Point de vue : Charlie

Trois longues journées sans la voir. J'avais été obligé de me rendre en déplacement aussitôt rentré du Mexique et je n'avais jamais été autant en manque de personne de toute ma vie. Pendant que je clôturais à Londres cette importante transaction avec l'un de nos plus gros clients, Mia aménageait dans son nouvel appartement avec toit-terrasse à Paris.

J'avais passé tout mon temps libre à penser à elle, nous avions passé des heures et des nuits entières au téléphone et je n'arrivais vraiment plus à m'en contenter. Je me repassais en boucle cette dernière soirée parfaite au Mexique. Mia m'avait douloureusement refusé l'accès à sa chambre ce soir-là malgré les baisers passionnés et fiévreux que nous avions échangés jusqu'à la dernière heure de la nuit. Je souriais en y repensant et j'étais obsédé depuis par toutes les choses que je rêvais de lui faire dès mon retour.

"Maître Miller, votre taxi pour l'aéroport est arrivé"

"Très bien, merci beaucoup Noémie".

J'allais enfin la retrouver. Je profitais du trajet pour lui passer un dernier coup de fil.

"J'arrive à l'aéroport. Il ne te reste donc plus que trois heures pour profiter de ta liberté.".

"Déjà ? Le temps est passé tellement vite sans toi. Merci de me prévenir, je vais tâcher d'en profiter avant qu'il ne soit trop tard"

"Briseuse de coeur. Que vais-je bien pouvoir faire de toi…?"

"Tu as eu trois jours pour y réfléchir, Charlie, je suis certaine que tu as déjà une réponse "intéressante" à cette question". Dieu que oui. J'étais interrompu par l'arrivée du taxi.

"Mh, j'aurai adoré t'en parler justement mais je viens d'arriver. Sois-prête pour 20h, je t'attendrai en bas de chez toi"

"Très bien, à tout de suite", j'étais sur un nuage de bonheur à l'idée de la soirée inoubliable qui allait arriver. J'avais dû raccrocher beaucoup trop vite à mon goût et je profitais d'un dernier message avant l'embarquement.

"Je n'ai pas oublié que je te devais la meilleure "pizza" de ton existence. Je suis sûr que tu vas apprécier. Et en redemander...", oui, je trouvais ce dernier sms parfaitement résumé et je l'imaginais bouche bée et rougissante en le lisant. Je me félicitais de sa dernière réponse : "...". J'allais sûrement avoir le droit de franchir la porte cette fois.

….

Cet énième Paris-Londres avait été interminable mais j'étais enfin arrivé. J'avais le temps de passer à l'appartement pour me doucher et me préparer et j'étais maintenant tout aussi excité que stressé. J'avais eu beaucoup de difficulté à choisir ma tenue et à me coiffer. Cette soirée avait encore un goût de première fois et je ne voulais rien laisser au hasard.

"Mon dieu Charlie. Tu as conscience que Mia va tomber dans les pommes si tu sors comme ça ?", j'étais soulagé de tomber sur l'air appréciateur de Julia en passant mon trench de mi-saison.

"Merci. Sincèrement ? "

"Si ton objectif est qu'elle te dévore comme une mante religieuse, dans ce cas, oui, tu es parfait", je souriais de sa réflexion et quittais l'appartement au même moment en l'entendant me souhaiter une bonne soirée.

Mon dieu mais comment est-ce que je pouvais me mettre dans un tel état à mon âge pour un simple rendez-vous galant ? Je savais bien sûr que c'était à cause d'elle. Je me doutais que mon stress se dissiperait une fois qu'elle me rejoindrait, ce qui n'allait pas tarder puisque j'étais enfin arrivé en bas de chez elle. Je descendais à peine de ma moto quand je l'entendais depuis sa terrasse du dernier étage.

"J'arrive !", j'étais fou de joie de l'apercevoir et de savoir qu'elle m'avait attendu de pieds fermes également. C'était encore plus grisant ensuite de la voir sortir de son hall et se jeter dans mes bras avec son plus beau sourire sur le visage.

