Clause de non responsabilité: Je ne possède pas les personnages, ils appartiennent à Shonda Rhimes. Ce travail n'a comme ambition que le plaisir.
Chapitre 8
Bien qu'elle avait eu une pause de quelques jours, loin des traitements, Callie avait catégoriquement refusé d'accompagner Arizona à Seattle. Elle souhaitait vraiment, qu'Arizona y aille, qu'elle profite de Sofia, qu'elle se détende avec ses amis. Elle culpabilisait de la garder la plupart du temps enfermée avec elle qui avait tout juste la plupart du temps, le courage de passer du lit au canapé.
En ce qui la concernait, elle s'opposait toujours à faire face à Seattle, c'était hors de question pour elle. Elle n'était pas prête à assumer le regard et le jugement de leurs amis, et encore moins des parents de son ex-femme. Bien que désolée de ce sentiment, Arizona, respectait sa décision, et la comprenait même. De retour de Seattle, ouvrant la porte de la suite, la blonde appelle
- Callie ! les lumières étaient toutes éteintes, elle fait quelques pas prudent dans l'obscurité, Carlos ?
Arizona acceptait de quitter Callie à l'unique condition qu'elle ne reste pas seule. Carlos était toujours prêt à venir partager ces moments avec sa fille. L'homme assis sur le canapé, visiblement l'esprit préoccupé, n'avait pas entendu son ex-belle fille rentrer. Il tourne des yeux humides vers la blonde.
- Carlos qu'est- ce qu'il se passe ? Où est Callie ? Est ce qu'elle va bien ?
- Dans sa chambre, elle a passé la majeure partie de la journée à se reposer, elle n'a presque rien mangé et …Mais tu devais revenir demain matin ?
Elle savait tout ça c'était son quotidien depuis des semaines. Consciente de l'immense désarroi qui accablait le père aimant et impuissant, devant l'état de faiblesse de sa fille, Arizona essaye de détourner la conversation sur Sofia en souriant.
- Votre petite fille avait des plans pour sa soirée. Elle préfère déjà de façon évidente, une soirée pyjama avec son amie que passer une soirée cinéma avec sa mommy. Elle offre une moue dépitée à l'homme. Elle grandit si vite.
- Oui nos enfants grandissent toujours trop vite pour nous, mais je suppose que nous devons nous en réjouir. Ça signifie, qu'elle au moins, dieu merci, elle va bien.
L'homme se tait un moment, s'enfermant dans ses pensées. Puis, levant ses yeux gris brillant de larmes vers son ex belle-fille, il chuchote comme s'il ne voulait pas rendre les mots réels. Calliope va très mal Arizona.
La blonde se dirige vers son beau-père, prenant une profonde inspiration, elle lui sourit avec empathie. Elle était consciente de l'état de santé de Callie, et elle n'aurait jamais avoué qu'elle était si inquiète qu'elle avait sauté sur l'occasion de la soirée pyjama de Sofia pour prendre le premier vol et rentrer au plus tôt.
- Elle est très fatiguée, ces traitements sont épuisants Carlos, ils la mettent à plat. Explique Arizona avec douceur Mais nous le savions, c'est un protocole très lourd. Il faut espérer que ça fonctionne et que ça éliminera toutes les métastases, Carlos il faut garder l'espoir, c'est primordial pour elle.
Carlos hochait la tête il regardait Arizona avec beaucoup d'admiration pour la force et la compassion dont elle faisait preuve, mais aussi pour le soutien qu'elle était capable d'apporter à sa fille avec tant de générosité, d'abnégation, et il le devinait avec tant d'amour aussi.
- Arizona, je ne sais pas comment vous dire…Euh… Sa mère voudrait la voir…mais je n'ose même pas le lui avouer…Pensez-vous
- Je ne sais pas…La dernière fois que je lui en ai parlé, elle ne le souhaitait pas Carlos. Mais je pense que ce serait peut-être bien si sa mère lui téléphonait. De cette façon, c'est elle qui décidera. Moi, je soutiendrai Callie dans sa décision, rien ni personne ne doit la contrarier en ce moment. Elle n'en parle jamais, mais je sais que c'est une chose difficile à traiter pour elle. Sa mère l'a terriblement blessée, c'est à elle à faire le premier pas.
Carlos écoutait cette femme, qu'il avait un peu méprisé dans un premier temps, protéger envers et contre tout Callie, réfléchir toujours au meilleur pour elle.
