Chapitre 8

Lundi vingt trois août, quinze heures quinze, gare de New York.

Il la vit descendre du train avec l'aide d'un homme élégant qui lui porta sa valise puis déposa une petite fille à ses pieds. Il le vit ensuite baiser la main de Candy, la saluer de son chapeau, caresser la joue de la petite puis s'en aller. Il se sentit un tout petit peu soulagé quand même que ce type trop grisonnant à son goût ne soit pas un amoureux. Mais il constata qu'elle avait déjà fait des progrès dans la séduction et la trouva vraiment d'une élégance rare dans son tailleur crème et son chapeau cloche à la mode. Il finit par marcher vers elle alors qu'elle regardait partout en tenant la main de la petite fille brune aux nattes à nœuds rouge. Enfin elle regarda dans sa direction, plissa un peu les yeux puis sourit.

- J'aurais dû me souvenir que tu te protèges des curieux en arborant de quoi passer incognito. Aujourd'hui c'est borsalino et lunettes noires, ça te va bien mais ça fait un peu gangster.

- C'est justement ce qui marche le mieux pour être tranquille, la méfiance et la peur. Mais je n'ai pas de revolver dans la poche, juste...

Il sortit une grosse sucette et la tendit à la petite qui le regardait avec de grands yeux. Candy sourit et s'accroupit au niveau de la petite et lui fit des signes que c'était pour elle et qu'elle devait d'abord remercier le gentil monsieur avant de la prendre. La petite tira alors sur la manche de Terry.

- Elle veut te remercier Terry, en langage des signes. Il sourit et s'accroupit donc aussi en la regardant faire avec intérêt. Il enleva ses lunettes et vit ses yeux noisettes briller et sa bouche articuler sans son un: merci monsieur.

- De rien jolie petite fille. Comment puis-je lui dire que je la trouve jolie et adorable Candy?

- C'est simple Terry, fais-lui un bisou et ces signes là.

Il refit les gestes de Candy, la petite sourit et lui fit pareil.

- Ça veut dire qu'elle te trouve joli aussi Terry, enfin beau. Ma fille a aussi bons goûts que sa maman.

Il rit et s'approcha doucement de la joue de l'enfant. Elle accepta son baiser sur la joue et lui en fit un bien sonore en contrepartie aussi. Il lui sourit encore et lui articula son petit nom, Terry, en se montrant du doigt. La petite articula deux fois comme lui puis se montra de la main en ouvrant la bouche pour former un u et un a voulant dire Julia. Il refit comme elle deux fois et refit les signes: tu es jolie Julia.

- Tu es très doué Terry! Tu as tous les talents!

- Ta fille me plaît beaucoup Candy, j'espère qu'on sera de grands amis elle et moi.

Puis il se releva et revint à Candy en la regardant avec admiration.

- Je suis heureux de te revoir encore plus belle et radieuse Candy et cette fois je te jure qu'il n'y aura pas de drames pour te gâcher ces vacances.

- Ni de neige heureusement, il fait même trop chaud.

- Oui cet été est sec et chaud. Mais allons-nous-en maintenant, je vois déjà des regards pesants. Je prends ta valise et passe devant, ça fera garde du corps, suivez-moi belles demoiselles.

Il la vit redescendre avec Julia dans une robe légère sans manches au décolleté en v charmant et les cheveux coiffés simplement d'un bandeau noir et la trouva divine. La petite ne lui ressemblait pas du tout avec ses cheveux noirs et raides, sa peau mate de mexicaine mais elles respiraient toutes deux tant l'amour filial et de complicité. Martha était ravie de voir enfin un enfant résider ici et ne tarda pas à la gâter sous l'air ravi de Candy qui sentit tout de suite la nounou gâteau parfaite pour la seconder. Elle avait préparé du chocolat froid et un gâteau aux fraises pour le goûter et Terry s'amusa beaucoup de l'appétit de ses invitées arborant à la fin toutes deux une moustache cacao. La petite rit sans son quand Terry nettoya de sa serviette la lèvre de sa maman mais rosit ensuite quand il lui fit pareil mais finit par un bisou au coin de sa bouche.

- Méfie toi qu'elle ne tombe pas amoureuse de toi elle aussi, les mexicaines sont très jalouses!

Puis plus sérieusement:

- Elle est à l'aise avec toi, ce qui n'est pas fréquent avec les hommes vu ce qu'un lui a fait subir.

