Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto
Pairing: NaruSasu, peut-être d'autres.
Rating: T (pour violence et possibles scènes explicites)
Je vous offre un petit plus avec ce chapitre, quelques uns des morceaux qui se trouvent dans ma Playlist lorsque je rédige les chapitres de Double Tranchant :
Bad Romance – Lady Gaga
Drunk on Love – Rihanna
Like the Way I Do – Cascada
One Million Bullets – Sia
We Found Love – Rihanna
No More Sorrow – Linkin Park
Kiss Me - Ed Sheeran
Double Tranchant
Chapitre 10
And your heart's against my chest
Your lips pressed to my neck
I'm falling for your eyes
But they don't know me yet
I've been feeling everything
From hate to love
From love to lust
From lust to truth
I guess that's how I know you
- Kiss Me. Ed Sheeran
La baraque était immense. Deidara posa les yeux sur elle, détachant lentement sa ceinture de sécurité, sans y croire vraiment. Il devait avouer que son cœur avait battu la chamade tout au long de cet étrange trajet en voiture, assis sur le siège passager de la superbe berline de course de Sasori. Deidara avait toujours eu cette manie de ne montrer qu'une confiance et une maîtrise de soi impeccable, alors qu'à l'intérieur, il tremblait de peur. Ça faisait sans doute partie de son charme, même s'il en doutait sincèrement. Toujours est-il qu'il s'était demandé au moins une centaine de fois si l'homme derrière le volant, malgré son visage angélique, ne l'emmenait pas au fond d'une ruelle sale et dégueulasse pour le découper en morceaux – le faire taire à jamais.
Mais non. Il ne finirait peut-être pas sa vie la tête dans un caniveau, aussi misérable cette vie eut-elle été. Ce décor était plus alléchant, plus paradisiaque. Peut-être que Sasori allait l'achever dans sa somptueuse demeure… et il ne pouvait franchement pas espérer mieux comme fin.
- C'est chez toi ? lâcha-t-il, ne pouvant empêcher l'admiration et une once de jalousie de s'inscrire en grosses lettres sur sa figure.
Sasori éteignit le moteur et se tourna vers lui.
- C'était la demeure de ma grand-mère. N'ayant plus d'enfants, elle m'a légué tout ce qu'elle possédait. Et j'ai aucune idée pourquoi je te raconte ma vie maintenant.
Un trait soucieux entre les sourcils, Sasori serra la mâchoire, se pinça les lèvres comme s'il était déchiré entre deux émotions. Deidara le contempla, silencieux, dans l'obscurité de l'habitacle. Aucun d'entre eux n'osa bouger, comme s'il allait déranger un moment. Alors le jeune blond se contenta de regarder son vis-à-vis.
Il n'y avait pas à dire… il était beau comme un Dieu. Il voyait bien des choses dans la profondeur de ses yeux noisette, des choses dures, un passé trouble, des émotions difficiles, de la souffrance, sans doute… Ne venait-il pas de lui avouer que ses parents n'étaient plus ? Deidara n'avait jamais été le plus perceptif parmi ses amis. Parfois les choses lui passaient au-dessus, mais en ce moment, pour une raison qui lui échappait, il était capable de voir quelque chose dans les yeux de Sasori qu'il n'était pas certain que Sasori voulait qu'il voit. Ce qui était indéniable, c'était que, peu importe ce qui cogitait en dessous, son enveloppe extérieure était… parfaite. Sasori était parfait. Deidara ravala sa salive en prenant conscience de ce fait.
Enfin, le rouquin défit sa ceinture et sortit de la voiture. Deidara s'empressa de faire de même.
- Je suis orphelin aussi, tu sais ? s'exclama-t-il en pressant contre son torse son sac à bandoulière.
Sasori lui jeta un coup d'œil sombre.
- Viens, c'est par-là.
- Tu m'as pas dit pourquoi tu faisais tout ça pour moi, au fait ! poursuivit-il en suivant le plus grand dans l'allée de gravier menant à la maison.
La soirée était fraîche. Le ciel était clair : un bleu de velours, où l'on voyait briller les étoiles. La maison, qui était en fait un véritable château de riches ni plus ni moins, se dressait sur un terrain vaste, au bout d'une rue calme et presque déserte. Une seule autre maison se trouvait sur le domaine, à environ trente mètres de celle-ci. Ça y est, il m'a emmené dans un endroit reclus et…
- Je t'en prie, enlève tes chaussures à l'entrée et ne touche à rien, c'est compris ? l'avertit Sasori avant de déverrouiller le manoir et d'ouvrir la porte.
Ils entrèrent dans la magnifique résidence, le rouquin en tête de file. Deidara fit comme lui et abandonna ses chaussures à l'entrée, sur une grande carpette dédiée à cette fin. Il n'y avait aucune autre paire que les leurs. Deidara continua ensuite son chemin, hésitant et un peu nerveux. Il régnait une noirceur opaque dans la maison. Sasori s'était déjà aventuré dans une autre pièce. L'ayant perdu de vue, Deidara décida de suivre le bruit de ses pas discrets sur le parquet.
Puis, la lumière surgit, et le jeune blond découvrit un large et immense salon au plafond très haut, plus haut que ce qu'il avait vu dans sa vie en termes de plafonds. Dans son miteux appartement, les murs semblaient se refermer sur lui jour après jour. Ici, l'espace était plus que suffisante : une bonne cinquantaine d'invités auraient pu se déplacer aisément le temps d'une soirée de festivités. Deidara fut cependant sous le charme du foyer, élevé sur une plateforme, qui surplombait la charmante pièce, ainsi qu'aux grandes baies vitrées, camouflées de longs rideaux. Deux gigantesques canapés et sofas étaient disposés au centre, une table basse et très élégante, sur laquelle prônait une petite sculpture de goût.
- J'ai dit de ne toucher à rien mais tu peux quand même t'assoir, tu sais.
Deidara leva les yeux vers Sasori. Bien franchement, pendant un instant, Deidara l'avait oublié. Mais le séduisant rouquin était bel et bien planté là, aussi chic que le reste de cette décoration, avec son sempiternel costume rouge sombre.
Une nouvelle fois, Deidara s'entendit déglutir avant de s'approcher du canapé. Il avait peur de gâcher toute cette beauté en s'étalant sur les meubles. Il était… sale, non ? Il venait des quartiers dégueulasses, pauvres. Il vivait dans un endroit qui puait à plein nez, si on se fiait à la réaction de Sasori un peu plus tôt.
- Installe-toi, je reviens dans un moment.
Sans plus d'explications, Sasori disparut. D'où il se trouvait, Deidara pouvait apercevoir dans le hall d'entrée, le bout d'un escalier massif. La silhouette de Sasori monta en flèche, mais il ne put rien voir de plus. Cette foutue baraque était si immense et grande qu'il n'entendit même pas les pas de l'autre au-dessus de sa tête.
Deidara tenta de se calmer. Il était nerveux, parce qu'il se demandait encore s'il allait y passer. Il avait failli y rester la dernière fois. La balle l'avait atteint – mais grâce à Sasori, qui l'avait jeté au sol au dernier moment, cette balle s'était logé juste à côté de son cœur. Il s'en était fallu de peu.
