Hello! Last but not least, voici le chapitre 8 qui vient clore cette fic!

Merci à ceux qui ont lu et laissé une review!

Bonne lecture!


Je la revis une première fois lors de cet événement du couronnement. La cérémonie officielle s'était tenue en petit comité dans le palais, mais elle vint tout de même se présenter au peuple adrestien. Elle ne me vit pas, du moins je ne le pensais pas, alors que j'étais noyée dans cette marrée humaine. Je m'attendais à voir paraitre son époux, nouvel empereur également, mais il n'en fut rien.

Au lieu de cela, elle nous annonça qu'une ère de grand changement arrivait avec elle à la tête de l'Empire. Le premier ministre, ce triste sire qui m'avait reçu pour m'informer de ma mission de faire son portrait, avait été déchu de son rang, comme tous les nobles qu'elle jugea véreux. Elle nous fit également part du complot de la noblesse adrestienne corrompue et oisive qui visait à étendre sa mainmise sur l'Empire et son peuple pour toujours plus s'enrichir. C'était ainsi qu'avait péri toute sa fratrie dont la soi-disant maladie était en fait provoquée sciemment pour les écarter du trône.

Tous furent horrifiés par la nouvelle mais celle qui venait d'être faite Impératrice calma vite la foule, leur assurant que désormais les choses évolueraient. Que l'injustice et les inégalités n'auraient plus court sous sa gérance. Elle salua une dernière fois et repartit dans les entrailles du palais impérial. Pour ma part, simple Professeur d'Art, je ne fus guère autorisé à la voir seule à seule évidemment. Je m'en retournais donc à Garreg Mach, heureuse de l'avoir revue et en même temps triste de n'avoir pu l'approcher. Ne pas laisser la mélancolie, et pire encore le regret me gagner fut bien plus dur après cela. Je la revis pourtant une seconde fois sans que ce soit moi qui cherche à la retrouver, mais bien elle.

Finalement, c'est avec l'aide de quelques fidèles de la famille impériale demeurant encore, qu'Edelgard parvint à échapper à son destin. Ainsi, avec le concours de Rhea sa nourrice qui finalement était bien de son côté, elle éconduit le noble qui l'avait demandée en mariage. Ce dernier se révéla d'ailleurs partisan du complot visant l'Empereur et sa descendance pour le contrôle de l'Empire puisqu'il s'agissait du fils de l'ancien premier ministre Aegir. Hubert von Vestra, ami d'enfance et aujourd'hui proche conseiller de l'Impératrice, joua un rôle majeur en œuvrant dans l'ombre pour faire le ménage dans la noblesse corrompue.

Cela prit plusieurs mois durant lesquels mon aimée dirigea les opérations depuis cette île qui vit naitre notre courte mais intense idylle. Lorsque son père fut sur le point de mourir, elle revint alors sur le continent pour qu'il effectue la passation de pouvoir avant cela. Il s'excusa auprès d'elle d'avoir été impuissant à la protéger elle et tous ses frères et sœurs ainsi que sa pauvre épouse. Edelgard le pardonna néanmoins avant qu'il ne rende son dernier soupir car elle savait l'affection de son père pour elle malgré tout cela.

Elle ne put me rejoindre et me prévenir de tout ceci avant plusieurs mois encore, le temps que les choses s'apaisent à Enbarr et dans tout Adrestia après sa prise de pouvoir. Le peuple était inquiet et la noblesse agitée de tant de troubles. Quand enfin, la situation politique revint à peu près à la normale, elle se mit en quête de me retrouver. Sous les conseils de Rhea, elle se rendit en premier lieu à l'Académie car si en effet je continuais à l'occasion de peindre à travers tout Fodlan, c'est là-bas que je résidais le plus souvent.

Ce fut quelques mois donc après mon retour du couronnement, je faisais cours comme aujourd'hui. La cloche sonna et je laissai repartir mes étudiants à présent libres. Ce jour-là c'était un cours de dessin de nu que j'avais donné et ce fut l'une de mes collègue travaillant à l'infirmerie de l'Académie qui avait accepté de poser. Je remerciai chaleureusement Manuela pour son temps et la laissai se rhabiller pour partir à son tour. J'examinais les toiles que l'on m'avait rendu quand une voix s'éleva dans mon dos.

—A peine mon portrait est-il terminé que vous peignez déjà une autre femme ? Et nue de surcroit.

