Weasley est vraiment cinglé, ce plan est vraiment tordu, pardait. Harry n'était pas très emballés mais tant pis. Je me déplace dans le Poudlard Express qui retourne vers Poudlard pour la rentrée. L'ambiance est lourde, un courant d'air glacial traverse les couloirs vides. J'ai pris soin de boucler le train, personne ne rentre ni ne sort, même les mangemorts. Ils ne le savent pas encore, mais c'est la fin pour eux. Je n'ai pris que le pire de mes équipes, j'ai hérité des bourreaux d'Harry quelques semaines à peine après l'avoir récupéré pour former des équipes de mangemorts confirmés avec Nott Sénior. Harry me suit à la trace, tête baissé, tremblant, presque collé à mon dos. Il joue parfaitement son rôle mais je sais que les réminiscence de son trauma y sont aussi pour quelque chose. La terreur mêlée a une rage sans nom qui j'ai vu traverser ses prunelles quand il a aperçu mes hommes... Si j'avais pu je les aurais tous exécutés sur le champ pour ne plus jamais apercevoir cette lueure dans son regard.
Je fais le tour de tous les Wagons. Les élèves sont tristes, renfrognés, silencieux, nerveux pour les plus vieux qui sont au courant de notre plan. Je leur fais signe comme convenu. Nous les avons formés en secret de façon intensive durant les vacances de noël. Je me souviens de la stupeur dans les yeux de tous quand ils ont su que j'étais la taupe chez les mangemorts.
Arrivé dans le compartiment des gryffondor de dernière année je me retourne et pousse doucement Harry derrière moi. Nous sommes à la fin du train, il est temps de lancer le plan. D'un coup d'oeil, le signal est lancé, les sorts fusent dans le but de mettre hors d'état de nuire les mangemorts. Certains tentent de s'échapper mais se retrouvent confronter à des résistants.
Et oui, le polynectar n'a qu'une durée limitée. L'effet de surprise est à notre avantage, l'espace confiné et la séparation dans les wagons des effectifs rend la tâche plus simple. Je fais le tour rapidement, quelques ecchymoses et estafilades mais rien de sérieux dans nos rangs. Nous attendons que les autres nous rejoignent, j'ai confiance en leurs capacités. La porte du compartiment s'ouvre brusquement sur un homme à la chevelure rousse
- Weasley ?
- C'est bon, ils sont attachés, assommés et bâillonnés. Nous en avons 29 comme prévu.
- Ok, on lance la phase deux. Sonorus. Elèves de Poudlard, ceci est un sauvetage de la résistance. Ici Drago Malefoy, Chef de la sécurité Mangemort, qui vous annonce avoir berné face de serpent. Nous allons l'écraser. Merci aux plus vieux de maintenir le calme dans vos compartiments pour que vous soyez transportés par Port-au-Loin au QG de la résistance rapidement. Ceux qui souhaitent participer à l'affrontement final et qui ont suivis une formation avec la résistance, dirigez-vous vers l'arrière du train. Merci de procéder dans le calme, Nous avons encore deux heures pour nous organiser avant l'arrivée à Poudlard. Des adultes faisant partis de la résistance vont bientôt transplaner dans le Poudlard Express, merci de dégager les couloirs le plus possibles. Finite.
Des exclamations de joie traversent le train et les élèves semblent plus vivants que jamais. Un sourire immense se peint sur le visage d'Harry et je lui fais un clin d'oeil avant d'organiser l'attaque prochaine avec Ron.
La tension est à son comble quand le Poudlard Express débarque sur le quai. Les résistants ont pris l'apparence d'élèves amenés au QG et des Mangemorts qui actuellement croupissent dans je ne sais quel sordide cachot de notre base. Je descend le premier, suivit de près par Harry tête baissé, Hermione et Ron qui se font passés pour deux de mes gorilles. Il fait sombre, la nuit froide est clémente, pas de nuages en vue. La lune fait scintiller la neige qui recouvre les alentours. Les élèves s'écoulent dans le calme et la discipline sous le regard acérés des mangemorts pour monter dans les calèches. Nous sommes de toutes façon en surnombre, mais les mangemorts les plus expérimentés sont déjà sur place, prêt à entamer le banquet.
Le trajet se fait dans un calme olympien, un silence de mort règne, l'illusion est parfaite même si je sais que c'est dû au stress de la bataille à venir et non à cause de l'horreur que les élèves s'apprêtent à vivre cette année. Nous remontons dans le hall, je surveille les élèves, l'esprit verrouillé, un air indifférent et glacial sur le visage, Harry est collé à mon dos, la tête basse. Je sens la tension qui l'anime, sa baguette le démange je le sais mais il joue son rôle à la perfection.
Voldemort semble jubiler et ressemble à un enfant le veille de Noël. Avant d'entrer dans la grande salle, je pose un sortilège de vérouillage dessus, plus personne ne pourra entrer ou sortir. Le Lord Noir me fait un signe de tête comme pour me remercier d'être prévoyant, je le lui rend la politesse avant de rejoindre ma place à sa droite pendant qu'il prend la parole pour entamer cette nouvelle année. Il ne sait même pas rendu compte de l'échange, en même temps le polynectar est indétectable. Je fais une signe à mes alliés déguisé en mangemort, l'heure est venue. Personne ne me prête attention et d'un geste sûr, je lance l'Avada à cette sale face de serpent.
