylvidra et je m'y emploierai de toutes mes forces. Harlock est la clef qui nous ouvrira les portes d'un avenir meilleur ! Il est mon espoir et le vôtre, votre altesse ! Croyez-moi, cela va marcher ! Il me tarde de pouvoir à nouveau plonger dans ses bras ! S'exclama-t-elle avec gourmandise en tournant son regard vers le lit où reposait le capitaine de l'Arcadia.
Elle réfléchit quelques instants puis elle posa la question qui lui brûlait les lèvres
- Pourquoi Oscar ne m'a pas fait éliminer ?
- Il a besoin de toi, tu es de descendance royale et tu peux lui donner un héritier. Les autres femmes de l'aristocratie qui ont subi l'hybridation sont devenues stériles.
- J'ai donc un bel avantage ! Se réjouit Isabelle. Je te tiens enfin Oscar.
- Ne vous emballez pas ma petite ! Conseilla la reine. Je suis au courant du problème et je vous signale que les femmes du côté de Von Kiel n'ont pas subies l'hybridation. Dîtes vous bien, qu'il va tout faire pour les récupérer et si vous espérez pouvoir en tirer avantage ce serait une erreur. Une fois qu'il aura les femmes de l'aristocratie non hybridées il se débarrassera de vous sans état d'âme. Le meilleur moyen pour vous de le tenir serait de lui donner un enfant et vite !
- Pour cela il faudrait qu'il se décide à passer la nuit avec moi ! Ragea Isabelle. Pourquoi ne vient-il pas ?
- Il ne veut pas transmettre le problème génétique au bébé, révéla Von Stadt. Il préfère attendre que son ADN soit rectifié. La grossesse sera terrible pour vous et il pourrait vous perdre ainsi que l'enfant à naître car les dégâts génétiques de l'ADN des hybrides qui doivent être rectifiés s'ils venaient à être transmis à l'enfant rendraient toute gestation quasiment impossible.
- Où en sont vos chercheurs Sylvidra ? S'inquiéta Isabelle.
- Le process est presque achevé, ne vous inquiétez pas, affirma la reine en souriant. Continuez à manifester votre désir de bébé et Oscar vous tombera dans les bras dès son ADN soigné ! La grossesse nous laissera le temps de construire les vaisseaux qu'Harlock dirigera. Le problème est de trouver les soldats.
- Je pensais les prendre dans la population, provoquer un soulèvement mais je ne sais comment m'y prendre vu qu'Oscar s'est livré à un nettoyage en règle des cerveaux des habitants et que les pertes sont définitives, avança Isabelle.
- Elles ne sont pas définitives, soutint la reine en riant. Vous allez trouver cela amusant mais ils ont fait une erreur de programmation et les souvenirs ont juste été bloqués ! A l'heure actuelle toute la population a dû retrouver la mémoire.
- Dans ce cas, pourquoi ne se révoltent-ils pas ? S'étonna Isabelle.
- Est-ce que vous avez vu les forces en présence ? Sourit la reine. Ils ne sont pas idiots ! Ils ne vont pas prendre le risque de se faire massacrer par de Péhant ou par Von Kiel ou même par les Illumidas. Pour l'instant, ils jouent les chiens dociles pour tromper leurs nouveaux maîtres et Ryo Kimura n'est pas étranger à la chose. Il a réussi contre toute attente à les sauver ! Grâce au message programmé, les gens ont été avertis du danger qui planait au-dessus de leur tête juste à temps ! Quel dommage qu'il ait été tué. J'étais sincère lorsque j'ai affirmé à son épouse que je le mettrai volontiers dans mon lit ! Dire que je le prenais pour un gentil petit intello idéaliste, l'homme qui s'est révélé alors que tout se retournait contre lui était absolument savoureux !
- Combien de temps pour soigner tout le monde ? S'inquiéta Isabelle.
- Trois mois tout au plus.
- Et ensuite, il faudra vous cacher…. Se désola Isabelle. Une fois reine, qu'est-ce que je ferai de cet enfant ? Se plaignit-elle. Je n'ai jamais vraiment souhaité en faire un avec lui de loin…
- ….Vous préféreriez le faire avec Harlock, compléta la reine en souriant. Ce serait de loin le meilleur choix, nos deux peuples unis par une descendance venant du même donneur sous nos deux règnes respectifs puis sous celui de nos descendants permettraient peut être de stabiliser cette portion de la galaxie. Harlock risque de très mal le prendre. Lui qui voulait faire des enfants qu'avec Eliza Zone va être obligé de distribuer sa semence !
