Lali-oh~ Je suis déjà là, me voilà, pour le chapitre 8. En fait, je me rends compte que je dis beaucoup de bêtises. Du genre « une vingtaine de chapitres » parce que je n'en sais fichtre rien, je n'ai pas de feuille de route, je fais au pif et à l'instinct puisque, de toute manière, je ne saurais pas m'y tenir. Travailler dans la pression (en ce qui concerne l'écriture surtout), ou en tout cas avec des délais, ça me rend un peu folle et me fais passer à autre chose, dans le genre je baisse les bras, etc… ce qui explique aussi ce pour quoi je ne suis pas régulière dans mes poste et tout ce qui va avec.
Dans tous les cas, j'espère que ce chapitre va avancer un peu, j'espère qu'on va rentrer dans le vif du sujet, parce que j'ai l'impression de manipuler deux bombes prêtes à exploser, vous ne vous rendez pas compte haha !
Bonne lecture, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ok ?
Deuxième chapitre sans inspiration musicale, tout ça parce que j'écris dans le silence et le cliquetis de mon clavier… Il faut que je pense à remettre de la musique, moi.
Dernièrement, ils n'avaient pas eu beaucoup de temps l'un pour l'autre. Ils se parlaient davantage par messages et s'appelaient peu. Alors, ils avaient pris l'habitude de s'envoyer quelques photos parfois, à la demande de Kuroo. Avec la rentrée, ils savaient bien qu'ils seraient tout deux très occupés. Cependant, ils ne s'étaient pas attendus à avoir si peu de temps à deux. C'était délicat, Tetsuro savait que Kei répondrait au moindre message, même lancé tard dans la nuit.
Il lui manquait. Il regardait la photo qu'il venait d'ailleurs de recevoir. Tsukki était beau, avec ses grands yeux dorés, ses cheveux qui prenaient un léger mouvement, et surtout doux. Incroyablement doux. Il avait toujours le haut des pommettes un peu rouge à chaque photo, comme s'il se sentait gêné. Il ne regardait jamais directement l'objectif, mais pas l'écran non plus, de plus, ce n'étaient jamais des photos où il se dénudait, même un peu. Ça, il devrait y remédier plus tard. Son corps aussi lui manquait.
« Tu es magnifique sur cette photo. »
« Je ressemble à rien… »
« Tu es magnifique, Kei. »
La réponse se fit attendre, longtemps. Alors le brun observa encore ladite photo. Il avait envie de le voir et le lui dire en face à face. Le mois d'avril avait filé à une vitesse folle et l'étudiant avait eu peu de temps pour lui-même. Entre les études, son petit boulot, le permis et son aménagement sur le campus, il était largué, et surtout épuisé.
« Tu es en week-end, bientôt ? »
« Je ne travaille pas dimanche. Je finis assez tôt samedi, vers seize heure. Alors, on pourra s'appeler, même toute la journée si tu veux. »
« Je pensais à t'inviter à la maison si tu as la possibilité de te déplacer, et si tu n'as rien de prévu. Mais je sais que tu es fort occupé. Seulement, on ne s'est vu que quelques jours et c'était il y a plus d'un mois. Au final, ça va faire trois mois que nous sommes ensembles et nous nous sommes vus une dizaine de jours tout au plus. »
« Tu me manques aussi, Tsukki. »
Kuroo souriait tendrement en lisant ses messages. Kei avait toujours une tournure de phrase pour lui avouer ce genre de choses et il parvenait à les déchiffrer très rapidement. A croire que le blond le laissait voir au travers de lui comme au travers d'une porte ouverte. Il se tourna sur le dos afin de ne pas s'endormir tout de suite et pouvoir checker son agenda pour le week-end. Encore une fois, son père n'était pas présent, donc ça ne changeait rien à la donne. Bon, il devrait annuler son rendez-vous avec Kenma, mais il pouvait toujours le reporter à quelques jours plus tard.
