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Chapitre 7 : Une histoire de constellations


À moitié allongé sur son lit, Kyouya adressa un regard suspicieux à la fenêtre. Il avait entendu un bruit d'impact. Il ne mit pas cela sur le compte d'un rêve ou d'une illusion. Il était bien réveillé. Il pouvait faire confiance à ses sens.

L'impact résonna de nouveau. Cette fois, Kyouya aperçut un minuscule objet percuter la vitre avant de disparaître dans le vide.

- Sérieux ?

Quelqu'un s'amusait à jeter des cailloux à sa fenêtre ? Il avait du mal à y croire.

Le troisième choc le sortit de sa stupeur. Il se leva et traversa sa chambre à grands pas. Il ouvrit la fenêtre en grand et se pencha dehors.

- Je ne sais pas qui t'es, abruti, mais tu t'es gouré de maison !

Kyouya pencha la tête sur le côté. Un cailloux fusa juste à côté de sa joue. Kyouya le suivit des yeux et le regarda tomber dans sa chambre. Une veine battit à sa tempe. Ses mains convulsèrent sur le rebord. Il se retourna vivement.

- Alors toi ! Attends que je descende ! Je vais t'apprendre la vie.

- Hi hi ! Désolé.

Cette voix...

Toute velléité quitta Kyouya. Il croisa les bras sur le rebord de la fenêtre et se pencha en avant. L'intrus lui était dissimulé par les arbres mais Kyouya n'avait pas besoin de le voir pour le reconnaître.

- Ginga ?

L'adolescent quitta le couvert des arbres. Une main en coupe était remplie de cailloux. Il porta l'autre à son crâne et le frotta. Il arbora un sourire mi-penaud mi-complice.

Comment peut-il exprimer autant de sentiments seulement avec ses sourires ?

- À quoi tu joues ? demanda Kyouya, plus surpris qu'agacé.

- On avait dit qu'on passerait du temps ensemble aujourd'hui, tu te souviens ?

Évidemment qu'il s'en souvenait. Sauf que Ginga avait décidé de parler à cœur ouvert à ses amis – et de se montrer à nu, vulnérable. Kyouya pensait qu'il aurait besoin de plus de temps pour s'en remettre.

Mais Ginga avait l'air d'aller bien. Son sourire n'était pas faux.

Et ses yeux...

- Qu'est-ce qui te fait croire que j'en ai envie ?

Sa protestation – uniquement pour la forme – modifia le sourire de Ginga, le teintant d'espièglerie.

- Tu n'as rien de mieux à faire, ce soir, et je crois me souvenir que tu détestes perdre ton temps.

Le début d'un sourire courba les lèvres de Kyouya. Il se redressa sans le quitter des yeux.

- Pas faux. Qu'est-ce que tu proposes ?

- Rien de particulier.

- Je croyais que tu disais ne pas vouloir me faire perdre mon temps.

- Je n'ai rien prétendu de tel. Je me disais seulement que ce serait sympa de perdre du temps ensemble.

- C'est stupide.

- Peut-être.

Les deux adolescents se regardèrent. Les épaules de Kyouya se détendirent. Là, tout de suite, Ginga faisait uniquement attention à lui. Il avait décidé de venir le voir, malgré tout ce qui était arrivé aujourd'hui, pour respecter la promesse qu'il lui avait faite.

Comme hier.

Ginga s'était battu. Ginga avait été blessé. Ginga était venu le voir malgré tout.

Finalement, ce n'était peut-être pas si grave que Kyouya ne cesse de penser à lui. Ginga pensait souvent à lui, visiblement. Il venait sans cesse le voir, lui parler. Il voulait se rapprocher de lui et détestait le décevoir. Il passait son temps à chercher sa compagnie. Il le faisait primer sur son devoir, quelques fois.

Et ses paroles avaient plus d'impact sur Ginga que celles des autres. C'étaient ses mots qui l'avaient poussé à se dévoiler à ses amis.

Kyouya ferma la fenêtre. Il sortit de sa chambre et rejoignit le rez-de-chaussée. Dans l'entrée, il enfila sa veste puis ses chaussures.

- Kyouya ?

- Je vais me promener.

Gaou parut surpris par le calme de son ton.

- Ne rentre pas trop tard. Tu as école demain.

