Coucou! Voici la suite avec ce huitième chapitre! Bon cette fois Byleth en a vraiment marre de se faire balader visiblement. Que va-t-elle faire pour y remédier? Lisez et vous saurez!
Merci encore à ceux qui lisent et prennent le temps de laisser une review!
Bonne lecture!
Zak: Du coup je te réponds là vu que je ne crois pas l'avoir fait avant. Le thé c'est pas dégueu XD enfin, j'aime bien ça moi... Ouaip, comme là ya des révélations et pas mal de dialogue je mets quelques verbes d'action dedans pour pas vous perdre. Ouais nan, By décide quedal, on est bien d'accord XD Mais laissons la se bercer d'illusions... pour le moment. Bah...elles vont chez By et ils se passe rien non XD en même temps voilà... Ya quand même un petit rapprochement hein :3 Byleth sait pas recevoir non XDD heureusement qu'elle a Doro comme modèle! En vrai, la scène avec les mains de El et sa fragilité, c'est venu tout seul, de je ne sais où. Mais j'ai trouvé pas mal alors j'ai laissé XD Enfin, c'est souvent que j'écris des passages que j'avais pas du tout prévu au départ et qui s'imposent tous seuls... Les Serpents ouais, t'avais bien raison! Mais quant à savoir ce qu'ils ont fait à El, le vrai rôle et celui futur de Rhea, eh bien... c'est pas pour tout de suite XD Tu verras bien dans les prochains chap! Merci encore pour ta review!
Les Serpents des ténèbres… Ce nom, je l'entends pour la première fois aujourd'hui et pourtant, il résonne étrangement en moi. Une sorte d'écho d'une mémoire qui ne semble pas m'appartenir se manifeste lorsque ce nom quitte la bouche de mon invitée. Invitée qui s'est depuis reprise de sa soudaine faiblesse, me retirant le privilège de tenir sa main entre les miennes. Sa fierté reprend le dessus lorsque ses prunelles se fixent à nouveau sur moi, toute trace d'humidité envolée. Ce bref moment, suspendu entre rêve et réalité, semble déjà terminé et ne reste que la sensation de chaleur fugace qu'elle m'a laissée et qui demeure imprimée sur ma peau. Depuis quand est-ce que je m'attarde autant sur ce genre de détails insignifiants ? Depuis quand le contact humain, et si je dois être honnête le sien en particulier, me devient si agréable au point de regretter quand elle se soustrait à moi ?
Je secoue la tête, ce n'est guère le moment pour pareilles futilités. Malgré la reprise de contenance de ce petit Aigle, je devine que prononcer ces mots et me dévoiler cette marque n'a pas été facile. Je me retourne vers la table basse et attrape le chocolat laissé là pour lui en tendre un morceau.
—Tenez, cela vous fera du bien.
Elle me regarde en plissant les yeux, ne faisant pas un geste pour se saisir de ce que je lui tends. Méfiance ou défiance ? Elle croit peut-être qu'après avoir perçu une partie de sa faiblesse je pense qu'elle n'est plus que cela. C'est bien loin d'être le cas cependant mais j'ai la sensation que le lui dire la braquerait encore plus. Au lieu de cela, je porte à ma propre bouche le carreau chocolaté et l'avale en une bouchée.
—C'est bien dommage, je vous assure pourtant qu'il est excellent. Êtes-vous certaine de ne pas vouloir y goûter ?
Elle me dévisage encore, toujours sans un mot mais je perçois nettement que sa garde se baisse quelque peu en constatant que je n'ai aucune intention d'évoquer plus en détail sa précédente réaction. Elle se décide finalement mais au lieu d'attraper le second carré que je lui tends, elle préfère servir d'elle-même dans le papier aluminium posé devant nous. Un bref sourire m'échappe devant son attitude à laquelle je commence à m'habituer. Je l'efface cependant tout aussi vite qu'il est apparu afin qu'elle ne se vexe pas en l'apercevant. La gravité de notre conversation me revient en tête lorsqu'elle croque dans le chocolat et je lui pose une question pour que nous nous recentrions dessus.