- Quoi Candy? Fit Terry inquiet.

- Il la battait. Comme elle ne crie pas, il se défoulait d'autant plus les soirs de beuverie. C'était une famille qui l'avait prise en pension seulement pour la faire travailler à moindres frais.

- C'est dégueulasse et lâche! Pauvre petite!

- J'essaie de lui faire oublier ce cauchemar sans pour autant la pourrir. Il faut la traiter comme n'importe quel enfant mais qu'elle ressente l'amour constamment. Avec Anthony ça s'était plutôt bien passé aussi au baptême, mais est-ce étonnant?

- J'ai souvent eu de meilleurs rapports avec les enfants que les adultes. Avec eux jamais de semblants, de curiosité malsaine, juste du naturel. J'adore les gosses.

- Mais tu ne veux pas être père?

- Si j'aimerai mais pas n'importe comment non plus.

- Je comprends, ce n'est simple pour personne même si on le peut.

- Oui, pour nous trois surtout. Mais je suis ravi d'avoir un peu de cette merveilleuse expérience à vivre ici, si tu me permets de jouer un peu le tonton aussi bien sûr.

- Je te le permets Terry, tout ce qui rendra heureuse Julia est autorisé. D'ailleurs j'aimerais bien piquer une tête dans ta piscine avant qu'Anthony rentre. Je peux te confier mon petit trésor?

- Oui Candy, j'en prendrai grand soin.

Quand Anthony arriva à la maison il vit Terry s'amuser comme un fou avec la petite Julia et les trouva vraiment bien assortis et complices. Mais quand Julia le vit, elle le reconnut et courut jusqu'à lui pour lui articuler un O et I pouvant signifier Tony puis le tirer par la manche pour qu'il joue à se courir après avec Terry. Celui-ci vint les retrouver et en voyant la petite tirer sur le bras d'Anthony, il s'accroupit devant elle et tenta de lui faire comprendre qu'Anthony ne pouvait pas courir car sa jambe droite était abîmée. Il réussit à se faire comprendre par un mélange de gestes et mimiques qui firent d'abord rire Julia mais quand elle comprit l'handicap de l'avocat elle prit un air triste en montrant la jambe puis sa bouche et faire des signes qu'il était comme elle, différent. Anthony tenta de la rassurer, différent mais avec d'autres possibilités et pas triste car heureux avec plein d'amour. Finalement, ils s'étaient tous trois dit beaucoup sans phrases et avec le cœur on se comprenait bien. Alors Julia prit la main d'Anthony, celle de Terry et ils rentrèrent dans la maison et accueillirent ainsi Candy qui descendait l'escalier, visiblement émue du spectacle et qui tomba dans les bras de son cousin.

- Je suis heureuse d'être ici mon frère, tu avais raison, l'amour ne fait pas mal quand tout est clair, au contraire! Vous êtes tous les deux des hommes rares et Julia l'a senti tout de suite aussi.

- Nous sommes ravi de l'avoir, des enfants ne donnent que du bonheur. Mais on va aussi bien occuper ton emploi du temps cette semaine ma Candy, tu verras.

En fait, la semaine ne leur suffit pas à tous quatre et le dimanche, il fut décidé qu'elles resteraient encore toute la suivante à New York. Le lendemain, Terry emmena ses invitées passer la journée à Long Island et pendant que Julia faisait une sieste dans un hamac après leur pique-nique dans l'herbe, Candy demanda à Terry une faveur.

- Je sais que tu n'es pas croyant Terry mais... me ferais-tu tout de même un cadeau en acceptant de rentrer dans une église et de devenir... non, n'aies pas peur, pas de m'épouser! Non, de devenir le parrain de Julia?

- C'est vrai? Tu aimerais que je le sois?

- J'aimerais plus si je n'écoutais que mon cœur Terry mais... être son parrain serait déjà si merveilleux pour elle et moi.

- J'en serai très fier et heureux Candy. Je ne suis surpris que parce que je pensais que tu voudrais Anthony.

- Il est déjà parrain de Thomas. Oh! C'est lui que j'aurais choisi sans toi car il est autant parfait que toi mais je crois qu'il y a un petit plus pour toi dans le cœur de Julia. Alors tu acceptes d'aller à l'église?

- Oh oui! J'accepterais même que ce soit la mère supérieure de Saint-Paul qui accomplisse le baptême pour mon adorable filleule!