- OK.

Kyouya sortit, sous le regard ébahi de son père. Il ferma la porte. Une bourrasque froide l'accueillit. Il arrangea le col de sa veste et entra dans le jardin. Ginga l'attendait, adossé à un arbre, les mains dans les poches. Il lui sourit.

- Je me demandais si tu avais accepté ou si tu avais décidé de m'ignorer.

Kyouya fronça le nez.

- Continue de me provoquer et tu en subiras les conséquences.

- Je ne pense pas que tu sois déjà capable de me battre.

- Peut-être, mais je peux toujours te mettre mon poing dans la figure.

Ginga rit de bon cœur. Kyouya s'autorisa l'esquisse d'un sourire. Ginga l'acceptait avec une sincérité inédite, comme s'il n'avait pas besoin de changer – lui le savait, mais la plupart des gens ne supportaient pas sa personnalité si affirmée. C'était... nouveau. Différent de tout ce qu'il avait connu.

- Alors, on va où ?

- Qu'importe.

Ginga se mit à marcher. Kyouya avançait à ses côtés. Ils sortirent de la propriété. Le silence était tel que leurs pas claquaient comme des coups de fouet. Une voiture solitaire venait le briser de temps à autre. Les quartiers résidentiels pouvaient être de véritables havres de tranquillité, loin de l'animation du centre-ville avec ses magasins, bars et restaurants. Kyouya appréciait le calme, contrairement à ce que l'on pouvait croire. La présence de Ginga à ses côtés lui apportait une étrange sérénité intérieure, à laquelle il n'était pas habituée. La moindre contrariété l'irritait et lui donnait envie de tout casser – et il ne s'embêtait pas à maîtriser cette pulsion. Là, ils se contentaient de marcher d'un même pas, dans un monde qui semblait leur appartenir entièrement, et cela suffisait à faire taire cette colère qui bouillonnait en lui en permanence. Il calquait son allure à celle de Ginga, suivant ses déambulations, sans essayer de prendre le commandement. Pour une fois, suivre lui convenait.

Ils n'avaient pas de destination, comme Ginga l'avait dit. Ils n'approchaient même pas du centre-ville – ce qui signifiait que, pour une fois, le rouquin n'essayerait pas de l'inviter à manger des hamburgers.

À moins qu'il n'ait découvert un restaurant dans un autre quartier. Tout était possible avec lui quand il était question de hamburgers.

Kyouya n'avait jamais été aussi près de détester personnellement un plat.

- C'est agréable.

Kyouya regarda Ginga. Le rouquin lui sourit avant de se remettre à regarder droit devant lui.

- De marcher ainsi. La ville est plus... sympathique.

Un léger sourire flottait sur les lèvres de Ginga. Il paraissait véritablement à l'aise. Son attitude offrait un tel contraste avec celle qu'il avait eu l'après-midi que c'en était saisissant. Il ne mentait pas. Il ne jouait pas la comédie. Kyouya le voyait dans ses yeux vifs. Et, pour être sincère, il trouvait son changement de comportement flatteur.

Ils ralentirent. Kyouya se rendit compte qu'ils revenaient déjà sur leurs pas. Il aurait préféré que leur marche dure un peu plus longtemps.

Et qu'est-ce qui l'empêcherait au juste ?

Kyouya bifurqua dans une ruelle. Surpris par ce brusque changement d'itinéraire, Ginga dut trottiner pour le rattraper. Un air curieux s'était peint sur son visage.

- Tu décides toujours des endroits où on va. C'est mon tour cette fois.

Les yeux de Ginga brillèrent. Un grand sourire étira ses lèvres.

- Tu veux dire que tu m'emmènes dans un de tes lieux préférés ?

Kyouya renifla avec agacement.

- Je n'irais pas jusque-là. Disons plutôt que c'est un lieu qui ne m'ennuie pas trop.

Son explication renfrognée n'avait pas refroidi l'intérêt de Ginga. Au contraire, il semblait vibrer d'enthousiasme.

Ils se rendirent jusqu'au chantier abandonné. Kyouya se faufila derrière les planches qui en barrait l'entrée et se détendit. Ginga le suivit. Il leva la tête vers le sommet de la structure.

- Sacré poste d'observation ! lança-t-il, admiratif.

