Titre : The Importance of Turning Around Three Times Before Lying Down
Auteur : otter
Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne fais que la traduction!
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Mec ne se vint pas le voir pendant une semaine après cela, ce qui pourrait avoir quelque chose à voir avec la mortification justifiée de Derek sur les compétences de garde d'animaux de sa famille, ou alors ça pourrait avoir quelque chose à voir avec la honte écrasante de Mec d'avoir laisser son frère humain mourir au fond d'un puits.
D'un autre côté, Stiles voyait soudainement Derek partout.
C'étaient surtout de petites choses, et totalement fortuites. Stiles sortait du bureau de poste pendant que Derek montait dans son camion de l'autre côté de la rue; le dos de Derek était en train de disparaître au coin de la rue alors que Stiles et Scott sortaient du fast food sur Center Street; Stiles faisait le plein à la station-service quand il vit le camion de Derek gronder sur la route nationale. Ils se croisaient sans vraiment se rencontrer pour pouvoir échanger un bonjour ou un signe de la main; peut-être qu'ils se croisaient par hasard depuis des lustres et Stiles ne l'avait même pas remarqué parce qu'il ne savait pas qui était Derek (ne savait pas à quoi ressemblait Derek sans sa veste et avec son t-shirt étirée sur sa poitrine, et ouais, d'accord, Stiles était un adolescent bisexuel en bonne santé: il aurait remarqué Derek, s'il l'avait croisé comme ça auparavant).
Ce fut donc un peu un soulagement quand Stiles rencontra enfin Derek quelque part où il put le coincer au lieu de simplement le regarder avec nostalgie alors que leurs chemins se croisaient sans vraiment se croiser.
"Tu dois vraiment arrêter de me suivre partout," dit Stiles, et il se laissa tomber sur le siège en face de Derek, qui se trouvait à nouveau assis à la table préférée de Stiles à The Magic Bean.
Derek sursauta et prit presque un air coupable, mais il était trop occupé à mâcher une très grosse bouchée de son sandwich à la dinde pour défendre son honneur, ce qui était exactement pourquoi Stiles avait chronométré tout cela de cette manière. Il était essentiel qu'il soit installé confortablement avant que Derek n'ait une chance de lui dire de partir, et c'était pourquoi Stiles avait déjà mis son sac à dos sous la table et fait de son mieux pour avoir l'air complètement collé à sa chaise, comme si son corps et la chaise n'allaient plus jamais être séparés.
Ce serait juste un bonus si Derek s'étouffait avec son sandwich à cause de la surprise, que Stiles devait lui faire la manœuvre de Heimlich pour lui sauver la vie, qu'il y ait du contact et que Derek ait comme une dette envers lui pour toujours. Non pas que Stiles ait pensé à ça.
Derek ne lui demanda pas de partir cependant, et il ne s'étouffa pas non plus, ce qui était à la fois dommage et un soulagement. Il avala simplement sa bouchée de sandwich et la fit passer avec du café, puis il répéta: "te suivre ?" à la façon d'une question orientée.
Stiles agita la main dédaigneusement. "Je continue de te voir partout en ville, c'est bizarre," dit-il. "Si tu voulais me voir à ce point, tu aurais juste pu m'appeler. Je sais que je suis irrésistible." Il se pencha par-dessus la table, son menton appuyé sur sa main et battit des cils, ce qui lui donnait probablement juste l'air d'avoir un tic, mais peu importe, Stiles s'en tirait parfaitement bien.
Derek le regarda, impénétrable, par-dessus sa tasse de café. Puis il la posa et dit, complètement franc: "je n'ai pas ton numéro."
Et Stiles ne pouvait sérieusement pas croire que cela avait réellement fonctionné. Il ne l'avait même pas dit comme une tentative de drague parce qu'il savait bien qu'il n'existait aucun univers dans lequel Derek Hale voudrait sortir avec lui. C'était pourquoi il se mit à bégayer et bredouilla la partie suivante, qui consistait principalement en: "eh bien, donne-moi ton téléphone, on peut remédier à ça," et aussi en Stiles renversant presque la tasse de café de Derek.
Mais Derek lui donna son téléphone, et Stiles s'ajouta à ses contacts tandis que Derek le regardait, l'air désespérément impassible. Et quand Stiles lui rendit le téléphone, Derek regarda l'écran pendant un moment comme s'il mémorisait le numéro, avant de le remettre dans la poche de sa veste.
