Auteur : Lady Zalia
Type : Aventure.
Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T.
Rappel du chapitre précédent : Harry a admis qu'il appréciait plus qu'il ne le devrait sa vie aux côtés de Voldemort et l'affection de Nagini. Mais pour l'instant le mage noir refuse qu'il fasse son retour à Poudlard, préférant jouer aux professeurs particuliers…
Chapitre 8
Harry retrouva le Seigneur des Ténèbres comme prévu dans la bibliothèque après le repas. Heureusement il s'était changé et avait pris une douche, présentant un faciès plus humain. Harry n'en était pas très fier, mais il préférait fermer les yeux sur les exactions commises par le mage noir. Il se doutait que sa politique de l'autruche allait lui exploser en pleine face tôt ou tard mais ses mois de fuite avaient été si terribles qu'il était prêt à ignorer la réalité plutôt que de souffrir inutilement. Que pouvait-il faire de toute façon ? Ce n'était pas comme si sa résistance allait empêcher Voldemort de faire ce qu'il avait toujours fait. Et quelque part, lorsqu'il était auprès de Harry à jouer au professeur, il ne faisait rien de mal. Il en était à ces réflexions lorsqu'il arriva suffisamment proche pour voir ce sur quoi Voldemort était penché. Il s'agissait d'un livre, passablement ancien de par son apparence, et écrit dans une langue que Harry ne connaissait pas. Voldemort tourna la tête vers lui avec un sourire charmeur.
- J'ai vu que tu avais fait le travail que je t'avais donné. Je le lirais cette nuit. Mais avant je veux t'exposer mon projet pour demain. Je nous ferais transplaner sur une île qui se trouve à l'extrême sud de l'Angleterre, proche des côtes françaises. Cette région est incartable et protégée par différents sortilèges car elle abrite une réserve naturelle de créatures magiques protégées et notamment celle dont j'ai besoin pour une potion : un vivet doré. Rassure-toi, nous n'allons en capturer qu'un seul et c'est justement là que tu interviens. Il paraît que tu es un excellent attrapeur, tu vas donc devoir t'approcher suffisamment de l'oiseau pour le stupéfixer en plein vol. J'ai demandé à Lucius de me donner un balai.
Le sourire de Harry s'élargit immédiatement. Il allait pouvoir voler en balai ! Cette sensation incomparable lui avait tellement manqué ! Sa réaction ne se fit pas attendre.
- Génial ! C'est pour une potion de quoi ?
- Et bien je pense que tu peux le deviner. Le vivet doré est cet oiseau qui a inspiré le Vif d'or. Si on utilise ses yeux ou son cœur comme ingrédient principal d'une potion, c'est pour obtenir les capacités particulières de cette créature.
- Une potion de rapidité ?
- Exact, les organes de cet oiseau renferment l'essence même de sa célérité et peuvent la transmettre, mais le résultat est tellement radical qu'elle s'est vue interdite dès son invention car le cœur humain n'est pas fait pour supporter une telle vitesse. Si je souhaite faire cette potion, c'est pour corriger le principal défaut des Inferi, à savoir leur lenteur. Avec une telle potion, ils deviendront encore plus redoutables qu'ils ne le sont déjà. On peut aussi créer une poison d'une virulence incomparable avec le sang d'un vivet doré. Je ne gaspillerais pas la moindre parcelle de cette créature, sois-en sûr. J'ai eu beaucoup de mal à récupérer ce livre, mais il présente des potions dont je n'avais même jamais entendu parler. J'ai hâte de les tester…
L'enthousiasme de Harry s'était vu nettement amoindri en comprenant à quelles fins l'oiseau allait être utilisé mais il ne put s'empêcher de céder à la curiosité alors que Voldemort tournait lentement les pages du livres.
- Et celle-là c'est pour faire quoi ? Je ne comprends pas cette langue…
- C'est du néerlandais. Ce n'est pas une potion mais un rituel pour créer un artefact, une sorte de Portoloin illimité. Ça pourrait être utile…
- Tout le livre exploite des parties de vivet doré ?
- Non pas seulement. J'ai arraché ce grimoire des mains de son propriétaire quelque peu récalcitrant il y a seulement quelques heures mais en le parcourant rapidement j'y ai vu toutes sortes de choses, des potions, des rituels, des récits d'expériences. Ce livre n'était pas sensé tomber entre les mains de qui que ce soit.
Voldemort eut un rictus cruel, se remémorant sans doute de la manière dont il avait défait son ennemi et Harry préféra se concentrer sur l'observation du grimoire. Bien que les recettes de ce livre relèvent, au moins pour certaines d'entre elles, clairement de magie noire, la chasse au vivet doré lui promettait un exercice physique qu'il n'avait pas eu depuis trop longtemps.
***/+/***
Le lendemain, alors qu'ils venaient d'apparaître au milieu d'une immense étendue de fleurs, Harry ne regretta pas une seconde d'avoir accompagné Voldemort. Il avait toujours préféré la nature à la ville mais il n'avait jamais vraiment voyagé et ses mois de cavale avaient laissé peu de place à la contemplation. Il ne put retenir une exclamation en voyant le magnifique paysage qui s'offrait à lui. Il ne faisait aucun doute que les plantes qui poussaient ici appartenaient au monde magique car la multitude de couleurs, de tailles et de formes lui semblaient venir tout droit d'un imaginaire féérique. Certaines plantes étaient capables de bouger et leur arrivée avait provoqué quelques mouvements tantôt craintifs tantôt agressifs.
- Magnifique, n'est-ce pas ? Mais ne penses-tu pas qu'il serait plus logique d'enfermer ces moldus pollueurs et destructeurs plutôt que notre faune et notre flore ? Les créatures craintives comme les licornes ne seraient plus en voie d'extinction si elles n'étaient plus oppressées par les bruits et les émanations du monde moldu. Au lieu de cela on les oblige à vivre dans des réserves, prisonnières de barrières infranchissables, comme si elles étaient coupables d'un crime. Et je ne parle même pas des dragons, ces créatures nobles et intelligentes, qui pourraient s'ébattre en traversant des pays entiers et qui se retrouvent cantonnés à des sanctuaires d'à peine une centaine de kilomètres, atrophiant leurs ailes et les rendant hargneux et destructeurs. À nous deux nous pourrions rétablir cette justice ici, en Angleterre.
Voldemort ne l'avait pas lâché suite au transplanage de sorte qu'il était toujours fermement maintenu contre son torse, sa bouche tout contre son oreille. Il avait à peine élevé la voix et pourtant Harry avait l'impression de ne rien entendre d'autre que son murmure pernicieux. Il serra les poings pour se raccrocher à la réalité, sentant le manche du balai dans sa main gauche. Il ne voulait pas chercher à débattre car il savait qu'il n'amènerait jamais Voldemort à changer sa manière de voir le monde tandis que lui risquait bien de se voir corrompre par ses arguments. Il hocha simplement la tête et le bras qui le maintenait disparut. Il fit quelques pas devant lui et inspira un grand coup, identifiant les odeurs chargées de différents pollens, accompagnées par celle plus subtile de la mer.
