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- L'équipe du Comptoir -

Et maintenant, place à la deuxième partie de ce chapitre : la fic !

Petite note générale sur la fic : Cette histoire est une co-écriture entre deux auteurs du Comptoir, Angelica R et Marina.

Pour ce sixième chapitre, c'est Marina Ka-Fai qui est à la plume.

Disclaimer : OUAT et GOT ne m'appartiennent pas (on s'en serait pas doutés…)

Chapitre 7

Tyrion observa longuement son frère aîné, voyant sur ses traits la honte, la culpabilité.

- Et qu'avons-nous fait de si terrible par rapport à ton cousinet ? Lança-t-il

- Rien. Et c'est justement ça le problème ! Aboya Jaime. Nous n'avons rien fait pour lui. Et aujourd'hui, il se détourne de nous pour la maîtresse royale. Et cela, mon frère, nous ne l'avons pas volé. Sa colère est plus que légitime.

Le nain soupira avant de reprendre doucement.

- Tu es trop dur envers toi-même. Nous avons été lancé à la cour à l'âge de Lancel et nous nous en sommes sortis. Dans les larmes, peut-être mais nous nous en sommes sortis. Est-ce de notre faute s'il a du lait au lieu de sang dans les veines ? D'accord, il n'a pas nos avantages, et...

- Justement ! Le coupa son frère. C'est parce qu'il n'a pas nos avantages, parce qu'il n'est pas comme nous que nous aurions dû l'aider ! Il n'a jamais connu la guerre, l'hiver. Lui, tout ce qu'il a connu, c'est la chaleur d'un foyer aimant, où personne ne se tire dans les pattes ! Et une fois ici, nous l'avons laissé se démerder seul.

- Et d'où te vient ce soudain revirement ? Lui demanda son cadet. Jaime... Je sais que tu as de l'affection pour Lancel. Ou tout du moins, tu en as eu jadis. Mais pourquoi ce changement de ton si radical ?

- J'ai discuté avec Lady Harloi.

- Oh ?

Jaime regarda Tyrion droit dans les yeux et le plus jeune du triumvirat Lannister ne put y lire que des regrets.

- Robert frappe Lancel. Révéla douloureusement le chevalier

Tyrion sentit les poils sur ses bras se hérisser, un froid parcourant sa colonne vertébrale.

Le roi frappait son écuyer.

Le roi frappait un enfant qui était à peine plus âgé que son fils héritier.

Et sachant que Robert avait déjà flanqué un poing dans la figure de son fils quand il était enfant, cela en disait long sur le personnage. Un homme ayant une autorité, un pouvoir, une immunité, s'en servait pour passer ses nerfs sur un adolescent, aux yeux de tous. Et tout le monde se taisait parce que c'était le roi.

Tous sauf Zelena Harloi.

Une étrangère avait fait plus attention à leur cousin, qui entrait doucement dans l'âge adulte, que eux, sa chair et son sang. Et maintenant que Lancel avait un soutien, une amie à la cour, la première en deux ans, on lui demandait d'y renoncer sans connaître l'étendue des dommages qu'ils avaient causés par leur négligence. Oui, ils avaient bien mérité la soufflante de Lancel. Ils l'avaient abandonné à son sort, pensant qu'il n'y avait pas besoin de l'aider parce que eux, ils avaient réussi sans problème. L'espace d'un instant, Tyrion eut l'impression d'être devenu son propre père, cet homme qui disposait de ses enfants comme de pions, sans prendre en compte leurs forces et leurs faiblesses. La comparaison lui faisait bien mal. Oui, si Lancel venait à les trahir, ils ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes.

- Tu as des preuves ? Tenta-t-il

- Non, mais pourquoi créer un si gros mensonge qui pourrait lui nuire ?

- Bien vu.

- Je l'observerai.

Tyrion se servit un verre de vin, en offrit un à son frère.

- Et si jamais nous prouvons que Robert maltraite Lancel ? Que nous réussissons à le sortir de là ? Ensuite quoi ? Demanda-t-il. Il n'est pas dit que Lancel nous pardonne si facilement. Deux ans, c'est terriblement long quand on est seul.

