Ce n'était pas gagné mais voilà, j'ai réussi à me motiver un peu…
Merci aux reviewers, followers et les « favoris »
Emma, j'espère que ta frustration en aura valu la peine, et ce pour tous les chapitres à suivre.
Isa, voici les retrouvailles de Severus avec Hermione
Bonne lecture à tous.
OoOoOoOoOoOoOoO
Chapitre 8 : Objectif atteint.
Hermione avait l'impression que ses muscles étaient devenus de la guimauve. Même ses paupières ne voulaient pas s'ouvrir. Cela étant, après réflexion elle se demanda pourquoi devait-elle se réveiller tout de suite. Après tout, elle était plutôt bien là, elle se sentait en sécurité et puis elle était confortablement installée sur… sur quoi d'ailleurs ? Quand s'était-elle rendormie en plus ?
Les yeux toujours clos, elle bougea légèrement la tête pour se mettre un peu plus à son aise. L'oreiller sur lequel elle avait sa tête avait une odeur qui lui était familière. Inspirant profondément, elle tenta de se souvenir ce que cela lui rappelait exactement. Toujours dans ses pensées, Hermione entendit vaguement quelqu'un à côté d'elle se lever et s'éloigner, mais cela ne la paniqua pas. Elle n'était clairement pas en danger, sinon elle ne serait pas aussi bien installée. Après ce constat loin d'être alarmant, la lionne inspira donc pour la seconde fois, un bon coup, pour se reconcentrer sur l'odeur qu'elle sentait.
C'était une fragrance boisée, avec une touche plus légère qui pouvait très bien être une épice ou une touche plus végétale, peut-être de la sauge ou même du thym. Il était difficile de savoir, l'odeur était là certes, mais c'était léger et elle était loin d'être un nez de parfumerie, d'où sa concentration. Pourtant, un souvenir vague lui vint en tête, celle d'une salle de classe sombre, fraîche, humide mais dans laquelle elle avait toujours apprécié se rendre.
« J'aimais bien cette odeur pendant ses cours… » se dit alors l'ancienne étudiante de Poudlard en esquissant un léger sourire nostalgique. Sourire qu'elle perdit bien vite. « Par Merlin, mais bien sûr, c'est son odeur à lui ! »
Finalement Hermione ouvrit les yeux rapidement, sans se lever pour autant. Elle se souvenait maintenant parfaitement avoir vu l'ancien espion sortir de la maison d'enfance de Cléo ! Comment avait-elle pu oublier ? Et pourquoi était-elle maintenant sur un canapé qui avait son odeur ?
Observant et analysant rapidement les lieux, elle comprit qu'il s'agissait d'une entrée servant aussi de petit séjour. Le canapé sur lequel elle était allongée était positionné devant une table basse, faisant face à deux fauteuils et le tout non loin d'une cheminée. Vu la décoration sobre mais soignée qui lui faisait penser au bureau de son ancien enseignant -les bocaux avec des choses étranges baignant dans du formol en moins- c'était forcément la demeure de ce dernier.
Se redressant lentement, elle entendit des bruits de pas légers qui semblaient arriver dans sa direction. La lionne tourna un peu la tête et vit un homme familier s'approcher d'elle. Hermione se rappela aussitôt lui avoir parlé, dehors devant le portail, pensant à ce moment-là avec Cléo qu'il s'agissait du nouveau propriétaire des lieux. Il s'approcha un peu plus et finit par sourire avant de dire d'une voix posée et douce :
- Rebonjour miss Granger. Non, non, restez au moins assise, vous avez besoin d'y aller doucement.
- Que m'est-il arrivée au juste ? demanda-t-elle en passant sa main dans ses cheveux. Et où est passée Cléo ?
- Vous avez fait un petit malaise mademoiselle, mais rien de grave. Vous avez sûrement eu un léger coup de chaud. À moins que le fait de vous retrouver face à Severus ne vous ait effrayé au point que vous êtes tombée dans les pommes ! avait-il ajouté en riant.
Se sentant rougir de honte, la lionne détourna le regard. Le choc qu'elle avait eu en le voyant avait, en effet, probablement été la réelle cause de ce malaise. Heureusement, il n'en rajouta pas plus à ce sujet et répondit à la seconde question directement :
- Quant à Cléo, elle est à côté. Elle va arriver. Comment vous sentez-vous ?
