Gabriel

Chapitre: 17/24

Comme promis le deuxième chapitre de la journée!

Chapitre 16 : Réconfort

Draco fut stoppé dans son élan par une main sur son bras et se retourna pour faire face à Gabriel qui abordait un regard inquiet et peiné. Zahran apparut ensuite dans son champ de vision, lui aussi avait suivi Draco lorsque celui-ci avait quitté la table des professeurs, il ne fut guère surpris de le voir en compagnie de Gabriel.

-Tu vas voir Harry ?

-Oui, je vais chez lui, il doit être rentré normalement.

-Il n'a pas répondu à mes appels hier, commenta Gabriel.

Harry n'ignorait jamais ses appels et le rappelait habituellement dans la seconde. Ni à ses textes d'ailleurs. Gabriel ne le prenait pas pour lui, mais il était inquiet. Lui-même était secoué.

-Je sais, il n'allait pas très bien hier et je pense qu'il a été au lit tôt. Je n'ai pas eu de nouvelles aujourd'hui. Ça ne fait que 3 semaines mais il n'a pas l'air d'aller mieux.

-D'accord, tu pourras juste lui donner ça de ma part ? Demanda Gabriel en tendant une enveloppe à Draco qui s'en saisit.

-Et dis-lui qu'on pense à lui, rajouta Zahran.

-Je le lui dirai, aller vous reposez vous deux, vous en avez besoin l'un comme l'autre.

-Tu sais s'il va venir demain ?

-Gabriel, il n'a jamais loupé une de ses visites pour ta grossesse et ça n'arrivera pas maintenant.

Le professeur de potions reprit, après avoir rassuré Gabriel, sa marche jusqu'à ses appartements et se dirigea directement vers la cheminée pour aller chez Harry.

Draco dans un salon vide aux lumières éteintes. Il traversa la pièce et remonta le couloir jusqu'à la chambre d'Harry. Il trouva la porte ouverte et d'où des lumières et des voix s'échappèrent. Il s'approcha de la porte et reconnut la voix d'Hermione beaucoup plus douce qu'habituellement.

-Harry, je sais que c'est dur mais ne te laisse pas abattre.

-...Je pense que c'est une punition.

-Une punition pour quoi, être une personne formidable ?

-Pour avoir simulé une fausse couche quand j'étais plus jeune. Et comment j'ai pu être assez bête pour oublier de prendre ma potion en premier lieu, je suis obstétrimage et je fais de la prévention contre ce genre de chose. Je suis complètement crétin...

-Tu as passé une semaine stressante et chargée ça arrive à tout le monde, Harry. Et vouv venez de vous retrouver avec Draco, évidemment que tu es dans la lune. Que t'as dit ta psy ?

-...que ce n'était pas de ma faute et que les fausses couches sont malheureusement plus courantes qu'on ne le pense. Comme si je ne le savais pas...

Draco poussa doucement la porte de la chambre pour faire savoir sa présence et sourit à Hermione qui prit congé après avoir embrassé la tempe de son frère de cœur. Draco s'appuya contre le chambranle de la porte en s'écartant pour laisser la brune passer avant de regarder Harry qui le fixait sans bouger. Il était allongé sur son lit comme souvent depuis 3 semaines. Il avait eu un arrêt maladie de 5 jours et dont 48 heures d'hospitalisation. Il avait repris le travail comme si de rien était et tentait de donner le change malgré le poids sur son cœur.

-Salut.

-Salut...

-Comment ça va aujourd'hui ?

Mais le reste du temps, il restait dans son lit avec Châtaigne qui ne quittait pas son maître d'une semelle. Harry avait recommencé à voir sa psychomage lorsqu'il sentit que sa dépression refaisait surface, le frappant de plein fouet.

-Gabriel a essayé de t'appeler.

-Oui, j'ai...oublié de le rappeler, je le vois demain de toute façon.

Draco se détacha enfin de l'encadrement de la porte et se dirigea vers le lit. Il enleva sa veste et se glissa derrière son petit ami. Il enserra ensuite ses hanches et colla son torse contre le dos d'Harry qui soupira de bien-être.

Ce dernier détestait se montrer aussi faible mais avait énormément de mal à refaire surface. Il avait l'impression de voir le monde avec un voile de gris. Il avait perdu quelque chose cette nuit-là qu'il ne pensait même pas vouloir.

