Epilogue
Je lisais tranquillement, assis sur une chaise. Je ne quittais pas le chevet d'Harry. Il avait été transféré à Sainte Mangouste. Les médicomages s'occupaient de lui mais devaient avouer ne pas savoir quoi faire de plus que ce que j'avais déjà fait. Ils se retrouvaient devant leur premier cas de survie face à l'Avada Kedavra. Harry était connu pour y avoir survécu par deux fois maintenant. Un véritable survivant…
Mais le survivant était dans le coma depuis un mois maintenant et je commençais vraiment à douter de le voir se réveiller un jour. J'entendis des pas dans mon dos et l'énergie qui approchait, chargée en électricité, m'indiqua la présence de Thor.
« Il serait peut-être temps, mon frère. »
« Pas tant que je ne l'ai pas vu se réveiller ou que je ne l'ai enterré, Thor. Je ne partirai pas d'ici tant que l'un ou l'autre n'arrive. Mais tu as ma parole sur tout ce que j'ai de plus cher que je partirai avec toi à Asgard quand j'en aurais fini ici. »
Je l'entendis soupirer et tirer une chaise vers lui.
« Je ne comprends pas autant d'attachements pour un Mortel, surtout venant de ta part…. »
« Non, mais tu t'es regardé avec ta Mortelle ?! » rétorquai-je, acide, sans pour autant élever la voix. « Cette Jane Foster ! »
« C'est fini depuis des années, » répliqua le Dieu du Tonnerre.
« Il n'empêche que tu as eu le béguin pour elle et que tu aurais été prêt à y laisser le trône ! » Il me regarda avec des yeux ronds. « Non mais tu croyais que je ne me tenais pas un minimum au courant ?! Ce n'est pas difficile quand on connait les sortilèges. Le savoir, c'est le pouvoir, Thor ! Ne jamais sous-estimer le pouvoir de la connaissance. »
Je soupirai et fixai à nouveau mon regard sur Harry.
« Et mon attachement envers ce Mortel n'a rien de comparable avec ce que toi tu as pu avoir avec tes petites conquêtes. Pour moi, il est plus comme un protégé, un filleul, un fils. Appelle cela comme tu veux. Je n'éprouve pas d'amour autre que celui d'un père pour son enfant à son égard. Voilà mon attachement. Et voilà pourquoi je veux attendre la fin en ce qui le concerne. Je voudrais savoir. Je sais déjà pour Drago. Il a survécu à la guerre et il vivra une vie plus ou moins heureuse malgré les erreurs de son père. Ne reste plus que lui… Alors tu attendras le temps qu'il faudra. Et ce n'est pas moi qui décide. »
Sur ces mots, ne voulant pas plus discuter avec lui, je me replongeai dans ma lecture.
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Ce fut une petite agitation magique, telle une légère vague, qui me fit relever la tête. Harry avait bougé un peu. Je me concentrai sur lui et je sentis à nouveau la différence. Je souris. Il n'était plus dans le coma mais dans le simple sommeil. Il ne tarderait pas à se réveiller.
J'agitai la main et envoyai immédiatement un patronus à ses amis les plus proches afin de les tenir au courant de la situation. Je réfléchis également à savoir si je devais avertir les Avengers mais je finis par m'abstenir. Je voulais un moment avec Harry, lui dire la vérité sur ce que j'avais fait durant toute son enfance. Je lui devais cela.
Le Gryffondor finit par se réveiller et je souris en croisant à nouveau ces deux perles émeraudes.
« Bonjour, » fis-je.
Un croassement me répondit. Je ris doucement en agitant la main. Un verre d'eau apparut sur la table de chevet. J'aidais le Gryffondor à s'installer en position assise et lui fit boire un peu.
« Où… ? »
« Tu es à Sainte Mangouste, Harry, » souris-je. « Cela fait un peu plus de trois mois maintenant que tu y es. » Je le vis s'agiter, inquiet. « Du calme. Du calme. C'est fini. Il est mort. La guerre est finie depuis trois mois. Tu as réussi. Nous avons tous réussi. »
Il parut soulagé à ces propos et ses meilleurs amis apparurent dans l'encadrement de la porte avec … – je soupirai à leur vue – trois Avengers. Et Thor faisait partie des trois évidemment ! Je me levai et les rejoignis, pour laisser les plus jeunes se retrouver.
