Bonsoir à toutes et à tous.
Voici le septième chapitre, j'espère que vous passerez un bon moment de lecture, encore merci de vos encouragements.
-Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada. Et le reste est sujet à interprétation!
-Rating: M.
-Précédemment, les dieux infernaux se questionnaient et choisissaient ambassadeur et négociateur. Sortis de l'hôpital, Deathmask et Aphrodite se retrouvaient, mais ce dernier a la rancoeur tenace envers Shura. Shion et Dohko, après plus de deux siècles pouvaient à nouveau s'aimer, ce qui n'est pas le cas de Camus et Milo, immanquablement séparés par une incompréhension mutuelle, malgré des sentiments évidents. A présent, il est l'heure pour les autres domaines de faire des choix.
Merci, toujours, à Talim76 pour son soutien et ses encouragements constants dans mon écriture.
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.
Chapitre VII : Décisions.
Asgard, Palais de Valhalla
Appuyée contre la fenêtre, Hilda observait les habitants du palais s'agiter à l'extérieur, et procéder au déchargement des denrées régulières envoyées par le Sanctuaire. Athéna avait été fidèle à sa parole, favorisant les échanges à l'approche de l'hiver. Et la prêtresse ne pouvait qu'en être reconnaissante, en sachant que son Royaume pourrait enfin, pour la première fois depuis bien longtemps, ne pas voir l'arrivée de la saison la plus froide de l'année comme une malédiction. Sur la table reposaient les rapports de ses envoyés aux quatre coins de son domaine. Elle avait fait un point d'honneur de recenser chaque habitant, logement, orphelinat, hutte éloignée, afin que d'autres n'aient pas à recourir au braconnage ou au vol pour se sustenter. Cette fois-ci, elle serait au courant des besoins de son peuple : elle agirait par ses propres moyens, et ferait usage de l'aide reçue et bienvenue.
Un coup toqué à sa porte interrompit sa contemplation.
« Entrez. »
Elle continua de regarder la neige tomber, mais face au silence qui avait suivi le grincement du battant, elle se retourna vers son invité. Un genou difficilement posé à terre, Siegfried se tenait devant elle, enveloppé dans son armure et toute sa dignité. Un sourire étira les traits de la prêtresse, et elle lui tendit la main en une invitation évidente à se relever.
« Je t'en prie. Bonjour, Siegfried.
— Prêtresse.
— Que puis-je pour toi ?
— J'étais en train de patrouiller, et—
— Nos médecins t'avaient indiqué le repos, il me semble. »
Pas de réponse. Elle soupira mais l'enjoignit à prendre place à table, ne faisant pas le moindre commentaire quant au genou tremblant qu'elle put percevoir lorsqu'il se releva pour s'avancer vers une chaise. Elle servit le thé l'une des tasses déposées au préalable, et la déposa devant lui. Du coin de l'œil, elle pouvait apercevoir la réserve gênée de son protecteur, mais elle fit de son mieux pour l'ignorer. Ce n'était pas le moment d'aborder ce sujet épineux entre eux. Connaissant son Guerrier, il manquerait s'étouffer dans sa boisson et son honneur pudique.
« Merci, Dame Hilda.
— Je t'en prie. Dis-moi donc ce que je peux faire pour toi.
— J'ai remarqué l'arrivée régulière de denrées, ces dernières semaines, et je me demandais…
— Leur provenance ? Il est vrai que je n'ai pas eu l'occasion de vous réunir pour discuter convenablement, ces dernières semaines. Athéna nous a offert son soutien en termes matériel pour aider Asgard à faire face aux hivers, en échange de notre appui militaire et d'une promesse de non-agression. »
Le Guerrier de Dubhe leva un sourcil circonspect. Hilda laissa un petit rire lui échapper, amusée.
« Je sais. Sincèrement, nous y avons largement gagné. Jamais il ne me viendrait à l'esprit de m'en prendre à l'un des trois Sanctuaires en ayant l'esprit clair, mes terres ont bien trop à y perdre. Mais je n'allais pas pour autant ne pas essayer de négocier un meilleur sort pour Asgard.
— C'était une idée louable, cependant… Puis-je me permettre de parler franchement ? »
La prêtresse sourit derrière ses mains croisées, invitant son protecteur à se laisser aller.
« Si nous ouvrons ainsi nos routes et notre commerce… ne courrons-nous pas le risque d'exposer notre domaine ? Je ne doute pas des intentions d'Athéna, mais…
— Notre sort ne change pas vraiment, nous ne serons simplement plus aussi isolés qu'avant.
— Est-ce réellement une bonne chose ? »
Elle pencha la tête. Il y avait chez son protecteur une véritable crainte à l'idée de laisser Asgard s'exposer à des yeux inconnus, à des hommes étrangers. Elle ferma les paupières un instant, avant de reposer ses mains aux doigts entrelacés sur la table, plongeant son regard dans celui qui lui faisait face.