- L'île fait combien de kilomètres ? Et il n'y a pas de dragons ici, j'espère ?
- Non rassure-toi, l'île fait seulement une dizaine de kilomètres. Il serait compliqué pour des agents ministériels de dissimuler quelque chose de plus gros aussi proche des côtes… Tiens, prends ta baguette. Je le répète au cas où, mais interdiction de transplaner. Je vais profiter d'être ici pour récolter divers ingrédients de mon côté. Normalement il ne devrait y avoir personne mais si tu croises un gardien, tu le stupéfixes et tu me préviens, est-ce clair ?
Harry empoigna sa baguette et hocha à nouveau la tête. Intérieurement il pensait surtout qu'il jetterait un Imperium sur le garde pour le renvoyer chez lui sans mettre sa vie en péril. Nagini était venue avec eux mais elle était déjà partie de son côté pour vagabonder. Voldemort fit quelques mouvements de baguette et fit apparaître une table, puis la petite cage qui était destiné à recueillir le vivet doré ainsi que plusieurs boites et fioles de tailles diverses. Harry trépignait sur place alors que le mage noir établissait leur « camp de base », attendant impatiemment qu'il l'autorise à prendre son envol. Il fit machinalement tourner le balai sur lui-même, suivant du bout de l'ongle le nom « Nimbus 2001 » gravé sur le manche. Il n'était pas aussi rapide que l'Éclair de Feu que lui avait offert Sirius mais il restait un excellent balai et il avait hâte de pouvoir s'amuser avec dès qu'il serait hors de vue. Il ne se faisait pas trop d'inquiétude pour attraper l'oiseau désiré par Voldemort et estimait qu'il aurait bien le temps de faire quelques acrobaties d'ici l'heure du midi. Une fois le feu vert tant attendu obtenu, Harry décolla à toute vitesse, un large sourire aux lèvres. Voldemort lui avait expliqué qu'il avait plus de chance de trouver le vivet dans la partie ouest de l'île où de grands arbres poussaient et servaient de nids aux multiples volatiles qui la peuplaient.
Il arriva rapidement aux abords d'un bois impressionnant. Contrairement à une forêt moldue classique, les arbres semblaient gigantesques, bien plus grands et foisonnants que ce à quoi il avait l'habitude. Sa progression n'était pas aussi simple que lors d'un match de Quidditch car les branches obstruaient sa vue et formaient parfois un impénétrable rempart. Il devait alors atterrir pour son glisser entre les troncs noueux, priant pour qu'il n'y ait pas de saule cogneur ou d'arbre de même nature. Finalement au bout d'une heure, il finit par entendre ce bruit d'ailes caractéristique des vifs d'or.
Harry s'arrêta net et tendit le cou pour le localiser et il le vit bientôt, profitant de son vol statique pour picorer les insectes agglutinés aux baies dégoulinantes de sève qui pendaient aux branches. L'oiseau ne l'avait pas encore remarqué mais un mouvement brusque dans sa direction ne manquerait pas de le dévoiler et il était trop loin pour lancer avec suffisamment de précision le Stupefix qui permettrait de le capturer. Le vivet doré était aussi petit qu'un vif d'or et Harry s'approcha doucement, sa baguette fermement tenue dans la main droite. Mais alors qu'il était à environ un mètre de l'oiseau, celui-ci tourna soudain son bec vers lui avant de filer à toute allure dans la direction opposée. Harry se lança alors à sa poursuite, esquivant les branches et slalomant entre les troncs. Il se doutait qu'un choc à cette vitesse ne manquerait pas de l'assommer mais il était hors de question qu'il échoue et il n'était pas du genre à s'empêcher de faire quelque chose pour sa dangerosité. En revanche, si le minuscule vivet pouvait passer entre les branches, Harry était ralenti par les détours qu'il devait immanquablement faire malgré sa corpulence fluette. Il décida donc d'adopter une autre tactique et plongea vers le sol pour attaquer l'oiseau par en dessous, l'obligeant à remonter jusqu'à dépasser la cime des arbres. Une fois arrivé à plusieurs dizaines de mètres du sol, le vivet ne ralentit pas son allure mais cette fois Harry avait la vue dégagée. Il poussa le balai à sa vitesse maximale, se rapprochant peu à peu de sa cible. Il regrettait les larges lunettes de protection qui recouvraient son visage lors des matchs. Il allait probablement avoir des moucherons collés sur ses lunettes de vue mais qu'importe. Il ressentait à nouveau cette délicieuse adrénaline alors que le vent sifflait à ses oreilles et qu'un vide vertigineux se trouvait sous ses pieds. Il souffla longuement pour ajuster sa précision et dès qu'il se sentit prêt, jeta le Stupefix sans même le formuler pour gagner en rapidité. Le sort toucha l'oiseau qui chuta soudain vers le sol et Harry le suivit immédiatement, faisant piquer son balai sans ralentir le moins du monde. La surface se rapprochait et dès qu'il fut à nouveau sûr de le toucher, il jeta un Accio sur le corps de l'oiseau pour le récupérer le plus délicatement possible. Voldemort l'avait prévenu qu'il ne devait en aucun cas abimer le vivet sans quoi il perdrait de sa valeur et il était bien décidé à récolter une louange de sa part. Une fois l'oiseau entre ses doigts, il prit bien garde à ne pas resserrer sa poigne plus que le stricte nécessaire et se posa doucement sur le sol. Il attendit une minute, le temps de retrouver un rythme cardiaque normal et en profita pour observer plus attentivement l'objet de sa capture.
Son apparence ne laissait aucun doute sur sa nature magique. De couleur or brillante, il avait un corps étrangement rond avec un fin et long bec comme celui d'un colibri. Mais le plus remarquable était ses yeux rouges, semblables à deux petits rubis, légèrement plus sombres que ceux de Voldemort. Harry sourit en repensant au mage noir. Il avait hâte de lui raconter sa course poursuite. Il remonta sur son balai, dirigeant le manche de sa main droite tout en portant sa précieuse charge de la main gauche. Il allait rentrer tranquillement à la base pour mettre le vivet en lieu sûr avant de se lancer dans de nouvelles figures de vol.
C'est ainsi que Voldemort le retrouva à l'heure du midi, un sourire resplendissant aux lèvres, la peau brillante d'une légère transpiration et les yeux pétillants d'une joie intense. Ses cheveux étaient encore plus décoiffés que d'habitude et quelques brindilles et feuilles s'y étaient emmêlés. À peine le mage noir était-il apparu à ses côtés que Harry avait brandit la petite cage contenant le précieux oiseau, mais étrangement son mentor semblait plus fasciné par l'allure de Harry que par sa prise. Il le rejoignit en deux enjambées, saisissant son visage entre ses mains pâles et le Gryffondor rougit face à cette observation appuyée.