Kyouya eut un sourire amusé. Ginga le comprenait trop bien. À croire qu'ils se connaissaient depuis des années.

C'est l'impression que j'ai, parfois.

Kyouya savait que c'était cliché, mais la relation qui s'était nouée entre Ginga et lui était si intense et naturelle qu'il avait du mal à croire qu'ils se connaissaient seulement depuis quelques jours. Sans oublier l'influence qu'ils avaient l'un sur l'autre.

- Tu es en état pour grimper jusqu'en haut ? demanda Kyouya en s'adossant aux planches.

Il croisa les bras et les jambes. Le front de Ginga se plissa. Il suivit des yeux les barres qui formaient la structure, évaluant soigneusement l'itinéraire qu'il devrait suivre pour se hisser au sommet. Il se tourna vers lui avec un sourire penaud.

- C'est beaucoup plus haut que ta chambre.

- Alors laisse tomber. À moins que... tu n'aies envie de te ridiculiser devant moi ? ajouta Kyouya d'un ton joueur.

Ginga laissa échapper un rire.

- Ça, c'est hors de question.

- Intéressant.

Ginga s'approcha de lui. Contre toute attente, il se posta en face de lui. Son expression était douce tandis qu'il l'observait. Kyouya ne savait plus du tout quoi ressentir. Une part de lui s'apaisait, comme toujours lorsque Ginga lui accordait son attention, mais sa proximité l'agitait. Il ne savait s'il désirait s'approcher de lui ou s'éloigner pour mettre fin à toutes ces sensations. La première option le tentait davantage – son corps se tendait naturellement vers Ginga – et ça le dérangeait.

Ses doigts s'enfoncèrent dans la peau de ses bras. Il lutta pour rester en place – seuls les lâches fuyaient – et pour ne rien laisser paraître sur son visage.

- Je voulais te remercier.

Kyouya haussa les épaules. S'il se concentrait entièrement sur la discussion, peut-être qu'il parviendrait à occulter le reste.

- Je t'avais dit que je ne te lâcherai pas. Pas la peine d'en faire toute une histoire.

Ginga secoua la tête.

- Ce n'est pas de ça que je parle... même si ça me rend heureux. Ça aurait été... Je suis content de continuer à te voir. De passer du temps avec toi.

Le corps de Kyouya se détendit. Il ressentait la même chose. C'était une des raisons pour lesquelles il ne laisserait pas Ginga partir.

- Merci de m'avoir pousser à parler à mes amis et à te parler.

- Ce n'était pas mon intention.

- Je sais, mais le résultat est là.

- Si on part dans cette direction, tu pourrais me remercier d'avoir dirigé les Chasseurs de Tête. Sans ça, on ne se serait pas rencontrés.

Ginga sourit face à la provocation. Il leva la tête vers le ciel. Son sourire s'effaça.

- On ne voit pas les étoiles d'ici.

- On est en pleine ville. C'est normal.

Ginga reporta son attention sur lui.

- C'est la seule chose qui me dérange dans le fait de vivre en ville, avoua-t-il. À Koma, on pouvait voir les étoiles de n'importe où. Il suffisait de lever la tête pour les regarder. En ville, il faut chercher un lieu adapté – et ce n'est pas facile à trouver.

La discussion semblait avoir dévié mais Kyouya sentait que ce n'était pas le cas. Il attendait de voir où Ginga le conduisait.

- J'adore regarder les étoiles.

- Tu le dis tout le temps.

Les étoiles et les hamburgers étaient ses sujets de prédilection. Il ne se passait pas un jour sans qu'il n'évoque l'un ou l'autre.

Ginga lui sourit avant de tendre une main vers le ciel.

- J'aime les relier pour voir les constellations. Aucune étoile n'est seule, et ça me rend heureux. Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu oublier une chose pareille.

Ginga baissa le bras et le regarda.

- C'est toi qui me l'as rappelé.

- Les constellations sont des dessins arbitraires choisis par les humains. Dans l'espace, ces étoiles sont loin les unes des autres.

- C'est vrai. C'est pour ça que ça illustre bien les relations.

Kyouya haussa un sourcil. Il avait besoin de précisions là.