"Une pierre, deux coups," dit Stiles. "Je suis fan du multitâche."
Derek grogna juste en réponse, mais puis, il marmonna, "reste là," et il se leva et se dirigea vers le comptoir à la place. Quand il revint, il portait de la nourriture et du café qu'il posa sur la table devant Stiles et encore une fois—
"C'est ma soupe préférée," dit Stiles, fixant le bol d'un air dubitatif alors qu'il sirotait son café. "Et c'est exactement comme ça que j'aime mon café. Je plaisantais avant à propos d'avoir un sixième sens pour les desserts, mais sérieusement, as-tu un super pouvoir lié à la nourriture ? Tu peux me le dire. Je peux garder des secrets, Derek, je le jure."
"La fille au comptoir connaît ta commande," dit Derek, et il le regarda comme si fixer Stiles jusqu'à ce qu'il se soumette était une sorte de tactique valable, ce qui non. Le père de Stiles avait abandonné que ça arrive, il y avait déjà un an. Peut-être qu'avec le temps, Derek apprendrait ces choses, mais c'était probablement préférable que Stiles garde Derek loin de son père, parce que c'était mieux s'ils ne comparaient pas leurs notes.
"Euh, cette fille va au lycée avec moi," dit Stiles. "En fait, elle était aussi au collège avec moi. Nous nous sommes vus à peu près tous les jours à l'école depuis des années. Elle ne connaît pas ma commande, Derek. Elle ne connaît même pas mon nom." Pour démontrer ça, Stiles se retourna et lui fit un signe de la main. Elle fronça les sourcils et regarda autour d'elle comme si elle essayait de comprendre à qui il faisait signe. "Ça s'est plutôt bien passé, en fait," se dit Stiles, alors qu'il se retournait vers Derek. "Habituellement, je suis complètement invisible. Tu n'es pas le seul à avoir des super-pouvoirs, mon pote. Nous devrions nous réunir et créer une équipe, comme des X-Men vraiment boiteux. J'inviterai Scott, pour sa capacité incroyable à continuer à sortir avec sa petite amie sans que le père de celle-ci ne l'ait tué. C'est assez spécial. Je pense que nous pourrions faire beaucoup ensemble pour la justice."
"Scott ?" Demanda Derek, et cela ressemblait étrangement à de la pêche aux informations.
"Mon autre meilleur ami," dit Stiles, et il réalisa immédiatement son erreur, mais il était déjà trop tard pour reprendre ses paroles.
Les sourcils de Derek se haussèrent. "Autre ?" dit-il, et peut-être que Stiles avait tort, peut-être que son super-pouvoir était seulement de répéter des mots choisis parmi les phrases que d'autres personnes avaient prononcées avant lui, ou peut-être que quand c'était Stiles qui parlait, il n'écoutait en fait qu'un mot sur dix de toute façon. Quoi qu'il en soit, c'était juste la chance de Stiles qu'il n'ait entendu que le mauvais mot.
"Oh, pas—je ne voulais pas dire toi," dit Stiles sa bouche s'ouvrant d'horreur, puis il réalisa comment ça sonnait et il envisageait de glisser lentement le long de son siège jusqu'à ce qu'il soit sous la table, et puis peut-être s'échapper en rampant sur le sol jusqu'à ce qu'il soit sorti. Ensuite, il pouvait déménager dans un autre pays et devenir un fugitif, mais il ne pouvait pas finir par être un éleveur de chèvres en Mongolie, alors au lieu d'une retraite indigne, il laissa échapper un vomi verbal. "Je veux dire, non pas que tu ne pourrais pas être mon meilleur ami, je parie que tu ferais un excellent meilleur ami, genre si tu le voulais, tu pourrais probablement être vraiment d'un grand soutien et compréhensif en utilisant juste tes sourcils. J'essaye juste de ne pas être présomptueux parce que je ne pense pas que nous nous connaissions depuis assez longtemps pour que tu puisse vraiment apprécier mes qualités de meilleur ami, comme ma capacité à mentir de manière convaincante sur les soirées pyjama et mes compétences à Call of Duty. Je veux dire, en général, les gens comme toi ne veulent pas être vus en ma compagnie, c'est pourquoi quand je parlais de mon 'autre BFF', je voulais parler de ton chien."