Déesse, je crois que si mon cœur n'avait jamais battu avant cet instant, c'est avec affolement qu'il le ferait la première fois. Cette voix, sa voix, si longtemps que je ne l'avais plus entendue. J'hésitai à me retourner, de peur qu'elle ne soit en réalité un mirage inventé et qu'elle ne disparaisse à peine mes yeux se poseraient-ils sur elle. Cependant, la curiosité était trop forte pour que je résiste et je me tournai effectivement.

Ce n'était pas un rêve, elle se tenait bien devant moi. Vêtue d'une robe toujours de cette même teinte vermeille qu'elle affectionnait tant, je voyais ses cheveux neigeux qui étaient parés de deux cornes dorées ornementales auxquelles venait s'ajouter sa couronne impériale. Je retrouvai également cette sensation de chaleur à être caressée par ses iris particuliers. Dans un souffle, je murmurai son prénom comme je ne l'avais plus invoqué depuis longtemps.

—Edelgard…

—Professeur, ce tableau, c'est vous qui l'avez peint ?

C'est mon élève la plus volubile, celle aux boucles brunes et participant également à l'atelier de chant, Dorothea qui pose la question.

—Oui, il y a longtemps.

—Et quel en est le titre ?

—Portrait d'une Fleur Vermeille.

Ce n'est pas moi qui réponds mais bien quelqu'un d'autre se tenant dans l'encadrement de la porte de la salle. J'étais si absorbée que je n'ai pas entendu la cloche annonçant la fin des cours sonner. Mes élèves, intimidés par celle qui a donné le titre du tableau à ma place ou peut-être par son garde du corps ténébreux qui se tient en retrait, rangent rapidement leurs affaires avant de vite s'en aller. Je me lève alors et fais le tour de leurs chevalets sur lesquels reposent encore les portraits de moi qu'ils ont réalisés. Deux bras m'enlacent au niveau de la taille tandis qu'un souffle chaud près de mon oreille se fait sentir, me donnant un léger frisson.

—Ils t'ont faite triste je trouve, non ?

—Un peu c'est vrai, mais ne te l'ai-je pas dit ? Un portrait peut exprimer une émotion sans qu'il soit le reflet de la vérité.

—Dois-je en conclure qu'aujourd'hui cette tristesse n'est plus ?

—En effet, elle s'est envolée depuis ce jour où mon amour me fut rendu.

—Heureusement que contrairement à Orphée tu as décidé d'écouter les consignes qui t'avaient été données.

—Oh ? Car c'était là une consigne que d'assister à votre couronnement Impératrice ? Cela dit, si comme vous le pensez, ce fut bien Eurydice qui demanda à son bien-aimé de se retourner, a-t-il vraiment bravé les instructions qu'on lui avait donné ?

—Je suis sûre que nos joutes verbales te manquaient lorsque je n'étais pas à tes côtés.

—Tu éludes mais très bien, je ferais comme si je ne m'en étais pas rendue compte. Certes, nos conversations me manquaient mais c'était bien la moindre des choses.

—Te souviens-tu de ce jour où nous nous sommes enfin retrouvées ?

—Oui, c'était un jour comme celui-ci si je me rappelle bien.

—Je t'avais reproché de peindre une autre femme à l'époque, mais je n'ai jamais posé pour toi après cela.

—Je ne te l'ai jamais demandé.

—Pourquoi ?

Je me retourne alors dans son étreinte pour ancrer mes yeux dans les siens. Leur teinte parme si familière chavire toujours aussi facilement mon cœur après toutes ces années et quand bien même elle soit devenue ma femme depuis. Approchant ensuite ma bouche de la sienne, je lui souffle ma réponse en l'effleurant à peine.

—Parce que je suis égoïste bien sûr. Et que je désire garder ton corps pour le seul plaisir de mes yeux.

—Byleth…

—Je t'aime El.

Je l'embrasse alors et la douceur de ses lèvres m'emporte quand ce n'est pourtant pas notre premier baiser. Elle me rend ma déclaration quand nous nous séparons alors que je l'entraine vers mes quartiers. Peut-être vais-je songer à exposer ce tableau finalement. Le monde mérite d'être témoin de la vision que j'ai de celle qui est devenue mon épouse aujourd'hui. Celle qui transcenda son destin pour devenir l'Impératrice… Ma Fleur Vermeille.