- Les étoiles ne viennent pas de la même galaxie et pourtant, ici, elles forment des groupes. Comme les amis. Nous ne venons pas du même endroit, nous avons des vies différentes, et pourtant nous nous rencontrons. Nous créons des liens si forts que ni le temps ni les distances ne peuvent les faire disparaître.

Les yeux de Ginga étincelèrent.

- Ça ne concerne pas que les amis d'ailleurs.

Kyouya ne put s'empêcher de sourire.

- Chacun d'entre nous forme sa propre constellation, conclut Ginga.

- Poétique.

- Tu trouves ?

- Si je m'attendais à ça de ta part...

- Dans ta bouche, je ne sais si c'est un compliment ou non.

Le sourire de Kyouya s'accentua. Pendant un moment, ils n'ajoutèrent rien. Ils se contentèrent de profiter de la présence de l'autre.

- Je me suis lancé dans cette histoire seul. J'allais laisser derrière moi une chose en laquelle je crois et tu m'en as empêché. Tu m'as sauvé.

- Accidentellement.

La reconnaissance de Ginga pesait sur sa peau. Elle était infondée et bien trop sincère à son goût.

- J'ai aussi pensé aux paroles de Ryuutarou.

Kyouya eut besoin d'un moment pour remettre un visage sur ce nom.

- Ce diseur de bonne aventure, lâcha-t-il avec mépris.

Il n'arrivait pas à croire que Ginga le mettait au même niveau que ce charlatan. Ce type avait balancé une phrase au hasard, faisant mine d'être guidé par le destin. Kyouya, lui, connaissait Ginga. Ses mots avaient été lancés sous le coup de la colère, mais ils avaient visé juste.

- Tu peux ne pas y croire... mais tu ne peux pas dire qu'il a eu tort. Je ne sais pas comment il a fait...

- Sans magie, vu que ça n'existe pas.

Son intervention fit sourire Ginga.

-... mais il avait raison. Je ne peux pas réussir seul. C'est trop pour moi.

Le visage de Ginga se teinta de tristesse.

- Et même si mes amis décident de ne pas participer – c'est normal, ils n'ont pas à se mettre en danger pour moi – je leur devais la vérité.

Kyouya trouvait que Ginga était bien indulgent. Le rouquin n'abandonnerait jamais les personnes qui lui étaient chères. Peu importait le danger qu'elles couraient, Kyouya savait que Ginga se tiendrait à leurs côtés et les soutiendrait de tout son possible. Pourquoi ne s'attendait-il pas à ce que les autres fassent de même pour lui ? C'était la moindre des choses... Pourquoi aider des gens qui ne lui retourneraient pas ses bienfaits ?

Je suis là, moi.

Kyouya ne le dit pas. Ginga avait des yeux. Il le voyait très bien. Kyouya l'avait déjà affirmé à plusieurs reprises. Même en connaissant le danger, il ne s'éloignerait pas de Ginga. Si ses amis se laissaient intimider pour si peu, cela montrait juste les limites de leur attachement envers lui.

Pas que Kyouya était attaché à Ginga, hein. C'était son rival, la personne qui avait réussi à faire de son quotidien barbant une vie digne d'intérêt. Kyouya ne le laisserait pas partir. C'était hors de question.

- Je ne peux pas vous demander de m'aider activement, bien sûr, mais vous savoir au courant et à mes côtés me suffit.

- Pourquoi ?

- Ça prouve que je ne suis pas seul.

- Pas ça, s'agaça Kyouya. Pourquoi tu ne veux pas d'une aide active ?

Ginga ne lui semblait pas avoir ce genre de fierté. Kyouya ne pouvait pas en dire autant – et il l'assumait. Selon lui, on ne pouvait parler d'une victoire ou d'une réussite si plusieurs personnes y avaient contribué.

Mais là, il s'agissait de Ginga Hagane.

- Parce que c'est dangereux.

- Et ? Le danger ne me dérange pas.

Cette fois, Ginga ne sourit pas. Son expression s'assombrit.

- Ce n'est pas... un niveau de danger acceptable.

- Mais, toi, tu le supportes.

- J'ai des raisons personnelles de le faire.

Oui. Un devoir qui t'a été imposé.