Stiles s'arrêta finalement en plaquant sa main sur sa bouche, et il suivit cela en glissant soigneusement sa soupe (qu'il n'avait pas encore mangé, elle allait être froide et tout cet incident allait devenir une double tragédie) et son café sur le côté pour qu'il puisse se recroqueviller plus efficacement, le visage penché vers la table. C'était un peu comme sa version personnelle de l'imitation d'un tatou.
Derek resta silencieux pendant un temps incroyablement long, assez longtemps pour que Stiles commence à penser qu'il avait déjà utilisé ses compétences furtives de ninja pour s'enfuir quand Stiles ne regardait pas. Et puis il déclara finalement: "Des gens comme moi ?"
Stiles gémit contre la main qu'il avait toujours appuyé sur sa bouche avant de finalement retirer ses doigts. Il se recroquevilla un peu plus contre la table. "Oh mon dieu, utilise tes propres mots, arrête de voler les miens," gémit Stiles et il refusa de relever les yeux. "Oui, des gens comme toi. Des gens qui sont vraiment stupidement magnifiques. Je te ferai bien un dessin mais mes compétences ne sont pas à la hauteur pour capturer correctement la splendeur de ta mâchoire, d'accord ?"
Il y eut une autre pause, puis Derek s'éclaircit la gorge comme s'il s'attendait à quelque chose, alors Stiles leva les yeux pour voir ce qu'il voulait, mais Derek le fixait encore, les yeux un peu écarquillés. Il ouvre la bouche, puis la ferme, comme s'il venait de réaliser qu'il n'était pas autorisé à dire 'Ma mâchoire ?' parce que Stiles allait sérieusement se jeter sur cette table pour l'attraper.
"Je ne sais pas vraiment quoi faire avec ça," dit finalement Derek, et il ajouta ensuite, "Ta soupe va être froide."
"Ralentis, Casanova," dit Stiles avec un grognement, mais Derek avait raison, donc il tira son bol de soupe vers lui, prit sa cuillère et remplit sa bouche avec de la soupe, donc au moins si quelque chose d'autre devait s'échapper, ça serait juste de la nourriture cette fois.
Derek avait fini son repas maintenant, donc il resta juste assis là à regarder Stiles avec une expression complètement illisible sur son visage. Après un certain temps, quand Stiles raclait le fond de son bol avec sa cuillère, faisant de son mieux pour consommer chaque délicieuse goutte de ce breuvage, Derek dit: "Tu aimes vraiment ce chien, n'est-ce pas?"
Stiles laissa tomber sa cuillère dans le bol comme si c'était un gong et il roula des yeux. "C'est ce que tu as retenu de cette conversation ? La réponse est oui. J'adore ce chien, Derek. Tout le monde sait que j'aime ce chien. Et je ne vais pas mentir, ça me dérange que je sois le seul à sembler tenir à lui, parce que votre chien est génial, et je m'en fiche qu'il ne comprenne pas 'assis', qu'il éviscère les jouets au lieu de simplement les mâcher, qu'il joue dans la circulation et que quand j'ai le plus besoin de lui, il me laisse crever. C'est totalement mon meilleur ami, et la meilleure chose est qu'il ne discute pas avec moi à ce sujet ou ne me laisse pas tomber pour quelqu'un d'autre, et il écoute tous les trucs stupides qui sortent de ma bouche, et le pire c'est que ce n'est même pas mon chien, et ça c'est vraiment des conneries parce que ta sœur, sérieusement. Pas même un collier. Elle fait honte à tous les propriétaires de chiens." Il repoussa son bol vide et se releva, sa chaise gratta le sol carrelé en se levant. "Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je pense que je me suis probablement suffisamment embarrassé pour l'année et je dois partir avant de dire autre chose de stupide. Enfin, sauf euh, merci pour le déjeuner ?"
Derek hocha simplement la tête sans rien dire, l'air complètement hébété, et Stiles ne regarda pas en arrière alors qu'il s'échappait par la porte, pensant que c'était probablement la dernière fois qu'il verrait Derek, enfin peut-être à l'exception de son camion passant sur l'autoroute.
Il se trompait, en fin de compte. Il avait vraiment tout faux.
Mec revint le lendemain comme s'il n'était jamais parti, et il n'avait même pas l'air le moins du monde désolé pour l'incident avec le puits.
Il portait également un collier en cuir familier, presque neuf, dont pendait une plaque avec le nom de Stiles soigneusement gravé dans le métal. C'était celui que Stiles avait acheté il y avait longtemps au Pet Emporium, celui dont il était sûr que Laura s'était débarrassé.