« Je veux venir chez toi, Tsukki. Je veux te voir. Même pour quelques heures j'aurais fait le trajet. »
« Tu me diras quand tu arrives en gare ? Nous viendrons te chercher avec Akiteru. Ces derniers temps, il veut passer beaucoup de temps avec moi, il me colle tout le temps quand il a finis le boulot et me prend avec lui à ses entraînement de volley-ball. Au moins un week-end où je n'aurais pas à me le coltiner. »
« Akiteru est sympathique, non ? Il fait sans doute ça pour se racheter. Puis, tu en as besoin de cette relation, elle te fait du bien. Tu es content d'avoir retrouvé ton frère, je pense. »
« Oui, sans doute. »
Cette fois-ci, Kuroo se remit sur le ventre, le menton posé sur un coussin et les bras devant lui, tenant son téléphone afin de pouvoir confortablement voir l'écran, sans trop s'user les yeux. Il sentait qu'il allait bientôt s'endormir, alors il avait déjà souhaité une bonne nuit à Kei, mais n'avait pas cessé de lui parler pour autant, jusqu'à ce qu'il ne tienne plus. Il aimait faire ça, et ça ne dérangeait pas le blond. Au matin, il se retrouvait avec quelques messages plutôt mignons et sympathiques à lire, ce qui le mettait aussi vite de bonne humeur.
Ce matin-là particulièrement, puisqu'il savait qu'il ne restait que peu de temps avant que le week-end n'arrive. Les heures passaient lentement, beaucoup trop lentement, les jours semblaient s'allonger, et chaque soir il pensait à un cadeau qu'il pourrait lui apporter sans trouver quoi précisément. En dehors d'un gâteau, un panier de fruit pour ses parents, et un sweat avec son odeur, il ne savait pas.
Le vendredi, durant sa pause vers le coup de midi, il avait décidé de se balader dans le centre commercial, c'était une aubaine, d'une certaine manière, de bosser dans un petit magasin de prêt-à-porter pour homme. Il voulait lui prendre un cadeau, il le voulait. Cette idée persistait dans son esprit et il avait finis par trouver ce petit truc parfait.
Après son boulot, il n'avait pas tardé et était directement parti en train en direction de la préfecture de Miyagi, à quelques kilomètres de Sendai. Il avait hâte, même si le paysage défilait vite, la distance était incroyablement longue, mais il ne se sentait pas nerveux, il avait déjà rencontré les parents de Tsukki quand il avait été amené durant les vacances, et ils avaient été très cordiaux avec lui. Il ne s'en faisait pas pour cet aspect de sa visite, mais pour le reste. Savaient-ils que leur fils cadet était homosexuel ? Ou en tout cas que son orientation sexuelle n'était pas celle qu'ils avaient espéré pour lui, sans doute ? Akiteru semblait au courant, mais pour le reste, c'était un peu plus délicat.
Après cinq longues heures, de voyage, il finit par arriver, et comme prévu, une voiture l'attendait, il la reconnaissait et maintenant il sentait que ses mains étaient moites. Son cœur semblait même s'emballer à l'idée de pouvoir voir Tsukki en chair et en os, le toucher, et l'embrasser. Il remercia le ciel que le frère aîné s'était proposé, ça lui permettrait de pouvoir profiter un peu plus intimement de son petit-ami avant que les conventions sociales ne reprennent le dessus. Il lui tardait d'être seul avec lui, égoïstement, juste pour lui.
Le blond attendait patiemment à l'arrière de la voiture et Akiteru lui fit signe de s'installer à l'arrière aussi avec un sourire entendu et Kuroo le remercia sans détour. Enfin. Il avait l'impression, rien qu'en voyant Kei, que son oxygène lui parvenait à nouveau, il respirait. C'était dingue de constater à quel point une dépendance pouvait s'installer aussi vite dans la vie de quelqu'un.
-Hey. Ca faisait longtemps.