- Il n'a pas à le faire. On ne mériterait pas son absolution. Quel genre de famille abandonne l'un des siens pour se démerder dans un endroit où il n'y connaît rien ? S'il choisit le camp de Lady Zelena malgré tout, on ne pourra s'en prendre qu'à nous-mêmes.

- Alors, comptons sur son bon cœur, Jaime.

Jaime eut un rire amer.

- L'est-il encore après le poison qu'on l'a laissé ingérer ?


Le rire léger de Lancel résonna dans la pièce et Hades put constater à quel point l'enfant, parce qu'il était un enfant à ses yeux, admirait sa chère Zelena. Il n'y avait entre eux aucune romance, juste la fascination d'un être jeune face à une personne aussi charismatique que sa tendre sorcière.

- Vous êtes brillante, Lady Zelena ! Sourit-il. C'est du génie !

- Oh, j'ai eu un bon professeur de généalogie. Répondit-elle sur un ton badin qui enorgueillit le jeune homme

- Puis-je savoir ce qui est si brillant ? Demanda le dieu. Nul doute que ça l'est, venant de Zelena, ça ne peut que l'être mais je ne comprends pas vos références.

Zelena avait eu l'idée de le faire passer pour un membre de la maison Frey. Steffon Frey pour être plus précis.

- La maison Frey est la maison la plus prolifique en terme d'enfants. Lui expliqua l'écuyer du roi. Lord Walder a quatre-vingt-dix ans, huit épouses et plus d'une centaine de descendants. Il y a tant de Frey dans sa lignée qu'il est facile de vous faire passer pour un membre de cette maison. Comme il y en a énormément, on ne prend même plus la peine de compter. Personne ne viendra contester votre identité tant que vous arriverez à vous fondre dans la masse. Mais je vous préviens : la famille Frey est moquée à la cour. Donc, attendez-vous à des remarques.

Oh oui, c'était brillant. Absolument brillant. Digne de Zelena.

- Bien, dans ce cas...

D'un simple geste de la main, la tenue d'Hades changea complètement, troquant son costume trois pièces pour des braies gris anthracite, des chausses, une chemise à jabot et aux manches longues noires, un veston de la même couleur. La seule touche de couleur était une broche discrète en forme de flamme, une flamme bleue pour rappeler ses cheveux quand il décidait de les faire flamboyer.

- Tu es parfait ! Un vrai westerosi ! Plaisanta Zelena

- Bien, il ne me reste plus qu'à apprendre comment on agit ici.

- Les dieux ont-ils besoin de dormir ? Demanda Lancel

- Très peu. Voire pas du tout. Répondit Hades, surpris par la question

- Je vous apprendrai ce que je peux.

Il dévisagea le jeune homme avec un certain intérêt.

- Et quel est ton prix pour cela ? Je doute que tu me fasses don de ta connaissance et de ton sommeil par pure bonté d'âme.

- Hades... Commença Zelena, le ton sans appel.

Elle ne le laisserait pas manipuler Lancel. Jamais. Pourtant, à son grand étonnement, il y avait dans le regard émeraude de son protégé un éclat qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Pas dans ses yeux en tout cas. Un éclat pas si différent de ceux qui avaient pu naître dans ses propres iris ou dans les yeux de la divinité, ce qui l'inquiéta. Si Lancel n'était pas complètement naïf, elle voulait préserver son innocence. La même innocence, la sienne, qu'elle-même avait terni avec sa vengeance, sa jalousie et sa rage.

- Le jour où vous repartirez avec Lady Zelena pour vos contrées... Commença le jeune homme. Le jour où vous repartirez, je veux venir avec vous.

La sorcière se figea et son cerveau se mit à bouillir, à digérer toutes les informations qu'il venait de recevoir en une fraction de seconde. Lancel voulait partir. Il voulait partir. Quitter Westeros. La suivre. Laisser derrière lui ceux qu'il aimait pour enfin s'échapper de son enfer personnel. Parce que ceux d'Hades ne pouvaient pas être pire. Parce que l'inconnue qu'était Storybrooke était plus chaleureuse que sa réalité actuelle.

- Zelena et moi ne vivons pas sur les mêmes terres. Eluda Hades

- Peu importe. Affirma le Lannister. J'aviserai à ce moment-là. Mais le jour où vous partez, je suis dans vos bagages.