Ils éclatèrent de rire puis Candy redevint sérieuse.

- Pour être la marraine de Julia, je ne vois qu'Annie mais tu as ton mot à dire.

- Je ne vois pas pourquoi ça me déplairait?

- Il faudra que tu vois Archibald et Albert si j'attends son retour en décembre.

- Je suis prêt à les revoir de la façon qui arrange tout le monde. Pour Albert, c'est Anthony qui décidera, pas nous.

- Oui, je sais qu'il lui dira la vérité un jour parce qu'il ne peut mentir à son oncle. Mais je voudrais que la cérémonie ait lieu à la maison Pony, j'y tiens.

- J'adorerais y retourner bien sûr. Et évidemment, là-bas, pas un seul acte rebelle ne sortira de moi promis.

- Je ne m'inquiète pas de ça Terry mais je ne vois pas ma chère sœur Maria comprendre nos modes de vie, ni même mademoiselle Pony.

- Je respecte trop ces dames pour vouloir les choquer, jamais face à la foi sincère.

- Mais j'ai pu constaté que l'athéisme pouvait être vécu avec une générosité désintéressée et une honnêteté sincère. Tu as réussi à me faire voir les choses autrement Terry. J'ai toujours ma foi mais je sais maintenant ce n'est pas la foi qui fait la dignité et que Dieu s'il existe ne récompense et punit personne. Je sais aussi que la morale est propre à chacun mais que l'amour n'est jamais un mal et punissable. Et enfin je sais qu'être maman est le plus beau rôle de ma vie mais que seule c'est plus difficile qu'avec l'aide de deux hommes si faits pour être papa.

- Je sais pour ma part que plus nous sommes nombreux à aimer un enfant plus il sera épanoui et armé à devenir un adulte heureux. On se sent si mal quand on ne se sent pas aimé enfant.

- Terry, il y a longtemps que je me pose une question que je n'ose pas te poser.

- Ose, je ne réagirai qu'en y répondant ou pas.

- D'accord. Tu es resté marié quatre ans avec Susanna et... jamais un enfant n'est...

- Non jamais mais en vérité Candy, je ne l'ai... touchée que deux ans et... pas très régulièrement. Et puis... je crois que Susanna ne voulait pas tomber enceinte, elle ne les supporte pas.

- Oh! Je n'aurai vraiment pas cru qu'elle était ainsi, je la plains beaucoup.

- Moi plus mais sans la haïr, juste l'oublier.

- Alors excuse-moi de te la rappeler.

- Ce n'est rien. D'ailleurs, tranquillise-toi sur son sort, elles a retrouvé quelqu'un à étouffer depuis bien avant notre divorce. J'avoue l'avoir trompée sans états d'âme dès la deuxième année de mariage mais la première, j'ai fait tous les efforts possibles pour que ça marche même si je ne l'aimais pas d'amour. Mais elle a détruit même l'amitié et la pitié tant elle m'a harcelé de jalousie, d'exigences ridicules, de menaces, d'insultes, de nouvelles et innombrables menaces de suicide, et surtout de le supporter en plus de sa mère qu'il fallait aussi avoir sous notre toit et entretenir. J'ai eu le pompon quand je suis revenu de tournée après Othello et qu'elle avait brûlé des livres rares appartenant à mon père qui venait juste de mourir, sous le prétexte que je l'avais humiliée en jouant auprès d'une actrice qu'elle pensait ma maîtresse, ce qui n'était même pas vrai. Alors je lui ai dit que c'était fini, ma dette avait duré six ans et puisqu'elle n'était pas heureuse d'être ma femme, elle n'allait plus l'être. Elle a d'abord ri sans y croire puis elle a encore piqué une crise mais comme cette fois je n'ai même pas cédé au chantage de suicide, elle a fini par comprendre qu'elle avait usé la corde jusqu'à la rompre. Voilà Candy, si un enfant était né de cette union sordide, je l'aurais aimé c'est sûr mais il n'y a eu aucun bonheur en cette union sauf le jour de sa désunion légale. Maintenant ne parlons plus d'elle s'il te plaît.

- Oui Terry, parlons d'Anthony. Il est un peu nerveux à l'approche de son procès, je lui ai conseillé une cure de vitamines et des séances de kiné pour son dos. Il te l'a dit?

- Oui hier. Par contre il n'a jamais été avide de détails sur ses opérations. En sais-tu plus?

