Une part de bonheur

Chapitre : 16/24

Bonjour, bonjour!

Certains ont sans doute remarqué que a beaucoup beugué la semaine dernière. Vérifiez que vous avez bien lu le chapitre 14 avant de commencer celui-ci!

Et je publierai un deuxième chapitre dans la journée pour m'excusez du retard de la semaine dernière.

Bonne lecture!

Chapitre 15 : Protection, technologie et problèmes.

Dès qu'il posa un pied au château, Gabriel sentit toute sa belle énergie et ce sentiment de protection qu'il ressentait chez Harry s'amoindrir. Il avait dû arriver sans Zahran qui avait voyagé dans le compartiment des professeurs et s'était trouvé un compartiment vide qu'il avait ensorcelé pour que personne ne l'embête, d'autant plus qu'il comptait enlever sa robe de sorcier dévoilant ainsi son ventre.

Il était stressé, il savait que ce soir, la directrice comptait annoncer sa grossesse et les mesures qui seraient mises en place. Gabriel détestait être mis en avant, il était un loup solitaire. Il s'entendait bien avec ses camarades de classe et ses compagnons de chambre sans pour autant être proche d'aucun d'entre eux. Tout le monde le savait, et ce n'était pas les Serpentard qui allaient lui poser des questions, ni quand il avait arrêté de manger dans la grande salle, ni quand il déserta le dortoir pour aller merlin savait où.

Il poussa un petit soupir et passa une main sur son ventre à présent libre de toute contrainte. Il caressa d'un mouvement circulaire son bedon et un sourire tendre étira doucement se lèvres. Sa petite fille. Parce que malgré tout ce qui les attendait, il ne pouvait décemment pas regretter son bébé. Il espérait pouvoir finir ses études mais il avait compris une chose depuis le début de la grossesse et sa rencontre avec Harry. Devenir parent s'était plus que donner naissance. C'était accepter et comprendre que son corps, ses sentiments et sa vie passaient après le bonheur et la sécurité de son enfant.

Le paysage défilait par la fenêtre et tandis que le train s'approchait du château, la conversation sur l'accouchement qu'il avait eu avec Harry lui revint en mémoire. Il avait de la chance de l'avoir. De les avoir. Zahran était adorable avec lui et réussissait à apprivoiser ses peurs. Mais Harry comprenait tout ce qu'il traversait sans avoir besoin de plus qu'un regard, une parole ou un sourire. Et ça lui faisait du bien.

Il sourit ensuite en repensant à cette semaine passée chez Harry avec Draco et Zahran. Si l'ambiance était différente de chez lui, l'amour était le même. Il avait adoré découvrir la relation entre Harry et Draco.

Ils se taquinaient, se cherchaient sans cesse. Il avait à plusieurs reprises surpris des baisers volés et des moments de complicité savourés en toute impunité. En effet, la chambre où il dormait avec Zahran était attenante au salon. Il n'était pas rare qu'en se levant le matin, Harry et Draco soient déjà levés et préparaient le petit déjeuner pour les deux plus jeunes. Il lui arrivait parfois de s'asseoir à la table du salon et de les observer se chamailler à travers l'ouverture qui donnait sur la cuisine.

Helena et Tristan étaient plus le genre de couple à s'échanger des mots dégoulinants d'amour au quotidien. Gabriel avait rapidement compris que la dynamique du couple d'Harry et Draco était tout à fait différente. Draco n'était pas du genre à étaler ses sentiments et maintenant qu'il connaissait sa personnalité, il s'étonnait même des confidences qu'il lui avait faites quelques semaines plutôt. Draco aimait charrier Harry qui le lui rendait bien. Du reste, le brun savait lire entre les lignes l'affection du blond et les regarder s'échanger des pics était très amusant.

