Bonjour !
Voilà un nouveau chapitre !
J'espère que vous allez bien ! Je viens tout juste d'emménager dans mon nouvel appartement, alors je suis bien fatiguée de mon côté !
À bientôt !
Samaëlle
Chapitre 16
Tête à tête
Honnêtement, cette voiture avait beau avoir tout un tas de fonctionnalité confortables, Harry ne se sentait pas du tout à l'aise.
Non pas à cause de l'inclinaison du siège où des radiateurs qui ventilaient de l'air tempéré, ni même l'autoradio qui diffusait une musique de fond bienvenue.
Simplement, ce silence qui perdurait un peu plus à mesure que la route s'allongeait devenait un peu plus inconfortable à chaque minute passée.
Tom avait les yeux rivés sur la route, un ride de concentration barrant son front, il paraissait moins stoïque qu'à son habitude. Harry le savait parce qu'il avait plusieurs fois donnés des coups d'œil discrets en sa direction. Mais il n'osait pas le dévisager plus que ça.
L'homme l'interpellait réellement ainsi, même s'il n'en oubliait pas moins la colère qu'il ressentait envers lui suite à ses propos durs, cela l'adoucissait simplement.
La circulation était fluide et c'était tant mieux. Autrement rester ainsi dans une atmosphère aussi glauque aurait été insupportable.
Le jeune homme reconnu aisément le chemin du musée lorsqu'ils s'engagèrent dans la rue ou se trouvait celui-ci. Il aurait pu le repérer avant, mais vu qu' aucun mot ne lui avait été prononcé il avait eu peur un instant que Jedusor ne l'emmène ailleurs pour discuter. Même si c'était un endroit logique.
Oh, il devait regarder trop de science fiction.
Le véhicule finit par s'engouffrer dans le parking souterrain, dissimulé entre des végétations, et protégé par une barrière automatique noire. La descente ne fut pas bien longue, et bientôt, la Porsche fut arrêtée.
Tom prit le temps de s'essuyer les mains sur le pantalon, prenant en même temps une grande inspiration, avant de se tourner vers lui et de le regarder dans les yeux.
- Allons discuter dans mon bureau, Monsieur Potter.
Et pour la première fois, la voix qui lui fut adressé était dénuée de mépris, de supériorité, et de colère. C'était simplement une voix douce, rauque, avec un soupçon d'inquiétude.
Harry hocha la tête, ne sachant pas quoi faire d'autre. Et il sortit en premier du véhicule pour prendre un bon bol d'air avant d'y aller.
Il se dirigea même vers l'ascenseur en premier, histoire de bien marqué le fait qu'il était tout de même en colère, sans vraiment attendre son patron.
Aucun mot ne fut prononcé durant le trajet jusqu'au bureau, sauf un petit bonjour qu'Harry adressa à Jane en passant devant son bureau d'accueil.
Et puis, la porte fut close derrière eux, et ils furent seuls.
Étrangement, le jeune homme ne savait pas vraiment comment ni où s'installer. Il était la, les bras ballants, à attendre qu'on lui dise quoi faire, alors que Tom s'avancait en silence vers l'espace salon.
Il s'installa dans un fauteuil, ferma les yeux en se pinçant l'arrête du nez, avant de faire signe à Harry de venir s'installer.
Il n'y avait aucun doute sur le fait que l'homme n'avait pas l'habitude de ce genre d'entrevue, et ça rendait Harry vraiment mal à l'aise de le voir ainsi. Lui qui était d'habitude si maître de lui était soudainement presque pitoyable.
C'était déconcertant.
- Monsieur Potter je...
oOo
C'était pire que ce qu'il ne l'aurait pensé. Dans sa tête, le scénario avait semblé beaucoup plus facile, il restait maître de lui même, tout en parlant franchement avec honnêteté.
Mais dès que l'ami d'Harry s'était mêlé de son intervention, il avait eu peur. Tom n'avait pas du tout pensé au fait que Harry pourrait refuser. Alors même qu'il avait besoin de cette discussion.
C'était euphorique. Lui qui avait peur.
D'un autre côté, il n'avait pas du tout ri. Ni en attendant la réponse d'Harry, ni pendant le trajet du retour vers le musée.
Et puis il s'était retrouvé dans son bureau, avec le jeune homme, à refermer la porte derrière eux.
Tom lui était passé devant, parce qu'il ne savait pas vraiment quoi faire d'autre, et s'était installé sur l'un de ces fauteuils si confortables en expirant profondément.
Ses pensées étaient confuses, trop désordonnées, elles semblaient toutes parler en même temps et cela n'était pas bon du tout pour la discussion qui allait suivre.