La reine éclata de rire.
- Une fois que vous serez sur le trône nous signerons un traité de paix. Accepta la reine. Je suppose que vous voudrez garder Harlock et ce même si il ne vous aimera jamais !
- Je sais mais il fera un père parfait ! Soutint Isabelle. D'après ce que j'ai découvert, il était prêt à tout pour récupérer ses enfants et il a veillé sur eux comme aucun humain n'est capable de le faire. Dommage que…
Isabelle s'interrompit, regrettant ses paroles, elle ne voulait pas rappeler à la reine ce douloureux souvenir.
- …Que je ne l'ai pas récupérer alors qu'il s'enfuyait pour qu'il élève Mark, alors que j'ai commis la bêtise de l'envoyer dans les limbes au lieu d'attendre de pouvoir lui remettre la main dessus et que mon fils ait un semblant de vie de famille ! Se remémora la reine écœurée en serrant les poings. J'ai commis bien des erreurs Isabelle et la pire a été de tuer son fils. A cause de cela, il nourrit une haine sans borne à mon égard ! Si je mets au monde une fille je vous la laisserai pour qu'elle grandisse auprès de son père, ce sera le meilleur choix possible. Je serai incapable d'être une mère comme Eliza Zone l'est pour ses jumeaux. Je l'emmènerai que deux mois par an pour la préparer à son rôle de future reine.
- Vous ne craignez pas que l'influence de son père ne fausse son jugement ? S'étonna Isabelle.
- Cela n'arrivera pas, je saurai lui faire faire la part des choses et puis si nos deux peuples peuvent cohabiter pacifiquement il ne sera plus nécessaire d'entretenir cette haine des reines Mazones pour les hommes. Soutint la reine. Il serait même souhaitable que le donneur soit à chaque fois humain.
- Un tel revirement est surprenant, reconnut Isabelle embarrassée.
- Je sais mais j'ai fini par regarder la vérité en face. Face à Harlock, lorsqu'il m'a capturé j'ai bluffé par colère, je voulais encore lui faire mal. Il est temps de mettre un terme à certaine légende absurde. La civilisation Mazone ne s'est pas éteinte comme l'annonçait la prophétie. Elle n'a jamais été aussi vivante que ce soit par moi ou par Thomas. Pourtant j'ai vraiment craint le pire lorsque l'humanité s'est réveillée.
- La sagesse de Kimura a fait rempart aux revanchards, rappela Isabelle.
- Mais Oscar n'aura pas sa clémence ni son intelligence. Je n'ai pas su voir en Kimura le potentiel qui sommeillait en lui. Même de Péhant à cause de son orgueil d'aristocrate de haute lignée ne s'est aperçu de rien. Est-ce que Kimura est parti en exil ou est ce qu'il fait partie des victimes ? S'inquiéta la reine.
- Je ne sais pas, avoua Isabelle surprise.
- Pourvu qu'il ait fui ! Souhaita la reine. J'ai peur que si nous échouons face à Oscar celui-ci ne fasse massacrer la moindre Mazone qu'il trouvera. Si nous échouons peut être que Kimura pourra vaincre avec l'aide de mon petit-fils.
- Nous y arriverons votre altesse ! Affirma Isabelle avec force. Oscar perdra, nous vaincrons les Illumidas et grâce au génie militaire d'Harlock, je deviendrai reine ! Plus rien ne m'arrêtera à présent ! J'ai pris ma décision ! J'écraserai tout sur mon passage pour gagner ! Mon père, puis Oscar, ensuite les Illumidas et enfin toutes les planètes sous domination humaine seront dirigées par moi et mes descendantes.
- C'est tout ce que je nous souhaite Isabelle. Ramenez-le ! Ordonna la reine. Il est temps que vous terminiez votre nuit avec le jeune Von Stadt Isabelle afin que nous terminions de donner le change.