« Je comprends ta réticence. Mais nous avons une dette envers le Sanctuaire, et cela, Athéna en est parfaitement consciente. Je ne suis pas naïve au point de croire qu'elle m'aurait offert cette opportunité gratuitement. Mais nous avions tout à gagner dans cet accord, et rien à y perdre. Par ailleurs, c'est aussi une question d'honneur : j'ai une dette personnelle envers elle, et notre Royaume par extension. Nous ne nous entendrons sans-doute jamais parfaitement, et je ne suis pas prête à pardonner Poséidon, mais nous devons essayer de coopérer. »
Siegfried hocha. Il avait confiance en elle, toujours. Même si son admiration et ses sentiments ne pouvaient plus entraver son jugement, il respecterait ses décisions. Il prit le temps de savourer les quelques minutes qu'elle lui accordait à ses côtés pour apprécier le thé amer avant de se relever lentement. Il s'inclina, le poing sur le cœur, mais s'arrêta avant de quitter les lieux. Elle leva les yeux vers lui, l'incitant à prendre la parole.
« Dame Hilda, une dernière chose.
— Je t'écoute.
— Mes compagnons ont repris leur rôle, mais… vous allez devoir faire un choix quant au sort d'Albérich. »
Un silence. Elle reposa sa tasse, une expression plus froide sur ses traits.
« J'en ai conscience. Viendra aussi la question d'un choix d'ambassadeur, et je me demandais si tu aurais aimé t'en charger.
— Je suis touché de votre confiance, mais je n'ai pas assez pardonné pour accepter de m'asseoir à la même table que l'envoyé de Poséidon. »
Un silence inconfortable s'étira entre eux. Les souvenirs demeuraient douloureux, et certains sujets n'avaient toujours pas été abordés.
« Par ailleurs, ma place est à vos côtés.
— Fort bien, je tâcherai d'en choisir un autre en ce cas.
— Et… vous devriez parler aux jumeaux, je crois. La situation est loin d'être aisée pour eux, une médiation de votre part serait la bienvenue. »
Elle hocha avant de sourire à son protecteur.
« Je te remercie de toujours garder un œil sur nos terres, et ceux qui y vivent, Siegfried.
— C'est mon devoir et ma fierté, ma Dame. »
Sanctuaire Sous-Marin
Io, assis près de son pilier, salua Thétis et Isaak qui s'apprêtaient à franchir la barrière pour aller nager. Il observa leur ballet par-delà la séparation de la puissance dévastatrice des Océans, souriant doucement devant leur évidente complicité.
Lentement, il releva son bras, le faisant tourner en une rotation devenue familière avant de grimacer. Peu à peu, sa mobilité lui revenait, mais certains mouvements demeuraient un peu douloureux. Il finirait bien par s'habituer. Un bruit de pas le tira de son exercice, et il tourna la tête pour voir Sorrento s'approcher et s'asseoir à ses côtés.
« Comment vas-tu ? Demanda-t-il en prenant place.
— On fait aller. Je ne m'en sors pas trop mal, on dirait.
— Tu as trouvé tes marques ?
— Je crois, oui. Vous avez fait du bon travail, et j'apprécie le petit coup de peinture.
— Mon travail d'artiste.
— Sans vouloir t'offenser, restes-en à la flûte, quand même.
— Rustre. »
Un rire léger. Io frotta ses mains lentement l'une contre l'autre, sentant ses articulations douloureuses se détendre. Il constata le ballet habile de la Sirène et du Kraken faisant la course autour de la barrière les séparant du Sanctuaire Sous-Marin.
« Tu en penses quoi, toi ? Questionna Sorrento.
— De la mise en couple de Thétis et Isaak ? Pas grand-chose, je t'avoue. Il était temps.
— Aussi charmants soient-ils, ce n'est pas de cela que je parle, même si c'est lié. Je voulais parler du retour de Kanon.
— Ah… Neutre sur la question, je suppose ?
— Je ne crois pas qu'une telle chose soit possible.
— Non, tu as raison. Pour être honnête… ce serait mentir de dire que je n'ai pas envie de le revoir. Ne serait-ce que pour lui en coller une.
— Cela me semble raisonnable.
— Mais surtout… c'est à moi que j'en veux, en fait. De m'être fait avoir, de ne pas avoir ouvert les yeux.
— C'est notre cas à tous. Kanon était doué, on ne peut pas le nier, et avec le long silence de Poséidon, ce n'est pas si étonnant que nous ayons cru aux mensonges qu'il nous servait. Nous étions jeunes quand Thétis et Kanon sont venus nous chercher, ou nous sauver dans certains cas.
— Je suppose. Enfin, pour répondre à ta question, si je dois être honnête… »
Io baissa la tête vers ses mains serrées, prenant une grande inspiration pour admettre la vérité.