Sa relation avec Zahran était elle-même assez taquine. L'elfe était une force tranquille qui n'éprouvait pourtant parfois aucun scrupule à se moquer gentiment de son compagnon lorsqu'il avait un comportement enfantin ou purement Serpentard. Gabriel l'aimait tellement que parfois il se demandait si c'était normal d'aimer autant une personne. Tout chez Zahran lui plaisait même ses défauts, car oui il en avait, le charmaient. Même lorsqu'il piquait toute la couette la nuit ou qu'il l'envoyait bouler pour finir de corriger ses copies et de préparer ses cours, Gabriel ne l'échangerait pour rien au monde.

Cette année, le deux janvier, Gabriel avait eu 17 ans, l'âge de sa majorité. Pour son anniversaire, l'elfe lui avait offert un livre sur les coutumes et traditions des elfes et leur compagnon. Évidemment, en bon élève, Gabriel avait déjà lu plusieurs ouvrages traitant du sujet. Zahran lui avait avoué du bout des lèvres que certains secrets n'étaient pas divulgués aux non- elfes, mais lui était son compagnon de vie, c'était différent. Zahran pensait comme Harry que pour affronter la vie et ce qui allait arriver, Gabriel devait tout savoir. Les risques, les possibilités, les bénéfices...

Le Serpentard ouvrit le livre qu'il avait glissé dans son sac et commença sa lecture pour faire passer le temps. Il vit que tout un chapitre était consacré à l'union magique et un autre à la grossesse d'un elfe ou d'un compagnon d'elfe. Il retrouva certaines choses qu'Harry lui avait expliquées et certaines expériences qu'il avait déjà vécues comme l'échange de chaleur à travers le liquide amiotique chez les elfes de feu. Il y avait même un lexique de mots en elfique. Cela faisait un moment qu'il se demandait comme réagirait son elfe s'il apprenait sa langue. Bon lui avait surtout pensé en faire un usage cochon, mais...c'était le geste qui comptait n'est-ce pas ?

Il poussa un soupir en se rappelant d'une autre discussion embarrassante qu'il avait eue avec Harry. Il n'en était pas encore à son sixième mois mais cela arriverait vite, et les rapports avec pénétration étaient tolérables tant que cela restait doux en tout cas si c'est lui qui qui était en dessous. Harry lui avait expliqué d'un ton professionnel qu'à la fin de la grossesse, il pourrait avoir des orgasmes plus forts qu'habituellement ce qui pourrait contracter ses muscles et le faire entrer en travail avant terme. Il n'avait pas une grossesse à risque mais lui et Zahran devraient tout de même faire attention. Gabriel lui avait avoué le rose aux joues que ses rapports avec Zahran étaient souvent loin d'être doux. Ils étaient plutôt du genre... passionnés. Le petit brun s'était déjà posé la question plusieurs fois sans jamais oser demander ce qu'il en était vraiment...

Gabriel sursauta quand le train s'arrêta n'ayant pas vu le temps passé et s'empressa de ranger son livre et d'enfiler sa robe de sorcier. Il attendit que la cohue des premiers descendus ne passe avant de descendre lui-même de la locomotive. Il pouvait voir le château au loin et se dirigea vers les barques.

Oui, les vacances étaient finies. Et sa vie à Poudlard était sur le point de prendre un autre tournant.

OoOoO

Le silence était tellement pesant dans la salle que Gabriel sentit sa respiration s'accélérer tandis que des centaines de yeux se braquaient sur lui. Gabriel regarda Zahran qui semblait tendu alors que la directrice continuait d'expliquer la situation. Elle n'avait encore parlé que de la grossesse en elle-même et des aménagements auxquels aurait droit Gabriel cette année et l'an prochain.

L'intégralité de la salle pensait que la directrice se contenterait de faire un rapide discours sur le retour des vacances et le fait qu'il fallait rester concentré sur les cours. Ils ne s'attendaient nullement à ce qu'elle enchaîne sur une annonce fracassante. Et ils restèrent encore une fois muet quand elle annonça qu'il était en union magique, un compagnon elfique et que ledit compagnon était leur professeur d'histoire de la magie.