Isabelle accepta avec le sourire. L'infirmière poussa le brancard jusque dans les appartements d'Isabelle puis il fut installé dans le lit pendant que la jeune femme prenait un calmant à action rapide. Elle se coucha près de son amant, posa sa tête sur son torse puis s'endormit rapidement. Elle sommeilla jusqu'au lendemain matin. Elle se réveilla peu de temps avant Von Stadt qu'elle regarda dormir en s'habillant. Celui-ci tardait à ouvrir les yeux, la jeune femme commençait à se dire qu'elle s'était vraiment montrée beaucoup trop gourmande. Lorsque Friedrich ouvrit les yeux ce fut pour voir une Isabelle qui souriait de manière goguenarde. Il la salua d'une voix douce en se redressant puis il sortit du lit afin de se rhabiller. Le vaisseau chargé de venir le récupérer attendait dans la soute depuis plus d'une heure. La jeune femme insista pour qu'il prenne au moins un petit déjeuner avant de partir puis elle le raccompagna jusqu'au vaisseau où une fois qu'ils furent arrivés près de celui-ci, elle embrassa le jeune homme fougueusement sous le regard courroucé d'Oscar dont la jalousie commençait à empoisonner le cœur. Friedrich en croisant le regard de son amant compris qu'il allait avoir droit à un interrogatoire serré. Une fois le vaisseau hors de portée, Isabelle rejoignit la reine qui l'attendait avec le médecin chargé des soins d'Harlock. Celle-ci venait de lui annoncer une bonne nouvelle, le capitaine était en bonne voie de guérison et il pourrait être très prochainement sorti du coma.
Les nanos étaient prêtes, le médecin regarda vers les deux reines attendant l'autorisation de celle des Mazones. Harlock était parfaitement remis de ses blessures et le coma artificiel avait été maintenu afin de laisser le temps au médecin de préparer les nanos qui placeraient le capitaine sous contrôle.
- Il obéira parfaitement ? S'inquiéta la reine.
- Oui mais comme vous avez voulu laisser son esprit libre, il risque de se montrer fort peu aimable, rappela le médecin.
- Je préfère cela au toutou docile qui partageait mon lit, la situation n'en sera que plus jouissive pour moi et horrible pour lui. Il devra m'obéir, se donner à moi et il n'aura même pas l'illusion de s'envoyer en l'air avec Maya Von Paltz ou Eliza Zone. Il a dû se remettre facilement de la première fois grâce au fait qu'il n'en avait aucun souvenir réel car son esprit était convaincu que tous ses moments intenses étaient partagés avec Maya mais avec ce système il sera complètement détruit, impossible pour lui de fuir il se retrouvera à être conscient qu'il fait l'amour avec moi et pas avec une autre. Vu la haine qu'il nourrit à mon encontre cela va être une torture de chaque instant pour lui, ricana la reine cruellement.
- Pourtant lorsqu'il s'est rendu pour récupérer son fils, il savait qu'il faisait l'amour avec vous, douta Isabelle
- Il prenait du Mirasu et ainsi son esprit se réfugiait dans les bras d'Eliza Zone ! Se remémora la reine en serrant les poings de colère. Cette fois, Harlock tu ne pourras plus fuir….
- J'espère que cela n'aura aucune incidence pour mes propres besoins, souhaita Isabelle.
- Ne vous inquiétez pas, les nanos fonctionneront aussi pour vous. Affirma la reine en souriant. Je me demande comment il va réagir en découvrant que nous nous sommes alliées.
- Je commence à me dire qu'il risque de perdre de son flegme habituel et que les noms d'oiseaux risquent de fuser, plaisanta Isabelle.
- On vérifie votre théorie Isabelle ? Plaisanta la reine.
La jeune épouse du duc éclata de rire.
- Injectez les nanos ! Ordonna la reine. J'ai hâte de profiter de mon jouet dont j'ai été si longtemps privée !
