Bonjour à tous,
Vous retrouverez la suite de Draco, appréhendant les phases du deuil, ainsi que l'enterrement. Vous verrez, on avance pour chaque personnage ! Secrets révélés et moments intimes, j'ai aimé écrire ce chapitre. J'espère que vous également, les reviews sont toujours un encouragement pour les auteurs ...
Persoil : Merci pour ta review, pour te répondre, ce n'est pas un seul souvenir en particulier tu verras. Et oui, il s'agit bien de potions qu'elle lui fait boire, j'ai laissé beaucoup d'indices dans ce sens ! Tes deux questions trouveront des réponses, mais pas tout de suite.
Quelques précisions d'usage :
L'univers Harry Potter et ses inspirants personnages appartiennent à JK Rowling bien entendu.
Le Rating M sera justifié pour langage, mention de thèmes difficiles et relations explicites de tous ordres donc homophobes goudebaille !
Autre précision : Chaque chapitre comporte un titre se rapportant à une ou plusieurs chansons ayant un lien avec le chapitre. J'ai beaucoup écouté Deezer durant l'écriture, de tout mais principalement du rock et du métal. Vous trouverez donc une playlist dédiée en suivant ce lien en ôtant les espaces : deezer . page . link / ZXLLLWSaGXfqHtjz7 (ou simplement en tapant le titre de cette histoire) qui sera alimentée au fur et à mesure de la publication.
Chapitre 8 : Fine again – –The Funeral of Hearts
Playlist : Fine again - Seether
The Funeral of Hearts - HIM
Lorsque les 7e années parurent le lendemain matin, il semblait que personne n'ignorait le funeste destin de Lucius Malefoy, à en juger par les chuchotements qui entouraient Draco et Hermione alors qu'ils s'attablèrent devant leur petit déjeuner, même si en l'occurrence pour Draco, ce n'était qu'un grand café, noir comme les pensées qui le traversaient.
Il supporta les regards qui pesaient sur lui, certains plutôt moqueurs semblaient se réjouir de sa peine ou de la mort de Lucius Malefoy, d'autres manifestaient une forme de pitié. Après tout, un homme était mort. Mais ils étaient tous hypocrites de toute manière, se dit Draco. Qui dans le monde magique regretterait sincèrement le patriarche Malefoy ? Cet homme qui avait mené sa brillante carrière de politicien et avait détruit tellement de vies au passage, juste pour assouvir sa soif de gloire et de pouvoir ? N'hésitant pas à embrasser une idéologie plus que discutable et ne reposant que sur du vent, s'attirant ainsi les bonnes grâces de plus puissants ?
Ils faisaient tous semblant, ils parvenaient à peine à dissimuler leur joie !
Draco lançait des regards mauvais à tous ceux qui le fixaient trop longtemps.
La question que tout le monde se posait en secret à présent était la suivante : est-ce que la rumeur de suicide était vérifiée ou était ce un meurtre ? Un accident ?
Seule une poignée de personnes savaient la vérité, dont Hermione faisait partie : Draco lui avait dit que la lettre du pénitencier d'Azkaban qu'il avait reçue hier mentionnait une mort dont la cause ne laissait planer aucun doute : Lucius Malefoy s'était pendu dans sa cellule avec ses draps pour ne plus avoir à purger la fin de sa peine à perpétuité.
Ils l'apprendraient un jour ou l'autre et seraient encore plus heureux, de voir le destin d'un homme qui a fini par se consumer de lâcheté. Draco bouillait littéralement, voilà son héritage, voilà ce qu'il était ! Il se sentait prêt à exploser la gueule de quiconque se permettrait d'émettre une remarque sur les événements. Dusse-ce être Potter.
Mais personne ne lui fit ce plaisir, même pas Potter, et il fut condamné à ravaler sa colère.
Draco fut autorisé à s'absenter toute la journée, la directrice lui demanda s'il voulait de la compagnie mais il refusa, prétextant qu'il serait bien mieux seul. Il ne voulait voir personne, ne supporter personne. Il avait même fait une erreur en parlant de ce décès à Hermione hier soir dans un moment de faiblesse. Ce n'était pas une raison pour faire fi des apparences, et ruiner ce qu'on lui avait appris depuis toutes ces années. Et ce, quand bien même lorsque la manière dont son père s'était donné la mort allait sûrement achever de briser le peu d'apparences qu'il avait su conserver.