- Ça va, je me sens fatiguée mais je vais bien. Je vous remercie… monsieur ?
- Monsieur Rivoyre, mais je vous en prie, appelez-moi Christian ! Je suis un ami à Severus.
- Merci beaucoup Christian, dit-elle alors, quelque peu gênée.
Hermione sourit tout de même légèrement à cet homme qui semblait bien trop souriant pour faire réellement partie de l'entourage de son ancien professeur. Elle n'eut pas le temps de lui poser des questions que la voix de Cléo retentit derrière elle :
- Hermione, est-ce que tu te sens mieux ? Tu m'as fait une de ces frayeurs à tomber comme ça sans prévenir !
- Désolée… mais tu sais quand on fait un malaise, généralement, on ne pense pas vraiment à prévenir ! tenta de plaisanter la lionne pour montrer à son amie qu'elle allait bien.
- Très drôle ! répondit cette dernière en levant les yeux au plafond, non sans sourire grandement en même temps, preuve qu'elle avait trouvé ça un minimum amusant.
- Vous voulez boire quelque chose ? proposa Chris aux deux jeunes femmes.
- C'est gentil mais on ne veut…
Cléo allait visiblement refuser cette proposition quand une voix grave la coupa :
- Vous êtes déjà là, c'est un peu tard pour s'inquiéter de déranger.
Aucun doute n'était permis quant à la personne à qui appartenait cette voix, quand bien même l'homme était derrière la lionne, hors de son champ de vision. Hermione se figea et sentit son cœur louper un battement. Elle n'allait quand-même pas retomber dans les pommes non ? Non, clairement elle ne pouvait pas, pas maintenant qu'elle avait une chance d'enfin remercier son sauveur et de se libérer de ses angoisses. Mais elle n'arriva pas à se retourner pour lui faire face. Elle revit brièvement le visage ensanglanté de ce dernier la dernière fois… c'était d'ailleurs cette vision qui l'avait fait s'évanouir.
« ressaisis toi Hermione, tu es une Gryffondor, ressaisis toi bon sang ! »
Visiblement, Cléo avait répondu quelque chose de drôle car Christian se mit à rire en la regardant et il lui tapotait maintenant l'épaule. Hermione reprit contenance juste le temps d'entendre ce dernier finir sa phrase :
- … Caractère bien trempé hein ?
La conversation ne devait pas vraiment plaire au maître des lieux car il changea de sujet en reportant son attention sur la lionne silencieuse :
- Comment vous sentez-vous Granger ?
Entendre son nom prononcé par celui qui lui donnait des crises d'angoisses monstrueuses eut l'effet étrange de rendre à la lionne son courage Gryffondorien. Ainsi se leva-t-elle doucement mais sûrement et se retourna. Il était là, face à elle, enfin ! Droit comme un 'I', les bras croisés dans son dos, le teint toujours aussi pâle et les cheveux toujours aussi noirs que son regard. Mais il était bien là, debout, vivant, sans blessures pour le couvrir d'une couleur sang qui ne lui allait pas du tout, à lui, le directeur des vert et argent.
Elle ne s'entendit même pas lui répondre qu'elle allait beaucoup mieux. Ce fut l'air rassuré qui traversa, l'espace d'une seconde à peine, le visage impassible de l'ancien espion qui lui fit comprendre qu'elle avait donné sa réponse. Puis, Hermione ne put que sourire en sentant son cœur reprendre un rythme totalement normal et son corps se détendre enfin.
Ainsi, enfin certaine de ne pas faire une nouvelle crise d'angoisse, elle se permit de poser la question qui lui taraudait l'esprit depuis des mois :
- Et vous professeur, comment allez-vous ?
Elle avait, bien entendu, déjà eu une réponse par le biais de Harry/Albus, mais c'était sa réponse à lui qu'elle voulait absolument entendre. Il ne répondit pas tout de suite, comme surpris, ou peut-être plutôt blasé par cette question, puis il dit finalement :
- Je vais bien. En tout cas, je vais bien mieux que vous. Je ne tombe pas dans les pommes, moi, au moins.
Vu que son sarcasme légendaire était toujours bien présent, la jeune femme dut se rendre à l'évidence : on ne lui avait pas menti, il allait bien ! Soulagée à cette idée, elle décida de ne pas tenir compte de la réflexion moqueuse. Au lieu de ça, Hermione sourit légèrement.
