Bonne année !

Je vous souhaite le meilleur à venir. La période est un peu difficile, alors j'espère que 2021 apportera de bons moments malgré tout !

Beaucoup attendaient la suite de l'histoire, la voici sans plus attendre.

Bonne lecture :)


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Chapitre 8

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La journée était lumineuse, baignée par les doux rayons du soleil. Quelques légers nuages blancs parsemaient le bleu clair du ciel. Le temps était agréable, comme le climat qui régnait généralement sur Pléthis. Les jardins du château étaient verdoyants, parsemés ça-et-là d'arbustes ornés de fleurs et de grands arbres qui permettaient quelques coins d'ombre. On entendait les chants de quelques oiseaux qui vivaient sur la propriété, troublant le calme présent dans les allées bien entretenues.

Le Roi Lycaon se tenait droit, les bras croisés dans son dos. Sa tunique noire et marron en cuir tanné lui seyait à merveille. Elle était prolongée d'un pantalon foncé et de bottes noires qui complétaient sa tenue, à la fois élégante et pratique. Il marchait lentement, déambulant pour la première fois dans les jardins du château qui était devenu sien. Derek Hale, comme ceux de sa race, appréciait certes la nature, mais davantage pour son côté sauvage. Les lycanthropes affectionnaient particulièrement les paysages bruts, authentiques, tels que les forêts, les rivières ou encore les bords de mer rocailleux. Le jardin de Pléthis semblait bien trop élégant, - trop au goût des humains - pour qu'il s'y sente réellement à sa place.

Il marchait lentement, appréciant toutefois l'odeur caractéristique de l'herbe et des arbres aux alentours. Le vent, faible, caressait son visage non rasé, amenant avec lui les effluves de la végétation variée. À ses côtés, le Roi Stilinski, son époux, marchait d'un même pas. L'humain revêtait une tunique beige en tissu, des plus estivales. La couleur crème, claire, s'alliait parfaitement à ses cheveux châtains et à ses yeux ambrés. Ses bras étaient lâches, le long de son corps et il releva le nez pour fixer le ciel bleu au-dessus de leurs têtes.

"Vous allez mieux." déclara le Roi Lycaon, de sa voix grave. Cela sonnait comme un constat, mais il était évident qu'il souhaitait s'enquérir de l'état de santé de son mari.

Stiles hocha la tête.

"Oui." répondit-il seulement, ne souhaitant pas davantage s'étaler sur sa condition.

Le loup-garou avait, pour la première fois, demandé à passer du temps avec lui d'une manière informelle. Ils n'étaient pas autour d'une table pour parler d'éléments fondamentaux pour le royaume, entourés de conseillers ; ils étaient seuls, dehors, se promenant comme le feraient probablement n'importe quel couple marié.

"Bien." répondit l'alpha, semblant réellement satisfait de cette réponse.

Ses pieds continuaient de fouler le sol, à une allure lente, se calant sur les pas du Roi Mieczsysław. Ils marchèrent ainsi, en silence, profitant de cette balade pendant un temps. Le jeune humain se perdit dans ses pensées, progressivement. Les doux rayons du soleil caressaient de temps à autre sa peau, et cela lui rappela le passé ; l'époque où il n'avait à se préoccuper de rien. Le temps semblait comme suspendu en cet instant, et il aurait voulu que cette sensation de paix et de calme demeure à tout jamais. Pourtant, le présent le rattrapa bien vite. Ses pensées errèrent vers des questions préoccupantes, et il devait profiter de la présence apaisée du Lycaon pour avoir une discussion avec lui.

Il soupira doucement, sachant d'avance qu'il troublerait le calme du moment, bien qu'il ne le désirait pas. Il s'arrêta, ses pieds s'ancrant sur le sol recouvert de gravier blanc. Le Lycaon cessa dès lors de marcher, se tournant légèrement vers lui pour le dévisager, questionnant en silence son arrêt soudain.

Le Roi Stiles s'humidifia légèrement les lèvres et plongea son regard dans celui de son époux. Les iris étaient colorés de leur habituelle teinte vert clair et doré. Il l'avait rarement trouvé si beau, ainsi baigné dans la lumière extérieure.

"Avez-vous changé d'avis ?" demanda-t-il doucement, craignant malgré tout la réponse qu'il désirait pourtant connaître.

Le Roi Lycaon fronça légèrement les sourcils, mais sa stature resta droite et inflexible.

"Concernant ?" demanda-t-il, alors que son regard ne quittait pas le visage clair de son époux.

À la lumière du soleil, la peau du Stilinski paraissait encore plus blanche qu'à l'accoutumée, et ses grains de beauté ressortaient, telles de douces coquetteries déposées sur sa peau.

"Allison Argent." déclara ce dernier, tentant de ne pas paraître trop abrupt dans sa réponse.

Le Lycaon contracta sa mâchoire et ses yeux se plissèrent alors qu'il détournait le regard, visiblement agacé.

"Je vous en prie." supplia alors le Roi Stiles d'une voix calme, tentant de capter à nouveau le regard de son époux.

L'alpha soupira lourdement et le dévisagea.

"Vous rendez-vous compte de ce que vous me demandez ?" déclara-t-il froidement. Et s'il avait semblé qu'il aurait pu réfléchir à la question, il trancha pourtant net : "Elle porte le nom de mon ennemi. Je ne peux pas." déclara-t-il, ses pupilles hétérochromes plongées dans celles de son mari.

