Hello !

Voici le 8ème chapitre de cette fiction. On approche tout doucement de la fin, puisqu'elle en comportera 14 au total. Ce qui laisse, cela dit, largement le temps à Pansy et Harry se vivre quelques péripéties supplémentaires, on aurait tort de se priver n'est-ce-pas ? ;-)

Merci beaucoup à Petite-Licorne-Arc-En-Ciel et Jiwalumy pour leurs reviews, ainsi qu'à la review anonyme à laquelle je réponds donc ici :

Guest : Merci pour ta review ! J'espère que la suite te plaira !

Bonne lecture,

M


Chapitre 8 -

13 décembre 1999

Pansy était finalement retournée à la piscine dès le lendemain matin, pour le plus grand soulagement de Jeff qui craignait que l'inspection du travail ne décide de fermer l'établissement après un tel incident. Heureusement, l'agent Potter lui avait promis de ne pas avertir ses supérieurs si Pansy restait jusqu'à la fin de la semaine affectée au petit bain, avec les enfants et bébés nageurs. Ce que Jeff avait accepté sans hésiter.

Pansy avait passé une fin de semaine bien plus agréable que le début. Elle aimait vraiment être avec les enfants. Même si elle avait effectivement envie, parfois, de… les étriper.

Pour l'heure, la jeune femme admirait d'un air rêveur l'immense grille derrière laquelle se trouvait le refuge pour animaux de Kidlington, au Nord d'Oxford. L'endroit était légèrement excentré du centre du bourg et semblait quelque peu décrépit par endroits.

- Parkinson… Est-ce que tout va bien ? Demanda Harry en se raclant la gorge.

- Oui, oui, tout va bien… C'est juste que… Potter, si tu répètes ça à quiconque, je te tue.

- Encore ? Décidément, c'est une manie chez toi ! Rit le jeune homme.

- J'adore les animaux, depuis toute petite, déclara Pansy d'une voix égale, sans tenir compte de la remarque de son tuteur.

- Vraiment ? Oh, le programme de cette semaine tombe plutôt bien alors ! Tu as déjà eu des animaux ?

- Jamais. Mes parents ont toujours refusé, même pas un boursouflet. Gamine, j'ai passé des heures à admirer les paons blancs du Manoir Malefoy ou panser les chevaux de la mère de Blaise.

- Eh bien… On dirait que l'occasion se présente enfin pour toi de prendre soin d'animaux qui en ont besoin. On y va ?

- On y va.


Le refuge de Kidlington débordait d'animaux. Littéralement. Des chats et des chiens, pour l'essentiel, mais aussi des oiseaux, des rongeurs, un serpent et même… un furet malicieux.

- Il me rappelle notre cher ami blond peroxydé… Tu te rappelles, Parkinson ?

- Un peu oui ! Répondit distraitement Pansy, occupée à nourrir deux vieux chiens impatients de goûter leur pitance. Milicent et moi avons ri pendant des heures après cet épisode malheureux ! Mais ne le répète surtout pas à Drago, fit-elle soudain en se retournant vers son tuteur. Il me tuerait s'il savait que je me suis moquée de lui.

- Eh bien, j'imagine que ça ne serait que justice après ce terrible affront que tu lui fais !

- Ah ah, très drôle Potter. Tu ne connais pas Drago, mais il a un bon fond. En revanche, son égo lui, est surdimensionné. Tu n'imagines pas à quel point il est susceptible.

- J'ai eu quelques occasions de le constater par moi-même. Mais ce n'est pas grave. Le voir transformé en fouine bondissante valait bien toutes les crises de nerfs du monde !


15 décembre 1999

Contrairement à ce que Harry aurait pu imaginer, Pansy s'était remarquablement bien acclimatée à l'ambiance du refuge. Elle ne rechignait jamais à la tâche, qu'il s'agisse de nourrir les animaux… ou de nettoyer les cages et les enclos. Harry l'observait de loin, donnait un coup de main quand cela était nécessaire. Il était surpris de l'aisance avec laquelle Pansy s'adaptait à chaque aspect de ce nouveau monde. La bibliothèque, la boutique, l'école, la piscine, puis le refuge… C'était ici, sans nul doute, qu'elle était le plus dans son élément. Sans doute se sentait-elle plus utile aussi, car le refuge manquait toujours de bras. Son implication avait plu au reste de l'équipe, avec laquelle Pansy avait rapidement sympathisé.

