Chapitre 17 :
La cérémonie de fiançailles avait été somptueuse, bien plus impressionnante que ce à quoi Draco s'attendait pour une célébration faite dans une propriété Londubat.
Leur fortune n'était peut-être pas à la hauteur de celle des Malfoy, mais Augusta Londubat ne lésina ni sur la qualité des mets et de la décoration, ni sur celle des invités. Toute la haute bourgeoisie de Grande-Bretagne était présente pour célébrer son union, comme si son père n'était pas en prison et sa famille en disgrâce, comme si Draco était toujours un bon parti pour Neville.
Sa mère lui avait tout de même fait l'honneur d'une apparition au moment de l'échange des vœux, même si elle ne s'était pas attardée. Draco savait qu'elle était principalement venue pour sauver sa propre réputation, mais sa présence lui fit tout de même plaisir.
Pansy aussi été venue, plus fière et grandiose que jamais, dans une somptueuse robe de soirée sertie de bijoux. Elle embrassa Draco sur la joue en le félicitant comme s'ils ne s'étaient jamais affrontés dans le bureau d'Ombrage et qu'ils étaient les meilleurs amis du monde. Gregory et Blaise aussi été là, mais pas Vincent. Son père avait été arrêté en même temps que le sien et il n'avait visiblement pas envie de le voir maintenant. Draco pouvait le comprendre, mais il espérait pouvoir en discuter avec lui à la rentrée. Il ne supporterait pas de perdre l'une des rares personnes qui parvenait à le supporter.
Le seul « point noir » était que Neville avait lui aussi invité ses amis. Mais finalement, Draco était parvenu à trouver leurs présences acceptables : Granger et Weasley avaient flirté l'un après l'autre avec Blaise, ce qui avait fait sourire son meilleur ami toute la soirée Ginerva Weasley s'était parfaitement tenue en public Lovegood avait une robe de très mauvais goût, mais la portait avec un tel naturel qu'on aurait presque pu la penser à la pointe de la mode et les deux derniers membres du dortoir de Neville, Finigan et Thomas, avaient été relativement discrets. Même Potter avait fait preuve de bon goût en disparaissant à chaque fois que la foule commençait à converger vers lui.
Vraiment, la cérémonie et la fête qui avait suivi avaient comblé Draco en tout point.
À présent, les invités étaient partis, la grand-mère de Neville montée se coucher, un elfe s'occupait de ranger le jardin où avait eu lieu la fête et Neville le tirait furieusement vers la salle de bain attenant à sa chambre.
Dès qu'ils furent à l'intérieur de la pièce, Draco fut plaqué contre la porte et Neville le domina de tout son centimètre supplémentaire. Leurs torses plaqués l'un contre l'autre, ils collèrent leurs fronts ensemble et plongèrent leurs yeux l'un dans l'autre. Leurs chaleurs se mêlaient, leurs odeurs aussi, et bien sûr leurs phéromones.
Neville commença à bouger tout contre lui, posant ses lèvres sur la mâchoire de Draco qu'il suçota gentiment tout en pressant leurs bassins.
Ils commencèrent à se mouvoir l'un contre l'autre et Draco soupira de plaisir de se sentir ainsi sous son contrôle, bloqué entre la porte et son fiancé, recevant ses attentions, savourant sa force, subissant son affection… Neville caressa ses hanches par-dessus la robe de soirée et descendit sur son cou pour le suçoter. Draco gémit de plaisir et donna un coup de hanche en avant pour signifier son approbation.
Neville continua de le déguster en se frottant contre lui et Draco sentit qu'il perdait lentement mais sûrement les esprits. Le sang lui monta à la tête, et bien sûr pas que à la tête. Sa vision devint floue, sa bouche se mit à prononcer malgré lui une série de propos incohérents et son bassin bougeait de lui-même à la recherche de plus de sensations.
Son fiancé aussi commença à perdre le contrôle, accélérant le mouvement, pinçant sa peau de ses dents, gémissant de plus en plus bruyamment.
Il lui murmura un tas de mots doux à l'oreille. Des « je t'aime » à n'en plus finir, des « tu es beau » entre chaque respiration, puis un « tu es à moi maintenant », murmuré d'une voix si basse et si rauque que Draco se sentit partir.