C'était ça le truc, il n'avait jamais pensé à avoir un autre enfant. Il n'y avait même pas réfléchi. Sa grossesse avait été un tel traumatisme sur plusieurs plans qu'il ne pensait même pas vouloir... Mais entendre de la bouche d'un médecin qu'il avait perdu un bébé l'avait littéralement terrassé. Son souffle s'était coupé et ses oreilles avaient sifflé alors que le monde avait semblé trembler sous ses pieds et le visage surpris et défait de Draco n'avait pas aidé. Le blond avait été adorable avec lui comprenant la situation et était au petit soin depuis trois semaines. Harry avait juste besoin de se reprendre en main il le savait, mais Merlin ce que c'était dur. Il sentit sa gorge se serrer mais refusa de laisser couler une seule larme de plus. Il savait que sinon il ne s'arrêterait plus avant le lendemain.

Une paire de lèvres déposa un baiser léger sur sa nuque. Les mains de Draco se déplacèrent sur son ventre pour attraper sa main qui y avait élu domicile et entrecroisa leurs doigts ensemble.

-Je m'inquiète pour toi. Je pensais venir ce week-end, si ça ne te dérange pas.

-Tu sais bien que tu ne me déranges pas. Je sais que je vous inquiète, j'en suis bien conscient et j'en suis désolé. J'ai juste besoin d'accuser le coup. C'est juste de savoir que j'avais... enfin..., Harry ne trouva pas les mots mais Draco les trouva pour lui.

-Que tu attendais un bébé, notre bébé, encore et qu'on l'a perdu avant même de savoir qu'il était une possibilité.

Harry ne répondit pas mais la pression qu'il sentit sur ses doigts lui prouva la véracité de ses propos s'il avait un doute.

-Je sais que c'est stupide ça fait quoi trois mois qu'on est ensemble ? Et avec notre passif, je ne sais même pas si tu..., le brun s'interrompit mais un silence flotta entre eux quelques secondes.

Le silence s'étira tandis que le blond semblait réfléchir à sa réponse, s'il avait bien appris une chose de leur première séparation c'est qu'il fallait parfois réfléchir avant de parler.

-J'en aurais voulu avec toi, j'aurais assumé. On a plus de trente ans, on est des adultes. Et on est ensemble. Depuis peu certes, mais on se connait depuis longtemps, alors oui. On aurait eu ce bébé tous les deux. Je suis désolé, Harry. Écoute la prochaine fois, ça sera voulu, ça sera décidé. On fera attention. On ne laissera plus ça se reproduire.

Harry se figea contre lui avant de se retourner. Sans le savoir, le blond avait soulevé une des préoccupations du brun. L'annonce de sa fausse couche avait semblé être une sentence, une condamnation. Une chappe de plomb s'était logée dans son estomac et y resta accrochée. Du moins était-ce le cas jusqu'au dernières paroles du blond parce qu'elles lui avaient offert un avenir possible. Ils n'avaient jamais parlé d'un possible enfant ensemble. Et pour cause ils étaient à nouveau ensemble depuis très peu de temps. Du reste, bien qu'Harry ait compris les sentiments du blond à son écart ce dernier était incapable de les verbaliser clairement. Alors parler d'un avenir, d'une famille...Harry avait étouffé dans l'œuf toute tentative de son cerveau à se projeter avec Draco dans un futur plus ou moins loin. La première fois cela lui avait joué des tours. Oui, Draco avait changé et était devenu un adulte mature et responsable mais Harry ne pouvait pas savoir si le jeune Draco de 18 ans qui lui avait brisé le cœur avait vraiment disparu.

-Tu veux dire que...

-Que...quand on sera prêt, tu arrêteras de prendre ta potion, on réfléchira à la meilleure façon d'avoir un enfant ensemble.

Harry hallucinait. Draco Malfoy était en train de lui dire qu'il voulait non seulement faire sa vie avec lui mais qu'avoir un enfant ensemble était du domaine du possible.

-Pas tout de suite, mais plus tard. Et cette fois ça sera un choix, et on le voudra tous les deux.

-Tu le penses vraiment ?

-Je n'ai pas l'habitude de dire des choses que je ne pense pas Harry.