- Tu sembles… si heureux… Comment le simple fait de voler peut-il t'apporter un tel bonheur ? Je ne comprends pas.
Harry chercha un instant ses mots. C'était donc cela. Le mage noir était incapable de ressentir du bonheur dans les choses anodines. Avait-il seulement été réellement heureux une fois dans sa vie ?
- Et bien… Je me satisfais des petites choses. Voler me donne une impression de liberté totale… J'oublie momentanément mes soucis. Et puis aujourd'hui le panorama est superbe, le temps est idéal, je n'ai aucun ennemi qui cherche à me tuer. Toutes les conditions sont réunies. Vous vous êtes capable de voler sans balai et tout aussi rapidement. Ça doit être génial. N'avez-vous pas été heureux la première fois que vous avez réussi ?
Voldemort lâcha son visage mais ne s'éloigna pas pour autant. Il semblait toujours aussi perplexe.
- Pas vraiment. Ce n'était pas vraiment difficile à réaliser. Cela m'est tout aussi insignifiant que de transplaner en vérité.
- Mais… Vous êtes sans doute la personne la plus libre qui soit… Vous vous êtes affranchi de toutes les lois de la nature… Ma question est sans doute très personnelle mais… Vous pensez à quoi pour créer un Patronus ?
Le mage noir perdit brusquement son sourire.
- Les Détraqueurs m'obéissent, Potter. Pourquoi voudrais-je les repousser ?
Harry comprit à l'emploi de son nom de famille qu'il avait froissé son interlocuteur. Il fit la moue, baissa les yeux et décida de se reculer d'un pas avant de s'asseoir dans l'herbe.
- Effectivement vu comme ça, ma question était stupide.
Il fouilla dans son sac et en sortit deux sandwiches grossièrement emballés et une gourde, préférant se concentrer sur n'importe quoi d'autre que sur le sorcier versatile. Voldemort s'était également tourné et était à présent en pleine observation du vivet enfermé dans sa cage.
- Il est en parfait état, félicitation tu as fait du bon travail. Pour ma part je voudrais encore récupérer quelques ingrédients. Tu peux te reposer cet après-midi ou bien voler, puisque cela te plait tant.
Harry hocha la tête, un peu boudeur. Voldemort disparu bientôt et le Gryffondor s'assit contre un arbre pour manger son pique-nique. Nagini était sans doute en train d'explorer l'île tout en boulotant au passage quelques créatures exotiques. Il repensa à sa discussion avec Voldemort. Était-il possible que le mage noir ne soit jamais parvenu à produire un Patronus ? Pourtant il avait grandi dans un orphelinat moldu. L'annonce de sa qualité de sorcier ou son arrivée à Poudlard avaient bien dû générer, tout comme pour lui, un mélange de joie et d'émerveillement… Mais lorsque Remus Lupin lui avait appris à générer un Patronus, ces souvenirs ne lui avaient pas suffi. Il lui avait fallu penser à l'amour de ses amis pour y réussir. Voldemort avait-il déjà seulement eu des amis ? Car même s'il appelait ses Mangemorts comme tel, il était clair qu'il ne ressentait guère d'amitié pour eux. Seule Nagini pouvait répondre à ce titre, mais en avait-il seulement conscience ?
Harry soupira longuement. La matinée avait été intense et la digestion aidant, il avait bien envie de faire une petite sieste. Le vent était doux et le feuillage de l'arbre le protégeait du soleil. Tout était paisible autour de lui. Il ferma les yeux, se laissant doucement sombrer…
… Lorsqu'une violente douleur le réveilla en sursaut. Des mois à être pourchassé ne s'oubliaient pas si facilement et il lança immédiatement un Stupéfix sur son assaillant sans même prendre le temps de se relever. Il avait devant lui une plante qu'il n'avait jamais vue et qui venait de lui mordre la main gauche ! Son sortilège avait touché sa cible mais il préféra se lever complètement et s'éloigner de quelques pas avant d'observer sa blessure plus attentivement. Ses doigts commençaient déjà à gonfler et une sorte de venin violet suintait de la morsure, sans compter que cela faisait un mal de chien ! Par chance cela ne semblait pas se propager au-delà du poignet, c'était déjà ça… Il retourna son regard vers la monstrueuse plante encore stupéfixée. De loin elle semblait presque normale si ce n'est sa taille remarquable, mais de près on pouvait entrevoir une rangée de crocs pointus dissimulés entre les pétales rouge vif de la fleur. Ses racines dépassaient du sol comme les filandreuses pattes d'une araignée végétale et sa tige en elle-même faisait à vu d'oeil une dizaine de centimètres de large.
Voldemort allait probablement lui passer un savon pour son manque total de prudence… Mieux valait attendre qu'il revienne. De toute façon, ce n'était pas comme s'il avait un moyen de le contacter… Il s'assit sur le rebord de la table, peu désireux de s'asseoir à nouveau au milieu de l'herbe. La nature environnante lui semblait soudain hostile et il avait hâte de retourner dans leur demeure. Sa tête lui tournait un peu et il avala une gorgée d'eau de sa gourde. Le soleil tapait verticalement et il songea distraitement qu'il allait peut-être avoir un coup de soleil. Il vit un mouvement en périphérie de sa vision et se redressa soudainement mais eut un soupir de soulagement en reconnaissant Nagini. Il se laissa tomber à genou sur le sol et la Maledictus vint immédiatement se coller à lui.
- Tu as l'air souffrant. Que t'arrive-t-il ?
Il leva sa main gauche pour la montrer à Nagini et ce simple geste lui arracha un bref gémissement de douleur. Toute sa main était désormais enflée et prenait une couleur plutôt inquiétante.
- Je me suis fait mordre par une plante. Elle semble empoisonnée.
- Ne peux-tu pas te défendre seul ! Maître ! Revenez près de Harry Potter !
Harry ferma brièvement les yeux alors que Nagini appelait Voldemort mentalement. Au moins le mage noir ne laisserait pas sa santé se dégrader. La douleur lui faisait doucement perdre pied avec la réalité et il aurait vacillé si Nagini ne le maintenant pas contre elle. Une silhouette apparut soudainement devant lui et il perçu la différence de luminosité malgré ses paupières closes.
- Mais qu'est-ce que tu as fabriqué ? Ne peux-tu pas éviter les ennuis quelques heures ?!
Harry rouvrit les yeux et grimaça.
- Désolé. Je me suis fait mordre par cette plante…
Il pointa du doigt le végétal toujours stupéfixé. Le mage noir soupira.
