LES OUBLIEES
N°XXI : Calixe
La folle indécise
Chapitre VI
L'incident
Note de l'autrice : Vu à quel point les chapitres prennent la poussière dans mes dossiers alors qu'ils sont terminés et que j'ai horreur d'être tête en l'air, je passe en mode géronimo et je diffuse tout XD !
Bonne lecture :). Et n'oubliez pas, un commentaire, ça fait toujours plaisir^^!
Oxford, 1er Novembre 1863 selon le calendrier du monde de Neverland.
Les choses avaient bien changé depuis la garden party. Les mois avaient défilé tranquillement. L'été et sa chaleur agréable avait laissé place à l'automne, son brouillard et ses pluies abondantes. Les invités de la petite fête étaient revenus de temps à autre, certains à une fréquence moindre. Les visiteurs les plus réguliers étaient Nourrice et Radcliffe.
Les Liddell étaient tous à table, ce matin-là, occupés à déjeuner. Les discussions tournaient autour des dernières nouvelles. Alice participait au mieux à celles-ci, mais bien que son intelligence soit un peu plus élevée comparé à d'autres enfants, elle ne comprenait pas toujours les tenants et aboutissants.
« Grâce aux arrivées de gaz, Alice, nous n'aurons plus à nous ruiner en bois et bougies toute l'année ! »se réjouit Arthur, alors qu'il lisait le journal quotidien.
"– Ah ? Pourquoi ?
– Le bois coûte de plus en plus cher. Nous ravageons les forêts pour nous réchauffer et nous éclairer, ce qui réduit l'écosystème. Or, nous tenons aux animaux, non ?
– Si...
– Le gaz évitera de faire disparaître davantage la faune et la flore. Et nous aurons moins de risques d'incendie en réduisant le nombre de bougies chez nous... Je crois savoir que les lampes à pétrole sont plus sûres.
– Peut-être...
– De plus, elles éclairent mieux que les bougies. Enfin, selon moi... bien qu'il faudrait faire attention à ne pas en casser une. Le pétrole reste inflammable. Le gaz servira pour la préparation des repas. Nous pourrons régler l'intensité du feu. Il me semble qu'une étude est en cours pour voir si on peut s'en servir comme chauffage.
– Comme chauffage ? C'est bizarre...
– Oh, tu sais, Alice, les humains adorent innover. C'est ce qui fait le charme de l'évolution.
– Oui, mais ils peuvent aussi faire des trucs destructeurs...
– Les hommes ont toujours eut une part de lumière et d'ombre, admit Arthur. Ça dépend quel côté tente le plus la personne. Bien sûr, le Pouvoir a toujours attiré les plus faibles d'esprit... et les a toujours mordus en récompense de sa « maîtrise ». Lumière et Ténèbres... ne sont que deux faces d'une même pièce, en fin de compte. "
La fillette le fixa, confuse. De plus en plus souvent, il lui parlait de ces deux ? Elle l'ignorait. Cependant, elle sentait que c'était très important. Son père la fixa, peiné. Il aimerait lui apprendre tant de choses... mais il craignait que le temps lui manque. Les sans-cœur dévoraient les mondes les uns après les autres, tels des loups affamés, et ne laissaient pratiquement rien derrière eux, si ce n'était que terreur et désolation.
Si seulement quelque chose ou quelqu'un de plus fiable que ce jeune Sora pouvait les aider... Non pas qu'il doutait des compétences de l'élu de la Keyblade, mais... il était bien trop jeune et inexpérimenté face aux forces sombres et à leur roublardise !
Il voulait absolument qu'Alice échappe à ce sinistre sort que subissaient les habitants des mondes perdus. Soit, attaqués par ces créatures qui n'auraient jamais dû être présentes dans le Royaume de Lumière, ils devenaient des sans-cœur soit ils devenaient des « sans monde fixe », parfois même séparés des gens qu'ils aimaient... Pour une orpheline telle qu'elle, si elle les perdait... Il frémit d'angoisse. Elle pourrait en devenir folle et penser que personne ne voudrait d'elle. Qu'elle portait malheur. Ça ne devait jamais arriver.
