[SOUVENIR ou VISION- PARTIE 3]

Remus Lupin avait entendu le discours de Dumbledore avec gravité. Quelqu'un était touché d'un mal assez puissant de la taille d'un galion et se mourrait lentement dans une souffrance évidente. Le froid était une douleur épuisante, effrayante, voire brûlante, alors geler de l'intérieur... Endurer cela pendant plusieurs semaines, il imaginait que l'homme devait être costaud pour l'éprouver.

Son premier choc fut d'apprendre que c'était un de ses ennemis d'enfance, Severus Snape, qui l'avait fait demander pour ses qualités Lycanthropes. Si le Maître des Potions s'avouait vaincu et était forcé de lui demander de l'aide à lui, un des types qu'il déteste le plus dans le pays, c'est que l'heure était certainement grave. Il était sûrement son derniers recours et imaginait facilement que la victime était condamnée à une mort difficile.

Nonobstant, son deuxième choc fut non seulement de découvrir la personne touchée, mais aussi la réaction de son hôte. Snape enveloppait un corps frêle dans ses bras, se dandinant comme on bercerait un enfant. Il chuchotait des paroles d'une voix enrouée mais douce, visiblement très affecté par la souffrance de la victime. Depuis quand ce type détestable était à ce point attaché à quelqu'un autre que Lily ? Depuis quand affichait-il une autre facette que l'indifférence ou le mépris ? Remus se dit que ce devait être une personne vraiment très importante pour l'espion Mangemort et ne put réprimer de la pitié pour cet homme qui perdait à chaque fois le peu de personne qu'il estimait. Un peu comme lui-même...

Puis il vit cette chevelure ondulée caramel… Il se sentit mal et dû se retenir au chambranle. Albus le regarda, une légère culpabilité. Il n'ignorait pas l'amitié entre Lupin et Granger, où leur intellect se retrouvait souvent. Harry et Ron s'étaient rapprochés mais ne passaient plus la porte. Le maître des lieux leur avait certainement bloqué l'accès.

Il pria Merlin de le faire se tromper, que ce n'était pas leur Hermione, mourante dans les griffes de son ennemi de jeunesse. Il rouvrit les yeux mais la vision n'avait pas changé. Non. La condamnation qui faisait visiblement souffrir l'homme en noir venait de le toucher, comme une balle qui ricoche. Remus s'avança jusqu'à un mètre et attendit quelques instants, tenta de retrouver son courage Griffondorien. Puis il prit la parole d'une voix déterminée.

- « Snape. Dis-moi ce que je peux faire. »

La Terreur des cachots cessa de bercer son précieux paquet et tourna lentement la tête vers son visiteur. Il planta son regard d'obsidienne et Remus retenu légèrement sa respiration. Les orbes ténébreuses qui le fixaient étaient des abysses sans fond, un flot d'émotions brutales, des ténèbres en liquide. Il avait côtoyé le Serpentard de nombreuses années, dans sa jeunesse et dans l'âge adulte, en cours comme en bataille, mais jamais, au grand jamais, il n'avait croisé ce regard là. Il se força à se détacher de ce néant trop profond et avisa la jeune femme. Elle était livide, exsangue, les lèvres et ongles bleus, l'iris terne. Son cœur se fissura et il se tourna vers son protecteur.

- « Utilise tes sens. » le surprit-il d'une voix enrouée, où se mêlait fatigue et désespoir. « Dis-moi ce qu'elle a… ou combien de temps il lui reste. »

Remus déglutit. Il s'avança et s'agenouilla de l'autre côté de son ancienne élève. Il prit la main qui ne s'accrochait pas à Severus et la porta à son visage. Il ferma les yeux et sortit son loup intérieur. Quelques secondes. Un grondement vibra dans sa cage-thoracique, ses paupières s'ouvrirent sur des Lunes lumineuses de prédation. Il épia son grain de peau, régulier et parfait. Il tritura ses veines, dont le sang s'écoulait un peu lentement mais correctement. Il écouta son cœur, trop calme mais régulier. Il fit part de ses constantes aux oreilles attentives.

Il allait reposer la main gracile quand il eut une idée. Il porta la main à son nez et inspira. Il fronça les sourcils et grogna, faisant sursauter tout le monde. Oserait-il ? Après tout…
Il porta la paume à sa bouche et la lécha lentement… et se redressa brusquement.

