Chapitre 8 : Quelqu'un du passé

- Hermione ? Hermione Granger ?

Ces mots résonnaient dans la tête de la concernée. Elle s'était figée en un instant, paniquée. Elle était comme stupefixiée par sa propre surprise. Elle venait de mettre en danger toute sa présence ici, gâchant sans doute tout le travail accompli par l'unité. Elle se retourna lentement vers cet homme grand et aux cheveux noirs. Elle tendait lentement sa main vers sa baguette quand soudain, mû par un instinct plus que développé, Luc saisit l'homme par le cou et le plaqua contre le mur, plaçant sa baguette sous sa gorge.

- Mais... mais... qu'est-ce...

Cette façon de bégayer sous le stress et ce côté un peu plus niais que la moyenne en plus de cette grande taille éveilla en Hermione ses souvenirs de Poudlard. Elle se jeta sur le bras de Luc.

- Arrête...

- Quoi?

- Hermione, aide moi...

- Lâche Neville s'il-te-plaît...

C'était bien lui, Neville Londubat en plein milieu de l'avenue d'Éden, dans cette situation plus que surréaliste.

- Tu as un moyen d'être sûr que c'est lui?

L'expérience de Luc devait lui apprendre à être trop méfiant, mais Hermione comprit l'inquiétude et chercha un moyen de savoir si il s'agissait de Neville et eût une idée.

- Neville, en première année qu'as tu reçu pour ta bravoure ?

- Hein? Euh... des points par Dumbledore, cinq et on a gagné la coupe des maisons...

- Luc, lâche le...

Luc s'exécuta et Hermione prit Neville dans ses bras. C'était plaisant de retrouver quelqu'un qu'elle avait côtoyé si longtemps, et il faut le reconnaître, elle avait des difficultés à le relâcher.

- Hermione, fit Luc, désolé de te presser mais on devrait retourner au logement, tu n'as qu'à l'emmener.

- Oui, bien sûr... Viens, fit elle à Neville.

- Je comprends rien...

- Je vais t'expliquer...

Et ainsi le trio improbable se dirigea vers le logement de fonction.

- Logement de fonction -

Luc, avec assez peu de douceur est il bon de noter, poussa Hermione et Neville à rentrer. Au début, elle avait trouvé que le manque de ménagement dont il avait fait preuve était d'une énorme impolitesse dont elle ne le savait pas réellement capable. Forcément, elle comprit également que c'était surtout par soucis de sécurité et non pas réellement par manque de savoir vivre. Elle se rendit également compte qu'il devait s'agir de la première personne extérieure à l'unité à s'installer dans l'espace de vie de son logement.

- Installe toi Neville, mets toi à l'aise.

Celui-ci enleva donc les vêtements un peu chaud qu'il portait, ne restant ainsi qu'en costume cravate, tenue qu'il lui allait comme un gant. Elle se rappelait que la dernière tenue de cette élégance qu'elle lui avait connue était celle du bal de quatrième année où il s'était avéré excellent danseur.

- Dis donc Neville, quel élégance.

- C'est mieux, professionnellement parlant. Par contre ta nouvelle coupe de cheveux te va parfaitement bien. Ça change énormément.

- Merci Neville, c'était plus simple.

Neville observait discrètement l'autre homme de la pièce, qui les observait attentivement depuis la cuisine.

- Il est bizarre, tu es en danger? Il est du genre brutal.

- Euh... Neville, fit Hermione gênée, il parle parfaitement anglais.

- Ho pardon, fit Neville à Luc.

- Il n'y a pas de mal, vous vous inquiétez pour votre amie.

- D'ailleurs Neville laisse moi te présenter Luc Bertier de l'UMEC. Luc voici Neville Londubat, un ami de Poudlard.

Les deux hommes se saluèrent alors en se serrant la main.

- UMEC? fit Neville surpris.

- Unité Magique d'Enquêtes Criminelles, la police magique française, clarifia Hermione.

- La police? fit Neville inquiet.

- Euh... oui, le ministère anglais m'a envoyée ici pour enquêter à leurs côtés.

- Quelque chose de grave?

- Plutôt mais je n'ai pas le droit d'en parler.

Ainsi donc, Hermione parla à Luc des aventures de Poudlard et des fameux cinq points qu'il avait acquis la première année. Puis des autres années successives.

- Et dans la bataille il a tranché la tête du serpent de Voldemort, Nagini.

