Réponses aux Reviews :
Liondu12 : Merci je suis ravie de voir que les descriptions te plaisent ! On dirait que ça commence à s'arranger entre nos deux colocataires (ou pas) ! J'espère que la suite te plaira.
Chapitre 10 : La préparation
La matinée se déroula sans incident notoire si ce n'était les bruits sourds qui se faisaient entendre de temps en temps, systématiquement suivis d'un petit cri plaintif. Hoba ne semblait pas ménager ses efforts pour faire le moins de bruit possible dans l'aménagement de la grande salle. Hermione avait fini par accepter les pancakes cuisinés par Malefoy, dans le but de créer avec lui une relation de confiance. Elle espérait ainsi en savoir plus sur l'endroit où étaient enfermés Ron et Ginny, pour pouvoir commencer à fomenter un plan d'évasion. Elle ne savait ni comment ni quand, mais elle finirait par les retrouver et quitter ce pays maudit. Malefoy avait disparu après le petit déjeuner et Hermione ne l'aperçu pas de la journée. Elle était remontée dans sa chambre où Hoba lui avait apporté son repas du midi sur un plateau.
- Maître Draco m'a chargé de vous donner ceci, couina Hoba en tendant un paquet à Hermione.
Ce dernier était recouvert d'un délicat tissus bleu nuit, maintenu par un ruban de soie noire noué sur le dessus.
- Merci Hoba, répondit Hermione machinalement en examinant le paquet.
Elle attendit cependant que l'elfe ait refermé la porte derrière lui pour tirer sur le bout du ruban et en défaire le nœud. Le tissu retomba alors sur les côtés, découvrant ce qu'il contenait :
« Histoire de la Magie par Bathilda Tourdesac »
Hermione leva les yeux vers la porte comme si elle allait y voir Malefoy se tenir devant elle. Pourquoi lui avait-il offert ce livre ? Dans quel but continuait-il de la torturer ainsi ? Les paroles de Hoba à propos de son Maître jaillirent aux oreilles d'Hermione alors qu'elle tournait le livre entre des doigts fins.
« Il vous admire vous savez »
Elle s'assit en tailleur sur son lit, s'adossa contre le mur et posa le livre sur ses genoux. Elle caressa la couverture, profitant de cette sensation de contact avec le cuir qui lui avait tant manqué. Les lettres dotées d'enluminures formaient de petites bosses qu'Hermione sentait sous ses doigts délicats. Elle saisit la couverture épaisse et la tira vers elle pour l'ouvrir. Sur la première page du livre était posée une note manuscrite, qui se souleva toute seul pour venir se placer devant Hermione, au niveau de ses yeux. Le message était bref.
« Pour te remercier de ce petit déjeuner, D. »
Hermione suivit la note des yeux alors qu'elle se reposait délicatement dans le livre, au dos de la page de couverture, referma le livre et observa à nouveau la porte. Malefoy était-il vraiment en train de se transformer en une personne non détestable ? Ce cadeau n'était peut-être pas grand-chose pour un homme aussi riche que lui, mais cela signifiait beaucoup pour Hermione. Le plaisir de pouvoir lire à nouveau, même un livre qu'elle connaissait pas cœur, était inestimable en ces temps plus que troublés. Elle tourna la tête vers la fenêtre qui donnait sur le parc, se leva en tenant son livre contre elle, s'installa sur le rebord de bois, posa son dos contre la vitre, et commença à lire.
« Toc toc toc »
Hermione leva les yeux vers la porte puis vers le parc. Le soleil était bas dans le ciel et inondait les allées d'une lumière dorée.
- Oui ? lança-t-elle vers la porte sans prendre la peine de se lever.
Le battant de bois pivota sur ses gonds et Hermione se leva d'un bond en voyant qui se trouvait à l'entrée de sa chambre.
- Euh… bafouilla-t-elle. Merci. Pour le livre.
- De rien, répondit Malefoy d'une voix caverneuse.
Il s'avança vers elle et s'adossa contre le mur de l'autre côté de la fenêtre. Les mains enfoncées dans ses poches, il l'observait d'un air étrange.
- Je sais que tu le connais déjà par cœur, finit-il par lâcher après quelques minutes de silence. Mais je me disais que ça te ferait plaisir de te retrouver à Poudlard quelques instants.
