Cela faisait un peu plus d'une semaine... Il aurait dû être de retour depuis au moins 2 jours... Isabel faisait les 100 pas dans le bureau d'Erwin tandis que Farlan se tenait devant le Major, assis derrière son bureau, essayant de négocier pour que lui et ses deux amies puissent partirent à la Capitale pour retrouver Livaï.

" Je ne peux pas vous laisser partir tous les trois. "

Isabel s'imposa rageusement devant le bureau d'Erwin et tapa de ses deux mains le bois. " Mais Major ! Il lui est sûrement arrivé quelque chose ! "

Erwin planta ses deux yeux perçants dans ceux coléreux d'Isabel. " Du calme. Je n'ai pas dit que je ne comptais rien faire. J'ai juste dit que je ne pouvais pas vous laisser partir juste tous les trois. " Le Major se releva. " Je viens avec vous, Mike ainsi que quelques soldats vont nous accompagner également. " Erwin se tourna vers ses chefs d'escouade. " Hansi je te laisse en charge jusqu'à mon retour. "

" Compris. " Répondit sérieusement la scientifique aux côtés de Flagon et Mike.

Le Major regarda Farlan. " Nous partons dans 1 heure. Soyez prêts. "

Le jeune homme acquiesça et mit le poing sur sa poitrine. " Merci, Major. " Farlan rompit aussitôt et sortit du bureau, Isabel sur ses talons. Pendant que cette dernière prit le chemin du dortoir des filles pour commencer à faire son baluchon et celui de Mikasa, Farlan se dirigea à l'infirmerie pour récupérer la jeune Ackerman. En effet, cette dernière était prise d'une violente migraine depuis quelques jours, Farlan avait bataillé avec elle pour qu'elle se tienne tranquille et ne se lance pas à la recherche de Livaï seule et dans cet état. Mais même un peu affaiblie, elle restait plus forte que lui et également fortement entêtée, il avait alors dû faire appel à Mike pour parvenir à la maîtriser...

Farlan ouvrit la porte, il balaya la pièce du regard et ses yeux tombèrent sur ce qu'il recherchait. Il s'approcha doucement en regardant le dos de son amie alitée. " Mikasa... " Il eut un petit pincement au cœur quand elle tourna sa tête pour le regarder par dessus son épaule, elle avait le teint un peu blafard, les cheveux en bataille et de belles cernes sous des yeux sans éclat. " Comment te sens tu ? "

" Je vais bien. " Mikasa remua son poignet enchainé faisant ainsi tinter le métal contre le fer de la tête de lit. " Mais si j'avais voulue être enchainée à un lit, je serai restée avec Klaus... " répondit-elle froidement avec une pointe de reproche.

Farlan soupira et vint s'asseoir sur le lit, il sortit une petit clé de sa poche et défit les menottes. " Tu ne m'as pas trop laissé le choix. Je ne pouvais pas te laisser partir seule dans ton état et sans autorisation... N'oublies pas que nous sommes dans l'armée, et une désertion peu importe le motif est grave... Mais rassures toi nous partons à la recherche de Livaï dans une heure. " Il vit alors une petite lueur dans son regard ce qui le fit doucement sourire. " Tu as plutôt intérêt à aller aussi bien que tu le dis. " ajouta-il en lui faisant une petite pichenette sur le nez.

Rapidement les bagages se firent, les chevaux furent scellés et le petit groupe composé de Mikasa, Isabel, Farlan, Erwin, Mike ainsi que quelques soldats s'élancèrent sur la route vers la capitale.

Tout en chevauchant, Mikasa informa Erwin que Livaï avait prévu de séjourner dans une petite auberge non loin de Mitras puis qu'ensuite il était convenu qu'il rencontre un homme dans une taverne de la capitale. Elle n'avait pas le nom de l'homme et c'était également tout ce que le Caporal savait. Erwin acquiesça, ils allaient se rendre en premier à cette fameuse auberge pour commencer... Le Major questionna Mikasa quant à cette étrange rencontre, pourquoi vouloir rencontrer une personne dont on ne savait rien ? La jeune fille lui répondit sans trop entrer dans les détails, Livaï était sur la piste d'un vieux criminel recherché par les Brigades Spéciales. Personne n'avait besoin de savoir que ce fameux criminel était possiblement le père du soldat le plus fort de l'humanité, cela relevait de sa sphère privée, c'était au concerné de décider ce qu'il souhaitait partager ou non.

Le petit groupe du Bataillon d'exploration arriva à destination au bout de 2 longues journées de chevauchée frénétique. Ils se trouvaient devant l'auberge, Erwin et Farlan descendirent de leurs chevaux et s'engagèrent dans la petite maison pittoresque. Ils ressortirent quelques minutes plus tard après avoir interrogé l'aubergiste qui les avait informés qu'il n'avait pas revu ce client depuis son arrivée, soit depuis une semaine, il leur remit également avec une grande honnêteté les affaires de voyage que Livaï avait laissé derrière lui.

Ils se remirent alors en selle et se dirigèrent au galop vers la capitale se trouvant à quelques petits kilomètres. Rapidement, ils se tenaient devant la fameuse taverne où Livaï avait convenu de rencontrer quelqu'un. Isabel fit remarquer aux autres que Balerion se trouvait avec d'autres chevaux dans une petite écurie ouverte. L'étalon hénissa doucement en voyant une personne familière s'avancer vers lui, Isabel lui caressa tendrement le chanfrein. Le cheval semblait en forme, il avait de la nourriture. Peut-être que Livaï n'était pas loin finalement...

Erwin, Mike, Mikasa, Farlan et Isabel rentrèrent alors dans la taverne, un jeune homme était en train de remplir plusieurs verres d'alcool posés sur un plateau sur le bar qu'une jolie serveuse prit pour l'amener à des clients attablés. Le Major se dirigea vers le bar et interpella le jeune homme. " Excusez-moi. "

Le barman releva la tête. " Bienvenue. Qu'est ce que je vous sers ? "

" Rien je vous remercie. Nous sommes à la recherche d'un ami. Il a dû passé ici il y a quelques jours. Il fait à peu près la taille des deux jeunes femmes derrière moi, il a des cheveux noirs rasés sur les cotés, des petits yeux gris... Un langage et une attitude disons... impertinente. "

Mikasa un peu en retrait, nota que la serveuse se figea brièvement dans son service.