- J'ai comme l'impression que la scolarité a Poudlard est tout sauf de tout repos.

- Il faut reconnaître qu'on a vu pas mal de chose, reconnu Hermione.

- Et plutôt cauchemardesque.

Ils buvaient désormais un thé tranquillement, même Luc s'était assez détendu pour s'intéresser à toutes leurs petites anecdotes typiquement poudlardiennes.

- Je savais que tu étais partie par Harry mais je ne pensais pas te retrouver en France. J'aurais su ça, j'aurai réservé un restaurant.

- Neville Londubat est donc désormais un homme, fit Hermione en le regardant avec insistance.

- Euh... je... euh en tout bien tout honneur bien sûr, fit celui-ci en rougissant rapidement.

- Neville, je plaisantais voyons.

- Et puis je ne ferais pas ça à Ron.

Neville venait de jeter un froid polaire dans la pièce, évidemment celui-ci ne pouvait être au courant et Hermione saisit l'occasion de mettre les choses à plat.

- Nous ne sommes plus ensemble.

- Ho... je ne savais pas.

- Et il m'a déjà remplacée.

- Ha bon?

- Oui, il est retourné avec Lavande.

- Lavlav? dit il en se souvenant du vieux surnom idiot.

- Oui, elle a récupéré son Ronron, fit Hermione amère.

- Je suis navrée pour toi Hermione, je pensais que vous étiez fait l'un pour l'autre, comme Harry et Ginny.

- J'y ai cru mais que veux-tu... une nouvelle vie et une nouvelle expérience professionnelle.

- Tu es membre de la police ?

- Oui, j'ai même une plaque, fit elle en lui montrant. Naturellement, je n'ai pas passé de concours, j'ai été parachutée pour enquêter sur...

- Hermione... fit Luc pour lui rappeler qu'elle ne devait pas en parler.

- Oui désolée, c'est confidentiel Neville.

- De même que sa présence, fit Luc. Monsieur Londubat, je vais devoir vous demander de conserver le silence sur sa mission ici.

- Pas de problème.

- Je tiens à préciser à quel point cela est important, sa propre vie pourrait être mise en péril.

- Je serai muet comme une tombe.

- Merci Neville. Mais même Harry ne le sait pas. C'est très important.

- Promis.

- Et sinon comment se passe ton stage chez le botaniste ? Je pensais que tu retournerais à Poudlard.

- En fait, comme j'y ai quand même suivi les cours de septième année, j'ai pu valider des ASPIC, et le Professeur Chourave m'a fait des lettres de recommandation.

- C'est génial, fit Hermione heureuse pour ce garçon qu'elle avait si souvent aidé durant leurs années d'études.

- Et maintenant encore plus, j'ai pû visiter la Finlande et l'Allemagne, en cherchant de nouvelles plantes à importer.

- Tu apprends beaucoup ?

- Énormément, tu ne peux pas savoir à quel point la botanique peut être intéressante. J'ai l'impression de redécouvrir la mandragore. Tu te souviens?

- Je me souviens en avoir eu besoin surtout.

- Ha merde, désolé j'avais oublié.

- Besoin? En quoi? demanda Luc intéressé.

- Tu te souviens de l'histoire du basilic?

- Ouais du polynectar surtout...

- T'es chiant... en fait, je me suis retrouvée pétrifiée par lui.

- Ho Merlin...

- Aucune séquelle comme tu vois...

Luc sourit en la regardant alors comme si il voulait ajouter quelque chose mais s'abstint sous le regard étonné d'Hermione.

- Et qu'est-ce-qui t'amène en France alors?

- En fait, le botaniste pour lequel je travaille veut proposer quelque chose au ministère pour remplacer les détraqueurs. Ils n'en veulent plus à Azkaban.

- Ça j'étais au courant.

- Et normalement je devais rencontrer des botanistes ici qui ont réussi à recultiver des Arbor Incubus.

- Qu'est-ce donc? demanda Hermione.

- L'arbre des mauvais rêves.

- Mais encore Neville...

- C'est un arbre capable de garder un prisonnier. En réalité, il se développe à l'intérieur d'un corps et y plonge ses racines, dans les membres et le cortex cérébral.

- Et ça garde prisonnier?

- Oui, en fait il produit une illusion complète dans le cerveau de la victime, le gardant prisonnier pour se nourrir des minéraux produits par l'être humain.