Lorsqu'il avait appris l'homosexualité de sa fille, cela lui avait paru inconcevable, c'était tellement plus facile d'en blâmer une inconnue. Mais cette petite femme de même pas 30 ans, avait affronté l'homme mûr et impressionnant qu'elle ne connaissait pas, pour défendre la personne qu'elle aimait. Il avait été saisi tant par le courage que par les mots prononcés. Il avait apprécié ce jour-là, la valeur de la femme, et ce sentiment était encore plus fort aujourd'hui, il aimait sincèrement son ex-belle -fille.
- Tu es tellement protectrice. Elle ne pouvait pas rêver d'une meilleure « autre mère de sa fille, une ex-femme qui se soucie encore beaucoup d'elle. » Il arborait un regard espiègle et un sourire entendu sur son visage buriné. Arizona soufflée, bafouille.
Oh elle….euh… Votre fille vous a parlé.
- Elle se soucie aussi beaucoup de toi, pour une ex-femme je trouve
La blonde rougit un peu, elle ne se sentait pas très à l'aise de parler de ce sujet. Elle ne voulait en parler avec personne, elle ne voulait pas entendre les jugements et les avis sur le temps qu'elle avait passé à attendre Callie ou si elle faisait la bonne ou la mauvaise chose. Mais elle savait ce qu'elle ressentait. Elles avaient traversé tellement, ensemble et séparément. Chacune connaissait les blessures de l'autre et les leur propre, et elles savaient combien c'était fragile et combien c'était rare que quelque chose de bon ressorte d'autant de douleur. Arizona le savait, elles tombaient amoureuse à nouveau. La maladie de Callie les faisait vivre actuellement dans une bulle, elle ne voulait que personne ne vienne lui rappeler l'état dans lequel elle s'était trouvée chaque fois que la bulle avait éclaté. Elle connaissait hélas tout ça par cœur, et ça occupait son esprit beaucoup trop d'ailleurs depuis des semaines. Elle avait donc décidé qu'il n'y avait pas de place pour ces émotions contradictoires dans la bataille qu'elles étaient en train de mener. Elle entend au loin, la voix de son beau -père qui la sort de sa pensée.
Elle s'inquiète beaucoup pour toi… Tu sais… Tu sais, dans le cas où ça ne marcherait… La blonde lève une main pour arrêter l'homme
- Je ne veux pas entendre ça Carlos, ça ne va pas arriver.
- Arizona, elle a pris des décisions, et m'a fait promettre d'être toujours là, je veux que tu saches… Les larmes dans les yeux, la blonde ne peut pas écouter ça, elle empêche l'homme de poursuivre.
- Carlos, elle fait toujours ça ! Elle angoisse, elle anticipe les problèmes, elle s'énerve et crée le problème. Elle s'inquiète toujours trop pour moi, comme si j'avais l'âge de Sofia, Elle ne peut empêcher un sourire en soupirant c'est peut-être attendrissant et mignon, mais bon sang ce n'est pas facile tous les jours. Elle ignorait pourquoi elle se sentait agacée, elle s'était absentée même pas 48 heures et Callie perdait l'espoir, envisageait la pire issue, recommençait à laisser ses angoisses commander ses actes. Ce n'est pas bon pour elle, ce n'est bon pour personne. On ne doit pas la laisser faire ça ! Ce n'est pas la chose la plus aisée mais il faut l'empêcher de faire ça ! Elle ne devrait se préoccuper que d'elle. On ne sera pas trop de deux pour l'arrêter croyez -moi. Elle avait parlé, rapidement sans même respirer.
- Ouai ma Calliope est tout feu tout flamme. Quand elle décide de sauter du pont, elle est difficile à arrêter affirme calmement le père
- C'est un doux euphémisme répond Arizona en reniflant Vous réalisez qu'elle m'a fait acheter un hôpital, alors que je récupérais à peine de ma jambe. La seule chose que je souhaitais, était d'acheter une maison pour nous éloigner de cet appartement où nous avions vécu l'horreur et me concentrer sur moi, sur nous, sur mon travail. Mais j'ai fini par la suivre. Secouant la tête songeuse. Je l'aurai suivi n'importe où. Bon sang, j'ai démissionné alors que je venais à peine de reprendre mon travail, sans seulement savoir si un autre hôpital accepterait d'embaucher une chirurgienne handicapée ! Mais j'ai …je nous ai …La blonde déglutit difficilement pour avaler le nœud dans sa gorge, sa tête entre ses mains fixant le sol elle gémit. Je l'ai tellement déçue. Elle était tellement choquée, tellement bouleversée quand elle a compris ce que j'ai fait, je crois qu'elle ne s'en est jamais vraiment remise. Je ne peux pas m'empêcher de penser que ce choc a peut-être provoqué tout ça.