- Au lieu de te moquer, tu devrais aller chercher à boire pour tes invités Severus ! s'exaspéra Chris en roulant les yeux vers le plafond.
- Elles se sont invitées d'elle-même, ne put s'empêcher de répliquer le sombre sorcier.
Ce n'était pas totalement faux, et les deux jeunes femmes se regardèrent non sans s'amuser de la situation. Elles étaient venues sur le conseil de Dumbledore et avait fini par faire irruption dans la demeure de celui qu'elles cherchaient sans penser pouvoir le trouver. Les choses se faisaient parfois de façon bien curieuse.
- Tu es vraiment incorrigible et malpoli.
- Par Salazar, c'est bien la première fois que l'on me dit une telle chose. Je suis terriblement choqué et outré par tes propos Christian.
Severus avait dit cela avec son ton le plus neutre, tout en conservant sa posture droite et ses bras dans le dos. À le voir ainsi, aussi Roguien, Hermione ne put que se sentir soulagé et assez heureuse. Il était tel qu'elle le connaissait, peut-être légèrement plus détendu qu'avant. Enfin, c'était sûrement dû au fait qu'il était en simple chemise blanche et pantalon, sans ses sempiternelles couches de vêtements professoraux. Ainsi vêtu, elle le trouvait toujours aussi fascinant mais plus humain, plus accessible, peut-être même plus séduisant !
Le fil de ses pensées la fit rougir légèrement. Son malaise couplé avec le choc d'avoir retrouvé son ancien professeur, sans parler de la chaleur extérieure, avaient probablement eu raison… de sa raison. Elle entendit finalement l'ancien espion dire à son ami, comme si de rien était :
- Tu n'es pas censé retourner à Sainte Mangouste pour une réunion toi à la base ?
- Ne change pas de sujet espèce de… Par Mélusine, je n'avais pas vu l'heure, je vais être en retard ! Tu n'aurais pas pu me rappeler avant que j'avais un rendez-vous ? grogna Chris en se dirigeant vers la cheminée éteinte du salon.
- Je viens de le faire.
- Nous reprendrons notre conversation demain, crois-moi ! Et si j'apprends que tu n'as pas été agréable avec ces demoiselles, sache que je le dirais à Albus.
- J'en tremble d'effroi, fit alors Severus avec une ironie dégoulinante.
Pour seule réponse, le guérisseur fit un doigt d'honneur à son ami avant de disparaître dans des flammes vertes qu'il avait fait apparaître en lançant de la poudre de cheminette dans l'âtre. Une fois le sorcier disparu, les flammes s'éteignirent de nouveau.
- Voulez-vous boire quelque chose du coup ? interrogea l'hôte des lieux, avec plus de sympathie maintenant que le guérisseur était parti.
- Je veux bien un verre d'eau s'il te plaît ! répondit finalement Cléo.
- Moi aussi je veux bien…
- Vous pouvez vous rasseoir, vous ne paierez pas plus cher.
Tout en disant cela, le sombre sorcier avait commencé à se diriger vers une porte qui donnait clairement vers la cuisine. Cléo s'approcha de son amie et sourit :
- Merci Hermione !
- Pourquoi au juste ? fit la lionne, surprise.
- Sans toi je serais rentrée en France et je n'aurais jamais retrouvé mon frère. Merci infiniment, tu n'imagines pas comme je suis heureuse. Je suis dans ma maison d'enfance, avec mon frère, qui plus est, est en vie ! Ça représente des années de recherches que j'aurais pu gâcher si tu n'avais pas été là.
- Tu avais déjà fait le plus dur. Je me suis contentée de traduire ce que Dumbledore avait dit ! répliqua-t-elle vivement tout en rougissant.
- Et c'est ce qui a fait toute la différence Hermione.
Toujours aussi rouge que ne l'était son ancien uniforme, la Gryffondor sourit. Elle aurait bien insisté encore pour dire qu'elle n'avait pas fait grand-chose, mais elle savait que Cléo ne lui aurait pas laissé avoir le dernier mot. Elle accepta donc les remerciements avant d'entendre son ancien professeur revenir.
Attrapant son verre, Hermione constata avec surprise une marque qu'elle n'avait jamais vu avant, sur le dos de la main de l'ancien espion. Elle réussit à ne rien montrer de sa stupeur, buvant doucement son eau fraîche alors que Rogue donnait maintenant un verre à sa sœur.