-Je suis content que tu aies pu venir.
Le léger rire, en aucun cas moqueur, du grand-frère les firent bouder un peu mais Tetsuro ne se priva pas de voler un chaste baiser à son petit-ami. Il garda sa main sur la sienne durant tout le trajet, même s'il fut court.
Chez Tsukki, c'était calme, mais ça sentait bon. Il était déjà tard, un peu plus de 21 heures et la mère de Kei semblait s'affairer à préparer un repas de dernière minute pour le nouvel arrivant. Plusieurs fois elle le remercia de son présent et elle leur donna même la meilleure excuse au monde pour les faire monter dans la chambre de son fils, chambre aménagée spécialement pour l'arrivé de Kuroo.
L'ambiance était très conviviale et familiale surtout, et la chambre de Kei était peu décorée. Les couleurs étaient plus traditionnelles, excepté ces dinosaures un peu partout, certainement minutieusement déposés sur les étagères. A terre, il y avait deux futons, quelques coussins, sans savoir s'ils étaient là en supplément pour son confort ou si Tsukki, lui aussi, avait besoin d'une montagne d'oreillers pour dormir.
Mais il n'eut pas le temps de s'attarder davantage sur les murs et autres fantaisies que les grandes mains du blond se posèrent sur son visage pour le ramener à son regard. Tetsuro l'observa un instant, à peine une seconde, pour se rendre compte qu'il allait enfin avoir son baiser.
Ici, il y avait tout ce qu'il fallait, la peau de Kei, la chaleur de Kei, l'odeur de Kei, la voix de Kei… Il goûtait à ses lèvres comme on consomme cette chose qu'on adore et qu'on ne s'accorde que trop rarement. Et ses bras s'enroulèrent autour du plus grand pour l'attirer contre lui encore plus, comme s'il pouvait fusionner avec son corps. Il respira son odeur au creux de son cou et ses mains s'accrochaient avec force à son pull, un peu trop large.
-Tu m'as vraiment manqué, Tsukki.
-Toi aussi, un peu.
Cette fois-ci, le blond était tout à fait gêné de dire ça. Mais c'était si agréable de l'entendre que Kuroo ne fit aucune remarque sur sa voix légèrement tremblante. Il l'embrassa, encore et encore jusqu'à se sentir un peu soulagé de ce manque qui s'était creusé durant tout le mois d'avril.
Ils parlèrent beaucoup des cours, de leurs études, de son boulot et son permis, de son père, un peu moins. Du club de volley et d'Ennoshita, qui avait repris le rôle de capitaine avec brio. Ils parlaient tellement qu'ils ne voyaient plus le temps passer. Il y avait toujours quelque chose à dire, même quand il n'y avait plus rien à dire, c'était ça le plus beau dans l'histoire. Ils savaient qu'ils ne passeraient que deux nuits ensemble, que c'était rien, que c'était peu, mais chaque seconde, si précieuse, était enregistrée, mémorisée pour ne plus jamais s'effacer.
La nuit venue, calé l'un contre l'autre sous la couverture moelleuse, le bras de Kuroo autour de la taille de Kei, il jouait avec ses doigts. Ils parlaient encore, moins fort, de sujets un peu plus délicats. Il était rare que le blond se confie à lui aussi ouvertement et le brun prenait soin de l'écouter avec attention.
-Je n'arrive pas encore à faire confiance à Akiteru. Il se plierai en quatre pour moi, regagner ma confiance, je le vois bien. Mais ça me fait peur. Je fais quoi, si je mise à nouveau sur lui, qu'il regagne ma confiance et qu'une fois acquise, il ne se démène plus pour me prouver que je vaux le coup ? Je veux dire par-là que, c'est un peu comme un couple non ? Je vois bien que tu fais des efforts pour moi, et pourtant, j'ai quand même accepté d'être en couple avec toi. Alors, est-ce que mon frère fera la même chose ?