- En bonne infirmière oui mais il est aussi vague avec moi que quiconque dès qu'il s'agit de ce sujet. Je sais qu'il a une plaque de métal fixée par des vis à son fémur resoudé mais trop fragile, pour le maintenir droit. Il boite parce que la plaque crée une raideur et les muscles sont restés longtemps atrophiés. Il prend donc des anti-coagulants et veino-toniques en permanence pour éviter phlébites et engourdissement. Son dos a été opéré pour enlever l'hernie qui comprimait son rachis et le rendait paraplégique. Son dos est guéri mais reste fragile, donc pas de cheval, pas de sport sauf la marche, la natation qui est même un des traitements le plus efficace et quelques exercices d'étirements et musculation légers comme il le pratique avec toi. D'ailleurs en aparté, ta piscine et la vie qu'il mène avec toi semble saine pour lui car il est plus résistant qu'il y a huit mois. Un seul bémol, la cigarette, comme pour toi.

- J'avoue mais grâce à Julia nous fumons moins car seulement à l'extérieur.

- Alors elle doit vivre ici toute l'année pour vous motiver à arrêter?

- J'aimerais beaucoup mais je sais que tu préfères vivre à Chicago.

- Avant oui forcément vu que je t'évitais. La maison Pony reste mon berceau, j'y ai Annie, Archibald et d'autres amis encore. Mais il est vrai qu'Albert n'y est guère et Anthony plus alors... Mais c'est impossible, je n'ai pas d'autre maison pour vivre que Lakewood et j'ai mes responsabilités à l'orphelinat de Chicago et autres œuvres.

- Ici il y a aussi de quoi donner temps et amour Candy, surtout à Harlem.

- Oui j'ai vu lors de notre visite. Je ne sais pas Terry, c'est une décision importante.

- Je sais mais je me disais que tu aurais vécu à New York si la vie ne nous avait pas séparé et si le destin veut que tu y réfléchisses il a peut-être ses raisons.

- C'est vrai que si tu m'avais demandé de rester lors de ma venue pour Roméo, je... j'aurais refusé car je n'y étais pas préparée. Mais j'y serai revenue vite et aurais accepté ta demande en mariage si tu me l'avais proposé. Imagine! Dis-moi comment nous verrais-tu aujourd'hui? Divorcés ou heureux et toujours amoureux?

- Evidemment très heureux, amoureux et avec un enfant au moins. Je crois sincèrement que je vivrais avec toi la même vie qu'avec Anthony, ou presque.

- Peut-être. J'avoue que depuis que je suis ici, je vois ce que j'ai raté et il m'arrive au moins une fois par jour de le regretter mais sans en être malheureuse. Tu aurais été un mari fidèle, tendre et tolérant avec moi. Mais en plus tu aurais été le père parfait pour mes enfants et chez toi j'aurais pu en élever une bonne demi douzaine, quel rêve! Mais pas de regret ! Je vais donc réfléchir à ton idée plus égoïstement aussi car ça serait un petit bout encore d'un «si» merveilleux que ce choix! Mais jamais sans qu'Anthony le veuille aussi bien sûr.

Plus tard Terry parla avec Anthony de ce qu'il avait envisagé avec Candy l'après midi, qu'elle vive à New York, et il fut fier de voir qu'il trouvait ça bien sans supposer n'importe quoi.

- Elle pourrait ainsi plus s'occuper d'œuvres, toi tu aurais Julia plus souvent et moi je me sentirai plus serein en te sachant père de cœur et profiterai autant de la petite, de toi et de ma sœur.

- Elle m'a aussi demandé de devenir le parrain de Julia.

- Magnifique! Franchement Terry, je ne peux qu'être encore plus heureux si cette enfant reste et te permet de vivre tout de même ça. Et Candy ne sera plus jamais entre nous mais avec nous, même dans mes pensées secrètes.

- Merci mon amour. Mais elle n'a pas encore pris sa décision, il faut lui laisser le temps de tout penser.

- Bien sûr! On ne va pas la forcer. En attendant, j'ai la date fixée pour le procès, le dix octobre, quatre jours avant mon anniversaire, en espérant que ça sera un de mes cadeaux.

- J'en suis sûr! Je serai là pour te soutenir moralement.

- Tu veux dire dans le tribunal?

- Oui, pas question de ne pas y aller par crainte des ragots.