Lorsqu'il revint le soir bien après que tout le monde ait dîné, il affichait un air las et semblait avoir vieilli en une journée; ses cernes s'étaient accentués, ses mains ne cessaient de trembler et il avait l'air encore plus aristocratique que d'ordinaire, ce qui voulait dire que son masque avait soigneusement été remis en place. Tous ceux qui le connaissaient ou qui se souciaient un tant soit peu de lui savaient que cela ne présageait rien de bon. Sa morgue s'était muée en tristesse sourde.
Il refusa d'avaler quoi que ce soit, et alla se coucher.
Il évita Pansy et Blaise, Théo, tous ceux qu'il croisa.
Cette journée avait été suffisamment éprouvante sans avoir besoin de supporter les regards compatissants ou faussement désolés.
Potter et sa Belette étaient au dortoir mais ne dormaient pas. Il pouvait distinctement les entendre à travers les baldaquins.
«Harry chéri, tu ne veux pas m'embrasser ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
– Pas ce soir chérie, je ne suis pas d'humeur...
– Ah bon ? Tu ne m'aimes plus alors ? Le ton mielleux était tout bonnement insupportable.
Potter est un foutu saint pour être capable de supporter ces inflexions de voix, se dit le blond.
– Non non, ce n'est pas ça...
Il entendait distinctement Ginny soupirer et tenter des approches, clairement infructueuses d'après ses réactions. Puis elle dit :
« Est-ce que tu as soif Harry ? Je suis déshydratée, je vais me chercher quelque chose à boire »
– Oui, maintenant que tu le fais remarquer, je boirais bien un peu de jus de citrouille .
Le ton était celui du mec qui recherchait un peu de répit, et sautait sur l'occasion de ne plus avoir cette pression en permanence sur le dos...
« Attends, tiens, voilà ! » Elle avait fait vite, se dit Draco. Il existe peut-être des charmes plus rapides que le sortilège d'Attraction pour ce genre de choses ...
Il entendit Harry déboucher la bouteille et boire, et Ginny décapsuler sa bouteille de soda à la cerise. Quelques minutes plus tard, des bruits de succion très évidents lui vinrent aux oreilles. Suivis par des bruits de respiration. Elle était parvenue à ses fins, tout compte fait.
Trois heures plus tard, il avait toujours la désagréable impression d'être au milieu d'un spectacle pornographique particulièrement sonore contre sa volonté. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Potter se révélait endurant pour un type qui n'était pas d'humeur.
Il ne parvenait décidément pas à dormir.
Entendre les ébats nocturnes du couple le ramenait irrémédiablement à sa propre solitude. Alors il décida d'aller faire une promenade nocturne dans le château. Il s'enveloppa de son peignoir et quitta le dortoir sans qu'on ne le remarque, les cris poussés par la Gryffondor auraient même pu couvrir un concert de rock.
Sa marche le conduisit en haut de la tour nord. C'était une nuit calme et paisible, les étoiles luisaient silencieusement. Il y avait un peu de vent, il faisait frissonner les arbres de la Forêt interdite qu'on apercevait au loin. Draco soupira, voir la lune si claire le rendait étrangement mélancolique.
Majestueuse, immuable, elle était hors du temps.
Il s'installa sur le sol de la tour, contre la muraille. Il avait froid, mais ce n'était rien en comparaison du froid intérieur qui l'ankylosait lentement.
Il songea inévitablement à sa famille, est-ce qu'il aurait pu faire les choses différemment ? Est-ce qu'une intervention de sa part aurait pu influer sur le cours des événements ?
Son père aura passé toute sa peine sans recevoir la moindre visite. Est-ce que c'était mérité ? Est-ce qu'ils avaient manqué l'une de ces épiques conversations père- fils où tous les non-dits éclatent enfin au grand jour et où la scène se clôt en torrents de larmes salvatrices ?
Est-ce qu'il aurait pu faire un effort ? Est-ce qu'il aurait du en faire un ?
Draco n'était pas si occupé après tout, il aurait pu trouver un moment … Le courage d'aller le voir et de lui dire ce qu'il ressentait ... A présent c'est trop tard, il est trop tard.
Le jeune homme était plongé dans ses sombres pensées lorsqu'il entendit du bruit derrière lui. Il vit tout d'abord Nyx, le chat d'Hermione, qui vint se lover sur ses genoux croisés en tailleur. Il ronronnait. Le jeune homme murmura : « Salut, toi. Je suis content de te voir mon chat ».