-Il faut que tu lui dises directement, sans détour. Il est le seul qui puisse te répondre. Au moins, tu en auras le cœur net. Mais je pense que, cette fois, il veut correctement faire les choses et continuer de le prouver. Moi, je serais là, dans tous les cas.
-Là pour faire quoi ?
-Tu auras une épaule, une main tendue, un chez toi où te réfugier. Je te servirai à ça, à te cajoler et te consoler. Alors, même si tu tombes, de haut ou de bas, à mes yeux ça restera une chute, alors je serais là pour te réceptionner. Je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit de mal en ma présence.
-T'es pas bien placé pour dire ça, Kuroo.
Ce dernier rit légèrement et pinça le bout de l'index du blond à la langue un peu trop pendue.
-Je veux dire, en couple, on va forcément se faire du mal, parfois c'est pour savoir avancer dans la bonne direction.
-Certes, mais il n'y a que moi qui puisse le faire. Parce que je suis le seul à t'aimer comme je le fais. Et personne d'autre, plus jamais, ne t'aimera comme ça.
La voix de Tetsuro était un peu cassée par le sommeil, un peu engourdie. Agréable à entendre, basse dans son oreille et les mots l'avaient caressé comme une plume. C'était prétentieux, mais à la fois dit sans penser à mal. Kuroo était persuadé à cent pourcent de ce qu'il avançait maintenant. Et l'entendre dire de sa propre bouche, que ses sentiments étaient, et seraient, si forts, ça le laissait pantois.
Des déclarations, il en avait reçues, parfois, au collège et au lycée. Ce n'était pas rare, mais pas tous les jours. Cependant, l'entendre de la bouche de son petit-ami, ça prenait une dimension toute autre. C'était la meilleure sensation qu'il ait ressentie depuis longtemps. Il se retourna face au brun et se lova un peu plus contre lui. Bien qu'il soit plus grand, il s'était si bien recroquevillé sur lui-même qu'il paraissait plus petit, en même temps, il était de base moins massif que Kuroo.
Quand il redressa la tête pour l'observer, s'excusant de ne pas savoir lui répondre, il tomba sur son visage calme, et sa respiration lente s'échouant dans les mèches blondes. Tetsuro s'était endormi, ça se voyait qu'il était épuisé de toute façon, et c'était déjà une réussite en soit de l'avoir éveillé jusqu'à dix heures du soir passées. Il déposa un bisou sur le bout de ses lèvres et se laissa bercer par la respiration profonde de cette panthère.
Au matin, Tetsuro dormait encore quand Akiteru frappa à la porte, avant de passer sa tête. Ça avait réveillé Kei, et il lui avait vivement recommandé de ne plus ouvrir quand Kuroo était présent, qu'il allait le réveiller et qu'il pouvait descendre.
Aucun des deux, entre Kei et Tetsuro, se souvenait d'avoir si bien dormi et si bien récupéré ce dernier mois, c'était une vraie cure de vitamine que de dormir avec l'autre. Ils s'étaient cajolés un peu avant de descendre dans la cuisine où se tenait déjà le petit-déjeuner.
-Alors c'est donc vrai, tu as cette coupe naturellement ? Demanda Akiteru en prenant ses baguette. Kei ne raconte pas de salade.
-Laisse ce garçon en paix, Aki, tu veux ? Tetsuro, n'hésite pas à te servir. Je ne sais pas ce que tu préfères au matin, alors je t'ai fait des œufs, ça va ?
-C'est parfait, merci. Merci beaucoup.
C'était étrange, cette sensation qu'on fasse attention à lui. Elle déposa les assiettes petit à petit, le riz suivit de près et le reste de la nourriture. Elle s'installa avec eux, de ce qu'il comprenait, le père de Kei travaillait tôt au matin mais il avait la chance de ne pas finir trop tard, alors elle s'occupait de ses enfants, en général.