Mais pourquoi Sasori avait-il agi ainsi ? Pourquoi lui offrait-il une protection ? Était-ce tout orchestré depuis le début pour l'amadouer ? Pour lui arracher sa confiance ? Étaient-ils en train de le manipuler ? Il n'était pas sûr de savoir qui exactement étaient ces « ils ». Il savait une chose : il avait peur d'eux. Qui qu'ils soient, Deidara ne souhaitait pas les revoir, se retrouver à nouveau face à face constituait un vrai cauchemar qu'il redoutait plus que tout.
- Détends-toi.
Un petit rire taquin retentit. Deidara sursauta, ayant été si terré dans ses pensées qu'il n'avait pas remarqué le retour de Sasori au salon.
- On croirait le petit chaperon rouge prêt à se faire dévorer par le grand méchant loup.
Sasori marcha autour du canapé – un peu comme un prédateur encerclant sa proie. Deidara se retourna sur le canapé pour lui faire face, lorsque le plus vieux se laissa choir à côté de lui. Il avait encore son sac collé entre ses bras sur son torse. À croire qu'il l'utilisait comme bouclier…
- Je ne vais pas te dévorer, lui répéta Sasori.
Ses lèvres étaient retroussées en un léger rictus. Deidara se détendit.
- Pourquoi tu m'as emmené ici ? demanda-t-il. Sérieusement, pourquoi ?
- Parce qu'il n'y a personne au monde qui sait que cette maison existe. Tu y es en parfaite sécurité.
- Pourquoi ? répéta Deidara en fermant les yeux.
- Je viens de…
- Non, pourquoi ? tonna-t-il en rouvrant les paupières. Pourquoi vouloir me protéger ? Je suis qui pour toi ? Un petit oiseau blessé que tu as trouvé dans la rue ? Qu'est-ce que j'ai fait pour m'attirer ta sympathie ? Tu ne peux décidément pas agir comme ça par bonté de cœur. Tu veux certainement un truc en échange.
Deidara repensa à leur rencontre, dans ce bar de nuit…
- Tu as dit que tu étais à la recherche de quelqu'un. Tu as parlé d'un policier et… juste après, un homme m'a tiré dessus. C'est à n'y rien comprendre…
- Va le croire ou non, répondit Sasori sans hésiter. Mais j'ai ressenti un soupçon de peine quand je t'ai vu étendu sur ce plancher froid de la piste de danse. Tu avais un sourire stupide, une innocence dans le regard, une énergie… curieusement attachante. Et une seconde plus tard, tu te vidais de ton sang, allongé, inerte, pâle… Je ne suis pas reconnu pour mon côté très humain. Je suis plutôt pragmatique et carrément antipathique, ce qui me permet sans doute de côtoyer de véritables monstres jour après jour. Antisocial aussi. Un ermite. Un homme solitaire. Pourtant, je déteste qu'on s'en prenne à des gens qui n'ont rien fait de mal.
Deidara écouta consciencieusement le discours de l'homme devant lui. Étonnamment, c'était tous des traits qu'il avait identifié dans les yeux de Sasori. Pragmatique. Froid. Réservé. Quelqu'un qui restait constamment en retrait des autres. Mystérieux.
Héroïque, d'une certaine façon…
- Qui te dis que je n'ai rien fait de mal ? murmura-t-il simplement, ses doigts triturant nerveusement la bandoulière de son sac, maintenant posé sur ses genoux.
Sasori continua de le fixer, comme s'il étudiait à son tour chaque lueur dans son regard.
- Je suis simplement en train de te dire que j'ai pris pitié de l'être en détresse que tu étais. Que tu es. Je ne peux pas l'expliquer. Tu m'intrigues… et en même temps, tu fais naître chez moi un sentiment protecteur. Va savoir pourquoi…
Sa voix veloutée résonna en Deidara, grave et douce à la fois… comme le chant d'un ange gardien. Il ferma les yeux, percevant une migraine poindre le bout de son nez dans son cerveau en bouilli.
- Une autre chose que je ne peux expliquer, reprit Sasori après un court instant. C'est pourquoi un homme comme Kisame Hoshigaki voudrait te tuer…
Deidara redressa le menton, osa croiser les yeux de Sasori.
- Tu sais que ce gars-là est le tireur chouchou d'Orochimaru en personne ? Pourquoi un seigneur du crime organisé voudrait cibler un gars comme toi ? Sans histoires, innocent…
Deidara poussa un rire amer. Il posa son sac de côté et se leva d'un bond, s'éloignant dans le salon vers la haute fenêtre. Il sentit Sasori pivoter sur le canapé, pour le suivre des yeux.
- Pour le « sans histoires », on repassera, tu veux ? marmonna-t-il. Innocent, je ne crois pas…
- Je t'écoute, Deidara. C'est l'une des raisons pour lesquelles je t'ai amené ici. Tu as dit qu'ils voulaient te faire la peau parce que tu étais au courant d'un truc. Qu'est-ce que c'est, ce truc ?
- …
- Je ne peux pas vraiment t'aider si tu ne dis rien.
Les bras croisés, resserrés contre lui-même, Deidara se mordit la lèvre fortement.
- Que sais-tu sur eux qui te coûterait la vie ? insista Sasori.
- Et toi, qu'est-ce que tu y gagnes là-dedans ? rétorqua Deidara sombrement, toujours sans se retourner.
- Disons que je suis dans ma propre vendetta. Ça te va, comme réponse ?
- J'imagine que c'est la seule que j'aurai ?
- Précisément.
Deidara soupira.
Puis il se tourna.
- Avant de mourir, Konan m'a donné un bout de papier. Konan, c'est une prostituée qui travaillait pour Orochimaru, pour son réseau de…
- Je sais, répliqua Sasori.
- Elle avait peur. Elle savait qu'ils allaient la tuer. Je n'ai aucune idée pourquoi… Tout ce que je sais, et c'est parce qu'elle m'en avait parlé, c'est qu'elle avait eu une relation avec Itachi Uchiwa. Brève, mais assez importante pour que Itachi lui ait révélé des bribes de son enquête. Elle était au courant de trucs… compromettants pour l'Akatsuki. C'est pour ça qu'elle a fini avec une balle dans la tête.
- Et maintenant, tu es aussi au courant de ces choses ?
- Pas le moins du monde, grogna Deidara. Tout ce que j'ai, c'est le bout de papier sur lequel elle avait griffonné un nom.
- Quel nom ? s'enquit Sasori.
Deidara haussa les épaules. Quand il comprit à quel point Sasori voulait savoir, il grommela dans sa barbe quelques mots inintelligibles et retourna près du canapé où il avait laissé son sac. Il farfouilla un moment avant de retrouver la note laissée par Konan.
Il la donna à Sasori.
- Garde-le. Ce foutu bout de papier ne m'a apporté que des ennuis.
Sasori fronça les sourcils en lisant le nom inscrit en lettres moulées :
Madara
- Madara ? lut-il à haute voix. C'est qui, c't'enfoiré ?