- « Impossible ! » s'exclama-t-il. « Snape, tends-la-moi. » exigea-t-il.
- « Pourquoi faire ? » gronda celui à la chevelure charbon, sur la défensive.
- « J'ai besoin d'avoir accès à son cou. » grogna-t-il à nouveau.
- « Tu es malade ! Tu crois que je vais te laisser la bouffer Lupin ? » beugla Snape, sortant sa baguette et serrant la jeune femme contre lui.

- « Calmez-vous... » tenta vainement Albus Dumbledore.
- « Oui tu vas le faire Servilus ! Sinon tu ne veux pas vraiment la sauver ! » hurla Lupin en retour, clairement menaçant.

- « Je ne laisserais pas un monstre dans ton genre la toucher ! » cracha l'homme.
- « Je ne suis pas plus un monstre que toi, sale Mangemort ! » fulmina l'autre.
- « ça suffit ! » stoppa Potter, contre toute attente. « Professeur… Remus, pourquoi ? »
- « J'ai besoin de vérifier quelque chose avant de m'avancer. Ne me regarde pas comme ça Harry, je ne vais pas la dévorer. Se..verus !»

- « Je vais lui demander son autorisation... » souffla le sombre homme, après un temps de réflexion.

Il desserra son emprise sur Hermione et se pencha vers son visage pour rencontrer ses pupilles. Ils s'étaient connectés.

Lupin haussa les sourcils et se tourna vers les trois autres, près de la porte. Albus expliqua que la sorcière étant trop faible pour parler depuis des jours déjà, Severus et elle avaient prit l'habitude d'échanger par télépathie faute d'autre méthode. Harry et Ron furent tout autant étonnés. Faire de la Légilimencie par baguette était une intrusion souvent violente, dont Harry gardait de très mauvais souvenirs éprouvants. Mais visiblement, leur amie ne souffrait pas le moins du monde de cette intrusion et son professeur s'apercevait à peine de sa propre transe. Ils semblaient plongés dans un monde à part que rien ne pouvait perturber. S'en rendait-ils seulement compte ?

- « Fais, Lupin. » maugréa Severus, mettant fin à l'étrange échange. « Mais elle reste avec moi ! Et au premier geste louche, je t'envoie dans le mur, c'est clair ? »
- « Je tiens aussi à elle. » déclara simplement le châtain aux reflets blonds.

Il sembla aux témoins qu'il y eut un combat de regards entre les deux sorciers, professeurs… ou hommes. La Chauve-souris relâcha doucement sa patiente sans quitter le loup des yeux, prêt à tout. Ce dernier insista et l'autre dû prendre sur lui, dans un sourire crispé peu aimable, pour éloigner davantage la jeune femme de lui et la rapprocher... de l'autre.

Remus se détourna du brun et se concentra sur elle. Il reprit sa main dans un geste tendre et vérifia une seconde fois son odeur et son goût. Puis il se pencha lentement vers elle et scruta son regard, dans une demande d'approbation silencieuse. Il plongea son visage dans son cou, descendit sur son épaule en poussant la chemise de nuit avec son nez, remonta lentement sur sa nuque puis sous mâchoire, inspirant toutes les effluves de sa peau et ses cheveux. Il retourna lentement sur son trapèze et entre-ouvrit la bouche. Il posa ses lèvres sur l'épiderme et nota un frisson qui le fit sourire intérieurement. Il sortit la langue et quand elle entra en contact avec sa peau juvénile, fut frappé à nouveau par son goût. Il dégusta chaque centimètre jusqu'au cou, remontant vers le creux de la mâchoire et y prit un plaisir fou malgré lui. Son odeur changeait à mesure qu'il la léchait et qu'elle ressentait son toucher… et ce n'était ni une odeur de peur, ni de dégoût, loin de là. Il ne put refréner un ronronnement et relevant les yeux, croisa les orbes volcaniques du Serpentard, à deux doigts de céder à une violente pulsion.

Un demi-sourire se planta sur son visage de maraudeur et ses vieilles habitudes refirent surface. Il sourit davantage tout en léchant le cou de la jeune sorcière et en regardant bien Servilus susurra un discret « Délicieux... ».