- Un Cephalotus géant carmin. Au moins tu as eu le bon réflexe, je vais pouvoir en extraire le venin. Mais d'ici là tu vas souffrir et pour une fois je n'y serais pour rien. Allez lève-toi, nous rentrons. Tu tiendras la cage contre toi pour transplaner
Harry se leva tant bien que mal tandis que Voldemort empaquetait toutes leurs affaires de quelques coups de baguette magique. Une fois prêt et Nagini calée sur ses épaules, le mage noir passa un bras autoritaire autour de Harry pour le presser contre lui et l'instant d'après ils réapparaissaient tous deux dans le jardin devant leur demeure.
Voldemort l'entraîna immédiatement jusqu'au laboratoire de potion où il rendit la taille originelle à tout ce qu'ils avaient pu récolter pendant que Harry déposait la cage sur une étagère libre. Le mage noir lui fit ensuite signe de s'approcher d'une cuvette et remonta sa manche jusqu'au coude. Il fit apparaître une série de boules lumineuses au-dessus de leur tête pour y voir plus clairement et amena à lui une bouteille d'alcool dont il versa une bonne rasade sur la main infectée. Harry haleta de surprise avant de serrer les dents, fierté de Gryffondor oblige.
- Il va me falloir deux bonnes heures pour fabriquer l'antidote. En attendant il faut mieux que tu gardes la main dans l'alcool pour éviter l'infection. Tu vas pouvoir le supporter ?
Harry pâlit un peu plus.
- Euh… je ne peux pas avoir une potion anti-douleur ?
Voldemort ricana avant d'attirer à lui une fiole contenant un liquide violet, semblable à celui qu'il lui avait fait boire suite au Doloris prolongé.
- Je me demandais si tu oserais me le demander. J'en avais gardé de côté… Avec toi je m'étais dit que ça serait surement utile, je ne m'étais pas trompé. Je vais imbiber des bandages d'alcool pour que tu puisses te reposer en attendant à ce que la potion soit prête.
Harry soupira de soulagement et remercia Voldemort avant de remonter une fois sa main emmaillotée. Le mage noir faisait preuve d'une telle délicatesse que c'en était presque troublant. De fait, lorsqu'il vint le réveiller une fois l'antidote terminé, Harry ressentit un élan de gratitude envers son ancien ennemi.
- Merci. Pour la potion et pour ne pas m'avoir laissé souffrir des heures. J'apprécie vraiment tout ce que vous faites pour moi.
Harry ingurgita la potion qui avait un goût abominable, usant de toute sa volonté pour s'empêcher de la recracher. Elle était terriblement acide et Voldemort sourit face à sa grimace.
- Je te l'avais pourtant dit, je prends soin de ce qui m'est précieux. Et toi et Nagini avez plus de valeur que tous mes Mangemorts réunis.
Harry rougit légèrement et détourna le regard, troublé par les paroles du mage noir. Entendre que sa vie avait de la valeur en tant que tel, et non pas pour quelque chose qu'il devait accomplir, était agréable, il ne pouvait le nier. Voldemort avait tendance à lui dire exactement ce qu'il voulait entendre et son instinct lui chuchotait que ce n'était pas par hasard mais il ne pouvait s'empêcher de l'écouter... et d'y croire.
***/+/***
Le lendemain matin, Harry retira les bandages dès son réveil. Sa main gauche était encore un peu douloureuse mais elle n'était plus gonflée, sa peau avait retrouvé une couleur normale et il pouvait à nouveau bouger ses doigts. Il retrouva Voldemort à l'heure de petit déjeuner tandis que celui-ci était en train de déguster son thé tout en lisant, un grimoire volant à plusieurs centimètres au-dessus de la table, ses pages tournées par une force invisible. Harry prit le temps de l'observer. Le visage de Voldemort n'exprimait que de la sérénité et Harry eut la pensée fugace que bien qu'ils aient été désignés « ennemis mortels » par une prophétie, leur cohabitation était on ne peut plus paisible.
- Approche, montre-moi ta main. Comment te sens-tu ?
Harry tendit sa main et Voldemort palpa ses doigts, provoquant une grimace de douleur au jeune homme.
- C'est encore un peu sensible…
- J'imagine oui. Tu as pourtant une bonne résistance à la douleur. Encore une qualité que j'apprécie parmi mes fidèles…
Harry secoua la tête.
- Il faut croire que j'ai pris l'habitude… Quoi qu'il en soit c'est supportable. Je préfère autant ne pas remettre de bandage, je ferais attention. Avez-vous prévu quelque chose pour moi aujourd'hui ?
Le mage noir sourit, caressant doucement le poignet gauche toujours prisonnier de ses doigts. Harry frissonna.
- Je vais te laisser le temps de prendre ton petit-déjeuner. Quand tu auras fini du n'auras qu'à venir me rejoindre au sous-sol. J'ai une tâche à te confier.
Lorsque Harry le rejoignit dans le laboratoire, une bonne trentaine de minutes plus tard, Voldemort avait déjà commencé deux potions en simultanées et il resta un instant fasciné face à sa dextérité. Le mage noir découpait les ingrédients avec rapidité et précision d'un côté tout en usant de sa magie pour verser ou remuer de l'autre. Il releva brièvement la tête en l'entendant arriver et désigna un établi à sa gauche.
- Te voilà enfin. Prend ta baguette et tue le vivet doré que je puisse commencer le disséquer.
Harry avait la main tendue lorsqu'il arrêta net son geste, son bras retombant le long de son corps.
- Quoi ? Euh… Je ne peux pas faire ça !
Voldemort ne se retourna même pas, continuant ses découpes.
- Pourquoi donc ? Tu connais la formule il me semble…
- Mais… C'est un sort interdit !
- C'est un oiseau, Potter ! Il n'aura pas le temps de souffrir, c'est tout de même moins barbare que toutes les techniques qu'utilisent les moldus pour tuer leur bétail… À moins que tu ne préfères que je le découpe vivant ?
Le ton de Voldemort témoignait de son impatience et de son côté, Harry ne voyait trop quoi répondre. Il devait bien reconnaître qu'il n'avait jamais songé à la manière dont les sorciers tuaient les animaux dont ils se servaient pour les potions. À Poudlard, on leur avait présenté le sortilège de Mort comme quelque chose de totalement proscrit, tellement abominable que sa simple évocation ne se faisait qu'à demi-mots et appartenant à la magie la plus noire. Mais cela n'était-il valable que face à un être humain ? Il empoigna sa baguette d'une main tremblante et la pointa vers le vivet doré qui semblait tout faire pour s'échapper de la petite cage, comme s'il pressentait ce qui allait lui arriver. Même si c'était probablement un énième test de la part de Voldemort, ce dernier ne lui avait jamais caché ce pour quoi il souhaitait capturer un tel oiseau. Mais dans sa candeur, Harry avait imaginé qu'il n'aurait pas à le tuer lui-même. Il inspira brièvement avant de jeter son sort.
- Avada Kedavra.