- Aucune idée, lança Deidara. Konan est morte pour que ce nom ne circule plus. Et Itachi aussi…
Sasori leva un œil curieux vers Deidara.
- Tu as côtoyé Itachi Uchiwa ?
Le jeune blond sentit son sang se transformer en glace. Son cœur s'arrêta un instant.
- Brièvement, avant sa mort. Il bossait sur l'Akatsuki. Il m'a sorti des réseaux de prostitution… C'est grâce à lui que j'ai repris une vie normale, en quelque sorte. J'ai… euh…
Même si quatre ans s'étaient écoulées, la douleur était encore vive dans sa mémoire, comme s'il la revivait chaque fois que le nom d'Itachi repassait dans son esprit. Il s'était soigneusement adonné à l'oublier durant les quatre dernières années, et il avait réussi. Jusqu'à… maintenant. Pourquoi est-ce que les yeux de Sasori parvenaient à arracher la vérité ? Comme s'il avait un superpouvoir sur lui, et qu'il s'en servait impunément, rien qu'en le regardant.
- Je…
Il était incapable de prononcer les mots. Sasori le contemplait avec une perception à toutes épreuves.
- Pas la peine de terminer, souffla-t-il. Je crois que j'ai saisi…
À nouveau, le silence fut soudain, et Deidara fut soulagé, en même temps d'être gêné. Que Sasori ait compris… le rendait soudain si vulnérable qu'il aurait pu pleurer. Mais cette émotion, aussi intense fut-elle, ne dura qu'un instant.
- Et toi, alors ? lâcha-t-il après s'être raclé la gorge fortement. T'es avec eux ou pas ? Pourquoi tu parles comme si tu connais personnellement ce… Kisame ?
- Je ne suis pas un membre de l'Akatsuki. Enfin, si, mais…
À cette révélation, Deidara fit un pas arrière.
- T'inquiète pas ! s'écria Sasori. Je suis le mouton noir de la bande. Et puis je ne suis pas un des membres les plus importants, je ne suis pas dans le cercle principal. Je fais du financement. La plupart d'entre eux ne peuvent pas obtenir de prêts dans des firmes de finances ni à la banque, tu dois sans doute te l'imaginer. Je prête l'argent, ils me la rendent avec intérêts élevés.
- Dieu sait où ces barbares doivent trouver leur argent, cracha Deidara avec dégoût.
- La vie n'est pas un conte de fée. Chacun fait son affaire pour survivre.
- Ouais. Bien sûr.
- Je collabore aussi avec la police, avoua Sasori à voix basse.
Sasori eut un léger rictus en voyant le regard rempli de jugement, mais également de curiosité sincère, que lui renvoya le jeune blond.
- Vraiment ?
- J'imagine que je ne suis pas à 100% mauvais, murmura Sasori. Je blanchis peut-être de l'argent, mais je ne tue pas, je ne viole pas, je ne profite pas sur le dos de prostitués violentés nuit après nuit. Alors si ma collaboration avec la police permet de les envoyer un après l'autre derrière les barreaux, j'aurai fait ma bonne action, et la justice pourra faire ce qu'elle a à faire.
- Après avoir récolté le magot, lâcha Deidara, un tantinet amer.
Deidara le contempla et Sasori soutint son regard sans répondre à cette dernière missive.
- Et cette personne que tu recherches ? La police ne peut pas t'aider en retour ?
- Eh bien, en réalité, c'est justement la police qui m'a demandé de faire cette recherche.
- J'espère qu'ils vont te donner une part du gâteau ! s'esclaffa Deidara.
- D'ailleurs, tu n'aurais pas entendu parler d'un Naruto Uzumaki ? Ce nom me semble familier, mais pourtant, j'arrive pas à retrouver la mémoire le concernant.
- Qui le cherche ?
- Le sergent Uchiwa. Sasuke Uchiwa.
Le visage du jeune sergent apparut à l'esprit de Deidara, celui-là même qui l'avait interrogé à l'hôpital.
- Il a l'air de quoi, le gars que vous cherchez ?
- Blond, les yeux bleus. Le genre musclé comme un joueur de rugby.
Sasori eut un mauvais pressentiment quand il vit le regard de Deidara s'assombrir brusquement. Lentement, le jeune homme sortit son téléphone. Sasori suivit des yeux son pouce qui déroulait sur l'écran tactile de son portable. Après un court instant, Deidara lui montra une photographie.
- C'est lui ?
L'image montrait un homme en costume, pris de face dans une ruelle sombre, à côté d'une voiture luxueuse qui appartenait sans doute possible à des membres du cercle rapproché d'Orochimaru. L'homme était blond, baraqué, et possédait un visage dans la vingtaine avancée. Son regard était légèrement tourné vers quelqu'un ou quelque chose sur sa droite et l'image était trop sombre et il était photographié trop loin pour que Sasori puisse identifier la couleur de ses prunelles. La scène prenait place le soir et, visiblement, le cliché avait été pris à son insu, probablement par quelqu'un qui l'observait depuis l'autre côté de la rue.
- Il correspond aux descriptions données par Sasuke, du moins en partie, déclara-t-il en levant le menton vers Deidara. Mais je ne saurais dire si c'est lui hors de tout doutes…
- Si c'est bien lui, alors… notre cher policier a pêché un gros poisson.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je n'en sais pas beaucoup sur lui. C'est un membre discret, mais… je sais qu'il se fait appeler « Kyubi » dans les rangs.
Sasori ravala sa salive.
Effectivement, il n'y avait pas à dire. Sasuke avait trouvé le jackpot.
Naruto cogna doucement contre la porte de sa chambre, faisant sursauter Sasuke. Allongé sur le dos, il fixait le plafond depuis… combien de temps ? Il n'avait pas calculé les minutes qui s'étaient écoulées, après avoir raccroché avec Shikamaru Nara, l'autre employé du département des renseignements. Celui-ci allait revenir de son congé cette semaine et il comptait bien lui demander un service… un service qu'il ne pouvait pas demander à Naruto pour l'instant – à admettre de toute façon qu'il soit un véritable expert en information…
- Ça va ? s'enquit celui-ci.
Sasuke tourna la tête vers l'apollon qui, torse nu, entrait dans sa chambre, mains dans les poches de son pantalon jogging. Son regard s'accrocha aux fabuleuses hanches qu'il voyait, sur lesquelles l'élastique du pantalon se retenait. Le V qui descendait à l'intérieur, le ventre musclé.
- Ça va oui, marmonna Sasuke en se redressant sur son lit. Il est quelle heure ?
- À peine 21 heures. C'est moi qui m'excuse de t'avoir abandonné pendant que je faisais un petit somme sur ton canapé…
Naruto s'assit au bord de son lit.
- Pas de soucis, murmura-t-il. Tu étais fatigué. Pas étonnant après ces… centaines de pompes.
Sasuke rougit presque au souvenir de cette glorieuse séance d'entraînement dont il avait été spectateur, un peu plus tôt.