Ce fut la goutte qui fit déborder la potion et ses émotions, il ne devint plus Maître de la première ni de la deuxième. Il jeta un sort cuisant sur le Maraudeur, qui avait bien entendu prévu le coup et l'avait évité dans un bond adroit, baguette sortie. Snape lui lança plusieurs sorts que le grand Maraudeur évitait d'un amusement malsain. Il ne pouvait rien lancer sous peine de toucher son ancienne élève qu'il chérissait, alors il ne fit que se protéger. Ils entendait vaguement Albus, Potter et Weasley leur crier d'arrêter. Mais ils ne comprenaient pas la rengaine qui habitait les deux vieux ennemis. Même si la plupart du temps Remus ne faisait que suivre les autres Maraudeurs et n'était pas vraiment l'instigateur du harcèlement sur Severus, il ne s'entendait tout de même pas avec ce dernier. Il dévia un sort particulièrement agressif qui ricocha sur les flammes de la cheminée, l'éteignant. La pièce redevint froide instantanément, comme si le maléfice de la jeune femme irradiait autour d'elle dès que c'était possible.

- « Non ! » rugit Snape. « Non, par Merlin ! Non non non !»

Il fit exploser un feu dans l'âtre, trop puissant mais sans y prêter attention puis décupla les sorts de réchauffement sur sa protégée. Le faible souffle de la Princesse des Griffondor faisait une buée anormale et le Mangemort finit de perdre son calme. Les témoins étaient perdus et ne comprenaient ce qui se passait. Albus réalisa que son espion lui avait caché quelques détails sur l'évolution de ce mal et fut désappointé. Les deux amis étaient grelottants autant par le froid subit que par la peau de l'état de leur amie.

Remus, lui, réagit bien plus vite ; en tant que professeur de Défense Contre les Forces du Mal et lycanthrope, son esprit avait l'habitude d'analyser rapidement. Il attisa de façon presque virulente le feu de cheminée et ajouta des sorts de réchauffement à ceux que son homologue, incluant même le tapis.
Il se retourna et mit tout le monde dehors, prétextant la sécurité, et conseilla à Dumbledore de raccompagner les adolescents protestataires. Il assura au directeur de donner des nouvelles dès que ce serait possible. Le vieux sorcier n'acceptait pas d'être mit à l'écart de cette façon. Il verrouilla la porte, bloqua l'accès magique par cheminée et insonorisa la chambre.

Il rejoignit enfin le Mangemort et leur élève, livide et évanouie.

- « Montre-moi. » ordonna Remus. « Servilus montre-moi bon sang, ne fais pas l'idiot ! »
- « Va te faire foutre Lupin ! »

- « Je crois savoir ce qu'elle a, putain ! »
- « Comment tu peux le deviner en une visite alors que j'y ai passé des jours ?! »
- « Depuis quand cela a dépassé le galion, Severus ? » demanda-t-il sombrement, peu dupe. « Laisse-moi voir. »

Il injuria et se pencha sur Granger, allongée sur sa cape devant la cheminée. Il défit le drap blanc, les pans de cape noire et d'un trait de baguette, coupa le tissus de sa chemise de nuit. Il serra les paupières un instant puis écarta le tissu, dénudant le milieu du buste… marqué depuis clavicules jusqu'au nombril. Le buste de la jeune sorcière était presque entièrement rongé par des veines blanches bleutées, quasi lumineuses comme un iceberg.
Remus se pencha à son tour et passa une main sur la peau glaciale, remontant du ventre jusqu'au plexus, la poitrine, la gorge, puis redescendit et s'arrêta au centre névralgique.

- « Il faut que tu saches que par « délicieux », j'entendais vraiment, délicieux. » entama Remus. « Tais-toi et écoute-moi par Merlin.. Elle ne sent pas la mort et n'en a même pas le goût ! C'est même tout le contraire ! Pourtant quand j'entends et voit son cœur et son corps, il est clair qu'elle va mourir si cela continue. Je pense que le dilemme va au-delà du physique ou de la magie basique. »
- « Explique-toi » cracha le Potionniste.
- « On en a pour plusieurs heures. Prépare-toi. » déclara le Loup-Garou.

Les portes se fermèrent sur eux dans le plus grand secret.


Note d'auteur : Quoi, non, tu ne vas faire ça ? Couper là, comme ça ?! Bah si. Parce que...

*roulement de tambours*

Je suis en train de recorriger la suite.