Un éclair vert jaillit immédiatement de sa baguette et vint toucher l'oiseau qui tomba, raide mort sur le sol de sa cage. Harry frissonna. Il avait vraiment l'impression d'avoir commis un acte innommable… Mais tous les potionnistes et chasseurs d'ingrédients magiques n'étaient tout de même pas des mages noirs en puissance… Voldemort reprit la parole comme si Harry n'avait rien fait de plus remarquable que d'éplucher une pomme.
- Je vais me charger des découpes, je ne voudrais pas que tu abîmes les organes. Occupe-toi de tailler cette racine en lamelles les plus fines possibles.
Harry hocha la tête alors que Voldemort faisait voler une planche à découper jusqu'à lui. Préparer des potions avec le mage noir requerrait toute sa concentration et lui évitait de penser à ce qu'il venait de faire. Quelque part c'était mieux ainsi… Mais ce qu'il ignorait c'est que de son côté, Voldemort arborait un sourire bien trop satisfait pour être honnête.
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Les jours suivants, Voldemort continua à jouer au professeur et Harry commença à se demander si cela ne plaisait pas bien trop au Seigneur des Ténèbres pour qu'il accepte de le renvoyer à Poudlard. Lorsqu'il le lui avait demandé, Voldemort lui avait menacé de lui jeter un sort s'il reposait ne serait-ce qu'une seule fois la question. Pourtant, Harry devait bien reconnaître qu'il apprenait bien plus de choses à son contact que durant ses années à Poudlard. Il ne tolérait pas que Harry fasse preuve de paresse mais restait mesuré dans ses exercices et savait reconnaître lorsque son élève était trop fatigué. Il lui apprit comment détecter certains poisons et potions à l'odeur, comment faire apparaître une illusion de soi-même pour déstabiliser un adversaire, comment créer un mini tremblement de terre ou au contraire transformer le sol en sables mouvants… Harry avait l'impression que le nombre de sorts connus par le Seigneur des Ténèbres était infini et il ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Il avait vraiment progressé en lecture et écriture de rune et abordait désormais sans crainte la plupart des métamorphoses présentées dans son manuel de 7e année.
Finalement un matin, alors qu'il s'apprêtait à déjeuner, Harry découvrit une petite boîte placée sur la table à l'endroit où il avait l'habitude de s'asseoir. Face à lui, Voldemort l'invita d'un geste à l'ouvrir et il y découvrit le crâne du vivet doré soigneusement nettoyé, une fine chaîne en argent passée au travers des orbites. Il ne put masquer son admiration.
- Vous avez fabriqué le Portoloin illimité ? Ça semble si délicat !
- Le rituel pour l'enchanter était complexe mais je peux t'assurer que le talisman en lui-même est très solide. Il est pour toi mais seule Nagini peut l'activer. Il vous permettra de revenir ici chaque soir une fois que tes cours seront terminés.
Le sourire de Harry s'illumina et il sauta littéralement de joie.
- Oh génial ! Je vais pouvoir retourner à Poudlard ? Merci ! Vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir !
Voldemort secoua la tête.
- Et bien ne me le fais pas regretter. Tu y retourneras dès demain, j'ai déjà prévenu Drago et Severus. Je t'emmènerais au manoir Malefoy à sept heures comme d'habitude.
- Promis ! Je veux vraiment pouvoir terminer l'année… Je serais irréprochable. Je ne m'éloignerais pas de Drago, je n'utiliserais pas les hiboux de l'école, je serais respectueux envers Rogue et le professeur Carrow et je serais sérieux en classe. C'est important pour moi. J'ai besoin de voir mes amis, de leur parler. Après je n'aurais probablement plus beaucoup d'occasion…
Harry avait perdu son sourire. Il ne l'avait jamais verbalisé mais il était conscient qu'une fois ses ASPICS obtenus, ses fréquentations seraient essentiellement cantonnées à Voldemort et ses Mangemorts. Il avait intégré ce fait en rendant les armes il y avait déjà trois mois de cela. Mais il préférait ça à les savoir menacés ou pire. Et qui sait, peut-être d'ici quelques années aurait-il acquis suffisamment de liberté pour reprendre contact. Quoi qu'il en soit, il fallait qu'il puisse voir Ron et Hermione pour s'expliquer, quitte à devoir plier l'échine devant Rogue et la Carrow.
Voldemort semblait aussi pensif depuis qu'il avait mentionné ses amis.
- Tes précieux amis… Sans doute ta plus grande faiblesse. Mais c'est pour eux que tu as accepté de vivre à mes côtés. Seras-tu un jour capable d'un tel dévouement envers moi ?
Harry s'était assis sur sa chaise et avait repoussé le talisman dans sa boite pour commencer à déjeuner. Il était resté concentré sur ses tartines lorsque Voldemort avait pris la parole mais avait brièvement haussé les sourcils à l'entente de sa question.
- J'espère bien que non. Vous avez déjà bien trop de pouvoir sur moi. Je préfère voir mes amis comme ma plus grande force. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour eux.
- J'apprécie ta franchise. Nous verrons comment cela évoluera avec le temps. Tu as le droit de discuter avec tes amis mais ils n'ont pas à savoir ce que nous avons fait tous les deux ou ce que tu as pu entendre en réunion et bien évidemment aucun mot à propos des Horcruxes. Drago a pour consigne de te stopper s'il estime que tu deviens trop bavard. Compris ?
- Parfaitement.
Après le déjeuner, Voldemort scella le pendentif au cou de son Horcruxe humain pour éviter que quiconque ne puisse le lui retirer et ils passèrent un dimanche tranquille à lire ou étudier. Harry ne pouvait s'empêcher de repenser à Ron et Hermione. Ils devaient être de retour à Poudlard désormais. Il n'avait pas vu Ron depuis son départ du campement et Hermione depuis ce fameux soir de décembre et il ne pouvait aussi s'empêcher de redouter leur réaction. Sans doute allaient-ils essayer de le convaincre de reprendre la lutte mais il espérait ardemment qu'ils sauraient se montrer raisonnables.
***/+/***
La nuit venue, il eut du mal à trouver le sommeil mais son choix avait été pris depuis longtemps et lorsqu'il emprunta la cheminée pour rejoindre le bureau de Rogue le lendemain matin, son esprit était clair.
- Ah, Potter, vous revoilà. J'ose espérer que vous aurez la décence de faire profil bas. Monsieur Malefoy est dans la Grande Salle.
Harry salua le Mangemort d'un signe de tête avant de quitter le bureau. Il se mêla au flot d'élèves qui allaient déjeuner et rejoignit immédiatement la table des Serpentards, un large sourire aux lèvres.
- Salut les gars ! Je vous ai manqué ?
Il avait posé sa main simultanément sur les épaules de Pansy Parkinson et Théodore Nott et si la jeune fille avait fait un bond sur son banc, Théo s'était retourné, baguette à la main, avant de rapidement la ranger une fois son "agresseur" reconnu.
- Potter ! Tu es de retour pour combien de temps cette fois ?
Les Serpentards se décalèrent pour lui faire une place et Drago soupira face à son caractère enjoué.