Aussi ne fut-il pas surpris de la trouver déjà à la tâche, lorsqu'il arriva ce mercredi matin. Il la salua et elle lui rendit son sourire. Il n'eut pas le temps d'engager la conversation cependant, car un brouhaha sans nom venait d'éclater à l'accueil. Alarmés, les deux jeunes gens se précipitèrent.

- Que se passe-t-il ? Demanda Harry à Emma, qui semblait complètement affolée.

- Regardez ce que j'ai trouvé derrière le cabanon à l'instant ! Un abruti les a jetés au-dessus de la grille !

Harry et Pansy se penchèrent pour voir que ce contenait la boîte en carton posée sur le bureau. Les yeux de Pansy s'agrandirent de stupeur. 3 petits chatons, âgés de quelques jours tout au plus, se pelotonnaient les uns contre les autres, tentant en vain de se réchauffer. Ils semblaient en piteux état.

- Je ne sais pas depuis combien de temps ils sont là, indiqua Emma d'une voix inquiète. On ne passe pas toujours là-bas, mais comme j'étais en avance ce matin, j'ai décidé de faire le grand tour pour aller saluer ce bon vieux poney Aldo. Vous imaginez ma surprise quand j'ai aperçu une boule de poils roux au milieu des poubelles ! Heureusement que ce petit explorateur m'a mené à ses frères et sœurs…

- Andy arrive, intervint Paola, qui revenait en courant, le téléphone à la main. C'est notre vétérinaire, ajouta-t-elle à l'intention de Harry et Pansy. Il a la gentillesse de ne pas toujours nous facturer les soins… On ne s'en sortirait pas, sans son aide.

- Que peut-on faire pour les aider ? Ils ont l'air affamés !

La voix de Pansy tremblait.

- Tant qu'Andy ne les a pas examinés, mieux vaut ne rien faire, répondit Emma. On pourrait essayer de les nourrir mais sans savoir s'ils sont en bonne santé, c'est trop risqué. On pourrait faire plus de mal que de bien. Paola, mets-les près du radiateur. Andy ne devrait plus tarder.

Pansy attrapa Harry par la manche et le tira un peu à l'écart de l'agitation ambiante.

- Potter, je t'en supplie fais quelque chose ! Je n'ai pas ma baguette, mais tu peux sûrement leur lancer un sort pour les réchauffer, ou les remettre d'aplomb ou -

- J'aimerais bien Pansy, mais je ne peux pas, je -

- Si tu me dis que tu ne peux pas à cause du Code du Secret magique…

- Non Pansy, ça n'est pas ça mais… Je suis tout à fait incapable d'aider ces petits bonhommes. Hermione aurait sans doute su quoi faire, mais je ne suis pas très doué en magie de soin, et je sais qu'utiliser la magie n'est pas recommandé sur de jeunes animaux. C'est trop risqué, je pourrais faire pire que mieux !

La jeune femme finit par hocher la tête, inquiète et résignée. Le vétérinaire arriva heureusement sans tarder et Pansy et Harry furent invités à quitter la pièce.


Pansy avait travaillé sans relâche toute la matinée, pour tromper la peur. Elle avait bien vu que Harry avait tout fait pour l'aider et la distraire, mais c'était peine perdue. Pansy était rarement inquiète pour les autres. Elle avait été élevée dans l'idée que sa petite personne était ce qu'elle avait de plus précieux, et que les autres ne valaient pas la peine qu'on s'y intéresse. Ce ne fut que lorsqu'elle se fit ses premiers amis, Drago, Blaise, puis Daphné, Milicent ou Astoria, que Pansy commença à ressentir de l'empathie, de la compassion et… de l'inquiétude. Et elle aurait préféré s'en passer, sans aucun doute. Depuis, lorsqu'elle était inquiète, rien ne pouvait la raisonner. Et le petit pote Potter, malgré tous ses efforts, en fut bien incapable lui aussi.