Oui, on s'attend à un acte sadique de ma part mais en fait non. J'ai manqué de temps donc ce soir je revois ce qui est déjà écrit et corrige dans la mesure du possible. Je voulais poster cette moitié afin de ne pas trop vous frustrer.
La seconde moitié viendra dans ce même chapitre, dès qu'elle sera prête en bonne et due forme (sûrement d'ici demain).
Je vais quand même répondre aux reviews de mes dragons chouchous qui me suivent... *rougis à vos Reviews* C'est moi qui vous remercie !


EDIT : Voilà la suite comme promis ! Encore navrée pour le retard, mais chez nous on fête Halloween pendant plusieurs jours et avec le boulot à côté, je manque de temps. J'espère que cette suite vous satisfera, nottament certain(e)s qui m'ont demandé de pimenter un peu l'intrigue... Bref ! J'attends toujours vos avis avec engouement. Bonne lecture mes dragons 3


[Partie 3,5]

L'aube n'était pas encore levée quand des paupières s'ouvrirent lentement.
Elle se sentait nauséeuse, fatigué, comprimée, et avait trop chaud. Il inspira et fut frappée par un mélange de parfums boisés inconnus. Cuir… herbe coupée… épices… musc… vieux parchemin... Santal… après rasage ?

Elle inspira à nouveau, se tourna vers la senteur qu'elle reconnaissait à sa droite et rouvrant les paupières fit face au visage profondément endormi de son professeur de Potions, Severus Snape. Elle avait sa nuque posée sur le bras replié du sorcier. Ses cheveux noirs fins et brillants recouvraient en partie son visage. Il semblait épuisé, ses cernes débordaient sur ses pommettes anguleuses et ses joues creuses assuraient qu'il ne s'était pas assez nourrit. Sa bouche fine n'était pas pincée par l'agacement et avait sa forme naturelle, plus suave que son grand nez caractériel. Endormit, il n'avait plus ce pli soucieux entre les sourcils, cela le rendait charmant, sa belle peau blanche et sans l'ombre d'une barbe semblait douce.

Elle réalisa soudain sentir un autre souffle à sa gauche et tourna lentement la tête de l'autre côté.
Elle écarquilla les yeux face au visage endormit du professeur Lupin, lui aussi proche d'une vingtaine de centimètres à peine. Ils ne s'étaient pas croisés depuis des mois, lors un repas de famille au Terrier des Weasley. Que faisait-il là ? Elle le détailla. Son grand front était barré de cicatrices qui descendaient en diagonale sur son nez droit, sa joue abîmée, sa mâchoire forte, son cou puissant où palpitait son sang. Il avait aussi d'autres marques sur son menton et sur ses lèvres charnues aux coins espiègles. Il avait rasé sa moustache et cela révélait agréablement le bas de son visage. De longs cils aux reflets clairs ombrageaient des yeux mordorés, qui devenait de plus en plus jaunes et lumineux, qui la fixaient en ce moment même avec beaucoup d'émotions. Il était réveillé !
Elle se sentit mise à nue par ces yeux, tellement plus clairs que ceux de son autre professeur qu'elle croisait à chaque instant depuis des jours, mais tout aussi intenses. C'était des opposés, les robes noires et les dorées, le sorcier sarcastique et l'agréable, l'homme renfermé et celui plus ouvert, celui de l'ombre et celui de la lumière… pourtant, le plus virulent cachait une sensibilité délicate, alors que l'homme posé cachait des sentiments violents.
Une seule chose semblait les rejoindre, c'est le monde de la nuit, des ténèbres, de l'obscurité. Elle ne se rendait pas compte qu'elle était un autre point qui les faisait se rejoindre...

Lupin s'était réveillé avec la sensation qu'on l'épiait. Sa condition lui donnait de certes avantages instinctifs, comme un sommeil léger. Il aurait pu être sur le qui-vive, sortant sa baguette prêt à l'attaque!Mais quand il aperçu le visage de la jeune Hermione Granger qui était entrain de le détailler pendant son sommeil, il ne sut que dire. Merlin, elle était vivante ! Merlin, elle avait reprit des couleurs ! Merlin, qu'elle était belle…
Leurs regards se croisèrent et elle mit quelques secondes avant d'écarquiller les yeux. Il voulut sourire mais ce demandait si c'était réel ou s'il dormait encore.