- Oui mais si Candy reste, ça ne pourrait tant faire parler, vous seriez là tous les deux, elle en cousine et toi en ami des deux.

- Avec ou sans elle, j'y serai mais si c'est avec, je n'accepte que si elle est d'accord pour nous servir un peu d'alibi, pas autrement.

- Evidemment! Je ne veux plus la blesser inutilement, c'est fini ce temps, je sais la vérité et bien que j'avais raison, j'ai vu qu'on vit ça très bien à trois et je serai maintenant toujours sans suspicions stupides, tu verras.

- Tu avais raison pour elle mais moi j'avais raison pour moi, quoi que je l'aime tendrement toujours, je suis trop fidèle à mes choix pour te trahir.

- Je sais, tu m'aimes à la perfection et j'essaie de t'égaler parce que je tiens à garder toujours ce privilège.

Ils étaient dans la chambre, Terry était assis sur la fenêtre mais encore habillé, Anthony était sur le lit mais en peignoir vu qu'il avait pris sa douche juste avant. Mais en voyant Terry le regarder de sa façon séductrice et transperçante, il détacha sa ceinture et lui étala son corps sous les yeux.

- J'adore te voir toujours si désireux, nous sommes pourtant au quatrième mois déjà.

Terry sourit et se leva pour venir le caresser et le voir bander déjà fortement comme à chaque fois.

- Oui, quatre mois demain et je te veux comme au premier jour, même davantage Anthony et tu me désires autant. Dis-moi, ce qui te ferait plaisir ce soir mon trésor.

- Je veux que tu te déshabilles et que tu retournes sur le bord de la fenêtre. Comme le soir où j'ai tout gâché en devenant suspicieux tu sais? Mais cette fois je ne le serais plus, je veux bander à en crever.

Terry sourit, se dévêtit totalement et posa ses fesses sur le bord de la fenêtre en étalant son membre dur. Puis il posa de différentes manières, avec souplesse, sensualité et audace, qui firent suer, gémir et enfin se lever Anthony avec un désir à son paroxysme. Il le caressa alors partout en dévorant sa gorge puis le fit se mettre de dos et les fesses arquées pour que sa bouche se délecte de son anus et ses fesses avant de le prendre sauvagement et jouir comme un damné en lui.

Candy avait la chambre opposée, celle ayant sa salle de bain, un petit salon et un bureau. Mais le bureau était devenu la chambre de Julia. En principe, on ne pouvait s'entendre les uns les autres vu la distance et les murs bien isolés. Mais ce soir, Candy avait chaud, Julia dormait profondément et elle avait envie de piquer une tête à la piscine pour se rafraîchir. Elle remonta donc le couloir, les appartements de Terry et Anthony étaient sur la gauche, elle n'avait pas à y aller, pourtant, elle eut l'idée d'écouter deux secondes derrière la porte pour savoir s'ils dormaient. Mais en mettant son oreille sur le trou de la serrure, elle entendit gémir et rougit en repartant sur la pointe des pieds. Elle était vers l'escalier quand elle se dit que c'était dommage de ne pas oser plus alors que c'était juste pour savoir comment deux hommes faisaient l'amour. Les scrupules que c'était mal et indiscret d'épier vinrent la hanter mais elle les chassa en se justifiant par une soif de connaissance bien naturelle vu ses vingt quatre ans et juste deux baisers de Terry dont le dernier lui donnait encore la chair de poule. Alors elle se dit: au diable les regrets, je préfère les remords. Elle retourna jusqu'à la porte, recolla l'oreille mais n'entendit plus gémir. Elle se baissa et regarda par le trou de la serrure mais ne vit que la commode et un petit bout de lit. Elle recolla l'oreille et entendit la voix d'Anthony dire: « Terry, encore une fois ça a été un feu d'artifice, je t'aime à en mourir. » Puis Terry répondit: « Mon amour, ne meurs pas, vis avec moi pour cinquante ans au moins, ce n'est pas encore assez pour t'inonder d'amour mon beau soleil. Je t'aime à en être saoul de bonheur mon Anthony, je t'aime pour l'éternité! »

« Que c'est beau! Dire qu'il aurait pu me le dire à moi, quel dommage! Terry tu es trop unique, comment t'oublier en amoureux idéal? Il faut que j'en trouve un ici assez beau et gentil, ça doit bien exister! Il faut que je tombe amoureuse ou je ne pourrai pas rester toujours sans devenir frustrée. Juste un tout petit peu amoureuse, ça doit bien être possible et ça me suffira avec mes rêves. »

