Chapitre 9: Noces et Effondrement
...
Lily
J'étais assise en silence, broyant du noir en regardant le stupide cocktail bleu vif que Tunia a eu la bonne idée de servir à son mariage. Je jetai un regard à mes compagnons de table et soupirai. Sans surprise, ma sœur a décidé de me placer avec toutes les personnes bizarres de la liste d'invités, dans le but de me faire encore une fois la démonstration qu'elle pense que je suis un monstre de foire... Il y avait John, notre oncle du côté de mon père, qui est gentil, mais aussi autiste, faisant en sorte que souvent il nous dit des grossièretés ou fait des choses un peu bizarres, nous rendant mal à l'aise... À côté de lui il y avait sa charmante mère, Charlotte, une vieille grognonne... Ensuite, notre cousine Amelia, qui est une intense féministe qui passait son temps à nous faire sentir coupable de ne pas nous battre autant qu'elle pour les droits des femmes... Finalement, il y avait deux personnes qui travaillent avec Vernon qui ont passés la soirée à juste chuchoter entre eux, regardant tout le monde d'un air supérieur. La seule chose amusante qui m'est arrivée depuis le début du mariage, c'est d'avoir dansé avec mon père, une heure plus tôt...
Je regardai ma montre et soupirait encore plus fort, il était encore seulement vingt-deux heures trente, je m'étais mis l'objectif de rester dans cette horrible soirée de noce jusqu'à vingt-trois heures. Je pris une bonne lampée de mon stupide cocktail à la couleur tellement ridicule et jetai un coup d'oeil aux gens dansant sur la piste de danse, sous la marquise blanche. Tout le monde avait clairement du plaisir. Je vit Petunia et Vernon, occupé à démontrer à tous le résultat de leurs cours de danse... Il y avait aussi des enfants qui dansaient, ils étaient plutôt mignons et ils ont contribués à réchauffer mon coeur glacial pendant quelques minutes... Ensuite, je regardai vers la scène où le groupe de musique faisaient de leur mieux pour que la soirée soit un succès... Alors que je les regardais, quelque chose près de la petite scène attira mon attention. Il y avait un grand type aux cheveux noirs, me tournant le dos, et m'étant vaguement familier. Ses cheveux allaient dans tous les sens et je le reconnus immédiatement. James. Mais, qu'est-ce que James viendrait faire ici, au juste? Dans la cours arrière des Dursleys, la famille de Vernon...? Il semblait parler avec une de mes distantes cousines, et je la vis pointer son doigt dans ma direction. Il se retourna et me vit. J'étais pour lui sourire, mais je constatai que son expression faciale était très sérieuse... Quelque chose n'allait pas...
Je me levai et marchai jusqu'à lui et nous nous rejoignimes près de la piste de danse. Je vis Petunia me jeter un regard noir, parce qu'elle ne le reconnaissait pas et désapprouvait clairement sa présence ici, alors je pris s main et l'entraînai hors de la marquise. Alors que nous arrivions dans l'obscurité, nous éloignant de la soirée, je le tirai à moi et l'embrassai, incapable de contenir mon soulagement de voir un visage amical après cette horrible journée. Après le baiser, auquel il répondit chaleureusement, je voulais des réponses.
- James, qu'est-ce que tu fais ici? Comment m'as-tu retrouvé? Lui demandais-je.
- J'ai essayé ta maison en premier, il n'y avait personne, alors j'ai fouillé un peu, je suis désolé, je devais te trouver. J'ai pensé chercher dans la chambre de ta sœur, je me suis dit qu'elle aurait quelques invitations de mariage ou des cartes de remerciement qui traînerais et qui me donnerait le l'adresse où se déroulait la cérémonie...
- Oh, bien pensé, je lui dis. Mais, pourquoi tu devais me trouver?
- Parce que... Et je suis désolé de gâcher ta soirée...
- Oh, non, ne soit pas désolé, c'était déjà un cauchemard...