Il remonta la grande main large et aux longs doigts puissants qu'il avait posée sur son ventre plat et jeune, jusqu'à son sternum. Il caressa sa peau soyeuse et tiède, faisant une halte sur son plexus solaire au rayon glacé mais de nouveau de la taille d'un petit galion. Il sauta de joie intérieurement, cette saleté avait rétrécit ! Sa main continua de remonter dans la vallée de sa poitrine, à nouveau tiède aussi, jusqu'à sa gorge où ses sens lycanthropes lui renvoyait chaque battement de cœur, énergique, vivant. Il prit en coupe sa joue rosie par le traitement qu'il avait offert à son buste découvert. Il aurait dû avoir honte de lui, enlever sa main, couvrir immédiatement sa pudeur, partir en emportant Snape avec lui, puis appeler Pomfresh qui vérifierait ses constantes.

Non. Il était bien trop heureux de la sentir vivre et frissonner sous ses doigts, de plonger dans ses yeux dont le terne funèbre s'était enfin dissout, de respirer son parfum suave et fort à nouveau. Au diable la convenance, le protocole. Elle avait frôlé la mort et jusqu'à son réveil, ils n'étaient même pas certains qu'elle survivrait. Il lui sourit de soulagement et elle lui rendit, un sourire sincère de celle qui respire à nouveau, les yeux larmoyants. Il se redressa, se pencha sur son visage et posa sa bouche sur son front. Il posait sur elle ce baiser d'affection si protectrice.
Il restèrent ainsi quelques minutes puis il s'écarta et avisa son ennemi et collègue juste à côté, encore somnolant. Il fronça les sourcils. Il se détestaient sincèrement. Ils avaient pourtant énormément en commun, leur soif de connaissance, leur attrait pour la DCFM, leur curiosité. Mais il ne pouvait tout de même pas se supporter. Il mit tout cela de côté. Il ne pouvait que reconnaître que Servilus… Severus avait tout mit en œuvre pour sauver Miss Granger, alors qu'il n'était pas censé la supporter elle non plus. Il en avait clairement fait des nuits blanches et le soucis qu'il avait lu pour elle, l'avait étonné. Ainsi donc Severus Snape s'était attaché à son élève, une Griffondor qui plus est... Sa Griffondor préférée. Un instant il fut tenté d'emporter la jeune sorcière avec lui et de laisser le brun se réveiller seul, la peur au ventre. Mais le sadisme était plutôt un trait de James et Sirius, pas le sien.

Il tourna son regard vers la jeune femme, peu couverte, dont il avait intérêt à s'éloigner avant que son Loup n'éveille des instincts inavouables. Elle lui lança un regard interrogateur et il sourit légèrement. Il s'approcha de son oreille et chuchota.

- « Je vais aller chercher tout ce qu'il faut. On vous expliquera plus tard, Her… Miss Granger. Prenez le temps… de le réveiller. »
- « Merci » chuchota-t-elle.

Il se leva prestement dans un froissement de draps et s'éclipsa silencieusement. Elle entendit qu'il appelait un elfe pour un petit déjeuner et elle regarda à nouveau l'homme endormi.


Elle tendit ses fins doigts et déplaça les mèches de cheveux noirs corbeaux étalés sur le visage las de Severus Snape. Elle le détailla à nouveau et posa sa main sur sa joue, laissant son pouce caresser la peau cireuse de son étonnant professeur. Il fronça les sourcils et émit un léger grondement, qui la fit sourire. Elle passa ses doigts à travers ses longs cheveux soyeux et s'accrocha à sa nuque comme elle en avait prit l'habitude ses deux dernières semaines.

Il soupira et encore ensommeillé, entoura le ventre et la taille de la jeune femme de son bras. Elle frissonna de pied en cap de cette proximité assez intime, alors qu'il était inconscient. Cela faisait pourtant des nuits qu'il avait prit l'habitude de l'entourer pour la préserver du froid. Cependant, elle n'avait plus froid. En réalité, elle avait subitement… très chaud. Alors qu'il la rapprocha davantage, toujours somnolent, elle sentit une vague de bien-être et d'autre chose qu'elle ne sut définir, lui faisant monter le rose aux joues. L'avant bras et la main du sorcier lui provoquait des picotement dans la peau de son ventre et semblait s'insinuer dans sa chair, ses veines. Elle ne pu réprimer un nouveau frisson délectable.