Tout ce que Kuroo avait pu imaginer d'une famille japonaise traditionnelle, il l'avait sous les yeux. Chaque jour, le blond profitait de ce bonheur que trop de gens sous-estimaient. Il eut un pincement au cœur qu'il rangea bien vite, bien décidé à profiter de son week-end. Sans doute qu'ils voulaient tous se donner l'image d'une famille parfaite devant les invités. C'était normal en société de se donner un bon genre afin qu'on ne puisse pas dire de mal dessus.
Sachant pertinemment qu'ils n'auraient rien d'intéressant à faire dans le coin, Tsukki avait décidé de passer la journée dans la chambre, ou juste à mettre le nez dehors, afin de profiter l'un de l'autre sans rien autour. Rien de précis à faire. Sa mère proposa de les amener en voiture dans le centre commercial, mais ils refusèrent poliment. C'était rare qu'elle se montre, mais souvent pour demander si tout allait bien, s'il leur fallait un encas, des boissons.
-Ne fait pas attention, elle est toujours comme ça. Mais quand je suis occupé, elle me laisse tranquille.
-Tu as de la chance.
-Je suppose. J'ai l'air un peu blasé ou je m'en-foutiste quand j'en parle, mais je sais que d'autres n'ont pas ce plaisir si simple, alors je ne m'en plains pas.
-J'aurais aimé pouvoir dire ça.
-Ca ne te fait pas… de mal, de voir ça ?
-Pourquoi ça m'en ferait, tu es heureux, non ?
-Parce que, toi, tu n'y as pas eu le droit.
Kuroo baissa le regard. Bien-sûr qu'il y pensait chaque seconde depuis qu'il avait mis les pieds dans cette maison qui sentait bon le ragoût familial. Il ne pouvait pas, cependant, blâmer les autres d'avoir une vie plus banale et normale que la sienne. Evidemment, qu'il aurait aimé connaître ça, et dire de ne pas pouvoir s'en plaindre. Il réalisa que ses mains étaient crispées quand celles de Kei se posèrent sur les siennes, captant son regard.
-J'étais dans mes pensées.
-Tu peux me le dire. C'est normal, Kuroo.
-Je ne veux pas en parler… parce que tu as raison, et que je ne veux pas me pencher sur ça. Je préfère profiter de toi aujourd'hui.
-Il faudra que tu me parles, parfois. Tu ne pourras pas toujours te défiler. Je sais que notre relation ne nous permet pas vraiment de se disputer ou quoi que ce soit, parce que nous n'avons pas beaucoup de temps l'un en face de l'autre. Et on veut en profiter au maximum, je suis d'accord avec toi. Mais si on laisse toutes les affaires se tasser sans en parler au moins un peu, tout va finir par exploser en une fois.
-Je me sens bien chez toi, Tsukki. Et c'est plus fort que tout ce que je peux ressentir d'autre. Je t'assure, je suis réellement focalisé sur toi et sur tout ce temps qu'on a devant nous, tellement que le reste n'est qu'une broutille. C'est très secondaire.
Ca l'avait été en tout cas. Quand la mère de Kei était revenue encore une fois avec deux bouteilles d'eau, le blond, par soucis de compréhension envers son petit-ami, lui avait demandé de ne l'appeler que pour le dîner au soir -elle avait naturellement accepté.
-Tu n'étais pas obligé, avait dit Kuroo quand il fut sûr qu'elle soit éloignée. Je t'assure que je suis bien content d'avoir cette bouteille d'eau, je n'avais pas conscience d'avoir soif.
-Je préfère t'éviter un mal si je le peux.
-Mais je ne suis pas un enfant, Tsukki. Je ne suis pas en verre et je ne risque pas de m'écrouler à la moindre éraflure. Je sais encore me protéger et me défendre seul si j'en ressens le besoin, et là, j'avais vraiment envie de profiter du temps avec toi.