- Te voilà enfin. Ton fan-club va peut-être me laisser tranquille à présent.
Harry ne se départit pas de son sourire.
- Tu sais très bien que la durée de mon absence était indépendante de ma volonté. Mais je compte bien rester jusqu'à la fin de l'année. J'ai promis de me tenir à carreaux.
Pansy baissa la voix, dissimulant mal la curiosité maladive qui l'habitait.
- Alors il t'a fait quoi pour avoir cramé le prof ? C'était un Mangemort non ? Il t'a gardé enfermé pendant tout ce temps ?
- Amycus est toujours vivant hein, je ne l'ai pas tué. Maintenant ce qu'il se passe entre lui et moi ne te regarde vraiment pas, Pansy. Je ne doute pas que tu aurais beaucoup aimé m'entendre dire qu'il m'a longuement torturé mais tu devras te contenter de ton imagination. Drago, on y va ?
Son garde du corps se leva et ils se rejoignirent les cachots pour patienter devant la salle de Slughorn. Mais alors qu'ils attendaient depuis quelques minutes, un bruit de pas précipité retentit dans le couloir et l'instant d'après, les visages de Ron et Hermione apparurent au détour du couloir.
- Je le savais Ron ! C'est bien lui ! Harry ! Tu es revenu !
Hermione se jeta dans ses bras et Harry la serra contre lui avant de faire de même pour Ron. Mais l'instant d'après, une secousse et la sensation d'un poids sur son épaule le firent précipitamment reculer.
- Hermione ! Ron ! Ne levez surtout pas vos baguettes s'il vous plaît. Je vais lui expliquer et tout se passera bien. Vous n'imaginez pas à quel point je suis heureux de vous revoir ! Nagini. Ce sont mes amis. Ils ne me feront aucun mal.
- La fille... Elle était avec toi ce jour-là. Je reconnais son odeur. Je reste là, petit frère. Je n'ai pas confiance en l'autre Mangemort…
- Elle ne vous attaquera pas. Mais elle préfère vous surveiller. Elle sait que tu étais avec moi à Godric's Hollow, Hermione. Elle a pour mission de me protéger. Essayez de faire abstraction…
Ron avait la main dans sa poche, quant à Hermione, elle avait sorti sa baguette mais la gardait pointée vers le bas, les doigts crispés. Elle reprit la parole sans cesser de fixer Nagini.
- Harry… Si tu savais… Quand il est apparu, je pensais que je ne te reverrais plus jamais. Et puis presque deux semaines plus tard on apprend que tu es vivant et que tu vas faire un discours au Ministère. On ne savait pas quoi penser. Ta lettre a répondu à une partie de nos questions. Mais ensuite Ginny nous a expliqué ce que tu avais fait… J'ai encore beaucoup de questions à te poser…
- Harry, mon pote. Ce que tu as fait… c'est fou. Ma mère était en colère quand elle a lu ta lettre. Je pense qu'elle aurait aimé t'envoyer une Beuglante si elle avait pu. Mais en résumé, on pense tous que tu n'aurais pas dû te sacrifier pour nous. On ne peut pas savoir comment tu vis là-bas mais si tu as besoin de quoi que ce soit…
Harry secoua la tête, ignorant les grimaces écœurées de Drago à côté de lui.
- Ron, Hermione. Tout ce dont j'ai besoin c'est de savoir que vous êtes en sécurité. Regardez-moi ! Je suis en bonne santé, je peux revenir à Poudlard, je peux vous voir et vous parler… Ma baguette et ma liberté ne sont pas chers payés à côté de vos vies. Luna était emprisonnée et elle a été libérée… Alors oui, je pense avoir fait le meilleur choix dans ma situation, quoi qu'on en dise.
Hermione s'approcha doucement et lui prit le poignet.
- Il ne t'a pas forcé à prendre la marque, n'est-ce pas ?
Il dégagea son poignet et retroussa sa manche pour dévoiler son avant-bras.
- Il ne me l'imposera pas et pour moi il est totalement hors de question que je la prenne donc je l'ai dit et je le répète, même si je reste à ses côtés et que je montre mon soutien au ministère, jamais je ne serais un de ses Mangemorts.
Harry avait perdu son sourire, un peu vexé par les doutes de Hermione, mais surtout par le bref ricanement que Drago avait lâché juste après sa réponse. Ron leva les mains en signe d'apaisement.
- Tant mieux, je n'aurais pas pu te regarder en face si ça avait été le cas. Harry, on s'inquiète, c'est tout. C'est vrai que tu es seul avec lui depuis des semaines donc on ne peut pas s'empêcher d'imaginer des choses. Mais moi j'ai confiance en toi. Ma mère s'imaginait qu'il te laissait mourir de faim et Remus lui il pensait que tu allais passer du côté obscur. Il est retourné auprès de Tonks au fait ! Elle a le ventre si rond ! Elle devrait accoucher d'ici quelques semaines. Et Fleur est aussi enceinte. Je vais devenir tonton !
- J'aurais aimé pouvoir les voir. Tu me ramèneras des photos ? Dis-leur à tous que je pense à eux et qu'ils me manquent mais répète-leur ce que je vous ai dit. Le principal est que vous soyez en sécurité.
Slughorn arriva mais il poussa un cri en voyant Nagini sur l'épaule de Harry.
- Monsieur Potter ! Je suis très heureux de vous revoir parmi nous mais... ne pourriez-vous pas… ran… ranger votre familier ? Je sais que monsieur le Directeur vous a autorisé à le garder auprès de vous mais…
- Je vais lui demander. Elle n'aime pas trop être dans le sac mais si je la laissais seule ça serait encore pire. Nagini, est-ce que tu veux bien rentrer, s'il te plait ? Le cours va commencer et tu terrifies le prof.
- Non. Le maître m'a dit que je pouvais rester sur ton épaule si je voulais. Je veux t'observer.
Il hocha la tête avant de retourner les yeux vers le vieux professeur.
- Euh, je suis désolé, monsieur. Elle veut rester sur mon épaule. Mais je vous promets qu'elle ne bougera pas de là. Vous n'avez rien à craindre et les autres élèves non plus. Elle est juste excessivement protectrice envers moi.
Slughorn semblait prêt à s'évanouir. Il longea le mur pour atteindre la porte de sa salle et partit immédiatement se réfugier derrière son bureau. Drago l'entraîna comme à son habitude au premier rang où ils s'assirent côte à côte en attendant que le cours commence et Harry remarqua que Drago avait retranscrit l'intégralité de leur conversation à l'aide de sa plume à papote. Il haussa les épaules : il n'avait absolument rien dit de compromettant. Mais alors qu'il se penchait à son tour pour sortir ses affaires, le Serpentard se pencha vers lui et se mit à chuchoter avec un air de connivence :
- Tu sais, Potter, tu peux bien crier haut et fort que jamais tu ne porteras l'horrible marque des Mangemorts, mais vois-tu, c'est mon père qui a fourni à notre maître les matières premières pour créer ton masque. Je sais que tu l'as accompagné pour tuer le mage Wilde et je sais que tu portais la tenue des Mangemorts. Alors continue à faire ta vierge effarouchée devant tes amis, mais entre nous tu ne trompes personne.