Carlos observe sa belle-fille les sourcils froncés, il n'avait jamais eu de conversation aussi privée avec elle, et la confiance que lui témoignait la femme qui était connue pour être très discrète sur sa vie personnelle, le touchait profondément.
-Es-tu ici pour cette raison ? Parce que tu culpabilises?
- Non, non, bien sûr que non, s'exclame Arizona effrayée d'avoir donné l'impression que son engagement n'était pas sincère Je suis ici parce que je l'ai..., Euh … Je… Je … je ne peux pas imaginer la laisser seule alors qu'elle souffre. En fait, je ne peux pas imaginer ma vie et celle de Sofia sans elle. Je veux dire, je sais qu'elle ne veut plus de vie avec moi, nous sommes divorcées et… Mais vous comprenez, j'ai besoin qu'elle vive, même si c'est loin de moi, même avec quelqu'un d'autre, alors, je peux imaginer qu'elle est heureuse. Je ne peux pas supporter qu'elle soit malheureuse, je n'ai jamais pu, pourtant je suis certainement la personne qui l'aie le plus blessée dans toute l'histoire de sa vie.
- Arizona, je n'ai pas tes compétences médicales, mais je crois pouvoir affirmer que si tous les gens trompés développaient une tumeur, ce serait une véritable question de santé publique nationale ! Non, mondiale !
Arizona pouffe de rire, elle voyait de qui Callie tenait ce sens de la dérision, qu'elle aimait tant.
Je comprends, pourquoi ma fille dit, de si jolies choses sur toi Calliope a raison tu es impressionnante, mais avec une fâcheuse tendance à la culpabilité cependant. Tu parles à un homme qui a de nombreuses années d'expériences derrière lui. Personne ne traverse toute une vie en étant parfait. Tu as fait des erreurs, mais tu es toujours restée dans le bateau, c'est peut -être ça être un homme bon dans la tempête, tu ne crois pas? Quand j'étais jeune j'ai fait la même erreur que toi, par bonheur la mère de Calliope m'a pardonné, sinon cette fille que tu aimes si inconditionnellement, et qui est certainement la personne qui t'a le plus blessé dans toute l'histoire de ta vie ne serait jamais née.
Elle trainait toujours derrière elle cette sale histoire d'adultère, se rendant responsable quelque fois de façon totalement irrationnelle de tous les maux de Callie, oubliant la plupart du temps qu'elle n'avait pas été seule à faire des erreurs. Les paroles de cet homme, le propre père de Callie, avait soulevé le poids qui pesait sur ses épaules depuis plus de 4 années, tout semblait tellement simple et clair quand on l'écoutait.
- J'aurai tellement voulu ne jamais la décevoir. Je l'ai toujours tellement aimée... Merde, elle venait de prononcer les mots à haute voix et à son beau- père en plus.
- Hey ! Arizona est sauvée par le gong ou plutôt par la femme qui marchait lentement vers eux, la tête baissée. Vêtue d'un survêtement sur dimensionné, le teint blafard, Callie avait l'air particulièrement abattue.
- Arizona ? tu es rentrée ? Pourquoi es-tu rentrée plus tôt ?
- Oh quel bel accueil ! Dois-je comprendre que je ne suis pas la bienvenue. Plaisante Arizona
- Non, non ne sois pas stupide
- Oh et maintenant je suis stupide en plus ! La blonde simule un air renfrogné, croisant ses bras sous sa poitrine elle fixe la latine.
Les gamineries de son ex-femme déclenchant un sourire sur ses traits fatigués, Callie s'approche pour poser un baiser sur sa joue.
- Je suis ravie que tu sois là, tu m'as manqué. Mais Sofia ? Tu devais passer la nuit avec elle ?
- Ouai, mais face à une soirée pyjama, je n'ai pas fait le poids. Apparemment je ne lui manque pas beaucoup à elle. Grimace Arizona
- Aïe ! ça va ?
- Notre bébé, n'est plus un bébé ! Je suis un peu nostalgique des moments où elle s'accrochait à ma jambe pour ne pas que je parte. Gémit Arizona en hochant les épaules tout en fouillant dans son sac. Je ne devrais pas ressentir ça hein, Oh mon dieu, je suis une mère trop possessive ! …
Callie ricane aux éternelles divagations de la blonde concernant ses capacités de mère
- Tu es la pire mère de tous les temps, Arizona. Tout le monde peut voir ça. N'est-ce pas papa ? L'homme amusé hoche la tête, médusé par le changement d'humeur radical, des deux femmes dès que leurs yeux se sont croisés.