Le barman regarda le Major mais hocha négativement la tête. " Non, ça me dit rien. "

Isabel s'avança vers le bar et regarda l'homme avec suspicion. " Vraiment ? Pourtant son cheval se trouve juste dehors dans l'écurie à côté ! "

Le barman regarda de manière impassible Isabel. " Cet étalon noir vagabondait seul dans la rue, je l'ai juste récupéré. "

Farlan fit quelques pas en avant, fronçant les sourcils. " Elle n'a pas mentionné que c'était l'étalon noir... "

Le barman eut un petit hoquet de surprise mais se ressaisit rapidement et commença comme si de rien à nettoyer le comptoir. " J-J'ai supposé que c'était celui-là, les autres sont à mes clients. " répondit-il sous le regard suspect des nouveaux arrivés.

La serveuse se remit derrière le bar non sans lancer un regard mystérieux à son confrère ce qui n'échappa pas à Mikasa qui avait relevé le petit inconfort et l'attitude suspecte de la jeune femme... La soldate s'avança et attrapa le col de la chemise du barman, elle l'extirpa de derrière le bar et lui plaqua le dos contre ce dernier tout en appuyant fermement son avant-bras contre la trachée du jeune homme. " Jonas ! " s'exclama la serveuse paniquée et dans un écho Farlan interpella également son amie. " Mikasa ! "

Mikasa planta ses yeux dans ceux du dénommé Jonas. " Tu sais quelque chose et elle aussi. Je vous préviens vous avez tout intérêt à être honnête. Maintenant. " Elle fit une forte pression sur la trachée avant de relâcher un peu pour permettre à l'homme de tousser et récupérer son souffle.

" Papa ! " Mikasa écarquilla les yeux en entendant une voix enfantine, elle tourna son regard sur le côté pour voir une petite fille aux longs cheveux châtains ondulés tenant une petite poupée contre elle. La petite fille regardait, avec de grands yeux effrayés, Mikasa qui menaçait son père, la jeune soldate déglutit face à ce regard... Elle le connaissait, elle avait eut le même quand ses parents avaient été tués devant elle. La serveuse et sûrement la mère de la petite fille se plaça derrière elle. " Je vais tout vous dire, mais s'il vous plaît lâchez mon mari... "

La petite famille ainsi qu'Erwin, Mike, Farlan et Isabel s'étaient tous attablés et avaient attendu que les autres clients partent afin de pouvoir parler tranquillement et sans oreille indiscrète. Mikasa s'était adossée contre un mur les mains dans le dos. Elle avait un peu effrayée la petite fille et cela lui avait fait un petit pincement au cœur. La jeune Ackerman se tenait alors en retrait mais écoutait avec une grande attention.

Jonas et sa femme leur expliquèrent qu'ils se souvenaient parfaitement de Livaï, il était venu il y a quelques jours. Le Caporal se tenait tranquillement à l'une des tables en sirotant un thé quand soudainement tous les clients présents le braquèrent avec des armes à feu. Il s'était débattu et avait l'avantage... Mais quand l'un des "clients" prit la femme en otage, il avait consentit à se rendre et on lui injecta immédiatement une seringue dans le cou qui lui fit rapidement perdre connaissance.

" Ils étaient en civils mais je suis sûre que c'était la milice, j'ai reconnu certains d'entre eux, il y a quelques années ils n'arrêtaient pas de me draguer en me disant fièrement qu'ils appartenaient aux Brigades Spéciales.. Ils nous ont dit de n'en parler à personne, de faire comme si rien n'était arrivé... Et de garder le cheval comme dédommagement. "

Jonas posa sa main sur celle de sa femme. " Nous sommes désolés mais nous ne voulions pas avoir de problème... "

" Vous n'en aurez pas, je vais m'en assurer. " rassura Erwin. " Bien, merci pour votre témoignage et désolé du dérangement. " Le Major se leva suivit de ses soldats, Mikasa jeta un dernier regard nostalgique à la petite famille.

Erwin et ses soldats se rendirent alors à une troisième destination : le siège des Brigades Spéciales. Sur le chemin, Erwin était songeur... Des soldats en civils... Ce n'était pas le genre de la police militaire, ni même celle de la première division... C'était cette dernière qui avait assassiné son père quand le jeune Erwin avait répété la théorie de son paternel. Et il se rappelait parfaitement qu'ils portaient des uniformes... Peut-être que c'était une filière de l'armée encore plus secrète ? Le Major arrêta sa réflexion quand ils arrivèrent à leur destination. Il ordonna à ses soldats de l'attendre sagement devant. Isabel protesta mais il lui expliqua qu'il serait plus facile pour lui de négocier s'il se montrait de manière amicale et non menaçante. Seul Mike l'accompagna alors qu'il demanda à s'entretenir avec Naile Dork...

Après environ une heure d'attente, Erwin sortit enfin du bâtiment en compagnie de Mike et Naile, il échangea une poignée de main avec ce dernier avant de rejoindre ses soldats.

" Alors ? " demanda Farlan.

Le Major hocha négativement de la tête. " Ça n'a rien donné, Naile maintient qu'il n'a jamais ordonné l'arrestation de Livaï et qu'il ne le détient pas. Aucun des capitaines de la première division n'a voulut me recevoir. Je suppose que je dois aller voir le Général Zackley... " répondit Erwin en saisissant son menton entre ses doigts, cette histoire prenait des proportions énormes et étranges...

" Mais il doit être là, c'est ce que les taverniers nous ont dit ! " s'exclama Isabel qui sans plus attendre se dirigea vers le portail fermé de la base des Brigades spéciales, elle le secoua violemment. " Hey ! Enfoirés ! Rendez nous Livaï-Aniki ! "

" Nous devrions y aller. " Intima Erwin sans tenir compte du comportement d'Isabel. " Plus nous attendons plus nous prenons le risque de retrouver un cadavre plutôt qu'un caporal. "

Farlan regarda avec étonnement le Major. Ça ne lui ressemblait pas, en le détaillant il vit alors qu'Erwin semblait tourmenté par quelque chose. Mais quoi qu'il en soit Farlan ne s'attarda pas plus longtemps dans sa réflexion, il craignait une chose après les mots du Major... Et ses craintes se confirmèrent quand une petite silhouette ne se trouva plus à ses côtés.

" Isabel... Pousse-toi. " Intima sèchement Mikasa, les yeux voilés par sa frange. La rouquine fit quelques pas en arrière, une expression d'appréhension sur le visage.