L'animal venait sans cesse frotter sa tête contre les joues et le nez du jeune homme, comme s'il savait qu'au fond, malgré la muraille de tristesse qu'il avait bâti entre lui et le monde, Draco avait bien besoin d'affection.
Quelques instants plus tard, son professeur de Défense contre les Forces du Mal se tenait également derrière lui. Il avait eu envie de se promener. Il avait appris pour Lucius Malefoy, comme tout le monde, ce matin.
Il tomba sur Draco par hasard, la nuit était belle et les étoiles lui manquaient. Il se sentait seul et inutile, et il avait besoin de se vider la tête, pour une fois que ce n'était pas avec du Whisky Pur Feu...
Il voyait bien que le jeune Malefoy n'allait pas bien. Qu'il était fortement affecté par la perte de son père. Il faillit tourner les talons à la vue de son élève. Mais il décida de rester, malgré sa confusion en cet instant. Il sentait que le jeune homme avait réellement besoin de compagnie. Il avait du mal à savoir quoi lui dire, ou quoi faire pour qu'il aille mieux, et cesse ses pensées si sombres. Il n'était pas vraiment le meilleur pour consoler de toute manière, et quoi qu'il fasse, ce serait considéré comme inapproprié. Il faudrait qu'il puisse être quelqu'un d'autre... Ce serait bien plus aisé... se dit-il en observant le jeune homme blond murmurer des mots doux au félin en passant ses doigts dans sa fourrure souple. C'est là qu'il eut une illumination. Mais oui, il pouvait être quelqu'un d'autre …
Quelle ne fut pas la surprise de Draco de tourner la tête et d'apercevoir un magnifique chien noir venir vers lui, s'allonger et finir par poser sa grosse tête sur ses genoux.
« Salut toi, qu'est-ce que tu fais là ? »
Après un instant, il rit doucement, le premier depuis qu'il avait appris la nouvelle: « De toute manière, ce n'est pas comme si tu allais me répondre ».
Le chien le fixait de ses grands yeux sombres, et gémit doucement.
Draco était absolument cerné par la tendresse des deux animaux. Lorsque les premières larmes franchirent ses paupières, il tenta de les retenir, de conserver la face. Mais s'il y avait bien un endroit où il pouvait être lui-même et où il pouvait laisser libre cours à ses émotions, c'était bien en haut de cette tour silencieuse et paisible.
Il finit par se laisser aller et pleurer de tout son saoul. Le chien noir se mit en cercle autour de lui et il posa sa tête contre lui. Avoir son visage contre le corps chaud de l'animal l'apaisa et, lentement, il se détendit. Lorsqu'il fut endormi, Sirius se retransforma brièvement pour lancer un charme de chaleur sur le sol et les alentours et invoquer une épaisse couverture qui vint envelopper Draco. Nyx était toujours couché sur lui. Puis il reprit sa forme animale et sa place auprès du jeune homme. Peut-être qu'un jour il lui dirait. Mais pas ce soir. Ce soir, il voulait simplement, tout comme le jeune Malefoy, trouver la paix.
Hermione fut présente pour Draco durant les jours qui suivirent, autant qu'il le lui permettait, le consolant si il avait le regard sombre, lui apportant à boire ou veillant à ce qu'il mange. Il venait dormir avec elle un peu plus souvent que d'ordinaire, s'installant sans rien dire et pleurant en silence alors qu'elle lui caressait les cheveux. Après sa nuit en haut de la tour, Draco avait eu la force suffisante pour reprendre le dessus, au moins provisoirement. Il déposa un petit carton noir faisant office d'invitation à l'enterrement de son père devant les personnes qu'il connaissait et envoya le reste par hibou. Hermione empocha le sien, tout comme les autres amis Serpentard de Draco.
La mise en terre eut lieu le vendredi suivant.
Tout le monde se rendit au Manoir Malefoy. où Monsieur Malefoy reposerait.
Draco accueillit les personnes présentes, portant le plus solide masque d'indifférence qu'il put se composer ainsi qu'un somptueux costume noir.
Mme Malefoy était assise près de lui, mais semblait ailleurs.
Lorsque les premiers invités vinrent présenter leurs condoléances, elle murmura d'une voix hésitante en lui serrant le bras :
« Draco mon chéri, qui sont ces gens ?
– Mère, tu le sais bien, ils sont là aujourd'hui pour l'enterrement de Père...
– AH...Oui...»
Elle acquiesça, semblant comprendre, et s'assit près de lui.