- « Professeur... » susurra-t-elle en se rapprochant. « Monsieur... Monsieur… »
- « Hermione... » maugréa-t-il, encore de la Brume.
- « Vous abusez, Professeur Severus Snape » s'amusa-t-elle. « Il a vraiment fallu que je meure pour que vous m'appeliez par mon prénom ? »
- « Quoi... » grommela-t-il.

Il fronça les sourcil et ouvrit des yeux flous d'un coup sur elle.
- « Je dors encore… je rêve et vous êtes… vous êtes... » murmura-t-il tristement. « Merlin pitié… ça n'a pas marché…. »
- « Professeur Bon sang ! Ça a marché, je suis bien vivante ! » rigola-t-elle. « Réveillez-vous ! »

Il la contempla longuement, semblant faire le tri dans son esprit. Ses iris redevinrent nettes et il inspira une grande bouffée d'air, nerveux. Il se redressa et passa au dessus d'elle, agité et fébrile. Il se rua sur son buste et vérifia, toucha, appuya, palpa la froide marque blanche qui avait reprit une petite taille. Il ne fit même pas attention à la pudeur de la jeune sorcière. Il se souvenait encore de son corps presque rigide de froid, ses lèvres bleues, son regard terne, son cœur qui ralentissait... Elle avait frôlé la mort.

Les petites côtes étroites entre ses grandes mains larges et longues, il posa sa tête sur le poitrail de Hermione et il ne bougea plus, semblant calmer vainement sa respiration.
Alors qu'elle s'apprêtait à lui demander si tout allait bien, il posa ses lèvres sur sa peau, son grand nez humant la fine peau de son décolleté. Il embrassa la foutue malédiction qui avait pourrit son moral, ses nuits, qui avait fait douter de lui pendant des jours et des jours. Il remercia Merlin, Morgane, et tous ses descendants, sans cesser de maudire et embrasser cet ancrage froid. Elle était vivante, cela avait fonctionné. Il embrassa encore ce point froid, comme si sa bouche pouvait le faire disparaître. Il ne voulait pas penser à ce qui serait arrivé s'il n'avait pas appelé Lupin, ni s'il avait refusé de venir, ni si finalement c'était vain. Il aurait pu trouver lui-même pourtant ! Il ne comprenait pas comment il avait été si aveugle à ce qui était juste là, sous son nez… non, sous sa bouche. Elle était en vie. Il appuya ses lèvres plus fort. Il ne voulait pas penser aux remerciements qu'ils devrait faire au foutu Rouge et Or, ni aux explications vaseuses que les deux devraient fournir à Albus et Pomfresh. Vivante.

- « Vivante... » souffla-t-il en embrassant des dizaines de fois le rond de glace. « Vivante… Vivante... »
- « Oui, vous m'avez encore sauvée professeur. » rigola-t-elle, chatouillée entre les baisers gênants et les cheveux noirs qui glissaient sur elle.

Le palpitant de l'adolescente tambourinait plus fort, sa chaleur augmentant en elle et dans son bas ventre. Il ne semblait pas se rendre compte du traitement excitant qu'il éveillait malgré elle… mais il sentit son cœur battre sous la paume de sa main. Elle l'entendit étouffer un sanglot. Émue, elle posa ses mains frêles sur la tête du Maître des Potions qui vraisemblablement, avait oublié son masque d'indifférence sarcastique. Elle passa ses doigts dans la longue tignasse noire et brillante dans un geste maladroit mais rassurant. Il enserra ses côtes et retint difficilement ses émotions qui débordaient de ses barrières d'Occlumens.

- « Vous ne m'avez pas lâchée... » se rappela-t-elle, heureuse.
- « Je ne vous aurais jamais lâchée. » gronda-t-il sombrement, en levant son visage vers elle et plantant ses obsidiennes dans ses ambres. « Vous me croyez vraiment être un Mangemort sadique et impitoyable ? »

- « Non… enfin si. » dit-elle joueuse sous son regard devenu coléreux. « Vous êtes bien un Mangemort et impitoyable en duel. Et avouez que vous êtes sadique avec vos élèves ! »

- « Miss Granger ! » tonna-t-il, un sourcil rehaussé cachant son amusement. « Je ne vous permets pas ! »
- « Oh, c'est de nouveau 'Miss Granger' ? »
- « Évidemment, je suis votre professeur ! »
- « Je pensais qu'étant donné les circonstances... »
- « Qu'elles circonstances je vous prie ? » susurra-t-il caustique. « Vous ne pensez tout de même pas que m'avoir coincé en me forçant à jurer pour votre petite personne va vous porter chance ? »
- « Bien sûr que si ! » ria-t-elle.
- « Je vais vous le faire regretter ! » cracha-t-il.
- « J'en doute ! Mais vous pouvez essayer » répliqua-t-elle.

