12 mai 2012 - 17 : 00

Que faites-vous quand votre petite-amie pleure hystériquement au téléphone et que vous n'arrivez pas à la calmer ?

Que faites-vous quand elle vous dit qu'elle ne peut pas avorter et qu'elle a paniqué et est partie au milieu de la nuit ?

Que faites-vous quand elle vous supplie de la reprendre même si vous ne l'avez jamais laissé partir ?

La réponse : "Je sais. Tout va bien. Nous allons bien. Tout va bien se passer."

Et le répéter car elle ne l'entendra pas les premières fois où vous le dites.

Bella s'étouffe dans ses sanglots, se noyant dans la culpabilité et le chagrin. J'essaie de reconstituer ce qu'elle essaie de me dire mais cela se traduit par des phrases d'excuses courtes mais frénétiques

"S'il te plait ne me déteste pas."

"S'il te plait, ne me quitte pas."

"S'il te plait ne me laisse pas tomber."

Je décide de ne pas lui dire que son frère m'a botté le cul.

"Je ne te déteste pas." J'essaie d'avoir une voix forte, douce et apaisante. "Je ne pourrais jamais te détester."

Vous ne pouvez pas dire grand-chose de plus lorsque quelqu'un qui vous tient à coeur est bouleversé. Parfois il suffit juste de le laisser pleurer.

Parfois vous devez simplement dire ce que vous pouvez et espérer qu'elle vous entende. Répétez ce que vous savez jusqu'à ce qu'elle comprenne enfin.

"Je ne pourrais jamais te détester."

"Je ne te quitterais jamais."

"Je ne peux pas te laisser partir."

J'essaie de faire en sorte que Brightside retrouve sa lumière en lui disant des choses comme : "Je sais que tu ne peux pas le faire. Je ne veux pas que tu le fasses."

Et : "Tout ira bien."

Et : "Nous trouverons une solution ensemble."

Puis : "Je suis en route. Respire."

Finalement, les sanglots de Bella se réduisent à de petits gémissements, son halètement se transforme en hoquet et ses supplications se taisent.

J'écoute le son de sa respiration qui ralentit et s'adoucit.

"J'ai peur, Edward."

"Je sais," lui dis-je, parce que je sais.

Je suis terrifié. Les craintes de Bella étant aussi les miennes. Je ne veux pas qu'elle me déteste, qu'elle me quitte et qu'elle me laisse partir.

Nous sommes deux enfants qui ne savent pas quoi faire et nous nous accrochons l'un à l'autre.

Elle est ma plus grande erreur et je suis la sienne. Elle ne veut pas que je la blesse avec mon silence et mon cœur ne s'est pas ouvert à elle. Elle ne veut pas faire quelque chose pour lequel je pourrais lui en vouloir et c'est pourquoi elle est dans un train, en train de pleurer dans le téléphone d'un étranger.

Elle fuit un chagrin d'amour et je la poursuis.

Mais son appel me rappelle pourquoi je n'arrive pas à me sortir cette fille de la tête. Elle sait ce que son cœur peut supporter, elle a le cœur sur la main. Et cela n'inclut pas le fait de se débarrasser de la vie qu'elle et moi avions créé.

Nous sommes deux enfants qui ne savent pas quoi faire mais nous savons ce qu'il ne faut pas faire.

Et, honnêtement, avec Bella, j'ai l'impression que nous pourrions trouver une solution. Cette fille pourrait m'aider à comprendre la science des fusées. Elle m'a aidé à comprendre le fonctionnement des moteurs de voiture.

J'ai la foi.

Me tenant debout dans l'herbe où j'étais appuyé contre la pierre tombale de mon père, je garde le téléphone à l'oreille et je retourne à la voiture pendant que Jasper fait chauffer le moteur.

"Respire, Bella. Attends-moi."

Je l'entends prendre une profonde inspiration et expirer. "Je le ferai."