Mais qu'est ce qu'il lui arrivait, bon sang ??
Se fustigeant mentalement, il se força à reprendre un peu contenance, se rendant compte que le jeune Potter était toujours planté à l'entrée de son bureau.
Il lui fit alors signe de prendre place face à lui. Ce qu'il fit avec un inconfort visible.
Il était clairement mal à l'aise, et c'était de sa faute.
Le silence avait envahi son bureau pendant deux minutes de plus, alors que les mots ne cessaient d'aller et venir dans sa tête sans pouvoir le laisser réfléchir. Harry semblait considérer l'attente comme une torture au vue de l'expression étrange de son visage. Il était raide, inconfortable. Alors, face à cette constatation, enfin, il avait ouvert la bouche.
- Monsieur Potter, je...
Non, ça n'allait pas. Il devait faire mieux.
- Harry, je vous dois mes plus plates excuses.
- Vos plus plates excuses ?
Le jeune homme n'avait visiblement pas perdu les mots autant que lui. Il avait certainement eu dix fois le temps de réfléchir entre le trajet et ici. Il aurait dû faire de même, plutôt que de repousser ses pensées. Il n'en serait pas là autrement. Lui qui avait tant de répondant habituellement était tombé bien bas.
- Écoutez, Jedusor, vous êtes la seule personne à qui j'ai osé le dire de vive voix ! La seule putain de personne ! Et vous savez quoi ? Moi qui pensais un jour pouvoir avoir le courage de l'assumer pleinement, je constate que je me faisais clairement des illusions à cause de votre merveilleuse réaction !
- Monsieur Potter ce n'est pas du tout ce que...
Harry se leva d'un bon, lui faisant face de toute sa hauteur, le visage tordu dans ce qu'il interprétait comme de la rage.
- Ce que vous vouliez dire ? Hein ?? Pourtant vous l'avez dit ! Et c'est sorti bien trop naturellement pour que ce ne soit pas ce que vous ayez pensé à ce moment là !! Vous me dégoutez ! Je me dégoute ! Vous n'êtes qu'un putain de co...
- POTTER !
Il était temps. Cette colère ne devait pas durer. Pas comme ça.
Encore heureux, les murs avaient une isolation phonique sans précédent, autrement il serait bien embêté.
- Asseyez vous.
- Et si je n'en ai pas envie ??
- Ne me provoquez pas ou je vous jure que c'est moi qui vais vous asseoir de force.
Harry perdit des couleurs en entendant cela. Et Tom ne préférait pas réfléchir à ce que ces paroles avaient bien pu faire écho dans l'esprit du jeune homme.
Il s'assit brusquement. Bien.
- N'agissez pas comme si la faute me revenait entièrement, jeune homme.
- Ah oui ? Ce n'est pas le cas peut être ?
- Vous m'avez provoqué, Potter, avec vos questions déstabilisantes et votre comportement irrespectueux.
- Alors quoi ? Nous sommes de retour au primaire ? C'est moi qui ai commencé donc c'est de ma faute ??
Les yeux d'Harry ne le quittaient pas. Pour la première fois depuis longtemps, il paraissait sur de lui. C'est ce que Tom pensait jusqu'à ce que son regard tombe sur les mains du plus jeune, qu'il triturait durement. Il cachait clairement son angoisse, ou tentait de la dissimuler d'une belle façon.
Tom devait absolument remédier à tout ça.
- Et vous m'avez embrassé.
Tout mouvement fut stoppé suite à cette phrase. Une teinte rouge recouvrit le visage de son stagiaire, mais cette fois ci, ça n'avait aucun lien avec la colère. Ce devait être plus de la gêne.
- C'est parce que vous m'avez traité de pédé.
Sa voix était moins claire, et c'était mieux ainsi. Au moins, il ne criait plus sur lui. C'était moins déstabilisant, mais c'était tout de même accusateur.
- Ce n'est pas là que je voulais en venir, à vrai dire, Monsieur Potter.
Qu'allait-il dire à la fin ? Des bêtises, c'était certain. Mais il ne pouvait pas tout garder pour lui, il devait faire diminuer cette culpabilité qui le rongeait, et faire disparaître cet éclat d'accusation dans le regard émeraude.
- Vous m'avez déstabilisé.
- Parce que vous croyez que vous non ?
- Laissez moi parler s'il vous plaît.
Les regards se jaugèrent un moment, avant que le plus jeune ne se décide à lui faire un signe approuvateur, non sans un profond soupir.
Il en rajoutait un peu, et ça se voyait.
- Bien. Vous m'avez embrassé.
oOo
Harry soupira fortement, histoire de bien montrer son mécontentement à Tom, avant de se décider à le laisser parler. Plus vite fini, plus vite libéré après tout.