- « Miss Granger ! »
- « Professeur ? »
- « Cessez d'être familière avec moi ! » s'énerva-t-il.
- « Vous êtes mal… ou plutôt bien placé pour parler de familiarité, franchement. » ironisa-t-elle en baissant le regard, se raclant la gorge.

Snape fronça les sourcils et mit quelques secondes à comprendre. Ses mains maintenaient toujours les côtes de la jeune femme, juste sous ses seins qui frôlaient parfois le dessus de ses mains. Il pouvait sentir la peau sous ses doigts et même son battant sous sa droite. Il s'était redressé pour l'inspecter et de ce fait, avait placé un genoux d'un côté et l'autre entre ses cuisses qu'un drap dérisoire couvrait. Il surplombait une jeune femme à moitié dénudée, son élève de 16 ans à la crinière indomptable étalée sur les coussins, dans son lit aux couleurs Serpentard, avec qui il dormait depuis deux semaines. Certes c'était pour des raisons de santé, mais il n'oubliait pas la première fois qu'il s'était retrouvé dans une situation similaire avec elle et son soucis matinal.
Il devint encore plus pâle si c'était possible, puis une rougeur apparue sur son cou, ses joues, ses oreilles, et il sentit une bouffée de chaleur monter en température comme une bouilloire sur le feu.

Il s'écarta si vivement qu'il en tomba du lit dans un fatras de couvertures et se dépatouilla maladroitement avant de se redresser sans classe.

- « Miss Granger ! » beugla-t-il. « Vile sorcière Serpentard ! »
- « Qu'est-ce qui se passe, ici ? » demanda Lupin visiblement agacé.

Il oscilla entre un Servilus échevelé rougis par la colère et la rescapée assise sur le lit. Il baissa les yeux vers l'allure de l'adolescente, qui tenait tant bien que mal sa chemise découpée au centre pour cacher ses formes. Il sentit un picotement sur la langue et se dit que si son collègue était rouge, ce n'était peut-être à cause de la colère finalement. Il se racla la gorge et proposa à la jeune femme son cardigan pour se couvrir. Servilus réagit au quart de tour, lui claquant la porte au nez en beuglant un « Certainement pas ! ». Il maugréa sur le manque de manières du Bâtard Graisseux.

Quelques minutes plus tard, ce dernier ressortit de la chambre impeccable, paré de son visage sarcastique insondable, suivit d'une Hermione visiblement amusée et gênée… Le loup plissa les yeux. Elle était habillée d'une chemise noire de Snape trois fois trop grande qui lui tombait mi-cuisse, au dessus de sa chemise de nuit raccommodée magiquement. Donc il ne voulait pas qu'il prête son gilet mais lui passait une de ses vêtement personnel ? Le sale Bâtard des cachots, territorial !

Ils déjeunèrent dans une relative bonne humeur jusqu'à ce que le côté Griffondor de la jeune femme ressorte et qu'elle les mette au pied du mur pour connaître les détails de sa demie-rémission. Malgré son respect habituel pour ses professeurs, elle les engueula comme des chiffonniers pour les risques qu'ils avaient prit. S'en suivit un débat houleux sur ce qui pouvait ou non être révélé.

Peu après, Dumbledore et Pomfresh apprirent que le Maître des Potions et l'ancien professeur de DCFM avaient combiné une potion avec un sort et qu'elle était totalement guérie. Pomfresh n'y vu que du feu malgré ses coups de baguette pour vérifier ses constantes. Snape détourna l'attention du Directeur en prétextant des informations essentielles sur Voldemort.
Les trois cachottiers convinrent se revoir plus tard et ailleurs au sujet de la suite.


[Fin de la Vision !]