« J'ai envie de revoir Kanon, vraiment. J'aimerais me battre à ses côtés à égalité, car au-delà de ses actes, il reste un homme puissant et un leader charismatique. Nous avons bien besoin de cela en ce moment. »
Sorrento pencha la tête, prenant appui sur sa main.
« C'est un point de vue intéressant. Je te remercie.
— Et toi, alors ?
— Quoi, moi ?
— Tu n'es pas mort, cela fait cinq ans que tu demeures aux côtés de notre Seigneur. J'imagine que tu n'as pas vécu cette trahison de la même façon.
— En effet. Je ne l'ai pas payée de ma vie, mais j'ai récolté la douleur et les regrets de l'hôte et du dieu. C'était… étrange. Je ne crois pas avoir rencontré de déité, ou avoir beaucoup lu sur une, capable de s'excuser. De regretter ses actes à ce point.
— Que penses-tu de son offre, alors ?
— Il sait que je suis contre. Je hais Kanon pour ce qu'il a coûté à Julian. Pour le nombre de nuits que j'ai passées à jouer en votre mémoire, pour celles qu'il a traversées à pleurer en pensant que je ne l'entendais pas. Pour ces années à verser des larmes pour des personnes dont il peinait à se souvenir, mais dont le manque se faisait cruellement sentir.
— Je suis désolé.
— Moi aussi.
— Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
— Oui.
— Cela ne doit pas être facile, cette dualité chez lui.
— Je m'y suis fait. Poséidon a appris à respecter certaines barrières, et notre intimité. Il s'endort, si je puis dire, lorsqu'il sait que Julian et moi en avons besoin. Il sait que je suis fidèle à sa cause, et pas seulement parce que j'aime l'homme qu'il a choisi d'habiter. »
Io hocha lentement en se frottant le menton, l'air pensif.
« Tu n'as pas choisi la facilité, hein.
— Non, mais le sale caractère de Baian ne serait pas mon choix de prédilection non plus, et pourtant, tu as jeté ton dévolu dessus. Un mystère pour moi. »
Un coup de coude dans les côtes de la Sirène Maléfique lui coupa le souffle un instant, alors que le Général de Scylla ricanait.
« Tu marques un point, mais bon, il est mien, et je ne le changerais pour rien au monde.
— Je connais ça. »
Un silence complice s'étira entre eux. Au loin, ils virent Krishna et Kaasa échanger quelques mots, discutant sans aucun doute également de la situation actuelle, et de la question posée par leur dieu. Tirant sur une de ses mèches devenues décidément fort longues durant son sommeil, Io demanda :
« Sorrento, tu vas te porter volontaire comme ambassadeur ?
— Non, ce n'est pas pour moi.
— Vraiment ?
— Je laisse ça à d'autres. Isaak et Thétis s'en chargeront bien. Cela fera du bien au gamin de voir le Sanctuaire. Et elle est restée auprès de notre dieu tout ce temps, elle connaît les enjeux aussi bien que moi, elle sera parfaite pour rédiger le traité.
— Et ?
— Je doute que les envoyés d'Asgard aient très envie de me revoir.
— Tu marques un point. »
Les deux hommes sourirent doucement, et lorsque Baian vint les rejoindre avec des tasses de café, il les retrouva encore à rire en écoutant les histoires de la Sirène Maléfique sur ces cinq dernières années.
Temple des Poissons, Sanctuaire
Un frémissement le long des racines venues frôler ses chevilles.
Aphrodite soupira, et distraitement, caressa une rose du bout des doigts, murmurant à même la corolle de pétales :
« Laissez-le entrer. »
Aussitôt, les ronces s'espacèrent, rendant l'entrée enfin visible et l'air plus respirable pour qui n'était pas lui. Alors que les pas se répercutaient dans sa demeure, indiquant que le jeune homme s'approchait, il continua d'user de son sécateur sur les plantes abîmées, frôlant doucement les feuilles qui lui demandaient. Il ne se retourna pas lorsque le bruit de la marche s'arrêta à l'entrée, se contentant de sourire en écoutant les murmures bruissés de ses bien-aimées.
« Bonjour, Andromède. Je me demandais quand tu viendrais. »
— Comment saviez-vous que c'était moi ?
— Elles m'ont prévenu, bien sûr. Entre, je t'en prie. »
Shun, incertain, franchit le pas du jardin, mais se stoppa net à l'entrée, saisi par la beauté des lieux. De ses souvenirs de plantes asséchées et de bassins taris par les années, il ne restait rien. Les lieux respiraient la vie : il pouvait à présent entendre le son de l'eau qui coulait quelque part, et il fut ébloui par les couleurs d'automne l'assaillant de toutes parts. Autour de lui, c'était une symphonie d'or, de vermeil. Et malgré la saison, il pouvait voir des centaines de roses cascader un peu partout, en pas moins de dix couleurs différentes. D'autres fleurs et plantes dont il ignorait le nom l'entouraient, et il demeura bouche-bée un instant. Aphrodite se tourna face à ce silence, et sourit en constatant l'ébahissement sincère du jeune homme. Prenant appui sur sa béquille, il s'avança vers l'entrée, se plantant devant son invité. Ce dernier cligna des yeux pour la première fois depuis plusieurs minutes, et il lui sembla qu'il ne savait plus comment respirer.