Naruto le fixait, d'un regard avenant. Mais outre toute cette attirance sexuelle, les yeux bleus du blond étaient également protecteurs, tendres et sincères. Sasuke ravala sa salive.
- Est-ce que ça va ? lui redemanda-t-il après un court silence. Vraiment, Sasuke… On dirait que tu viens de voir un fantôme.
Sasuke baissa la tête, coupant leur connexion pour un moment. Il croisa les jambes. Son cœur battait vite, comme chaque fois qu'il était près de lui. Il devait garder la tête froide, et les idées claires… mais à chaque battement de son cœur, son corps se réchauffait un peu plus, et son âme partait en émoi, le même combat se répétait.
C'était plus fort que lui. Aussi, il ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche et briser le calme instant, le silence qui pesait dans la chambre, afin de partager avec Naruto ses tourments. Il avait vraiment envie de se confier… et de s'appuyer sur lui.
- Naruto, dis-moi…
Naruto s'installa plus confortablement sur son matelas. Leurs jambes se touchèrent. Il posa les mains sur ses cuisses tendrement comme pour l'encourager à continuer. Quand il leva le menton et rencontra de nouveau son regard, Sasuke se décida enfin à cracher le morceau.
- Tu travailles aux côtés de policiers depuis quelques années, n'est-ce pas ? Dirais-tu que c'est une bonne ou une mauvaise idée de… suivre son instinct ?
Naruto parut légèrement troublé par sa question. Sasuke plissa doucement les yeux, l'observant en silence.
- Que veux-tu dire exactement ? interrogea-t-il, la voix plus grave d'un octave et Sasuke l'imagina plus crispé.
- Si on t'avait répété depuis des années qu'un événement s'est produit par accident… et que tous les faits sont là, preuves à l'appui… mais qu'il y a une voix qui continue à te souffler à l'oreille que non, il y a plus, il y a autre chose. Ton instinct. Ton intuition te crie qu'il faut creuser plus profondément… tu crois que l'instinct est une chose réelle ou juste une émotion trompeuse ? On dit souvent aux détectives que l'émotion est un bien mauvais allié dans une enquête, mais je ne crois pas être en accord avec ça. Toi, qu'en penses-tu ?
Naruto demeura si longuement muet que Sasuke eut de nouveau le temps de se perdre dans ses incroyables lagons azuréens. Son visage, la forme de sa mâchoire, sa beauté intemporelle… Il y avait tellement d'incertitudes en cet instant et dans sa tête repassaient plusieurs choses qui le martelaient comme un marteau-piqueur. Il repensa à la photo de Naruto dans l'album d'Itachi, l'aveu de Sasori concernant le tueur d'Itachi, le meurtre de Konan, l'arrestation de Kabuto, les paroles de Kakashi, les services secrets, le visage du jeune garçon du nom de Deidara, qui était douloureusement familier…
Et bizarrement, la seule chose qui restait claire comme de l'eau de roche, pure et vraie, au milieu de ce bazar, c'était Naruto. Cet homme qu'il avait rencontré par hasard et qui avait une place tout attitrée dans sa vie, comme un morceau de puzzle qui avait été longtemps laissé incomplet.
- Tu devrais suivre ton instinct, Sasuke, chuchota Naruto. Je ne te le suggère pas spécialement, parce que… si ton instinct te guide dans une direction… c'est qu'il y a forcément du danger. Mais oui, j'y crois. Parfois, malgré les faits, les preuves, les soi-disant vérités ne sont pas toujours véritables. On dit qu'un détective ne devrait pas se laisser dicter par ses émotions, mais je pense également le contraire. Comment flairer le prédateur si on est indifférent et froid comme de la glace et que, jamais, aucune émotion ne nous traverse ? Nous sommes humains, après tout…
Naruto fut interrompu par Sasuke qui, propulsé par son impulsion la plus primaire, s'était jeté sur sa bouche. Le jeune sergent entoura le visage du blond de ses mains et l'embrassa avec passion et fougue. Naruto fut surpris une seconde, comme s'il avait peur de poser un geste impromptu – après tout, était-ce vraiment étonnant, après que Sasuke lui eut répété maintes fois qu'il voulait prendre leur relation une étape à la fois ? Mais il finit par glisser ses mains autour de la taille de l'autre, voyant que Sasuke ne dérougissait pas. Sasuke s'était étiré comme un félin pour se lancer dans ses bras, et Naruto enserra son corps, se redressant juste assez pour permettre à Sasuke de monter sur ses cuisses.
Ils s'embrassèrent ainsi, chacun s'accrochant à l'autre et buvant cet instant comme un filtre de vie inépuisable, presque comme si, à tout moment, leurs lèvres pouvaient se séparer et causer la fin de tout. Sasuke n'avait jamais ressenti rien d'aussi puissant et, s'offrant enfin la permission de plonger dans les flammes, il relégua au fond de son cerveau toutes les broutilles et toutes ses inquiétudes – tout pouvait attendre. Maintenant qu'il avait franchi le pas, aussi soudainement, il ne pouvait plus faire marche arrière. Et pour de délicieux instants, il embrassa Naruto et il eut le contrôle…
- Sas… Sasuke, souffla Naruto. Je croyais que tu voulais… y aller doucement…
- Oui, murmura Sasuke, s'appuyant sur les épaules larges.
L'une de ses mains s'accrocha à l'épaisse chevelure blonde.
- Oui, s'il te plaît, continua-t-il. Doucement…
Il avait l'impression de parler comme un imbécile qui avait trop bu, d'être complètement ivre et de dire n'importe quoi. Ivre de désir, il l'était. Et malheureusement pour lui et pour son ambition de rester froid comme un bloc de glace, le seul remède se trouvait entre ses bras. Et il était chaud comme de la braise…
- T'en es sûr ? demanda Naruto.
- Fais-moi l'amour… susurra-t-il à l'oreille de son amant. Je ne peux plus attendre…
Naruto obtempéra sans plus attendre, une lueur s'allumant dans son regard, que Sasuke ne put déchiffrer autrement que par un désir au moins aussi intense que le sien. Il déposa des baisers sur l'épaule de Sasuke, puis, impatient, posa les mains sur sa taille et lui remonta son haut jusqu'à pouvoir le lui enlever. Sasuke frissonna légèrement au contact de sa peau avec le froid ambiant, mais bien vite, la bouche chaude se posa sur son torse, son ventre, et remonta tranquillement vers son cou, lui faisant subir un supplice délicieux alors que les paumes du blond passèrent juste derrière pour le caresser sensuellement. Naruto l'allongea et replongea vers sa bouche. Naturellement, comme s'il était habitué à cet acte, Sasuke écarta les jambes et accueillit son amant contre lui. Leurs mouvements et leurs gestes devenaient parfaitement synchrones, et pourtant ils ne l'avaient fait qu'une fois ensemble. Les souvenirs étaient intacts, indélébiles dans sa mémoire… Il ne savait pas ce que l'avenir leur réservait, mais en cet instant précis, Sasuke savait qu'il ne se lasserait jamais d'être avec Naruto, d'être au creux de ses bras.
