La rose

Les minuscules épines qui ornaient le long de la tige de la délicate fleur tirèrent sur la peau rugueuse de ta paume, créant de nombreuses petites blessures qui commencèrent à saigner.

"Une rose." Dis-tu tout en regardant les gouttelettes de sang couler lentement des petites coupures. Alfred ne te la prit pas comme tu l'aurais cru, plutôt, il regarda ta main désormais ensanglantée avec méfiance.

"Ma chérie." Une voix familière roucoula derrière toi, l'accent français te donna des frissons. Deux mains glissèrent sur la pente de tes épaules et t'enveloppèrent dans une étreinte qui te rendit complètement rigide. Certaines de ses boucles blondes retombèrent sur ton épaule et tu pus sentir les doux parfums de la lavande et de la vanille émanant de lui.

" Attends d'être dans le placard avant de commencer à la peloter, kay?" Dit Alfred, le nez retroussé de dégoût. Peloté? Mon Dieu. Tes joues virèrent au rouge.

"D'accord, je vais attendre." Dit Francis, déçu, en serrant ses bras autour de toi comme il le fit. "On y va, _." Murmura-t-il en te saisissant par le poignet et en te traînant vers la porte du placard. Sans le battement constant de ton cœur, tu aurais pensé que tu étais morte Jamais dans tes rêves les plus fous tu aurais pensé que cela arriverait, et maintenant que c'était le cas, tu étais pétrifié.

Tu déglutis, nerveuse de ce qui allait se passer une fois la porte fermée. Tu seras toute seule avec l'homme le plus séduisant que tu connaisses et tu auras sept longues minutes pour faire ce qui te plaît.

Cela sembla une éternité avant que la porte ne se ferme, te laissant, avec le fringant Français, dans l'obscurité. Malgré ta personnalité tsundere quand tu es avec lui, tes vrais sentiments étaient ceux d'une adolescente tête en l'air. Ton cœur accéléra, il battait si fort contre ta poitrine que tu pensais qu'il allait sortir de ton corps et s'écraser sur le tapis.

"_." Chuchota Francis d'une voix sensuelle, en te serrant la main de manière rassurante. Ce n'est qu'à une distance d'environ cinq centimètres que tu pus le voir, et même là, ce ne fut que la petite lueur dans ses yeux bleus. Sa main libre saisit la tienne, celle avec des coupures dues aux épines. Ta respiration s'arrêta lorsqu'il porta ta paume à ses lèvres et l'embrassa, apaisant les petites coupures saignantes. Il lâcha ta main et soupira. " J'espère que tu n'as pas peur de moi, surtout après ce qu'a dit ce fils de pute d'Alfred." Dit-il avec un frisson de colère. " Je ne songerais jamais à te faire une chose pareille... à moins que tu ne désires." Murmura-t-il avec un sourire timide. Il t'a fallu un moment pour reprendre ton souffle.

"Francis, c'est d'accord, je..." Tu t'arrêtas, en essayant de trouver la bonne façon de le dire sans repousser l'homme. Tu espérais qu'il avait au moins la capacité d'aimer, et pas seulement de convoiter. Tandis que tu continuas à bafouiller tranquillement, fouillant dans tes mots, il te coupa la parole.

"Je t'aime, _." Dit-il calmement. Ces mots te provoquèrent une autre grande bouffée de chaleur, et tu fus soudainement reconnaissante envers l'obscurité. Tu as passé assez de temps avec lui pour connaître ces mots, pourtant ils te semblaient étrangers lorsqu'ils étaient adressés à toi.

" Tu m'as enlevé les mots de la bouche." Dis-tu, à bout de souffle, en te délectant de la sensation de ses bras autour de toi. Tu pus à peine voir le sourire se dessiner sur ses lèvres avant que le petit écart qui vous séparait l'un de l'autre ne se referme. Ses lèvres étaient douces et légères contre les tiennes, et non rugueuses et dures comme tu l'avais pensé auparavant. Elles se sont synchronisées avec les tiennes telle une danse, lente et réfléchie.

La main qui était à ton cou glissa vers le bas jusqu'à ce qu'elle se pose contre le creux de ton dos. Il glissa sa main froide sous ton tee-shirt, te faisant glousser et frémir lorsque ton corps fut envahi de délicieux frissons. Tu passas inconsciemment ta main dans ses cheveux, en sentant les douces boucles qui glissèrent entre tes doigts, puis tu les tiras légèrement. Francis gémit et mordit ta lèvre supérieure pour se venger, te faisant haleter de douleur. Avec plus de vigueur, il glissa sa langue sur ta bouche, caressant doucement la surface, pour revendiquer son nouveau territoire.

Il recula un peu pour pouvoir se concentrer sur ton cou, suçant ta peau et la marquant légèrement. Tu jetas ta tête en arrière, pressant ton corps contre le sien, te donnant à lui.

"Fr-ancis!" Gémis-tu lorsque ses dents mordirent ta clavicule. Tu le sentis sourire contre ta peau et glousser avant qu'il n'ouvre ton pull et ne le retire de tes épaules, suivi de de ton tee-shirt. Tous deux jetés au sol, il se mit à tripoter le dos de ton soutien-gorge. Tu respirais de façon irrégulière, essayant de remplir tes poumons, mais Francis te couvrit la bouche avec la sienne.

La porte s'ouvrit, te mettant dans une frénésie nerveuse, soudainement consciente que tu étais à moitié nue. Francis, toujours en train de se débattre avec ton soutien-gorge, se détacha de tes lèvres et jeta un regard furieux sur l'intrus.

Alfred se tenait sur le seuil de la porte, la main sur la bouche, les sourcils froncés de consternation.

" C'est dégoutant." S'étouffa-t-il, puis claqua des pieds en refermant la porte, vous laissant à nouveau seuls. Vous riîez.

" Tu sais, je pense qu'on peut rester ici car je doute qu'Alfred ne revienne de sitôt nous déranger." Suggéras-tu. Francis sourit et fit un commentaire d'approbation non déguisé.

"Tu me connais trop bien, _. J'étais sur le point de te dire la même chose."

"Je t'aime, Francis." Murmuras-tu sur son épaule.

"Tu n'as idée..." Répondit-il avant de prendre ton menton entre ses doigts et de t'embrasser à nouveau.