Hermione baissa les yeux sur le livre qu'elle tenait contre elle puis tourna les yeux vers le parc. Les paons albinos profitaient des derniers instants de soleil avant la nuit, perchés sur les haies, ils étendaient leurs immenses ailes pour capter la chaleur, semblant rayonner grâce à leur plumage blanc qui reflétait les rayons dorés du soleil. Elle releva les yeux vers Malefoy qui la regardait toujours et se sentit obligée de répondre.
- Je le connais effectivement par cœur, mais cela me fait très plaisir de pouvoir lire à nouveau.
- En fait, ajouta Malefoy, je pense qu'il s'agit d'un des derniers exemplaires…
Hermione haussa les sourcils de surprise et manifesta son incompréhension en levant le livre devant elle.
- Il s'avère que… continua Malefoy hésitant.
- Ils ont détruit les livres ? demanda Hermione horrifiée.
- Tous les livres mentionnant des sangs de… Des nés moldus, ou des exploits de sorciers dont on ne doit plus parler. Comme Dumbledore par exemple.
- Et comment apprend-on l'histoire de la magie désormais ? répondit Hermione d'un ton sarcastique.
- De nouveaux livres ont été écrits.
- En quelques mois ? s'étonna Hermione.
- Oh tu sais… quand il s'agit de réécrire l'histoire à son avantage, on peut être très efficace.
De plus en plus étonnée par le ton de Malefoy, elle se demanda s'il n'était pas en train de la tester. Cherchait-il au contraire à faire ami-ami avec elle au point de renier ses plus profondes convictions ? Elle avait bien remarqué qu'il n'avait pas appelé les enfants nés moldus par une insulte qu'elle ne connaissait que trop bien, mais les vieilles habitudes avaient la vie dure visiblement.
- Et tu as le droit de garder ça chez toi ? demanda Hermione sur le ton de la conversation.
- Disons que ça m'arrangerait si tu pouvais le cacher une fois que tu ne l'utilises plus…
- Je ne pense pas que le glisser sous mon matelas sera suffisant face à un mangemort doté de sa baguette.
Malefoy sourit en entendant la réponse d'Hermione. Ses yeux se plissèrent et Hermione vit ses épaules se détendre. Pendant un instant, Hermione découvrait un Draco Malefoy qu'elle ne connaissait pas. Calme et détendu, son sourire n'était pas moqueur ni sarcastique. Oui, il avait bien l'air apaisé. Il fit un geste pour ouvrir sa veste et en sorti sa baguette. Hermione ne fit pas attention et reporta son attention vers les paons blancs.
- Tiens, dit Malefoy à côté d'elle.
Elle posa ses yeux sur la main qu'il lui tendait. Il tenait la baguette qu'il venait de sortir de sa veste par le bout et lui tendait d'un air satisfait. Incapable de parler, Hermione posa son livre à côté d'elle et hésita avant de saisir le morceau de bois ouvragé. Elle l'observa d'un œil méfiant mais face au visage serein de Malefoy, elle se sentit libre de prendre la baguette qu'il lui tendait.
- Il serait fort suspect que l'on te voie sans baguette ce soir non ? dit-il face à l'air ahurit d'Hermione.
- C'est une fausse … conclut-elle à voix haute.
- Non, répondit Malefoy. Mais disons que les sorts sont limités.
- Limités ?
- Tu ne peux pas faire tout et n'importe quoi avec. C'est une utilisation basique d'une baguette. Sortilèges ménagers, attraction limitée au périmètre du manoir, métamorphose très limitée également. Bref, la parfaite baguette pour quelqu'un comme toi.
- Pour une prisonnière qu'on doit faire passer pour une future épouse de haut rang tu veux dire.
Les mots d'Hermione raisonnèrent dans la chambre dont l'atmosphère perdit instantanément dix bons degrés.
- Je peux te la reprendre si tu préfères, répondit Malefoy qui avait lui aussi perdu son air apaisé.
- Et risquer de passer pour une moldue aux yeux de tes amis ? Je ne pense pas que tu sois prêt à ça.
Hermione semblait avoir touché un point sensible car Malefoy ne répondit rien.
- Je pensais que ça te ferait plaisir, mais visiblement tu es toujours aussi bornée.
- Si tu veux me faire plaisir, libère-moi et mes proches et fait nous évader d'Angleterre.