Naruto se déshabilla lentement, sous les yeux gourmands de Sasuke, qui détailla les muscles saillants et le corps halé qu'il avait tant désirés. Qu'il désirait encore ardemment. Mais contrairement à la dernière fois, cette fois-ci, il était également attiré indubitablement par le regard, derrière lequel il voyait une âme, l'âme d'une personne, d'un être humain. D'un homme qu'il aimait.
Débarrassé de ses vêtements, Naruto se pencha de nouveau vers lui. Ce dernier entreprit de retirer son pantalon, rapidement aidé par son partenaire, qui posa ses mains sur les siennes dans des gestes pratiquement chevaleresques. Sasuke avait envie de baiser, oui, carrément. Impatiemment, même ! Mais la douceur était de mise… et l'idée de le faire langoureusement, tendrement, l'idée que Naruto s'applique à lui faire l'amour avec attention lui retournait les entrailles presque encore plus fortement.
- Quel retournement de situation, s'amusa Naruto en venant lui embrasser la clavicule. Après avoir été aussi glacé qu'un iceberg toute la semaine…
Il descendit et embrassa son nombril, causant une suite de frissons qui se matérialisèrent par de la chaire de poule sur son épiderme.
- Maintenant te voilà aussi ardent qu'un volcan en éruption… comme s'il y avait de la lave sous ta peau à la place de ton sang…
- J'ai pris peur, avoua Sasuke en se cambrant soudainement tandis que Naruto descendait encore et s'approchait de son entrejambe désespérément dressée.
Le jeune sergent attrapa brusquement les draps de chaque main lorsque son amant embrassa son sexe directement et sans détours.
- Je…
Il lui prit les jambes tendrement et les passa sur ses épaules. La position était si délicieusement alléchante… Elle offrait à Naruto son intimité et promettait bientôt leur union imminente…
- Je…
Il balança la tête contre l'oreiller et ferma les yeux en gémissant, se mordant la lèvre du bas avec force. Naruto venait de le prendre en bouche. Cette cavité chaude et humide était encore plus exquise que tout ce qu'il avait imaginé. Dans le passé, rares avaient été les fois où son partenaire lui avait fait cette petite gâterie. Sasuke était celui qui offrait des fellations, mais n'en recevait presque jamais. Et de savoir que Naruto, cet homme si fort, si viril, si foutrement séduisant était là, entre ses jambes, et lui faisait ce… cet acte si…
- Hmmm ! poussa-t-il. Je… quand je couche avec un mec le premier soir, je… c'est parce que je… aaaah… parce que j'avais tout prévu et…
Il tourna la tête, fou de plaisir, alors que les mouvements des lèvres de Naruto allaient et venaient. Les mains du blond, larges et fortes, lui tenaient les cuisses de façon autoritaire. Sasuke adorait ce mixte de sensations – Naruto était à la fois contrôlant et doux. C'était à en devenir fou…
- Et après l'avoir fait avec toi, je… j'ai perdu le nord complètement… alors je voulais… Hmmmm !
L'orgasme le frappa brutalement. Il crut même avoir un blackout, très brièvement. Quand il rouvrit les yeux, Naruto se redressait au-dessus de lui, et le couvrait d'un regard que Sasuke aurait pu prendre par mégarde pour un regard amoureux. Il n'était pas sûr qu'il ait compris son charabia inintelligible, mais peu importe. Son sexe reprenait déjà vie et, avant même qu'il ne pense à poser les yeux sur celui de Naruto, à qui il brûlait d'envie de retourner la faveur, des doigts se présentèrent à son intimité. Ils palpèrent l'anneau de chair et Sasuke se cambra de joie, dans l'attente. Tout son corps avait en mémoire la dernière fois, leur dernière étreinte… il était impatient de sentir en lui le sexe de Naruto. Sentir Naruto… et juste lui.
Naruto se pencha vers lui tout en mettant une première phalange. Il l'embrassa chastement d'abord, puis posa sa bouche près de son oreille.
- Retourne-toi, souffla-t-il d'une voix chaude et douce.
Toujours aussi ivre de désir et d'envie, Sasuke ne se le fit pas dire deux fois. Tremblant et obéissant, le corps transi de frissons et plus sensible que jamais, il se retourna sur les draps et s'allongea. Il n'adorait pas spécialement cette position. Après tout, n'ayant jamais eu totalement confiance en ses partenaires, il aimait observer le visage de celui avec qui il partageait une nuit. Mais avec Naruto, c'était bien différent. Bien sûr.
Bien vite, il sentit le torse chaud du blond couvrir son dos, son corps tout entier et il se sentit plus que jamais en sécurité, emmitouflé dans le cocon de ses bras. Encore plus certain que la dernière fois, Sasuke s'abandonna. Purement et simplement.
Il étouffa un cri de bonheur dans l'oreiller en sentant le membre gonflé de Naruto entrer en lui. Des mains lui écarta les fesses, les pelotant en même temps avec gourmandise, ne faisant qu'accroître le plaisir qu'il ressentait dans toutes les terminaisons nerveuses de son corps. Naruto se coucha sur lui, son torse large le couvrant entièrement, et posa des baisers tendres sur sa nuque et ses épaules. Puis, doucement d'abord, il se retira, presque complètement, et se rengaina avec force. Ses mouvements furent diablement lents et frustrants. Sasuke subissait les assauts méticuleusement contrôlés du blond, mais il savait que Naruto le faisait exprès. Il avait bien dit d'y aller en douceur, non ? Sasuke en était étourdi, il en voulait plus, mais en même temps, cette fâcheuse cadence le rendait fou, fou, fou… Et juste au moment où il crut venir, Naruto lui attrapa les hanches et stoppa tout mouvement, comme pour retarder le moment tant attendu.
- Espèce de… se plaignit-il, complètement soumis sur le lit. Putain, Naruto…
Naruto rit et l'embrassa sur la joue. Puis il se rengaina avec force et reprit un rythme plus rapide, plus fort. Il s'était relevé sur ses genoux et avait emporté le bassin de Sasuke contre lui, forçant le jeune homme à plier les jambes. De nouveau, la position, encore plus lascive et débauchée, semblait accentuer les sensations. Naruto se montra plus féroce, s'enfonçant en lui avec puissance, et le pilonnant sans merci, mais toujours avec cette même attention, cette technique dans sa dance sensuelle qui montrait qu'il se souciait de son plaisir avec le sien.