- Je vous déteste tous les deux. Rit Arizona Et le ton était donné, la joie qui émanait de la blonde déteignait sur la latine
J'ai plein de surprises pour toi, toute sa production artistique t'est désormais réservée. Regarde ce merveilleux vide poche en papier collé ! Tu vas l'adorer ! Toutes tes couleurs préférées, rose avec des papillons et des arcs en ciel ! Oh je suis tellement jalouse de ne pas avoir eu le même !
- Hey, ne te moque pas du talent artistique de notre fille. Tu n'es qu'une mommy jalouse et inquiète qui va devoir bientôt trouver un autre partenaire pour regarder les films Disney Callie avait toujours pris un malin plaisir à taquiner la blonde sur ses gouts cinématographiques du niveau du jardin d'enfants.
- Hum…J'ai autre chose pour toi, mais je ne sais pas si tu le mérites ? La blonde se joue à son tour de son ex-femme, elle fait passer devant ses yeux le sac d'une des boutiques préférées de Callie à Seattle, ne la laissant pas l'attraper. Un sourire illuminant leurs visages elles s'amusent comme des enfants insouciants.
- Okay, okay , je retire, je regarderai quelques dessins animés avec toi…De temps en temps
- Deal ! Je prends ça pour un engagement. Se serrant la main pour sceller un accord, elles restent un peu plus longtemps que nécessaire main dans la main leurs yeux se connectent, l'importance de la signification du mot n'ayant échappé à aucune des deux.
- Dooonc, tu as un peu maigri et ta garde-robe est un peu grande alors euh… comme j'avais du temps avant l'heure de mon vol, je suis allée faire du shopping. Quand je l'ai vue ça m'a fait penser à toi…et…. Et bien… je n'ai pas pu résister…Bien sûr si ça ne te plait pas ce n'est pas grave …je pourrai la changer…Ou si la taille n'est pas bonne, je peux…
- Vas -tu me donner mon cadeau ? Crie Callie impatiente, riant face à la randonnée excitée d'Arizona, elle adorait voir Arizona empêtrée dans ses explications. Elle était si mignonne
Arizona tend le sac à Callie timidement. Carlos observait l'interaction des deux femmes, rien n'avait l'air d'exister autour d'elles. Le visage de sa fille s'était littéralement illuminé depuis le retour d'Arizona, il pouvait voir le scintillement qui faisait briller ses beaux yeux noirs, cette lueur qu'il avait toujours vue quand elle parlait de son ex-femme, la blonde atterrée deux minute avant, rayonnait également autour de la latine. Il sourit à son tour, pensant, que même si elles l'ignoraient encore, ce dont il doutait, elles étaient bien plus l'une pour l'autre que « l'autre mère de Sofia, des ex-femmes qui se souciaient beaucoup l'une de l'autre ». Il en avait toujours été intimement convaincu, elles étaient faites l'une pour l'autre, rien ne pouvait changer ça.
- C'est magnifique, elle est magnifique Arizona. Je vais l'essayer de suite
Avant de se rendre dans sa chambre, la latine prend Arizona dans un câlin serré pour la remercier, ses lèvres effleurant le cou de la blonde elle y dépose un baiser léger, la laissant un peu désorientée par la sensation des lèvres de son ex-femme dans son cou et par leur proximité devant Carlos.
Quinze minutes plus tard, la latine, se pavane dans une robe crayon sans manche moulant son corps à la perfection, le décolleté plongeant laisse apparaitre la naissance de ses seins d'une manière hyper sexy, le tissus souple épouse les courbes de ses hanches et s'arrête juste au-dessus du genoux, mettant en valeur ses longues jambes . Elle avait rapidement appliqué un maquillage léger, et laissé ses cheveux libres. Elle était métamorphosée, elle se sentait belle, et les regards face à elle, le lui confirmait.
- Mi hija tu es magnifique. L'homme bon dans la tempête fait des miracles. Chuchote Carlos en faisant un clin d'œil complice à la l'attention unique de sa fille
- Allez Arizona va te préparer ce soir nous sortons. Annonce la latine avec un ton péremptoire
- Wouah Calliope Torres le retour ! S'amuse Arizona, ravie de voir la brune reprendre de la vigueur. Callie vraiment tu es sûre que ça ira ?
- Ce soir, je vais étrenner ma nouvelle robe ! J'invite au restaurant mon père et …jetant un regard tendre en direction de la blonde « mon ex-femme qui se soucie beaucoup de moi et moi d'elle ». La soupe de ta mère est délicieuse, mais aujourd'hui on fait la fête et demain sera un autre jour.
Toutes deux s'éloignent vers leur chambre, laissant Carlos dans le salon ravi, du tour que prenait la soirée.