Les choses devinrent un peu bizarres après ça, assez bizarres pour que Stiles pense qu'il était peut-être littéralement en train de rêver et qu'il allait se réveiller et ressentir de profonds regrets à propos sa vraie vie et ses choix.
La première chose étrange était le collier, parce que qu'est-ce que cela signifiait, mais aussi Mec était devenu un peu… collant. Le chien avait toujours réussi à être à la fois doucement affectueux et ouvertement grincheux, et Stiles n'était même pas sûr de savoir comment Mec réussit à faire ça sans se faire mal, mais soudainement, il était devenu à la fois ouvertement grincheux et incroyablement câlin. Il ne s'installait plus sur le sol à côté du canapé, maintenant il devait être sur le canapé, et pas seulement sur le canapé mais dans l'espace de Stiles. Chaque fois que Stiles allait pour s'asseoir qu'importe l'endroit, le chien arrivait juste après, grimpant sur la place près de lui et se poussant directement dans l'espace de Stiles, se recroquevillant de sorte à ce que son dos se courbe sous le bras de Stiles et que sa tête repose sur la cuisse de Stiles ou s'enfonce inconfortablement dans ses reins. C'était sans compter toutes les fois où le chien s'asseyait juste à côté de lui, pressant leurs épaules ensemble, appuyant parfois son menton sur l'épaule de Stiles pour que son souffle lèche la nuque de Stiles.
Il ne restait jamais longtemps quand il lui rendait visite, alors peut-être qu'il essayait juste de remplir de manière agressive une sorte de quota de câlins, mais cela signifiait surtout que chaque fois que Stiles se retournait, le chien était juste là, comme une sorte de ralentisseur mal placé attendant d'assommer Stiles. Parfois, Mec restait même la nuit, il montait dans le lit de Stiles et s'étirait comme si le lit était son domaine. Stiles se réveillait généralement à une heure horrible avec de la sueur coulant le long de son corps et sa bouche remplie de fourrure.
Stiles adorait ça.
L'autre chose étrange était Derek, dont Stiles ne pensait pas en entendre à nouveau parler, à moins peut-être si le gars cherchait le chien de sa sœur. Derek défia complètement les attentes de Stiles cependant, en envoyant un texto à Stiles le lendemain de leur déjeuner au café.
À la surprise sans fin de Stiles, le message ne disait pas, S'il te plaît, ne t'approche plus jamais de moi, ou même, Je me demandais quand tu parles, on dirait que tu ne t'arrête jamais pour respirer, es-tu comme ça à cause d'un manque d'oxygène ?
Le message disait, en fait, Laura a mauvais goût en matière de télé. il y a des gens qui pêchent des poissons-chats avec leurs pieds. pourquoi est-ce ma vie
Stiles cligna juste des yeux au début, parce qu'il avait compris que ça venait Derek (et il ne perdit pas de temps à enregistrer le numéro dans son téléphone), mais qu'il ne comprenait tout simplement pas pourquoi, d'une manière plus générale. Pourquoi Derek lui envoyait un texto, pourquoi Derek lui parlait de poissons-chats, rien de tout ça.
Il répondit, Au moins, ils n'utilisent pas cette technique dans une émission sur la chasse aux alligators. Puis, avant même que Derek n'ait eu la possibilité de répondre, il envoya un autre message: Ne laisse pas le chien regarder cette émission, ça lui donnerait des idées sur des combats de lutte contre des alligators.
Derek répondit que dans un combat entre le chien et un alligator, le chien gagnerait 'totalement' à chaque fois. Derek ne disait pas 'totalement' parce qu'il n'était vraiment pas ce genre de gars, mais Stiles était au moins content de savoir que Derek avait une foi complètement déplacé en son chien.
La chose la plus étrange, dans la longue liste de choses étranges, fut que cela devint quelque chose de normal après cela, échangeant des SMS sur tout et rien. Derek était beaucoup plus doué pour parler quand il n'y avait pas de vrais échanges verbaux.
Pourtant, envoyer seulement des SMS n'était pas entièrement satisfaisant, et il n'y avait aucune raison pour laquelle ils ne pouvaient pas faire plus qu'échanger des SMS, il ne voulait pas forcément dire s'embrasser (même s'il adorerait qu'ils s'embrassent) mais au moins, traîner ensemble devrait être une option.