Le médecin obtempéra, faisant pénétrer la pointe de la seringue dans l'intraveineuse qui hydratait le capitaine. Elle plaça ensuite sur le front d'Harlock les électrodes de commande puis elle s'installa à son ordinateur. Le programme défila sur l'écran et les personnes présentes purent suivre la progression des nanos en direct à travers le système artério-veineux. Les nanos une fois qu'elles furent arrivées dans le cortex prirent son contrôle afin de retirer à Harlock toute sa volonté. Le médecin contrôla le programme, envoya les dernières directives puis retourna auprès du capitaine afin de lui injecter le médicament qui allait le sortir de son coma. Les deux reines s'approchèrent doucement guettant les premiers signes de réveil. La paupière de l'œil valide d'Harlock se mit à bouger quelques minutes plus tard puis elle s'ouvrit laissant voire l'iris brun qui les regardait calmement. Ce fut ce détail qui énerva quelque peu la reine, Harlock ne semblait en aucun cas surpris comme s'il savait ce qu'il allait trouver à son réveil. Les nanos ne pouvaient avoir eu cet effet sur lui, Le capitaine pendant son long sommeil avait été averti et elle soupçonnait fort de savoir qui lui avait retiré le plaisir de voir un Harlock en colère en constatant dans quelle situation il se trouvait. Mark ou Kurt, peu importait lequel des deux avait pris la peine de mettre en garde le capitaine, c'était forcément l'un de ses fils qui l'avait privé de la joie de voir un Harlock au bord de l'explosion mais incapable d'agir à cause des nanos. Le rythme cardiaque n'augmenta même pas. Sylvidra serra les poings de colère et ce fut Harlock qui ricana. La reine des Mazones était déçue par son attitude et cela le réjouissait quelque peu. Il se doutait que la reine avait pris certaines précautions. Il n'était pas entravé, il n'y avait aucun garde ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose, il était sous nanos. Il se demanda de quel type il s'agissait car ses pensées étaient parfaitement libres, l'accès à ses souvenirs total et il était parfaitement libre de ses mouvements. Cela l'intriguait, il se redressa, s'asseyant sur le lit en appuyant son dos sur le montant de sa couche. Le drap glissa dévoilant son torse large et élégant. La reine déglutit difficilement, cela faisait plus d'un an qu'elle avait été séparée de cet homme et elle ne pouvait s'empêcher de le désirer. Le capitaine, en voyant qu'aucune des deux femmes ne semblaient désireuses de parler, décida de poser la question qui lui brûlait les lèvres
- Je vois que tu t'es trouvé une nouvelle compagne de jeu Sylvidra, se moqua Harlock. En couchant avec Isabelle je n'aurai jamais cru qu'elle virerait de bord !
La jeune femme rougit brutalement tandis que la reine rit jaune face à cette remarque.
- Je vois, les confidences d'Eliza Zone sur l'oreiller ont dû être très instructives pour toi ! Rétorqua la reine vexée. Désolée de te décevoir mais Isabelle et moi n'entretenons pas ce genre de relation. De plus elle ne dispose pas des atouts de Brunela ! Nous avons d'autres grands projets ensemble !
- Et je suppose que je fais partie intégrante de ce petit jeu pervers ! Grinça Harlock.
- Pourquoi ne tentes tu pas de me tuer ? S'enquit la reine en souriant.
- Je suis sous nanos n'est-ce pas ? Répliqua Harlock. Je ne vois pas pourquoi je gaspillerai mon énergie en vain !
- Ce que tu es devenu raisonnable ! Le flatta la reine. C'est vrai que je compte utiliser ton énergie à bon escient et Isabelle aussi !
- Comme si une nymphomane ne suffisait pas voilà qu'à présent je vais en avoir deux sur le dos ! Se moqua Harlock en riant. Je suis trop vieux pour ça ! Trouvez-vous des jeunes minets pour vous satisfaire ! Pourquoi Isabelle ne demande-t-elle pas à son mari de s'occuper de ses besoins ?
- Disons que pour le moment il est très occupé ! Se défendit Isabelle.
- Avec le cul de Von Stadt je suppose ? Ricana Harlock.
Isabelle se renfrogna, elle commençait à se dire qu'elle aurait de loin préféré la variante toutou docile à l'homme qui ne se gênait pas pour lancer des pics désireux de la titiller. Harlock regarda autour de lui afin de localiser ses vêtements qu'il trouva installés sur un portemanteau. Il retira le drap, révélant sa nudité, descendit du lit et se dirigea vers sa tenue de pirate. La praticienne regarda la plastique superbe de cet homme. La reine en voyant que la doctoresse ne se gênait pas pour regarder le capitaine sous toutes les coutures se racla la gorge pour lui faire comprendre qu'elle devait détourner le regard. La Mazone obéit, horriblement embarrassée. Harlock avait vraiment beaucoup de charme et elle comprenait que la reine ait pu follement s'éprendre de cet homme. Sylvidra et le jeune Isabelle n'en perdait pas une miette, Harlock promettait de leur offrir des soirées délicieuses.
- Ordonnez au pilote de nous emmener jusque sur la Terre au point que je vous ai indiqué !
La praticienne quitta l'infirmerie sous le regard amusé d'Harlock. Celui-ci gardait son calme, il comptait bien prendre la reine par surprise le moment venu. Il fut très étonné de trouver ses armes sur une desserte à roulettes. Il alla vérifier leur état puis il passa son ceinturon. Son équipement était tel qu'il l'avait au moment de la bataille contre les aristocrates ce qui ne présageait rien de bon. Sylvidra devait être certaine de la fiabilité de son plan pour prendre un tel risque. Cela commençait à l'inquiéter. Il avait la désagréable impression d'être tombé dans un piège dont il risquait d'être dur à s'extirper. Il soupira d'inquiétude. Il regarda du côté de la reine. Celle-ci souriait d'une manière bien cruelle. Cette fois-ci il en était certain, Sylvidra avait décidé de jouer avec lui et il ne s'en sortirait pas aussi facilement que les deux autres fois où il s'était retrouvé entre ses griffes. Harlock regarda les deux femmes, le sourire narquois d'Isabelle en disait long mais il ne comptait pas s'abaisser à demander ce que la reine lui avait fait injecter.