Kyouya ne s'en sortait pas trop mal avec un père qui espérait le voir hériter de son entreprise, sans compter que, dans le fond, il savait que c'était la meilleure perspective pour lui. Il avait bien trop de mal avec les rapports hiérarchiques pour avoir une véritable chance de réussite dans n'importe quel autre métier.

- Peut-être que moi aussi.

- Kyouya...

Ginga cherchait visiblement ce qu'il pouvait dire pour le faire changer d'avis. Kyouya arbora un demi-sourire victorieux.

- Je ne peux pas te défier quand tu es dans un état pareil, assura-t-il en indiquant se bandages d'un signe de tête. Je veux que tu sois en pleine possession de tes moyens quand je te ferai mordre la poussière.

- Ce n'est pas un jeu.

- J'ai parfaitement compris la situation. Ne m'insulte pas.

- Koma... Mon père...

-Je sais.

Et il est hors de question que ça t'arrive aussi.

Kyouya ne désirait pas protéger Ginga. Le rouquin était fort. Il n'en avait pas besoin. Kyouya voulait l'accompagner. Sur un pied d'égalité.

Qui aurait pu prédire que je souhaiterais ça un jour ?

Avancer aux côtés de quelqu'un, au même rythme, sans essayer de le distancer, comme Ginga et lui avaient marché ce soir.

Ça ne ressemblait pas vraiment à sa philosophie de vie.

Il retint un soupir. Tant pis. Il était temps d'admettre que Ginga avait chamboulé sa vie le jour de leur rencontre, et pas uniquement en lui apportant le défi qui lui manquait tant.

Ginga le regardait, le visage exprimant une grande solennité. Il observait attentivement ses traits, jugeant s'il était sérieux et s'il comprenait la situation. Kyouya aurait trouvé cette réaction insultante de la part de quelqu'un d'autre. Mais Ginga avait besoin d'en être sûr.

Kyouya se contenta de lui rendre son regard. Les épaules de Ginga s'affaissèrent. On aurait dit qu'un poids l'avait soudainement quitté. Un sourire fit timidement son apparition sur son visage.

- Je... merci. C'est... Me battre à tes côtés serait un honneur.

Kyouya eut un sourire moqueur.

- Tant de formalités... Tant que tu y es, tu peux te mettre à genoux et implorer mon aide.

Le sourire de Ginga se teinta de défi.

- Tu rêves là.

Il s'adoucit.

- Mais tu as raison : c'était trop formel. C'est parce que je ne m'y attendais pas.

Ginga leva la tête vers le ciel. Une moue ennuyée se peignit sur ses traits quand il se souvint qu'il ne pouvait voir les étoiles. Kyouya émit un son moqueur. Ginga baissa la tête en essayant de masquer sa déception. Ce fut un échec. Tout son visage la trahissait.

- Je pense sérieusement que Ryuutarou avait raison.

- Encore lui ?

- Avec ton aide, Daidouji ne pourra pas m'échapper.

Kyouya se sentit flatté. Surtout que Ginga semblait avoir oublié ses amis dans ses plans. Il disait n'avoir besoin que de lui.

Les yeux miel se mirent à briller. Kyouya en eut le souffle coupé. C'était la première fois qu'il souriait aussi sincèrement depuis leur rencontre. Jusqu'alors, il y avait toujours eu une ombre qui se tapissait dans son regard. Là... elle avait disparu. Et ça changeait tout.

Comment est-ce possible d'avoir un sourire pareil ?

Ginga porta la main à sa poitrine.

- Il faut que j'accepte l'aide qu'on m'offre.

- Je ne te laisse pas le choix, répliqua Kyouya, acerbe, essayant de masquer son trouble.

- C'est vrai. Je me demande ce qu'il se serait passé si j'avais refusé.

Kyouya se pencha en avant avec un sourire féroce.

- Vraiment ? Tu n'en as pas une petite idée ?

Ginga eut un sourire complice.

- Je crois bien que si.

Kyouya se repositionna, de nouveau à l'aise. Ils passèrent un moment en silence. Il eut le temps de s'apaiser.

- Demain, je verrai ce que les autres en pensent. Je n'irai pas les chercher. Je les attendrai s'ils veulent toujours de moi.

Ginga le regarda.

- De toute façon, je t'ai toi.

Oui. Tu m'as moi.


Fin du chapitre 7