Stiles croyait fermement que si on demandait rien, on ne recevait rien, alors après deux jours de plus d'agonie à réfléchir sur comment exactement demander ça, il s'assit à son bureau le samedi matin et envoya, tu veux qu'on se voit ?, parce ses dix mille ébauches mentales précédentes n'étaient pas aussi directes, et il semblait préférable de juste faire une attaque frontale. Puis, il mit son téléphone de côté et lança une nouvelle partie de Plants vs Zombies pour se distraire afin de ne pas devenir fou à force d'attendre.
Il n'eut pas à attendre longtemps. Le message de Derek disait, sur le point d'aller courir, tu veux venir ? Rendez-vous chez moi
C'est ainsi qu'il se retrouva à la maison Hale, complètement sec cette fois et ne sentant pas le marais, vêtu de son pantalon de survêtement habituel et d'un coupe-vent Beacon Hills Lacrosse, et essayant de ne pas regarder à quoi ressemblait Derek dans un short de basket-ball et un top thermique moulant. Stiles n'y arrivait pas bien mais c'était la pensée qui comptait.
"Mec, je pense que tu oublies quelque chose," dit Stiles, alors qu'il étirait nonchalamment une jambe derrière lui et essayait de ne pas tomber en avant. Derek le regarda simplement d'un air absent, alors Stiles proposa, "Euh, des chaussures ?"
Derek baissa les yeux sur ses pieds nus, remua ses orteils pensivement, et dit: "C'est mieux sans elles."
"Oh, tu es dans tout le truc du mouvement pieds nus, hein ?" Dit Stiles. "C'est cool. J'ai un peu peur d'essayer, comme j'ai ce talent spécial pour les catastrophes, donc j'ai un peu l'impression que je devrais maintenir autant de barrières que possible entre moi et le monde. Je devrais probablement investir dans un casque de protection. , aussi."
Derek ricana. "Tu n'es pas si terrible, Stiles," dit-il, et cela ressemblait presque à un compliment, même s'il était un peu maladroitement offert. "Les choses deviennent plus faciles, une fois que tu as vraiment fini de grandir."
"Ouais, d'accord," acquiesça Stiles, dubitatif. "Hé, alors on emmène le chien ? C'est mon compagnon de jogging habituel mais je te promets qu'il ne sera pas jaloux. On peut faire ça comme un truc d'équipe."
"Il n'est pas là," déclara vaguement Derek. Il désigna de la tête les arbres et le début du sentier, dans une sorte de question, mais ça semblait surtout être une tactique d'évitement.
Stiles voulait demander, mais il n'aimerait probablement pas la réponse—sérieusement, était-ce si difficile de mettre une clôture ?—alors il se mit juste au niveau de Derek, gardant le rythme quand Derek commença à courir doucement. Derek ne semblait certainement pas gêné par les aiguilles de pin qui recouvrent le sentier une fois qu'ils atteignirent la partie du chemin couverte par les arbres, et il esquiva agilement les racines des arbres, sautant avec insouciance dans les flaques d'eau. Ses pieds nus étaient presque silencieux sur le sol de la forêt, et Derek ne parlait pas, bien qu'il ne respirait certainement pas assez fort pour l'empêcher de parler.
Ils parcoururent une longue boucle tranquille autour de l'un des plus longs sentiers de la réserve, un sentier que Stiles avait parcouru de nombreuses fois en compagnie du chien, et être avec Derek n'était pas vraiment très différent. Ça ne dérangeait pas Stiles que Derek ne soit pas vraiment bavard, et il ne ressentait pas non plus de combler les silences de Derek, parce que rien ne semblait vide. Il y avait quelque chose de réconfortant dans le bruit de leurs pas sur le sol et de leurs respirations.
Quand Derek ralentit pour aller marcher dans une des prairies—Stiles la connaissait aussi, il avait fait un match de lutte avec le chien ici une fois, et il avait perdu mais à qui le chien allait-il le dire?—Stiles n'était même pas légèrement essoufflé.
"Tu as une bonne endurance," dit Derek, ses yeux parcoururent le corps de Stiles et ça ressemblait plus à une évaluation athlétique qu'à une technique de drague, ce qui était peut-être décevant mais c'était certainement un point de départ, car au moins, Derek le regardait.