Le Roi Stiles ne s'avoua pas vaincu si facilement, et continua avec évidence.

"Alors elle se mariera." répondit-il avec affirmation. "Elle changera de nom. Elle abandonnera ce patronyme que vous ne supportez pas." Son regard était déterminé, et il se fit un peu suppliant. "Faites preuve d'indulgence." demanda-t-il à nouveau, avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve, sachant que rentrer en conflit avec le loup-garou ne l'aiderait en rien. Il commençait maintenant à connaître suffisamment l'alpha pour savoir comment l'aborder.

Ce dernier soupira lourdement à nouveau. Il fixa un point au loin dans les jardins, se focalisant dessus quelques instants alors qu'il semblait réellement considérer cette demande.

Finalement, il reporta son attention vers son époux qui ne l'avait pas lâché du regard, attendant patiemment la sentence qu'il voudrait bien lui donner.

"Bien." déclara-t-il et les sourcils du Roi Stilinski se haussèrent légèrement de surprise. "À une condition. Qu'elle renie sa famille et la taise à jamais." intima l'alpha. Il semblait si directif en disant cela qu'il n'y avait pas de doute quant au sérieux de ses propos.

Son époux hocha la tête rapidement, s'empressant d'accepter la condition qu'il jugeait finalement facile à honorer.

"Je m'en porte garant." déclara-t-il alors, voulant prouver sa bonne volonté. Jamais il n'aurait osé croire que le Lycaon céderait, et pourtant, il venait de le faire. Cela toucha le Roi Stiles bien plus qu'il ne le montra. Il savait à quel point cela coûtait au souverain Hale de se montrer clément auprès d'une Argent.

L'alpha des alpha acquiesça faiblement, montrant qu'il acceptait la réponse de son époux, puis reprit, d'une voix grave et sérieuse :

"Si mes subordonnés l'apprennent, cela pourrait avoir de graves conséquences." mit-il en garde.

Son regard se fit davantage perçant et le Roi Stiles se sentit engloutir entièrement par les deux orbes qui le fixaient avec une telle intensité. Il sentit sa poitrine se contracter sous le joug du charisme, imposant, de son époux.

Il acquiesça à son tour de manière très faible. Le regard perçant vert et doré du lycan n'avait pas cillé un seul instant, le fixant avec une profondeur sans pareille. La pression dans le torse de l'humain sembla migrer jusque dans son estomac. Quelque chose crépita quelques instants dans le creux de son ventre, alors qu'il se sentait ainsi dévoré du regard. Le Roi Stiles ressentit l'envie, urgente, tempétueuse, de s'approcher du Lycaon, d'être à son contact. Il ressentit le désir brûlant de le toucher, de le sentir physiquement contre lui. Pourtant, il n'en fit rien. Ses prunelles firent un aller-retour sur les lèvres du Lycaon, sans même qu'il ne s'en rende compte d'abord, puis, lorsqu'il le réalisa, il détourna le regard. Ses yeux s'abaissèrent quelques instants vers le sol. Il fixa ses pieds et les graviers blancs autour, tentant de se ressaisir.

"Merci." déclara-t-il doucement.

C'était une des rares fois où il avait eu l'impression que le Lycaon avait une réelle considération pour lui. Cet homme-loup, froid et sévère, se révélait finalement parfois capable de l'écouter et de faire preuve de compassion. Peut-être trouvaient-ils finalement leurs places, progressivement, l'un à côté de l'autre.

À cette pensée, un léger sourire, fin, délicat s'étira sur les lèvres de l'humain.

Les yeux toujours rivés vers le sol, perdu dans ses quelques pensées rassurantes, il ne vit pas le regard du Hale, toujours posé sur lui. Il ignora tout de la manière dont le brun le scrutait, ne délaissant pas une seule seconde la contemplation de son visage couleur porcelaine.

Puis, le Roi Stiles sortit de sa rêverie et son attention se reporta vers le chemin qui continuait droit devant eux. Il reprit une stature droite et se remit à marcher lentement, tentant de calmer les battements de son cœur qui s'était un peu emballé. Il s'éprenait de plus en plus du Lycaon, sans qu'il n'y ait de cure à cette aliénation.

Le Lycaon reprit également le pas, marchant à ses côtés comme précédemment. Aucun d'eux ne se résolut à prendre de nouveau la parole, préférant préserver la quiétude du moment alors qu'ils erraient dans les jardins du château.

xxx

La nuit était tombée sur Pléthis et elle baignait le domaine royal dans un noir bleuté, éclairé partiellement par les millions d'étoiles qui peuplaient le voile céleste. Le Roi Stiles était accoudé à la large fenêtre de la bibliothèque du château, regardant l'extérieur plongé dans la pénombre. Il fixait les astres qui scintillaient dans le ciel noir, et soupira doucement. Il était tard et il n'arrivait pas à dormir. Un millier de pensées défilait dans son esprit bien trop préoccupé. Pourtant, ces derniers échanges avec son époux, le Roi Lycaon, avaient été bien meilleurs qu'il ne l'aurait jamais espéré, lui procurant un soulagement certain. Ses cils battirent à plusieurs reprises, lentement et lourdement, sur le haut de ses pommettes. La fatigue était présente, et même s'il se refusait à dormir présentement, il en ressentait les effets progressifs. Ses yeux le picotaient, sa nuque devenait raide et ses épaules étaient contractées, un brin douloureuses. Il songeait à emporter avec lui l'ouvrage qu'il venait de commencer, pour le terminer dans son lit.