Gabriel se renferma sur lui-même lorsqu'un un brouhaha remplaça le lourd silence de la salle. Zahran semblait sur le point de sauter de l'estrade des professeurs pour le rejoindre. C'était sans compter l'autorité naturelle de la directrice qui imposa le silence en quelques secondes. Elle leur expliqua qu'ils devaient être au courant mais que pour la sécurité de Gabriel, du bébé et du professeur Morel un léger sortilège de secret leur serait lancé afin qu'ils n'aient pas l'idée de répandre la rumeur hors de l'école, du moins jusqu'à la fin de l'année. Elle lança le sortilège avant que l'un d'eux ne pense à s'insurger.

Elle avait prévenu les autres professeurs au préalable afin de ne pas avoir à gérer un comportement malvenu. Tous avaient été réunis avant le dîner et la nouvelle avait été annoncé. Eux avaient aussi appris la situation sur l'adoption de Gabriel dont le père biologique était également un collègue. Ils avaient tous rapidement compris que cela serait compliqué et pourrait potentiellement générer des retombées. L'union magique et elfique était certes irréfutable mais Zahran Morel restait un professeur et Gabriel un élève.

Gabriel regarda ensuite Draco qui se tenait prêt à intervenir en cas de débordement. Le Serpentard se recomposa rapidement un visage impassible mais ne put empêcher sa main de se poser instinctivement sur son ventre, geste qui n'échappa guère à ceux assis près de lui.

Le jeune Serpentard savait ce qui allait se passer ce soir, il en avait parlé la veille avec Zahran, mais il n'avait pas pensé se sentir comme pris au piège dans un étau. Il suffoquait, incapable de bouger regardant l'estrade avec ce qu'il espérait être un visage fermé. Pourtant quelque chose du révéler à l'elfe son état d'esprit car faisant fi du regard d'avertissement de la directrice l'elfe sauta gracieusement de l'estrade. Gabriel put à peine suivre le mouvement des yeux, il vit les cheveux auburn pour une fois lâchés et libres de toute attache voleter autour de lui avant qu'il ne s'approche de lui.

-Ça va Gaby ?

-Oui...

-Aller on rentre. C'est assez pour une seule soirée.

Gabriel ne put qu'acquiescer et suivre son compagnon qui lui attrapa les épaules. Non sans un dernier regard vers la directrice et Draco qui hochèrent la tête.

Par pitié qu'il le sorte d'ici.

OoOoO

-...allô ?

-…

-Draco...non, c'est un appel vidéo, éloigne ton oreille. Draco ?

Harry, assis sur son canapé sa chienne sur ses genoux, regardait un zoom sur l'oreille de Draco en riant. Il lui avait fait découvrir la fonction appel vidéo pendant les vacances mais le blond avait du mal.

-Harry ?

-Draco, éloigne ton oreille et regarde l'écran !

Là seulement, Harry vit le visage complet du blond apparaitre à l'écran. Un grand éclat de rire s'échappa de ses lèvres face au regard gris contrarié.

-Bon quand tu auras fini de te foutre de moi, tu me le diras.

-Excuse-moi, ne prends pas la mouche.

-Non, tu te moques de moi. On ne se moque pas d'un Malfoy, affirma-t-il d'un ton hautain qui fit sourire Harry.

-Je ne me moque plus, alors la rentrée ? Et Gaby ?

-Tu aurais pu l'appeler directement puisque tu t'en fiches de moi.

-Bah, je me suis dit qu'il aurait d'autres choses à faire avec Zahran.

-Et moi, non ? Je suis le directeur des Serpentard tu sais ?

Le blond vit le brun lever les yeux au ciel et boire une gorgée de thé avant de reprendre.