- Bien. Vous m'avez embrassé.
Mais c'était sans compter sur cette répétition bien placée qui le mettait plus que tout en colère à cause de la honte qu'il ressentait suite à ce geste. Il ne le regrettait pas non, mais il n'avait aucune envie de parler de ça !
Sa bouche s'ouvrit dans l'intention de s'exprimer à nouveau, mais un geste de se patron lui fit rappelé qu'il avait demandé à ne pas être interrompu.
- Monsieur Potter, Harry, je ne dis pas cela dans l'intention de vous le reprocher.
Le fait que son prénom ressorti une deuxième fois dans une phrase de Tom le perturba plus que ce qu'il n'aurait pu penser. Ce n'était pas désagréable, au contraire, surtout quand la voix qui la prononçait se faisait délicate et douce. Et les mots qui l'accompagnaient le troublaient d'autant plus.
Que voulait-il dire à la fin ? Il allait réussir à le sortir oui ou non ? Tout ce suspens en devenait languissant. C'était pire qu'une série Netflix !
Tom articula à nouveau quelques mots, les yeux fuyant quelques secondes avant de se focaliser à nouveau sur lui.
- Je ne m'attendais pas du tout à ça, pour être sincère. Je veux dire par là que j'aurai pensé ressentir du dégoût ou quelque chose de similaire. Mais je me devais de vous dire que ce geste me reste en tête depuis que vous l'avez effectué.
Du dégoût ? C'est bien ce qu'il aurait dû ressentir pourtant. Comme tout le monde, finalement. Parce qu'il savait bien que les gens comme lui n'attiraient que ça de la part des gens normaux. Et c'était insupportable.
Alors pourquoi lui y faisait exception ? Surtout après avoir été embrassé par un homme de force ? Sans oublier leur écart d'âge. Il avait clairement fait preuve de provocation...
Harry n'y comprenait plus rien. Rien du tout.
- Qu'est ce que vous voulez dire par la ?
Sa question lui échappa rapidement, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, mais cela ne fut pas relevé par son aîné.
- Je n'en sais rien, Harry. Je ne sais même pas pourquoi j'ai insisté pour avoir cette conversation avec vous. Cela n'a aucun sens.
Alors là, il était sur le cul.
D'abord il devait le laisser parler, et ensuite il reniait toute cette conversation. Il se moquait de lui ?
- Pardon ?
- Je viens de vous dire que je ne savais pas, Harry.
- J'ai très bien compris, je suis loin d'être sourd. Mais tout votre charabia là, tout ça, c'était pour finalement me dire que vos excuses n'étaient pas fondées ?
- Vous interprétez mal mes paroles, Potter, je suis seulement en train de vous dire que je ne sais pas quoi penser.
- Et qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? Je ne suis pas dans votre tête.
Un soupir lui répondit. Bon d'accord. Top avait vraiment l'air perturbé, maintenant. Mais sincèrement, qu'est ce qu'il pouvait y faire ?
Il n'était pas très ouvert sur ce sujet en plus, il n'avait jamais réellement parlé de ça, alors il n'avait pas vraiment envie de decripter les paroles des autres.
- Je suis simplement perdu, Monsieur Potter. Je me devais d'être sincère avec vous. Parce qu'il se peut que j'ai apprécié ce baiser.
C'était comme une bombe sortie de nulle part. Il ressenti le souffle de l'explosion si fort qu'il ne put plus respirer, au point d'en avoir mal aux poumons et de sentir son cœur cogner contre sa cage thoracique avec plus d'ampleur, mais plus de lenteur.
Jamais il ne s'était imaginé cela. Cette scène où quelqu'un lui disait qu'il avait aimé l'un de ses baisers, alors encore moins avec Tom Jedusor ! Il devait se moquer de lui, c'était obligé. Encore une façon pour lui de le ridiculiser et de trouver quelque chose à dire contre lui. C'était certain.
Avec cette idée en tête, il put facilement reprendre contenance pour fixer l'homme qui se trouvait face à lui, et qui, pour une raison qui lui semblait évidente, attendait une réaction quelconque de sa part.
- Ne vous moquez pas de moi, Jedusor, je sais très bien que vous me testez.
Harry prit bien soin de faire apparaître une mine contrariée sur son visage. Et la réponse de Tom ne tarda pas.
- Ai-je vraiment l'air de plaisanter, Potter ?
C'était une bonne question.
Le grand Tom Jedusor qui ne laissait jamais son visage transparaître aucune émotion parlait maintenant de son ressenti. C'était totalement inédit. C'est la raison pour laquelle Harry ne pouvait pas y croire.