Malefoy plongea ses yeux gris dans le regard d'Hermione. Ils étaient sombres et semblaient absorber toute la lumière qui aurait dû les faire briller.
- Impossible.
Sans ajouter un mot de plus, il détourna le regard et quitta la pièce, laissant Hermione seule avec sa semi baguette et son livre. Cependant avant de refermer la porte derrière lui, il se retourna vers elle et lui lança d'un ton vif :
- Je t'ai fait porter des vêtements pour ce soir, ils sont dans la salle de bain. Hoba pourra t'aider avec tes cheveux. Soit prête pour dix-huit heure.
Et il claqua la porte. Par reflexe, Hermione saisit une mèche de ses cheveux broussailleux et les entortilla autour de son doigt. Elle s'avança vers son lit et y déposa son livre sous un oreiller.
- Scribblifors, prononça Hermione.
Aussitôt, un petit jet de lumière blanche sortit de sa baguette et enveloppa le livre qui se transforma doucement en une grande plume verte. Elle la saisit par la partie rigide et la posa délicatement sur la table de nuit et observa l'Horloge posée à côté. Dix-Sept heure trente.
Malefoy avait en effet prévu des vêtements pour elle, mais elle n'était vraiment pas sûre de savoir comment les porter. Après avoir pris son bain, avalé une fiole de polynectar et que Hoba se soit occupé de ses cheveux, elle s'observa dans le miroir. Elle portait une longue robe sans manches, dont le col remontait sur sa gorge, ouverte dans le dos. La couleur de la robe variait selon l'angle du regard et de la lumière, oscillant entre le noir profond et l'argenté. On distinguait parfaitement la silhouette de Mathilda sous les quelques plis du tissus et Hermione dut se rendre à l'évidence. Cette femme était magnifique. Elle n'allait pas échapper aux regards des invités ce soir, déjà qu'ils devaient surement avoir hâte de rencontrer la mystérieuse fiancée de Malefoy, alors quand ils allaient la découvrir dans cette robe, ils n'allaient plus la quitter des yeux. Hermione se rassura en pensant que ce n'était pas son corps qu'on allait reluquer de toute la soirée, mais celui d'une cracmol qui devait être en ce moment au fin fond du Mexique. Elle inspira une grande bouffée d'air chaud et tout en se regardant dans le miroir encore embué de la salle de bain, prononça tout bas :
- Allez Hermione, tu peux le faire.
Elle descendait les escaliers menant au grand hall quand des bruits de pas se firent entendre derrière elle. Elle se retourna et vit que Malefoy était posté en haut des escaliers, adossé au mur. Il portait un costume trois pièces noir qui contrastait avec la pâleur de sa peau et le blanc de ses cheveux.
- Méconnaissable ! lança-t-il en voyant qu'elle le regardait. Qui pourrait croire que sous … ça, se cache une née moldue condamnée à mort ?
Il avait fait un signe de main tout en parlant, montrant le corps de Mathilda de haut en bas.
- D'ailleurs, répondit Hermione sans faire attention à sa remarque, je me posais une question. Comment as-tu justifié mon…
Mais Hermione ne put finir sa phrase car Hoba avait fait irruption dans le hall.
- Maître Draco, couina-t-il derrière Hermione. Les invités arrivent.
- Merci Hoba, répondit Malefoy sans lâcher Hermione du regard.
Il descendit les quelques marches qui les séparaient et lui tendit le bras.
- Miss Fawley, vous permettez ? demanda-t-il avec un léger sourire aux lèvres.
Hermione observa son bras quelques secondes, puis posa sa main à l'intérieur et ils descendirent ensemble les marches qu'il restait. Ils se placèrent en face de la porte, attendant que les premiers invités entrent dans le manoir.
- Tu peux les faire entrer Hoba, annonça Malefoy en lâchant le bras d'Hermione.
Puis il se pencha vers elle et chuchota à voix basse :
- Tu sais ce qu'il te reste à faire. Fait en sorte que cette soirée se passe bien et la vie pourra nettement s'améliorer pour toi.
Hermione ne répondit rien, observant la porte et tentant de retenir une soudaine envie de vomir. Son estomac s'était noué d'un coup, comprimant les restes de son repas du midi et menaçant de tout faire ressortir.