Le blond sentit plus qu'il ne vit Harry se retourner dans ses bras pour se trouver face à lui et capturer ses lèvres comme il ne l'avait plus fait depuis un moment. Cela faisait trois semaines que le premier geste n'était pas venu d'Harry. Le blond répondit au baiser et savoura à sa juste valeur cet échange entre eux. Il dévora ses lèvres et accueillit la langue timide qui vint caresser la sienne. Il fit glisser ses mains dans le dos du brun pour le rapprocher et pendant quelques minutes tout autour d'eux cessa d'exister. Il n'y avait qu'eux, Harry et Draco qui s'aimaient, et qui s'embrassaient à en perdre haleine. L'un faisait comme l'autre, tentait de faire passer ses sentiments pour l'autre dans chaque caresse, Draco aurait pu continuer des heures à se repaître des lèvres roses qui glissaient sur les siennes, mais une main glissant sous sa chemise brisa ce moment de pure langueur innocente faisant grimper la température de la pièce.

-Tu veux bien, maintenant ?

-Tout ce que tu veux.

Harry ramena Draco au-dessus de lui

-Alors aime-moi, Draco.

OoOoO

Cher Harry,

Je n'imagine pas ce que tu dois vivre en ce moment et peut-être que ma lettre ne te fera que plus de mal mais je tenais à te dire certaines choses.

Tu es un bon papa et si cet enfant était venu au monde il aurait eu de la chance de t'avoir pour père. Notre relation père-fils est encore naissante et frémissante par sa nouveauté. Pourtant malgré notre rencontre assez récente, tu n'as toujours eu pour moi que des mots d'amour et des attentions qui m'ont prouvé si j'en doutais encore après notre première discussion que tu m'aimais.

Je sais ce que tu dois penser parce que je commence à te connaitre un peu.

Tu crois que c'est ta faute, hein ? Que tu le mérites, pour m'avoir fait adopter.

Eh bien tu as tort. Malgré ton passé, ta famille et ta vie compliquée tu n'as jamais perdu ta capacité à aimer et ça, c'est ce qui fait l'essence d'un bon parent, tu me l'as dit toi-même. Cet amour qui t'a conduit à placer ta vie entre parenthèse lorsque tu me portais pour me mettre au monde et me trouver une famille aimante et stable. Ce même amour que tu portes à Draco et qui se ressent dans chaque parole et regard que tu as pour lui. Ce même amour que tu portes à Hermione, Ron, Charlie et toutes les personnes qui compte dans ta vie.

Mais est-ce que tu réalises que ton amour t'est rendu ? Par Draco, Hermione et tous les autres.

Et par moi, ton fils. Qui t'aime plus qu'il n'avait pensé pouvoir le faire un jour.

Ce jour-là devant ta porte je ne m'attendais pas à ce que tu me prennes dans tes bras et m'abreuves de cet amour que je ne savais même pas attendre. Quand j'étais petit quand j'ai appris que j'étais adopté une part pensait toujours que je ne méritais pas ton amour et que tu ne m'aimais pas, que je n'étais qu'un fardeau depuis le jour de ma naissance. Je ne l'ai jamais dit à mes parents parce que je ne voulais pas leur faire de la peine. J'avais déjà ma famille et ça me suffisait.

Mais savoir que mon père biologique aussi m'aimait m'a rempli d'un bonheur immense et a comblé les morceaux de vide de mon cœur.

Alors si tu avais eu cet enfant, il aurait été heureux et aurait eu de la chance.

Bon je vais m'arrêter là, je pense que tu as compris ce que je voulais te dire.

Je t'aime papa.

Gaby.

OoOoOo

Zahran regarda l'horloge qui se situait au mur du petit salon de son appartement de professeur. Il était minuit passé, mais il avait fini ses corrections. Le travail de professeur était éreintant. Oh, bien sûr il adorait son métier et ses élèves. Mais cela restait fatiguant. Il avait choisi de faire des études dans le professorat parce que c'est qu'il voulait faire, l'enseignement lui coulait dans les veines. Lors de sa première année de stage à Poudlard la grande école de magie, il en avait été sûr dès ses premiers cours. Il avait eu son diplôme avec les félicitations du jury. Il adorait enseigner l'histoire de son pays et de ses origines aux futures générations.

Il se rappelait la première fois qu'un élève de troisième année était venu le voir pour le remercier d'avoir enfin rendu les cours d'Histoire de la magie clairs. Ce même élève qui avait manqué de pleurer lorsqu'il avait reçu son premier optimal lui qui avait eu des notes au ras des pâquerettes toute sa scolarité. Il avait passé sa titularisation l'an dernier et avait été fier de son parcours.

Tout ça il le savait, c'était grâce à ses parents qui l'avaient toujours soutenu et accepté comme il était. Sa mère qui avait défié le patriarche familial pour l'élever.