Toute l'assemblée se fige Bellatrix hurle quand le cadavre s'écroule sur l'estrade. L'agitation gagne ma table et Harry bondit comme un diable hors de sa boite. S'en suit une bataille acharnée contre les mangemorts présents dans la salle et les résistants. Les sorts fusent en tous sens, je savais que ce serait difficile pour nous, les meilleurs sont à cette table. Nous sommes rejoints rapidement par McGonagall, Hermione et Madame Weasley. Le chaos a envahit l'espace, tout n'est que cri, explosion, sang et duels acharnés. L'atmosphère électrique est étouffante, la poussière, causé par l'explosion d'une statue à ma gauche, assèche mes poumons.
Je reste concentré sur mon objectif, protéger Harry. Rien d'autre ne compte à mes yeux. L'air bourdonne, on se croirait au beau milieu d'une ruche. Les sons sont indistincts, cette explosion a du abîmer un de mes tympans. Pourtant lui je l'entend parfaitement
- Taitre !! Sale chien !! J'aurais dû te tuer quand j'en avais l'occasion !!
Je me retourne et fait face à mon géniteur. La beauté légendaire de Lucius Malefoy est déformée par une horrible grimace, sa peau est rougie par la colère, il a pris une décennie en un instant. Je lui fait face et entame avec lui un duel vicieux. Mais il oublie que j'ai été formé par les meilleurs des deux camps. Lui s'est reposé sur son statut comme d'habitude, une moue de dégoût tire mes traits quand mon sort de découpe entaille profondément son bras droit, lui faisant lâcher sa baguette. Comment ai-je pu un jour admirer cet homme ?
- Vous avez toujours été faible, Azkaban sera idéale pour les êtres tel que vous.
Je m'éloigne sans prendre en compte ses vociférations. La Grande Salle s'est calmée, les mangemorts sont tous hors d'état de nuire à un degré plus ou moins définitif. Weasley est actuellement en train d'organiser les troupes, on rassemble les prisonniers, les blessés sont pris en charges. Nous tentons d'établir le contact avec les autres. Nous avons également repris le ministère, l'attaque était menée par Shacklebolt.
Je souffle de soulagement, ça y est, la guerre est finie. Je cherche Harry du regard et tombe enfin sur sa silhouette gracile, il rassemble lui aussi les prisonniers. Je souris en le voyant rayonnant, nous sommes libres, et lui aussi. Il me repère et me lance un sourire éclatant.
Alors qu'il n'est plus qu'à deux pas de moi, je distingue un éclat métallique dans la main de ma mère, prostrée le long du mur derrière Harry. J'ai à peine le temps de l'attraper par les épaules et de pivoter qu'une douleur aiguë traverse mon dos. Je me retiens difficilement à lui mais pas un instant je n'ai quitté ses yeux. J'y lis la surprise puis l'horreur, l'angoisse et une profonde détresse. C'est atroce mais ça me fait plaisir.
Il tient à moi et cela me fait sourire. Je caresse doucement sa joue avant d'être pris de vertige. Sa chaleur me fait un bien fou, je me retrouve dans ses bras, qui me tiennent tout contre lui comme si j'étais son bien le plus précieux et mon coeur s'emballe à cette pensée. Les femmes Black ont toujours été vicieuses, j'entrevois une vie que je ne connaitrait jamais à ses côtés, que je n'avais jamais osé imaginer.
Le monde se floute, les sons s'épaississent jusqu'à ne devenir qu'un brouillard inconsistant. Seul le vert de ses yeux à toute mon attention. Je détaille ces iris tant aimées, sans chercher à comprendre ce qui se joue autour de moi. Je n'entend plus, je ne veux pas comprendre. J'ai mérité la paix, après tant d'années à être torturé, déchiré, malmené, je vais trouver la paix.
Je glisse mes doigts dans sa chevelure folle, ne me lâche pas des yeux Harry, s'il te plaît. Je veux lui transmettre tout ce qu'il représente pour moi à travers notre échange silencieux pour ma part, j'abaisse mes défenses, celles que j'ai construit il y des années et sue je maintiens difficilement depuis son arrivée dans ma vie, surtout ces derniers mois. Je suis heureux, même si c'est égoïste, je veux l'être aujourd'hui, ici même. Je vais mourir dans les bras de mon amour, il est l'unique personne avec qui je souhaite passé cet instant, je vais enfin trouver le repos et la paix.
Ces derniers mois étaient une bulle inespérée d'un bonheur étrange avec lui. J'ai eu plus que ce que je ne méritait, plus que ce que je n'aurais jamais pu espérer avoir. Je me sens faiblir, je ne sens plus mon corps de toute façon, mais la chaleur s'en échappe, le brouillard devient cotonneux, doux. Je me laisse glisser, je ne le lâche pas des yeux et murmure ce que j'aurais tant aimé lui répéter tout au long de sa vie. Je ferme les yeux doucement et me laisse emporter sans crainte par les abysses. Je l'ai aimé de tout mon être et je l'ai sauvé, plus rien n'a d'importance à présent si ce n'est le silence infini qui m'enveloppe et m'emporte. Je t'aime Harry.