- Mais l'humain finit par mourir non?

- Non, parce que vois tu l'Arbor Incubus se sert aussi des minéraux pour convertir et injecter des nutriments dans le corps.

Hermione avait toujours été étonnée de la quantité de connaissances dont il faisait usage en botanique alors qu'il était un élève assez moyen dans le reste des matières et une catastrophe sans nom dans le cours de potions. Il devait détenir le record de Poudlard de chaudrons fondus et avait sans doute rendu fou le professeur Rogue au fil des années.

- C'est complexe, fit elle alors.

- Oui, mais cela permettrait non seulement de garder les prisonniers calmes, vu qu'ils sont piégés dans une illusion mais aussi de leur faire vivre une perpétuité en cellules.

- Perpétuité ?

- Oui, l'Arbor Incubus empêche le développement des maladies liées à la vieillesse et tu finis simplement par mourir sans souffrir.

- Bien plus doux que les détraqueurs et leurs baisers en effet.

Elle regarda vers Luc qui semblait avoir décroché un petit peu mais s'y intéressait au maximum.

- Rochepourpoint a essayé il y a quelques siècles, fit il. Mais le fait que ces plantes libèrent énormément de spores pour se reproduire empêchaient les gardes de contrôler leurs fonctions vitales.

- Oui, c'est un fait, fit Neville impressionné. Mais les botanistes ont contourné le problème.

- Et vous utilisez quoi à la place? demanda Hermione intéressée.

- Des runes magiques issues du vaudou de Louisiane. Terre française à cette époque et qui privent de pouvoir magique. Les prisonniers sont comme des moldus en fait.

- Ça pourrait servir aussi pour Azkaban, fit Neville. J'en parlerai.

- Si vous taisez l'origine de l'information.

- Évidemment, fit Neville.

Hermione fut rassurée et se dit que peut-être elle allait agir pour son pays de très loin.

- Et c'est concluant ? demanda Hermione.

- En fait, j'ai pas pu les rencontrer, selon les commerçants voisins, le dernier botaniste de la famille est décédé peu avant l'été.

D'un geste commun, Hermione et Luc se redressèrent sur leurs sièges. C'était un incroyable concours de circonstances.

- Attends Neville, comment il s'appelle le botaniste ?

- Euh..., fit il en cherchant un parchemin dans ses poches. Voilà... désolé pour la prononciation... Abdel Elraoui.

- Par Merlin!!! fit Hermione.

- Quoi? demanda Neville apeuré.

- C'est..., fit elle en regardant Luc qui l'autorisa d'un hochement de tête, un des meurtres sur lesquels on enquête.

- Un?

- Plusieurs victimes en fait. C'est compliqué. Mais on a pas cette information... Il était censé être sans histoire.

- En fait, le botaniste n'a pas encore publié le résultat de ses recherches, il a continué celle de son père qui est décédé depuis six ans.

- Luc... tu crois ce que je crois ? fit elle en français.

- Le père a travaillé avec Severus Rogue, répondit il.

- Rogue? Le professeur Rogue? demanda Neville. Vous parlez de Rogue ? C'est quoi le rapport ?

- Neville s'il-te-plaît ne complique pas la situation. Ho et puis merde. Rogue avait reçu une mission de Dumbledore et visiblement tout est lié mais tu le gardes pour toi.

- Euh ben d'accord mais...

- Neville, je suis désolée d'écourter nos retrouvailles mais je pense qu'avec Luc on va devoir retourner au bureau.

- Pas de problème, tu penses qu'on pourrait se revoir ?

- Ça dépend... tu repars quand?

- Après demain.

- Je pense pas alors.

Ils durent alors avec beaucoup de déceptions et de tristesse se dire au revoir espérant se retrouver dans le futur et en de meilleures circonstances. Mais Hermione avait été très heureuse de revoir Neville et fut d'assez bonne humeur ensuite.

- Bureau de l'unité -

- Une seconde, fit le capitaine qui était revenu au bureau bien après son service.

- Oui? fit Hermione.

- C'est ça le résultat ?

- On pense, fit Luc en s'écartant du parchemin aux runes.

- Je résume, fit Delphine. Hermione tu penses donc que ton professeur devait connaître non pas toutes les victimes mais des membres de leurs familles pour les plus jeunes.

- Oui, et je pense que tout ceci est conçu dans un seul but.

- Lequel ? demanda Jean.