Il soupira à nouveau très faiblement alors qu'il voyait quelques mouvements vifs passer devant les fenêtres, tout contre les parois du château. C'était des chauves-souris. Elles se réfugiaient sous les toitures des tourelles, cachées durant le jour pour sortir seulement à la nuit tombante. Elles virevoltaient avec agitation, battant follement des ailes pour aller se nourrir des insectes qui peuplaient les jardins et les abords de la forêt. Le jeune Stilinski esquissa un sourire alors qu'il se penchait davantage contre les carreaux de la large fenêtre, et il tendit le cou pour apercevoir la façade du château. D'ici, il voyait parfaitement l'aile Ouest, habitée depuis peu par les habitants des Terres de cèdre. Il admira, sous la faible lumière des étoiles et des quelques torches près des entrées principales, les animaux volants qui fonçaient avec rapidité vers les murs. Au dernier moment, les créatures nocturnes changeaient de trajectoire pour venir se réfugier sous les toitures. Les chauves-souris étaient elles-aussi habitantes de ce château, mais elles jouissaient d'une liberté totale qu'il n'avait pas et enviait.

Perdu dans sa contemplation, le Roi Stiles ne vit pas tout de suite l'ombre qui se mouvait en contrebas, le long des murs du château. Lorsque ses pupilles captèrent le faible mouvement de la silhouette, cette dernière retint dès lors toute son attention. Il distingua avec une précision suffisante qu'il s'agissait de la silhouette d'une femme encapuchée. Le souverain fronça les sourcils, prêtant davantage attention à la forme qui marchait lentement le long des murs en pierre. Il reconnut la silhouette féminine, entourée d'une cape, qui ne pouvait appartenir à nulle autre que la druidesse Jennifer Blake. Il la suivit du regard, habité par une curiosité vive et méfiante. Depuis qu'il l'avait croisée sortant des appartements du Roi Lycaon, il n'avait eu que dégoût et haine à l'égard de cette femme. Rien de ce qu'elle ne dégageait ne lui inspirait une quelconque sympathie.

Ses sourcils se maintenaient froncés, agacés, alors qu'il scrutait de loin le corps avançant, puis pénétrant l'une des entrées de l'aile Ouest. Sans hésiter un instant, le Roi Stiles se décolla de la fenêtre et courut, traversant la bibliothèque pour en sortir. Il marcha dans les longs couloirs en pierre, le pas rapide, pressé, tentant de rejoindre avec hâte l'aile adjacente. La partie Ouest du château n'était presque plus peuplée et dépourvue de garde depuis l'arrivée des habitants de Lyca, aussi, ne croisa-t-il personne.

Il ralentit le pas alors qu'il se rapprochait d'un couloir sombre, dont le bout était éclairé faiblement par les lueurs des torches. Quelques bruits étouffés de conversation provenaient de la pièce ; il s'agissait d'un cabinet qui n'était plus utilisé, collé à une des cours extérieures. Le Roi Stiles connaissait chaque recoin de ce château qu'il habitait depuis sa naissance. Il fit demi-tour, empruntant aux détours d'un couloir un petit escalier en colimaçon qui menait à des corridors sous plafond, longeant les salles. L'accès était assez étroit, et utilisé parfois par le personnel pour rejoindre plusieurs pièces en toute discrétion. Il avança, prudent, le pas léger, se rapprochant avec précaution de l'endroit qu'il voulait espionner en catimini. L'accès déboucha sur un petit salon dont une grille d'aération était collée au cabinet. Des voix s'élevaient légèrement de cette pièce voisine. Le Roi Stiles s'y colla et les sons se firent moins étouffés, plus clairs.

Il reconnaissait le timbre velouté de Jennifer Blake. Peut-être était-elle avec son maître, Alan Deaton. Peut-être était-elle avec le Roi Lycaon. Le Roi Stiles était piqué par une curiosité incontrôlable, désireux d'en savoir plus. Il tira légèrement sur l'armature en métal de la grille, ouvrant davantage l'aération alors que le son se faisait plus net. Il pouvait voir légèrement un bout de l'intérieur de la pièce, ne distinguant rien d'autre qu'une partie de mur et de parquet, légèrement éclairée. Il tendit l'oreille, écoutant les bribes de conversation qui s'élevaient.

"... il est enceint."

La voix féminine de la druidesse s'élevait maintenant clairement.

Le Roi Stiles se figea dès lors que les mots faisaient sens dans son esprit. Elle était au courant. Le Roi Lycaon l'avait-il informée ? La voix de la femme brune reprit, pleine d'assurance.

"Deaton a tenté de me le dissimuler, mais il n'y a aucun doute. Au regard des ingrédients qu'il utilise récemment et des manuscrits qu'il a fait ramener de Lyca : le Roi Stiles porte les louveteaux du Lycaon en lui."