"Je croyais que le temps était passé trop vite sans moi ?", Mia ne me laissait pas poursuivre et m'offrais pour seule réponse un merveilleux baiser. J'aurai pu rester des heures sur ce trottoir à la tenir dans mes bras, la caresser et l'embrasser. Je la trouvais magnifique avec ses cheveux lissés, ses yeux charbonneux et son odeur délicieuse. Je me figeais ensuite en continuant mon inspection pour le plus grand plaisir de mes yeux.

Mia portait cette robe noire. Celle de notre première rencontre. Celle qui m'avait condamné.

**Début du Flashback

C'était il y a un an. Harry et Théo avaient tenu à me présenter à leurs amis et en particulier à la mystérieuse Mia, dernier membre de leur trio inséparable. Je devais les retrouver dans le temple parisien de la musique latine et Catherine venait de décommander.

J'attendais seul, dans la file d'attente des vestiaires, il y avait cette inconnue devant moi qui était en train d'abandonner sa veste et je me souviens parfaitement avoir manqué l'arrêt cardiaque à la vue de sa robe noire décolletée qui dévoilait une chute de rein vertigineuse ainsi qu'une nuque délicate qui ne demandaient qu'à être caressés. Je n'avais pas manqué un seul de ses gestes et de ses paroles à l'hôtesse ensuite, particulièrement attiré et intrigué par cette belle inconnue. Quand j'ai découvert ensuite son visage, ça a été le choc de ma vie, j'ai pensé sans la moindre hésitation qu'elle était la plus belle femme que je n'avais jamais rencontré. Tous mes sens s'étaient mis en alerte face au danger lorsque nos regards se sont ensuite croisés. Je m'étais senti torturé de la laisser passer, surtout après avoir noté son regard appréciateur et avenant en retour, et j'avais prié tous les dieux pour ne pas la revoir de la soirée. Je m'étais dirigé vers la salle, incapable de penser à autre chose qu'à son regard et ce sourire, et je me souviens encore du mélange d'excitation et d'angoisse que j'ai ressenti en la retrouvant debout à côté de notre table.

Ma raison avait eu ce mince espoir qu'elle ne soit qu'une amie de passage que je n'aurai plus l'occasion de recroiser mais j'ai deviné immédiatement son prénom en voyant Harry l'accueillir très affectueusement et l'installer à ses côtés. Il ne pouvait s'agir que de Mia. J'avais ressenti une vague de chaleur au moment où Harry s'était levé pour me la présenter et me le confirmer. Lors des salutations, ma peau s'était brûlée au contact de sa main sur mon bras et de ses joues sur les miennes.

Théo m'avait placé en face d'elle et j'aurais dû en théorie m'intéresser à cet homme sympathique à ma droite mais j'avais préféré passer tout le repas à faire la connaissance de Mia. Elle s'était montrée chaleureuse, intelligente et pétillante, ce qui était tout à fait conforme à ce que Harry et Théo m'avaient raconté.

Un sentiment honteux de culpabilité avait fini par me rattraper et me rappeler à l'ordre en constatant la facilité et le plaisir que je prenais à rire et échanger avec elle. J'ai dû m'infliger quelques gifles imaginaires pour me persuader de me mettre à l'ignorer et à ne plus la regarder.

Mes résolutions ont tenu jusqu'à ce que Harry se lève pour l'inviter à danser. J'avais été incapable de contrôler mes pensées en la voyant si belle et sensuelle. J'avais trouvé Harry et Mia si beaux et si complices sur la piste. Il avait une place de choix dans la vie de cette femme depuis 9 ans et pour la première fois, j'avais ressenti l'envie et jalousie.

J'ai compris sans l'ombre d'un doute que j'allais au devant de gros problèmes quand mon cœur s'était emballé au moment de nous séparer. Mia avait posé ses lèvres sur mes joues et sa main sur ma nuque. De mon côté, j'avais succombé au désir brûlant et interdit de caresser sa taille fine et dénudée.