- Cette robe vous va comme un gant Dr Torres. C'est parfaitement votre taille
- Il semblerait que vous aillez vraiment l'œil Dr Robbins ! taquine Callie
- Mes yeux ont toujours su apprécier ce qui est beau. Répond Arizona le regard coquin
Au restaurant, la conversation des trois était détendue, loin de la maladie et des traitements, ils avaient beaucoup parlé de Sofia, Arizona racontant les dernières frasques de sa fille, et les deux Torres se délectant des histoires sur leur personne préférée.
Le repas touchait à sa fin, on peut entendre une musique, au fond du restaurant. Ils se retournent et Callie s'illumine découvrant une petite piste , sur laquelle des couples dansent.
- Waouh je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas dansé
Arizona la regarde en souriant, dieu qu'elle aimait cette Callie dynamique, pleine de vie, enthousiaste pour tout, quand elle était ainsi, elle vous entrainait dans son enthousiasme, et à ses côtés la vie paraissait tout simplement belle et facile.
La latine avait toujours adoré danser, aux yeux d'Arizona, personne ne bougeait son corps au rythme de la musique comme elle. Elle était tellement sensuelle que chaque fois qu'elle l'avait vue danser, Arizona avait dû se pincer pour penser à respirer, ou se retenir pour lui sauter dessus, et même quelques fois elle ne s'était pas retenue. Elle la trouvait absolument miraculeuse. Elle ricane à ce souvenir.
- Même en sous -vêtements dans ta cuisine ? Elle demande sournoisement, sachant que Callie saisirait l'allusion.
- Vraiment Calliope, tu continues à faire ça ? Combien de fois t'ai- je expliqué que ce n'était pas correct ? Demande Carlos sur le ton de la réprimande
- Papa … La latine ressemblait à une adolescente qui allait se faire punir pour avoir dépassé l'heure du couvre-feu. Elle n'avait pas manqué de lancer un regard noir à son ex-femme qui lui répond par une grimace désolée. En réalité Arizona s'amusait beaucoup de la situation
- Pouvez- vous nous excuser une seconde Arizona, j'aimerai danser avec ma fille avant qu'elle ne décide de retirer cette magnifique robe.
Les deux femmes se regardent abasourdies par l'insinuation de Carlos, si la terre avait pu s'ouvrir sous leur pied, elles n'auraient pas hésité à se jeter dans la brèche
- Hey j'ai été jeune…
- Oh papa, arrête ça s'il te plait. Je ne veux rien savoir de ça! Callie avait collé ses mains sur ses oreilles comme une enfant
Arizona riait avec Carlos au malaise de la brune. Elle n'avait jamais été aussi proche de son beau-père, et le soutien de l'homme comme celui de ses parents lui était précieux. Après le crash, elle, avait catégoriquement refusé toute aide, elle réalise à quel point son égoïsme en avait privé aussi Callie.
Assise à la table, elle regardait le père et la fille danser une salsa, ils avaient ça dans le sang, ils étaient beaux, elle était hypnotisée par le spectacle. Leur mariage lui revient en mémoire, l'homme pris de remords était revenu pour danser avec sa fille. Il y a des moments qu'il ne faut pas manquer dans une vie, ils ne se reproduisent tout simplement pas. Il l'avait voulu, alors il avait combattu sa femme, abattu tous les obstacles, tous ses préjugés, ses craintes, et avait vécu le moment qu'il attendait depuis la naissance de son enfant. Arizona était admirative, cet homme était un exemple. Elle devrait se battre, retrouver tout ce qu'elle avait perdu.
Avant la jambe elles allaient souvent danser, elles sortaient pour danser, mais elles dansaient aussi dans leur appartement, passant des soirées à rire et à s'aimer. Combien de fois était-elle rentrée et avait -elle surpris Callie en train de danser en sous-vêtement dans leur cuisine, ce qui s'était la plupart du temps terminé dans leur chambre d'ailleurs. Puis, plus rien, tout s'est brutalement terminé. Pour des raisons évidentes, elle avait cessé de danser et aussi de rire et de s'amuser, mais Callie avait cessé aussi. Le mariage de Richard c'était la dernière fois qu'elle l'avait vue danser. Ecartelée par la dichotomie de ses sentiments, elle l'avait regardée s'amuser. Heureuse de la voir heureuse mais tellement triste qu'elle ne puisse plus l'être avec elle.
Elle avait compris ce soir-là combien sa femme avait besoin de s'évader , elle avait réalisé ce qu'elle avait voulu dire par étouffer et vouloir se retrouver. Elle avait toujours aussi mal, elle lui manquait toujours autant, mais ce soir-là elle l'avait comprise et l'avait pardonnée de les avoir abandonnées. Aussi douloureuse qu'elle soit, cette pensée l'avait aidée à la laisser partir vers d'autres qui sauraient l'aimer mieux qu'elle, puisque aussi fort qu'elle le puisse, ce n'était pas encore assez.