- En fait, quand on regroupe tout ça tient la route, fit Coralie.

- Laissez Granger m'expliquer comme si je n'avais pas tout compris, fit le capitaine.

- Donc nous avons Severus Rogue et Sandrine Duchemin qui étaient des potionnistes de grands talents. Celle-ci semblait être d'ailleurs capable de créer des potions protectrices grâce aux amnios.

- Là je suis...

- Ensuite, Godard, un mangemort qui devait connaître des rituels obscurs.

- Oui...

- Et maintenant Elraoui qui disposaient de plantes capables de conserver quelqu'un captif.

- Oh... fit le capitaine en comprenant enfin et regardant vers le tableau et les phrases du courrier de Rogue qu'Hermione avait traduites.

- Par Morgane, fit Delphine. C'est ça... Ils ont enfermé quelqu'un ou quelque chose : " Il ne fait aucun doute qu'il va vous rechercher pour le récupérer une nouvelle fois."

- On a donc un tueur psychotique et quelque chose ou quelqu'un d'enfermé, fit Coralie.

- Hey, fit Jean attirant les regards. Regardez le code de ce Rogue, il y a des graines dans les symboles.

- Elraoui, sans aucun doute, fit Luc.

- Reste à comprendre le res... fit Hermione en se figeant.

- Hermione ? fit Luc. Qu'est-ce que tu as compris ?

- Regardez mieux le parchemin...

- Ouais et? fit Jean.

- Qu'est-ce que vous voyez avec le dessin central.

- Un vieux chaudron? fit Delphine.

- Coralie, toi qui est potionniste à la base, ça t'évoque quelque chose.

- Ben un chaudron avec couvercle, je connais pas trop... Sauf si... Hermione t'es géniale.

- Merci mais je pense que c'est l'ensemble qui me donne cette impression.

- Hey, fit Luc. Imaginez que tout le monde n'est pas potionniste ou une sorcière à l'intelligence fulgurante... Et expliquez.

- C'est simple Luc, Hermione pense que ceci n'est pas réellement un chaudron.

- C'est pas un chaudron ? C'est quoi?

- Une prison, fit Hermione. Une vraie prison... du genre dont on ne s'échappe pas.

- Mais pour y enfermer Hyunkel? fit Jean.

- Non... pour enfermer ce qu'il veut.

- D'accord, tout le monde, fit le Capitaine Martin. On change les priorités. Albin, vous cherchez tout ce qu'il y à savoir sur Leblanc. Granger et Bertier, vous cherchez sur Martel, tout absolument tout, même la couleur de ses sous-vêtements. Sargue et Carvert, vous allez faire de même avec Godard, je veux savoir de quoi il était capable.

- OUI CAPITAINE, fit l'unité à l'unisson sauf Luc.

- Bertier?

Celui-ci était devant le rapport de Rogue, tapotant en divers endroits. Et surtout en marmonnannt.

- Bertier, vous foutez quoi?

- Je pense avoir cerné un symbole.

- Lequel ? fit Hermione en s'approchant.

- Celui là, il se répète aussi pas mal.

Hermione observa alors le tableau avec le rapport et vit une fiole. Elle avait pensé depuis longtemps que cela signifiait seulement le mot potion ou quelque chose s'approchant.

- Tu penses à quoi?

- Regardez, le fouet, la graine, le serpent... ils se répètent à peu près au même rythme.

- Oui, fit Hermione en observant bien. Oui tu as raison.

- On est peut être partis sur la mauvaise piste au départ.

Hermione le regarda surprise, elle avait bien compris au fil du temps que lui aussi était très intelligent mais là elle n'arrivait pas à cerner son raisonnement.

- On a cru à l'équivalent d'un rapport d'enquête, pensant qu'il parlait sans cesse des personnes mêlées. Et si c'était plutôt un rapport de recherche. Duchemin et Elraoui ne semblaient pas totalement au point dans leurs domaines, ils n'avaient rien publiés officiellement selon la connaissance d'Hermione. Qui utilise des fioles?

- Les potionnistes, fit Coralie.

- Ok bien vu... J'avais pas deviné.

- Question à la con, réponse à la con...

- Merci Sargue... on a compris, fit le capitaine.

- Mais oui!!! fit Hermione.

- Tu me suis dans mon raisonnement ? demanda Luc.

- Je pense... On a cru à des runes mais aucun dictionnaire de runes ne les référence... Fiole plus symbole égal...