**Fin du flashback

"Charlie, ici la terre ?", Mia venait de me sortir de mes pensées et je fondais sur ses lèvres avec l'émotion de ce souvenir pour la faire taire dans un baiser passionné.

"Cette robe…"

"Tu t'en souviens ?"

"Si je me souviens de la plus belle rencontre de ma vie ?".

"Oh mon dieu, Charlie. C'est divin. Par tous les saints !", nous étions sur une table en terrasse et je riais de voir Mia se mettre dans cet état pour une simple part de pizza.

"Bon sang Mia, si tu réagis comme ça pour une pizza, qu'est-ce que ce sera au moment du dessert", et je la regardais passer par toutes les couleurs face à mon sous-entendu. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire encore plus à sa réaction, ni de l'embrasser pour la millième fois de la soirée. Je m'étais imaginé que rien ne pourrait gâcher notre moment, jusqu'à ce qu'une voix trop familière ne s'élève sur le trottoir à côté de nous.

"Bien sûr... Comment est-ce que j'ai pu être aussi conne ? Tout gâcher juste pour baiser cette traînée".

La soirée venait de virer à la catastrophe le temps d'une réplique. Catherine, que je n'avais pas revu depuis 5 mois, avait craché ses paroles humiliantes à Mia devant tous les clients. Elle n'avait pas attendu son reste et était repartie aussitôt. De mon côté, j'étais resté interdit et choqué suffisamment longtemps pour que Mia ait l'opportunité de s'engouffrer dans le premier taxi à proximité.

Je me retrouvais comme le dernier des cons sur ce quai et je pouvais encore voir Catherine plus loin. Je savais que je ne lui devais plus rien mais je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir aujourd'hui encore de n'avoir pas été honnête avec elle. Elle avait suffisamment souffert par ma faute et je ne pouvais pas la laisser repartir avec ce goût amer de trahison. Je l'avais blessé un trop grand nombre de fois malgré moi et je n'arrivais pas à être en paix avec cette idée. Je me décidais donc à la rattraper.

"Catherine, attend, ce n'est pas ce que tu crois", je regrettais aussitôt d'avoir sorti la pire des répliques dans ce genre de situation merdique. Bien sûr, Catherine ne se retenait pas de réagir avec son rire le plus méprisant.

"Du moins, ça ne s'est pas passé comme tu pourrais l'imaginer, laisse-moi t'expliquer s'il te plaît".

"Ne t'inquiète pas Charlie, je ne peux m'en prendre qu'à moi même. J'aurai dû écouter mon instinct dès le début. J'ai compris dès l'instant où tu me l'as présenté que ce n'était pas clair entre vous. Je suis tellement stupide. Ca s'est passé sous mon nez", Catherine avait fini par rencontrer Mia la semaine suivante. J'avais eu le temps de rassembler mes esprits après cette première rencontre bouleversante, qui dieu merci s'était déroulé en son absence, pour feindre au mieux l'indifférence mais Catherine avait été jalouse et suspicieuse malgré tout. Je supposais que toutes les femmes l'auraient été en rencontrant une personne comme Mia.

"Ne dis pas ça. Je t'ai toujours dit qu'il ne se passait rien et c'était la vérité. Tu sais très bien que je ne suis pas ce type d'homme, que je ne t'aurai jamais trompé", c'était sincère, si on mettait à part les sourires charmeurs, les caresses furtives et les sous-entendus aguicheurs entre Mia et moi à chaque fois que Catherine était absente.

"Quand alors Charlie?"

"Quand quoi ?"

"Quand est-ce que vous avez couché ensemble pour la première fois ?"

"...Sur l'Île", j'étais obligé de baisser la tête de honte avant cet aveu.

"Tu veux dire pendant que je pleurais toutes les larmes de mon corps et que je remuais ciel et terre pour que les secours te retrouvent ... ? "

"Tu es en colère, tu m'en veux et je le mérite mais essaye de comprendre, ces circonstances étaient tout sauf normales "

"Alors quoi ? Tu voulais prendre un peu de bon temps entre les cuisses d'une autre avant de mourir ? C'est censé me réconforter ?", je me prenais la tête entre les mains de frustration et de honte. Je savais que toutes mes réponses la blesseraient et que la meilleure chose à dire à ce stade était la vérité.