Jamais.
Enfin bon...
"– Lorina, je pense que je vais garder ce journal.
– Je ne sais pas pourquoi, je m'en doutais." s'amusa sa femme, blasée.
Elle prit le quotidien abandonné sur la table, qu'elle mit ensuite sur une pile imposante et quelque peu branlante.
« Nous allons tous brûler dans nos lits, Alice, à cause de la passion dévorante de ton père pour les journaux. Tout cet amoncellement hautement inflammable n'a besoin que d'une simple étincelle, et pouf … Nous ne sommes plus que fumée et cendres. » conclut-elle, mi-joueuse, mi-fataliste.
Elle ne comptait même plus le nombre de paquets de journaux présents dans la bibliothèque... d'où en revenait Elizabeth, le visage écœuré, avant de s'exclamer :
« Papa, la bibliothèque sent horriblement mauvais depuis que tu t'es mis à la photo ! Et ces produits je suis sûre sont mauvais pour la santé ! »
Assez curieuse devant la nouvelle marotte de son père, Alice décida de se rendre dans la bibliothèque après avoir mangé. L'odeur âcre de la vapeur d'iode et de bitume en particulier régnaient en maître. Elle comprenait mieux pourquoi sa sœur était incommodée devant cette fragrance qui prenait à la tête. Même si les fenêtres étaient ouvertes et la porte de la pièce fermée, les tissus des fauteuils et des canapés, eux, en étaient imprégnés. C'était certes plus supportable que quand il préparait ses mixtures, mais quand même...
Son regard se posa sur les photographies qu'Arthur avait fait. Elle remarqua que la plupart d'entre elles avaient des animaux comme modèle. Ici, une biche. Là, un paon...
« C'est beau … » murmura-t-elle, fascinée.
« Je suis heureux que tu les aimes, Alice. Mes photographies ne sont que des imitations. Seul un grand peintre capture l'image. L'appareil m'aide à approcher cela. » fit l'apprenti photographe, attendri.
– Oh... pourquoi l'image de cet oiseau est floue ?
– C'est parce que je l'ai pris en plein vol, et donc en plein mouvement. Malheureusement, les photographies d'animaux ne sont jamais aussi nettes que lorsqu'ils sont déjà morts. L'art fait souvent souffrir ses modèles.
– Bah dans ce cas, pourquoi tu ne prends pas un animal empaillé ? Tu ne risqueras plus de louper de photos, comme ça ! »
Le visage de son père adoptif devint alors si rouge et gonflé que la petite crut qu'il allait exploser de colère... Ce dont il n'était pas loin : il l'observait comme si elle avait été particulièrement ordurière !
« Pas de tapis en peau d'ours, ni de têtes sur les murs, ni aucune bête empaillée dans notre maison ! Respectons la vie des animaux ! » éructa-t-il, outré par ses propos.
« Mais … C'était juste une proposition ... » gémit-elle, effrayée par son ire.
– Je refuse qu'on fasse appel à un taxidermiste ! Suis-je clair ?!
– Oui, père... » murmura-t-elle d'une petite voix.
Son regard glissa sur un journal qui traînait. En première page, il était fait mention de l'apparition prochaine à Oxford d'un compositeur spécialisé dans les opéras, du nom de Richard Wagner. Pour célébrer son arrivée, l'homme avait décidé de jouer à Noël les quatre composants de sa pièce maîtresse, l'anneau du Nibelung.
L'œuvre s'inspirait d'un conte originaire du royaume de Corona. Les dieux Loki (dieu de la ruse et du chaos), Odin (dieu de la guerre), et Hoenir tuèrent une loutre pendant l'un de leur voyage. Or, cette loutre était Otr, le frère de Reginn, le roi des nains, et un être plutôt avare.
En guise de réparation pour ce crime, il exigea des trois meurtriers qu'on recouvre le corps de l'animal d'or. Loki captura un nain du nom d'Andvari (changé en Alberich dans l'opéra) qui avait pris la forme d'un poisson, et exigea son or ainsi qu'un anneau pour rembourser Reginn. Très réticent, le prisonnier maudit alors l'or et l'anneau, afin qu'ils donnent la mort à leurs détenteurs.