- Je devais jouer le rôle d'un Mangemort pour tromper Wilde, rien de plus. Ça ne change rien au fait que je ne lui prêterais jamais allégeance.
Drago plissa les yeux mais ne répondit rien. Harry préféra détourner le regard et se mettre à caresser la tête de Nagini posée sur son épaule. Il avait pris le réflexe de se rapprocher de Nagini lorsqu'il se sentait mal à l'aise et si lui-même n'en avait pas conscience, Drago n'avait pas manqué de le remarquer. Une fois tous les élèves arrivés, Slughorn reprit la parole, marquant le début du cours.
- Bien. La potion que je vais exiger de vous aujourd'hui est légèrement plus ardue que d'habitude donc je vous demanderais de rester attentif tout le long de sa préparation. Vous trouverez sa recette page 87 du manuel. Vous pouvez aller chercher les ingrédients au fond de la classe.
Harry jeta un œil à la potion et s'aperçut qu'il en avait révisé la théorie avec Voldemort une semaine plus tôt. Il connaissait désormais la recette par cœur et il sut qu'il n'aurait pas besoin de garder le nez sur le manuel durant sa préparation. Il attendit que ses camarades aient finit de se servir en ingrédients avant de se lever à son tour, Nagini toujours posée sur son épaule. Il fit léviter quelques ingrédients jusqu'à sa chaise pour ne pas avoir besoin de faire plusieurs trajets, sans prendre garde aux divers paires d'yeux qui le suivaient du regard. Une fois de retour à son chaudron, il attacha ses cheveux et retroussa ses manches comme il en avait pris l'habitude aux côtés de Voldemort.
- Drago, tu peux allumer mon feu et m'invoquer de l'eau dans le chaudron s'il te plait ?
Le Serpentard se tourna vers lui avec un rictus.
- Allumer un feu ce n'est rien, après avoir immolé quelqu'un tu devrais pouvoir le faire tout seul !
Il s'exécuta néanmoins et Harry secoua la tête avec un air atterré avant de commencer sa potion. Nagini restait parfaitement immobile et silencieuse de sorte qu'il pouvait se concentrer comme si elle n'était pas là. Il coupait, écrasait et pesait les ingrédients avec précision, son établi n'était plus désordonné et il devait bien reconnaître que cela lui semblait beaucoup plus simple. Finalement il termina près de vingt minutes avant la fin du cours et une fois son établi nettoyé, il interpella son professeur.
- Professeur Slughorn, j'ai terminé. Voulez-vous vérifier ma potion ?
Le volumineux professeur jeta un regard effrayé sur Nagini mais il s'approcha finalement, prenant bien garde à conserver un mètre de distance de sécurité.
- Eh bien vous n'avez rien perdu de votre talent, Monsieur Potter. Votre potion me semble parfaite. Vous avez pu étudier pendant votre… hem, convalescence ?
- Oui, rassurez-vous. Mon tuteur est assez exigeant, il n'est pas du genre à me laisser paresser.
Slughorn jeta un œil au fond de la salle où Drago était en train laver sa planche à découper. Il baissa la voix.
- Vous vivez auprès de Vous-Savez-Qui, n'est-ce pas ? Vous êtes bien courageux, monsieur Potter… Bien courageux. Est-ce qu'il…
Théodore Nott s'éclaircit la voix, faisant sursauter le professeur qui s'interrompit brusquement. Il leva les yeux sur le Serpentard qui était assis juste derrière Harry et celui-ci secoua la tête. Harry reprit la parole :
- Il n'y a rien à dire, professeur. Pour l'instant mon seul désir est d'obtenir mes ASPICS comme n'importe quel étudiant. Ne vous inquiétez pas pour moi.
Draco jeta un regard interrogateur sur Slughorn et celui-ci rajouta précipitamment :
- Monsieur Potter a excellemment bien réussi sa potion. 10 Points pour Gryffondor. Il reste une quinzaine de minutes avant la sonnerie. Dépêchez-vous les autres !
Harry sourit largement, rangeant ses affaires avant de se remettre à câliner Nagini. Drago, Hermione ainsi que deux Serdaigles avaient terminés, Théodore ajoutait son dernier ingrédient, quant à Ron, il semblait avoir fait une erreur dans les dosages au vu de sa couleur, mais il ne cessait de regarder Harry, les sourcils froncés. Hermione enchanta un petit oiseau en papier pour l'envoyer vers Harry et celui-ci lu le message avant de le montrer à Drago : "Pourras-tu manger avec nous ce midi ?"
Il s'empressa de répondre : "Non, je dois manger à la table des Serpentards. Mais cet après-midi je ne reprends pas avant 15 heures. Je serais dans le parc, près de la Forêt Interdite pour permettre à Nagini de prendre l'air."
Il plia simplement le message en quatre avant de le faire léviter jusqu'à la table de son amie qui le lu avant de hocher la tête.
Le cours suivant était l'Étude des Moldus, enseigné par Alecto Carrow. Harry redoutait un peu sa réaction après ce qu'il avait fait à son frère, mais il pensait que ses attaques se borneraient à ses habituelles insultes. Cependant, à peine était-il entré dans la classe qu'il fut projeté au sol par une force invisible. Nagini était rentrée dans son sac à sa demande pour ne pas effrayer les élèves dans le couloir et Harry hésita un instant à l'appeler mais Ron et Hermione s'étaient précipités pour l'aider à se relever et Drago avait fusillé la Mangemort du regard.
- Et bien, Potter, on sait plus marcher droit ! Cessez votre cinéma et allez vous asseoir en vitesse ! Et ses petits toutous de Gryffondors qui se précipitent pour le relever. Votre précieux Survivant est pourtant devenu un fidèle du Ministère !
- Harry nous a débarrassé du sale Carrow !
Le cri venait du fond de la classe et Harry était certain d'avoir reconnu la voix de Neville mais Alecto ne sembla pas capable de l'identifier car elle leva sa baguette vers le groupe de Gryffondors sans cibler quelqu'un en particulier.
- Qui a dit ça ?
Harry était encore à l'entrée de la salle et il serra les poings. Drago leva sa baguette pour la pointer vers lui.
- Quoi qu'il arrive, n'intervient pas, Potter.
- Si elle torture un de mes camarades, je me fiche des conséquences, je ne la laisserai pas faire.
Il y eut un instant de flottement où plus personne n'osait parler de peur de se prendre un sort lorsque Rogue rentra brusquement dans la salle, faisait sursauter tout le monde.
- Professeur Carrow, je vous emprunte Potter. Que se passe-t-il ici ? Potter est-il déjà en train de perturber votre cours, professeur ?