La voix était dédaigneuse, presque écœurée. Il était facile de comprendre que cette nouvelle lui déplaisait.

Il y eut un silence de quelques instants, puis, une voix grave et cinglante s'éleva.

"C'est une honte à ma race."

Les mots avaient été crachés avec une colère sourde. Ce timbre de voix était familier. Il n'appartenait à nulle autre personne que Peter Hale, l'oncle du Roi Lycaon, et le Roi Stiles le reconnut aussitôt. Il se figea, raide, alors qu'il réalisait la position dans laquelle il se trouvait maintenant. Il espionnait une conversation entre un loup-garou sanguinaire et une druidesse vile. Il avait beau être le Roi d'Atracie, il savait la dangerosité de sa position.

"Nous ne pouvons pas laisser faire cela." siffla Peter Hale, alors qu'un grondement sortait de sa gorge, faisant vibrer l'air.

Le Roi Mieczysław ferma les yeux, et ses paupières se pressèrent avec force alors qu'il posait nerveusement une main sur le bas de son ventre. Plus que jamais, il sentait le danger le guetter. Il se retint de soupirer, de peur de faire du bruit. Son esprit fusait de toute part, alors que la voix reprenait. Il n'entendit cette fois que quelques mots, décousus, manquant d'une concentration certaine. Ses yeux se rivèrent à travers la grille en métal noire et il aperçut cette fois un bout de la silhouette de Peter Hale, de dos.

"... sa potion. Je la changerai, je les tuerai." confia Jennifer Blake. Sa voix était de plus en plus basse, pourtant, il n'y avait aucun doute sur le sens de ses propos. Le Roi Stiles se sentit oppressé.

La voix forte et grave de Peter s'élevait à son tour.

"La couronne ne sera plus jamais posée sur une tête humaine." et il sembla se délecter de ses mots.

Le Roi Stiles ressentit un millier de frissons lui parcourir l'échine. Il entendit quelques bruits de pas, vifs et secs, qui s'éloignèrent. Il réalisa que la jeune femme quittait la pièce, s'en allant par l'entrée par laquelle elle était arrivée. Il regarda à travers les grilles, voyant la silhouette du loup-garou qui restait droit, raide, au milieu de la pièce. Sa poitrine continuait de se presser avec force et il ressentait l'air lui manquer progressivement ; il éprouvait des difficultés à respirer et son souffle commençait à se faire erratique.

Alors qu'il faisait demi-tour, voulant partir au plus vite de cet endroit, Peter Hale tourna légèrement la tête : ses sens, affutés, se mettaient aux augets.

"Il y a quelqu'un ?" demanda-t-il, d'une voix grave, plate. Puis, un sourire en coin étira ses lèvres alors qu'il fixait le mur derrière lui, droit sur la grille d'aération.

Le Roi Stiles, horrifié, pressa le pas, fuyant tant qu'il pouvait l'endroit en tentant de minimiser ses bruits. Il sortit de la pièce, pressant le pas dans les couloirs, jusqu'aux escaliers qu'il emprunta à la hâte. Il se mit à courir avec pour objectif de quitter l'aile l'Ouest le plus vite possible, priant pour ne pas manquer de temps. Il connaissait le château dans les moindres recoins mais cela ne lui serait d'aucune utilité si un loup-garou était à sa poursuite. Soudainement, il sentit la présence, il entendit le bruit derrière lui : il était pourchassé. Il bifurqua dans une salle et le bruit de froissement à sa suite ne le quitta pas. À peine le réalisa-t-il, que Peter Hale bondissait devant lui, l'arrêtant net dans sa course. Le Roi hurla, ne pouvant retenir un cri de surprise et de peur. Son torse se gonflait au rythme de sa respiration saccadée et douloureuse, alors que son regard se posait sur l'homme-bête.

Leurs deux corps restèrent immobiles, l'un en face de l'autre.

Le loup-garou avait ses muscles bandés, tendus, et le fixait avec une dominance certaine. Il avait cet air habituel, malicieux et fourbe, mais une chose était différente. Il semblait bien plus animal qu'à l'accoutumée. Il avait l'air d'un prédateur face à sa proie.

Le Roi recula instinctivement, mais se retrouva acculé contre le mur de la salle dans laquelle ils étaient tous deux.

"Eh bien, eh bien..." commença la voix sirupeuse de Peter Hale, alors qu'il regardait son souverain de bas en haut, avec un désir sanguinaire certain. "Mon Roi... j'ai bien peur que vous ayez entendu quelque chose que vous n'auriez pas dû." confia-t-il.

Et cela semblait presque l'amuser.

Le Roi Stiles sentit la peur paralyser ses pieds. Malgré cela, son cerveau ne cessait de réfléchir à tout va, et il comprit enfin.

Son regard glacial se posa sur l'être face à lui qu'il avait en horreur plus que jamais.

"Vous avez tué mon père." déclara-t-il, d'une voix blanche.

Ses sourcils étaient légèrement froncés et il aurait donné n'importe quoi en cet instant pour ne pas être si faible, tant le cri de la vengeance résonnait en lui.

Peter Hale eut le dédain ultime de hausser les épaules.

"Que croyez-vous ? Il faut ce qu'il faut pour arriver à ses fins." déclara-t-il simplement.