Stiles haussa les épaules. "Je n'avais jamais vraiment couru avant, pour le plaisir je veux dire; le chien m'a en quelque sorte fait commencer. Je pense peut-être essayer d'intégrer l'équipe de course l'année prochaine."
"Ouais ?" Demanda Derek, son sourire était large et simple, et ça transformait en quelque sorte son visage. Ses dents de devant étaient ridicules, presque adorables. "Tu serais définitivement bon au cross. Comment est ta vitesse?"
Stiles rendit son sourire à Derek et dit: "Découvrons-la." Puis il décolla.
Il se dirigea vers la maison, parce qu'ils n'étaient pas très loin et il ne pourrait pas parcourir beaucoup de distance à ce genre de vitesse; il serait prêt à s'effondrer quand ils y arriveraient. S'ils y arrivaient, avec Derek sur les talons, Stiles avait le sentiment étrange que s'il n'était pas assez rapide, cette course se terminerait par un plaquage. Non pas que cela lui semblait être une mauvaise chose—un peu comme une sorte de câlin à grande vitesse avec le mec le plus sexy qu'il ait jamais vu, ce qui compenserait peut-être l'atterrissage final—mais il avait une certaine fierté. Il sauta au-dessus du tronc d'un arbre abattu, puis bifurqua sur un petit sentier, restant en appui sur l'avant de son pied, et ignorant complètement la douleur dans ses jambes et la brûlure dans ses poumons.
Stiles sortit de la forêt à côté de la maison des Hale avec un cri de triomphe et ralentit, trébuchant un peu et levant les bras en signe de victoire, et ce fut évidemment à ce moment-là que Derek l'attrapa. C'était doux comme l'était un tacle, principalement parce que Derek passa un bras autour de sa taille puis jeta plus ou moins son propre corps sur le sol, de sorte que Derek fut la piste d'atterrissage sur laquelle Stiles tomba. Ce n'était pas un vraiment une piste d'atterrissage douce car le corps de Derek était essentiellement composé de muscles solides que Stiles pouvait discerner de loin assez clairement, et il n'avait pas besoin de faire plus ample connaissance avec, car dans environ deux secondes, il allait sérieusement s'embarrasser lui-même.
"Tricheur !" Haleta Stiles, car même un tacle prudent impliquait trop de gravité. "Tu ne peux pas me plaquer, une fois que j'ai déjà gagné !"
"Oh, j'ai juste supposé que le porche était la ligne d'arrivée," dit Derek avec un sourire arrogant sur le visage, et Stiles ne put pas s'en empêcher, il n'y pensa même pas, il regarda juste la courbe de la bouche de Derek et puis il se pencha pour la goûter.
Il s'attendait à moitié à être repoussé sans cérémonie, ou plutôt doucement repoussé, alors même qu'il pressait ses lèvres sur celles de Derek, alors même que sa langue sortait pour le goûter. Il s'attendait à moitié à ce que peut-être Derek lui laisse avoir ça, pendant une minute ou deux, ou que Derek soit simplement confus et reste immobile, ce qui aurait pu être gênant. Ce à quoi il ne s'attendait absolument pas, ce fut la façon dont Derek réagit réellement: il émit un son animal du plus profond de sa gorge que Stiles put sentir vibrer à travers son propre corps là où leurs poitrines étaient pressées l'une contre l'autre. Puis Derek se redressa d'un bond et l'embrassa en retour, ses mains s'agrippant au corps de Stiles, sa bouche s'ouvrant avec empressement, ses jambes s'écartant pour laisser la cuisse de Stiles se glisser entre elles, et peut-être que Stiles se sentit un peu penaud d'à quel point il devint dur et à quelle vitesse, mais l'érection de Derek était pressée contre sa jambe et Stiles ne trouvait pas une seule chose dans ce scénario pour laquelle il devait vraiment s'inquiéter.
"Est-ce que je peux…" dit Derek, la bouche ouverte contre l'oreille de Stiles.
"Oui, je… peu importe, tout ce que tu veux," l'interrompit Stiles, haletant contre l'épaule de Derek.
"Ne dis pas 'tout ce que je veux'," le réprimanda Derek, alors même qu'il les faisait rouler sur le côté dans l'herbe, quelques feuilles marron coincées dans ses cheveux. Il se releva sur son coude et se pencha pour lécher la gorge de Stiles, et sa main libre passa sous la ceinture du pantalon de survêtement de Stiles, les doigts pressés contre le ventre de Stiles et dans son caleçon. "'Tout ce que je veux' c'est trop. C'est normal de ne pas tout aimer, de ne pas tout vouloir. D'accord ? On peut arrêter quand tu veux."