« C'est… incroyable.
— Je te remercie. Tu verrais ce que je peux faire au Printemps. »
Le jeune homme vit l'air amusé du Chevalier, et ne put qu'y répondre, alors que ce dernier désignait l'une des chaises installées au cœur du jardin.
« Je t'en prie.
— Merci. »
Il prit place et le Suédois leur versa du thé. Il offrit un clin d'œil au jeune homme, avant de retourner cajoler l'une des roses près de la table.
« J'ai croisé Shura, à l'entrée de votre temple. »
L'expression d'Aphrodite se durcit un instant. Il ne cessa pas son activité, ignorant le poids retombé dans sa poitrine portant le nom d'un regard d'encre blessé. Laissant la fleur glisser contre sa joue, il ferma les yeux, préférant se concentrer sur cette sensation adorée. Choisissant d'ignorer la sensation de brûlure de son sang qui le consumait du besoin d'aller serrer contre lui le Capricorne demeuré dehors.
« Je sais. Mais il a d'autres personnes à aller voir avant moi, et avec lesquelles il doit parler. Surtout que je ne suis pas prêt à l'écouter.
— Puis-je demander ce qui s'est passé ?
— Tu peux, oui. Cela n'est guère un secret pour moi. »
Il reposa son outil pour venir s'asseoir face à Shun et prit une grande inspiration, plongeant son regard dans celui de son invité, ramenant sa longue chevelure turquoise sur le côté, comme pour se donner contenance.
« Te souviens-tu de ce qui s'est passé lors de notre affrontement contre Hadès ?
— Une partie seulement. Je ne sais pas ce qui vous est arrivé.
— Vois-tu, nous avions tous un rôle à jouer. »
Il posa un coude sur la table, et compta de ses doigts.
« Camus, Saga et Shura, Shion, Angelo et moi. Tous, selon un ordre précis. Un plan de notre cher Ancien, sur lequel nous étions tombés d'accord.
— J'ignorais que c'était calculé à ce point. »
Un petit rire échappa au Suédois.
« Oh, ça l'était. Nous ne pouvions rien laisser au hasard pour la gloire de notre Déesse. Et c'est pour cela que Shion et Aioros ont décidé que ce dernier ne pouvait pas accepter la soi-disant offre d'Hadès. Jamais qui que ce soit n'aurait cru à la trahison du héros du Sanctuaire Sacré, n'est-ce pas ?
— Je n'aurais jamais cru en celle de qui que ce soit.
— Tu es adorable, mon ange, mais en ce qui concerne Angelo et moi, je pense que le doute ne vous a effleuré qu'un instant. Ce qui me ramène au point principal : lui et moi n'étions qu'une façade. Nous devions disparaître rapidement, et fuir devant le Juge qui viendrait nous chercher après que nous ayons déserté. En l'occurrence, l'insupportable Spectre de la Whyverne.
— Oui, nous avons eu l'occasion de le rencontrer.
— Oh, je m'en doute. Notre rôle, aussi peu glorieux fût-il, était de faire croire à la faiblesse de l'armée d'Athéna. De s'enfuir face à lui, et de se laisser tuer comme des moins que rien, ce qui convenait finalement fort bien à nos actes lors de la Bataille du Sanctuaire.
— C'est… monstrueux de vous avoir demandé une chose pareille. »
Aphrodite sourit et pencha la tête légèrement, laissant ses mèches couler doucement alors qu'il observait l'être le plus pur qu'il eut jamais connu défendre ses péchés. Ce gamin aurait leur peau.
« Tu crois ? Personnellement, je trouve que ça nous allait bien. On avait parfaitement conscience de nos erreurs, et nous aurions tout fait pour rattraper cela, au moins partiellement. Nous devions bien ça à notre Déesse.
— Mais, et Shura ?
— Ah, oui. Disons qu'il a eu des propos… malheureux. Je pense que comme toi, notre rôle lui déplaisait, lui qui nous aimait plus qu'il n'aurait dû. Il nous a dit que c'était indigne, que nous ne devrions pas faire ça, et qu'il ne nous pardonnerait jamais d'avoir piétiné ainsi notre amour propre.
— Et vous lui en voulez ? »
Le regard céruléen se durcit immédiatement.