La jeune Ackerman s'avança brusquement sur la grille, elle saisit de ses mains les barreaux et commença à secouer le portail brutalement mais il ne céda pas... Mikasa se recula d'un pas, et donna un coup de pied latéral, la grille trembla mais resta close... Les soldats des Brigades Spéciales émirent de petits rires moqueurs, pensait elle vraiment pouvoir ouvrir par la force ce solide portail ? C'était ridicule... À nouveau, la jeune brune donna un second coup de pied toujours sous les ricanements des hommes derrière la grille... Elle donna un troisième mais fort puissant coup de pied latéral et cette fois la grille s'ouvrit dans un grand fracas. Tout les rires s'étaient brusquement tut.

Farlan rattrapa rapidement son amie et commença à s'adresser à elle avec une petite voix suppliante connaissant son tempérament parfois subitement sanguin. " Mikasa, s'il te plaît sois prudente... " Cependant il n'eut à peine le temps de finir sa phrase que la jeune fille s'avança d'un pas sûr et décidé dans la cour du siège des brigades spéciales. Naile la regarda s'avancer vers lui, il vit les yeux noirs avec une lueur flamboyante et meurtrière... Il sentit un horrible frisson glacé remonter le long de sa colonne vertébrale, il prit peur, une goutte de sueur perla sa tempe. " Ohé ! " Ses soldats mirent rapidement et simultanément en joue la jeune soldate, le bruit des armes à feu froissant leurs uniformes retentit à l'unisson.

Mikasa s'arrêta au milieu de la cour encerclée par une petite dizaine de soldats la braquant avec des fusils mais malgré tout elle se tenait avec un aplomb provocateur et une expression farouche. " Commandant ! Je vous préviens... Si vous ne nous rendez pas Livaï maintenant... Je vous promet que je vais retourner et anéantir ce bâtiment jusqu'à le réduire en cendre ! Et je vous jure... Les personnes qui se mettront à travers mon chemin, mourront lentement en hurlant. "

Tous furent figés d'effroi face à la menace crachée avec une telle férocité, leur sang se glaça dans leurs veines malgré les flammes incandescentes dansant dans les yeux profondément noirs qui les regardaient.

L'écho d'un rire sinistre brisa le pesant et lourd silence qui avait investit la cour, un homme d'une grande mais fine stature accentuée par un long trench noir et un chapeau borsalino de la même couleur, sortit du bâtiment et s'arrêta en haut des quelques marches. Il releva un peu la tête et mit sa main sur son chapeau qui ne dévoila que son œil droit d'un bleu perçant qui s'ancra sur la jeune fille se tenant au milieu de la cour. " Toi t'es une vraie Ackerman. " prononça-il avec une voix amusée.

Mikasa dévisagea le nouvel arrivant avec son expression féroce mais avec une pointe de surprise à l'évocation de son nom de famille... C'était un homme sûrement d'une cinquantaine d'année au vu des rides et des pattes d'oie cernant son seul œil visible, il était brun avec une petite barbe collier de quelques jours.

Naile Dork se retourna vers l'inconnu avec un peu d'étonnement et de stupéfaction... " Vous... "

L'homme en question, regarda par dessus son épaule et s'adressa à deux hommes derrière lui. " Vous avez entendu la demande polie de la demoiselle ? Amenez l'avorton. " Les deux hommes acquiescèrent avant de retourner dans le bâtiment suivit par leur mystérieux supérieur.

" Attendez ! " s'exclama Mikasa en commençant à s'avancer avant qu'un bras lui barra la route, elle tourna ses yeux sur le côté pour voir de qui il s'agissait. " Major ? "

Erwin regardait l'entrée du bâtiment avec une expression fermée, ses épais sourcils froncés et sa mâchoire tendue. Il prit une voix basse mais ferme. " C'est la première division des brigades spéciales, ils sont sous les ordres direct du Roi. Nous ne pouvons pas nous en prendre à eux. "

Au bout de quelques petites minutes, les deux hommes revinrent en tenant par les coudes un Livaï menotté. Un Livaï visiblement affaiblit au vu de sa démarche lente et vacillante... Mais également bien abîmé, des ecchymoses violettes ornaient son visage qui d'ailleurs était plus creusé qu'à l'accoutumé.

" ANIKI! " s'exclama, avec une forte inquiétude dans la voix, Isabel en courant vers lui suivit de Mikasa. Les deux hommes enlevèrent les menottes et repartirent sans un mot.

Les deux jeunes femmes se mirent de chaque côté du Caporal pour le soutenir, passant ses bras par dessus leurs épaules. Elles avancèrent doucement vers le reste de leur groupe qui attendait derrière les grilles, Farlan les aida à charger leur ami dans le chariot bâché.

Le petit groupe de soldat du bataillon se rendit dans une petite auberge où Erwin loua une chambre. Le Major avait également fait appel à un médecin afin de faire soigner Livaï qui fallait l'avouer était dans un sale état... Le docteur avait soigné les coupures superficielles et mit de la pommade et des bandages sur les ecchymoses du visage et corps du soldat le plus fort de l'humanité. Il indiqua aussi la fréquence de l'application de la pommade et des antibiotiques avant de prendre congés non sans être remercié et payé par le Major du Bataillon d'exploration.

Une fois la porte close, Erwin se retourna vers le blessé alité mais bien conscient. Il s'avança un peu en plantant ses yeux céruléens dans ceux gris aciers. " Donc... Que voulait la première division des Brigades Spéciales à un petit gradé du Bataillon d'exploration ? "

Livaï fronça les sourcils avant de répondre d'une voix rauque et lasse. " Ça n'a rien à voir avec mes fonctions ou le bataillon. C'était... Personnel. "

Erwin haussa un de ses épais sourcils. " Personnel ? Était-ce en rapport avec tes anciennes activités ? "

" En quelque sorte... " Le Caporal marqua une pause... Bien qu'il n'avait pas envie de s'étaler sur le sujet, il n'empêche qu'Erwin était son supérieur et il été en droit de lui demander des explications... Et plus que ça, le Major avait dépêchés quelques soldats pour venir à son "secours" même si Livaï se doutait que l'initiative devait venir de ses amis... Le Major avait également pris à charge les frais médicaux et d'hébergement... " Ils m'ont interrogé afin de me soutirer tout ce que je savais sur Kenny l'égorgeur... Un homme que j'ai connu il y a très longtemps... Je suppose qu'ils ont fini par comprendre que je n'en savais pas plus qu'eux et ont alors consentit à me relâcher. "

Erwin observa attentivement et silencieusement son Caporal-chef. " Je vois... " Sans un autre mot, il se dirigea vers la porte mais fut intercepté par Farlan qui effectua un salut militaire parfaitement exécuté.