Beaucoup de monde se présenta sans invitation, par curiosité morbide et probablement pour s'assurer que l'homme était bien en terre... Il y avait un service de sécurité engagé pour l'occasion. Personne dans les officiels ne fit de long discours, après tout, il y avait eu double disgrâce, une première fois lorsque ses activités de Mangemort avaient été révélées, et à présent qu'il avait mis fin à ses jours. Pas un seul « ami » ne prit la parole. La cérémonie passa en un éclair pour Draco. Puis ce fut la réception.
Sirius Black avait revêtu ses meilleurs habits noirs pour venir dire adieu au mari de sa cousine, avec qui il avait été élevé, qu'il aimait véritablement, à travers le temps et les choix de vie qui les avaient éloignés l'un de l'autre. Mais malgré cela, son aspect général faisait un peu négligé et les regards qui l'examinaient avec dédain se chargeaient bien de le lui rappeler. Tout autant que la double étiquette Traitre à son sang/Repris de justice. Qu'il se soit avéré innocent ne semblait intéresser personne. Cette cérémonie constituant sa première apparition publique depuis son retour parmi les vivants, tout le monde le dévisageait encore d'avantage que lors de son premier jour de stage au Ministère lors de sa sortie de Poudlard . Il vint présenter ses condoléances à Draco, un peu gauche et fichtrement tendu.
« Bonjour Draco. Je suis navré pour votre père. dit il sobrement en lui serrant brièvement la main
– Merci, Monsieur.
– Où est Cissy ? Je veux dire, votre Mère ?
– Elle doit être dans le fond du jardin, sur la balancelle, dit il, quelque peu surpris par le surnom affectueux
– Merci.»
Il faillit lui tapoter l'épaule en passant mais il se ravisa.
Il alla se chercher un verre d'abord, il allait en avoir besoin. La dernière fois qu'il avait revu Cissy... c'était il y a … au moins une vie. Il en prit une gorgée de bourbon et soupira. Il regarda autour de lui. Principalement des cireurs de bottes et autres rapaces assoiffés de sang et de scandale. Tous ceux que Sirius avait toujours détesté de toutes les fibres de son âme, même lorsqu'il était adolescent et qu'ils venaient tenter de s'attirer les bonnes grâces de sa mère. Il décida d'aller explorer un peu la maison qui abritait une bonne partie des meilleurs souvenirs de son enfance. Pour trouver la force de garder la face durant un temps socialement acceptable.
Hermione faisait ce qu'elle pouvait pour tenir bon. Cet endroit était celui de tous ses cauchemars. Alors y revenir, et pour mettre en terre un homme qui l'avait toujours haie, méprisée, qui avait tenté de la tuer à de nombreuses reprises, c'était tout bonnement inattendu. Mais elle devait être forte, pour Draco. Il avait besoin d'elle, alors elle serait présente pour son ami.C'est donc en toute logique qu'elle en était à son troisième verre de Pimm's.
Hermione était assise sur un sofa de la bibliothèque du Manoir Malefoy, perdue dans ses pensées, lorsque son professeur de Défense contre les Forces du Mal entra dans la pièce. Elle avait décidé d'explorer cette partie du lieu en particulier par curiosité, et par pragmatisme car même si se trouver dans cet endroit faisait ressurgir les souvenirs des pires moments de sa vie, être entourée de livres l'apaisait quelque peu. Et ce, même si il s'agissait fort probablement de livres de magie noire pour la plupart.
« Je savais que je vous trouverais ici, Miss. » dit-il avec une ombre de sourire
Elle ne répondit pas, mais n'esquissa pas non plus de mouvement de retrait, alors, il s'assit en face d'elle, un peu de travers sur l'accoudoir. Il l'irritait par sa simple posture. Il ne pouvait pas se tenir correctement, par le Diable ! Et puis fermer sa foutue chemise, il n'était pas à un concours de playboys, il était à un enterrement bon sang. Après un moment de silence :
« Je n'aurais jamais cru revenir ici, dit Sirius
– Moi non plus à vrai dire... elle brisait enfin le silence, semblant seulement remarquer sa présence mais faisant en réalité tout pour résorber son agacement intérieur.
– Ah, vous êtes déjà venue ici ?
– Oui, c'était il y a deux ans. dit-elle d'un ton passablement irrité qui ne put échapper à son professeur cette fois.