Une main sur son épaule le fit sursauta et il leva les yeux surpris vers Gabriel qui avait pourtant été au lit 3 heures plus tôt. Il s'écarta de la table pour laisser Gabriel s'asseoir sur ses genoux. Il passa une main dans son dos pour qu'il puisse s'installer confortablement.

-Qu'est-ce qui se passe chéri, je t'ai réveillé ?

-Non, je n'arrivais pas à dormir. Et puis tu prenais du temps, je n'aime pas dormir sans toi. Le bébé, non plus! Il se sent seul.

Zahran eut un sourire en coin face au sourire de canaille qu'arborait Gabriel apparemment fier de sa répartie.

-Oh voyez-vous ça ? Le bébé se sentait seul. J'allais venir dans une petite minute.

L'elfe embrassa la main de Gabriel qui glissa ses mains sur ses joues pour le prendre en coupe et embrasser les lèvres pulpeuses. Gabriel adorait la peau brune de son compagnon, le contraste avec ses cheveux auburn le rendait sexy au possible. Du reste, ses muscles bien souvent laissés visibles par les tenues elfiques assez près du corps qu'abordait Zahran n'arrangeaient rien. Ou plutôt, cela l'arrangeait bien. Sa peau à lui était pâle hérité de son père blond tout comme ses yeux gris orage et ses cheveux eux étaient la marque de fabrique des Potter d'après ce qu'il avait cru comprendre des photos qu'Harry lui avait montrées pendant les vacances. Gabriel n'avait jamais été musclé au sens propre du terme mais il avait toujours une corpulence fine.

Enfin, il n'était plus vraiment...fin. En fait il se faisait plus l'impression de devenir une grosse baleine obèse. Harry lui avait dit qu'après le quatrième mois, il aurait l'impression de grossir très vite, ce qui était une bonne chose, cela signifiait que son bébé se développait bien. Il n'en demeurait pas moins gros, mais il le vivait mieux. Sa petite fille.

-Alors, on reste sur quel prénom ? Ariel ? Alia ?

-Gabriel ça te détrangerait si son deuxième nom était elfique ? Je voudrais vraiment qu'elle connaisse les traditions elfiques, demanda Zahran alors que Gabriel souriait contre ses lèvres.

-Parce que tu pensais que ça ne me semblait pas évident. On aurait même pu lui donner un prénom elfique en premier prénom tant que ça nous plait. On n'en a pas vraiment reparlé depuis la dernière fois et puis maintenant on sait que c'est une fille.

-C'est vrai ?

-Bah oui, pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant si tu en avais envie ?

-Je ne sais pas, je n'osais pas, j'ai déjà l'impression de t'imposer cette grossesse, alors que...

L'elfe fut interrompu dans ses explications par une paire de lèvres douces.

-Zahran. Il faut que tu arrêtes de raconter des bêtises. On l'a fait à deux et on va l'avoir à deux ce bébé. Alors oui, je suis jeune, ON est jeune. Mais je sais qu'on peut le faire. Je t'aime, tu le sais ça ?

-Oui. Et je t'aime aussi.

-Tu avais pensé à quels prénoms, dis-moi tout ?

-Quand j'étais petit j'avais une voisine qui s'appelait Galadrielle, j'aimais bien. Je trouve ça doux et fort comme prénom. Et puis j'aime bien le prénom Galadrielle... il signifie "Jeune fille couronnée d'une guirlande radieuse"

-J'aime beaucoup. Moi, dans le livre des prénoms que m'a prêté Harry, je suis tombé sur Maëlie. Je trouvais ça beau

-Maëlie... Maëlie Morel Audragon.

-Maëlie Galadrielle Morel Audragon.

-C'est beau.

-Comme toi ! Affirma Zahran en déposant un bisou sur le nez du petit brun qui rougit.

Gabriel se leva enfin autant pour aller se coucher que pour échapper au compliment de Zahran.

-Je vais me coucher, tu viens ?

-Je vais me brosser les dents. Vas-y, j'arrive.

Gabriel quitta le salon pour la chambre et s'allongea enfin terrassé par une fatigue soudaine. Il attendit le retour de son compagnon allongé sur le côté, seule position qui ne lui martyrisait pas le dos. Il n'attendit que quelques minutes avant que Zahran ne se glisse à son tour dans le lit en bas de pyjama.

Le jeune homme repensait à Harry et espérait qu'il avait lu sa lettre. Il détestait savoir Harry aussi triste. Zahran le rapprocha de lui et le petit brun plongea son nez dans son cou.

-Tu crois qu'Harry va bien ?

-Il est avec Draco.

-Ça ne répond pas à ma question...