- Je… non… Ce sont ces Gryffondors…
- Et bien donnez-leur donc un travail supplémentaire avec une retenue pour tous ceux qui n'auront pas au moins Effort exceptionnel. Maintenant mettez-vous au travail et en silence ! Potter, suivez-moi. Vous pouvez rester en classe, monsieur Malefoy, cela ne prendra qu'un instant.
Tous les élèves s'assirent et sortirent leurs affaires comme un seul homme et Alecto regagna son estrade comme si de rien n'était. Harry en aurait presque été reconnaissant à Rogue d'avoir désamorcé la situation s'il ne redoutait pas d'avance ce que l'horrible professeur allait lui dire. Il préféra se montrer poli.
- Professeur Rogue, que puis-je pour vous ?
- J'ai croisé par hasard le professeur Slughorn qui m'a semblé quelque peu bouleversé par son dernier cours. Il semblerait que Nagini soit resté sur votre épaule à le fixer durant les deux heures. N'est-elle pas censée être dans votre sac ?
Harry fit la moue.
- Elle voulait m'observer. J'ai bien essayé de lui demander de rentrer mais elle a dit qu'elle préférait rester sur mon épaule. Vous êtes bien placé pour savoir que je ne la contrôle pas.
- Je suis aussi bien placé pour voir comment ce serpent interagit avec vous, Potter et je n'ai pas manqué de constater combien elle semble protectrice à votre égard. J'ose donc espérer que vous ne vous servez pas de son affection pour faire pression sur vos professeurs afin d'obtenir de bonnes notes. Car si pour vous elle n'est qu'un gros serpent prêt à menacer les Mangemorts qui vous embêtent, elle n'aura aucun scrupule à dévorer un homme entier alors ne jouez pas avec ça ! Vous ne voulez sans doute pas avoir la mort d'un de vos professeurs sur la conscience simplement pour masquer votre incapacité à réaliser une potion correctement… Sachez que je ne manquerais pas d'informer le Seigneur des Ténèbres sur mes suspicions.
- Faites-donc, professeur. Il pourra sans problème vérifier ma version des faits. Et pour info, je suis parfaitement capable d'obtenir une bonne note en cours de potion sans tricher. Nous devions préparer une potion purificatrice de Lodi : 5g de cannelle en poudre, 5 feuilles de Cymbopognon séchées, une demi-corne de jackalope adulte, 3 baies de Caryophyllus, une grosse racine d'origanum, 200 ml d'infusion de Sarriette et 20 gouttes d'huile de Thymus. Peut-être que mes capacités d'apprentissage n'étaient pas la seule chose en cause finalement… Maintenant, si vous voulez bien, j'ai un cours à suivre, il me semble.
Harry lui offrit un sourire digne de Drago Malefoy dans ses grands moments et Rogue qui était habituellement imperturbable sembla avoir avalé un citron entier. Il sortit sa baguette et Harry sentit bientôt la sensation désagréablement familière d'une attaque mentale. Immédiatement il mit en place la défense que lui avait appris Voldemort mais Rogue se montrait implacable. Harry recula instinctivement contre le mur.
- Arrêtez !
Rogue plissa les yeux.
- Je vois que le Seigneur des Ténèbres vous a dispensé quelques cours. Qui aurait cru que le rebelle petit Potter se montrerait si attentif aux enseignements de son ennemi…
Il lui fit signe de retourner en classe ce que Harry s'empressa de faire. Rogue avait compris qu'il n'avait pas triché et rien que pour cette petite victoire il en était reconnaissant à Voldemort. Alecto ne fit pas de vague durant le reste de l'heure et au moment de déjeuner, Harry se sentait d'excellente humeur. Drago ne manqua pas de s'en étonner.
- Qu'est-ce que te voulait le professeur Rogue et pourquoi es-tu aussi souriant ? Ça ne te ressemble pas…
- Oh rien d'important. Il me reprochait d'avoir gardé Nagini sur mon épaule pendant le cours de potion et je lui ai dit que j'avais essayé mais qu'elle avait refusé de retourner dans le sac. Il pensait que je voulais faire peur à Slughorn pour avoir une bonne note et je lui ai rabattu le caquet en lui récitant de tête et dans l'ordre la liste des ingrédients. Tu aurais vu sa tronche ! Je crois que je pourrais invoquer un Patronus juste avec ce souvenir !
Il avait pris le temps de saluer tous ses anciens camarades de Gryffondors et ce fut avec un léger regret qu'il se sépara d'eux pour regagner la table des Serpentards. Heureusement il savait qu'après le repas il pourrait discuter plus longuement avec Ron et Hermione. Drago s'était montré plutôt discret lors de leurs retrouvailles dans le couloir des cachots, mais il ne cacha pas son ennui une fois à table.
- Je te préviens, Potter ! Je ne compte pas supporter tes deux poteaux en me gelant les fesses pendant deux heures ! En plus, on doit aller à la bibliothèque pour commencer le devoir de potion.
- Allez, sois sympa ! Je n'avais pas revu Hermione depuis décembre et Ron depuis encore plus longtemps ! Tu n'imagines pas tout ce qu'on a à se raconter ! En plus il fait plutôt doux aujourd'hui…
Étonnement, Théodore Nott décida de lui prêter main forte.
- Je pense que je vais svenir avec vous. Drago comme ça tu ne seras pas le seul Serpentard, si jamais les Gryffons tentent quelque chose, je pourrais intervenir.
Drago grogna.
- Mouais… Je te préviens, Potter ! Toute votre conversation sera soigneusement retranscrite au Seigneur des Ténèbres. Et je n'hésiterais pas à mettre fin à votre petite entrevue si j'estime que c'est nécessaire, compris ?
- Oui, ne t'inquiètes pas ! Je sais ce que je peux dire ou pas, il me l'a rappelé hier. Ils savent déjà que je n'habite pas chez toi puisque Hermione a juste eu le temps de s'échapper quand il m'a attrapé. En plus demain on n'a aucun temps d'étude donc je n'aurais pas l'occasion de discuter avec eux, si ça peut te rassurer.
Harry se hâta d'ingurgiter son repas, plus impatient que jamais.
***/+/***
Fin du 8e chapitre. C'est un peu abrupt mais la scène suivante avec la conversation entre Harry, Ron et Hermione va prendre quelques pages. Harry va dévoiler certaines choses bien malgré lui tandis que Ron et Hermione vont poser certaines questions… gênantes. 😉 Vous m'avez gâté avec vos review au chapitre 7 ! Merci encore ! J'ai pris le temps de vous répondre ce midi. ️❤️
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre. Alors est-ce que Harry va sombrer du côté obscur ? Voldy fait tout son possible pour le pervertir et il sait se montrer patient pour cela. Le prochain chapitre est assez fort en rebondissements. Vivement vendredi 30 octobre pour le chapitre 9, donc ! Gros bisous !