Le souverain resta de marbre. Il fixa le lycanthrope quelques instants, ses prunelles ambrées entrant en contact avec celles bleues de Peter Hale.

"Vous allez me tuer." déclara-t-il simplement. Ce n'était pas vraiment une question ; cela n'attendait pas vraiment de réponse.

Peter Hale acquiesça.

"Vous mort, mon neveu régnera sur le trône à jamais, et moi je lui murmurerai à l'oreille."

Le Roi Stiles avait le visage fermé, et sa colère n'avait jamais été si forte. Cet homme ne renoncerait pas. Il avait soif de vengeance, de pouvoir, de domination. Il avait réussi à mener à bien ses plans, trompant tout le monde, manipulant le Lycaon.

"Il n'est pas si stupide que vous le pensez." déclara-t-il alors, à la fois sur la défensive et menaçant.

L'aîné des Hale esquissa un fin sourire.

"Oh que si, il l'est." continua le lycanthrope.

Le jeune Roi serra les mâchoires, se sentant impuissant alors que Peter Hale reprenait :

"Ma sœur, Talia, avait accepté de vivre recluse. Et elle est morte, assassinée. Les humains sont un fléau. On ne peut pas cohabiter avec votre race. Ma femme, ma fille, ont été tuées par les vôtres sans une once d'hésitation. Je n'en aurais pas non plus." déclara-t-il, intransigeant.

Tôt ou tard, les humains allaient avoir raison des loups-garous. Petit à petit, année après année, la race humaine éradiquait toute autre sur Terre. La race humaine était incapable de cohabiter sans asseoir sa dominance ultime ; c'était un fait.

Le Roi Stiles recula davantage, s'appuyant contre le mur en pierre derrière lui. Il se sentait fait comme un rat. Ses probabilités pour s'en sortir étaient réduites à peau de chagrin et il le savait. Il inspira lentement. Il devait essayer de fuir, il devait tenter tout ce qu'il pouvait pour se sauver, et sauver l'enfant qu'il avait en lui.

Dans un élan vif et inattendu, il courut vers la sortie alors même qu'il portait sa main à son cou, attrapant la chaîne de son médaillon. Il tira la broche d'un geste vif et sec, avant de se sentir attrapé violemment par l'épaule et projeté, son dos s'écrasant contre le mur. Peter Hale se jeta sur lui, prêt à le mordre. Sans hésiter, dans un ultime geste pour survivre, le Roi Stiles planta la broche dans le corps du loup-garou qui fonçait sur lui, au niveau de son trapèze, non loin de la jonction avec son épaule. Peter Hale eut un mouvement de recul et hurla de douleur, tous crocs sortis.

Le Roi Stiles profita de l'instant pour s'échapper, reprenant une course effrénée, courant le plus rapidement qu'il le pouvait pour fuir. Il remonta le corridor mais fut rattrapé bien trop tôt. Une main le saisit à nouveau par l'épaule, et il se sentit projeté sans ménagement aucun. Son corps s'écrasa contre le sol dur, et il tenta aussitôt se relever, son regard errant tout autour de lui. Il avait été balancé dans une pièce vide, et Peter Hale s'avançait lentement vers lui, ses yeux bleus électriques luisant dans la pénombre de la salle.

"De l'aconit ?!" gronda le loup-garou, hors de lui. Il semblait être habité cette fois d'une colère noire et furieuse. Ses crocs et ses griffes étaient bien visibles.

Le Roi Stiles recula, horrifié.

Soudainement, Peter Hale cessa d'avancer et sa tête se tourna légèrement sur le côté, prêtant attention à une chose invisible. Ses prunelles se détournèrent de sa proie pour regarder un point inexistant, et il soupira lourdement.

Le Roi Stiles n'eut pas à réfléchir davantage de ce comportement étrange, que son époux, le Roi Lycaon, pénétrait dans la pièce avec une hâte certaine.

"Que ?" déclara l'alpha surpris, et son regard se fronça alors qu'il se stoppait net à l'entrebâillement de la porte, regardant tour à tour les deux hommes.

Peter Hale s'adressa immédiatement à lui, d'une voix basse et grave.

"Il m'a attaqué avec de l'aconit tue-loup." grogna-t-il, ses crocs sortis, toujours menaçant.

Il déchira sans plus attendre le haut de sa veste à l'aide ses griffes pour dégager l'intérieur de son épaule où la plaie noire était visible. On pouvait voir distinctement le poison faire effet sur ses veines ; un poison qui pourrait être mortel s'il n'était pas traité dans les prochaines heures.

Le Roi Lycaon fronça davantage les sourcils en voyant la blessure des plus graves, qui ne laissait nul doute possible, et sa mâchoire se contracta. Il lança un regard froid et préoccupé vers son époux.

Ce dernier secoua la tête avec rapidité.

"Il a voulu me tuer, je le jure." déclara le Roi Stiles, alors que ses iris entraient en contact avec celles de son mari. Il avait besoin que l'homme le croie. Il le fallait. "Il sait que je suis enceint, et il a avoué avoir tué mon père." déclara-t-il, tentant de donner les informations clés qu'il fallait pour gagner du temps, pour convaincre le lycan de lui faire confiance.

L'alpha des alphas plissa les yeux, s'avançant de quelques pas dans la pièce. Ses yeux se posèrent partout sur son époux, puis sur son oncle. Il tentait de comprendre, de démêler le vrai du faux dans cette situation des plus critiques.