- Comment vos chemins se sont-ils croisés à toutes les deux ? Les interrogea Harlock. Et pourquoi est-ce que le duc te laisse circuler tranquillement à travers la zone sous domination humaine ?
- Cela en fait des questions mon chéri ! Se moqua la reine.
Harlock en entendant l'adjectif employé par la reine à son encontre pâlit brusquement.
- Es-tu surpris que je reconnaisse la nature des sentiments que j'ai pour toi ? Ricana la reine. C'est grâce au petit psy que ton copain Résistant a envoyé pour analyser ma psyché que je me suis rendu compte ce que ressentais réellement pour toi !
- Vraiment ? Grinça Harlock sur la défensive. Quel plan as-tu encore mis au point dans ta tête de malade ?
La reine sourit encore plus, Harlock perdait enfin de sa belle assurance. Cet aveu l'avait secoué au plus profond de lui-même.
- Tu ne sais pas ce qu'aimer veut dire ! Rétorqua Harlock acerbe. Si tu le savais tu n'aurais pas tué mon fils !
- Notre fils, tu veux dire, corrigea la reine.
- Non, mon fils ! Insista Harlock. Tu ne l'as jamais considéré comme ton enfant mais seulement comme un moyen d'obtenir ta vengeance !
- Ce n'est pas faux, avoua la reine. Je dois dire que Kenjiro Kimura doit être un psy exceptionnel pour avoir su me percer à jour !
La reine avança vers le capitaine qui recula par réflexe.
- Il m'a forcé à faire face à mes démons Hans, poursuivit la reine.
- Je t'interdits d'…
- …D'utiliser le petit nom que seuls tes proches ont le droit de se servir ? Compléta la reine en riant. Tu te demandes pourquoi je t'ai laissé en vie n'est-ce pas ?
- Dis-toi que je ferai tout pour partir ! Soutint Harlock d'une voix dure.
- Je sais mais tu es un homme intelligent, tu comptes t'enfuir au moment où je m'y attendrais le moins, affirma la reine sans se départir de son sourire. Je compte pendant ce temps savourer chaque instant en ta présence. Comme tu peux le constater les nanos que je t'ai fait prendre sont très particulières. Dis-toi que tu découvriras bientôt leur propriété fabuleuse. Pour ce qui est d'Oscar sache qu'au moment de la bataille que tu as mené contre Gaïa je n'avais pas mis tous mes œufs dans le même panier et que je dispose de centaines de bâtiments de guerre prêts à l'attaque. Pour l'instant le nouveau royaume érigé par Oscar et le mien sont en paix. Oscar n'avait pas trop le choix si il ne voulait pas qu'en attentant à ma vie, mes troupes ne lui tombent dessus. Cela dit notre paix est toute relative tu t'en doutes car Isabelle tient à se débarrasser de son encombrant mari et de son père pour pouvoir régner. Je compte bien l'y aider d'ailleurs !
- Qu'est-ce que tu en retires ?
- La paix entre les humains et les Mazones ainsi que le droit de régner en paix sur une bonne portion de la galaxie.
- Toi ? Régner en paix ? Ce n'est pas une bonne idée de lui faire confiance Isabelle, à la première occasion elle se retournera contre toi pour asservir toute la galaxie ! Prévint Harlock en colère
- Je me suis engagée Hans et je respecterai ma parole ! Affirma Sylvidra. Je pense avoir réussi à vaincre mes démons.
- Sans rire ! S'exclama Harlock en tremblant de colère.
- Nous sommes arrivés votre altesse ! Informa une Mazone à travers le haut-parleur.
- Viens avec moi Hans, proposa la reine. Je tiens à rester seule avec lui Isabelle.
- Aucun problème Sylvidra, amusez-vous bien, accepta la future reine en riant.