- Meadowes a reçu une lettre de sa mère, lui disant que les voisins de Mary se sont fait attaquer par des Mangemorts plus tôt ce soir... Ils ont tué la moitié de la famille avant que les Aurors ne les rattrapent...
- Quoi? Les enfants... James, dis-moi que les enfants sont ok!
- … La plus jeune a survécu, avec la mère...
Je me couvris le visage de mes mains horreur, complètement médusée. Mary les aimait vraiment beaucoup, je pense qu'il y avait quelque chose comme trois enfants dans cette famille, et maintenant la plupart n'étaient plus de ce monde... À cause de Tu-sais-qui et de sa conception débile de ce que le monde devrait être...
- Mary et sa famille sont ches les McKinnons, et Meadowes m'a demandé de te trouver... James continua suite à mon silence consterné.
- Bien sûr... Donne-moi une minute, je vais avertir mes parents de mon départ... Dis-je, me sortant de force de ma léthargie.
Alors que je retournais à la fête, ma soeur me pris par le bras.
- C'était qui? As-tu invité l'un des vôtres ici? Je te l'avais interdit! Me chuchota-t-elle rudement, s'assurant par contre que personne ne nous entendrais.
- Je m'en vais, tu devrais être contente, lâche-moi! Dis-je, retirant brusquement mon bras de sa poigne, et elle me laissa aller, ne souhaitant pas causer une scène.
J'allai voir ma mère et lui dit qu'une amie avait cruellement besoin de moi, puis retournai rejoindre James.
- Tu peux m'amener avec toi? J'ai bu tout de même pas mal, pour essayer de rendre tout ça plus amusant, dis-je.
- Et ça a fonctionné?
- Pas du tout.
- Allez, viens ma belle, dit-il, entrelaçant ses doigts aux miens.
Nous transplanâmes directement sur le pas de la porte de la maison de Marlène.
- Je vais y aller, n'hésite pas si tu as besoin de quelque chose, dit-il, me serrant dans ses bras avant de m'embrasser tendrement sur le front.
- D'accord, merci, James... Dis-je, avant de me retourner et de frapper à la porte, l'entendant quitter.
La mère de Marlène vient m'ouvrir en me saluant d'un air triste et fatigué, me disant que les filles sont dans la chambre de Lene. Je cognai doucement avant d'entrer. La scène était crève-cœur. Mary sanglotait dans les bras de Marlène, le visage de cette dernière était couvert de larmes, et elle caressait doucement les cheveux de Mary. Dorcas faisait les cent pas dans la pièce, essayant clairement d'être la plus forte du trio.
- Hey... Qu'est-ce qui s'est passé? Demandais-je, alors que je traversais la porte pour aller prendre la main de Mary.
- Ils ont attaqué au hasard, apparemment. Mes parents étaient sur la piste de suspects... Cette piste les a mené aux voisins de Mary, plusieurs Mangemorts s'y trouvaient déjà... Mon père est parti chercher des renforts, pour ne pas se retrouver en désavantage numérique... Et pendant ce temps, les trous-du-cul ont eu le temps de tuer la moitié de la famille... Dorcas me relata, gardant son calme, comme si elle était incapable de ressentir quoi que ce soit, ou plus, comme si elle ne le voulait pas, parce qu'elle ne voulait pas tomber devant Mary, qui était déjà dévastée...
Je regardai ma meilleure amie, impressionnée par la force dont elle faisait preuve en ce moment. Je n'avais pas cette force, je sentais déjà les larmes me piquer les yeux juste en pensant à toute cette haine et cette folie. Je ne sais pas comment elle parvenait à ne pas sombrer. Elle était habituellement encore pire que moi avec ce type de situations... Je la regardai avec un questionnement muet dans les yeux, pour qu'elle comprenne que je me demandais comment elle allait, et elle a juste haussé les épaules et pointé son menton en direction de Mary et Marlene, me signifiant qu'elles ont plus besoin de nous sur le moment. Je laissai tomber, pour le moment.