« Oui. Aucun de nous n'est exempt de péché, Shura comme les autres. Mais de savoir que la dernière chose qu'il avait à nous offrir, c'était sa rancœur, tu n'as pas idée comme cela m'a brisé le cœur. Il mérite ma colère, et de se regarder dans un miroir. Lui autrefois si fier, nous faire passer avant Athéna après tout ce qui nous avions fait… »
Aphrodite leva les yeux vers le ciel encadré par les nuances colorées de ses plantes, avant de les ramener sur le jeune homme en face de lui.
« Par ailleurs, comme je l'ai dit, je pense qu'il devrait aller voir d'autres personnes avant de revenir ici. Il a pas mal de comptes à régler, comme nous tous, d'ailleurs. Chaque Chevalier d'Or a une liste de personnes avec lesquelles se battre, se faire pardonner, s'envoyer en l'air, parfois les trois à la fois dans certains cas, je suppose.
— Je… ne peux qu'imaginer.
— Mais tu n'es pas venu me parler de Shura, n'est-ce pas ? Aussi séduisant soit-il. »
Son invité rougit légèrement.
Bien trop adorable pour ce monde.
« Pas seulement. Je n'avais pas de programme défini, mais… il y a plusieurs choses que j'aurais voulu aborder avec vous, et la première, c'est… »
Il avança sa main pour prendre celle du Chevalier dans la sienne. Aphrodite se tendit un instant, mais le laissa faire, curieux. Shun, avec toute la douceur dont il était capable, observa les doigts opalins et la façon dont les veines, déjà apparentes sous la peau pâle, se faisaient incroyablement visibles par instants. Gardant la paume du Douzième Gardien levée vers le ciel, il plissa les yeux et put voir les pulsations étranges des veines rougeoyantes. A la façon dont le propriétaire des lieux se tendit brièvement, il comprit que le poison se faisait sentir.
Andromède leva la tête vers son hôte, et vit que ce dernier souriait toujours, bien que son expression fût plus crispée.
« Depuis votre résurrection… et les soins que nous vous avons apportés, j'ai voulu vous demander ce qu'il en était.
— Ah… la malédiction des Chevaliers des Poissons. Vaste sujet, mon ange.
— C'est quelque chose de récurrent ?
— Ce n'est pas systématique, si j'ai bien compris les archives que Saga m'avait laissé consulter. Certains en souffrent, d'autres non. Nous adaptons les arcanes de notre maison en fonction. Pour ma part, j'ai fait en sorte de ne pas m'habituer à m'en servir, mes roses me suffisent amplement, mais… l'un des Juges d'Hadès en a douloureusement fait les frais lors de la dernière Guerre Sainte. »
Shun se souvint des paroles échangées par Minos et Eaque à l'infirmerie dont il n'avait pas saisi la portée. A présent, cela faisait un peu plus sens.
« Je n'ai pas le souvenir d'en avoir souffert lors de notre combat.
— Oh, tu étais intoxiqué. Mais au cœur de la bataille, tu avais déjà subi tellement de dommages, et les effets de tellement de mes roses, je ne pense pas que tu aurais senti la différence entre le poison de mon sang et celui de mes bien-aimées. Et comme la Déesse t'a sauvé d'une mort imminente, cela n'a pas été un problème bien longtemps pour toi, ou pour ceux qui l'entouraient, grâce à son cosmos.
— Vous devriez en parler à Athéna. »
Un léger ricanement échappa au Douzième Gardien. Shun leva un sourcil, et Aphrodite leva les mains en signe d'apaisement.
« C'était sa décision.
— Comment ?
— Je lui suis infiniment reconnaissant, quand bien même je n'étais clairement pas enthousiaste initialement, j'imagine que tu comprends pourquoi. Je ne peux pas te décrire la douleur que je subis au quotidien, elle fait partie de moi. Je m'y étais habitué, j'ai vécu et me suis éteint dans la souffrance. Et une nouvelle vie dans ces conditions me paraissait impossible. Néanmoins, ce n'est pas ce que ma Déesse souhaite pour moi, alors je resterai et je la protégerai. Et si elle a estimé que je devais vivre en portant ma croix de nouveau, alors…
— Ce n'était pas son choix.
— Pardon ? »
Le Suédois sentit les doigts de Shun se resserrer sur sa main, comme pour les ancrer tous les deux en cet instant. Le regard du jeune homme était inflexible et terriblement sérieux, transmettant une passion qui désarçonna le Douzième Gardien.
« Athéna n'a pas eu le choix. Lorsqu'elle a supplié Zeus, et que ce dernier a fait pression sur Hadès… Ce dernier a rendu les corps tels qu'il les possédait, avec leur lot de blessures, de cicatrices, de… malédictions. Elle n'a pas eu son mot à dire, et vous vous êtes donc réveillés… dans l'état où vous étiez morts initialement. Je suis persuadé que si cela n'avait tenu qu'à elle, vous auriez été ramenés avec une santé renouvelée. »
Aphrodite pencha la tête, et se mordilla la lèvre un instant.