" Major ! Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait. "

" C'est totalement normal. Je ne pouvais laisser mon meilleur soldat s'évaporer dans la nature. " Répondit Erwin en jetant un coup d'œil au soldat en question. Puis il glissa son regard sur les deux jeunes femmes. " Je suis venu jusque dans les bas-fonds pour vous recruter. Je maintiens que ça en valait la peine. " Erwin regarda dans les yeux bleus de Farlan. " Je repars avec les autres soldats au château. Vous pouvez rester tous les quatre ici en attendant que Livaï soit en état de voyager. " Il tendit une enveloppe au grand châtain. " Voici un peu d'argent pour les frais d'hébergement et de nourriture. En revanche le temps passé ici sera déduit de vos permissions. "

" Compris ! " Répondit Farlan en retapant son poing sur la poitrine. " Faites un bon voyage Major. "

Erwin hocha simplement la tête avant de prendre congés et de laisser les quatre soldats entre eux. Isabel s'approcha de Farlan et lui prit vivement l'enveloppe des mains, elle l'ouvrit et sortit les nombreux billets. Elle les brandit avec des yeux étincelants. " Génial ! Vous avez vu tout ça ?! On va vivre comme des rois ! "

Farlan lui prit les billets et les remit dans l'enveloppe avant qu'il place cette dernière dans la poche intérieur de sa veste. " Idiote. Nous sommes dans la capitale, la vie est chère ici... Alors il va falloir le dépenser avec prudence ! "

Isabel fit une moue boudeuse. " Rabat-joie... " La jeune femme alla s'asseoir sur le second lit de la chambre. " N'empêche que les prochains jours vont être un peu comme des vacances. " rajouta-elle avec sa voix enjouée.

" Je me serai bien passé de telles vacances. " dit Mikasa d'une petite voix en portant une main à sa tête signe du fantôme de la migraine qui la tenaillait depuis plusieurs jours.

" Ta migraine n'est pas encore passée ? " s'enquit Farlan en regardant la petite brune.

Mikasa coula un regard en biais sur Livaï qui s'était endormit depuis le départ du Major. " Elle s'estompe petit à petit... Ça va aller. " Elle s'assit sur la chaise à côté du lit et scruta de ses yeux inquiets le visage abîme.

" Nous devrions aller nous occuper des chevaux, ils sont toujours scellés... Nous pouvons les mettre à l'écurie de l'auberge en attendant. " Farlan sortit les billets de l'enveloppe remise par le Major en comptant une partie qu'il pense couvrira les frais de la chambre et de l'écurie pour quelques jours. Il fit une petite moue contrariée en voyant le peu qu'il restait dans son autre main. " Par contre je sais pas si on aura assez pour prendre chaque repas à l'auberge... "

Mikasa reporta son regard sur celui de Farlan. " On peut se contenter de pain et de fruits. Mais Livaï aura besoin de vrais repas consistants donc on prendra ceux de l'auberge pour lui. C'est non négociable. "

" Heiiiin ! Moi aussi je veux manger de vrais repas ! " s'indigna Isabel en se relevant soudainement du lit.

Mikasa mit son index devant sa bouche " Sshh ". Indiquant ainsi à son amie de faire attention à ne pas trop élever la voix pour ne pas réveiller le Caporal. Elle ajouta d'une voix douce et basse tout en regardant à nouveau Farlan. " On peut peut-être se permette au moins un repas par jour ? "

Le jeune homme se gratta l'arrière de la tête. " Ouais... Tout dépendra du temps que l'on va devoir rester ici... " Farlan se dirigea vers la porte et l'ouvrit avant de se stopper en se retournant vers ses deux amies. " Allons nous occuper des chevaux. " Isabel passa devant lui en soupirant de flemme mais sortit. Mikasa reporta son regard sur Livaï en fronçant les sourcils. Farlan l'observa avec un peu d'amusement... " Tu peux rester avec lui. " La jeune femme le regarda avec un peu de surprise et de gêne... Elle ne pouvait pas laisser ses amis aller faire le sale travail pendant qu'elle se la coulerait douce... Mais elle ne voulait pourtant pas le laisser seul, pas dans cet état ni après ce qui lui était arrivé... Farlan lui sourit de manière rassurante comprenant le petit dilemme de son amie. " Aller t'inquiète pas, à tout à l'heure. " Sur ce, il sortit et ferma la porte.

Mikasa retourna son attention un bref instant sur le visage de Livaï avant de la glisser sur les flacons d'antibiotiques sur la petite table de chevet. Elle remarqua alors un peu de poussière sur cette dernière. Mikasa se releva, elle prit la couverture du lit inoccupé et la mit sur Livaï avant d'ouvrir la fenêtre en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle ouvrit un petit placard où elle trouva quelques vieux chiffons et un balai. Mikasa entreprit alors de faire la poussière avec les moyens du bord en se faisant une réflexion sarcastique qu'il ne leur manquerai plus que Livaï fasse une crise cardiaque pour deux trois grains de poussière qui traînaient... Elle passa également le balai puis s'affaira à ranger dans l'armoire les vêtements et autres affaires qu'ils avaient emmenés avec eux.

Livaï ouvrit les yeux doucement, il balaya la pièce du regard. Il observa silencieusement pendant quelques petites minutes Mikasa qui rangeait leurs vêtements. Quand elle eut finit, elle se retourna et croisa les deux yeux gris-bleu orageux. Elle s'avança vers lui et s'assit délicatement sur lit. " Comment tu te sens ? " Elle ne lui donna pas le temps de répondre et posa sa main sur son front. " Tu es encore un peu chaud. " Elle prit l'un des flacons et lut l'étiquette en essayant de se rappeler de ce qu'avait dit le docteur. Elle sortit un comprimé et le lui donna. " Ça devrait aider à faire baisser la température, prends le. " Livaï se releva légèrement pour s'asseoir, il prit le comprimé et le mit sur sa langue, Mikasa lui tendit un verre d'eau et il prit une petite gorgée, juste assez pour simplement avaler le remède. Il était sur le point d'enlever le rebord du verre de ses lèvres, mais le fond du contenant bascula soudainement vers le haut et l'eau descendit subitement dans sa gorge. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il essayait de reprendre le contrôle du verre, mais Mikasa était celle qui avait le contrôle maintenant. " Continues de boire. " dit-elle avec autorité alors qu'elle inclina encore un peu plus le verre. " Le docteur a dit qu'il fallait que tu t'hydrates comme il faut. Bois. "

