Disclaimer : Le monde d'Harry Potter appartient à JK Rowling.
Note : Et bien, me revoilà avec un texte finit il y a un bout de temps mais que je poste enfin.
J'en suis pas spécialement contente mais il décrit ce dont j'ai été témoin et le rôle que j'endosse tout en tentant d'y échapper – oui, aujourd'hui, je suis Hermione.
Blablablatage et racontage de vie ON : pour la petite histoire, je n'ai que des sœurs. J'ai vu ma mère penser pour mon père sans réaliser qu'il y avait un souci. Mon conjoint a 3 frères plus âgés qui sont tous soit marié soit en couple soit avec des enfants. Et force est de constater que c'est souvent les belles-filles qui vont voir ma belle-mère pour savoir si elles peuvent aider. Que moi, dernier ajout de la famille, le fasse pour me faire bien voir, OK. Mais en réalité, mes belles-sœurs le font aussi. Parce qu'on nous a appris que lorsqu'on va quelque part, on propose notre aide. Et peut-être parce qu'on sait ce que c'est d'organiser un repas pour 10. Voilà donc d'où sort ce texte. Blablablatage et racontage de vie OFF.
J'espère que ça vous plaira ! Ce recueil a toujours un effet cathartique pour moi, j'espère qu'il en est de même pour vous !
Merci à PiccolinaSandra pour sa correction, ses commentaires et son soutien inconditionnel !
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Hermione appelait ça « le cercle des épouses ».
Les hommes Weasley étaient connus pour toujours oublier quelque chose. C'est simple, si leur tête n'avait pas été accrochée à leur corps, cela ferait bien longtemps qu'ils l'auraient oubliée quelque part.
Alors Hermione avait pu voir, d'abord en tant qu'amie de Ron, les copines, puis les épouses penser pour deux. Vérifier qu'elles avaient toutes leurs affaires et que leur conjoint aussi. C'était toujours elles qui demandaient à Molly si elle avait besoin d'aide pour la préparation du repas dominical ou si elles pouvaient amener un dessert ou une salade pour alléger sa charge. C'était aussi devenu sa vie après son mariage avec Ron. L'ironie était que si, en tant qu'amie, elle criait haut et fort que ce n'était pas son rôle de tout rappeler à Ron, en devenant sa compagne, elle avait pris malgré elle le pli. Pas parce qu'elle pensait que c'était son rôle mais parce que c'était plus simple. Ça lui prenait moins de temps de vérifier que Ron avait bien pris son portefeuille que d'attendre qu'ils soient arrivés à destination pour se rendre compte de son oubli.
On serait prêts à penser que c'était sans doute dû à leur éducation, que Molly avait peut-être passé leur enfance à prévoir tout, ce qui aurait pu vaguement expliquer cette manie de tout oublier. Mais non. Dans le cercle des épouses, il y avait Ginny, qui prenait soin de Harry de la même manière que le faisaient toutes les autres épouses.
Les garçons disaient en riant qu'ils tenaient ça de leur père. Oui, Arthur était tête en l'air. Un défaut "attendrissant" d'après lui.
A la tête du cercle des épouses, il y avait bien entendu Molly, qui gérait son mari, 6 fils et un nombre grandissant de petits-enfants. Ensuite venaient Sophia, Fleur, Pénélope, Angelica, Katie, qui géraient leurs époux, leurs enfants et un travail. Puis, il y avait Ginny et Hermione, qui pensaient pour elles et leurs époux, en plus de travailler.
Hermione avait 25 ans et était fermement décidée à ne pas être sa mère, sa belle-mère, ses belles-sœurs. Hermione avait 25 ans, était féministe, avait des projets bien à elle qui n'incluaient pas de gérer son compagnon.
Hermione avait 25 ans et beaucoup d'idées, beaucoup d'idéaux.
Hermione avait 25 ans et se rendait compte à quel point c'était difficile d'aller à l'encontre de ce rôle que la société avait dessiné pour elle. Difficile quand tous les modèles de femmes qu'elle avait dans son entourage suivaient le même modèle. Difficile quand ça semblait tellement plus simple de penser pour 2. Elle savait qu'elle ne rendait service à personne. Ni à elle, ni à Ron qui était habitué à ce qu'on l'aide pour tout, ni ses belles-sœurs, ni ses beaux-frères. Et encore moins à ses nièces et neveux qui voyaient eux aussi le même modèle.
Mais voilà, dans la vie quotidienne, il était moins compliqué de penser pour deux, de penser pour tout le monde que de subir les oublis. Il était plus simple de faire seule plutôt que de devoir se rappeler de rappeler à Ron. Et d'en arriver à materner son mari en lui rappelant 6 fois de suite à penser à prendre tel objet. Ça le rendrait grognon d'être houspillé de la sorte. Et finalement, il l'oubliera, cet objet. Ça deviendra une nouvelle raison pour qu'Hermione s'occupe de cela la prochaine fois. Ou alors son mari aura un éclat de voix "puisque ce n'est pas bien fait quand c'est moi, tu n'as qu'à le faire".
Retour à la case départ - Hermione s'occuperait de tout et en plus, elle devrait subir un Ron énervé.
Elle réfléchissait à tout ça en regardant les femmes à la cuisine et les hommes au salon au Terrier. Les enfants chahutaient et c'était plus souvent les mères qui intervenaient que les pères.
Elle décida que ça suffisait. Elle décida que, bien qu'elle aimait sa belle-mère, ses belles-sœurs, elle ne deviendrait pas comme elles.
La charge mentale finirait par la rendre exsangue. Autant décider dès maintenant de partager avec Ron.
Elle savait qu'elle n'obtiendrait pas l'égalité - pas dans cette vie-là en tout cas, peut-être dans la suivante - mais elle pourrait amorcer le premier pas. Ron avait la position confortable, les hommes avaient la position confortable. Il n'y avait aucune raison pour qu'il décide lui-même de changer cet état de fait. Alors elle le ferait pour lui. Pour pouvoir construire sa vie avec lui.
Elle en discuterait dès ce soir, pour faire comprendre à Ron que ce n'était pas tenable sur le long terme.
Elle savait que certains soirs, elle sera trop fatiguée pour batailler. Que la culpabilité menacera de la submerger.
Mais elle faisait ça pour elle, pour son futur.
Elle faisait ça pour ses nièces.
Elle faisait ça pour ses hypothétiques enfants.
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J'espère que ça vous aura plu ! N'hésitez pas à laisser un commentaire – peut-être que chez vous, c'est différent !
En espérant que vous allez bien,
Potterement vôtre,
Math'