- Merci Severus… heu, juste, dis-moi, les toilettes sont toujours au même endroit ? interrogea-t-elle en passant sa main libre dans ses cheveux galaxy, un peu gênée.
- Oui, toujours au même endroit. Par contre, prévient-il alors que Cléo se levait déjà, n'appuie pas sur les boutons en étant debout.
- Quels boutons ?
- Tu verras ! souffla-t-il simplement, comme si de rien était.
Étonnée mais visiblement légèrement trop pressée de vider sa vessie, Cléo monta à l'étage. Hermione était maintenant seule avec son ancien professeur qui s'installa dans le fauteuil face à elle.
« Ce serait peut-être le bon moment pour le remercier non ? » tenta de se motiver la lionne en buvant une nouvelle gorgée d'eau, ne se sentant pas totalement à son aise.
Elle n'avait plus cette sensation d'anxiété, mais elle se sentait tout de même étrange. C'était sûrement lié au fait qu'elle était chez son ancien professeur, installée dans son salon, dans son canapé, à boire un verre d'eau face à lui en dehors des contextes habituels. Essayant de se détendre, elle sursauta quand la voix grave de Rogue lui demanda doucement :
- Alors Granger, vous avez finalement eu un poste au ministère ?
- Oh heu oui, je travaille maintenant au service de protection et de régulation des créatures magiques.
- Et que faites-vous là-bas au juste ?
Était-il réellement en train de s'intéresser à son travail où voulait-il juste faire passer le temps en attendant le retour de Cléo ? Hermione ne le savait pas, mais avant que son interlocuteur ne s'aperçoive de sa stupéfaction face à cette simple question, elle répondit en souriant :
- J'ai été affectée dans l'aile des affaires courantes. En gros, je m'occupe de tout ce qui touche aux animaux magiques dans la vie quotidienne, qu'ils soient auteurs ou victimes d'accidents au sein de la population sorcière ou moldue. Je suis donc un peu sur le terrain et un peu dans les bureaux. C'est varié et intéressant…
- C'est en tout cas un travail qui vous correspond.
- J'espère en tout cas… mais, pourquoi dites-vous cela ?
- Eh bien parce que vous avez toujours eu à cœur de défendre et protéger les créatures magiques. J'ai le souvenir de votre société de libération des elfes. Ou quelque chose dans le genre, non ?
- Heu oui… la 'SALE' en effet, expliqua-t-elle en rougissant, surprise qu'il se souvienne de ça. Mais ce n'était pas un franc succès…
- Vous aviez en tout cas de la suite dans les idées. Enfin, je suppose que vous n'avez pas abandonné votre combat pour libérer les elfes de l'oppression sorcière. Qui sait, vous réussirez peut-être à faire quelque chose.
Dans sa façon de parler, Hermione fut presque choquée de ne pas y retrouver de la moquerie. Un peu comme s'il était convaincu qu'elle pouvait le faire. Sans lui laisser le temps de répondre, il ajouta :
- Après tout, vous avez bien réussi à libérer un animal stupide condamné à mort lors de votre 3ème année.
- Oh eh bien, c'est vrai que nous avons sauvé Buck dans un sens, mais il n'était pas stupide ! s'offusqua la lionne en repensant à tout ce qu'elle avait fait pour le pauvre hippogriffe.
- Je parlais de Black, mais oui, vous avez aussi sauvé le demi-volatile.
En disant cela, le sombre sorcier avait eu un de ces rictus narquois. Hermione l'observa un instant avant de finalement rire. La terreur des cachots venait clairement de faire de l'humour, et une fois le choc passé, elle dut avouer qu'elle avait trouvé ça vraiment drôle.
Pourtant, Hermione cessa rapidement de s'amuser en entendant Cléo crier dans l'étage. Elle se leva d'un bond et vit Rogue se lever en soupirant :
- Qu'est-ce que…
- Ne vous inquiétez pas Granger, elle a juste dû appuyer sur les boutons en étant debout.
Il monta alors, suivie de près par la lionne qui ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Une fois en haut, le maître des lieux se dirigea vers la dernière porte au fond d'un long couloir :
- Cléo, je t'avais dit de ne pas appuyer !
- PAR MÉLUSINE, QUI A UN TOILETTE AVEC UN JET D'EAU INTÉGRÉ CHEZ LUI ! s'écria alors la femme derrière la porte avant d'ouvrir celle-ci.