Quand finalement Mikasa retira le verre d'eau, Livaï haleta comme s'il venait de faire un marathon. " Tu aurais pu me dire ça avant d'essayer de me noyer ! " Reprocha-il d'un air renfrogné en s'essuyant la bouche du dos de sa main. Au contact, ses yeux s'écarquillèrent légèrement, il passa ses doigts sur toute sa mâchoire, sentant les poils qui avaient poussés. " Tch. C'est dégoûtant. "

" Je crois que j'ai vu ton nécessaire de rasage, attends. " Mikasa se leva et ouvrit l'armoire, elle fouilla dans le baluchon de Livaï et en sortit une petite boîte en bois contenant un petit savon solide, un blaireau (pinceau à barbe), un rasoir à lame ainsi qu'un petit miroir collé dans le fond de la boîte. Elle alla remplir une petite bassine d'eau dans la minuscule et minimaliste salle de bain de la chambre, qu'elle déposa avec le reste du matériel sur la petite table de nuit. Mikasa se rassit sur le lit et enleva délicatement les quelques pansements présent sur le visage du jeune homme. Livaï humidifiait le pinceau à barbe avant de le frotter contre le savon afin de créer un peu de mousse qu'il étala sur son visage en se regardant dans le petit miroir face à lui que tenait Mikasa. Une fois cette action faite, le caporal se saisit du rasoir et posa la lame tranchante avec précaution sur sa joue. Mikasa l'arrêta dans son geste en posant sa main sur la sienne. " Tu trembles. Tu vois c'est une des conséquences quand on est déshydraté... Laisses moi faire. " Elle lui ôta le rasoir de la main et commença dans un geste minutieux et maîtrisé à le raser avec délicatesse. Livaï ne protesta pas, il était encore un peu fatigué et affaiblit. Puis de toute manière, il n'était plus à deux/trois coupures supplémentaires... Il détailla le visage si proche de Mikasa qui était bien trop concentrée pour le remarquer. Il s'attarda sur ses longs et épais cils noirs qui battaient en rythme lent et régulier. De temps en temps, elle s'éloignait afin de rincer la lame dans la petite bassine puis se repositionnait devant lui toujours aussi concentrée. Le regard de Livaï se porta alors sur les lèvres de la jeune fille, son cœur s'emballa un peu quand il repensa à son départ... À ses lèvres froides sur sa joue... À présent elle posait une lame froide sur sa joue... Mais dans les deux cas le geste était doux et délicat.

Mikasa lui releva le menton doucement afin de le raser au niveau du cou. " Je suis désolée... Pour ce qui est arrivé et que cette piste soit fausse... " dit-elle doucement en fixant l'hématome violet sur la ligne de sa mâchoire.

" Ne le sois pas. Kenny est sûrement mort. Et même si ce n'est pas le cas, s'il est vraiment ce que je pense qu'il soit pour moi... S'il me voulait dans sa vie, il aurait pu me retrouver il y a déjà des années. Mais il ne l'a pas fait, c'est clair pour moi maintenant. J'en ai finit avec ces conneries. "

Mikasa resta silencieuse, elle ne savait pas quoi dire ou faire. Elle rinça la lame dans la petite bassine, ayant terminé de le raser. Elle prit une petite serviette et essuya avec douceur et délicatesse le visage de Livaï.

Il grimaça un peu en voulant se rallonger confortablement, son regard tomba au niveau du ventre de la jeune fille et il fronça les sourcils. " Combien de jours se sont passés que je suis parti ? "

" 10 jours. " Répondit doucement Mikasa, enfermé et enchaîné dans un cachot il avait évidemment perdu la notion du temps.

Le Caporal fixait toujours suspicieusement l'abdomen de Mikasa, il porta une de ses mains au niveau des côtes de la jeune fille alors que la porte s'ouvrit et rapidement une voix féminine retentit alors que deux silhouettes se tenaient dans l'encadrement de la porte. " Aniki ! " Mikasa se leva et laissa sa place à Isabel qui voulut sûrement enlacer Livaï mais ce dernier la stoppa en lui ébouriffant les cheveux.

Farlan s'avança doucement vers ses amis. " Isabel, fais attention il a quelques côtes fêlées. Tu ne peux pas lui bondir dessus comme ça ! Comment tu te sens Livaï ? "

" J'ai connu mieux. Mais ça va aller. " répondit simplement le concerné.

Mikasa s'avança vers Farlan et tendit la main. " Je vais aller lui chercher à manger. " Le châtain hocha simplement la tête et sortit un billet qu'il mit sur la main tendue. Mikasa sortit et alla commander un plateau de nourriture auprès de l'aubergiste qui n'était pas très enthousiaste à l'idée de faire monter de la nourriture dans ses chambres mais il n'en fit rien suite au regard glacial qu'il reçut quand il commença à l'exprimer. Après quelques minutes d'attente, Mikasa remonta avec un plateau contenant un ragoût bien chaud, un petit pain et une pomme. Elle le posa sur les genoux de Livaï qui commença à manger avec appétit sous le regard envieux d'Isabel. Habituellement, le Caporal mangeait de bonnes quantités de nourriture, mais même s'il était affamé après des jours de jeûne imposé, il fut rapidement rassasié. Il céda alors le reste de son plateau à Isabel dont les grands yeux verts s'illuminèrent et le remercia généreusement.

Après un bon repas et une partie de carte mouvementée par la mauvaise foi (mais attachante) d'Isabel, il fut l'heure de dormir. Erwin avait prit soin de louer une chambre double avec donc deux petits lits d'une personne. Farlan et les deux jeunes filles avaient convenu qu'au moins l'un d'entre eux devait monter la garde au cas où quelqu'un viendrait pour finir le travail, les deux autres partageraient le second lit.

Ce fut Isabel qui prit le premier tour, quand Livaï vit Mikasa et Farlan s'installer ensemble dans le lit, il se sentit un peu contrarié mais n'en montra rien. Cependant quand Isabel taquina Farlan en lui disant d'un air moqueur de ne rien faire de pervers... Le Caporal n'a pas pu fermé l'œil qu'il garda d'ailleurs sur le lit voisin jusqu'à ce, qu'au bout de 3 heures, Isabel réveilla Farlan et prit sa place dans le lit avec Mikasa.

Farlan vint alors s'asseoir par terre et s'adossa contre le lit de Livaï, qui d'ailleurs n'avait toujours pas fermé l'œil. Le châtain prit alors l'initiative de profiter de ce temps pour lire, à la lueur d'une petite bougie à la flamme vacillante, un roman qu'il avait prit soin d'emmener avant de quitter la base du Bataillon d'exploration. Le temps défila doucement tandis que seul le son régulier de pages tournées se faisait entendre dans la petite chambre.