Le dieu de la ruse décida alors de taire cette malédiction au roi des dieux afin de lui jouer un sale tour, comme il en avait l'habitude. Lorsque l'or fut rapporté et l'animal recouvert, Reginn ricanait, car les moustaches de la loutre n'étaient pas cachées par les pièces. Enervés, les trois dieux tuèrent le roi des nains, puis Odin décida de garder l'anneau pour lui.
Calixe n'en savait pas plus, étant donné que c'était un résumé du prologue, mais elle devait avouer qu'elle était intéressée à l'idée de découvrir la mythologie de Corona. Bien qu'elle fût consciente que ce n'était qu'une petite portion de celle-ci. Cependant, cet attrait pour la pièce n'était pas apprécié de Lorina, qui s'inquiétait des conséquences de l'impact que pourrait avoir celle-ci sur la divinités de Corona et d'Arendelle n'étaient pas exactement des plus gentilles, en général...
« – La plupart des pièces de théâtre ne sont pas faites pour les jeunes enfants comme toi. Même les spectacles de marionnettes ne sont … euuh … rien d'autre que de vulgaires disputes.
– Lorina... Elle devra bien y aller un jour où l'autre. Il faut bien qu'elle apprenne un peu plus sur notre univers. Le théâtre est une très bonne opportunité.
– Hm...
– Promets-moi d'y réfléchir. Si tu veux, nous choisirons la pièce de théâtre la plus facile à comprendre, et la moins chargée en action possible.
– Très bien, Arthur. » soupira son épouse, vaincue par ses arguments.
Que pouvait-elle refuser face à un Gardien de monde qui souhaitait transmettre son savoir ?
Alice fit la moue, un peu déçue. Elle n'était pas débile, quand même ! Elle savait très bien que Neverland n'était pas un monde tout joyeux, tout mignon !
Puis elle était sûre qu'elle arriverait à comprendre ce que racontait cette pièce.
Trois jours plus tard, Elizabeth et Alice étaient occupées à jouer aux échecs. L'aînée prenait les pièces noires et la cadette les blanches, comme toujours. Afin de rompre le silence concentré de la pièce, Lizzie parlait de sa dernière découverte.
« J'ai fumé une cigarette, Alice c'est dégoûtant.
– Ah bon ?
– Oui. Angus m'a proposé de m'y mettre, mais je n'ai pas été convaincue. Un jour, j'essaierai la pipe. Je pense que ce sera plus adapté. »
Angus Bumby... Ce sujet revenait fréquemment dans leurs conversations, et pas en bien. Chaque fois que l'aînée parlait de lui, Alice sentait son mal-être. Cependant, comme l'homme n'avait encore rien fait de répréhensible, il restait dans la liste des étudiants d'Arthur. Bien que le jeune homme n'hésitât pas à souffler à la cadette qu'elle était folle de se perdre dans son imagination. Elle, elle se fichait de ce qu'il pouvait lui raconter, mais vu le regard réprobateur de leur père, ce n'était pas quelque chose à lui dire...
Enfin bon.
– Oh...
– Ça se voit qu'il est nouveau. Papa a dit qu'il faisait des études de médecine, mais je te jure, Alice, cet imbécile ne sera jamais un bon guérisseur ! Ses mains étaient froides, comme une anguille du fleuve. Et son nom est laid. Bumby ! S'il veut réussir un jour, il ferait mieux d'avoir la main plus douce.
– Mais … avec les autres élèves... comment ça se passe ?
Lizzie renifla de mépris.
« Toutes ces stupides étudiantes écoutent papa aveuglément. » fit-elle avant de prendre une voix haut perchée et niaise. « « Dois-je tenir le thé au chaud ? », « Dois-je servir ? ». Quelles bécasses. Elles ne savent rien faire de leurs dix doigts, et je suis sûre que leur cerveau doit être autant rempli d'eau bouillante que celle d'une théière ! »
Alice pouffa de rire, amusée.
– ça, c'est méchant !