Peter Hale gronda sourdement.

"Ne l'écoute pas. Pourquoi aurais-je fait cela ?! Alors que je t'ai poussé à l'épouser !" tonna-t-il. Et il fixa son neveu tentant de mettre toute la conviction possible dans ses propos. "Sans moi, tu aurais refusé cette alliance et tu le sais." siffla-t-il.

Derek Hale gardait les sourcils froncés, incertain. Il portait un intérêt réel aux propos de son oncle mais semblait méfiant.

Voyant son neveu en plein doute, Peter Hale enchaîna, ne laissant pas de place à la réflexion ou au Roi Stiles de se défendre davantage.

"La fille Argent est non loin de la capitale, protégée par le Roi et les McCall." grogna Peter, avec haine. Pourtant, cette nouvelle ne fit ni chaud ni froid au Lycaon, car il avait été mis dans la confidence. Le loup-garou aux yeux bleus reprit. "Votre époux se joue de nous, sa famille a toujours été de mèche avec les chasseurs. Mes sources m'ont informé que Chris Argent n'a pas fui comme il nous avait été indiqué, mais qu'il a eu l'exil de la part du Roi Noah Stilinski." cracha-t-il avec amertume.

À cette information, le Lycaon sembla prêter de l'importance. Il reporta son attention vers son époux, le dévisageant alors, et Peter Hale le nota sans nul doute. Le bêta continua, relevant le nez avec satisfaction.

"Votre cher époux, ici présent, a même reçu des missives de Chris Argent. Ils échangent de la correspondance, n'est-ce pas des plus touchants ?"

Derek Hale appuya son regard vers son époux, l'interrogeant du regard alors que ses traits devenaient bien plus durs, bien plus fermés.

"Ce n'est pas ce que vous croyez." jura le Roi Stiles, tentant vainement de trouver comment expliquer ce qui lui semblait, en l'instant, inexplicable. Peter Hale était un fin manipulateur, car il n'avait pas besoin d'utiliser de mensonges pour arriver à ses fins. Il maniait les vérités, les utilisant à bon escient au moment opportun.

"Vous ne m'avez rien dit de tout cela." fit remarquer le Roi Lycaon, les dents serrées, alors qu'il se mettait à faire les cents pas dans la salle. Il semblait en proie à une réflexion intérieure, à un dilemme bien cornélien. Il tourna vivement la tête vers son époux à nouveau et le sonda, lâchant violemment : "Vous communiquez avec Chris Argent ?" tonna-t-il, d'une voix sèche et sourde. Il le sommait de répondre, de se défendre, de lui dire que cela était faux.

Le Roi Stiles déglutit. Il se sentait à nouveau pris au piège. Quoi qu'il pouvait répondre, il était perdu. Il ne pouvait dire non et mentir, et s'il disait oui, il savait la confiance du Lycaon perdue. Il le suppliait du regard, alors qu'un voile de tristesse passait dans ses yeux. Ses iris ambrés ne se détachaient pas de ceux de son mari, alors qu'il savait qu'il le décevait à nouveau. Il ne répondit pas, et secoua légèrement la tête, désolé et las, ne sachant ce qu'il pourrait dire ou faire. La boule dans sa gorge ne cessait de l'oppresser et le poids dans sa poitrine se faisait grandissant.

Derek Hale vit rouge alors qu'il comprenait que cela était vrai : le Roi Noah Stilinski leur avait menti au sujet de Chris Argent. Son époux, le Roi Stiles, le savait et n'en avait rien dit. Pire encore, il correspondait avec le chasseur connu pour avoir attaqué les siens par le passé. Cette pensée, bien trop intolérable, semblait être le pire des affronts. Le Roi Lycaon grogna férocement à nouveau. Son oncle, lui, esquissa un faible sourire devant la scène dont il se délectait sûrement. Son corps était toujours tendu, ses muscles bandés, et ses griffes sorties.

"Je vous en prie." déclara doucement le souverain Stilinski, secouant la tête, s'adressant à son mari avec toute l'affection qu'il pouvait. Le Roi Lycaon gronda à nouveau avec virulence, arpentant la pièce avec une rage qui ne faisait que grandir.

"Trop de supplication !" hurla-t-il férocement alors qu'il fusillait son époux du regard. Ses yeux viraient au carmin et il avait l'air hors de lui. "Vous me trahissez toujours un peu plus chaque jour !" hurla le Roi Hale, habité par le dépit, alors que ses yeux rouge vif se faisaient perçants.

Son époux lui montrait encore une fois sa malhonnêteté, sur un sujet qui était des plus sensibles et récurrents. Au plus les jours passaient, au plus il découvrait que le Roi Stiles avait des liens privilégiés avec les Argent, avec les chasseurs, et au plus il se sentait manipulé par celui à qui il s'était uni et avait accordé sa confiance.

Peter Hale gronda sourdement, faisant vibrer son torse, et ses yeux brillèrent d'un bleu électrique hypnotisant. Le Roi Stiles croisa ce regard inhumain et il ne le reconnut presque pas. L'aîné des Hale était en cet instant soumis à ses pulsions animales, ouvrant sa mâchoire pleine de crocs dans une menace ultime.