« Eh bien…
— Il n'y avait de place que pour une seule exception, et très franchement, je ne suis pas persuadé que ce fût pour le mieux.
— Aioros.
— Oui. »
Un silence s'étira entre eux. Pensif, le Gardien but quelques gorgées de thé, les mots d'Andromède faisant leur chemin dans son esprit, et apaisant, inconsciemment, plusieurs sources de colère et d'incompréhension nourries depuis qu'ils s'étaient réveillés. Face à lui, il pouvait voir le jeune homme s'agiter encore un peu, et il serra sa main toujours dans la sienne pour capter son attention.
« Il y a autre chose, n'est-ce pas ?
— En effet. »
Aphrodite scruta les traits plus aussi jeunes qu'autrefois se contracter légèrement.
« Au-delà de vos convictions, je n'arrive pas à comprendre votre prise de position personnelle, à vous comme à Shura et Deathmask, lors de la prise de pouvoir de Saga. Et les choix qui en ont découlés pendant la Bataille du Sanctuaire. »
Le Suédois regarda cet être dont il se sentait à la fois si proche et si éloigné. Retirant sa main, il sourit immédiatement à son invité pour le rassurer.
« Attends-moi là un moment, tu veux ? »
Récupérant sa béquille, il claudiqua vers ses appartements, laissant Andromède seul avec ses pensées. Shun observa autour de lui à nouveau, se gorgeant de la beauté des lieux, des odeurs automnales tout autour de lui. Les couleurs du jardin étaient tout simplement époustouflantes, et il ne s'en lassait pas. Enfin, il entendit le rythme à trois temps revenir, alors qu'Aphrodite déposait une photo sur la table devant lui.
« Regarde. »
Prenant le cliché, le Japonais écarquilla les yeux. C'était une photo assez ancienne à présent, sur laquelle se tenaient les douze Chevaliers d'Or, en Armure visiblement fraîchement obtenues pour certains. Oscillant entre sept et quatorze ans d'âge, tenant fièrement leur casque sous le bras, et souriant tous à l'objectif. Promus récemment à ne pas en douter, et encore emplis de fierté et d'idéaux.
« Cette photo a été prise quelques mois avant que Shion ne fasse son choix, juste après que Milo ait eu son Armure aussi. Nous en avons tous une chez nous, même si officiellement, j'aurais dû bruler le visage d'Aioros par ordre de notre ancien Grand Pope. »
Shun caressa du bout des doigts le papier, frôlant l'expression de son hôte âgé d'une dizaine d'années à l'époque.
« Pourquoi me montrez-vous cela ?
— Parce que tu veux comprendre, n'est-ce pas ? Alors je te demande de regarder cette photo, et d'imaginer un Sanctuaire plus heureux. L'opposé de ce que vous avez vu lorsque vous êtes venus la première fois. Dans ce monde, nous nous entendions tous, autant que possible du moins. Les plus jeunes se connaissaient bien, s'entraînaient ensemble. Certains étaient mêmes bons amis. Nous nous faisions encore confiance. Et Saga… »
Le flot de paroles s'interrompit. Andromède vit l'expression de son hôte s'adoucir comme jamais auparavant. Récupérant la photo, le Chevalier des Poissons caressa du pouce le Troisième Gardien immortalisé sur le cliché.
« Oh, Saga était notre absolu. Le mien en tout cas. Il m'a sauvé d'un endroit que je ne souhaite pas que tu imagines, même dans tes pires cauchemars. Il est venu me chercher. Lui, pas un autre. Un homme à l'aura dorée brûlante, venu déchirer mes ténèbres. Atrocement poétique, et pourtant si vrai. »
Shun demeura silencieux, et reporta son regard sur la photo lorsque l'autre homme lui rendit. Il pouvait en effet constater que Saga posait derrière Aphrodite, Deathmask et Shura. A ses côtés, Aioros se tenait droit, une main sur l'épaule de son propre frère et du Capricorne.
« Angelo était dans le même cas. Pour Shura, c'était plus compliqué, bien sûr, car son cœur et sa fidélité balançaient entre lui et Aioros. Mais le Chevalier du Cancer et moi, nous ne vivions que pour et par Saga. Dans ce monde étrange, il était notre pilier, celui qui nous avait sauvé. Pas Shion, pas Aioros, pas nos propres maîtres. Pas même Athéna. Saga. Et pour le voir régner, nous aurions tout sacrifié. Tout piétiné. Je crois que la partie sombre en lui l'avait compris très rapidement, d'ailleurs. »
Les doigts du Suédois caressèrent à nouveau le visage du Troisième Gardien, dont l'expression sincère figée sur la photo serra le cœur d'Andromède.