Il l'avait emmenée déjeuner, pour la première fois depuis le début de son programme de réhabilitation. Elle n'avait pas refusé. Ils étaient allés manger dans une petite auberge située juste à côté de la vieille Église médiévale. Ils s'étaient régalés, et Harry s'était surpassé pour changer les idées de la brunette. En d'autres circonstances, Pansy aurait sans doute apprécié le moment. En d'autres circonstances.

Lorsqu'ils revinrent, Pansy fut la première à noter la porte de l'accueil grande ouverte. Elle s'y précipita, suivie de près par Harry.

- Alors, comment vont-ils ? Est-ce que vous avez pu les sauver ?

Andy se tourna vers la jeune femme, et son regard confirma les pires craintes de Pansy.

- Malheureusement… Deux chatons n'ont pas survécu. J'ai fait tout ce que je pouvais, mais je pense qu'ils étaient là depuis un bon bout de temps. Ils étaient en état d'hypothermie avancée lorsque vous les avez trouvés. Je suis désolé.

La lèvre de Pansy trembla, mais elle tenta de ne rien faire paraître.

- Et… le dernier ?

- Eh bien, celui-là semble plus costaud. Enfin, c'est un bien grand mot. Mais je n'ai pas noté de problème de santé particulier. Il va toutefois falloir veiller sur lui nuit et jour pendant un moment, pour s'assurer qu'il reprenne des forces.

- Je peux le faire !

Emma, restée silencieuse jusque-là, regarda Pansy étonnée.

- Tu es sûre Pansy ? Tu n'as jamais fait ça, c'est éreintant…

- Je peux le faire. Je veux aider ce petit chat, répondit la jeune femme, catégorique.

- Il faut le nourrir au biberon, le veiller, le jour, la nuit… ça signifie que tu dormirais au refuge et alors -

- C'est bon Emma. J'en suis capable. Tu me fais confiance ?

Emma sembla hésiter, mais la détermination qu'elle lut dans les yeux de la jeune femme sembla la rassurer. Et puis, elle-même ne pouvait pas ne pas rentrer chez soi le soir, avec deux enfants en bas âge qui l'attendaient à la maison. Quant à ses équipes et aux bénévoles… Ils avaient déjà bien trop à faire au refuge. Objectivement, Pansy était sans aucun doute la mieux placée pour prendre cette grande responsabilité puisqu'elle disposait d'une denrée précieuse, que les autres n'avaient pas : du temps.

- Très bien. Dans ce cas, c'est toi qui en auras la charge au moins ces 10 prochains jours.

- 10 jours ? Pansy, tu n'es là que 2 jours encore, intervint Harry.

La sorcière se tourna vers lui, implorante.

- Ne peut-on pas envisager de bousculer le planning ? J'aimerais rester une semaine supplémentaire ici, je veux m'assurer que ce petit matou ira bien. Potter, s'il te plaît…

Harry pesa rapidement le pour et le contre. Techniquement, les changements de programme n'étaient pas autorisés. Mais Pansy n'était censée suivre sa prochaine semaine de réhabilitation que début janvier, après la pause de Noël. Le Ministre de la Magie ne verrait sans doute pas d'inconvénient à ce que l'une de ses recrues réclame une rallonge ! Le regard suppliant de la jeune femme qui lui faisait face acheva de le convaincre.

- Très bien, finit-il par dire. Je m'arrangerai avec Kingsley. Une semaine, pas plus.

- Merci ! Merci, merci, merci !

Harry eut tout juste le temps d'ouvrir les bras pour accueillir la jeune femme qui s'y était jetée. Il en fut soufflé. Bien qu'ils se côtoient quotidiennement depuis plusieurs semaines, Pansy et lui n'avaient jamais eu de contact physique autre que le strict minimum, à savoir se tenir le bras pour le transplanage d'escorte. Si on omettait le sauvetage de la semaine dernière, se souvint-il. N'empêche, c'était la première fois qu'elle le touchait volontairement, et celui lui laissa une étrange sensation au creux du ventre. Pansy dut la ressentir également, car elle s'éloigna brutalement.

- Hum. Merci Potter. Vraiment.

Si Harry ne la connaissait pas, il aurait juré l'avoir vu rougir. Mais Pansy Parkinson n'était pas de celles qui rougissaient… N'est-ce pas ?