- Lancel... Tenta enfin la jeune femme. Tu te rends compte de ce que cela implique ? Tes parents... Les jumeaux... Janei...

- Seront bien mieux sans moi, sans la honte que je leur apporterai forcément puisque je ne suis pas digne du nom que je porte. Et je ne le serai jamais. Autant leur éviter cela. Et... Je voudrais vous servir. Si vous m'y autorisez.

Elle ne put contrôler son élan. Elle s'approcha aussitôt pour l'enlacer contre son cœur dans un geste tendre et presque maternel. Il s'était raidi, surpris par une telle caresse.

- Si j'avais l'honneur d'être ta mère, je serai alors la maman la plus fière du monde.

Hades vit les yeux du jeune homme briller avant qu'il ne lui rende son étreinte. Il se renseignerait un peu plus sur ce Lancel, sur son histoire, pour comprendre le lien qu'il y avait entre sa chère étoile et cet enfant. L'affection, il pouvait en apercevoir la trame. Lancel était assez attachant. Un garçon ambitieux, qui voulait bien faire, qui voulait honorer les siens mais que l'on avait terriblement bridé par pression familiale. Oui, il pouvait la voir, cette toile de fond dans laquelle Zelena semblait se reconnaître. Il apprendrait sa leçon sur les parents du jeune homme, sur sa fratrie, puis il déciderait de la marche à suivre. Cependant, sans le savoir, le jeune homme avait marqué des points auprès du dieu des Enfers :

Quiconque était loyal envers Zelena était dans ses petits papiers.


Assise sur son trône aux côtés de son époux, Cersei toisa l'homme qui se présentait à eux. Encore un étranger et si peu de temps après Zelena que cela en devenait suspect. Lancel était toujours flanqué aux côtés de cette rousse, sans doute un ordre de Robert pour la servir puisqu'il la baisait ou parce que son cousin s'était déniaisé avec elle. Elle ne pouvait que saluer son bon goût car Lady Harloi était superbe.

- Vous dites être un Frey ? Reprit-elle

- Steffon Frey, Votre Grâce. Sourit Hades tout en observant une posture de modestie et de soumission. Arrière petit-fils de Lord Walder Frey et de feue son épouse Perra Royce.

- Et votre mère ? Tenta-t-elle de le piéger

- Une Hardyng.

Zelena repéra dans les yeux de Lancel une fierté. Décidément, il était bon professeur ! Ou bon mestre, selon le vocabulaire local.

- Et vous venez à la cour pour ?

- Lord Walder, mon bisaïeul, souhaite que je prenne une épouse.

- N'a-t-il pas assez de descendants ? Plaisanta Robert

- Vous connaissez la passion de Lord Walder pour le lignage, Votre Grâce. Répliqua Hades sur le même ton

La cour eut une vague de rire.

- Bienvenue à vous. Conclut le roi avant de descendre de son trône et d'ordonner à Lancel de le suivre

Cersei, elle, observait ce nouveau venu qui n'accorda aucun regard à la maîtresse royale. Elle allait devoir se méfier de lui aussi. Il y avait quelque chose en lui de dangereux. La manière qu'il avait eue de la regarder l'avait effrayée :

Steffon Frey lui avait donné l'impression de voir les tréfonds de son âme, d'en découvrir les secrets et de la condamner déjà en jubilant de sa fin prochaine.

La seule qui en avait été capable jusqu'alors avait été Maggy.


Jaime suivait Robert et Lancel, accompagné par Barristan Selmy. Ils avaient croisé dans les jardins Lady Harloi avec Steffon Frey, les deux discutant, et aux yeux du monde il s'agissait de deux étrangers tentant de s'acclimater à une maison qui n'était pas la leur. D'ailleurs, il l'avait fait rire aux éclats. Elle qui ne riait qu'avec Lancel, c'était bien étrange. Ils entrèrent au cœur de la forêt et l'homme avait la sensation d'être suivi. Il ignorait comment ou pourquoi mais il sentait comme une électricité dans l'air, une espèce d'entité invisible mais palpable qui attirait toutes les cellules de son corps. Robert, comme d'habitude, se montrait exécrable avec Lancel, le rabrouant pour des broutilles. Et alors que son écuyer lui tendait sa lance, il la prit fermement, sèchement, non sans donner un coup en arrière dans le sternum du garçon.