Severus Snape fut prit d'une quinte de toux. Il reprit sa respiration, haletant comme s'il s'était noyé dans un songe particulièrement douloureux et amère. Il s'appuya sur son coude, une main sur son cœur. Les dalles en pierres de la Tour d'Astronomie étaient froides en cette nuit d'automne. Une perle de sueur coula sur un front blafard. Il tenta de se relever mais retomba sur ses genoux, une migraine le fit gémir.

- « Chut… Chut, tout va bien. » le rassura une voix. « ça va aller, ne bougez pas. »
- « Miss Granger ? » appela-t-il. « Que s'est-il passé ? »

Il ferma les yeux un instant, se sentant mal. Il les rouvrit et regarda la jeune fille… non, la jeune femme agenouillée devant lui. Elle portait cette robe blanche éthérée, ses boucles sauvages encerclant ses épaules frêles, ses yeux d'ambre le mirant avec appréhension et inquiétude. Il fronça les sourcils. Qu'est-ce que la sorcière lui avait fait ? Il fut prit d'animosité. Il était espion et détestait ne pas découvrir les secrets. Il tira sa baguette de sa cape et la dirigea vers la brune. Leurs cris se croisèrent.

- « Professeur non ! »
- « Legilimens ! »

Un flash surgit et il grogna de douleur. Il s'écroula au sol, une crampe dans son abdomen le cloua au sol. Il tenta de voir où était son homologue mais sa vue était floue.

- « Professeur Snape ! » s'écria une voix. « Vous ne pouvez pas utiliser la Magie dans cet état, vous devez vous reposer! »
- « Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Dites-moi par Merlin ! »
- « Je suis désolée Professeur, ce n'est pas possible... »
- « Pourquoi ? Je vous somme de me dire ce qui se passe ! » s'exaspéra-t-il.
- « Il y a des secrets qu'on ne peut divulguer, même quand on le veut, professeur… Cherchez. Et trouvez. Souvenez-vous... ».

- « Qu'est-ce que vous raconter » il perdait son souffle. « Dites-moi Granger.. »
- « Chut… chut… Calmez-vous, ça ira mieux... »
- « Granger… Hermione... »

Sa vue devint sombre, un tourbillon le rendit mal à l'aise et il cessa d'être conscient ou de rêver.
Il lui sembla se réveiller quelques secondes plus tard. Il se redressa… il était dans son lit à baldaquin, avec ses vêtements de nuit habituels. Il faisait déjà jour et il avisa l'heure de se lever.
Il ne comprenait pas. Il était sûr d'avoir cherché cette satanée Miss Granger dans tout le château hier soir et finit par la trouver dans la Tour d'Astronomie. La scène était certes invraisemblable, avec ce songe ensuite, qui ressemblait étrange à un souvenir…

Il pli se forma entre ses sourcil et un rictus couvrit ses lèvres fines. Ce n'était pas très réaliste. Il aurait dormit et tout ne serait qu'une invention de son imagination. Il grogna et se leva.

Tout cela n'était-il qu'un rêve ?


Kyaaa 5.555 mots ! Mouahahaha j'ai réussi ! Heu... bref.

Réponses aux coms'

Katymyny : Hum hum, oui, n'est-ce pas ? Bien que je n'imagine pas la peau de Severus comme celle d'un crapeau. Vu sa pâleur, elle doit être fine et douce... Houla, je m'égare. Il fait chaud non ? "Vive l'eau froide" xD
Oui, c'est drôle de jouer avec les nombres, je suis une gamine xD

Zeugma412: Oui ! Lui qui refuse de s'attacher et qui a "l'habitude" de voir des gens mourir, j'avais envie que ses barrières tombent malgré lui.

Dark Coquelicot : Emmêlés oui, c'est l'image ! Avec cette brume du matin où tu n'es plus sûr de quoi appartient à qui xD.
C'est Severus, il a nécessairement trouvé quelque chose parce qu'il est trop intelligent et quasi parfait *sifflote*. Que de bonnes questions ! Qu'a-t-il fait ? A-t-il réussit ? Comment ? Pourquoi il a oublié ? Comment Hermione s'en est sortie ? J'ai trouvé que tu as un bon esprit de déduction, je me demande quel détail te fera réaliser le truc... j'ai hâte !

Bilko : Et moi je suis ta fiction avec ferveur ! xD Je suis étonnée et ravie que tu suives ma fiction, merci *rougis*