Cléo était trempée, tout comme le sol. En regardant à l'intérieur, Hermione vit un toilette semblant sortir tout droit de la NASA !
- Wow, ce sont des 'washette' japonaise ? questionna la lionne qui était presque certaine d'avoir raison. La seule fois où j'en ai vu, c'était pendant mes vacances à Tokyo avec mes parents !
- Tu vois Cléo, certaines personnes connaissent, fit simplement le sombre sorcier en haussant les épaules.
- Ça reste bizarre ! se défendit sa sœur.
- Ça s'appelle de la technologie Cléo, et il faut apprendre à vivre avec quand on a une demeure dans un quartier moldu.
- Un quartier où je doute que beaucoup d'habitant aient les moyens de s'offrir ça ! répliqua la française qui était toujours vexée.
Rogue ne répondit rien à cela, se contentant de se pincer l'arête du nez. Cléo sortit sa baguette de sa poche pour nettoyer les dégâts avec un simple informulé avant de marmonner :
- Je ne veux même pas savoir à quoi sert ce jet démoniaque.
- Ce n'est que de l'eau, pas la peine d'en faire toute une histoire, finit par se moquer quelque peu le propriétaire des lieux, avant de tout simplement prendre la direction des escaliers.
- Ça va aller ? demanda tout de même Hermione en souriant gentiment.
- Oui, ne t'en fais pas. Je vais arranger ma tenue et ma coiffure et j'arrive.
- Je t'attends en bas alors.
La jeune femme descendit alors et rejoignit son ancien professeur qui, se tenant debout vers la cheminée, regardait sa main droite tout en bougeant ses doigts, fermant et rouvrant le poing à plusieurs reprises.
- Cela vous fait mal ? interrogea Hermione en s'approchant.
- Pas vraiment… répondit-il distraitement.
Une fois aux côtés du sombre sorcier, la lionne prit la main de ce dernier sans trop réfléchir :
- C'est lié au sortilège de Lestrange hein ?... C'est un peu à cause de moi si vous avez cette cicatrice du coup…
- Ne dites pas d'âneries Granger ! s'exclama-t-il en retirant vivement sa main, tout en reprenant sa posture droite et fière. C'est de la faute à la folie de Bellatrix, personne d'autre. Et puis, ce n'est rien de grave et…
- Merci professeur, le coupa la lionne en relevant la tête pour le regarder dans les yeux, merci de m'avoir sauvé la vie en vous mettant vous-même en danger. Sans vous, je ne serais pas là !
- Vous voulez dire que sans moi, vous ne seriez pas en train d'envahir ma demeure ? Je me demande si je ne regrette pas du coup.
La jeune femme ne put que constater le retour du rictus narquois. Celui-là même qui l'avait blessé tant de fois, car symbole des innombrables commentaires désobligeants qu'il lui avait pu lui faire. Peut-être était-ce simplement sa façon à lui de plaisanter du coup, ou de se défendre de la présence des autres êtres humains. Ce fut la voix grave de Rogue qui la sortit de ses pensées :
- Je ne regrette pas vraiment, vous vous en rendez compte j'espère !
- Pardon ?
- Je disais que…
- Me revoilà ! s'exclama alors Cléo qui venait de réapparaître dans le salon.
- Ravis de voir que tu t'es remise de tes humides émotions, se moqua doucement le maître des potions.
- Très drôle !
Hermione sourit devant les chamailleries fraternelles qui avaient lieu face à elle. Difficile à croire qu'ils ne s'étaient pas revus depuis plus de 20 ans. Mais cela donnait clairement un air plus humain à l'ancien espion, la lionne devait bien l'avouer. Pour autant, cette dernière n'oublia pas les mots de Rogue. Était-ce donc simplement sa façon à lui de faire de l'humour ?
Elle ne posa pas sa question bien évidemment. Cléo était de nouveau là et papota un peu avec son frère de sujets totalement banals, et ce jusqu'à ce qu'il soit temps pour les deux jeunes femmes de rentrer au square. Elles n'avaient pas prévu de sortir aussi longtemps et ne voulaient pas inquiéter Harry et Sirius.