- Mais... Pourquoi? Arrivais-je à prononcer.
- Pourquoi? Tu sais pourquoi, Lily. Ce sont des cinglés qui croient que les moldus sont de la merde.
Ces mots étaient durs, mais je savais qu'elle disait la vérité...
- Je sais... Mais des enfants...
- Ils détestent tous les moldus, sans exceptions.
Et la nuit passa, avec une Mary effrayée et inconsolable, et une froidement réaliste Dorcas, qui pensait au-delà des événements, qui souhaitait être plus impliquée dans la bataille. L'appel aux armes a été entendu de Marlène et moi également, nous nous sommes fait la promesse que nous ferions partie de l'Ordre du phoenix immédiatement après Poudlard... Il était quatre heures du matin lorsque nous avons finalement quitté la maison de Marlène pour retourner chacune de notre côté. Pour ma part, je retournai chez moi me sentant à la fois sous le choc, apeurée et surtout, en colère.
...
Sirius
Je me retournais dans mon lit pour ce qui me semblait la centième fois. J'eut une pensée pour Meadowes et les filles, me demandant comment elles allaient... Après que Cornedrue ait quitté avec Meadowes, Lunard et moi avons dit à tous nos invités que la soirée était terminée et nettoyé derrière eux avec les elfes, pour passer le temps dans l'attente du retour des autres. Peu avant vingt-trois heures, nous étions assis dans le grand salon, jouant une partie d'échecs sorciers pour passer le temps. J'étais sur le point de perdre contre Remus quand James est revenu, seul.
- Hey, comment ça se passe, vieux? Lui demandais-je.
Il vint s'asseoir à mes côtés avant de répondre.
- Je sais pas, Patmol. C'est complètement fou. Ces fous furieux tuent des moldus au hasard, je dirais que les choses s'en viennent très sérieuses. J'ai laissé Meadowes chez les McKinnons, et elle m'a demandé de trouver Evans. Alors je suis allée chez elle, c'était désert. C'est le mariage de sa sœur, aujourd'hui. J'ai cherché un peu la maison pour des indices pour la trouver, et j'ai trouvé une invitation sur le bureau de sa sœur, alors je suis parvenu à la retrouver de cette façon... Je me suis pointé sans inviation à un mariage, et, parmi tout ce bordel, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à...
- Ouaip, je sais à quoi, le mariage moldu auquel on s'était invité l'été dernier? Quelle belle soirée! Surtout pour Lunard, n'est-ce-pas, vieux? Lui dis-je avec un sourire moqueur.
- Elle m'a littéralement sauté dessus, Sirius, tu le sais très bien! Remus se défendis, l'air gêné. Les filles étaient source d'anxiété pour le pauvre Lunard.
- C'est bien vrai, t'en a de la chance, dis-je, la fille était plutôt jolie en effet.
- Alors, comme je disais, je suis allé au mariage et j'ai vu Evans. Merlin, elle était TELLEMENT SEXY dans cette robe, mais j'étais là pour des raisons plus sérieuses, alors je suis resté concentré sur l'objectif et je suis allé lui parler, puis je suis allée la porter elle-aussi chez les McKinnons, et puis me voilà de retour.
- J'aimerais vraiment pouvoir faire plus, je me sens complètement inutile, dit Remus.
- Et bien, il n'y a rien de plus à faire pour le moment, James dit.
Je lui versai un verre de Whisky Pur Feu et nous discutâmes pendant un moment avant de décider d'aller nous coucher, autour de deux heures du matin, et j'ai été incapable de trouver le sommeil depuis. Ma gorge sèche m'exhortant à me lever pour l'apaiser me convainquit de sortir du lit. J'allai au rez-de-chaussée, puis à la cuisine afin de boire un verre d'eau. C'est à ce moment que j'entendis le son du foyer qui s'enflamme, signe que Meadowes devait revenir de chez Marlène.