-Elle ne va pas s'envoler non plus. Ce soir, elle reviendra à nouveau à la charge. Et je ne vais pas m'excuser de faire attention à toi, Tetsuro. Alors maintenant, on se dispute pour une chose que je ne vais plus faire, ou alors je dois te dire que, oui, tu es un enfant qu'il faut protéger parce que tu n'as même pas conscience d'avoir mal.
-Tu veux dire quoi par-là ?
Par reflexe, ou par protection, le brun s'était reculé du blond, à peine. Mais il n'y avait plus de contact direct. Il ne baissait pas le regard, comme si ça lui permettrait de lui sauter à la gorge à la moindre seconde d'hésitation de sa part.
-Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler.
-Mais pourquoi ? Peu importe ce que tu me dis, que tu blagues ou que tu me parles de sujets plus délicats, le temps passé avec toi n'est pas gâché alors… parle ! Je ne sais pas, fait quelque chose qui te ferait du bien. On est quand même à deux, non ?
-Et tu veux que je dise quoi, Kei ? Je pensais que ça me ferait du bien de venir ici, mais la seule chose qui me fasse du bien c'est juste de te voir toi. Ta mère a l'air géniale, mais je ne supporte pas cette façon qu'elle a de me couver, comme si c'était normal. Pourquoi elle est comme ça avec moi, de toute façon ?
Tsukishima l'observa. C'était le moment où Kuroo se lâchait enfin. C'était éprouvant pour lui de devoir le pousser dans ses retranchements pour lui faire avouer la vérité, lui faire prendre conscience de ce qu'il avait au fond de lui, et prendre en plus de ça la responsabilité après coup de la douleur que ça avait pu causer. Le blond se sentait prêt pour quelques batailles, il verrait déjà comment il se sentirait après celle-ci.
-Ce n'est pas légitime. C'est bien gentil de sa part, mais je m'en fous. Moi je voulais juste rester avec toi et profiter de toi. Pas qu'on me foute en pleine gueule tout ce que je n'ai pas su avoir et qui me crève de mal depuis des années ! Je ne comprends pas, ce que tu voulais faire en m'amenant ici.
-Je voulais simplement te voir, mais je ne peux pas empêcher les gens d'être ce qu'ils sont.
Le brun s'emporta un peu plus, les poings maintenant serrés, il avait le visage fermé, et son regard tendait vers le sol. Parfois il se mordait la lèvre. Dans ses paroles, bien qu'il accuse le blond, Tsukki pouvait sentir ce désespoir se déverser sans qu'il puisse retenir toute cette détresse.
-Je ne dis pas que c'est de ta faute… tu n'y peux rien mais… Kuroo porta sa main à sa poitrine, serrant son t-shirt. Pourquoi je n'ai pas eu le droit à tout ça, moi ?
Tetsuro cligna des yeux un peu plus fort, comme pour se retenir de pleurer. Ça devait lui coûter de dire tout ça, soudainement, après des années à le garder pour lui, ou à simplement le crier à la figure de son père. Une parcelle de son armure venait de s'écrouler subitement autour du brun et maintenant, Kei savait qu'il devrait l'aider à en reconstruire une sur une bonne base. Une plus saine, avec de la peine et de la douleur, mais enfin acceptée.
-Pourquoi je n'ai pas pu avoir une mère, tout simplement ? J'aurais tellement… tellement aimé être à la place de ces… cons ! qui râlent à ce propos… qui ne savent pas ce qu'ils ont comme chance…
Il inspira brutalement, profondément et ses membres tremblaient, de plus en plus fort. Puis il renifla aussi, alors qu'enfin, les vannes cédaient. Kuroo s'était mis à pleurer. Dire qu'il s'effondrait était encore faible comme terme. Et Tsukki, qui avait provoqué tout cela, ne savait pas s'il devait le laisser finir, ou le stopper et le prendre dans ses bras. Il parvenait juste à se dire que tout le venin devait sortir pour avoir une belle cicatrice quand l'heure viendrait de panser ses plaies.