Elle regarda une dernière fois dans le trou mais le regretta car elle vit Anthony traverser la pièce, totalement nu. Elle déglutit en le trouvant beau et troublant, puis se releva et fuit en imaginant que si ça avait été Terry elle se serait carrément évanouie tant il était beau et musclé. Une fois à la piscine, elle nagea jusqu'à ce que son corps soit calmé puis rêva en le revoyant en maillot de bain et nager si rapidement. Ses pensées dépassèrent alors ce qu'elle croyait car elle se sentit toute chose en mêlant ce souvenir à la nudité d'Anthony et celle imaginée de Terry, puis sentit en son bas ventre une chaleur comme jamais qui la fit rougir mais gémir doucement. Elle mit sa main sur son entrejambe comme pour que ça cesse mais ça ne fit que l'aggraver et elle ne put l'enlever avant de sentir une explosion faire trembler son corps puis une fatigue la remplacer. Elle se demanda trois secondes ce qui venait de lui arriver puis en comprenant qu'elle avait eu son premier orgasme seule, elle pleura à la fois de joie de se savoir normale mais aussi de tristesse d'en être là.

Pourtant le lendemain elle redevint heureuse et déterminée à connaître les bras d'un homme qui au moins lui plairait, pour revivre cette expérience. Elle s'habilla avec soin, se coiffa sans attacher sa chevelure épaisse arrivant jusqu'au milieu de ses omoplates, se parfuma et mit quelques bijoux. Elle déjeuna copieusement avant de réveiller Julia, la baigner, l'habiller et redescendre dans la cuisine. Anthony déjeunait en lisant un journal et lui sourit avec admiration.

- Quelle élégance Candy, pour qui est-ce?

- Moi, Julia, toi, Terry, Martha, Peter et ceux qui apprécieront en ville. Est-ce que tu pourrais me déposer près d'un coiffeur, je vais changer un peu de tête aujourd'hui.

- Tu ne vas pas les couper tout de même?

- Si Anthony, je fais ce que je veux de ma tignasse, que ça te plaise ou pas. Alors c'est oui?

- Bien sûr, je te déposerai en ville. Tu emmènes Julia?

- Non, je vais demander à Terry s'il peut la garder. Il dort encore?

- Non, il fait sa gym, il ne devrait pas tarder.

- Je vais y aller, de toute façon, j'ai oublié quelque chose, je reviens.

Il faisait des abdominaux, elle se régala de le voir en sueur, en short et débardeur et admira encore ses muscles.

- Et un deux, trois! C'est agréable de regarder les autres transpirer quand on est en vacances. Mais continue Terry, je suis juste venu te demander si tu peux garder Julia toute la matinée voire jusqu'à trois heures. Anthony va m'emmener en ville où j'ai à faire.

- Bien sûr Candy! Fit-il, essoufflé en s'essuyant avec la serviette tout en se relevant. De toute façon j'avais fini, je vais prendre une douche vite fait et je vous rejoins avant qu'il parte.

- OK, alors à tout de suite Terry.

Elle lui sourit tendrement en lorgnant discrètement ses cuisses vu qu'il se penchait maintenant pour prendre sa bouteille d'eau. Puis alors qu'il buvait, elle lorgna de profil ses fesses et le devant en rosissant.

- Eh bien ma belle, tu es très élégante, tu vas faire des ravages en ville!

Elle sursauta, il la regardait des pieds à la tête sans rosir lui et ça l'agaça d'être si faible avec lui.

- J'espère Terry car j'ai envie de me faire de nouveaux amis aujourd'hui.

- Je te le souhaite Taches de son.

- Quand cesseras-tu de m'appeler ainsi! Je n'en ai même plus d'ailleurs, tu le saurais si tu m'avais regardé.

Et sur ce, elle lui tira la langue et tourna les talons en les faisant claquer et en se dandinant un peu.

- Je t'ai regardé Candy, je le sais que tu n'en as plus mais tu es ma Taches de son à vie, c'est ainsi.

Il avait crié et quand elle franchit la porte, elle sourit, émue.

« C'est déjà ça mon beau Roméo, je suis tout de même la seule femme de ton cœur et le resterai vu comme tu aimes Anthony, et je préfère que ce soit lui que je ne peux haïr et jalouser! »

A suivre...