– Je ne le savais pas
– Normal, vous étiez... enfin vous savez. Lors de notre ...quête des Horcruxes...nous avons été capturés par les Mangemorts et remis à Lucius Malefoy pour qu'il nous livre à Voldemort.
– Et... vous vous en êtes tirés ?
– Non, non, on est des fantômes en réalité, hantant ce qui nous chante ! Répliqua-t-elle vertement
– Question stupide. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour me parler de la sorte, Miss.
– ...Certes. Pardon.
– … Et... comment s'est passé la suite ? Risqua-t-il
– Draco a menti pour nous, a fait semblant de ne pas nous reconnaître et on a pu s'échapper. Je ne l'ai jamais oublié. Mais j'ai tout de même … eu le temps de faire connaissance avec votre cousine Bellatrix.
– Je vois... sourit Sirius en secouant nonchalamment ses cheveux
– Ça m'étonnerait fort. Bien, excusez moi, j'ai envie d'être seule. »
La jeune femme se leva précipitamment et se dirigea vers les jardins. Il avait le don de l'agacer, et plus encore lorsqu'il faisait comme si il pouvait savoir ce qu'elle ressentait. Arrogant, comme toujours. Sirius ne comprit pas ce qu'il avait dit ou fait, mais alors qu'il était sur le point de se chercher un autre verre sur le perron, il entendit des exclamations non loin de là :
« Mais lâchez moi, que faites vous ? »
C'était Narcissa Malefoy, qui était entourée de deux personnes en uniforme de médicomage sous leur manteau. Draco ne mit que quelques instants avant de parvenir près d'elle, mais elle avait déjà attiré l'attention de leurs hôtes.
« Mère, vous avez oublié de prendre vos potions
– Draco, empêche les, ils n'ont rien à faire ici ! Qu'ils sortent de ma maison !
– Mère, il le faut. Faites le pour moi, je vous en prie ! Prenez cette potion !
– Draco...» sa voix suppliante était un véritable déchirement pour Draco
Mme Malefoy, que tout le monde connaissait si calme et mesurée, était hors d'elle, ses nerfs à vif, et ne cessait de gesticuler, tentant de se soustraire à ses surveillants médicomages. Draco était dépassé par les événements, il ne pouvait calmer sa mère ni l'accompagner à l'intérieur en laissant ses hôtes dans la confusion. C'est alors que Sirius apparut près d'eux :
« Cissy ? Dit-il en lui prenant les mains. Bonjour Cissy, est-ce que tu me reconnais ? Demanda-t-il avec douceur.
– Sirius ? Dear, c'est bien toi ? Tu es toujours aussi bel homme ! Narcissa avait un sourire éclatant lorsqu'elle caressa sa joue quelques instants avant de le serrer contre elle avec force, sous une foule de regards étonnés.
Il sourit avec candeur, avant d'ajouter : « Et toi tu embellis avec les années ! »
– Oh... toi... rit-elle. Toujours aussi enjôleur très cher ! Mais tu n'es pas... parti ?
– Il semblerait que je sois... revenu.
– Et... tu as parlé à mon mari ? Je sais bien que vous ne vous appréciez guère, mais après toutes ces années, il est plus que temps de réunir la famille, qu'en penses-tu ? Tu veux bien faire un effort ?
– Cissy... Il est parti.
Voyant qu'elle ne semblait pas saisir, il ajouta péniblement
– Il est mort. Lucius est mort.
– Je sais que tu as toujours fait comme si il était mort pour toi, mais...
– Ce... n'est pas une façon de parler. Il est vraiment... Il ne reviendra pas. Je suis désolé ma Cissy. Sincèrement. Je sais combien tu l'aimais.
Il lui prit les mains et la fit asseoir sur la balancelle ouvragée qui se trouvait tout près. Elle sembla comprendre, et s'abandonna dans ses bras. Elle ne cessait de glisser ses mains dans les boucles du brun tout en étouffant ses sanglots. Les invités leur laissèrent un peu d'intimité, gênés et émus par tout ce qui venait de se dérouler. Certains chuchotaient entre eux. C'était ce que l'on pouvait qualifier d'un retour fracassant.