-Écoute Gabriel, si ça t'était arrivé, je...Hey, pourquoi tu pleures, pardon, excuse-moi c'était maladroit. Gaby, chéri, regarde-moi. Harry va s'en remettre même si c'est douloureux.

Non. Gabriel ne voulait même pas l'imaginer. S'il avait perdu son bébé...Juste la pensée lui donnait envie de vomir et de se rouler en boule.

-Gaby...

-Ça va...C'est les hormones, je suis fatigué et il est tard.

-Quand on le verra demain on lui fera des gros câlins d'accord ?

-D'accord. Moi d'abord, marmonna ensuite Gabriel d'une voix mouillée quelques instants après, s'attirant un petit rire de Zahran.

-Évidemment.

Là seulement Gabriel put enfin s'endormir l'esprit un peu plus tranquille réchauffé par la chaleur de Zahran et de la couverture qui les entourait.

OoOoO

Quand Draco ouvrit les yeux, Harry n'était pas dans le lit. Il se leva et enfila ses vêtements qui trainaient par terre, éparpillés au pied du lit. Châtaigne dormait dans un coin de la chambre aussi fit-il attention en sortant de la chambre à ne pas réveiller la chienne. Il traversa le couloir jusqu'au salon et trouva Harry assis devant le canaper les épaules tremblantes. En s'approchant il aperçut la lettre de Gabriel, ouverte, à côté d'Harry et la prit pour la lire rapidement. Il s'assit ensuite à côté du brun et celui-ci se blottit contre lui cherchant sa chaleur et son réconfort.

Draco tout comme Harry ne s'attendait pas à cette grossesse accidentelle et à son issue fatale. Pour dire la vérité depuis qu'il avait retrouvé Harry et qu'il avait rencontré Gabriel, il voulait cette famille. Une famille avec Harry. Une famille qu'il avait détruite avant même qu'elle n'existe du haut de ses dix-huit ans. Alors oui, dans son appartement professoral lorsque personne ne l'observait, il lui était arrivé d'y penser à un avenir avec Harry et à des enfants peut-être, si Harry voulait bien. Évidemment, il ne l'avait pas dit à Harry, leur relation était trop récente.

Alors Draco avait accusé le coup comme Harry. Quand il l'avait vu s'effondrer dans ses bras, la panique qui avait couru dans ses veines l'avait pétrifié. Arrivés à Sainte-Mangouste, les médicomages s'étaient agités autour d'eux et avaient pris le brun en charge immédiatement. Draco les avait regardés impuissant faire une batterie de tests sur le corps inerte avant de se faire envoyer dans la salle d'attente. Quand il avait été autorisé dans la chambre à nouveau, Harry dormait encore. Sa présence avait coïncidé au réveil d'Harry, il était donc présent quand le diagnostic était tombé.

Il avait essayé de garder un visage neutre mais au vu de la réaction d'Harry lorsqu'il avait croisé son regard, ce fût un échec total.

Le blond soupira et regarda le plafond tandis qu'il cherchait les mots pour réconforter Harry. Il n'avait jamais été doué pour réconforter les gens. Longtemps il avait même été celui qui les blessait.

Il détestait voir Harry se faire du mal et s'engluer dans une dépression.

-Il faut que tu arrêtes de culpabiliser pour ça Harry. C'est la faute à pas de chance c'est tout. Il faut que tu arrêtes de t'en vouloir pour tout, tout le temps. Bon c'est mignon, ça fait partie de ton charme et c'est pour ça que je t'aime, mais il faut arrêter là.

Harry se redressa et s'éloigna de Draco en le regardant choqué. La surprise avait séché les dernières larmes qui roulaient sur ses joues.

-Tu viens de dire que tu m'aimais, prononça Harry lentement comme s'il peinait à croire à son propre énoncé.

-Non, je n'ai jamais dit ça, il faut que tu te laves les oreilles, affirma Draco en détournant le regard.

-Si tu l'as dit ! Réfuta Harry avec véhémence.

-Peut être que je l'ai dit... Et peut-être que je le pensais aussi, avoua Draco du bout des lèvres les yeux toujours fuyants.

Harry attrapa le visage de Draco et colla leur front ensemble en souriant.

Bordel, Draco Malfoy venait de dire qu'il l'aimait.

Le monde semblait moins gris.

A suivre...

Et oui plusieurs avaient deviné qu'Harry faisait une fausse couche! Vous êtes de bons détectives ( où vous avez lu beaucoup de fanfiction XD )! A la semaine prochaine!