-Alors, tout se passe bien ? Gabriel m'a envoyé un message pour me dire que McGonagall l'avait annoncé à tout le monde mais qu'il me raconterait plus tard.

-Oui, elle l'a annoncé et évidemment il est devenu une bête de foire. Ça va retomber mais pour l'instant il attire tous les regards et les interrogations. Il est dans une situation peu commune. La directrice n'a dit que le strict minimum et Gabriel n'a pas d'amis proches donc tout le monde s'interroge sans poser de questions directes aux deux intéressés.

-Gaby est stressé.

-Oui, plutôt. J'ai eu le temps de lui parler après le cours de potion aujourd'hui, il m'a dit que ça allait. Zahran m'a dit la même chose. Je pense qu'ils espèrent surtout que la situation se tasse rapidement.

-D'accord, je vais attendre qu'il m'appelle alors. J'ai discuté avec Helena et Tristan et ils pensent la même chose. Mieux faut laisser Gabriel accuser le coup. Je suis content que tu sois sur place, d'autant que je ne pourrai pas le voir avant encore deux semaines.

-Mais nous on se voit samedi ! Je ne suis pas de surveillance ce week-end.

-Tu... enfin, tu veux passer le week-end à la maison ? Mon lit est froid sans toi pour le réchauffer et tes petits ronflements pour remplir la pièce.

-Potter ! On en a déjà parlé, un Malfoy...

-...ne ronfle pas ! Bien sûr, affirma Harry en riant. Bon, je dois aller sortir Châtaigne, je t'appelle demain.

-A demain.

Draco resta un instant à fixer Harry qui semblait avoir encore quelque chose à dire, les joues fardées le brun détourna le regard en soufflant un "je t'aime" du bout des lèvres gêné au possible. Le blond eut à peine le temps de réagir que le brun raccrocha sans attendre de réponse, il n'en avait jamais reçu lorsqu'ils étaient jeunes et ne s'en formalisait pas.

De l'autre côté de l'Angleterre, Harry enfonça sa tête dans le coussin le plus proche jetant son téléphone sur le canapé. Châtaigne commença à lui japper dessus pour qu'il se décide enfin à la sortir. Elle avait entendu le mot "sortir" et ne tenait plus en place. Elle le suivit lorsqu'il alla chercher sa laisse et son harnais et se dandina en suivant le chemin habituel en ignorant son maître troublé derrière elle.

OoOoO

Harry regardait les photos qu'il avait pris lors de la fête du nouvel an chez Tristan et Helena. Il les rangeait soigneusement dans l'album photos contenant les photographies de Gabriel que lui avait envoyées les parents de Gabriel. Ils connaissaient ces photos par cœur pour les avoir contemplées durant des heures. Il n'y en avait que quelques-unes par année mais cela suffisait à voir Gabriel grandir, voir sa tête de bébé et d'enfançon s'affiner de plus en plus jusqu'à devenir l'adolescent puis le jeune homme qu'il était devenu. Mais pour la première depuis 17 ans, mettre les photos de Gabriel dans cet album ne fut pas un moment douloureux. Parce que ces photos avaient été prises par lui, qu'elles ne représentaient plus les seuls souvenirs qu'il n'aurait jamais de son enfant mais le début de très beaux souvenirs avec son fils.

Il regarda un cliché où après l'avoir poussé sur la piste de danse, Draco dansa avec Gabriel. Ils étaient beaux ensembles, les bras de Gabriel autour du cou du blond et les mains de ce dernier sur sa taille. Le ventre de Gabriel pointait à travers la chemise qu'il avait enfilé pour l'occasion. Après avoir immortalisé ce souvenir, lui-même avait choppé Zahran pour le faire danser et malgré l'air gêné de l'elfe, il se prit vite au jeu et ils passèrent un bon moment à se dandiner maladroitement en suivant la musique qui s'échappait d'un vieux tourne disque.