Draco observait tout cela avec un fort étonnement. Il est vrai qu'il savait que Monsieur Black était de la famille de sa mère, mais il ignorait absolument tout de cette proximité. Comme des frères et sœurs... Quoique, ils étaient bien... familiers... Comme ceux qui ont été élevés ensemble, se dit-il alors. Oui, c'était cela. Et le mariage de Narcissa avec Lucius l'avait vu forcée de traiter en disgrâce son cousin qui avait des idéaux différents de ceux de son nouvel époux. En les constatant si proches, il imagina à quel point cela avait dû lui coûter...La tristesse l'envahit. Encore une victime collatérale des « nobles traditions ancestrales ». Lorsqu'il prit le temps de lever les yeux de la scène, il constata en croisant le regard peiné de ses amis que tous ceux à qui il était parvenu à dissimuler l'état de santé de sa mère jusqu'alors étaient à présent au courant. Il aurait donc droit à une double dose de pitié de la part de ses amis, et à une double source de railleries de ceux qui lui voulaient du mal. Merveilleux, c'était ce qu'il craignait.
Sirius resta avec Mme Black jusqu'à ce qu'elle soit escortée hors du domaine par les médicomages, après que la plupart des invités aient quitté les lieux.
« Où l'emmenez-vous ? Questionna-t-il les infirmiers après avoir embrassé Narcissa sur le front.
– A Sainte Mangouste, aile des patients longue durée Monsieur »
Il ressentit un déchirement à la voir partir. Mais il comprenait pourquoi Draco était obligé d'agir ainsi. Mme Malefoy ne pouvait en aucun cas demeurer seule au manoir. Il décida de retourner dans la bibliothèque. Il avait besoin de calme. Hermione y était également à nouveau, plongée dans une livre qui semblait ancien.
« Je vois que nous avons eu la même idée, Monsieur Black. Allez, entrez, il y a bien assez de calme pour deux. »
Elle fit un peu de place sur le sofa bien qu'il soit bien assez grand pour au moins trois personnes. Il s'installa à l'autre bout. Sa posture l'agaça uniquement quelques instants cette fois. Elle reprit sa lecture, mais ce fut elle qui entama la conversation . Davantage pour rompre le silence que par intérêt.
« – Alors comme ça, vous aussi, vous êtes déjà venu dans ce manoir ?
« – Oui, il y a même mon nom sur ce montant de fenêtre, regardez »
Il s'approcha de la fenêtre qui se trouvait le plus au fond de la bibliothèque et désigna la fenêtre en question. Effectivement, gravé dans le bois d'une jolie police gothique, on pouvait lire :
« Cissy- Bella – Dromy- Reggie - Siri Darling
La Noble et Ancienne Famille Black »
Hermione sourit.
« C'est mignon. »
« On a passé un temps incalculable dans cette pièce, à lire ou à jouer parce que nos parents respectifs étaient trop occupés et qu'il fallait qu'on se fasse oublier.
Bellatrix avait un fort caractère, tout comme moi, on ne s'est jamais bien entendus. Enfant déjà, elle n'avait pas les chandelles allumées à tous les étages. Avec sa manie de vouloir contrôler tout le monde et son obsession de pureté du sang. Elle restait dans son coin avec ses amis qui venaient trainer, Lestrange, Malefoy et les autres, entre obsédés du sang. On les surnommait le club des vampires. Elle s'entendait bien avec mon frère Regulus sur beaucoup de plans même si il avait dix ans de moins. Il écoutait attentivement ses paroles et appliquait ses préceptes à la lettre. Il voyait bien que les convictions et le comportement de Bella plaisaient à la famille, alors il faisait de même. Peut-être de manière un peu plus discrète.
Reggie, ce frère si parfait. Si parfaitement ancré dans la noble et ancienne tradition de la noble et ancienne famille Black que c'en était douloureux. A porter ses ancêtres et ses croyances comme un étendard, drapé dedans de toute sa suffisance de Sang Pur.
Dromy, je veux dire, Andromeda, s'entendait davantage avec Cissy et moi. Toutes les deux étaient plus modérées, plus proches de réalités du monde sorcier. Plus humaines, également. Dromy a fini par être la première à se marier, et à épouser un Moldu de surcroit. C'est là qu' on m'a formellement interdit tout contact avec elle. Bien entendu, j'ai désobéi. Sa fille Nymphadora et moi nous sommes ensuite très bien entendus, j'ai retrouvé beaucoup de sa mère en elle.
Mais Cissy, Cissy a toujours été ma préférée. Douce, forte et si protectrice avec moi... Je l'aimais tellement... Cissy a hérité de la maison de ses parents et c'est devenu le Manoir Malefoy lorsqu'elle s'est mariée. Je ne suis plus jamais revenu.
–Elle vous a manqué ?