" Elle a maigri. "

Interrompu dans sa lecture, Farlan leva son regard de son livre et se tourna vers l'origine de la voix, il vit alors Livaï qui regardait contrarié en direction des deux jeunes filles endormies. Mikasa était tournée vers eux, le visage emmitouflé jusqu'au nez dans le drap blanc. Isabel était juste derrière, un bras par dessus son amie, le menton sur la tête de Mikasa. " Tu parles de Mikasa ? Elle a mangé comme d'habitude pourtant. Je m'en suis assuré. " Farlan ferma son livre en prenant soin de noter sa page mentalement et posa ses yeux sur ses amies. Elles abordaient toutes les deux enfin un visage paisible depuis des jours... " Elles se sont beaucoup inquiétées tu sais. " Farlan tourna la tête vers Livaï. " Et moi aussi. "

" Ouais... Désolé pour ça. " répondit le Caporal en décrochant ses yeux du lit voisin.

Farlan soupira d'exaspération. " Ne sois pas désolé. Tu n'y es pour rien. Ça prouve juste que tu as des personnes qui tiennent à toi. Des personnes pour qui tu comptes. " Il observa Livaï détourner la tête à l'opposé pendant quelques secondes avant de regarder à nouveau la brune endormie.

Un silence religieux s'installa pendant au moins une longue minute avant que la voix légèrement éraillée de Livaï retentisse doucement. " Merci. " Farlan tourna un regard légèrement surpris sur son ami, une confession de ce genre était très rare de sa part. Un léger sourire se dessina sur le visage du châtain. " De rien. " Ce murmure fut le dernier son de leur échange pour le restant de la nuit.

Il devait être aux alentours de 4h du matin quand Mikasa ouvrit doucement les yeux, elle regarda Farlan en train de lire et murmura afin de ne pas réveiller Isabel et Livaï. " Viens dormir. Je prends le relais. " Il acquiesça silencieusement avant de se lever en s'étirant, Mikasa sortit doucement du lit et décala Isabel avec précaution sur le bord du lit afin de faire de la place pour Farlan qui enjamba la rouquine et s'allongea derrière elle en prenant soin de lui tourner le dos. Mikasa se dirigea vers le lit de Livaï en nouant la ceinture de son peignoir, elle remonta un peu plus la couverture sur lui, elle écarta tendrement la frange du jeune homme et posa sa main sur son front. Elle soupira doucement quand elle constata qu'il était moins chaud que la veille. Elle s'assit à même le sol, s'adossant contre le lit, elle ramena ses genoux contre sa poitrine qu'elle entoura avec ses bras. Elle regarda par dessus son épaule quand elle entendit un froissement de drap derrière elle.

" Ne restes pas par terre, c'est froid et dégueu. Viens là. " Sur ces mots le Caporal se décala un peu plus sur le bord du lit, faisant un peu de place à ses côtés. Mikasa monta doucement en murmurant un faible " Merci. " Elle s'asseya par dessus les draps et s'adossa contre la tête du lit en fixant la porte d'entrée de la chambre. Livaï lui tourna le dos et regarda le mur avec fascination en se maudissant d'avoir fait cette proposition, maintenant il se retrouvait un peu mal à l'aise. Il ferma ses paupières en soupirant, espérant ainsi pouvoir atténuer la gêne et peut-être même trouver le sommeil.

Mais il ré-ouvrit soudainement grand ses yeux quand il sentit les draps se soulever derrière lui tandis que des bras venaient l'enlacer doucement autour du ventre... Il sentit un corps chaud se coller contre son dos alors que ce qui s'apparentait à un petit bout de nez froid s'emmitoufla dans la jointure entre son épaule et son cou. Livaï commença à se retourner quand il se stoppa surpris par des lèvres douces qui se posèrent sur sa joue à la limite de la commissure de ses propres lèvres... Et tout ce qu'il fut capable de voir était deux familiers grands yeux noirs chaleureux.

Le Caporal eut un petit sursaut en se réveillant. Il grimaça quand il sentit une douleur vive mais fugace dans ses côtes due à son réveil un peu brusque. Il se retourna et constata qu'il était seul dans le lit, il balaya la pièce du regard. Les rayons du soleil matinal s'infiltraient dans la chambre à travers les vitres de la fenêtre. Farlan était assis sur l'autre lit, poursuivant la lecture de son roman... Enfin il essayait du mieux qu'il pouvait car Isabel, assise à ses côtés, lui posait des questions sur l'histoire tout en croquant dans une petite pomme.

Mikasa sortit de la salle de bain en séchant les pointes de ses cheveux avec une petite serviette. " C'est bon, tu peux y aller Isabel. " Cette dernière sauta du lit et s'enferma avec entrain dans la salle de bain. Rapidement, ils entendirent l'eau de la douche couler tandis que la voix un peu nasillarde de leur amie retentit. Elle était en train de chanter joyeusement mais faux. Farlan soupira d'exaspération mais échangea un petit sourire amusé avec Mikasa quand au tempérament si jovial et enfantin de leur amie, c'était ce qui la rendait si attachante après tout.

La jeune Ackerman prit conscience que Livaï était à présent réveillé. " Hey... " dit-elle doucement en s'avançant un peu vers lui. " Tu veux manger quelque chose ? "

Livaï la regarda silencieusement un petit moment, des petites bribes de son rêve flashèrent dans sa tête. Il déglutit et acquiesça silencieusement comme s'il était juste un gosse trop intimidé pour sortir un mot. Il la suivit du regard alors qu'elle se détourna de lui et fouilla dans l'armoire où elle sortit une longue veste en laine rose qu'elle mit par dessus sa longue robe blanche bien cintrée. Elle alla s'asseoir sur le lit pour enfiler ses grandes bottes lacées style rangers dévoilant un peu au passage la peau blanche de ses jambes. Livaï détourna le regard et tomba sur celui de Farlan qui, n'ayant pas manqué une miette de la scène, le fixait avec amusement et un pincement de lèvres afin de retenir un sourire narquois. Mikasa se leva et sortit de la chambre afin d'aller chercher un petit déjeuner pour Livaï. Farlan regarda ce dernier par dessus son bouquin.

Le Caporal se renfrogna en regardant son ami à son tour. " Quoi ? "

" Rien, rien. " répondit faussement Farlan en replongeant le nez dans son livre.