« Je ne sais pas si c'est suffisant pour toi, mais je n'ai pas mieux à t'offrir. Saga était mon univers, ses convictions et sa force répondaient à mes besoins de vengeance. C'était donc lui que je voulais voir à la tête du Sanctuaire, c'est aussi tristement simple que cela. »
Le Japonais inspira profondément, avant de sourire au Douzième Gardien dont la voix s'était légèrement brisée sur ces derniers mots. Il posa à nouveau sa main sur la sienne, la serrant doucement.
« Merci. Je n'ai pas à juger de vos choix, même si je ne les comprends pas entièrement. J'ignore trop de choses, mais cela m'aide à mieux comprendre, et je vous en suis reconnaissant. »
Aphrodite éclata d'un rire doux et fatigué.
« Tu es une véritable perle. Pas étonnant que le Chevalier du Cygne t'ai couru après.
— Que- !
— Oh, allons, mon ange. Je suis narcissique, mais pas aveugle. Et vous n'êtes pas si discrets, vous devriez songer à museler un peu vos liens de cosmos, les enfants.
— Je prends note. Mais ce n'est pas comme si nous voulions vraiment nous cacher.
— Aucune raison de le faire. Je pense que vous le méritez amplement.
— Merci.
— Non, Shun. Merci à toi. »
Ce dernier leva un sourcil et pencha la tête, incertain.
« Je sais que tu as fait énormément pour nous. Et dans mon cas, tu t'es battu, littéralement, pour m'aider. Je te suis infiniment reconnaissant, car je me sens humble à tes côtés. Mais ne va pas le raconter sur les toits des Douze Maisons, s'il te plaît. J'ai encore une réputation à tenir. »
Un sourire taquin étirait le visage superbe, et Shun se sentit rosir légèrement tant par les mots que par la beauté insolente de l'autre homme. Il hocha en serrant sa tasse entre ses mains.
« Sache que tu seras toujours le bienvenu ici dès que tu souhaiteras revenir.
— Merci, Aphrodite. C'est un honneur et un privilège.
— Petit flatteur. Bois donc avant que ce soit froid. »
Tribunal de la Caina, Enfers
Debout à l'entrée de la pièce, une pile de dossiers montant jusqu'à son menton dans les bras, Valentine attendait sagement que son supérieur cessât ses allées et venues dans ses appartements pour s'approcher. Partout, de son bureau au canapé, en passant par l'immense bibliothèque et les deux tables, des documents s'étalaient. Rhadamanthe avait entamé ses recherches pour se préparer à devenir ambassadeur auprès des différents Sanctuaires, et avec l'approche de la première réunion, était devenu incroyablement impatient et assez irritable.
Il est encore pire que d'habitude, c'est dire si on est pas rendus.
Un sourire étira les lèvres de la Harpie alors que les paroles de Queen lui revenaient en tête. Lorsqu'il vit enfin un léger ralentissement du rythme frénétique de la Whyverne, et la cessation des marmonnements colériques, le subordonné s'avança vers le Juge et déposa son colis sur l'espace libre près de la cheminée.
« Seigneur, Sylphide a trouvé cela aux archives, et a pensé que ça vous intéresserait.
— Je vous ai demandé d'écumer avant de me les apporter.
— Il l'a fait. »
Rhadamanthe se figea avant de gronder à nouveau en se massant les tempes. Abandonnée sur un coin du bureau, la bouteille de whisky couteux était à présent vide, et Valentine soupira, faisant une note mentale d'en apporter une nouvelle à son supérieur à son retour. Le Spectre de la Whyverne ouvrit le premier dossier de la pile, feuilletant rapidement les informations récoltées. Alors qu'il se tournait vers la Harpie, le léger mouvement de recul de ce dernier le rappela à l'ordre. Il n'avait pas conscience d'avoir été aussi désagréable dernièrement, mais au vu du comportement de ses subordonnés pourtant habitués à ses colères, il n'y avait pas le moindre doute sur combien son humeur les avait impactés.
« Pardon, Valentine. Je vous remercie, tous les deux. Cela me sera très utile.
— Vous commencez à y voir plus clair, Seigneur ?
— Dans la mesure du possible. Tout dépendra de la façon dont Athéna ouvrira ces négociations, de qui seront les autres ambassadeurs, et de la façon dont Eaque va se comporter.
— Facteur sujet à débat, votre Honneur.
— En effet. Enfin, au moins Minos se tiendra éloigné des mortels, et ce n'est pas un mal. Il est d'une humeur de chacal depuis que nous les avons ramenés. »
Le Spectre de la Harpie passa distraitement les doigts sur les documents étalés sur le bureau, avant de lever les yeux.
« Je ne suis pas toujours d'accord avec le Juge Minos, mais je ne peux pas le blâmer à ce sujet.
— Moi non plus. Mais il va devoir s'y faire.
— Sans vouloir leur manquer de respect, ne serait-ce pas parce que le Seigneur Eaque va passer certaines périodes à la surface ?
— Oh, certainement. »
Rhadamanthe avait ouvert un nouveau dossier, sirotant lentement l'alcool qu'il préférait.