– Plus que je ne me l'étais jamais avoué à moi-même Miss
– Et vous saviez ?
– Non, bien sûr que non. »
Il caressa un instant les lettres gravées dans le bois en regardant par la fenêtre, et finit par dire d'une voix devenue rauque :
« Ils ne reste plus que moi. Je vais y aller. On se voit en classe. »
Il se leva, et quitta la pièce sans se retourner. Il salua brièvement Draco, Blaise, Théo et Pansy qui entraient et partit. Hermione le regarda s'éloigner, troublée par les sentiments protecteurs qui l'envahissaient soudainement.
« Alors c'est là que tu te caches toi ? Dit Draco avec hésitation
– Hey Draco, je … bredouilla Hermione, qui avait l'air d'une jeune fille prise en faute.
– Ne te justifie pas Hermione, je comprends. J'aurais fait pareil si j'avais pu.
– Prévisible, Granger, attention ! »
C'était Blaise qui souriait malicieusement. La jeune fille lui rendit son sourire
« Bon, qu'est-ce qu'on fait, on retourne à Poudlard ? Dit Théo
… un silence lui répondit. Personne n'avait véritablement envie de retourner à l'école pour l'instant. Comme pour répondre à leur question muette, une lettre sortit de la cheminée. Elle portait le sceau de l'école.
« Bonjour jeunes gens, Permission de rester au manoir jusqu'à dimanche. En cas d'ennui, envoyer un retour de lettre en cheminette express. PS : Merci de ne pas vous créer d'ennuis. Minerva McGonagall, Directrice »
« … Regardez, il reste encore plein d'alcool, vous voulez qu'on boive avant de rentrer ? Ce serait dommage de devoir tout jeter... »
– … les gars, c'est la meilleure idée que j'ai entendue de la journée ! S'exclama Draco un peu trop fort en prenant une bouteille, puis en s'installant à côté d'Hermione. Elle lui fit naturellement de la place et il se lova contre elle.
Hermione et Pansy se servirent du Pimm's et Théo et Blaise optèrent pour du Whisky comme Draco.
Théo prit le fauteuil et Pansy et Blaise se vautrèrent sur l'autre sofa après l'avoir attiré près des autres meubles.
Pendant un moment, ils burent en silence.
« Les gars... pour ma mère...
– On... on comprend, Draco. On sera toujours là pour toi, et si jamais, tu as Hermione.
– Moi ?
– Tu as su être là pour lui quand nous, on s'était éloigné occupés avec nos vies, sans doute. Tu as tout à fait le titre d'amie de Draco, et les amis de Dray sont aussi les notres. Enfin ils le seront. dit gravement Blaise.
– Au fait, jolie robe, Granger, elle est neuve ?
– Merci Pansy. Oui, on l'a achetée avec Draco lors de la dernière sortie à Pré au Lard. Il a bon goût, comme toujours, dit elle en lui faisant un sourire
– J'espère bien ! J'en ai fait profiter Hermione qui en avait fortement besoin
– Hé Malefoy, toujours aussi modeste !
– Toujours mon cher Théo » dit Draco avec un petit sourire
A mesure qu'ils buvaient, et grignotaient les restes du buffet, ils se mirent à discuter de tout et de rien.
« Alors, tu crois que Nyx va se débrouiller tout seul le temps qu'on retourne à l'école ?
– Nyx ? C'est qui ?
– C'est mon chat, Théo. Oui, oui, il va faire sa vie comme il en a l'habitude. Je suis sure que quelqu'un le nourrira.
– Je l'ai vu, il est beau comme tout. Dit Pansy. Et intelligent.
– Avec une maîtresse comme elle, il vaudrait mieux ! Tu imagines si il avait l'intellect du Roi Ouistiti ?
Tous rirent de bon cœur, y compris Draco, avant d'observer Hermione à la dérobée. Elle riait avec les autres, peut-être qu'elle venait doucement à bout de ses démons après tout.
– En parlant d'animal beau et intelligent, est-ce que vous savez qui possède un gros chien noir comme animal de compagnie à Poudlard ?
– Non... C'est peu commun. Tu as vu un gros chien noir Draco ? Attention, c'est peut-être...
– Ma parole Blaise, tu te prends pour cette mouette de Trelawney ? Elle a suffisamment enquiquiné ce cher Potter en 3e année, vous vous souvenez ? Le Siniiistrooossss... N'importe quoi. Non, le mien était bien réel, j'ai dormi avec lui la nuit après la mort de Père.
