Salutations les moussaillons ! J'espère que vous allez super bien ! Pour ce dixième jour, le thème est Souquez les artimuses, une référence à un certain film plutôt comique et que j'avoue pas mal apprécier (Astérix mission Cléopâtre au cas où). Alors, j'ai eu envie de parler d'un personnage que j'apprécie peu mais j'aime bien écrire sur lui et le rendre plus... humain. Les voies de l'écriture sont parfois bien mystérieuses mais on fait avec ! Mon avis sur ce personnage n'est plus aussi tranché que par le passé ! Belle lecture en tout cas, on se retrouve plus bas.
« Quelle belle carrière ! Quelle fierté que d'arriver si haut ! Ah, voilà un bel exemple ! »
Oh, comme il aurait aimé que ce soit vrai ! Comme il aurait aimé pouvoir simplement sourire et acquiescer, dire qu'il exerçait le plus beau métier du monde, celui qui faisait rêver les gosses. Pour la carrière, clairement, on ne pouvait pas le nier. Partir de simple soldat de base, du bas de l'échelle, pour finir amiral en chef des années plus tard, ce n'était pas rien. Cela demandait de nombreuses qualités, notamment une force physique et mentale, une détermination sans borne ainsi qu'une ténacité à toute épreuve. Tout cela, il le possédait et il pouvait en être fier.
Le problème de Sakazuki ne venait pas de là. Pour le coup, c'était la fierté qui le faisait grincer. Certes, il servait une belle institution, des valeurs nobles, voire chevaleresques. Il incarnait la Justice en personne et défendait les pauvres civiles des nombreuses nations sous la protection du gouvernement mondial. Il était le rêve de nombreux d'enfants qui admiraient sa force et aussi de certains subordonnés qui rêvaient d'atteindre son rang. Il représentait une sorte de héros, un homme grand et fort, un modèle pour les plus jeunes. Loin d'avoir été exemplaire toute sa vie, ses années sur les mers rattrapaient bien les quelques frasques de sa folle jeunesse. Cependant, c'est une autre histoire qui ne nous concerne pas pour l'instant.
« Le problème, c'est mon équipe… »
On s'imaginait aisément que ses subordonnés répondraient facilement à tous ses ordres, sans discuter, louant la sagesse de leur chef. On le voyait déjà, établissant des plans, mettant en place des stratégies sans rencontrer d'obstacles de la part de ses alliés. Oui, l'imagination collective montrait une image incroyablement belle de cet homme, en tout cas pour les civils qui croyaient en lui.
La réalité était bien différente.
Déjà, il y avait ce maudit Kuzan qui avait disputé son poste, sous prétexte que sa justice était trop expéditive. Comme si tuer quelques dizaines de civils était incroyablement cruelle ! L'ancien Aokiji était au contraire plutôt paresseux et relax, il n'aurait jamais pu mener toute la Marine. Un rebelle pareil aurait forcément détourner son regard des puissances supérieures. Sakazuki savait depuis bien longtemps, bien avant qu'il ne soit Akainu, qu'on n'ignore pas les dragons célestes impunément. Forcément, le ton était monté entre eux et ils avaient dû s'affronter.
« - C'est la fin pour toi, avait grondé Sakazuki.
- Au contraire, mon vieux. Ce n'est que le début ! »
Effectivement, ce n'était que le début. Akainu avait dû se battre sur l'île de Punk Hazard contre Kuzan et ils avaient bien souffert tous les deux. Les cicatrices demeuraient encore mais il y avait eu un seul vainqueur. Sakazuki s'en était sorti, mais de justesse, il lui répugnait de l'avouer. L'autre amiral était très fort et il se souviendrait longtemps de ce combat. Quelque part, cela rendait sa victoire encore plus éclatante et son poste lui semblait plus que jamais mérité. Cependant, cet acte de rébellion avait entraîné d'horribles conséquences dans la Marine et il en payait encore le prix.
Ensuite, il y avait Kizaru, l'amiral, aussi connu sous le nom de Borsalino. Oh, en soit, il faisait bien son travail et partageait plutôt ses convictions, rien à dire pour ça. En revanche, il était lent, mais lent. Pour quelqu'un qui possède le fruit du démon de la lumière, c'était un comble. Sa façon de parler insupportait de plus en plus l'amiral en chef qui devait se coltiner les réunions les plus longues du monde avec lui. Au moins, le travail était fait et il n'avait pas trop à se plaindre. Pas trop.
Puis, on poursuivait avec Fujitora. Il était plutôt pas mauvais dans son genre, un homme d'expérience quoi qu'aveugle, mais fort et épris de justice. Sa passion pour les jeux de hasard n'entravait en rien son métier, ce qui était un bon point. En revanche, il avait parfois de drôles de convictions. Il pouvait parfois trouver un pirate juste et le laisser partir, sans autre raison que sa propre croyance. Cela sapait parfois le moral de l'amiral en chef mais il ne pouvait rien dire. Cet homme avait un certain poids et il valait mieux l'avoir de son côté, quitte à faire quelques compromis.