"Si j'avais eu un moyen de te contacter pour couper-court entre nous avant de te blesser, crois moi, je l'aurai fait. J'ai dérapé, une fois, mais ça ne serait pas arrivé dans un contexte normal et au fond de toi tu sais que c'est vrai. Il ne s'est rien passé ensuite et je n'ai pas revu Mia après le sauvetage. Je voulais te dire la vérité à mon retour mais je n'en ai pas eu le courage de te causer plus de peine. Souviens-toi de l'état dans lequel tu étais, comment est-ce que tu l'aurais pris si je t'avais dit la vérité, en plus de te quitter ?", je la voyais se torturer.

"J'aurai pu comprendre. Tu as tout gâché, sans m'en parler", Catherine m'obligeait donc à aller encore plus loin dans mes vérités.

"Ça n'aurait rien changé…"

"Pourquoi ? La culpabilité ? Tu ne m'as même pas laissé la chance de te pardonner, j'aurai pu oublier".

"Moi je n'aurai pas pu oublier. Ce n'était pas que du sexe Catherine. Je suis tombé amoureux d'elle. Tu avais raison, il y a toujours eu cette force invisible entre elle et moi et j'ai tenté d'y résister pendant des mois. Je ne voulais pas, mais ça a fini par arriver.", j'avais livré ma dernière vérité.

"Dans ce cas, tous mes vœux de bonheur, Charlie", et je la regardais partir, sans rien ajouter, conscient et coupable d'être la cause des nouvelles larmes sur son visage, mais j'étais soulagé.

J'avais attendu ensuite un temps interminable en bas de chez Mia. Je me sentais mal plus que jamais d'imaginer l'humiliation qu'elle devait ressentir en ce moment à cause de cette soirée. J'étais resté planté sans rien dire et sans la rattraper.

Je m'étais résigné à rentrer au bout d'un certain temps. J'avais été d'abord vert de rage puisque j'ai commencé à mourir d'angoisse le surlendemain en constatant qu'elle ne voulait toujours pas me parler. J'avais redouté ce moment un nombre de fois incalculable, ce moment où elle saisirait la première opportunité pour me rejeter. C'est ce qui était en train d'arriver et j'avais mal à en crever.

Point de vue : Harry

Nous étions dans le canapé avec Théo et Julia à regarder la fin du match quand j'entendais la porte s'ouvrir.

"Tu rentres déjà ?", le retour de Charlie ce soir et à cette heure ci était en effet très inattendu. Je ne pensais pas le voir d'ici demain voir même d'ici Noël compte tenu du parfait amour qu'était en train de filer mes deux amis.

"Charlie, ouvre. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?", Charlie venait de passer devant nous sans un regard et s'était renfermé violemment dans sa chambre.

"Qu'est-ce qui lui prend", Théo venait d'intervenir et j'essayais effectivement Mia.

"Aucune idée mais la soirée ne s'est visiblement pas déroulée comme prévu. Pour ce soir ça ira, il n'y a sûrement pas mort d'homme. J'appellerai Mia demain".

"Mia ouvre moi", je frappais à la porte énergiquement depuis deux minutes mais elle ne répondait toujours pas alors que j'avais entendu ses pas à l'intérieur. Mia avait rejeté tous mes appels de la veille, et ce genre de chose n'arrivait que si Mia était énervée.

"Charlie est rentré comme un fou après votre soirée, avant hier, et n'a rien voulu nous dire. Je m'inquiète, s'il te plaît", elle ne répondait toujours pas et j'allais être obligé d'utiliser le double de clés qu'elle m'avait remis deux jours plus tôt. J'espérais ne pas la retrouver encore en train de pleurer et j'étais plus que soulagé de la voir faire des allers retours frénétiques dans son salon en vidant ses cartons. C'était une bonne nouvelle pour moi mais à priori une mauvaise pour Charlie car Mia était visiblement très remontée. Je le voyais à l'absence totale de délicatesse qu'elle mettait dans ses gestes et à son regard noir. Je la connaissais suffisamment pour savoir que seul un fou oserait s'approcher d'elle et la toucher dans ces moments, donc je restais à bonne distance.