Je gardai le silence et patientai quelques heures avant de finalement avoir l'opportunité de discuter avec le nouveau héros national. Rien que lui faire cette petite annonce avait fait s'enfoncer le jeune homme dans ses couvertures, un grognement de dépit clairement audible franchissant ses lèvres. Cela m'avait fait beaucoup rire. Je pus tout lui raconter. Qui j'étais et ce que j'avais fait pour lui. Et ce que j'aurais été capable de faire.
« Pourquoi je ne peux rien faire comme tout le monde ? » demanda le Gryffondor.
Même si je sus qu'il n'attendait pas de réponse, je lui fournis une de mes hypothèses.
« Peut-être parce que tu as croisé mon chemin et que je ne fais jamais rien comme tout le monde ? »
« Ce serait trop facile de rabattre la faute sur quelqu'un d'autre, » me dit-il.
Cette réponse me fit sourire. Je lui ébouriffai les cheveux et me levai.
« Tâche de ne plus t'enfoncer dans les ennuis car je ne serai bientôt plus sur Terre pour te sortir des ennuis, Harry. »
« Où allez-vous ? »
« Je rentre chez moi, » répondis-je. « Et il y a peu de chance que je puisse en revenir ici. Ou pas de ton vivant en tout cas. Mais cela ne voudra pas dire que je ne garderai pas un œil sur toi. »
« J'essaierai, » me promit-il.
Cela me suffit.
« Allez. Je te laisse. Tu as encore besoin de repos. »
« Adieu, professeur. »
« Adieu, Harry. »
Je lui serrai la main et partis hors de l'hôpital. Je rejoignis simplement les Avengers. Et Thor… Je regardai ce dernier silencieusement.
« Alors ? » me demanda-t-il au bout d'un instant.
« Si tu veux savoir si on peut y aller ? » soupirai-je. « Oui, on peut. Si tu me demandes si je veux y aller. Ma réponse est non. Mais tu me demandes pas mon avis puisque tu dois me ramener. J'ai dit que je te suivrais et je tiens ma parole. Mais cela ne changera absolument rien entre nous. Ou entre moi et Asgard. »
« Loki… »
« Je suis navré Thor, mais j'avais confiance. Vous m'avez trahi, vous m'avez abandonné. N'espérez pas que je vous pardonne aussi facilement. »
« Mais puisque je te dis qu'on ne t'a pas trahi. »
« Si tu espères que je te crois… »
Je soupirai et tendis simplement la main. Je fis venir le Tesseract et il flotta à quelques centimètres au-dessus de ma main.
« C'est quand tu veux, » fis-je. « A moins que tu doives prendre ton temps pour saluer tes amis ? »
Thor vit que je ne plaisantais pas quant à ma volonté de rentrer à Asgard. J'avais donné ma parole. Il ne me restait plus qu'à affronter la justice d'Odin. Mais cela se résumerait à l'enfermement à vie. Je le savais très bien. Qui voudrait me laisser parler ? Qui voudrait me défendre ? Personne. Je n'étais qu'un misérable Jotunn.
Mais au moins, la cellule d'Asgard qui m'attendait serait un petit palace comparé aux geôles de l'Autre. C'était tout ce que j'attendais. Comme j'attendais aussi ma prochaine libération car face à l'Autre, ils ne pourraient qu'avoir besoin de ma puissance. Mais aurais-je seulement le courage d'accepter de les aider le moment venu ?
Voilà quelles étaient mes interrogations alors que Thor et moi faisions le chemin vers le palais. Je n'étais pas enchaîné, je n'étais pas menaçant. J'étais juste consentant. J'avais eu dix-sept ans pour y réfléchir. J'étais prêt quoi qu'il puisse advenir. Et à part l'Autre, plus rien ne pouvait m'effrayer. Rien. Pas même Odin.
FIN
Bonsoir, ou bonjour, pour moi il est tôt au matin.
C'était ma petite histoire où Loki prenait la place de Severus Snape. J'espère qu'elle vous aura plu.
A bientôt pour de nouvelles mésaventures.
Pleins de bisous,
Memepotter952504