Une lumière aveuglante recouvrit sa vision et les vagues de plaisirs déferlèrent dans tout son être, comme un tsunami, répandant une succession de spasmes qui ravagèrent son corps. Il rejeta la tête en arrière et Neville grogna en l'accompagnant dans sa jouissance, les doigts enfoncés dans la chaire de ses hanches et sa salive luisant sur la clavicule de Draco.
Ils glissèrent tous les deux, Draco toujours adossé à la porte, jusqu'à se lover sur le tapis recouvrant le carrelage.
Pour reprendre ses esprits à son rythme, Draco déposa une myriade de baisers à l'aveugle, cherchant la peau de Neville sans se préoccuper d'embrasser ses paupières ou son menton. Peu importait, toutes les parties de son fiancé étaient délicieuses et méritaient ses lèvres.
Il commençait à somnoler lorsque la voix de son bien-aimé le sortit de sa béatitude :
- Accio brosse-à-dent !
Draco ouvrit grand les yeux, surpris, en voyant Neville se redresser, l'objet demandé à la main.
- Maintenant ?
- Quel meilleur autre moment pour le faire, s'amusa Neville qui semblait avoir déjà retrouvé sa maîtrise de soi.
Draco était loin d'avoir reconnecté toutes ses neurones, mais dire non à son fiancé alors qu'il était à genoux entre ses jambes avec dans sa main l'objet le plus érotique que Draco pouvait imaginer… C'était hors de ses compétences.
C'est pourquoi il ouvrit les lèvres, docile. Neville mettait un peu de dentifrice sur sa propre brosse-à-dent avant de la porter à la bouche de Draco, glissant sensuellement l'instrument sur les incisives avant d'entrer plus profondément, jusqu'à atteindre les molaires où les poils blancs imbibés de produit se posèrent. Jute avant de commencer plus sérieusement l'exercice, Neville prit le temps d'embrasser le nez de Draco et lui accorda son sourire le plus tendre.
Puis il commença à frotter.
Draco gémit et s'agrippa aussitôt aux cuisses de Neville, ses doigts se plantant dans le tissu pour se raccrocher à la réalité. Il ouvrit la bouche plus grand et sentit ses yeux se voiler et papillonner sous les attentions précautionneuses de son fiancé.
Comme à son habitude, Neville prenait tout son temps pour lui garantir le maximum d'efficacité. Comme s'il était avec une de ses nombreuses plantes qu'il adorait, Neville portait sur son visage toute la concentration et le sérieux du botaniste, trouvant son plaisir dans le soin qu'il offrait à ses fleurs.
Il s'occupa du sommet de ses dents, en bas puis en haut, de l'extérieur avec une suite de gestes précis et enfin à l'intérieur…
C'était ce moment que préférait Draco, lorsque la brosse effleurait sa langue et son palais, lorsque Neville devait rapprocher son visage pour mieux voir, lorsque son souffle calme et mesuré percutait la précipitation du sien.
- J'adore t'avoir ainsi…
Draco leva son regard embrumé vers Neville.
- Quand tu t'offres à moi, quand tu demandes à ce que je m'occupe de toi… Personne n'avait demandé mon aide avant, tu sais ?
Les mouvements ralentirent tandis que le regard de Neville s'assombrissait.
- Je n'étais que le petit Londubat, le cracmol, l'empoté… Les autres rigolaient de me voir perdre mon crapaud et m'ignoraient quand je n'arrivais pas à réussir mes sorts. On ne pouvait pas compter sur moi. Je le voyais dans les yeux de ceux qui m'entouraient, personne ne comptait sur moi.
Il déglutit et reprit son brossage. Ses lèvres se courbaient de nouveau vers le haut quand il reprit :
- Puis un jour, tu t'es évanoui contre moi. J'aurais pu appeler un professeur, j'aurais pu t'amener à l'infirmerie, déléguer cette mission à ceux qui savaient faire… C'est ce que j'aurais fait d'habitude. C'est ce que je voulais faire.
Il rapprocha son visage le temps de frotter leurs nez l'un contre l'autre. Draco aurait voulu lui demander pourquoi il n'avait pas agi ainsi finalement, qu'est-ce qui l'avait fait changé d'avis… Mais la brosse dans sa bouche lui interdisait le moindre mot.