Ainsi, après que Cléo eut pris le sombre sorcier dans ses bras - ce dernier se laissant étrangement faire, malgré ses traits tirés et presque dégoûté, la lionne se contenta de lui tendre sa main. Il la saisit alors doucement et dit sans la lâcher :
- Je suppose que je n'ai pas à vous rappeler que même Potter et Black ne doivent pas connaître l'emplacement de ma demeure, mais je vais quand-même le faire. Je ne tiens pas à ce que des gens ne viennent me voir inopinément ! J'ai en horreur les surprises de ce genre habituellement.
- Je… voulut répondre la jeune femme qui se fit cependant couper la parole par son interlocuteur.
- En revanche, je vous autorise à accompagner ma sœur lors de ses prochaines visites, si elles ont lieu d'être.
Hermione sentit une sorte de vague magique l'envahir l'espace d'une seconde. Elle comprit directement qu'il venait simplement de la mettre sur la liste des personnes pouvant transplaner directement chez lui. La lionne allait lui demander pourquoi quand il répondit de lui-même à la question, en baissant la voix pour que Cléo, qui était déjà au portail, n'entende pas :
- Sans vous, j'ai cru comprendre qu'elle serait rentrée en France.
- Heu oui… répondit Hermione qui avait l'impression qu'il s'agissait d'un reproche.
- Alors maintenant, veillez sur elle Granger. S'appeler 'Rogue' peut s'avérer extrêmement dangereux ici ! Vous êtes responsable de sa sécurité maintenant, ne l'oubliez jamais. Et si jamais quelque chose vous semble étrange, prévenez-moi sans tarder. Est-ce clair ?
En effet, il s'agissait bel et bien d'un reproche sur ce coup-là. Pourtant, il était clairement content d'avoir retrouvé sa sœur, cela se voyait dans ses yeux. Ils étaient moins sombres que d'ordinaire, la lionne en était certaine. Il devait être seulement terriblement inquiet.
- Je vous le promets professeur…
- Bien, je vous fais con…
- Hermione tu viens au lieu de draguer mon frère ? se moqua Cléo qui riait maintenant vers le portail.
La Gryffondor vira au rouge et récupéra sa main que l'ancien espion n'avait toujours pas lâché.
- J'arrive Cléo ! Heu désolée, je dois y aller… Au revoir professeur Rogue !
- Au revoir Granger…
Toujours rouge vif, elle rejoignit son amie pour partir. Une fois vers Cléo, cette dernière sourit amusée quand Hermione lui donna une légère tape à l'épaule :
- Pourquoi tu as dit un truc pareil sérieusement !
- Parce que c'était trop amusant ! Et parce que vous faisiez des messes basses. Viens, on y vas miss-je-rougis-comme-une-pivoine.
Secouant la tête, la lionne reconnut là un type de surnom digne du frère de son amie. Suivant la française hors du terrain, elle lui dit tout de même :
- Tu sais qu'on peut transplaner directement depuis son terrain maintenant ?
- Bien sûr que non, il nous a expliqué qu'il y avait un dôme de protection autour de la maison et dans le quartier proche. Tu n'as pas bien écouté visiblement ! s'amusa Cléo en levant les yeux au ciel, faussement outrée.
- Oh, heu oui, j'ai du mal entendre…
Peut-être s'était-elle trompée concernant la vague magique. Pourtant elle était certaine d'avoir ressenti la même chose quand ils avaient protégé le square…
Quoi qu'il en fût, elle vit Cléo faire un dernier signe de la main à son frère et commencer sa marche. Hermione quant à elle se retourna, surprise de voir l'ancien espion toujours sur le seuil de sa porte à les observer. Elle sourit cependant légèrement une nouvelle fois et accéléra le pas pour rattraper son amie.
Sur le chemin menant à la limite de la barrière magique indiquée par le sombre sorcier, la française parla de nouveau de son enfance dans le quartier à la lionne, qui s'amusait des anecdotes de sa nouvelle amie. En une vingtaine d'année, les lieux avaient changé et il y avait bien moins de vie qu'auparavant dans les rues. Beaucoup de maisons étaient vides et celles encore habitées l'étaient clairement par des gens d'un certain âge. C'était pour autant un petit quartier dans les Midlands, en bordure de Nottingham, qui à l'époque de l'industrialisation massive avait été très active. Mais, la belle époque de la production dentellière était révolue. Aujourd'hui, des laboratoires faisaient prospérer le compté, et les usines de textile du secteur étaient quasiment toutes laissées à l'abandon.