La situation intriguait autant Harlock qu'elle l'inquiétait. Il jeta un regard en colère à la future souveraine puis il suivit la reine à travers les hauts couloirs du vaisseau de Sylvidra. Celle-ci avançait d'un pas tranquille. Elle se doutait qu'elle avait réussi à piquer la curiosité de son vieil ennemi. Bientôt elle allait faire plier la volonté de fer du capitaine de l'Arcadia. Dès cette nuit, il finirait dans son lit que cela lui plaise ou non mais auparavant elle devait vérifier quelque chose. Un soleil de plomb frappait de toutes ses forces le vaisseau de la reine des Mazones. Harlock plaça une de ses mains devant son œil valide pour le protéger de la clarté trop brutale en observant le paysage alentours. Il y avait des rochers, quelques poignées d'herbes tentaient de survivre ici ou là mais la grande sécheresse avait pratiquement eu raison de leurs forces. Il leva l'œil et vit un chemin creusé dans les montagnes. Sylvidra semblait connaître parfaitement les lieux. Elle attendit patiemment quelques minutes que le capitaine se décidât enfin à la suivre puis elle reprit sa route son corps ondulant harmonieusement à chacun de ses pas. La traversée des montagnes pris plusieurs minutes puis ils arrivèrent dans une vaste esplanade. Harlock en débouchant dans ce vaste espace trouva des colonnes datant de la Grèce antique fracassées au sol. Il vit au loin sur sa gauche une énorme colonne dont le sommet et ce qu'elle devait porter avaient disparu. Il aperçut ensuite des marches qui menaient vers un ancien temple en ruine. Il marqua un temps d'arrêt. Il leva la tête et remarqua au loin des marches qui partaient de l'arrière du premier temple pour monter vers un second et ainsi de suite jusqu'au sommet d'une montagne escarpée. Il y avait en tout treize temples. Douze répartis le long de la montée et un treizième qui trônait au sommet de la montagne. Le cœur d'Harlock se mit à battre plus fort. Il s'approcha du premier temple où l'attendait la reine avec un sourire narquois aux lèvres.
- Qu'est-ce qu'on fait là ? L'interrogea Harlock en lui rendant son sourire.
- Est-ce que tu connais la légende des gardiens ? L'interrogea la reine pour la forme.
Face au silence obstiné d'Harlock elle rit.
- Je suis certaine que tu sais exactement de quoi je te parle ! Il y a bien longtemps, les Mazones ont semé la vie sur cette planète, elles y ont fait prospérer l'humanité et un beau jour elles ont été obligées d'abandonner cette colonie luxuriante.
- Bizarre ce n'est pas ce qu'Ellie a découvert dans l'ordinateur que tu as laissé sur l'ancienne planète des Mazones.
- Parce qu'il s'agit de l'histoire officielle, transmise de génération en génération. Il était plus glorieux de prétendre que nous avons décidé de l'épargner parce que nous manquions de mâles humains pour la reproduction. La Terre étant le dernier endroit où il y en avait, nous nous devions d'épargner ses habitants malgré leur révolte. La vérité est quelque peu différente.
- Les gardiens, ricana Harlock.
- Un changement radical dont nous ignorons la provenance à dire vrai. Aucune information laissée par les humains qui nous avaient créés ne laissait présager cela
- Ils avaient peut être gardé cela sous le coude au cas où leur créatures oublieraient leur fonction première !
- Brutalement alors que nous avions prévu de vaincre cette rébellion dans le sang, les vaisseaux envoyés pour mater les mutins se sont fait pulvériser par une énergie phénoménale. Indiqua la reine plongée dans ses souvenirs. Quelques-uns ont survécus et les membres d'équipage ont témoigné que c'étaient certains humains eux-mêmes qui avaient dégagé cette énergie destructrice. Les vidéos étaient sans appel. On pouvait y voir des humains vêtus d'armures, douze en or et soixante-seize autres multicolores. D'autres vaisseaux ont été envoyés et ont subi le même sort. Nous avons été forcés d'abandonner. A la mort du dernier de ces étranges gardiens nous avons décidé de retenter notre chance. Tu n'es pas sans ignorer que la distance qui sépare nos deux mondes est très grande et étrangement c'était comme si les humains avaient anticipé notre arrivée car il y avait à nouveau des gardiens pour s'opposer à nous. A partir de là les choses étaient claires, nous ne pouvions plus attaquer la Terre mais étrangement on pouvait quand même capturer en secret quelques mâles pour la reproduction. Je ne te dis pas la surprise que l'on a eu lorsque les Illumidas quelques milliers d'années plus tard, ont réussi à envahir la Terre sans que ces mystérieux gardiens ne réapparaissent ! La conclusion était évidente, ils avaient disparus !
- Très intéressant ton petit cour d'histoire mais je ne vois pas ce que je viens faire là-dedans, se moqua Harlock.
La reine se tourna vers lui et planta son regard dans le sien.