- Alchimie, fit Delphine. Un alchimiste mais c'est tellement rare...

- D'où le fait que l'on ne trouve rien, fit Luc.

- Il nous faut un alchimiste pour comprendre, fit le Capitaine. C'est très compliqué à trouver.

- Pas tant que ça, fit Jean énigmatiquement.

- Tu en connais un? demanda Hermione impressionnée du réseau d'informateurs de celui-ci.

- Vous en connaissez tous un... sauf toi Hermione en fait.

- Ha bon? fit celle-ci surprise en regardant les visages en pleine réflexion de l'unité.

- Vous êtes vraiment stupides. Pas vous capitaine hein... pas de blâme.

- Carvert le blâme va tomber si vous conservez votre suspense à la con.

- Beauxbâtons.

Tous les visages de l'unité réalisèrent alors le raisonnement de Jean.

- Merlin, bien vu.

- Dites... vous m'éclairez? fit Hermione n'ayant pas fréquenté Beauxbâtons.

- C'est simple, fit Luc. Le professeur d'Histoire de la Magie de Beauxbâtons.

- Qui est?

- Un homme à la longévité légendaire et le plus grand alchimiste de l'histoire.

- Non? fit Hermione, c'est lui votre professeur d'histoire de la magie? Nicolas Flamel ?

- Et oui...

- Il n'est pas censé être mort sans la pierre philosophale ?

- D'où tu sais ça toi?

- Je... je t'expliquerai.

- Bref, il lui reste à peu près une dizaine d'années à vivre selon lui. Donc...

- Je vais contacter Beauxbâtons, Madame Maxime doit nous autoriser à nous y rendre avec le parchemin, les interrompit le capitaine.

- Capitaine, fit Luc.

- Oui Bertier.

- Si cela ne vous gêne pas, j'aimerais aller voir Flamel avec Hermione, elle ne connait pas Beauxbâtons, ça lui fera une découverte.

- Vous voulez voir Beauxbâtons Granger?

Il n'obtient aucune réponse, en même temps, il n'en avait aucunement besoin, le regard flamboyant et avide de découvertes de la jeune sorcière britannique ne laissait effectivement que peu de doutes sur son désir.

- Bon bon... Granger et Bertier, vous irez à Beauxbâtons.

- Capitaine, vous êtes le meilleur, fit Hermione.

- Y en a une qui veut une promotion... fit Jean avec humour.

- Logement de fonction -

À peine rentrée chez elle, Hermione fonça, à la suprise de Luc, chercher son exemplaire de l'histoire de Beauxbâtons pour le finir et sans aucun doute préparer son excursion. Elle avait saisit à peine de quoi se faire un sandwich et lisait déjà tandis que Luc était partit vaquer à ses occupations. Mais une heure plus tard il revint dans sa partie à elle.

- Hey la touriste...

- Hein? Quoi? fit Hermione sortie de sa lecture.

- Je devais pas t'apprendre à te battre ?

- Ho si... Maintenant ?

- C'était prévu non?

- Oui, fit elle en refermant son livre.

- J'ai fait de la place chez moi. Va te changer et rejoins moi.

Hermione se rendit dans sa chambre, sélectionnant ce qui pourrait s'apparenter à une tenue de sport: un jogging informe et gris, assez moche, le genre de tenue qu'elle portait surtout quand elle était malade ou dans un état lamentable et qu'elle ne désirait voir personne. Elle se rendit dans le logement de Luc et vit qu'il avait déplacé ses meubles pour faire un maximum de place. Il avait également revêtu une tenue adaptée : marcel blanc et pantalon de sport, dévoilant à nouveau son corps musclé.

- Tu avais rien de plus léger ?

- Non... pourquoi ?

- Pas de débardeur ?

- Sûrement pas non..., fit elle gênée.

- C'était pas pour te reluquer Hermione. Mais si tu es plus à l'aise comme ça...

En réalité, elle avait bien dans son placard ce genre de tenue mais pour s'entraîner avec quelqu'un, elle trouvait cela bien trop moulant et sexy. De plus cela avait pour défaut de dévoiler plusieures de ses cicatrices dont celle de son bras. Et n'étant toujours pas à l'aise avec celle là, Hermione avait donc préféré laisser tomber le côté glamour.

- Je suis plus à l'aise, merci, fit Hermione en cherchant quelque chose dans la pièce.