"Si tu arrêtes, je vais sérieusement te tuer," répondit Stiles, et il n'était pas sûr que les mots étaient compréhensibles, mais la main de Derek vint s'enrouler autour de sa bite et commença à le caresser.
Il tomba sur son dos dans l'herbe, et n'essaya même pas de rendre la pareille, car autant il voulait toucher, goûter et baiser, autant son corps avait désespérément besoin d'oxygène et ses muscles se rebellaient et vraiment tout ce qu'il pouvait faire était de cambrer ses hanches vers la main de Derek et de gémir.
Derek ne semblait même pas déranger, probablement parce qu'il n'était même pas essoufflé, le salaud, mais il réduisit la distance entre eux et son corps devint une ligne chaude le long du côté de Stiles. Il pressait baiser après baiser contre la bouche, la gorge et la clavicule de Stiles, ouvrit même un peu la fermeture éclair de son coupe-vent avec ses dents pour pouvoir atteindre plus de peau, ce qui était à la fois sexy et absurde. Stiles avait l'impression d'être dans un porno et il n'y avait aucun univers dans lequel il allait pouvoir tenir.
Il sut qu'il était foutu quand Derek enfouit son visage dans son cou et commença à gémir, à pleurnicher, comme s'il avait complètement perdu sa capacité à parler—non pas qu'il soit bavard d'habitude—juste en touchant Stiles. Quand Stiles jouit, mordant l'épaule de Derek pour étouffer son propre gémissement, Derek sortit sa main du pantalon de Stiles et lécha littéralement sa main, sa langue nettoyant chaque centimètre souillé de sa propre main, et ce n'était pas seulement la chose la plus sexy que Stiles ait jamais vu, c'était aussi plus torride que tout ce qu'il avait jamais imaginé. Et il avait une imagination assez débordante.
Stiles fixa simplement Derek, les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Cela lui prit une minute pour se rendre compte qu'il devrait probablement faire quelque chose, pour atteindre le short de Derek avec une main qui tremblait de fatigue, d'adrénaline et de désir.
"Je n'ai jamais fait ça avant," dit-il, "donc je ne serai probablement pas très doué pour ça, mais je veux en quelque sorte essayer—avec ma bouche? Est-ce que ça va ?"
Derek laissa tomber son front contre la clavicule de Stiles et gémit, "oh mon dieu," d'une voix qui vacilla de façon attachante.
Et puis Laura dit, "oh mon dieu", d'une voix qui craqua au milieu avec quelque chose ressemblant à de l'horreur.
Tout se passa très vite après ça. Les yeux de Derek s'écarquillèrent, sa tête se releva brusquement et tout son corps se tendit; Stiles put le sentir à travers la main qui tenait la ceinture de Derek, il put sentir la contraction des abdos contre ses phalanges et le soubresaut qui traversa tout le corps de Derek comme un choc électrique. Et puis il laissa échapper un bruit qui sonnait comme si quelque chose était en train de mourir, et il se releva sur ses pieds et s'enfuit littéralement, disparaissant rapidement à travers les arbres.
Stiles le regarda partir, appuyé sur ses coudes, puis retomba dans l'herbe, les bras tendus comme s'il attendait que son amant revienne dans ses bras. Ou comme s'il essayait de faire un ange dans la neige mais sans neige. Les deux éventualités étaient tout aussi improbables.
"C'est suffisant pour vraiment blesser l'estime de soi d'un gars," déclara Stiles.
"Sans blague," acquiesça Laura. "Pardon. De vous avoir interrompu, je veux dire, mais aussi juste en général ? Parce que j'aime penser que nous l'avons bien élevé, mais clairement il a besoin d'un cours de rattrapage sur le comportement d'un gentleman. Je lui donne un A plus pour la douleur stoïque cependant, il est au top la classe avec celle-là."
"Ouais," dit Stiles, et essaya de ne pas soupirer un peu rêveusement parce que c'était juste pathétique.
"As-tu faim?" Demanda Laura, et il pouvait réellement l'entendre retenir une blague sur combien il s'était exercé, ce qu'il appréciait.
Il répondit, "je pourrais manger," puis il releva son corps courbaturé et le traîna vers la maison.