Comme la dernière fois, Sasuke crut voir les étoiles. Il se fichait complètement d'être ainsi martelé, abandonné dans les bras de son amant, plus soumis et docile que jamais… c'était juste merveilleux. Après de nombreux coups de butoir, toujours aussi puissants et longs et exquis, ils trouvèrent la jouissance ensemble, Sasuke le premier, et Naruto le rejoignant après s'être laissé allé dans le corps de son jeune amant. Ce dernier frissonnait inlassablement, tremblant à cause de l'orgasme. Une pellicule de sueur les couvrait tous les deux lorsqu'ils s'enlacèrent une fois le blond s'échouant aux côtés du brun. Sasuke ne pensa plus à rien. La présence de Naruto était un remède à tant de maux. Le blond faisait taire tous ses tourments et il accédait enfin au calme. Au calme plat… un lieu de son âme qu'il n'avait plus revisité depuis des années…
- Épuisé ? souffla Naruto en posant un baiser dans ses cheveux. Je suis encore bon pour un autre tour…
Sasuke sourit doucement, jetant un œil au sexe de Naruto qui était de nouveau dressé. Malgré lui, il se sentit rougir. Après toute l'énergie que le blond avait dépensé dans la journée durant sa séance d'entraînement, il avait encore ce genre d'endurance ? Il se sentit étourdi, d'un coup. Avec un amant pareil, il allait perdre les pédales… il allait mourir de plaisir ! Mais ce n'était pas pour lui déplaire, au contraire ! Ce fut donc avec un rictus que Sasuke leva la tête vers lui tout en tendant la main pour saisir son membre.
- T'es vraiment un… murmura-t-il.
- Un dieu du sexe ? s'amusa le blond, renvoyant Sasuke à l'un de ses propos qu'il avait déjà eu.
Sasuke le fixa avec un sourire embarrassé, les joues rosées, non seulement à cause de la gêne mais aussi à cause de la chaleur ambiante, qui émanait de leurs deux corps. Se sentant aventureux, Sasuke se lécha la lèvre du bas avant de caresser avec plus de fermeté le sexe de Naruto.
- Tu pourrais me garder éveiller pendant des heures, Sasuke…
Il gémit doucement. Sasuke adorait le fait que, plus précisément, c'était son attouchement qui faisait ainsi gémir le blond… alors il continua, et se donna à cœur joie de faire venir son amant. Mais Naruto avait beaucoup d'endurance.
- C'est à ça que tu veux jouer, hein ? s'amusa celui-ci.
Il lui attrapa une cuisse et amena Sasuke contre lui, glissant un autre bras autour de sa taille et l'incitant à monter à cheval sur lui. Naruto se plaça sur le dos tandis que Sasuke obtempéra et monta sur lui. Le sexe de Naruto frotta contre ses fesses et Sasuke pouvait de nouveau se sentir grossir à son tour. Il était épuisé, ils venaient de le faire et ça lui avait tout pris comme énergie… et pourtant son corps en redemandait. Il tremblait, il frissonnait, et plus que jamais, lorsque leurs regards se croisèrent, il sentit une réelle connexion.
Il se pencha et embrassa Naruto longuement sur la bouche, caressant son visage tendrement.
- Cette fois c'est moi qui commande, murmura-t-il.
Naruto lui retourna un rictus.
- À vos ordres, sergent… Je suis tout à toi.
Sasuke se plaça confortablement. Des mèches folles lui retombaient sur le visage, visage qui lui semblait être en feu. Naruto avait peut-être eu raison tout à l'heure, et peut-être que de la lave coursait dans ses veines, brûlant tout sur son passage… Il sentait ses joues aussi rouges et chaudes que le reste de son corps. Tout était en feu. Il songea brièvement qu'ils ne s'étaient pas protégés, mais bien vite, cette pensée fut éclipsée par son envie monstrueuse de continuer, toute la nuit…
Lentement, il se redressa, de manière à être au-dessus du membre bien dressé de Naruto. Ses jambes étaient faibles, il ne savait pas s'il allait tenir la cadence ainsi. Dans toutes ses relations passées, Sasuke avait toujours été le receveur, c'était ainsi qu'il aimait le sexe, alors il n'avait pas du tout l'habitude de contrôler les mouvements de va-et-vient, mais cette position lui donnait envie… et à lire l'expression de luxure sur la figure de Naruto, lui aussi !
Alors, maladroitement au début, il s'aligna et descendit sur le membre du blond. Aussitôt, il fut foudroyé. Par la douleur, par les sensations qui semblaient décuplées. Dans cette position, Naruto semblait avoir doublé de volume. Doublement douloureux, mais doublement bon. Il ferma les yeux et serra les cuisses, s'appuyant sur le torse du blond à deux mains. Il n'était même pas encore au complet, alors en retenant un bruyant gémissement, il s'installa jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il sente en lui le sexe de Naruto. C'était si différent, un simple changement d'angle… Il était complètement grisé, électrifié…
Naruto posa alors ses mains sur ses cuisses, glissant vers ses hanches et sa taille.
- Vas-y, dit-il. Je t'en prie, Sasuke, bouge…
Se soutenant avec ses jambes, il s'efforça de commencer de lents mouvements.
- Je… je ne suis pas…
- Chh, l'interrompit Naruto en l'accueillant dans ses bras lorsque Sasuke se laissa tomber vers l'avant, se collant à sa poitrine. Tu es parfait… Monte et redescend…
Après avoir échangé un baiser, Sasuke se redressa, droit comme un piquet. Sans lâcher le blond des yeux, et usant de tous les muscles de son corps, il se leva et s'abaissa, rencontrant le sexe du blond à chaque fois, qui le percutait au plus profond de ses entrailles. N'y pouvant plus, Naruto voulut se redresser mais Sasuke plaqua une main sur ses pectoraux et le força à demeurer sur ses coudes, et à subir. Sasuke leur offrit une danse délicieuse, pas aussi rapide que semblait le vouloir Naruto, mais à contempler son expression faciale, il était au septième ciel.
- Putain, Sas'ke… Sasuke…
Le jeune homme s'assura de terminer leurs ébats en bougeant plus vite et plus fort. Ses muscles étaient fatigués, jamais il n'avait été aussi fatigué à faire l'amour, aussi épuisé, mais c'était si bon. La sueur sur son corps, le sentiment de travailler intensément pour atteindre l'orgasme… D'ailleurs, Sasuke savait que ce moment tant attendu serait plus fort que le dernier. Il serait explosif !
Soudain, plus impatient que jamais, Naruto décida de prendre le relais. Ses bras puissants le propulsèrent en position assise et renversèrent Sasuke brusquement sur le lit. Naruto s'enfonça en lui pour lui offrir de fabuleuses dernières secondes de plaisir, et Sasuke ne put lutter plus longtemps. Naruto le fit crier, sa voix se répercutant sur les murs de sa chambre, et n'arrêta pas jusqu'à ce qu'ils atteignent ensemble, une seconde fois (une troisième ce soir pour Sasuke) un climax époustouflant.
Naruto s'effondra à ses côtés. Cette fois, ils étaient tous les deux à bout de souffle. Sasuke se perdit dans les yeux bleus…
- Encore ? sourit Naruto toutefois.
- Tu veux me tuer ou quoi ? s'exclama Sasuke. Je crois que je pourrai plus bouger pendant tout le reste du weekend…
Le blond éclata de rire, puis vint poser une main large sur son ventre pour l'attirer encore plus vers lui.
Sasuke le contempla en silence dans l'obscurité. Ils respirèrent ensemble, yeux dans les yeux.
- Quoi ? souffla Naruto au bout d'un moment.
Sasuke ne répondit rien. Il ne fit que lever une main qu'il vint poser sur le visage du blond.