Je déposai mon verre dans le lavabo et allai la voir. Alors que j'entrais dans le grand salon, je la vis, debout au centre de la pièce, immobile, l'air aussi rigide qu'une statue. Elle avait sa baguette dans une main, les deux bras le long de son corps, sa tête inclinée vers le sol, ses yeux fermés avec ses longs cheveux ondulés qui encadraient son visage. Je ne sais pourquoi, elle me rendait mal à l'aise, je ressentis le besoin de la faire sortir de cette étrange léthargie, la faire revenir de cet endroit dans sa tête qui lui a fait perdre le contact avec la réalité.
- Dorcas, tu vas bien? Lui demandais-je, ma voix semblant rauque.
Elle releva son joli et fin visage vers moi, semblant prise au dépourvu, comme si elle ne m'avait pas entendu venir et qu'elle venait de réaliser que j'étais là.
- Oh. Oui, je vais bien. Tout va bien, dit-elle, et j'eut l'impression que ce n'était pas la première fois qu'elle récitait cette phrase dans les dernière heures...
- T'es certaine? Insistais-je.
- Oui. Bonne nuit, Sirius, dit-elle, secouant la tête avant de se mettre en marche, passant devant moi rapidement et se dirigeant vers les escaliers.
Je retournai à ma chambre, me sentant encore incertain à propos d'elle. Aurais-je dû essayer de la pousser plus? Elle était clairement sous le choc lorsqu'elle est arrivée de chez McKinnon, et étant qui je suis, je suis le genre de personne qui pousse et pousse, c'est dans ma nature. J'ai essayé toute mon enfance de pousser une réaction rebelle hors de mon frère, Regulus. Mais c'était en vain. Cet enfant était emprisonné tellement profond en lui-même, cachant ce que j'étais certain (ou plus, que je souhaitais, vraiment) qu'était sa vraie personne, personnalité, saveur, pour être le parfait fils que nos parents voulaient. Il était le bon garçon, celui sur qui on pouvait compter pour sauver la Toujours Pure famille Black de mon odieuse trahison. Alors, comme j'ai dit, je l'ai poussé, de plus en plus fort, souhaitant qu'il se rebelle comme moi, j'imagine, essayant de secouer un brin de bon sens en lui, jusqu'à ce que... Je réalise qu'il était impossible à ramener, voyant Voldemort comme une rock star, le pauvre idiot... J'ai juste laissé tombé et j'ai quitté...
Je replongeai dans mon lit, souhaitant que maintenant que Meadowes était de retour, je serais en mesure de dormir. Parce que, soyons honnête, j'attendais son retour et c'est pour cette raison que j'étais incapable de m'endormir... Alors que je me sentais de plus en plus engourdi de sommeil, j'entendis quelque chose comme un gémissement. Incertain, je me levai et ouvris la porte de ma chambre. Il y avait vraiment des gémissements, provenant de la chambre de Dorcas, en face de la mienne. Et par gémissements, et bien, je ne veux pas dire des ''bons gémissements''. Plus comme, des gémissements de quelqu'un qui pleure. Je traversai le corridor jusqu'à sa porte et entendis mieux, elle pleurait, en effet. Oh. Zut. Je ne sais pas vraiment comment gérer les pleurs d'une fille. Devrais-je aller chercher Cornedrue, ou, encore mieux, Remus? Mais, avant de pouvoir m'en empêcher, je sentis le besoin d'y aller moi-même. J'ouvris la porte et la vit, assise sur le bord de son lit, ses mains couvrant son visage, sanglotant bruyamment. Sentant que rien de ce que je pourrais bien dire n'aiderait, je suis juste resté stupidement debout pour une seconde, avant que mes pieds ne se remettent en fonction de nouveau et j'allai m'asseoir près d'elle, passant mon bras par-dessus ses épaules dans un geste de réconfort. Lorsqu'elle le sentit, elle arrêta de pleurer pour une seconde, enlevant ses mains de son visage pour me regarder. Elle avait un air épouvantable Ses yeux étaient rougis, son visage complètement mouillé de larmes, son mascara laissait de gros cernes noirs sous ses yeux... Elle me regardait, ne disant rien, s'attendant à Merlin-sait-quoi... Et ça m'a frappé, un sentiment très soudain qui me disant que je devais la protéger. De quoi, je ne savais pas, c'était un sentiment très vague que je devais simplement être là pour elle.