Stiles Stilinski enserra son ventre. Il avait peur, plus que jamais. Ses yeux le brûlaient, s'humidifiant alors qu'il réalisait qu'il n'avait plus d'espoir.

"Laissez-le vivre." souffla-t-il seulement et son regard implorant se tourna une dernière fois vers son époux.

Les yeux carmin du Roi Lycaon se posèrent sur le ventre de l'humain, et son attitude changea. Il releva ses yeux et dévisagea son mari avec incertitude, avec incompréhension. Il était en colère, en rage. Il était meurtri et blessé. Mais jamais il n'avait été question pour lui de blesser son époux et il semblait que ce dernier l'en croyait en l'instant capable.

Peter Hale, lui, jubilait, et s'adressa au Roi Stilinski d'une voix ferme, sans appel, en réponse à sa demande.

"Vos héritiers ne seront pas dignes de la famille Hale." répondit-il en fixant l'humain d'un regard sournois.

Le Lycaon fronça les sourcils aux propos de son oncle, et tourna la tête vers ce dernier, le dévisageant avec une certaine confusion et méfiance.

Le bêta se mit en mouvement, avançant lentement vers le Roi Stiles.

"Derek. Laisse-moi faire, laisse-moi l'éventrer." susurra Peter alors que ses crocs et ses yeux fixaient sa cible, s'en approchant doucement. Il était prêt à bondir.

La main du Roi Stiles se serra sur son ventre, et alors que le bêta accélérait le pas, le Lycaon rugit, bondissant devant lui, s'imposant.

"NON !" hurla-t-il d'une voix grave et basse qui fit presque trembler les murs.

Peter Hale se stoppa net. Il fit face à son neveu, qui s'était placé entre lui et le Roi Stiles, acculé au mur.

Il y eut un temps d'hésitation et de silence.

Peter Hale dévisagea son alpha et reprit, comme un constat non négociable.

"Il doit mourir." déclara-t-il, ne comprenant soudainement pas pourquoi son neveu s'y opposerait.

"J'ai dit NON." s'insurgea sourdement le Lycaon, intransigeant. Son torse vibrait avec force d'un grondement.

L'alpha lança un regard en biais, vif, rapide, par-dessus son épaule, s'assurant que l'humain était bien derrière lui en protection. Son regard carmin se redirigea aussitôt vers son bêta dont la position était encore incertaine. Peter Hale avait cessé son attaque, mais il n'avait pas encore reculé.

L'atmosphère était d'une lourdeur écrasante.

"Voyons… Tu auras d'autres héritiers." tenta d'amadouer Peter Hale, un brin méfiant. Il se voulait convaincant. "Derek, tu dois m'écouter." reprit-il, tentant de raisonner son neveu, de le rallier à sa cause. "Ils ont tué notre famille !" hurla-t-il. "Veux-tu que tes héritiers soient issus du sang de ceux qui ont fait cela ?! C'est un déshonneur ! Ouvre les yeux !" hurla-t-il, ne le tolérant pas un instant.

"Il n'était pas seul." souffla soudainement la voix du Roi Stiles. Derek Hale se tendit, son attention se tournant légèrement vers son époux derrière lui, qui reprenait d'une voix blanche. "Jennifer Blake était avec lui. Ils complotaient. Ils ont tué mon père et ils veulent me tuer pour que la couronne ne soit plus jamais posée sur une tête humaine."

Peter esquissa un sourire sournois. Il tenta de dévisager l'humain qu'il apercevait derrière son alpha.

"Vous mentez." déclara-t-il. Il savait que tout se jouerait sur une question de confiance. "Pourquoi diable Derek voudrait-il vous croire, alors qu'il ne vous connait que depuis quelques mois ? Je l'ai en partie élevé, j'ai toujours été à ses côtés. Je suis son sang." cingla-t-il.

Le Lycaon fonçait toujours les sourcils, préoccupé, attentif aux paroles de chacun et à la situation. Puis, quelque chose sembla résonner dans son esprit. Il releva la tête vers son oncle et le fixa durement.

"C'est ce que tu as dit." souffla-t-il, ses yeux rouges transperçant ceux bleutés du bêta. Il bomba le torse et tonna avec force. "Avant le mariage, c'est ce que tu as dit." répéta-t-il, les dents serrées, le regard assassin. "Que la couronne ne serait plus jamais posée sur une tête humaine."

Tels avaient été les mots de son oncle.

Le visage de Peter Hale se ferma, et il sembla soudainement moins joueur et moins sournois.

L'alpha gronda sourdement à nouveau : un appel à la soumission.

"Voyons Derek." tenta son oncle, le visage fermé et plus que jamais sur ses gardes.

Derek Hale gronda à nouveau, intimant le silence. Il montrait qu'il n'était plus ouvert à la discussion et qu'il voulait asseoir son autorité.

Le bêta aurait dû reculer, il aurait dû courber l'échine, mais il n'en fit rien.

Peter Hale gardait sa position agressive, ses griffes sorties, à l'air libre.

L'aîné des Hale sut en cet instant qu'il ne pourrait pas s'en sortir. Son neveu ne l'écouterait plus, et le Roi Stiles restant en vie, il deviendrait alors persona non grata au sein du royaume.