Une fois arrivé à la limite, Cléo sembla hésiter un moment. Hermione la regarda d'un air interrogatif avant qu'elle ne se décide à faire part de sa requête :
- Est-ce que ça t'ennuie si on passe d'abord par le parc, juste un peu plus loin ? C'est à 10 minutes de marche à peine.
- Ça ne me dérange pas non, répondit la lionne en souriant, c'est où exactement ?
- Par là-bas, suis-moi ! Je vais te montrer, c'était là-bas où mon frère m'amenait toujours pendant les vacances d'été.
Ce fut ainsi qu'Hermione et Cléo arrivèrent dans un parc verdoyant, dénotant avec la froideur des murs des bâtisses aux alentours. Même l'ancienne habitante du quartier sembla agréablement surprise devant le parc leur faisant face :
- C'est bien mieux entretenu que dans mes souvenirs.
- C'est vraiment très joli ! dit alors la lionne qui observa les parterres de fleurs qui s'étendaient autour d'elles.
- J'adorais passer des heures ici, plus exactement là-bas, vers la petite berge au bord du lac.
- Alors viens, allons-y !
Cette fois ce fut Hermione qui tira son amie pour aller s'installer au pied d'un arbre leur apportant une ombre bien venue sous cette chaleur. S'asseyant à même l'herbe fraîchement coupée et étrangement encore bien verte, la lionne sourit :
- Avec mes parents, nous allions souvent dans un parc vers chez nous aussi. Eux, ils lisaient, tandis que moi, je me baignais. Enfin, entre deux sessions de natation, j'ouvrais aussi un livre, je dois bien l'avouer. Il y avait une grande balade que l'on pouvait faire autour du lac et j'ai même appris à faire du vélo là-bas, sur le chemin de terre qui bordait l'eau. Mon père m'avait lâché sans me le dire et j'ai réussi à pédaler seule sur plusieurs mètres sans même m'en rendre compte sur le coup.
En racontant cela, les yeux d'Hermione s'illuminèrent. Elle aimait tellement les parcs et même si ce n'était pas celui de son enfance, tous les bons souvenirs qu'elle avait en elle lui revinrent en mémoire. Cléo sourit avec tendresse face à la nostalgie que son amie montrait, peut-être plus grande encore que la sienne :
- Tes parents doivent être des gens géniaux. J'espère que tu pourras rapidement les retrouver.
- J'espère aussi… Hélas comme tu as dû le remarquer en arrivant, les frontières sont difficiles à passer pour entrer et quasiment infranchissables pour sortir. Encore plus pour nous, les 'héros de guerre' ! constata amèrement la lionne en secouant la tête, agacée.
- Pourquoi ça au juste ?
- Eh bien, pour notre sécurité, les frontières sont très surveillées. Nous n'avons pas le droit de sortir du pays sans une très bonne raison.
- Et c'est quoi une bonne raison ?
- Rentrer chez soi si on est d'un autre pays. Ou pour des raisons familiales impérieuses ou de santé.
- Alors tu devrais pouvoir rejoindre tes parents du coup ! Et puis, tu es une héroïne de guerre, avec tous les sortilèges de contrôle, c'est facile de vérifier que tu es bien toi-même.
- Pour tout te dire, modifier les souvenirs de ses parents est quelque peu illégal… je ne peux donc pas expliquer ça aux autorités. Je n'ai donc, officiellement, pas de raisons valables pour quitter le pays en somme. Et puis, je suis 'Hermione Granger', dit-elle en mimant des guillemets, alors je dois aider à redorer l'image du Royaume-Uni, pas le fuir pour une raison obscure… il semblerait que la population soit rassurée de nous voir vivre une vie normale dans le pays. Néanmoins, il me semble indéniable que nous n'avons pas la même notion de la normalité…
- Hum, je n'en doute pas… mais j'avoue comprendre ce point de vue. La guerre à fait peur à tout le monde, ils se rassurent tous comme ils peuvent je suppose. Et te voir, ainsi qu'Harry et les autres, sortir sereinement dans les rues, cela doit les aider à refaire confiance en la société.
- C'est presque le discours mots pour mots que Shacklebolt nous a donné.
- Et puis, je suppose qu'il est probable que tu sois devenue une cible de choix pour des partisans du seigneur des ténèbres basés dans d'autres pays… ajouta Cléo après réflexion.