- A quel moment ont-ils disparu d'après toi ? L'interrogea brutalement la reine.
Harlock ne répondit pas la regardant de son œil glacial.
- Je m'en moque ! Répliqua-t-il.
- Il m'a fallu du temps pour trouver la réponse, avoua la reine en souriant. Je l'ai obtenu après avoir réussi à vaincre les humains et à m'être emparé de la Terre. Tu sais où nous sommes n'est-ce pas ?
Harlock garda le silence, serrant ses poings de colère.
-Allez, tu connais leur nom, ils ont été improprement appelés pendant des milliers d'années les chevaliers d'Athéna.
Un sourire moqueur se glissa sur les lèvres de la reine face au mutisme du capitaine.
- Tu sais, Athéna, déesse de la guerre des temps mythologiques…Enfin bref, ils ont quitté la Terre lorsque les humains ont commencé à s'installer sur d'autres planètes. Ce qui est dommage, c'est que je ne sais pas pourquoi. Cela m'en a pris du temps avant de trouver la date exacte ainsi que celui qui s'était chargé de les emmener ! Affirma la reine en riant. Il y en a des secrets dans la famille Von Harlock n'est-ce pas Hans ?
Harlock lui tourna le dos puis se dirigea vers les escaliers qui descendaient du temple.
- Il y a de cela huit cent soixante-seize années, certains commandants exceptionnels ont été sélectionnés pour diriger les vaisseaux qui devraient emmener sans encombre les scientifiques qui allaient terraformer Mars ainsi que des dizaines d'autres planètes. L'un d'entre eux Heinrich Von Harlock jeune héritier d'une vieille famille de l'aristocratie allemande a accompli des dizaines de missions de transports pendant une quinzaine d'années pour le compte de l'humanité à cette période. Puis, un jour, il prit sa retraite et commença à barouder à travers l'espace en faisant des missions de transport pour son propre compte se faisant payer pour emmener des gens d'un endroit à un autre. Et dans les fameux relevés de vol laissé dans les registres de l'aérospatiale qui regroupe tous les plans de vol depuis le début de la prolifération humaine à travers l'espace, j'ai trouvé un départ d'environ une centaine de personnes partant exactement de l'endroit où nous sommes pour une destination inconnue. C'est ton ancêtre qui a évacué les gardiens ! Révéla Sylvidra. Où les a-t-il emmenés ?
Harlock s'arrêta puis éclata de rire en se tournant vers elle.
Le capitaine de l'Arcadia garda le silence quelques secondes, il était surpris de constater que les registres étaient faux, ce n'était pas que cent personnes qui étaient parties mais beaucoup plus et ce sur plusieurs voyages. Il était évident que ces terriens avaient formé une colonie sur une autre planète mais la reine semblait l'ignorer. Cela rassura quelque peu Harlock même si le fait que les Mazones soient au courant de l'existence de ces gardiens était une catastrophe. Cela étant dit, à présent il comprenait mieux pourquoi la Terre avait été libérée de l'emprise des Mazones. Ce qu'il ne comprenait pas en revanche c'était pourquoi, étant donné l'attitude de ces êtres mi humains mi végétaux, les chevaliers d'Athéna leur avaient permis de continuer à vivre. Ils auraient pu éradiquer l'espèce rien qu'en les privant de mâles humains pour la reproduction.
- C'est un compte pour enfant ton histoire ! Se moqua-t-il. Une reine qui croit à des mystérieux gardiens chargés de protéger l'Humanité grâce à leurs pouvoirs fabuleux. Heureusement que tu n'es pas tombé sur des comics américains tu aurais pu croire que Superman et que la planète Krypton ont existé ! Cela dit, très joli site historique ! Dommage que des archéologues ne soient pas venus le restaurer. Je suis certain qu'il devait être magnifique lors de sa création !
La reine le rejoignit.
- Je sais ce que je dis Hans. Il y avait en tout quatre-vingt-huit gardiens commandés par une mystérieuse soi-disant déesse chargée de protéger la Terre et l'humanité de tous ses ennemis !
- Ton rêve quoi ? Plaisanta Harlock. Quatre-vingt-huit mecs à ta botte, accomplissant les moindres de tes désirs qu'ils soient de l'ordre de la conquête ou d'ordre sexuel ! Ton fantasme en fait ! Parce qu'en plus je suppose qu'ils devaient être très beaux ?
- Pas tous, admit la reine. Mais la plupart oui ! Surtout au niveau des chevaliers d'or.