Après quelques minutes, Isabel sortit de la salle de bain et Mikasa remonta avec un plateau pour Livaï. Ce dernier dégusta paisiblement le thé et les tartines de pains recouvertes de confiture, tandis que Farlan poursuivait sa lecture. Mikasa coupait une pomme en petit quartier, elle tailla la peau de l'un des morceaux de pomme de sorte à ce que la peau restante fasse penser à des oreilles de lapin. "Usagi Ringo : Pomme Lapin", c'est comment sa mère appelait cette manière de couper les pommes. Elle tendit alors le petit quartier de pomme à une Isabel amusée.

La matinée continua de se dérouler paisiblement, Mikasa s'était chargée de redescendre le plateau et remonta avec une petite brioche qu'elle lança à Isabel, qu'elle savait qu'une simple pomme ne suffirait pas à rassasier son amie. " Tiens. "

" Ah! Merci Mikasa ! " s'exclama avec gratitude Isabel en prenant un bon morceau de la brioche qu'elle tendit à Farlan qui referma son livre, il prit également un morceau en regardant Mikasa. " Comment t'as eu ça ? "

" L'aubergiste me la donnée. "

" Pourquoi ? " demanda Farlan en plissant les yeux sur Mikasa qui s'avança vers lui et prit un petit morceau de la brioche qu'elle mit dans sa bouche, elle haussa simplement des épaules en guise de réponse. Il suivit la brune du regard tandis qu'elle sortit la boîte contenant les bandages, pommades et désinfectants. Comprenant, qu'elle semblait s'apprêter à soigner Livaï, Farlan se leva. " Bon on va aller s'occuper des chevaux. Viens Isabel. "

La rouquine se leva nonchalamment en soupirant. " Pourquoi toujours moi ? " dit-elle en traînant des pieds et en prenant un air renfrogné.

Farlan l'attrapa par les épaules pour la faire avancer un peu plus rapidement. " Parce que tu es douée avec ses bestioles. " C'était vrai, mais c'était aussi une bonne excuse pour lui afin de laisser les deux noirauds ensemble. Il se retourna vers ces derniers et fit un discret clin d'œil à Livaï.

Mikasa fixa, avec une légère surprise, la porte par laquelle ses deux amis venaient de partir brusquement. " Dis... Tu ne crois pas que Farlan le fait un peu exprès ? "

Livaï sursauta légèrement, évidement Farlan s'était arrangé dès qu'il en eut l'occasion pour les laisser seuls, à cause d'une stupide suspicion... Mais le Caporal fil l'ignorant et répondit avec un ton détaché. " Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ? "

Mikasa se retourna vers Livaï et s'asseya sur le bord du lit. " Je veux dire qu'il s'arrange pour être seul avec Isabel de temps en temps... " Elle ouvrit la boîte et mais se figea quand une pensée lui traversa l'esprit. " Est ce que ça serai possible qu'il soit ... amoureux d'elle ? "

Livaï ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou bien se taper le front de sa main. Il garda son air impassible et opta d'agir comme si de rien. " Qu'est ce qui te fait penser ça ? "

" Et bien... " commença Mikasa en enlevant en même temps les pansements du visage de Livaï. " Depuis qu'on est ici, il s'arrange toujours pour ce soit Isabel qui l'accompagne pour les chevaux, pour aller au marché... Et puis maintenant que j'y pense, il aime cuisiner et elle, elle adore manger... "

" Et c'est quoi le rapport ? " Cette fois-ci il ne comprit sincèrement pas où elle voulait en venir.

Mikasa fouilla dans la boîte, et sortit une petite compresse qu'elle imbiba d'alcool. " Beh... Peut-être que la raison pour laquelle il aime cuisiner c'est parce qu'il espère lui faire plaisir... " La jeune fille désinfecta les petites coupures. " Non tu as raison, c'est stupide. "

" Je n'ai pas dit ça. " Livaï se fit la courte réflexion que Farlan n'avait jamais autant prit plaisir à cuisiner que depuis qu'Isabel avait débarquée dans leur vie... " Et... Ce n'est peut être pas si stupide. "

" Ça expliquerait aussi la manière dont il la regarde parfois... "

Livaï fronça les sourcils en regardant le visage de la jeune fille. " Comment il la regarde ? "

Mikasa haussa simplement les épaules. " Je ne sais pas... " Elle sortit de la boîte un petit bocal en verre de pommade, qu'elle chauffa entre ses doigts avant de l'étaler avec précaution sur les ecchymoses. " Mais ça me rappelle un peu la façon dont mon père regardait ma mère... De plus, Farlan et Isabel sont toujours en train de se taquiner. Comme on dit qui aime bien châtie bien. "

Livaï resta silencieux un petit moment, avant de reprendre la parole avec une petite hésitation. " Je... Ne sais pas comment ces merdes fonctionnent. Je n'ai jamais côtoyé de près ou de loin des couples, alors je ne saurai pas dire. "

Mikasa rigola doucement. " Bien sûr que tu ne sais pas. De plus tu n'as pas d'expérience dans ce domaine si j'ai bien compris... " taquina-elle un peu son manque d'expérience sentimental avec un petit regard moqueur en croisant celui de Livaï qui pourrait être offensé si seulement il en avait quelque chose à faire... Mikasa désigna du menton, de manière presque autoritaire, le torse de Livaï. " Enlève ta chemise, il faut que je change ton bandage. "

Il s'exécuta docilement mais non sans grimacer un peu quand il dût se tordre pour s'extirper du vêtement. Mikasa s'affaira alors à défaire le bandage entourant le torse de Livaï, au fur et à mesure, la bande de tissu blanc laissa place à un panel de couleur bleu, violet ou même un peu verdâtre... La jeune fille attrapa un gant qu'elle trempa dans l'eau chaude et savonneuse qu'elle avait préalablement préparée. Elle entreprit alors de laver le torse, les bras et le dos de Livaï afin d'enlever la transpiration et les excédents de pommade. " Et qu'en est il de toi ? " interrogea-il d'une voix au ton superficiellement désintéressé.

" À propos de quoi ? " demanda-elle sans le regarder, tout en chauffant de la pommade entre ses mains.

" Tu dis que je n'ai pas d'expérience dans cette merde, mais toi depuis quand t'en as ? " répondit Livaï tandis qu'il observait la jeune fille masser son poignet où la trace du fer des menottes qu'il avait eut pendant plusieurs jours avaient laissé une marque violacée sur chacun de ses poignets.