- Sauf que ce jour-là, ce n'était pas n'importe qui dans mes bras. C'était Draco Malfoy, le brillant mais insupportable Serpentard, celui qui s'obstinait toujours à se montrer le plus insupportable possible. Celui qui n'avait jamais montré de faiblesse de son plein gré. Celui qui attirait le regard de tout le monde quand moi je restais désespérément dans l'ombre quoi qu'il arrive. Alors, au lieu de te livrer aux jugements des autres, j'ai préféré empêcher qui que ce soit de découvrir ton état et t'ai amené dans la serre numéro quatre.
Il pouffa.
- En fait, je crois que je faisais surtout preuve d'égoïsme ce jour-là. Je voulais être le seul à te voir dans cet état-là. Ça me donnait l'étrange impression d'être supérieur aux autres.
Il retira la brosse et inspecta ses dents en lui tenant le menton pour lui tourner la tête à gauche puis à droite.
- Ce que tu m'as dit en te réveillant n'était pas très cohérent. Je ne sais pas si tu te rappelles, mais tu m'as demandé de rester auprès de toi. Aguamenti !
Draco ferma les lèvres le temps de rincer sa bouche puis recracha l'eau dans le verre que Neville lui tendit.
- Je me rappelle aussi vaguement avoir dit des choses bien plus embarrassantes.
- Oh ça oui, s'amusa Neville. Tu m'as expliqué que tu étais une fleur d'apparat qui ne savait rien faire d'autre qu'être jolie.
Il plaqua l'espace d'une seconde ses lèvres contre les siennes avant d'ajouter :
- Tu as beau être joli, tu sais faire beaucoup d'autres choses, aussi. Tu es très intelligent et doué en magie. Même si tu es affligeant en terme de relations sociales, tu as su faire des efforts pour te faire accepter de mes amis. Face au danger, tu as su me protéger. Face à ton père, tu t'es rangé de mon côté…
Il ponctuait chaque argument d'un nouveau baiser, parfois sur les lèvres, parfois sur les joues. Sa main sur la gorge de Draco était plus douce que tout au monde.
- Et tu es capable de me transformer en véritable guerrier vengeur.
- J'adore te voir plein d'envie de vengeance, avoua Draco dans un murmure. Tu n'imagines pas à quel point tu deviens excitant dans ces moments-là.
Neville gloussa et se recula enfin, l'aidant à se lever.
- Je suis heureux que tu sois à moi.
- Et je suis heureux d'être à toi.
Aujourd'hui était un jour nouveau. Le petit Neville était sorti de l'ombre pour se montrer sous son plus beau jour, tandis que l'irascible Draco avait appris à faire des choix respectueux pour lui et pour les autres. Deux garçons, solitaires malgré leurs amis, avaient finalement trouvé celui qui changerait leur vie en mieux.
Sans un mot de plus, ils se rejoignirent à nouveau, s'enlaçant de leurs bras, de leurs langues, de leurs cœurs…
Leur baiser était délicieux, comme toujours. Il avait le goût de Neville et du dentifrice, l'odeur des plantes et des phéromones, et la saveur de leurs sentiments.
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FIN
OH PAR MERLIN je n'arrive pas à croire que cette histoire est terminée y_y Non pas qu'elle fut particulièrement longue, mais je ne sais pas, je m'étais habituée, c'était mon petit quotidien !
Et j'entends déjà venir les commentaires de déception : non mes chè .s ami.e.s, il n'y aura pas de sexe endiablé avec coït entre deux jeunes hommes (toujours mineurs soit dit en passant^^). Même s'ils sont consentants et que cela viendra plus tard dans leur relation, quand Draco sera prêt, pour ma part, je m'arrête avant.
Vous avez le droit d'être frustré.e.s et de me lancer des tomates, mais pensez au gaspillage alimentaire ! :p
En tout cas, j'espère que cette histoire vous aura plu jusqu'au bout, que vous vous serez bien amusé à la lire, que Draco vous aura fait rire autant qu'il vous aura exaspéré... En soit, que cette petite fic sans prétention (à part celle d'avoir écrit de la paraphilie assez cool, convenez-en) vous aura fait sourire et vous aura apporté un peu de bonheur dans ces temps pas toujours facile.
Je vous embrasse fort, prenez soin de vous et, si ça vous a plu ou si vous avez quelque chose à me dire, laissez une petite review pour m'encourager ;)
Yume u_u