- Tu cherches quoi?

- Ben, le mannequin de bois.

- Trop avancé Hermione, toi tu as droit à autre chose.

- C'est à dire.

- Moi, déjà c'est pas mal, fit il avec un humour certain, et surtout les pattes d'ours.

- Des pattes d'ours ? demanda Hermione ignorant l'humour de Luc.

Luc sortit alors les fameuses pattes d'ours, naturellement Hermione s'était bien doutée qu'il ne pouvait ni s'agir des plantes ni même de la fameuse viennoiserie aussi appelée pain suisse mais bien des cibles attachées à un gant et servant aux entraînements moldus de boxe et de quelques autres arts martiaux.

- C'est cool hein?

- Luc... en quoi cela peut-il être cool?

- Ben tu peux frapper aussi fort que tu veux je n'aurai pas mal. Mais vu le petit gabarit... je risquais déjà pas grand chose.

- Ai-je déjà le droit de te frapper? fit elle rancunière.

- Bientôt... ces techniques que je vais essayer de t'apprendre sont issues de la savate... la boxe française si tu préfères, ça utilise les pieds et les poings en bref. Mais on se contentera des poings pour l'instant.

- Quand tu dis tenter, c'est parce que tu m'imagines nulle?

- Non... je n'ai pas d'accréditation pour enseigner donc peut être serais-je nul comme prof.

- Ça se pourrait, fit Hermione amusée.

- Trêve de rigolade, fit il en levant la main droite déjà gantée. Coup droit.

Hermione n'étant pas née de la dernière pluie comprit qu'elle devait frapper et le fit en essayant d'y mettre de la force.

- Bon...

- Quoi "bon..."? fit elle légèrement vexée.

- Hermione, le dernier coup de poing que tu as réellement donné remonte à loin?

- Ouais pas mal... pourquoi ?

- Pour savoir ce qui t'avais motivée.

- Drago... il m'avait insultée.

- De quoi?

- Sang de bourbe, fit elle en crachant presque l'insulte qu'elle portait désormais sur le bras.

- Bon ça le fera pas...

- Quoi? Mais pourquoi ?

- Hermione, je vais pas passer mon temps à te dire ça pour te motiver. Un: ce n'est déjà pas mon truc et deux: le sang ne prouve rien. Regarde toi.

- Me regarder ?

- Ben oui, plus talentueuse et douée que pas mal de nés sorciers et en plus en ajoutant tout ce que tu as accompli.

- Merci...

- Pourquoi tu me remercie ?

- C'est gentil.

- Comme si tu ne le savais pas...

Hermione était surprise mais c'est vrai qu'elle avait quand même pas mal l'impression que les sorciers français donnaient plus de valeur aux actes qu'aux origines. D'ailleurs à part de Luc, elle n'avait aucune idée de celles des autres car personne n'évoquait jamais ses origines. Elle était une sorcière, point final.

- Hey, on se concentre...

- Pardon.

- Je sais, tu vas m'en vouloir mais... pense à ton ex.

- Luc...

- Mais si... en plus ça va te défouler. Droite!

Hermione frappa en imaginant frapper Ron, ce qui fit que le coup était plus fort. Il lui intima de recommencer et à chaque fois elle remplaçait la patte d'ours par un souvenir où il l'avait vexée. Autant dire que l'entraînement pourrait durer des heures. Deux de ses motivations préférées étaient toutes les deux liées à la quatrième année : le "mais oui t'es une fille" et le "tu vois pas que tu pactises avec l'ennemi". C'était pas mal déjà.

- Bon on reprend mais tu alternes droite et gauche. Ça ira?

- Oui, fit elle, je suis pas idiote, fit elle sur les nerfs, plus par rapport aux souvenirs qu'à Luc.

- Hermione, je parlais du souffle.

- Ho désolée.

- C'était vraiment une bonne motivation. Allez go.

Elle frappa des successions d'enchaînement gauche/droite, imaginant d'autres souvenirs, l'entrée avec Lavande dans la classe pour sans aucun doute passer à l'acte, il avait pas dû l'attendre lui, puis l'abandon dans la tente et au bout d'un moment arriva sur la gifle. Elle lui en voulait, elle voudrait tellement le tenir en face d'elle, et lui fracasser le crâne. Elle en avait d'ailleurs assez mal dans les bras à force de frapper de plus en plus fort. Elle se surprit même à hurler de rage avant d'être aggripée par Luc et de se rendre compte que quelque chose coulait sur ses joues: des larmes. Luc la tenait dans ses bras.