" Je n'en ai pas plus que toi, je le reconnais. " Elle se saisit du second poignet de Livaï et étala en massant un peu de pommade dessus. " Je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de ressentir ce genre de sentiment. " Entre son enfance isolée et son adolescence dans un bordel quand aurait elle put développer ce genre de sentiment et surtout avec qui ? Le docteur Jaëger ? Les gorilles du bordel ? Ou encore Klaus ? À la pensée de cet homme Mikasa se figea et ses yeux regardèrent dans le vide.

" Oï ! Où est ce que tu es partie ? " La voix brute de Livaï la ramena soudainement à la réalité. Elle s'excusa dans un murmure et reprit les soins. Le Caporal fronça les sourcils en observant Mikasa qui toujours un peu absente massait avec précaution ses côtes endolories. " Qu'est ce qui ne va pas d'un coup ? "

" Rien. " répondit-elle avec une petite voix alors qu'elle commença à enrouler un nouveau bandage autour du torse du jeune homme.

Sa courte réponse ne satisfaisait pas Livaï qui claqua sa langue contre son palais. " Dis-le gamine ! " Sa voix n'était pas douce et n'avait pas le ton de la négociation.

" Ce n'est rien, je repensais juste à quelque chose. " devant le regard insistant et presque intimidant de Livaï, elle soupira. Les yeux fuyants, elle expliqua alors comment ses pensées avaient dérivées vers Klaus puis sur la façon dont ce dernier avait de lui caresser tendrement la joue ou encore les cheveux, de prendre délicatement en coupe son visage avant de déposer un chaste baiser sur son front, de caresser son dos nu quand elle était endormie... Tout ces gestes sensés être affectueux et agréables lui donnaient à présent la nausée rien qu'en y pensant... Klaus avait infiltré son esprit en s'y faufilant sournoisement comme un serpent, peut-être il avait raison... Il était une partie d'elle... Maintenant et à jamais... Comment pourrait-elle entretenir une relation si elle ne pouvait pas s'empêcher de voir dans des gestes affectueux le visage de cet homme se dessiner dans son esprit...

Livaï ne sut quoi dire, il observa silencieusement Mikasa dont les yeux étaient ternes et regardaient dans le vide à côté de lui. Livaï ne sut quoi dire... Mais instinctivement il sut quoi faire... Il prit un peu incertain mais délicatement le visage de Mikasa en coupe, qui le regarda sans émotion si ce n'est une légère crainte dans ses yeux... Il comprit alors qu'elle ne le voyait pas lui, mais cette ordure... " Mikasa... Je veux que tu me regardes jusqu'à ce soit moi et non cet enfoiré. Il est mort. C'est fini. Il ne peut plus t'atteindre sauf si tu le laisses faire... Et tu es plus forte que ça. Je sais ça. " La jeune femme le regarda silencieusement pendant un long moment... Petit à petit les traits du visage de Klaus s'estompèrent pour laisser place progressivement à ceux de Livaï. Quand elle ne vit plus que le visage du Caporal, Mikasa attrapa doucement les poignets de ce dernier et baissa légèrement la tête. Un timide sourire mélangeant tristesse et soulagement se dessina sur le visage de la jeune fille qui murmura un petit " Merci. " Livaï déposa un chaste baiser sur son front comme pour boucler la boucle...

Soudain Mikasa prit une expression surprise... " Je viens de penser... J'ai refais tes bandages alors que tu n'avais pas encore pris ta douche. "

La bulle dans laquelle ils se trouvaient éclata subitement... Livaï soupira et reprit son attitude et expression habituelles. " Je la prendrais ce soir. Il n'y aura qu'à refaire les bandages et tout le merdier qui va avec. " Même s'il ne le montra et ne l'exprima pas, l'idée que Mikasa reprenne soin de lui comme elle savait si bien le faire, ne lui déplut pas. C'est vrai après tout, on avait jamais pris soin de lui comme ça et c'était plutôt agréable...

Livaï, Farlan, Isabel et Mikasa restèrent 3 jours supplémentaires dans cette auberge. Profitant ainsi de ces jours d'accalmie qui s'écoulaient dans une petite routine reposante, entre eux comme au bon vieux temps... Peut-être même mieux en considérant l'environnement moins hostile de la capitale par rapport à celui de la ville souterraine. Mais toute bonne chose avait une fin et l'état de Livaï s'était suffisamment amélioré pour lui permette de supporter les secousses d'une longue chevauché afin de regagner la base du Bataillon d'exploration.

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Et voici un looong chapitre, j'espère qu'il vous aura plus :)

Donc quelques explications au cas où !

L'homme au long trench et chapeau noir est bien Kenny Ackerman ! Qui d'ailleurs connaissait déjà l'existence de Mikasa mais qu'il identifiera par le caractère féroce et protecteur exacerbé dont peuvent faire preuve les membres de leur clan ( en tout cas dans mon histoire même si ce n'est pas une constance c'est une tendance due en partie à l'Ackerbond ^^ )

Quand Kenny a appris que Livaï avait demandé son dossier, il comprit que ce dernier le cherchait et ne tenant pas à être retrouvé pour divers motifs. Il a alors tendu ce piège à Livaï afin de soutirer anonymement les informations qu'il avait sur lui qui pourrait lui permettre de le retrouver.

Mais Livaï n'ayant aucune piste et après l'intervention de Mikasa qui amusa d'ailleurs Kenny en premier lieu par l'aplomb de la petite brune et le fait que sur le nombre d'habitants entre ces murs, il a fallut que son neveu tombe sur le seul autre Ackerman en vie à par lui. J'avoue que c'est une énorme et grosse coïncidence que c'est assez risible et ironique !

En parlant d'Ackerman... Livaï a un peu pris cher je le reconnais, mais bon rien qu'il ne puisse pas endurer... On le met souvent sur un piédestal et à juste titre mais il reste un humain avant tout...

Je reviens encore une fois sur le passé de Mikasa avec Klaus car il ne faut pas oublier qu'il a eu un énorme impact mental sur elle et qu'elle ne peut pas simplement tourner la page comme si de rien... Mais j'espère que ce n'est pas trop redondant pour vous ^^ Et ça me permet également de faire de Livaï un soutien pour Mikasa comme elle l'a été aussi pour lui de nombreuses fois.

En ce qui concerne Farlan et Isabel... Je ne prévois pas d'éclaircir la situation même à l'avenir, je vous laisse choisir si Farlan a réellement des sentiments amoureux pour Isabel ou si elle est simplement une amie à qui il tient énormément. Je n'ai moi-même pas trop d'avis là dessus pour le moment... Donc on s'emballe pas ;)

Voilà je pense avoir fait le tour, si vous avez des questions n'hésitez pas !