Des bruits de pas de firent entendre derrière la porte qui s'ouvrit aussitôt que Hoba claqua des doigts en sa direction, découvrant un groupe de mangemorts en costumes et robes de soirées. Ils ne firent pas attention à Hoba qui s'était incliné devant eux et pénétrèrent dans le hall, se dirigeant immédiatement vers Malefoy et Hermione. Le cœur d'Hermione s'arrêta une seconde de battre et son estomac se noua un peu plus, faisant grandir son envie de vomir.
- Draco mon amour ! lança la femme en tête du groupe. Comme tu es beau !
- Bonsoir tante Bellatrix, répondit Malefoy en présentant ses mains aux bras tendus de Bellatrix Lestrange.
Ils s'embrassèrent chaleureusement avant que Draco ne se tourne vers Hermione et ne pose sa mais en bas de son dos.
- Tante Bellatrix, je te présente Mathilda Fawley, annonça-t-il d'un ton solennel.
- Et bientôt Malefoy nous l'espérons ! lança Bellatrix en se tournant vers Hermione.
- Je suis plus qu'enchantée de vous rencontrer Madame Lestrange, parvint à prononcer Hermione avec difficulté.
Bellatrix la regarda étrangement face à son ton hésitant mais Malefoy sourit à côté d'elle.
- Excuse là, elle doit être intimidée de rencontrer une personne comme toi.
Bellatrix éclatât d'un rire sans joie qui glaça le sang d'Hermione.
- Il ne faut pas ma chère, après tout, je ne suis que le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Je te présente mon mari, Rodulphus Lestrange.
Un homme robuste qui se trouvait derrière Bellatrix s'avança et lui tendit une main qu'elle serra sans conviction. Le mari de Bellatrix la dévisagea puis tendit la main à Malefoy pour le saluer.
- Et son frère Rabastan, ajouta Bellatrix dans prêter plus d'attention que cela à son mari.
Le troisième invité du groupe s'avança à son tour et tendit la main à Hermione qui tentait avec grande difficulté de se maintenir debout, sentant ses jambes défaillir sous son poids.
- Je suis enchantée de vous rencontrer, Draco m'a tellement parlé de vous, parvint-elle finalement à prononcer d'une voix tremblante.
- Entrez dans le salon, Hoba va vous apporter à boire et de quoi manger en attendant les autres invités.
Hoba sursauta en entendant son nom et se précipita vers les trois mangemorts pour leur ouvrir le chemin. Hermione soupira quand ils se furent éloignés mais n'eut pas le temps de se calmer. Malefoy lui avait saisi le bras et s'était rapproché d'elle. Il avait les yeux noirs et semblait furieux.
- Tu veux te faire repérer ? crachat-il à voix basse. C'est ça que tu appelles « faire bonne figure ».
- Tu me fais mal ! se plaignit Hermione alors qu'il lui serrait le bras de sa main puissante.
- Alors comporte toi mieux si tu veux que tout aille bien pour toi ! Tu dois faire bonne impression !
Il lui lâcha le bras d'un geste brusque. Hermione se massa à l'endroit où il la tenait quelques secondes plut tôt et pria intérieurement pour que sa peau ne marque pas à nouveau. Hoba apparu en trottinant, un air effrayé sur le visage.
- Qu'est-ce qu'il vous arrive à tous les deux ? vous voulez ma mort ?
Le regard de Malefoy alternait entre Hoba et Hermione qui semblaient plus pâles l'un que l'autre.
- Je vois difficilement comment tu peux nous reprocher de ne pas être à l'aise en cet instant ! s'indigna Hermione à voix basse. Je te rappelle que cette femme m'a torturée ici même et qu'elle et son mari ont tué bon nombre de mes amis !
Malefoy plongea son regard dans celui d'Hermione sans rien répondre, puis se détourna après quelques secondes de silence. Hoba couina en entendant de nouveaux bruits de pas derrière la porte d'entrée. Il claqua des doigts et les panneaux de bois pivotèrent sur leurs gonds, faisant apparaitre un groupe d'une dizaine de mangemorts en tenues de soirée, bavardant sous le porche. Malefoy saisit une nouvelle fois le bras d'Hermione qui sursauta à son contact. Elle leva les yeux vers lui et constata qu'il la regardait.
- Tout se passera bien, dit il d'une voix à peine audible. Je suis là.
A suivre...