"Qu'est-ce qu'il a fait encore ? Est-ce que je dois viser le visage ou le ventre cette fois-ci ? ", j'essayais l'humour, généralement c'est ce qui fonctionnait le mieux. Je la voyais hésiter et chercher les mots, le visage toujours fermé et absolument pas réceptive à ma tentative d'humour, ce qui me donnait une indication sur son niveau de colère. J'attendais patiemment qu'elle vide son sac, comme d'habitude.

"Catherine a débarqué en plein repas en me traitant de traînée devant vingt personnes et en affirmant que Charlie n'était là que pour me baiser. Et tu sais ce qu'a fait TON Charlie ? Accroche toi Harry : ABSOLUMENT RIEN !", la soirée en amoureux avait effectivement tourné au drame car Charlie venait de se manquer de la pire des manières avec elle. Mia avait, plus que n'importe qui, besoin d'être rassurée et de se sentir protégée. C'est ce que j'ai été capable de lui apporter pendant ces dix dernières années d'amitié, je m'y appliquais toujours sans jamais la moindre exception, et c'était pour cette raison que j'étais toujours dans le décor. Je savais qu'elle avait quitté des hommes pour bien moins que ça par le passé, et j'étais peiné d'avance pour Charlie qui allait vite constater qu'il venait de tout gâcher.

J'étais de retour à l'appartement. Julia et Théo prenaient leur café et Charlie était visiblement dans sa millième tentative d'appel à Mia.

"Ah ça, y est. Tu as vu Mia alors ?", Théo venait de me questionner en me voyant rentrer et Charlie s'était relevé sous l'annonce, soudainement très intéressé.

"Elle t'a laissé entrer ?"

"Absolument pas mais j'ai les clés de son appartement. Ce ne sont pas mes affaires mais tu t'es remarquablement manqué et si j'étais toi je ferai profil bas jusqu'à ce qu'elle accepte de te reparler".

"Donne-les moi"

"Quoi ?"

"Les clés" , Charlie s'était rapproché de moi et tendait sa main.

"Non, hors de question, je tiens trop à ma vie. Elle n'a vraiment aucune envie de te voir et je l'ai presque vu cracher du feu par le nez", j'avais répondu catégoriquement, dans un instinct de survie bien mesuré.

"Et est-ce que tu veux savoir ce que je te ferais moi si tu ne me les donnes pas ?", Charlie s'était rapproché avec un ton menaçant. Je commençais à être fébrile car Charlie était plus posé et pacifiste que moi mais je connaissais ses aptitudes au combat bien meilleure que les miennes. Je savais que c'était uniquement grâce à l'effet de surprise que j'avais réussi à le mettre à terre et hors jeu lors de nos deux précédentes altercations au Mexique. C'est le moment que choisissait Théo pour intervenir.

"Mec, si Harry dit que Mia voit rouge, crois moi tu devrais rester bien à l'abris dans ton lit le temps que ça passe"

"Et combien de temps exactement ?", Charlie et Théo me regardaient en attendant ma réponse.

"Le dernier a dû attendre trois mois avant qu'elle accepte de lui reparler", je faisais de mon mieux pour lui donner une fourchette estimative et ne pas lui avouer mes craintes sur le fait que Mia n'accepterait vraisemblablement plus de lui parler.

"TROIS MOIS ?! Vous êtes sérieux, elle est capable de m'ignorer pendant tout ce temps ? Et vous voulez que je croise les bras en attendant ? Je vais devenir dingue. Harry, je te le redemande une dernière fois et gentiment. Donne-moi les clés, tout de suite",.

Je savais que Mia me le ferait payer mais j'étais finalement aussi assez curieux de voir si Charlie pouvait réussir là où d'autres avaient échoué.

"Ok si tu veux mourir en martyr tiens, mais tu ne lui dis pas que je te les ai donnés".