« Comment vous portez-vous ? »
Le regard d'or se posa sur lui.
« Pardon ?
— Vous serez amené à vous rendre au Sanctuaire, Seigneur. J'imagine que cela vous contrarie, et j'ai conscience qu'il y a quelqu'un à qui vous voulez parler. »
Un nouveau grondement échappa au Spectre qui s'associait de plus en plus à son totem au fil des millénaires. Mais Valentine avait appris il y avait des centenaires déjà à ne pas se laisser impressionner.
« Je vois que les plaisanteries d'Eaque ont été entendues chez vous aussi.
— Si elles n'étaient pas empreintes de vérité, nous n'y aurions jamais prêté attention, et vous le savez. Mais je vous ai entendu dire son nom bien trop souvent au cours de ces dernières années pour ne pas comprendre qu'il a votre intérêt et votre respect, à défaut de votre appréciation.
— Par les dieux, je n'aurais jamais dû si bien t'enseigner.
— Votre faute, non la mienne.
— En effet. Pour répondre à ta question, la perspective de me rendre au Sanctuaire régulièrement ne me réjouit pas, mais de pouvoir y défendre les intérêts des Enfers beaucoup plus. Quant à Kanon des Gémeaux… j'aimerais assez avoir une conversation avec lui, si je dois être honnête.
— …Une conversation ?
— Si tu fais la moindre plaisanterie sur la signification du mot « conversation », je t'assure que je vous prive de jours de congés avec Sylphide pour le prochain centenaire.
— Je me tairai.
— Bien. Oui, une conversation. Je connais l'histoire de cet homme par notre registre, j'ai vu sa force et sa détermination. Mais j'aimerais assez l'entendre me raconter sa version.
— Il vous intrigue, n'est-ce pas ?
— Un homme qui a défié les déités à plusieurs reprises, les a manipulés et est encore vivant pour le raconter ? Plutôt, en effet.
— C'est vrai que ce n'est pas courant. Une espèce unique en son genre, finalement. »
Un léger rire échappa au Second Juge des Enfers.
« On peut dire ça. »
Valentine aperçut l'expression adoucie de son supérieur, occupé à faire tourner le liquide ambré dans son verre, à nouveau plongé dans ses pensées. Il sut que c'était l'heure pour lui de se retirer et il quitta les lieux après s'être incliné. Il referma la porte sur le Juge des Enfers en pleine contemplation des documents consacrés aux Chevaliers du Sanctuaire, et d'un en particulier.
Onzième Temple, Sanctuaire
Debout à l'entrée des lieux, Hyôga attendait le retour de Shun. Ce dernier lui avait fait part de ses projets d'aller discuter avec Aphrodite, mais l'après-midi commençait à se faire longue. Surtout dans l'état actuel de son maître qui, pour une raison qu'il ignorait, était d'une humeur sombre depuis quelques jours. Il avait bien une supposition, mais il ne se serait jamais risqué à la formuler devant le concerné. Le poids des années et les choix du Onzième Gardien demeuraient un sujet difficile entre eux. Une fois passée la joie de s'être retrouvés, la réalité avait repris ses droits. Et Hyôga n'était pas certain de savoir comment s'y prendre avec ce maître plus austère encore qu'autrefois, enfermé dans le silence de son temple. Il s'avança néanmoins, frissonnant inconsciemment. Plus que la température, c'était bien la sensation dégagée par les lieux qui le mit mal à l'aise.
Camus se tenait dans ses appartements, silencieux. Regardant par la fenêtre, un livre oublié ouvert devant lui sur la table. En appui sur sa main, il semblait totalement imperméable au froid qu'il exhalait autour de lui, tout autant qu'à la présence de son disciple. Ce dernier s'avança davantage, tentant de capter l'attention de son aîné, dont il haïssait présentement l'expression vulnérable.
« Maître ? »
Un clignement d'yeux vermeil. Le Français tourna légèrement la tête, l'air surpris de le voir chez lui.
« Je ne t'avais entendu. Que veux-tu ?
— Savoir comment vous allez. Si je peux aider…»
L'autre homme ne répondit pas, haussant les épaules. Il referma le livre dont il n'avait pas tournée la moindre page depuis des heures, caressant le titre du recueil de poèmes abîmé par le temps et les lectures, lentement. Et le Chevalier du Cygne sentit son cœur se serrer atrocement lorsque de nouveau, le visage fin se tourna vers lui, une expression de peine étouffée et un sourire voulu doux mais incroyablement difficile sur les traits.
« Je te remercie. Mais je crains qu'il n'est rien que tu puisses faire, Hyôga. Nous devons tous assumer nos décisions. »
Un silence. A nouveau la voix s'éleva, si bas que le disciple crût rêver :
« Je n'aurais simplement jamais imaginé ce que cela me coûterait. »