Ryokugyu, ce n'était même pas la peine d'en parler. Outre son entêtement (il était capable de rester des années sans manger un seul morceau), il n'avait rien à dire de particulier sur lui. En tout cas, pas pour cette fois, ce serait pour un prochain point sur ses conditions de travail.
Puis, il y avait Garp, le pompon sur Marie-Joie, le cauchemar ultime de Sakazuki, l'être qu'il voyait dans ses rêves les plus sombres, celui qui attisait ses craintes comme personne. Cela paraît sûrement bizarre de parler ainsi d'un marine, surtout d'un marine retraité, mais c'était la vérité. Par où commencer ? Sakazuki ne savait même pas. Le cas Garp était certainement le plus complexe qu'il ait eu à gérer et même après toutes ces années, il n'en soupçonnait pas l'étendue avant d'obtenir son poste d'amiral en chef. Le bougre cachait drôlement bien son jeu !
« Tiens, c'est le chien rouge, comment ça va ? »
Déjà, il n'en avait absolument rien à faire de la hiérarchie. Le respect n'avait que peu d'importance pour lui, en tout cas pour tout ce qui touchait directement à son travail. C'était le père de l'homme le plus recherché du monde, le chef de la Révolution, et le grand-père d'un sale gosse de pirate. Il avait également élevé le fils de Gol D Roger, un pirate démoniaque. Sakazuki ne comprenait pas cet homme qui passait son temps à grignoter ses cookies en mettant des miettes partout ainsi qu'à s'endormir dans les pires moments. Il y a peu, Akainu avait essayé d'en parler avec lui, absolument incapable de comprendre son point de vue et sa manière de vivre.
« - Pourquoi avez-vous accepté ? avait-il demandé.
- Hum ? De quoi tu parles ? avait questionné le vieil homme en grignotant un biscuit.
- Vous avez élevé le fils du seigneur des pirates, en connaissance de cause. Pourquoi ?
- Eh bien, c'était un bébé et il avait besoin que quelqu'un veille sur lui.
- Mais c'était le fils d'un démon !
- Ce n'est pas si simple, Sakazuki. Regarde, mes fils ne sont pas devenus marines.
- J'aurais honte à votre place.
- Oh, ne m'en parle pas, ils me font tourner en bourrique.
- Pourtant, vous n'avez pas l'air tellement fâché !
- Tu n'as pas d'enfants, tu ne peux pas comprendre, je pense.
- Comprendre quoi ?
- Eh bien, ils vont bien, et pour un père, voire un grand-père, c'est le plus important.
- Ce qui devrait compter à vos yeux, c'est la justice.
- Tu crois détenir la Justice absolue, mon petit ?
- La Marine est la Justice, c'est aussi simple que ça.
- Alors, tu pourrais être surpris par la vie. Les gens ne sont pas tout noir ou tout blanc.
- Et selon vous, qu'est-ce que la Justice alors ? »
Garp n'avait pas poursuivi la conversation, il s'était endormi sur place. C'était terriblement agaçant. Sengoku avait dit à Sakazuki de ne pas trop s'en formaliser, mais le nouvel amiral en chef était persuadé que son aîné l'avait fait exprès. C'était tellement son genre. D'ailleurs, il serait possible d'écrire un roman avec toutes les bêtises de Garp. Même Sengoku ne pouvait qu'être d'accord sur ce point, lui qui avait pourtant ramené une chèvre au quartier général. Et il y avait encore d'autres marines embêtants. Sakazuki y songeait en prenant un bateau en direction de Marie-Joie.
« - Allez, souquez les artimuses ! s'écria un sous-officier.
- Mais ça ne veut rien dire, gronda l'amiral en chef. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ah bon ? Pourtant, c'est Garp le héros qui m'a dit de toujours dire ça.
- GARP ! » s'écria Sakazuki en frappant du poing contre un mur tout proche.
Quelque part, un vieil homme devait s'étouffer de rire et en cet instant, Sakazuki souhaitait vraiment qu'il crève. Être amiral en chef de la Marine, c'était loin d'être simple et aussi loin d'être prestigieux que les civils pouvaient le croire. Il fallait compter avec des personnages hauts en couleur parfois. Peut-être qu'un jour, Sakazuki écriait un livre pour parler de ses mésaventures et se plaindre de ses terribles subordonnés. Peut-être bien oui.
Être amiral en chef, ça doit pas être simple tous les jours, surtout avec cette bande de joyeux lurons !
Prochain thème : 1 queue de lotte, trois tomates, 1 échalote. Qu'est-ce que c'est que ce thème ? Réponse demain !