Cette soirée chez les parents de Gabriel l'avait un peu angoissé. Après tout il n'était de retour dans la vie de Gabriel que depuis deux mois à peine et quand il y pensait tout s'était passé très vite. Peut-être trop vite. Mais le contexte était très particulier et la relation qu'il avait tissée avec Gabriel avait été aussi simple que naturelle. Peut-être parce qu'Harry avait répondu à toutes les questions de Gabriel et que contrairement aux craintes de ce dernier, son père biologique n'avait été qu'amour et tolérance. Il avait enveloppé Gabriel de tout cet amour qu'il aurait été incapable de lui donner à 17 ans auparavant, il ne l'avait pas jugé une seconde et était devenu un soutien dans cette épreuve. Gabriel en avait bien conscience, Harry était la personne grâce à qui il pouvait vivre les différentes étapes de sa grossesse avec un souci moindre.

Plus tard dans la soirée, Harry s'était retrouvé seul avec Helena et ils avaient discuté ensemble. Elle lui avait confié que Gabriel semblait plus libre dans ses mouvements et ses paroles depuis deux mois, qu'il n'y était pas pour rien. Ses retrouvailles avaient été bénéfiques pour tous les deux, et quand il lui avait demandé si la soudaine apparition des deux parents biologiques de Gabriel ne les avaient pas inquiétés, elle avait souri en avouant que ça la réveillait la nuit au début. Mais elle était une maman et elle savait qu'on pouvait aimer plusieurs personnes très fortes sans en aimer une moins qu'une autre. On aimait autant son papa que sa maman sans en préférer un, avoir quatre parents ne changeait pas ce fait. Quand elle était petite son papa lui disait souvent que l'amour ça ne s'additionnait pas, ça se multipliait et ça se bonifiait avec l'âge.

Le fait qu'ils aient accepté que Gabriel passe une semaine chez lui pour les vacances de Noël et l'invite à cette fête lui montrait, s'il en doutait encore, qu'ils lui faisaient confiance et qu'ils voulaient qu'il fasse partie de la vie de leur fils. Fils qu'ils n'auraient jamais eu sans lui. Le câlin énorme qu'elle avait reçu de son fils lorsqu'il avait posé bagage dans le salon en rentrant de chez son père leur avait prouvé que son raisonnement était juste. Elle lui avait manqué, elle était belle comme un cœur, il était content d'être à la maison, il l'aimait.

Harry prit ensuite une photo qu'il avait réussi à prendre avec Draco. Il avait convaincu le blond qui avait accepté tant que la photo n'était pas niaise. C'était le père de Gabriel qui avait pris la photo. Il s'était positionné contre Draco avec un grand sourire et juste avant que Tristan n'appuie sur le bouton de l'objectif, il s'était tourné et avait légèrement décollé ses pieds du sol pour atteindre sa joue s'attirant un regard outré du blond qui l'avait ensuite boudé jusqu'à ce qu'Harry ne le choppe dans un coin du couloir pour lui rouler le patin du siècle au risque de se faire surprendre. Il la protégea d'un sort de protection rapide et l'accrocha à son frigo à l'aide d'un aimant. Il rangea ensuite soigneusement l'album de photos dans le débarras qui se trouvait dans le couloir.

Lorsqu'il arriva dans la salon, Hermione et Ron l'attendaient déjà, ils étaient venus en cheminée et ils avaient prévus de passer une soirée tous ensemble comme avant. Une soirée qui se terminerait devant la table basse avec des chocolats chauds dans les mains, rattrapant les dernières informations qu'ils avaient loupées.

Harry avait l'impression que sa vie était ce qu'elle aurait toujours dû être, et il en était ravi.

OoOoO

Draco marchait main dans la main avec Harry dans un parc moldu où le brun l'emmenait souvent. Il regarda du coin de l'œil Harry qui babillait joyeusement sur un accouchement de triplé qu'il avait effectué la nuit dernière. Cela l'avait épuisé comme en témoignait les cernes sous ses yeux mais il était intarissable sur ces trois petits bambins. A n'en pas douter, Harry avait trouvé sa voie dans la vie.