-J'ai pas eu… tout ça. Quand ça n'allait pas, quand j'avais… je ne sais pas… j'avais tant de choses à demander et à dire… pourquoi je n'ai pas pu avoir… une famille ? une maman ? ça me rend dingue…
Ses sanglots ne s'étaient pas calmés le moins du monde, mais sa voix, oui. Kei avait l'impression qu'il n'allait plus jamais l'entendre de sa vie, et le voir dans cet état lui serrait le cœur comme dans un étau. Maintenant que le sac était vide, il s'approcha à nouveau du brun et le prit dans ses bras.
Il le consola et le rassura de mille façons, sans promesses derrière, ni celle d'être toujours là, ni celle de devenir sa famille. Il lui avait caressé le dos, longtemps, puis tendu des mouchoirs, quelques-uns. Il avait calmé ses pleurs, essuyé ses larmes, embrassé son nez rouge, ses joues pâles et mouillées, ses lèvres gonflées d'avoir été mordues.
Les minutes s'étaient écoulées lentement, les unes après les autres pendant ce temps-là. Il s'était fait violence pour ne pas pleurer avec lui, ça l'avait percuté comme un coup de fouet sur sa peau nue. Puis le calme était revenu, le blond ne s'excusa pas, et le brun ne demanda rien non plus. Ils en parlèrent, brièvement, c'était calme et monotone. Maintenant, le plus gros du boulot, était pour Tetsuro.
Au moment du repas, à l'heure du midi, le brun n'avait pas l'air d'avoir pleuré autant et si fort. Il était lui, comme à son habitude et rien ne laissais voir que ses barrières avaient cédé quelques heures avant.
Dans tous les cas, l'ambiance était plus légère et tendre. Kuroo avait reçu beaucoup de tendresse de la part de Kei, et même si ça n'avait pas été le moment le plus gai de sa vie, il s'était dit à quel point le blond avait eu raison, ils étaient restés à deux tout ce temps. La présence l'un de l'autre, l'un pour l'autre, lui faisait du bien, c'était comme un baume au cœur.
En retournant dans la chambre, Tsukki avait bien insisté auprès de sa mère et son frère pour que personne ne vienne les déranger, sous aucun prétexte. Akiteru avait accepté d'un vif signe de tête. Quand la porte fut fermée, il coinça sa panthère contre celle-ci et l'embrassa à pleine bouche, sans détour.
Il l'observa. Le détailla.
Ce n'était ni une médaille pour avoir parlé, ni une sorte de manière de le manipuler avec le système de la récompense.
-J'ai envie qu'on fasse l'amour, Tetsuro.
Fin ! Une fin où je vous laisse sur votre faim, huhu~ Cette discussion entre Tsukki et Kuroo me tenait à cœur, en ce qui concerne le fait que, lui aussi, comme chaque enfant que nous sommes et avons été, souhaitons tous une maman, l'équivalent d'une maman, en tout cas, connaître ces gestes de douceur. Kuroo commence à se rendre compte du chemin qu'il a à faire sur lui-même. Lui qui pensait devoir sauver le blond, il ne s'y attendait pas, clairement pas. Et avoir su placer certaines phrases, certains passages, c'était primordial.
Bientôt, je vais me concentrer sur Tsukishima, parce qu'il en a besoin aussi le gamin, et je vais pouvoir exploiter concrètement ces non-dits entre Tetsuro et lui, et le poids qu'il a fini par prendre sur ses épaules, en se disant qu'il peut, mais sans avoir conscience du poids et de la charge mentale que ça représente.
J'espère que ça vous aura plu, que la suite vous plaira, parce qu'on sait bien ce qu'il y aura dedans, n'est-ce pas ? Et que blablabla des choses mignonnes dans votre vie, poutou !
PS : voici le plus long chapitre jusqu'à maintenant.