- Allez, viens, lui dis-je, lui ouvrant mes bras.
Elle sembla incertaine pour une seconde, me faisant sentir stupide et gêné, puis elle atterit lourdement dans mes bras, recommençant à sangloter. Elle ruinait clairement mon t-shirt blanc et je m'en foutais complètement. Elle avait besoin de quelqu'un et pour l'instant, cette personne était moi, et ça me faisait sentir très bien avec moi-même.
...
Dorcas
C'est difficile d'être la grande personne pour ceux qui ont besoin de moi. Je savais pertinemment que je devrai recommencer à ressentir les choses éventuellement, après m'être fermée complètement à mes émotions pour être en mesure de penser froidement et de vraiment parvenir à réconforter Mary, pas juste pleurer avec elle. Aussi, mes rêves, cultivés depuis des années, d'être une Auror m'ont menés là. Je suis une fille très émotive. Trop émotive. Je suis le genre de personne qui va pleurer si elle est triste, en colère, trop heureuse, bref, pour toutes les occasions. Ça n'est pas très pratique, surtout quand tu souhaites devenir un soldat contre le plus puissant sorcier qui soit. Être capable de garder son sang froid dans des situations horribles ou extrêmement difficiles était, selon moi, une des plus grande qualité que devait posséder un Auror. J'ai trouvé la solution à mon problème il y a un mois…
...
30 juin
Je cherchais quelque chose d'intéressant à lire, ayant vraiment beaucoup trop de temps libres ces jours-ci. Mes parents étaient toujours au travail, quittant ridiculement tôt le matin et revenant plus souvent qu'autrement après le coucher du soleil… Alors que je venais de terminer le livre que Lily m'avait prêté une semaine plus tôt, alors que l'on quittait Poudlard pour les vacances, je pensai aller voir du côté de la chambre de mes parents, ma mère avait souvent une pile de livres sur sa table de nuit. Alors que j'entrais dans la chambre à coucher, je réalisai à quel point mes parents ne faisaient que passer ces temps-ci. Il y avait des piles de vêtements propres et pliés qu'ils n'avaient pas le temps de ranger dans leurs tiroirs, le lit était défait en permanence… Le mien était fait, n'est-ce pas bizarre ? Nous devons le faire tous les jours, à Poudlard, alors j'ai juste gardé l'habitude… J'allai m'asseoir sur le côté du lit qu'occupais ma mère et regardai les livres sur sa table de nuit. Il y avait un livre sur les Potions, que je repoussai très rapidement, laissant échapper une exclamation de dégoût… Ensuite, il y avait un livre sur les familles de sang-pur du monde sorcier (drôle de lecture de chevet), un roman appelé Magiquement en amour, qui pourrait être intéressant, quoiqu'il semblait complètement ringard… Je le pris tout de même, n'ayant somme toute rien de mieux sous la main. Lorsque je le pris, je vis qu'il y avais un petit et intriguant carnet noir, sans titre ni image sur la couverture. Je posai le roman sur le lit à côté de moi et pris le carnet. J'y reconnût l'écriture de ma mère. Ça ressemblait à un espèce de carnet de notes. C'était essentiellement des recettes de potions et des sortilèges. Comme je tournais les pages, mon attention fût capturée par une description de sortilège.
Pour fermer toutes émotions
Il y avait un croquis à propos du mouvement de baguette et la formule : Volo ut nullo.
Dessous, il y avait une expliquation :
Quand tu as besoin d'être hautement concentrée lors d'un duel ou d'une bataille. Dure jusqu'à ce que soit formulée la contre-formule : Volo sentient.