Le père et la fille essoufflés, rejoignent la table, un sourire jusqu'aux oreilles, ils étaient heureux.
- Ça va ? demande Callie voyant Arizona dans ses pensées.
- Ouai j'ai toujours aimé te regarder danser. La blonde s'empresse de plaquer un sourire sur son visage, mais en face d'elle c'est Calliope, il en faut plus pour la convaincre. La brune plisse les yeux.
- Moi j'ai toujours aimé danser avec toi
Arizona grimace. Avec sa prothèse, elle avait fait beaucoup de choses, au quotidien rien n'était impossible désormais, mais danser, elle n'avait jamais envisagé pouvoir le refaire. La musique était passée à une chanson plus lente.
- Viens danser avec moi Callie tend sa main vers la blonde
- Non ! Callie, non je…Je ne fais plus ça…Je ne peux pas
- Tu peux le faire, tu te souviens, tu ne dois rien abandonner. Tu as patiné, tu peux danser.
La blonde sent les larmes monter à ses yeux oh mon dieu cette journée avait été un enfer. Il semblait que les éléments s'étaient donnés rendez-vous ce jour-là pour révéler au monde entier et en particulier à Callie, la personne horrible et minable qu'elle était. Elles essayaient vraiment de redonner l'étincelle à leur relation, et n'avaient certainement pas besoin d'un nouveau drame.
Elle avait vraiment cru, ce soir-là que Callie allait la quitter. Alors elle s'était livrée comme on se jette à l'eau, pour tenter de sauver ce qui restait à sauver, pour la retenir encore une fois, encore un peu, et elle y était parvenue. Sa femme était tellement adorable, elle avait ressorti les patins qu'elle avait conservé à son insu et lui avait tenu les mains et le cœur, sur le trottoir devant leur maison, pour l'aider à patiner à nouveau. Pour lui prouver que tout était possible. Elles avaient ri, elles s'étaient aimées et elles avaient repoussé pour quelques temps l'inévitable. C'était leur dernier souvenir presque heureux.
Elle lit dans les yeux chocolat qu'elles partagent le même souvenir, elle prend la main tendue de Callie, elles entrelacent leur doigts, naturellement et c'était comme si tout recommençait.
Après s'être excusées auprès de Carlos qui avait décidé que sa mission était terminé et qu'il pouvait rentrer à son hôtel, Callie la guide vers la piste de danse, et elle ne peut pas arrêter de sourire. La brune la serre dans ses bras et lui chuchote à l'oreille
-Je te tiens, tu me fais confiance ?
- Plus qu'à n'importe qui. Callie penche la tête vers la blonde un air interrogateur.
- Encore ?
- Toujours. Répond Arizona dans un soupir
Callie la guidait, et pour la première danse, elle était prudente, laissant Arizona, qui s'accrochait fermement à elle, prendre ses marques. Puis sentant la blonde se détendre, elle tente des mouvements plus risqués, Arizona riait n'en revenant pas d'y arriver, de retrouver cette sensation de légèreté. Soudain encouragée par les rires de son ex-femme et son propre enthousiasme, Callie prend un décision téméraire.
- Attention je vais te faire tourner
- Non, Call…
La blonde déséquilibrée, ne peut retenir son pied gauche qui glisse sur le sol, elle s'apprête à s'écraser par terre au milieu de la piste de danse du restaurant, mais Callie la récupère in extremis dans ses bras.
- Ça va ? Bafouille la brune le visage blême
Arizona riait à en perdre haleine.
- Tu verrais ta tête tu as eu plus peur que moi !
Elles éclatent de rire toutes les deux, profitant même si ce n'était que pour quelques heures de ce moment d'insouciance. Ça avait été tellement rare dans leur vie ses dernières années, ensemble comme séparément.
Il était tard, ou plutôt tôt le matin lorsqu'elles rentrent à l'hôtel. Elles avaient dansé toute la nuit, retrouvant la joie, la légèreté, elles s'étaient amusées mais elles mentiraient si chacune d'entre elles ne s'avouait pas en son for intérieur que le désir était là, à fleur de peau, à chaque contact, à chaque prise par la taille, à chaque glissement de main dans le bas du dos, ou effluve de parfum qui venait chatouiller leur narines. Fermant la porte de la suite Arizona souri.
- Merci Callie j'ai passé une soirée géniale, je ne pensais pas que je danserai à nouveau.
- Moi aussi meilleure soirée, depuis des années, depuis avant le crash en fait.