—Que pouvez-vous me dire sur cette autre mafia ? Je ne comprends même pas ne pas en avoir eu connaissance avant.
Je passe évidemment sous silence cette sensation de familiarité que leur nom m'évoque pourtant. J'ignore encore pourquoi cela fait naître cet écho mais je sais surtout qu'il pourrait être dangereux de le révéler pour le moment. Edelgard a beau n'être que mon élève et ma cible surtout, elle semble posséder beaucoup de ressources. Je ne sais pas encore comment elle se positionnera par rapport à moi dans ce jeu d'échec qui s'articule et se déploie autour de nous. Alliée ou ennemie, joueuse ou simple observatrice ? Peut-être son statut au milieu de toute cette histoire m'apparaîtra-t-il plus clairement avec le temps. Temps qui est décidément bien trop court par ailleurs.
Elle glisse une main, cette fois-ci dépourvue de ses gants qu'elle n'a pas encore remis, dans ses longueurs immaculées. Geste que j'ai fini par immanquablement lui associer pour l'avoir tant observé l'effectuer. Lorsqu'elle fait cela je sais qu'elle est encore gênée ou incertaine et tente de reprendre contenance. Ou bien elle est contrariée, ce qui dans ce cas précis pourrait être un mélange des deux.
—Ils œuvrent très discrètement sans que jamais leurs membres ne dévoilent leur identité. Et s'ils sont pris ils se donnent de toute façon la mort pour éviter les fuites d'informations sensibles à leur sujet.
Cette conversation est surréaliste. Pas dans son contenu puisqu'en tant qu'exécutrice cela est mon quotidien. Mais de mener cette discussion avec cette jeune femme… Elle est à peine majeure, dans quelques mois seulement. Bien trop jeune pour être embarquée là-dedans et pourtant, j'ai la sensation qu'elle nage dans ces eaux troubles depuis bien avant qu'elle ne me soit désignée comme cible à abattre.
—Je vois, ils sont très prudents donc. Mais vous me dites que l'Eglise et sa dirigeante vous protègent d'eux, ou du moins sont-ils sensés le faire. Alors pourquoi les membres n'ont-ils pas connaissance de leur existence ?
—Vous ne pensez pas que ces questions sont à poser à votre dirigeante justement ? m'interroge Edelgard avec un air défiant.
—Je crois deviner que vous ne portez pas l'Archevêque dans votre cœur à entendre vos mots.
—Et j'ai d'excellentes raisons pour cela, vous ne croyez pas ?
—Je suppose.
—Ne supposez pas, vous pouvez en être certaine. Tout comme il est certain qu'un jour vous devrez choisir un parti à prendre dans ce simulacre de guerre qui se prépare Professeur.
—Une guerre ? Mais de quoi parlez-vous ?
—Ce n'est pas à moi de vous le révéler. Allez donc interroger celle qui dirige l'Eglise à ce sujet. Une fois cela fait, peut-être pourrons-nous reprendre cette discussion. En attendant je dois vous laisser.
—Vous partez ?
Question ridicule puisqu'elle vient tout juste de le déclarer mais je dois avouer ne pas avoir pensé qu'elle écourterait ainsi la conversation. Certes elle m'a apporté quelques réponses mais je suis bien loin de les avoir toutes obtenues et la voir me quitter si vite me laisse clairement sur ma faim. A la fois sur les questions qu'il me reste encore mais il serait juste de dire aussi que j'ai apprécié passer ce temps avec elle. Ce bref moment où j'ai pu percevoir la jeune femme derrière le masque autrement qu'en la combattant fleuret à la main me tourne en tête lorsqu'elle passe le sas d'ascenseur. Ce dernier finit par me soustraire sa silhouette et ses iris parme fixés sur moi jusqu'à la dernière seconde.
J'ai proposé de la raccompagner mais elle a décliné en m'indiquant qu'une voiture l'attendait déjà en bas. Jetant un œil depuis ma fenêtre d'étage, je constate qu'en effet une berline est stationnée sur le trottoir de l'immeuble et qu'un jeune homme attend, portière ouverte. Lorsqu'il relève la tête, je croise un regard étrécit familier puisqu'il s'agit d'Hubert qui malgré la distance me foudroie encore et toujours.