Ils s'arrêtèrent pour acheter un café dans une petite boutique implantée dans le parc et s'installèrent sur un des bancs malgré le vent et la fraicheur environnante. Le blond lança discrètement un sort de réchauffement sur eux, hors de question qu'ils meurent de froid.

-On est déjà à la fin du mois de janvier, c'est passé tellement vite.

-Tu m'en diras tant... C'est bientôt le début des examens blancs pour les BUSES et les ASPICS, ma quantité de travail va doubler, c'est absolument merveilleux...

-Draco, tu sais que je sais que tu adores enseigner même si tu te voiles la face ?

-Pas du tout, j'ai hâte de reprendre les rênes de mon entreprise l'an prochain. Et puis les appartements de Poudlard sont minuscules.

-Oh, arrête ! Tu as les appartements du directeur de maison, c'est assez grand. En plus, je sais que tu adores tes élèves parce que tu rouspètes après moi aussi, non ?

Draco releva les yeux vers Harry qui souriait derrière sa tasse de café. Evidemment qu'il adorait ce nigaud. Il avala une gorgée de son propre gobelet laissant un petit silence flotter entre eux. Il savait qu'Harry attendait un mot quelconque quelque chose. Cela faisait près de trois semaines qu'il lui avait murmuré le premier "je t'aime" de leur relation. Draco voulait sortir n'importe quoi qui s'en reprochait ou qui retournait ce sentiment. Parce qu'évidemment il l'aimait aussi. Et évidemment qu'il voulait lui dire.

Ces mots, il avait été éduqué avec l'idée qu'ils étaient une faiblesse, et il ne devait être faible sous aucun prétexte. Il allait diriger la fortune familiale quand il serait grand. Une des plus importantes fortunes d'Angleterre. Une fortune que son père avait remis entre ses mains quelques années plus tôt décidant que lui avait fait son temps et que si Draco pouvait fournir un héritier également ça ne serait pas du luxe.

Mais à cet instant précis, assis sur ce banc avec Harry, une bonne odeur de café flottant entre eux...

-Harry, je...

Il en aurait hurlé quand ces mots restèrent bloqués en travers de sa gorge comme souvent depuis trois semaines, depuis 18 ans. Il regarda Harry qui soutint son regard puis attrapa sa main pour entrelacer leur doigt avant qu'un sourire n'étire ses lèvres jusqu'à ses yeux.

-Je t'aime aussi, Draco.

Draco détourna le visage gêné au possible autant par les émotions que ces simples mots avaient déclenchées chez lui que par le fait que le brun pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert.

-...Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à le dire.

-Parce que tu ne l'as jamais dit à personne, Draco. C'est dur à trente-deux ans d'utiliser ces mots pour la première fois. Le fait d'essayer c'est plus que tu ne l'as jamais fait et ça me touche.

Harry le regardait avec un air sérieux et sa douceur dans sa voix donna envie d'attraper sa nuque et de l'embrasser pour lui transmettre tous les sentiments qu'il avait pour lui. Ce qu'il fit au plus grand bonheur du brun. Ce dernier enchaina ensuite sur un autre sujet ne voulant pas embarrasser plus Draco.

Ils finirent leur tasse qu'ils jetèrent dans la première poubelle passant et se dirigèrent vers l'appartement d'Harry où ils auraient dû finir la soirée.

Cela aurait été le cas si ce dernier n'était pas devenu pâle comme un linge à quelques mètres de chez lui, qu'une tâche pourpre ne s'était pas étalée sur son pantalon sous le regard paniqué de Draco et qu'il n'avait pas tourné de l'œil en s'effondrant dans les bras de Draco qui transplana dans l'instant à Sainte-Mangouste.

A suivre...

J'espère que ce chapitre vous a plu!