Des visages surpris le dévisagèrent.
– Longue histoire.
Ils n'insistèrent pas, alors Hermione dit :
– Je connais quelqu'un qui ... possède un chien noir.
– Qui ça ?
– Black.
– Black ? Comme notre exécrable mais néanmoins sexy prof de Défense Black ?
– Lui-même. Et il n'est pas si sexy que ça...
– Ah. Je ne l'ai jamais vu avant, il n'est même pas arrivé avec lui le premier jour... Attends, il le possède, tu es sûre ? Miss Granger, votre visage trahit votre mensonge
– …
– Merci de t'expliquer. On attend.
– Il … ne le possède pas...
– …
– Je ne sais pas si...
– Oh allez, ce n'est pas comme si tu allais outer quelqu'un ou révéler qu'il peut prendre une forme secrète …
– …
– Sérieux ? Black, un Animagus ? Même Voldy n'a jamais pu en dire autant !
– Mais je ne veux pas lui créer des problèmes alors n'en parlez pas je vous en prie !
– On ne dira rien, promis. Depuis quand ?
– Depuis leur 5e année à Poudlard. Le père d'Harry en était un également.
– C'est un sacré niveau de magie qu'ils avaient tous pour des 5e années !siffla Théo, admiratif
– Ca fait rêver, autant de puissance magique... Pouvoir découvrir une toute autre manière de voir le monde, une autre conscience des choses... répondit Hermione
– Tu aimerais en devenir un Hermione ?
– J'aimerais, oui, mais le niveau nécessaire est très largement au-dessus de mes compétences magiques !
– Peut-être qu'un jour Black voudra bien t'enseigner...
– On peut toujours rêver...
– Les gars, c'est vraiment la forme la plus secrète de tous les temps vous ne trouvez pas ? Sirius Black qui devient un gros chien noir ? Allez...
Ils sourirent. C'est vrai que cela semblait prédestiné.
– Vous avez vu comme il était charmant aujourd'hui, même ta mère n'y a pas résisté Draco !
Draco eut un éclat sombre dans le regard, et Pansy regretta aussitôt ses paroles
– Ca ne fait rien Pans, effectivement sa visite lui a fait du bien... Peut-être qu'il y a véritablement toujours un cœur sous ses grands airs sombres après tout...Ils ont été bien plus proches que je ne le croyais... grimaça le blond
Après un moment de silence, Théo s'exclama, hilare :
– Hé Dray, cette tradition de se marier entre cousins existait toujours à leur époque ?
– Oh Merlin, il aurait pu être ton père ! Gloussa Pansy Tu aurais été encore plus canon, tu imagines ? Les boucles, et ce menton viril. Tu as déjà les mêmes yeux...
– Les gars, les gars, j'ai hérité de la tignasse blonde de mes deux parents, des yeux Black de ma mère et du caractère Malefoyen de mon père ! Alors merci de cesser de me mettre ces images en tête ! J'en ai bien assez vu aujourd'hui !
Des rires lui répondirent.
– En tout cas, le gamin à qui il transmettra sa beauté et son intelligence aura bien de la chance ! Dit Pansy d'un air rêveur.
– Et si il reçoit le sien de foutu caractère en prime ? Un gamin, Black ? Ça ne risque pas d'arriver de si tôt vu son attitude. Celle qui saura le supporter aura toute mon admiration... marmonna Hermione
Draco regardait ses deux meilleures amies pensivement, préférant ne rien dire.
Il était trop obnubilé par le fait que la première personne qui ait su lui procurer du réconfort après la mort de son père fut un ex taulard, s'avérant être son professeur, et accessoirement son arrière cousin. Et surtout, qu'il semblait vraiment avoir eu la volonté de le faire se sentir mieux, lui qui ne se souciait de personne...
Les cinq jeunes gens invoquèrent des matelas et s'endormirent rapidement. Ils passèrent la journée du lendemain à lire, discuter, boire et manger ce qui restait.
A la fin du weekend, Draco était doucement parvenu à sortir de la tristesse. Il avait également compris qu'il ne servait à rien de se refermer sur lui même, que ses amis seraient présents pour le soutenir, si il les laissait faire.
Alors, qui trouvera la référence à un bouquin classique glissée dans ce chapitre ? Je suis justement en train de le lire...
A la semaine prochaine pour le retour à la vie normale, le chapitre s'intitule : "Back in Black" ! Prenez soin de vous !