- Rien, je…
Il ravala sa salive.
- Tu es si beau…
Naruto eut un tendre sourire à l'entente de ce mignon compliment. Sasuke sentit ses paupières s'alourdir.
- Je crois que tu es fatigué, chuchota Naruto en lui embrassant le front.
Sasuke ferma les yeux lentement. Il eut un instant peur de sentir le blond s'éloigner, mais Naruto ne s'était redressé que pour aller chercher la couverture. Il s'installa ensuite confortablement dans le lit et l'attira dans ses bras forts. Sasuke se blottit avec joie et ne tarda pas à s'endormir, sombrant rapidement dans un sommeil sans rêves, inconscient que la nuit était bien loin d'être terminée…
Il faisait nuit noire. Sasuke, qui dormait profondément, fut réveillé par la vibration de son téléphone. Le jeune sergent demeura longuement inconscient de l'urgence de l'appel, de l'appareil qui continua à vibrer incessamment. Alangui sous les couvertures, il finit par ouvrir un œil paresseux après plusieurs minutes. Prenant conscience de son téléphone qui continuait de vibrer, Sasuke lâcha un grognement. Il étira le bras et l'attrapa, réalisant par le fait même que Naruto n'était plus à ses côtés.
- Putain, c'est qui, à une heure pareille ? gronda-t-il en posant le portable sur son oreille.
La voix s'éleva, claire et certaine.
- Sasuke, c'est moi, s'annonça Sasori, plus sérieux que jamais.
- C'est quoi ton problème, putain de merde…
Assis au milieu des draps, Sasuke se frotta un œil, encore à moitié endormi, et toujours complètement nu.
- Toutes mes excuses, princesse, ironisa Sasori. C'est toi qui m'as demandé de faire des recherches sur l'autre blondinet, non ?
Sasuke ravala sa salive.
Eh bien pour un retour à la réalité, celui-là était plutôt brutal. Comme une douche froide.
Il se redressa et jeta un regard dans sa chambre. Il régnait une noirceur opaque, mais Naruto n'était nulle part en vue.
- Ça pouvait pas attendre au matin ?
- Crois-moi, ça ne peut pas.
Sasuke ignora le mauvais pressentiment qui l'assaillit. Après avoir fait l'amour avec le blond de manière si abandonnée et si passionnée, il n'avait plus les idées aussi claires.
- Je t'écoute…
- Tiens-toi bien, Sasuke.
Tout s'effondra avec les prochains mots de Sasori :
- Naruto fait partie de l'Akatsuki. Il est avec eux.
Un sentiment glacial couvrit Sasuke comme s'il venait de traverser un blizzard sans aucune protection. Sa gorge s'assécha, son ventre se creusa, un profond vertige s'empara de lui et il crut défaillir. Sa respiration s'accéléra. Il entendit Sasori répéter son nom dans le combiné mais Sasuke ne l'entendait plus – tout ce qu'il entendait, c'étaient les pas de Naruto qui, quelque part dans son appartement, lui semblaient soudain très bruyants. Il s'était sûrement levé pour aller boire un peu d'eau ou alors pour grignoter quelque chose…
- Sasuke ! T'es là ? T'as entendu ce que je t'ai dit ?
Le jeune sergent bondit sur ses pieds, son instinct prenant le dessus, et le reste de son corps luttant pour écarter la douleur criarde qu'il ressentait pourtant au fond du cœur.
Logeant le téléphone entre son oreille et son épaule, Sasuke entreprit de s'habiller avec le plus grand silence.
- T'en es sûr ?
- Quelqu'un vient de me le confirmer.
- Qui ?
- Une source. Très fiable.
- Vraiment ? cracha Sasuke, sarcastique.
- Écoute Sasuke, tu m'as demandé de fouiller, c'est ce que j'ai fait ! Et fais gaffe, apparemment, ce mec est un membre haut placé. Un certain Kyubi, en tout cas c'est comme ça qu'il se fait appeler… J'ai vu une photo.
Cette nouvelle information le rendit malade. Nauséeux, Sasuke raccrocha brusquement sans même dire au revoir au rouquin. Il laissa tomber son portable de ses mains tremblantes. Trop sonné pour le ramasser, il demeura immobile un instant. Il crut, soudain, être la proie d'une crise de panique. Il s'affaira à respirer profondément et garder son sang-froid, mais c'était comme si sa poitrine était devenue trop petite pour son cœur qui pompait trop vite et trop fort. L'air lui manquait…. Il se sentit stupide de ne pas être resté de marbre, de ne pas avoir réussi à… Alors maintenant il allait devoir faire preuve de maîtrise de soi…
Le parquet du salon craqua, un bruit discret, mais qui n'échappa nullement à Sasuke. Il se jeta sur sa table de nuit, tremblant, où il avait laissé son arme et écouta les pas de Naruto revenir vers la chambre.
Son cœur détonnait avec force. C'était un cauchemar, un cauchemar…
Non, Sasuke, se força-t-il à penser. C'est la réalité. Réveille-toi !
Cet affreux sentiment… cette douleur qu'il ressentait… elle était logée dans sa chaire. Ça faisait si mal, il avait de la difficulté à penser correctement. Il n'arrivait pas à chasser de son esprit la terrible vérité : cette lame à double tranchant qu'il s'était lui-même enfoncée dans le cœur en se laissant piéger par Naruto Uzumaki.
Sasuke écouta minutieusement les pas s'approcher. Alors, quand Naruto entra dans sa chambre, il fut prêt. Comme il le faisait souvent dans une altercation, il se positionna rapidement et, malgré la pénombre de sa chambre, à peine éclairée par les lueurs provenant de l'extérieur, pointa son revolver à deux mains tout droit sur Naruto.
Ce dernier s'arrêta, ses yeux s'écarquillant en constatant ce qu'il avait devant lui, clignant plusieurs fois des paupières comme s'il croyait être en train de rêver.
Sasuke remarqua qu'il avait enfilé le pantalon léger qu'il portait plus tôt. Il avait en main un verre d'eau, son torse nu n'avait plus l'effet qu'il avait sur Sasuke. Le jeune sergent ne bougea pas, debout et imperturbable, l'arme pointée sur le criminel. Volcan en éruption, il était redevenu l'iceberg dérivant sur un océan glacé. Perdu, dérivant, sans trouver le rivage… il s'accrochait à son arme pour ne pas couler.
Sous le choc, Naruto finit par relever les yeux du pistolet pointé sur lui. Il leva une main devant lui.
- Baisse ton arme, dit-il calmement.
Sasuke, en proie à une colère sourde et monstrueuse, demeura aussi raide et immobile que possible. Son doigt était à quelques centimètres de la gâchette…
- Sasuke, baisse ton arme, répéta Naruto.
- Pour que tu me plantes un couteau dans le dos ? s'écria Sasuke d'une voix sombre et pleine de haine.
- Je ne sais pas ce qui te prend, ce que tu… penses avoir découvert, continua le blond. Mais je peux t'expliquer. Alors baisse ton arme, s'il te plaît.