Et bien, ça me semblait un sortilège intéressant, celui-là. Alors, au lieu de lire un stupide roman à l'eau de rose, je commençai à pratiquer le sortilège. Ça me pris deux jours. Ma mère me surpris à le pratiquer dans ma chambre à la fin du deuxième jour, alors qu'elle arrivais à la maison sans que je ne l'ai entendue.
- Dorcas ? As-tu fouillé dans mes affaires ? Me demanda-t-elle, me faisant sursauter et échapper ma baguette.
- Peut-être ? Ce sortilège doit être plutôt pratique pour le travail d'Auror, non ?
Elle vint s'asseoir à côté de moi, sur le bord de mon lit, alors que je reprenais ma baguette qui était tombée par terre.
- J'aurais souhaité que tu ne le découvre jamais.
- Pourquoi ?
- Parce que, ce n'est pas un bon sortilège. C'est plus souvent utilisé dans l'autre camp…
- Ah oui ?
- Oui. Je l'ai trouvé dans la Réserve, à Poudlard. J'étais très semblable à toi à cet âge, une fille très émotive, et même si ça aurait été une bonne idée de pouvoir y mettre un stop, de temps en temps…
- Ça me semble une excellente idée, justement…
- Oui et non. Tu y es parvenue, déjà ? Me demanda-t-elle.
- Oui.
- Ça t'as fait mal ?
- Un peu ? C'est normal ? C'était comme… Une petite sensation de brûlure à travers tout mon corps… ?
- Exactement, alors, tu l'as réussi. Cette formule vient avec un coût, comme c'est souvent le cas avec la magie noire… Et pendant que tu pratiquais, tu n'as pas eu à stopper des émotions fortes, comme lorsque tu voudras l'essayer pour vrai. C'est très douloureux. Mais le pire dans tout ça, c'est que tu t'y habitues, à cette douleur, et après un certain temps, elle semble diminuer. C'est le vrai problème de ce sortilège. Tu dois le renverser, cesser, et parfois, tu ne veux pas le faire… Dorcas, c'est très important, je ne vais pas t'interdire de l'utiliser, parce que, soyons honnêtes, comment pourrais-je ? Mais tu dois me faire une promesse, ici et maintenant.
- Laquelle ?
- Tu dois me promettre, Dor, que tu vas l'utiliser intelligemment, et que tu vas faire la contre-formule dès que possible. Être une adolescente, c'est difficile, je m'en souviens, ne ris pas, ça ne fait pas si longtemps ! Me dit-elle, me donnant une chiquenaude sur l'épaule.
- Désolée, m'excusais-je de mon petit rire moqueur.
- Les émotions fortes sont votre quotidien en tant que jeunes filles. Tu dois me promettre que tu ne vas pas l'utiliser pour autre chose que pour des situations intenses dans lesquelles tu as besoin d'une forte concentration, tu sais, une situation de vie ou de mort ?
- Okay…
- Je suis sérieuse. À Poudlard, je l'ai utilisé pour mettre un terme à ma douleur après que mon amoureux n'ait rompu avec moi. Pas ton père, j'ai sorti avec ce gars pendant un an, à Poudlard, je l'aimais comme une cinglée, et de son côté il ne m'aimait plus, donc, bien sûr, il a rompu. Ça m'a brisé le cœur, et dans un geste de lâcheté, j'ai utilisé le sortilège pour arrêter de souffrir. La pire idée du siècle. Quand j'ai fait la contre-formule, des semaines plus tards, alors que mes amis devenaient suspicieux, j'ai littéralement sombré dans une intense dépression pendant un mois, risquant de couler mes examens. Tu vois, quand tu mets un terme au sort, les émotions que tu devais sentir pendant tout ce temps, ils reviennent tous en un instant, et c'est un total désastre. Alors, promets-moi, Dor, que tu vas être plus intelligente que moi avec ça…
- Je… C'est promis, me forçais-je à dire.