- Calme toi, fit il tout bas.

- Je... suis... désolée, fit elle complètement essoufflée.

- T'excuse pas, c'était un peu le but.

- De... de quoi? dit elle peinant à reprendre son souffle et en le regardant en relevant la tête.

- Assieds toi et bois un peu d'eau, doucement. Tu as besoin d'extérioriser toute cette colère.

- Tu te prends pour un psychomage? fit elle amusée.

- C'est plus efficace la méthode Bertier.

- J'ai mal au bras, fit Hermione.

- C'est que le métier rentre.

- Tu as appris quand toi? fit elle autant pour savoir que pour gagner du temps.

- Les trois mois après ma sixième, trois mois intensif. Je finissais par dormir par terre après mon entrainement.

- Très drôle.

- Je te jure, j'arrivais pas à dormir debout pour gagner du temps.

Hermione ne put que rire à cette phrase idiote. Ça faisait un bien fou de se défouler et de rire ainsi. Elle appréciait même si au final, elle était en nage.

- Prête ?

- Pareil?

- Non maintenant un peu plus sérieux. Droite, gauche, tu te baisses.

- Je me baisse? Tu vas me frapper aussi.

- T'es censée l'éviter et j'irai doucement.

Hermione appréhendait un peu désormais mais cela devait bien se passer pour éviter les problèmes. Le droite-gauche était déjà bien réussi et elle réussit à se baisser pour éviter le sien, qu'il portait lentement. Elle avait pris le rythme au bout du cinquième échange, c'était assez facile et mécanique. Mais à la dix-septième répétition du mouvement, Luc décida quelque chose :

- Tu accélères maintenant, fit il en parant les coups.

- Même pour l'esquive?

- Oui, t'inquiètes ça rentre tout seul. Allez plus vite.

Hermione accélèra alors de plus en plus vite à chaque invective de Luc. Cependant à force d'accélérer, elle avait du mal à suivre et un des coups de Luc, frôla totalement son crâne, la faisant chuter. Elle s'allongea par terre immédiatement.

- Merde, ça va ?

- Oui, tu... m'as... juste... effleurée...Merlin!!! Je suis... juste épuisée... pfiou...

Luc lui tendit une bouteille d'eau, c'était assez étonnant mais il ne semblait même pas épuisé.

- Comment... tu fais? fit elle en attrapant voracement la bouteille d'eau.

- Doucement Hermione, sinon tu te bousilles, j'ai l'habitude, je m'entraîne depuis mes dix-sept ans.

- D'ailleurs ton anniversaire à toi c'est quand?

- Le sept juin. J'aurai un cadeau ?

- Ouais... une raclée, d'ici là je serai prête.

- Tu rêves ma grande.

- T'as mis trois mois.

- J'avais six heures d'entraînement physique par jour. Plus des cours pour les procédures.

- La vache...

- Faut ce qu'il faut pour s'infiltrer.

Hermione voyait les marques à travers son marcel blanc et choisit de demander, au risque de ne pas avoir de réponse.

- Tes blessures, ça date de cette époque ?

- Oui.

- Luc je les ai à peine remarquées, je n'avais pas l'intention de t'espionner, prit-elle le soin de préciser.

- Quand on précise c'est louche...

- Luc, je suis sérieuse.

- Bon je te crois, fit il sur un ton qui laissait la place au doute et provocant le soupir d'Hermione. C'était leur initiation. Chacun des cinq membres d'origine du gang t'apposait un sortilège électrique qui m'ont laissé ces marques.

Hermione le vit alors avec surprise relever totalement le marcel blanc, ce qui la fit tout de même détourner le regard. Elle entendit alors un petit rire provenant de son équipier.

- Hermione... tu peux regarder tu sais. Tant que tu ne me sautes pas dessus.

- Crétin, fit elle en attrapant un coussin pour lui taper dessus.

Elle finit cependant par regarder attentivement les diverses cicatrices, la première était placée au niveau du cœur, la seconde à droite de manière suffisamment symétrique, les trois dernières étaient sur son ventre, formant ainsi un triangle. Naturellement, d'autres blessures semblaient s'être ajoutées au fil du temps. Luc pratiquait après tout une profession relativement dangereuse.