- Parle, ordonna Sasuke, le souffle court et une sueur froide glissant sur sa tempe.
Naruto le fixa sans sourciller. Il ne semblait pas alarmé plus qu'il ne le fallait par le fait que Sasuke braquait son arme sur lui.
- Ne fais pas une bêtise que tu regretterais, continua Naruto.
- Ne me dis pas quoi faire, Naruto, menaça lentement Sasuke, la rage le possédant comme un poison. Ou devrais-je dire Kyubi ?
Naruto se figea enfin, comme pris en flagrant délit. Sasuke garda les bras levés, le revolver dirigé vers lui, mais ne manqua pas de remarquer le langage non-verbal du blond face à lui.
- Qui t'a dit ça ? demanda enfin Naruto.
- Une source, souffla-t-il. Maintenant explique-toi avant que je t'éclate la cervelle !
Naruto serra la mâchoire. Il se pencha pour poser le verre d'eau et Sasuke serra ses mains davantage sur son arme.
- Ça ne devait pas en arriver là, bordel… se plaignit Naruto. Mais j'imagine que ça ne pouvait pas durer.
- Quoi ?
- Putain, Sasuke, je suis pas un membre de l'Akatsuki ! Et si la vérité doit vraiment être révélée au grand jour, eh bien la voilà…
Sasuke sentit à nouveau sa respiration s'accélérer.
- Je suis un flic, Sasuke ! Comme toi !
Ses jambes devinrent flageolantes. Son esprit était en ébullition. Tout tournait beaucoup trop vite…
- Si tu mens…
- Je ne mens pas ! s'écria Naruto. Si tu baisses ce putain de pistolet, je pourrai aller chercher mon badge et te le montrer !
Sasuke abaissa finalement les bras, mais ses mains demeuraient raides autour du revolver. La tension sembla s'abattre d'un coup. Naruto se détendit, et le regarda avec de grands yeux choqués, démasqués, pris au dépourvu. Il paraissait plus troublé du fait que sa couverture venait de tomber que d'avoir été à deux doigts d'être tiré à bout portant. L'aurait-il fait ? Sasuke n'en était pas sûr – et cette constatation l'effrayait au plus haut point.
Un flic.
Naruto était un flic. Mais alors pourquoi cette source avait raconté à Sasori qu'il était un membre de l'Akatsuki ?
- J'ignore où ta source a pris son info…
Sasuke ne l'entendait à peine. C'était comme si le son ambiant s'était atténué. Tout ce qu'il captait, c'était le bruit répercutant que son cœur provoquait en cognant dans sa cage thoracique.
- Tu t'es bien fichu de moi, murmura-t-il.
- Quoi ? répondit Naruto, presque peiné.
- Comment… qu'est-ce que… t'es quoi, un infiltré ? Depuis le début, tu me fais un numéro, c'est ça ?
- Sasuke, laisse-moi t'expliquer, je t'en prie… le supplia Naruto.
Brusquement, Sasuke se remémora sa conversation avec Kakashi.
- T'es avec les services secrets ? Tu travailles sur le dossier d'Itachi et tu… tu t'es rapproché de moi pour…
Le reste allait sortir comme du venin, alors Sasuke se tut, scella ses lèvres et se terra dans un silence douloureux. Ils venaient de faire l'amour. Qu'est-ce que ça voulait dire pour lui ? Est-ce que ça n'avait été qu'un jeu ?
Naruto le fixait avec une expression horrifiée – comme si tout ce qu'il racontait était un gros bobard, mais pourtant une lueur de culpabilité éclairait son regard, elle était impossible à rater. Le cœur de Sasuke reçut le coup ultime.
- J'arrive pas à le croire ! cracha-t-il. Comment j'ai pu être aussi stupide !
Il attrapa une veste et se retourna pour foncer hors de la chambre. Naruto lui barra la route, une main venant lui attraper le bras.
- Sasuke…
- Ne t'avise surtout pas de me toucher ! cria Sasuke en le plaquant violemment au mur.
- Sasuke, écoute-moi, s'il te plaît ! tenta le blond en le poursuivant dans le couloir. Sasuke… !
Mais Sasuke, comme s'il était pourchassé par un esprit démoniaque, finit par s'enfuir de son appartement à la course. Une fois dehors, le froid hivernal lui mordit la peau, et glaça les traces humides de ses larmes. Ce fut le coup de grâce. Des putains de larmes… alors qu'il n'avait plus pleuré depuis la mort d'Itachi… alors que rien ne l'avait touché depuis ce jour-là. Rien n'avait traversé sa poitrine, ni escaladé le haut mur de pierre qu'il avait érigé… et le voilà qui pleurait parce qu'il… parce que quoi ? Parce qu'un mec avait joué avec ses sentiments ? Il était quoi au juste, une pauvre petite adolescente naïve qui avait cru, l'espace d'un court instant, à l'amour ? Vraiment ?
Sasuke tourna le coin de la rue, s'éloignant de son appartement le plus possible. Il fallait qu'il pense. Qu'il réfléchisse correctement. Il était sergent-détective pour l'amour du ciel ! C'était son travail de déceler chaque mensonge, de déterrer les indices cachés et de reconstituer tous les événements afin de découvrir la vérité. Mais la vérité ne tenait pas : pourquoi quelqu'un aurait confirmé à Sasori que Naruto était un membre de l'Akatsuki, si Naruto était prêt à lui montrer son badge ? Il était quoi, un double agent ? Un criminel qui avait trouvé le moyen d'infiltrer la police ? Non, aucune chance… Alors un policier qui avait infiltré l'organisation criminelle ? Est-ce que c'était sur ce genre d'opération qu'Itachi travaillait ? Naruto avait-il été un allié ? Lui avait-il menti en plus au sujet de son frère ? Il mentait depuis le début ?
Sasuke était capable de penser à autre chose qu'à leur relation. Leurs moments passés, leurs ébats enflammés, passionnels. Naruto en avait bien profité. Il s'était rapproché de lui depuis son arrivée au poste. Et maintenant, Sasuke était là, blessé, en colère, et…
Tout d'un coup, Sasuke ressentit une présence derrière lui. Il n'eut cependant pas le temps de se retourner qu'une main se plaquait sur son visage par derrière et des mains l'accostaient avec force. Il voulut se débattre, mais la main contre sa bouche tenait un linge imprégné d'une substance illicite qui le fit s'évanouir rapidement dans les bras de ses ravisseurs.
Le revolver du sergent tomba sur le trottoir, et l'un des hommes donna un coup de pied dessus afin de le faire disparaître sous une voiture garée là.
A Suivre...
Salut ! Hehehe, vous m'en voulez d'arrêter là ? x) Je vous avais promis un chapitre plus explosif, et le voilà ! L'action commence véritablement, et d'ailleurs cette scène entre Naruto et Sasuke, est précisément la scène que j'avais en tête avant même de commencer cette fic... et celle où le titre prend tout son sens. "Double Tranchant".
Dites-moi ce que vous en pensez ! Bonne année encore et pour ce qu'il me reste de mes vacances, je continue à écrire ;)
Tch0upi