- Je suppose que l'on n'est pas loin du cent pour cent ! Insista Harlock en riant. Tu en as de l'imagination Sylvidra mais tu devrais arrêter de mêler ma famille à tes délires !
- Est-ce que ton ancêtre a laissé des indications sur la planète où il les a emmené Harlock ? L'interrogea la reine.
Harlock soupira, il était tenté de mentir mais il était certain que Sylvidra savait la vérité. Il remerciât le ciel que son ancêtre ait su garder l'emplacement de la planète secrète ne le révélant à aucun de ses descendants. Sylvidra même en le torturant ne saurait jamais où les chevaliers d'Athéna avaient trouvé refuge. Cependant une inquiétude subsistait, si Sylvidra était persuadée de leur existence et qu'elle fouillait toutes les planètes humaines dans le but de les retrouver, elle risquerait de ne pas faire dans la dentelle afin de leur mettre la main dessus et les habitants risquaient d'en pâtir. Hans n'était même pas en mesure de les protéger, indiquer une planète au hasard ne ferait gagner que quelques mois tout au plus. De plus, s'il venait à tenter de berner la reine les conséquences seraient terribles. Elle ne s'en prendrait jamais à lui mais elle n'hésiterait pas à faire du mal à des civils innocents.
- Aucune Sylvidra ! Affirma le capitaine.
- C'est dommage, se désola la reine. Je me demande ce qu'ils sont devenus.
- Disons plutôt que tu aurais aimé pouvoir user de leur pouvoir destructeur en te servant des nanos pour les contrôler ! Répliqua Harlock sèchement. Tu peux faire fouiller les ruines de mon château à Heillligenstadt, tu ne trouveras rien !
- C'est fait depuis longtemps mon pauvre ami ! Sourit la reine. J'avais espéré que le secret avait été transmis de génération en génération mais hélas ce n'est pas le cas !
Le soleil commençait à se coucher. Sylvidra regarda Harlock avec gourmandise. Celui-ci face à ce regard luisant de désir s'inquiéta quelque peu. Il se doutait de ce que la reine attendait de lui et il ne lui céderait jamais sur ce point. Il regarda vers les douze temples.. Ils étaient entrés dans la légende comme les mythes de l'antiquité et les mythes celtes.
Les chevaliers d'Athéna, songea-t-il en soupirant tristement. Vous êtes un des biens le plus précieux de l'humanité, pourvu qu'elle n'arrive pas à vous trouver…
- Retournons au vaisseau Hans, proposa la reine d'une voix douce. Il est temps de dîner
- Je ne te servirais pas de dessert ! Affirma Harlock. Ne l'espère même pas !
La reine éclata de rire en prenant la route qui menait au vaisseau royal, Harlock sur ses talons. Il n'avait aucune envie de rester avec Sylvidra, il avait envisagé de fuir puis il s'était ravisé en se disant qu'il devait à tout prix découvrir la totalité des plans de la reine ainsi que ce qu'elle avait découvert sur les fameux gardiens. Il avait réussi à cacher sa surprise lorsque Sylvidra lui avait révélé ignorer l'endroit où ils avaient trouvé refuge. Les Mazones connaissant pratiquement toute la galaxie cela tenait du miracle qu'elles ne soient pas tombées sur la planète des gardiens. Une fois à bord, ils rejoignirent Isabelle qui les attendait dans la salle à manger. Elle les accueillit avec le sourire et les trois convives prirent place autour d'une table luxueuse richement pourvue en nourriture. Les deux femmes regardaient le capitaine avec gourmandise. Celui-ci avait la sensation qu'il allait se faire dévorer. A la fin du repas, la reine lui demanda de la raccompagner à ses appartements ce qu'il fit sans trop savoir pourquoi. Il n'avait aucune envie d'être avec elle mais il avait cédé ce qui l'inquiétait. Il avait la sensation que quelque chose commençait à prendre le contrôle de son corps et ce malgré le fait qu'il restait parfaitement conscient de ses actes. Lorsqu'ils entrèrent dans l'appartement de la reine il comprit qu'il ne contrôlait plus vraiment son corps. Il avait ordonné à ses jambes de cesser d'avancer une fois qu'ils furent arrivés devant la porte mais celles-ci refusèrent d'obéir et il était entré avec la reine à son bras alors que son contact lui faisait horreur. Une fois qu'ils furent à l'intérieur, ils se retrouvèrent seuls sans Mazones pour le surveiller et le capitaine de plus en plus inquiet décida qu'il était temps de cesser ce petit jeu. Il comptait bien tuer la meurtrière de son fils.