- Ça, c'est plutôt Dumbledore qui nous a donné cet argument. Enfin, il s'est montré plus rassurant tout de même. D'après lui, personne ne serait assez fou pour se battre contre nous, les têtes d'affiches. A part Lestrange, mais vu son état mental douteux.
- C'est ce que j'ai cru comprendre en effet. Elle en tient une couche elle. Mais j'ose espérer qu'elle va se faire arrêter bientôt, après tout, elle a commis une erreur et s'est faite voir il y a peu. C'est bon signe je présume.
- Espérons, car je t'avoue ne pas avoir franchement envie de la recroiser.
- Je te comprends ! N'empêche, ça doit être terriblement usant d'être aussi célèbre… libre de rien mais cible de tous…
Termina Cléo, une main sous le menton, preuve s'il en fallait qu'elle venait tout juste de penser à cette facette de la célébrité. La lionne soupira et ne put qu'acquiescer de la tête.
Après un instant de silence, Hermione regarda son amie. Remettant ses cheveux galaxy en arrière sur sa tête, la française qui s'était adossée contre l'arbre derrière elle constata :
- Tu es vraiment une force de la nature Hermione… sans parler de tous les inconvénients du fait que ton nom soit connu maintenant, tu es vraiment courageuse en tout point. Je ne sais pas si j'aurais réussi à protéger mes parents comme tu l'as fait, en sachant tous les sacrifices que cela représente. Pas spécialement pour eux, mais pour la personne qui doit lancer le sort j'entends…
- Ça n'a pas été facile, crois-moi ! Mais vraiment, je ne regrette pas ce que j'ai fait. Et puis, je sais que je vais retrouver mes parents… je trouve simplement le temps long.
- Sache que si tu as besoin de quoi que ce soit, je serai là pour t'aider autant que tu l'as fait pour moi !
- Merci Cléo, ça me touche beaucoup.
- La famille, c'est important. Même si parfois elle se brise… la tienne se reconstruira tu verras !
Sur ces mots qui semblaient vibrer dans la bouche de la française, Hermione sentit son cœur plus léger. Penser à ses parents la rendait nostalgique, mais elle avait aujourd'hui bien plus de motivation que jamais. Après tout, maintenant qu'elle avait enfin pu remercier son sauveur, ses parents étaient redevenus son unique objectif. Et, elle comptait bien le réussir le plus tôt possible.
OoOoOoOoOoOoOoO
Note :
J'espère que cette rencontre (il était temps), vous aura fait autant plaisir qu'à moi !
Les choses sérieuses commencent-elles ?
Peut-être bien que oui.
A bientôt, peut-être semaine prochaine.
Et merci beaucoup pour toutes les reviews si adorables que vous m'avez laissées et qui ont, je dois l'avouer, bien aidé à me motiver.
Commentaires de Maze :
sur quoi d'ailleurs ? (sur Severus ? meuhhh non :p) Le rêve ^^
peut-être même plus séduisant ! (On y vient ma chère Hermione, séduisant haha!) Oh que oui
Étonnée mais visiblement légèrement trop pressée de vider sa vessie, (c'est rare ce genre d'anecdote dans les fanfic mais c'est vrai que nous les filles faut qu'on aille aux toilettes mdr, moi perso c'est toutes les 2h lol) C'est pourtant naturel oui mdr
Je parlais de Black, mais oui, vous avez aussi sauvé le demi-volatile. (Mdr toujours aussi drôles et subtiles les attaques de notre cher SEVERUS) Subtil ? Vraiment ? mdr
elle dut avouer qu'elle avait trouvé ça vraiment drôle. (Oui moi aussi j'ai bien ri) Moi aussi, j'avoue mdr
se contentant de se pincer l'arête du nez (Oh oui l'arête du nez, tu es dans une moyenne basse, à raison d'un pinçage d'arête du nez tous les 4 chapitres, faut faire mieux ma chère) C'est important l'arrête du nez XD
En revanche, je vous autorise à accompagner ma sœur lors de ses prochaines visites, si elles ont lieu d'être. (Tu as une idée derrière la tête mon cher Severus pour autoriser Hermione à venir, on t'a cramé) Peut-être que oui mdr
Ou pour des raisons familiales impérieuses ou de santé. (Elle a besoin d'une attestation mdr) J'avoue, l'état m'a donné du vocabulaire dit donc mdr
(ce chapitre est très drôle, ça m'a bien fait rire LOL) Je suis contente que ça t'ait plu ^^