– Elles le méritent. Franchement, je ne sais pas pourquoi père s'encombre de ces dindes.
– Je ne sais pas... Peut-être qu'il fait une étude sur le comportement des dindes humaines dans la société ?
Cette fois, ce fut au tour de Lizzie de rire, amusée. Sa petite sœur était aussi mordante qu'elle ! Et elle avait sorti ça avec un tel sérieux !
– Sûrement... après tout, dans les fêtes où je suis conviée, elles ne font que glousser devant un joli minois.
– Bah moi, je ferai jamais ça ! » décida la petite, déterminée. « Si je veux avoir un compagnon, je veux que ce soit quelqu'un d'incroyable ! Je ne veux pas qu'il soit beau ou quoi que ce soit... Selon papa et Nourrice, il paraît que le diable se cache toujours derrière une belle tête et des bonnes manières. Moi, je ne veux pas de paroles sirupeuses et de regards intéressés !
– Oh, toutes les personnes qui agissent ainsi ne sont pas forcément mauvaises, tu sais.
– Je sais, mais je n'en démordrais pas. Peu m'importe qu'il soit borgne, qu'il ait un visage avec une drôle de forme, le corps tout abîmé ou je ne sais quoi. Je veux qu'il m'accepte comme vous l'avez fait avec moi. Je veux qu'il ait un petit grain de folie comme moi."
La grande sœur caressa ses cheveux, tendre.
" Je suis sûre qu'un jour, tu trouveras cette personne. Puis... il ne faut pas s'arrêter aux hommes, tu sais... "
L'enfant la fixa, dubitative.
"– Tout le monde n'est pas comme notre famille... Les relations entre personnes du même sexe ne sont pas toujours acceptées, en particulier dans notre monde, entre autre.
– Je sais. Mais je voulais quand même que tu saches qu'importe le sexe de la personne, nous l'accepterons toujours. Ton bonheur nous est très important.
– Grande sœur..." murmura l'enfant, touchée.
Elles furent interrompues par un bruit de sonnette. Lizzie eut un air las de fin du monde sur le visage.
– Et c'est reparti pour les cours du soir avec l'autre énergumène...
La petite serra sa main, apaisante.
– Courage, Lizzie !
– Merci, Alice... Je vais en avoir besoin !
Au bout d'une heure, il y eut des bruits étranges qui attirèrent l'attention d'Alice, occupée à dessiner. Une exclamation féminine outrée, un bruit de gifle, des paroles incompréhensibles, et une porte qui claquait violemment. Peu de temps après, elle entendit quelqu'un monter les escaliers avec précipitation... et ouvrir sa chambre avec brutalité, lui arrachant un cri de surprise.
Elle n'eut cependant pas le temps de se remettre de cette intrusion incongrue qu'elle dût réceptionner sa grande sœur entre ses petits bras, tremblant comme une feuille.
"… Euh... Lizzie... ?" fit-elle d'une petite voix, inquiète de la voir ainsi.
Sa sœur n'avait jamais réagi comme ça ! Elle ne sut combien de temps elle attendit pour savoir ce qui l'avait bouleversée, mais elle patienta sans la presser. Elle se braquerait, sinon. Finalement, le silence fut rompu par une voix faible et tremblante de peur.
"… J'aurai brisé son cœur. « Joué avec ses sentiments ! ». Oh, mon Dieu ! Il m'a touchée … J'ai dit à papa de ne plus l'inviter chez nous !"
Alice caressa ses cheveux courts avec douceur.
"– Que s'est-il passé ?
– Il... Il me prenait pour... un objet... Je … Je ne suis pas une poupée !
– Hein ?!
– Il voulait … Il voulait me faire faire des choses horribles… " sanglota Lizzie, encore choquée.
"– Comme quoi ?
– Il voulait... que je lui montre mon corps... que je prenne des poses... que la morale réprouve... Il voulait... aussi...me faire quitter la maison, par exemple... que je parte avec lui... mais j'ai refusé. Je tiens trop à toi, petite sœur... J'avais... J'avais … tellement peur... Je... Je ne voulais pas ! Je … Je ne veux même pas savoir quel genre de vie j'aurai eu avec lui dans sa demeure !