- C'était douloureux ? fit elle sans détourner le regard.

- Assez... mais on s'en remet toujours un jour.

Hermione le vit remettre le marcel en place, et plongea son regard dans le sien. Le regard de Luc était doux mais aussi plein de compassion. Elle était surprise et cru comprendre où il voulait en venir.

- J'en porte aussi, si tu te poses la question.

- Je m'en doutes... tu sais je ne suis pas idiot.

- Quoi?

- Hermione... depuis que je te connais, je ne t'ai jamais vu porter un vêtement qui dévoilait ne serait-ce qu'une once de peau. J'ai un peu de mal à croire qu'il s'agisse juste d'un complexe.

- Je ne veux pas que les gens voient les miennes, surtout une, fit elle en touchant les mots sous sa manche.

- Tu sais... les moldus arrivent aisément à tatouer par dessus les marques de sortilèges.

- Quoi?

- J'y ai songé un moment, mais au final j'ai laissé tomber l'idée. Je me suis fait tatouer ailleurs à la place.

- Ha bon?

Luc se tourna alors, dévoilant un tatouage sur son épaule gauche à l'arrière, c'était dans son angle mort quand elle avait pu l'observer durant son entraînement. Il s'agissait là d'un corbeau tenant dans ses serres une baguette magique. Hermione fut surprise avant de comprendre qu'un tatoueur moldu ne devait pas forcément prêter plus d'attention que cela à un tel motif. Après tout certains se faisaient même tatouer des choses tout aussi étranges. Elle avait presque était tentée de le toucher avant de se ressaisir, à temps estimait-elle, toucher Luc aurait pû être assez gênant.

- Il est très beau.

- Merci. Tu pourrais y songer, pour couvrir ce qui te gêne si c'est si terrible.

- Ça l'est, fit elle tout bas se demandant si Luc comptait qu'elle lui montre.

- Tu sais... je ne sais pas à quoi cela ressemble, mais peut-être qu'un jour tu regarderas cela en te disant que c'était une époque différente et que cela ne fera que confirmer que tu es fière de ce qui a été accompli.

Hermione comprit ce qu'il insinuait mais il était évident que le "sang de bourbe" inscrit sur son bras ne pourrait jamais lui apporter la moindre fierté. Il lui rappelait juste que le monde sorcier anglais ne la considérerait peut-être jamais comme une sorcière à part entière. Elle choisit alors d'éluder le sujet.

- Les prochains entraînements consisteront en quoi?

- Toujours les poings pour commencer, ensuite nous aborderons les jambes, les parties sensibles du corps, les projections et peut-être même le combat armé.

- Des projections ?

- Je serai gentil, j'essayerai de faire attention de ne pas te faire mal.

- Je pourrais réellement être efficace contre toi? Tu es plus grand, plus lourd et soyons honnêtes plus musclé que moi.

- Je savais bien que tu avais des côtés voyeuristes.

- Mais arrête avec ça, fit elle faussement exaspérée.

- Désolé, c'est tellement facile de te mettre mal à l'aise.

- Mais ce n'est pas drôle.

- Ça dépend du point de vue.

- Bon... et maintenant ?

- Maintenant, une bonne douche et repos. Faut détendre les muscles. Mais chacun dans son coin, fit il avec un clin d'œil.

- Encore heureux...

Hermione se releva alors et s'apprêta à se diriger vers son logement et regarda Luc toujours assis par terre.

- Au fait, merci.

- Pour?

- L'entraînement, ta gentillesse et pour Beauxbâtons.

- Je me disais que ça te plairait.

- Mais je suis sûre que je préférerai toujours Poudlard.

- La mauvaise foi...

C'est donc en riant qu'Hermione se rendit sous sa douche afin de se détendre. Sous celle-ci, elle regarda sa marque sur son bras tandis que l'eau ruisselait sur l'intégralité de son corps.

- Je ne pourrai jamais en être fier... Tu peux pas comprendre Luc... Tu as obtenu tes blessures pour ton devoir moi je l'ai reçue parce que j'étais qui j'étais... une sang de bourbe..., conclut-elle pour elle même en laissant ses larmes se mêler à l'eau chaude qui coulait de la douche.

Réponse Review:

marion.denoual1207

Merci de ton commentaire, il est très encourageant. J'essaye de faire de mon mieux pour retransmettre le principe d'une enquête qui contrairement aux séries est surtout de la quête de renseignements.