J'imagine comme il a dû être contrarié de ne pas avoir trouver la déléguée à sa sortie de l'Académie. Je m'étonne encore d'ailleurs que nous ayons pu ainsi nous soustraire à sa surveillance pour nous éclipser si longuement. A moins bien sûr qu'il n'eut pas le choix. Perspective qui étrangement étire mes lèvres malicieusement alors qu'il plisse encore un peu plus les yeux si c'est possible. Est-il si clairvoyant pour avoir perçu ma moquerie sous-jacente de si loin ? Après tout, mon expression n'avait rien de subtile et était même loin d'être équivoque.
Il se détourne de moi lorsqu'enfin ma précédente invitée arrive dans la rue. Le jeune homme s'incline profondément et avec respect devant elle avant de saisir sa main de nouveau gantée pour l'inviter à monter dans le véhicule. Deux réflexions me viennent en les voyant agir de la sorte. La première est que le jeune Vestra se comporte véritablement comme si Edelgard était Reine ou bien encore Impératrice même. Il est juste de dire qu'elle en a l'allure et le charisme, mais tout de même. La seconde est plus une question lorsque je me demande combien de personnes ont eu le privilège d'apercevoir, et plus encore, de toucher les mains nues de l'héritière. Tout comme la jeune femme possède celui d'être la première et la seule à s'être vu invitée chez moi, puis-je me bercer dans l'idée que je suis la seule également ?
Me voilà encore à divaguer sur des questions frivoles et je constate que lorsqu'il est question de la jeune Hresvelg, cela arrive décidément bien souvent. Trop peut-être. Cela ne doit pas être une bonne chose j'imagine. Nous n'avons pas une seule fois discuté du fait que je suis sensée l'assassiner prochainement. Pourtant, une part de moi sait qu'elle est tout à fait consciente de ce fait bien qu'elle ne l'ait jamais évoqué. Cet état de fait plane continuellement entre nous. Ou bien en vérité ne sait-elle rien ? Non, il est bien plus certain qu'elle le sache mais qu'elle ait choisi sciemment de ne pas en tenir compte pour le moment. Ses motivations me restent cependant obscures quant à un tel choix mais force est de constater qu'elle n'a pas l'air de craindre pour sa vie lorsqu'elle se trouve avec moi en tout cas.
A n'importe quel moment j'aurais pu l'éliminer, plusieurs occasions m'ont été données et celle-ci en particulier. Seulement je n'en ai rien fait puisque son exécution doit se faire à une date bien déterminée. Et son insouciance, ou en tout cas ce qu'elle fait passer pour cela, me laisse penser qu'elle sait parfaitement que je ne peux agir avant ce jour précis. Elle n'a donc aucunes précautions à prendre avant cela lorsqu'elle se trouve en ma compagnie. Pour qu'elle sache tout cela, c'est que quelqu'un doit le lui avoir dit. Et j'ai ma petite idée sur l'identité de la personne qui est la source de cette information connue uniquement des membres de l'Ordre désignés sur cette mission. Voilà qui est intéressant…
Mais il n'est plus temps de réfléchir à tout cela. Pour le moment j'ai d'autres questions à poser à quelqu'un qui ne cesse étrangement de demeurer introuvable. Je ne crois pas aux coïncidences et lorsque j'enfile pour la énième fois ma veste de moto et mon casque, j'ai la ferme intention que cette fois-ci mes recherches aboutissent. Alois n'a rien donné et c'est somme toute assez logique puisqu'il n'a pas un statut assez élevé dans l'Eglise pour savoir quelque chose d'intéressant. Vu comme il a tendance à laisser sa langue mouliner un peu trop de manière intempestive, ce n'est sans doute pas une mauvaise chose d'ailleurs.
Non, à présent il est temps de monter un peu plus haut dans la hiérarchie puisque l'Archevêque ne daigne se manifester. Ainsi, lorsque je me rends au Q.G de l'Eglise, je ne fais ni halte dans le bureau de mon père, ni ne cherche à faire le moindre détour avant d'avoir atteint ma destination : le bureau de Rhea au premier étage. Je sais déjà qu'elle ne s'y trouvera pas puisque la dernière fois non plus ce n'était pas cas. Ou bien m'a-t-on simplement renvoyé en me disant qu'elle ne se trouvait pas sur place sans que ce ne soit vrai, je n'en sais rien. Cette fois cependant, je n'attends pas que le garde m'arrête pour frapper un grand coup sur la porte et entrer sans attendre de réponse.