Alors, se couper de ses émotions à l'aide de ce sort, comme me l'avait expliquée ma mère, c'était comme tirer et tirer sur un élastique, plus tu l'étirais et plus fort il te frappait lorsqu'on le relâchait.
Quand Sirius est venu à moi, dans le grand salon, je pensais être seule et je venais tout juste de faire le contre-sort. Je ne croyais pas être interrompue par quelqu'un à cette heure tardive dans la nuit. J'étais concentré à prendre de grandes respirations, comme ma mère m'avait suggéré de faire, pour me calmer et tenter de tempérer l'explosion. Je n'avais pas entendu venir Sirius et mon cœur avait fait un immense bond quand je l'avais entendu me demander si j'allais bien. Il avait perturbé le rythme de mon rituel de reconcentration. Par habitude, j'avais simplement refait jouer ma cassette ''Je vais bien, tout va bien'', avant de me sentir sur le bord de l'abysse. Ne souhaitant pas qu'il assiste à mon effondrement, je battis rapidement en retraite à ma chambre. Une fois la porte refermée derrière moi, je m'asseyai sur le lit, tentant de me calmer, mes mains commençant à trembler de plus en plus fort, les larmes coulant déjà le long de mes joues… Peu après, j'entendis la porte de Sirius se refermer, finalement…
C'était comme si le barrage avait finalement succombé face aux eaux tumultueuses. Tout mon corps se mit à trembler et je commençai à sangloter, incapable de me retenir. J'abandonnai, me couvrant le visage de mes mains et laissai tout sortir. Peu après, j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir, et je pensai que peut-être avais-je été trop bruyante, mais j'étais déjà trop loin, le courant m'avait emporté et je ne trouvais pas de quoi m'agripper. Je sentis le lit s'enfoncer à côté de moi et un bras se déposer sur mes épaules. C'était tellement réconfortant, je parvins à arrêter de pleurer quelques instants pour risquer un regard vers Sirius, parce que je savais que c'était lui. Il semblait très inquiet, lorsqu'il m'offrit le confort de ses bras. Aussi honteuse que je pouvais me sentir (parce que, oui, j'avais été malade devant lui et maintenant j'étais une épave pleureuse, clairement, il devait penser que j'étais une personne plutôt instable), je sentais que j'avais besoin de tout extérioriser avant d'être en mesure de me sentir mieux. Bien sûr, je ne pouvais pas lui dire à propos du sortilège…
- Allez, viens, je vais te mettre au lit, me murmura-t-il gentiment à l'oreille, après un moment, quand je commençais tranquillement à me calmer.
Je le laissai me tirer jusqu'en haut de mon lit, puis il prit les couvertures dessous moi et me couvris avec.
- Tu vas mieux ? Et tu ferais bien de me dire la vérité, cette fois, Meadowes, ajouta-t-il, alors que j'allais en effet mentir et dire que oui.
- Je… Je ne sais pas, dis-je honnêtement, avec une petite voix.
Je me sentais un peu mieux, mais le réconfort qu'il me donnait aidait tellement, j'avais un peu peur qu'il ne parte.
- Tu veux que je reste un peu plus longtemps ? M'offrit-il, devinant mes pensées.
Je me contentai de hocher la tête, trop honteuse pour le dire tout haut. Il hocha la tête en retour et tira les couvertures de sous lui et, une fois dessous, s'approcha de moi, nos visages à seulement quelques pouces l'un de l'autre. Sans prendre le temps de trop y penser, je fermai la distance entre nous et me collai à lui, retournant mon visage sur l'endroit mouillé de son t-shirt créé par ma faute. Il était chaud et sentait bon, ce que je savais maintenant être l'odeur de son après-rasage, et je sentais également une vague odeur de Whisky Pur Feu… Il me prit dans ses bras et je soupirai, ressentant tout le confort qu'il tentait de me donner. Après un petit moment, je me sentis devenir engourdie de somnolence et je tombai finalement endormie…