Voyant ses plans s'envoler en fumée, Peter Hale étouffa un rire sarcastique avant de déclarer avec froideur :

"Dans ce cas..."

Puis, son attitude devint à nouveau sérieuse, stricte, animale. Il fixa effrontément son neveu et leurs deux regards s'entrechoquèrent. Ils se confrontaient. En une fraction de seconde, ils comprirent tous deux ce qui allait se passer ; leurs visages se transformèrent et ils bondirent aussitôt l'un sur l'autre. L'attaque fut si vive, si violente, que le Roi Stiles laissa échapper un cri grave, surpris. Il se recula, voyant les deux loups-garous échanger une lutte sans merci, hurlant, crocs et griffes dehors. Les deux corps des lycanthropes se mêlaient dans un chaos rapide, difficile à suivre. Le Roi Stiles vit toutefois les griffes de Peter Hale s'enfoncer dans le torse du Lycaon qui hurla. Le râle était grave et sec, bestial, et l'alpha riposta, envoyant voler contre le mur le corps de son oncle. Le bêta se releva, bondit, et le Roi Stilinski fut à nouveau témoin d'une mêlée de crocs et de griffes des plus violentes.

Les coups étaient rapides, vifs et brutaux, dignes des prédateurs que les lycanthropes étaient.

Puis, soudainement, le Lycaon déchira la nuque de son oncle, arrachant un bout de sa colonne et son corps s'échoua au sol, inerte.

Le Lycaon hurla férocement, un hurlement animal, fort et puissant, s'élevant jusqu'à en faire vibrer l'air.

Il était essoufflé, en sang, couvert de plaies. Le corps de son oncle gisait au sol, à ses pieds dans une mare de sang qui se répandait lentement.

La scène était horrifiquement effrayante et glauque.

Stiles Stilinski se laissa couler contre le mur, ses jambes ne le tenant plus, alors qu'il inspirait une goulée d'air qui lui avait tant manqué. Ses yeux étaient rivés sur le dos de son époux face à lui. Les griffes de Lycaon se rétractèrent et son corps massif, lourd, tomba à genoux, puis s'effondra sur le sol.

Les yeux s'écarquillant, et dans un réflexe naturel, le Roi Stiles se précipita sur lui.

"Non…" laissa-t-il échapper, alors qu'il se jetait sur le corps étendu et lacéré. Il se pencha au-dessus du Lycaon l'observant de plus près avec effroi.

L'alpha avait le souffle court, de multiples contusions et blessures ravageaient son corps. Le plus effrayant était de loin la plaie béante qui barrait son torse, dont du sang s'écoulait à flots : elle était profonde et la chair était entaillée à vif.

Le Roi Stiles fixa la lésion imposante, mortelle, puis dans un réflexe rapide, il retira sa tunique pour la compresser sur la chair. Il appuya ses mains dessus, essayant de faire cesser le sang de couler, alors même que le liquide rouge foncé se répandait sur le tissu avec rapidité.

"Tenez bon, je vous en prie." déclara-t-il rapidement, paniqué. Il posa ses prunelles, inquiet, sur le visage du loup-garou, croisant son regard fatigué, qui pour une fois, ne semblait pas froid. "Ne me laissez pas. Ne me laissez pas vous aussi…" déclara-t-il à nouveau, laissant échapper les mots qui lui venaient en tête, sans même y réfléchir.

Le Roi Lycaon ferma ses paupières quelques instants avant de les rouvrir. Sa respiration était lourde, saccadée, alors qu'il se vidait de son sang.

Le Roi Mieczysław sentait les larmes monter en lui. C'était un mélange de soulagement, de haine et de tristesse qu'il ressentait. Son père était vengé. Peter Hale était mort. Pourtant, il avait tant perdu. Il ne supporterait pas de voir un autre de ses proches mourir, pas encore… Pas à nouveau. Il refusait d'imaginer son enfant vivre sans connaître son deuxième père, sans connaître le Lycaon.

Il se pencha sur le corps de l'alpha pour ne rien montrer de ses larmes qui menaçaient de couler. Il nicha sa tête dans le cou du souverain de Lyca, humant son odeur.

Derek Hale leva sa main, lentement, pour la poser sur sa nuque. Il enroula sa paume à la base de ses cheveux, se voulant apaisant. Cette attention, ce geste tendre, acheva de bouleverser l'humain qui sentit le trop plein d'émotions menacer de lui faire perdre toute constance. Il se mordit la lèvre, pressant ses paupières avec force, tentant de se retenir de céder à ses émotions.

Sa voix, brisée, s'éleva doucement à quelques centimètres de la peau de son époux.

"Derek… Je vous en supplie, ne me laissez pas." supplia-t-il, ignorant le fait que c'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.

Il avait besoin de lui. Ils devaient être deux pour continuer. Ses doigts se resserrèrent contre l'épaule de l'alpha.

La voix grave du Lycaon s'éleva, grave, basse :

"Je vais guérir. J'ai..." Le lycanthrope toussa légèrement. "Il me faut juste du temps, je vous le promets." déclara-t-il, sa main se refermant davantage contre la nuque de l'humain.

Le Roi Stiles ferma les yeux et hocha légèrement la tête, soulagé.

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À suivre…

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Alors ? Ce dénouement ?

Qui crie : « Je le savais ! » ?