Le sourire de la blonde se fane. Comment Callie pouvait-elle dire ça ? Elle avait dû passer de très bonne soirée avec sa Perfect Pretty Penny. Comment faisait-elle pour tourner le dos si vite à un amour ?
Alors qu'elle s'éloignait, elle est surprise par deux mains fermes qui la retournent, Callie la serre dans ses bras. Envahie par le parfum de la brune, la chaleur de l'étreinte et la proximité de ses lèvres qui lui ont tant manqué, Arizona ferme les yeux et sent la bouche de son ex-femme effleurer la sienne, demandant ainsi la permission de plus. Elle gémit légèrement en se rapprochant à son tour, s'abandonnant dans un long baiser langoureux. Elle entrouvre légèrement la bouche désespérant de plus d'intimité, mais brusquement, elle recule s'éloignant de Callie, elle secoue la tête.
- On ne doit pas Calliope. Je suis désolée, je…je ne peux pas…je suis désolée.
- Ouai …, désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Bonne nuit Arizona rétorque la brune décontenancée en quittant la pièce aussi vite qu'elle le peut.
Le lendemain matin, alors qu'Arizona préparait le petit déjeuner dans la kitchenette de leur suite, Callie fait son apparition. Arizona lève discrètement les yeux vers la latine. Le jogging négligé, le pas trainant, la moue grincheuse lui indique qu'elle n'a pas beaucoup dormi. Elle-même a passé une très mauvaise nuit, bien sûr elle était confuse et bouleversée par tout ce qu'elle avait pu ressentir toute la soirée en dansant avec son ex-femme, et leur baiser…c'était…waouh… elle pouvait encore sentir les lèvres de Callie, leur douceur, son parfum…Elle ferme les yeux au souvenir de la douce sensation de l'irrépressible attraction.
Mais, elle avait repoussé Callie, encore une fois elle l'avait repoussée. Elle imaginait aisément les souvenirs écrasant qui pouvaient remontés dans la mémoire de son ex-femme. Elle n'aurait pas voulu la blesser. Mais elle a répondu au baiser, puis elle a paniqué et l'a repoussée et a passé la nuit à regretter de l'avoir repousser ou de l'avoir embrasser à ce stade elle n'était plus très sûre de ce qu'elle regrettait. Mais elle ce dont elle était certaine c'est qu'elle s'inquiétait de l'évolution de leur relation, alors que Callie avait encore tant à subir pour ses traitements. Elle était en colère contre elle-même d'avoir été si faible et d'avoir encore mis en péril une relation qui était au beau fixe.
- Bonjour Elle tend un café vers la latine
- Salut,
Callie n'avait jamais été du matin, elle ne disait pas un mot avant d'avoir avalé un café. Afin d'échapper à la gêne entre elles, la blonde s'éloigne vers le canapé avec son propre café, et tente de se concentrer sur le journal.
Assise sur un tabouret Callie déguste lentement son café, se réveillant doucement elle regarde de temps en temps Arizona se débattre avec ses pensées.
Elle avait eu une envie irrépressible de l'embrasser, elles avaient dansé une bonne partie de la nuit, leurs corps étroitement serrés, et c'était tellement facile entre elles qu'elle n'avait pas pu résister. Les lèvres de son ex- femme l'avait attirée comme un aimant et elle avait perdu le contrôle. Elle avait adoré retrouver le gout de son brillant à lèvre, la douceur de ses lèvres roses contre les siennes, mais Arizona avait mis fin à leur baiser, et elle lui en était reconnaissante car qu'avait-elle en tête ? Elle ne pouvait rien lui promettre, rien qu'elle soit sûre d'être en capacité de tenir, et question promesse elle avait déjà pas mal foiré.
- On ne va pas en parler ? dit-elle en s'asseyant sur le fauteuil en face de la blonde
- Je te demande pardon ?
- Je dis, allons-nous faire comme s'il ne s'était rien passé ou allons-nous en parler ? La blonde lève enfin les yeux de son journal
- Je ne sais pas quoi dire, Callie ? Je …je n'ai rien à dire
- Okay… la latine opine de la tête en souriant et se concentre sur un jeu sur son téléphone tout en avalant une gorgée de café. Au bout de quelques minutes, Arizona lève les yeux sur elle, fronçant un peu les sourcils, elle l'observe. Callie n'avait pas l'habitude de laisser des sujets en suspens ainsi. Quand quelque chose la dérangeait, elle avait plutôt tendance à laisser les choses sortir de sa bouche sans qu'elle passe par son cerveau avant. Elle ne lâchait pas, elle vous poussait jusqu'à vos derniers retranchements.
La blonde se racle nerveusement la gorge, interpelant ainsi Callie qui abandonne son téléphone
- Oui ?