– Lizzie... "
Celle-ci serra Alice contre elle comme si sa vie en dépendait, le corps parcouru de frissons de dégoût. Elle était encore sous le choc de ce qui s'était passé. Quand elle pensait que ce porc avait osé toucher sa poitrine... ! Elle avait accepté un baiser, c'était tout ! Elle n'avait jamais demandé plus ! Plus jamais elle ne testerait ses prétendants ainsi, elle se le jura ! Heureusement que leur père était là... Elle caressa les cheveux de sa cadette, dans l'espoir de s'apaiser ainsi. La petite avait toujours été là pour elle...
Du côté de l'amoureux éconduit, celui-ci tentait péniblement de s'expliquer...
"– Enfin, monsieur Liddell, je vous jure que je n'ai aucune mauvaise intention envers votre fille ! Je l'aime !
– Mais elle, non ! Si je ne l'avais pas entendu crier, qui sait ce que vous lui auriez fait !
– Elle a juste eut un peu peur...
– Peur ou non, son cri n'en était pas un de joie ! Je savais que je n'aurai jamais dû vous laisser seuls !
– M-Mais...
– DEHORS ! " rugit le patriarche.
Exaspéré par les bégaiements de cet imbécile qui persistait à essayer de le convaincre qu'il aimait Lizzie et ne lui ferait jamais de mal l'homme attrapa l'étudiant par le col de sa chemise et le flanqua dehors sans cérémonie. Le jeune homme s'étala sans grâce au sol. Il se retrouva à moitié assommé par son sac, qu'il avait amené avec lui, lancé avec adresse par Arthur sur sa tête.
« Au cas où ce ne serait pas clair dans votre tête, vous êtes supprimé de la liste de mes étudiants ! Je vous avais prévenu de ne pas blesser mes filles ! » claqua ce dernier, sec.
Bumby se redressa avec quelques difficultés, les jambes tremblantes. Il serra les dents, furieux de la tournure qu'avaient pris les choses. Malgré ses vêtements maculés de poussière, il s'en alla, digne, sans rien dire. Tout juste se retourna-t-il vers la demeure, les yeux dirigés vers l'étage. Elizabeth le fixait avec un mépris incroyable.
Cette foutue garce... !
Comment osait-elle ?! Il voyait d'ici son sourire narquois !
Le jeune homme partit alors, furieux et déterminé à lui faire payer son exil.
A elle et à sa famille.
Le patriarche referma à clé derrière lui, et inspira pour se calmer. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il se serait laisser allé à des pulsions meurtrières, mais si la police l'avait arrêté, la honte aurait jailli sur son nom et sa famille...
Le regard froid, le père de famille contempla la fuite de ce ver méprisable à travers la vitre de la porte. Il veillerait toujours à ce qu'il ne touche pas son clan. Il se retourna et tomba sur le regard inquiet d'Alice.
« Oh... Alice... » murmura-t-il, soucieux. « Qu'y a-t-il, ma puce ?
– Est-ce que le méchant élève va revenir ? » s'inquiéta-t-elle. « Est-ce que... Est-ce qu'il va encore faire du mal à Lizzie ?
– Non. Je m'en assurerai.
– Mais il a fait du mal au cœur de Lizzie... » murmura-t-elle, angoissée. « Il... Est-ce qu'il va aussi faire du mal à nos cœurs... ou à ceux d'autres personnes ?
– Il ne s'en est pas pris au cœur de Lizzie, Alice. » fit-il, lugubre. « Il s'en est pris à son âme.
– Son âme ?
– Oui. C'est une chose aussi complexe que le cœur et le corps. Une âme fait partie d'une trinité avec ces deux éléments. Détruire ou endommager volontairement un corps est déjà horrible. Abîmer un cœur est sacrilège... alors s'en prendre à l'âme d'une personne est le pire crime qui puisse exister dans cet univers. Quiconque détruit une âme, détruit le monde. Réfléchis bien à cela, Alice. »
Sur cette citation aussi puissante et emplie de sagesse qu'un coup de canon, il la laissa seule.