—L'archevêque n'est pas ici, et vous auriez pu attendre avant d'entrer. Quel manque de manières.
L'homme qui vient de dire cela est penché sur le bureau devant lui sans même lever les yeux sur moi. Lorsqu'enfin il le fait, je constate sa surprise en le voyant froncer ses sourcils de la même teinte verte que ses cheveux et son bouc taillé avec soin. Il se ressaisit avant de reprendre la parole.
—Il ne me semblait pas que vos rapports devaient s'effectuer ici.
—C'est juste puisque ce n'est pas le cas. Je suis ici pour une tout autre raison.
Cet homme, apprêté dans son costume bleu foncé orné de quelques dorures, n'est autre que le proche conseiller de Rhea, son bras droit. C'est lui qui est responsable de l'Ordre lorsqu'elle s'absente pour telle ou telle raison. Si son air est le plus souvent assez sévère, en réalité c'est un homme d'une grande bonté et qui se soucie des autres, particulièrement de sa fille avec laquelle j'ai grandi. Son apparente dureté n'est là que pour intimider ceux qui ne respecteraient pas l'autorité de l'Archevêque et ils sont donc bien rares en l'occurrence.
—Je suppose que vous cherchez Rhea, n'est-ce pas ? souffle-t-il en se relevant tout à fait du bureau et de la carte qu'il étudiait.
Je suis surprise qu'il me dise cela sans détour. Je pensais que comme Alois il chercherait à me renvoyer immédiatement sans me communiquer la position de la dirigeante de l'Eglise. Cependant, il est vrai que je n'ai jamais eu à subir sa sévérité habituelle puisque Seteth fut comme une sorte d'oncle qui s'occupait de moi lorsque Rhea ou mon père ne le pouvaient pas. Si les autres membres de l'Ordre le savaient, nul doute qu'il perdrait un peu de son aura oscillant entre le dissuasif et l'effrayant. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il s'obstine à me vouvoyer d'ailleurs. Etrange manie que sa fille reproduit aussi bien que je lui ais intimé à maintes reprises de me tutoyer.
—En effet, où se trouve-t-elle ? je demande.
Puisqu'il ne tourne pas autour du pot, je ne vois pas de raisons de le faire non plus. Et puis surtout, je n'en ai pas la patience. Ce jeu du chat et de la souris commence sérieusement à me lasser.
—Dans ses appartements, elle vous attend.
Est-ce une plaisanterie ? Si tel est le cas, elle est loin d'être drôle. Depuis une semaine que je cherche à la voir, voilà que c'est elle qui m'attend à présent ? Entre Edelgard et elle, je vais finir par ne plus savoir où donner de la tête. Je n'ai rien d'un yoyo ou bien encore d'une balle de tennis que ces dames se plairaient à se renvoyer. Cependant, je me fais bien plus l'effet du Fou qu'elles s'amusent visiblement à déplacer dans cette partie d'échec à laquelle je participe contre mon gré.
—Merci Seteth, je m'y rends sur le champ.
—Lorsque viendra le moment de décider, je prie pour que vous choisissiez avec sagesse ce que vous ferez en ayant toutes les informations en votre possession.
Voilà que lui aussi me parle de choisir, faisant écho aux paroles de la jeune héritière tout à l'heure. Mais de quel choix est-il question ? Et surtout, alors que je suis certainement la plus ignorante de toute la situation, pourquoi ais-je la sensation que tout repose sur moi et mes prochaines actions ? J'espère me tromper mais cela ne change rien. Rhea répondra à mes questions, elle s'est suffisamment défilée. Après cette entrevue, je cesserais d'être ce pion que tous se plaisent à déplacer selon leurs envies. C'est là l'ultime fois car peu importe le poids de la vérité, le Fou doit avancer sur l'échiquier.