Il ne connaissait pas son patron, il était la depuis à peine quelques semaines et il n'avait aucune idée de ce qu'il avait en tête. Et vu comme son esprit avait l'air fermé, il ne risquait pas de le connaître.
De toute façon, quel genre de stagiaire connaissait personnellement le grand patron ? Même si ce dernier était très attirant, il n'y avait aucune chance qu'un simple étudiant puisse prendre une place quelconque auprès d'un homme tel que lui.
C'est pour cette raison qu'il fut sur de lui en prononçant les mots qui suivirent.
- Dans ce cas, prouvez moi réellement que vous dites la vérité.
Ainsi, il le coinçait. Il allait l'obliger à s'excuser encore, puisque visiblement ce n'était pas chose facile pour lui. Et quelque part au fond de son cœur, il avait besoin d'excuses plus sincères. Car malgré sa colère évidente, il avait ressenti comme une déchirure au fond de lui face à ces premières insultes.
- Êtes vous vraiment sur de cela, Potter ?- Évidemment.
Tom ne tardit pas à se lever, s'approchant de lui avant de marquer une hésitation. Et Harry n'aurait pas pu l'avouer à cet instant mais son imagination se mit à fantasmer sur la possibilité d'un contact rapproché. Il en eut même un frisson, et du se fustiger mentalement face à sa réaction.
Encore une fois, la surprise le prit lorsque les événements s'enchainèrent subitement.
L'homme se pencha vers lui, saisissant son visage d'une de ses longues et fines mains douces, avant que leurs lèvres ne se rencontrent furtivement.
Et tout du long, les yeux ne se quittèrent pas.
Ca ne dura que quelques secondes, et c'était vraiment léger, mais c'était bel et bien un baiser.
Cette fois-ci, ce n'était ni un acte colérique, ni une vengeance, mais simplement un échange.
Le jeune homme ne sut pas vraiment ce qu'il devait dire, ou même penser. C'était comme si le temps s'était arrêté, comme si tout s'était figé.
Ses pensées tournaient en rond dans sa tête, et son corps était à l'arrêt. Il ne s'était même pas rendu compte que sa respiration s'était suspendue avant d'être à la limite de la suffocation. Et son visage rougit brusquement.
Ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur Tom, se rendant compte qu'il avait repris place comme si de rien n'était, mis à part le fait que son regard le fuyait légèrement.
C'était irréel.
- Pourquoi vous avez fait ça ?
- Vous m'avez demandé de vous prouvez mes dires, Monsieur Potter.
Donc, il était redevenu Monsieur Potter.
- Vous êtes gay ?
- Non.
Ça n'avait aucun sens.
- Je ne pensais pas pouvoir apprécier ce genre de chose, ne me regardez pas comme ça.
- Alors, vous n'êtes sorti qu'avec des femmes ?
- C'est ce que je sous entendais.
D'accord. Alors Tom Jedusor était hétérosexuel, mais il avait apprécié son baiser furieux. Ça ne voulait rien dire de plus, n'est ce pas ?
Harry, qui jusqu'à maintenant avait espéré voir un jour un homme qu'il appréciait lui donner un retour, se retrouva effrayé.
- Mais qu'est ce que ça veut dire, bon sang ?
Ses pensées avaient traversé ses lèvres sans qu'il n'y réfléchisse. La colère avait disparu, tout comme la peine, il avait simplement peur.
Lui qu' on qualifiait toujours de courageux en aurait bien rit d'ailleurs.
- Je ne le sais pas moi même.
Ça l'aurait étonné.
- Et bien que ça veuille dire quelque chose, sachez Monsieur Potter que notre relation doit uniquement rester professionnelle.
Tout était flou dans son cerveau. Il entendait, mais avait du mal à réfléchir. Et quelque chose lui dit de ne pas réagir autrement qu'en maintenant son regard fixe sur son interlocuteur.
- J'entends par là que, vu que je suis votre patron, et vous un stagiaire, nous n'avons pas le droit d'entretenir une quelconque relation. Et c'est une bonne chose au vu de votre jeune âge.
Son jeune âge ? C'était des conneries.
Toute cette mascarade n'était qu'une étendue d'excuse.
Tom Jedusor ne voulait pas se mouiller.
- C'est vous l'adulte.
Bizarrement, Harry avait une voix amère.
- Si c'est tout ce que vous aviez à dire, vous m'excuserez mais j'ai du travail à rattraper.
Il s'était levé sans regarder à nouveau Tom. Mais il l'avait entendu une nouvelle fois avant de quitter son bureau.
- Ne vous avisez plus de louper une seule journée à présent, Monsieur Potter.
Quel culot !
Alors ?