- Fils de pute... Pensa-t-il.

C'était assez subtil pour passer pour un accident. Lancel ne se défendait pas. Que pouvait-il faire ? Lui qui était intimidable, lui pour qui Robert était un ogre, que pouvait-il faire sans avoir peur de représailles ?

Zelena avait eu raison.

Une étrangère avait eu plus de soin envers son cousin que lui. Ses doigts se resserrèrent autour du pommeau de son épée mais une main l'arrêta. Barristan Selmy était livide, la mâchoire serrée mais il l'incitait au calme. Jaime se félicita de lui avoir évoqué ses craintes pour Lancel. Enfin craintes... C'était comme ça qu'il avait déguisé la vérité. L'idée du chevalier plus âgé avait été d'observer et de faire un rapport à la reine. Cersei était de la même famille que Lancel, cela devait compter. Ou bien, d'en parler à Lord Tywin directement. Il ignorait si le patriarche aimait son neveu mais il ne goûterait sûrement pas « l'humour » royal. Jaime se retourna un instant, ne vit que du vide, sans savoir que Zelena et Hades les suivaient, cachés par un sort d'invisibilité. Le dieu observait sa compagne et le fait que Jaime avait pu les sentir était déstabilisant. Lancel, ça ne l'aurait pas surpris, Hestia et Athena lui avaient dit qu'il y avait de la magie en lui. Mais Jaime ? En était-il pourvu, lui aussi ? Les ressemblances entre les cousins allaient-elles au-delà du physique avantageux ? Robert se retourna brusquement, faisant sursauter Lancel, lequel fit tomber sa cruche de vin qui se répandit sur l'herbe.

- Espèce d'idiot ! Vociféra le roi. Tu ne sers vraiment à rien ! Tes parents auraient dû s'abstenir le jour où ils t'ont conçu !

Les yeux de Lancel le brûlaient mais il se refusait de pleurer devant lui. Jaime vit alors de nouveau cette étrange et brève lueur verte autour du poing du jeune homme mais surtout, il lui vit alors le regard le plus noir, un dont il n'aurait jamais imaginé le jeune homme capable de produire. Il devait imaginer toutes les manières de lui rabattre son clapet.

- Quoi ? Tu veux me répondre ? Vas-y, on verra si tu y arrives sans bégayer !

Lancel se tut mais son silence était encore plus bruyant que mille injures criées. Il était là, droit, le regard meurtrier mais le souffle calme, le tout drapé d'une dignité dont son cousin ne l'aurait jamais cru capable. Zelena, elle, se retenait avec peine d'envoyer une boule de feu dans les parties génitales du souverain.

- Tu t'oublies, gamin ! Voilà de quoi te rappeler qui tu es !

A ce moment-là, le temps sembla se figer et, paradoxalement, passer à une vitesse folle. Un coup de poing à la volée, des phalanges serrées contre une joue mais surtout les pieds de Lancel qui se prirent dans des racines derrière lui à cause du recul et surtout le vide. Un fragment de sa cape qui disparut de leurs regards, sous les doigts de Jaime qui avait hurlé son prénom en tentant de le rattraper, et un grand bruit sourd. Les mains de Zelena portées à sa bouche pour retenir un cri viscéral, les bras d'Hades autour d'elle pour l'empêcher de commettre un régicide. Ils se tenaient sur une hauteur et Lancel, sous l'impulsion de l'attaque et l'arbre traître qui se tenait derrière lui, venait de tomber dans la vallée en contrebas. Tous, visibles comme cachés, se précipitèrent et ne purent qu'admirer ce spectacle tragique :

Au sol, une jambe dans un sens peu naturel, Lancel gisait là sans connaissance. On aurait pu dire qu'il dormait presque. Son bonnet avait volé de sa tête pour effleurer ses doigts, pendu par une extrémité à une pierre particulièrement aiguisée. Une auréole cramoisie couronnait désormais ses cheveux blonds, parsemant son front pâle et sali en autant de rubis minuscules.

A Suivre