- Euh…Rien
- Ah…
- Ne fais pas ça Calliope.
- Ne fais pas quoi ?
- Ce truc …Ne reste pas là sans rien dire…Comme si tu n'avais rien à dire, ou …Comme si tu attendais que je dise quelque chose. Sinon, je pense que j'ai fait quelque chose de mal … et j'ai l'impression que je t'ai blessée et …
- Donc si je parle à ta place ça ne va pas et si je ne parle pas ça ne va pas non plus …
- Non…mais… Okay …Euh je suis désolée de t'avoir repoussée. Non, pas de t'avoir repoussée… enfin aussi … mais surtout de t'avoir embrassée ... Enfin c'est toi qui l'a fait mais j'ai répondu et je me suis un peu perdue…et c'est…Euh à cause de la soirée. Tu vois…la danse, les souvenirs, peut-être un peu de nostalgie alors…Mais non, on ne peut pas…Je veux dire c'est toujours tellement compliqué entre nous et depuis des mois on va bien non ? Enfin, pas toi, toi, tu ne vas pas bien, mais ça va aller c'est juste les effets secondaires de la chimio c'est normal …Mais nous c'est simple et sympa, et c'est vraiment bien non ? … En ce moment en plus, tu as besoin de choses simples et qui ne te préoccupent pas…parce que tu dois guérir, et c'est tout ce sur quoi tu dois te concentrer, ta maladie, …ou plutôt ta guérison…
- Waouh pour quelqu'un qui n'avait rien à dire …Et si moi je disais que je préfère me concentrer sur toi plutôt que sur ma maladie ça donnerait quoi ? ça serait mal ? Arizona
- Callie, je ne pourrai pas revivre une 5ième fois…C'était trop dur, je ne pourrai pas m'en relever. Tu es tellement changeante.
l peine quelques mois, Penny était ton plus grand amour et maintenant tu affirmes n'avoir jamais passé de bonne soirée avec elle ? Je veux dire il semblait que notre histoire ne représentait pas grand-chose à t'écouter quand tu étais avec elle.
- Je comprends Arizona, vraiment je comprends ce que tu peux ressentir. Mais je ne peux pas croire que toi, tu puisses vraiment penser ça, pas après tout ce qu'on a vécu. J'aimerai juste te dire deux choses.
Premièrement, pour lutter contre le chagrin, certaines personnes affichent leur plus beau sourire, montre la face des beaux jours et ont des relations sexuelles médicaments, même si elles sont déchirées à l'intérieur. C'est leur façon de gérer, je ne juge pas, j'essaie de comprendre. La blonde baisse la tête D'autres ont besoin de se persuader en persuadant les autres, qu'elles sont amoureuses, qu'elles vont y arriver et qu'elles sont heureuses. Je ne suis pas fière de ça, mais chacun à sa propre façon de traiter la douleur. J'aurai aimé que tu ne juges pas non plus.
Deuxièmement, je te prie de m'excuser de t'avoir embrassée même si j'ai adoré le faire. Je n'aurai pas dû car plus que tout, je ne veux pas que tu revives une cinquième fois, et si je ne pouvais pas sortir de ça, ce serait le cas. Donc, si tu veux bien oublions ce moment d'égarement. Mais sache que ce n'était ni un syndrome de la tumeur, ni un syndrome de mort imminente.
Callie se retourne pour sortir de la pièce, laissant Arizona les yeux dans le vague, désorientée par les mots de son ex-femme. Elle la trouvait plus sage plus mature, plus posée et compréhensive.
- C'est idiot ! crie la blonde vers la brune
- Quoi ?
- Tu regrettes de m'avoir embrassée parce que tu penses que tu risques de mourir, et tu crois que j'aurai moins mal si on n'est pas ensemble ? C'est idiot ! C'est aussi idiot que de penser que tu n'aimes que ma jambe gauche !
- Es-tu en train de me proposer d'avoir des relations sexuelles ? S'exclame Callie pouffant de rire
- Non ! Arizona hurle ne maitrisant plus ses émotions. Euh… pardon. Non. Elle reprend calmement. Callie je ne plaisante pas et je suis d'accord oublions ce charmant moment d'égarement. Mais je veux dire, bien sûr… tu ne vas pas mourir, mais si, évidemment juste pour m'agacer, tu le faisais ; alors je ne serai pas moins malheureuse, relations sexuelles ou pas, divorce ou pas. Quand on aime on ne désaime pas, Callie.
- Nous sommes d'accord sur ce point. Lance la brune en s'éloignant vers sa chambre.
Merci d'avoir lu. C'est sympa si vous me faites savoir ce que vous en pensez
