Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Libre''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Contexte : Suite du drabble n°17 de mon recueil ''True Love Never Ends'', ''Le Vent Nous Portera''.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Quand ils arrivent enfin à Pentos, après des jours et des jours, peut-être même des mois passés sur ce bateau, ils sont quelque chose qu'ils n'ont jamais été : ils sont libres.

Ils sont libres.

A Westeros, ils étaient Cersei et Jaime Lannister, enfants du grand Tywin Lannister, issus de la famille la plus riche des Sept Couronnes, ils étaient frère et sœur, ils ne pouvaient pas s'aimer parce que cela n'était pas bien, pas bien aux yeux des Sept qu'on leur avait appris à respecter depuis leur petite enfance, pas bien aux yeux de la société qui n'autorisait pas les mariages incestueux, sauf pour la famille Targaryen, mais malheureusement pour eux, ils n'étaient pas des Targaryen, et pas bien aux yeux de leur père, qui espérait pour chacun d'entre eux faire un mariage qui lui apporterait pouvoir et puissance, plus qu'il n'en avait déjà alors qu'il en avait déjà trop.

A Pentos, ils sont juste Cersei et Jaime. Ils ne sont pas des Lannister, ils ne sont pas des lions du Roc, ils ne sont pas frère et sœur, ils ne sont pas les enfants de Lord Tywin. Ils ne sont personne.

Ils ne sont personne, et ils sont libres.

Rien que le mot a la plus douce des saveurs sur leurs langues.

Libres. Libres. Ils sont libres.

Ils sont libres, et rien ni personne ne changera jamais ça.

Pentos leur rappelle étrangement Castral Roc, avec la mer aux eaux turquoise, le sable blanc et le soleil brûlant dans le ciel bleu sans un nuage à l'horizon.

La première chose qu'ils font quand ils arrivent est de se rendre chez un courtier, afin d'échanger les bijoux que Jaime a pris soin d'emporter contre de l'argent.

Les dieux savent à quel point ils vont en avoir besoin.

Après tout, ils ne sont que deux jeunes adolescents, qui viennent de débarquer dans un endroit qui leur est totalement inconnu, sans savoir où aller, et en ne connaissant personne qui pourrait éventuellement les héberger.

Mais surtout, maintenant, ils vivent avec la perpétuelle menace d'être reconnus, retrouvés.

Maintenant que leur père a dû se rendre compte de la disparition de ses jumeaux dorés, il a probablement envoyé ses armées à leurs trousses aux quatre coins du Monde Connu.

Cersei n'apprécie pas du tout le regard que darde le courtier sur elle quand ils parlementent avec lui, comme si elle était un morceau de viande particulièrement appétissant, et Jaime encore moins qu'elle, à tel point qu'il passe un bras possessif autour de sa taille, afin de montrer au petit homme gras qu'ils ont en face d'eux qu'elle est déjà prise.

Ils ressortent de cet endroit aussi vite qu'ils y sont entrés, leur argent en poche, suffisamment pour acheter une maison plus que correcte.

Ils en trouvent une jolie, juste sur la plage, au bord de la mer, aux murs de pierre blanche et au toit de tuiles rouges.

Quand l'homme richement vêtu qui propose la maison à la vente, pensant essayer de convaincre un jeune couple tout juste marié leur demande si la maison leur convient, ils n'ont même pas besoin de parler ensemble pour savoir s'ils sont d'accord. Un seul regard leur suffit.

Ils débutent leur nouvelle vie un peu difficilement.

Il est dur pour eux, deux enfants de quinze ans qui n'ont jamais eu besoin de lever le petit doigt pour subvenir à leurs besoins, de se mettre à gagner leur vie à la sueur de leur front.

C'est dur, mais ils y arrivent, parce qu'ils sont ensemble.

Jaime a réussi à se faire embaucher au guet de la ville, grâce à ses talents d'épéiste. Pendant ce temps, Cersei s'occupe de la maison, et gagne même un peu d'argent en recousant ou en brodant des vêtements, ses doigts fins entraînés grâce à des heures et des heures interminables passées avec des septas à répéter les mêmes mouvements jusqu'à ce que tout soit parfait.

Mais cela n'a pas d'importance.

Cela n'a pas d'importance, parce qu'à Pentos, ils sont libres. Ils sont libres de s'aimer.

Pour les autres habitants de la ville, ils sont un jeune couple marié.

Cersei s'endort dans les bras de Jaime tous les soirs et se réveille au même endroit tous les matins, sans exception.

Ils peuvent s'embrasser les joues ou les lèvres, se tenir la main, ne faire plus qu'un, comme ils auraient toujours été censés être, tous ces petits gestes anodins du quotidien, mais qui étaient le plus grand des luxes pour eux à Castral Roc, et la chose la plus naturelle du monde à Pentos.

Cersei y pense souvent, à quel point tout cela était ironique.

A Westeros, ils faisaient partie de la famille la plus riche, la plus éminente, la plus puissante de tout le royaume. Ils auraient dû pouvoir faire ce qu'ils voulaient, sans se soucier de l'opinion des autres.

Après tout, le lion n'est nullement concerné par l'opinion des moutons.

Mais non, cela était impossible. Ils vivaient dans le plus grand luxe qui pouvait être, et pourtant, les choses les plus simples, ils n'y avaient pas droit. Ils devaient se contenter de baisers volés aux coins des couloirs ou derrière les arbres, de se tenir la main sous la table, là où personne ne pouvait les voir. Quant à dormir ensemble, il n'était même pas question d'en rêver.

Mais, à Pentos, où ils vivaient en toute simplicité, cela était devenu possible. Et Cersei se rendait compte que de ne plus vivre dans l'opulence ne la dérangeait pas.

Elle n'avait pas besoin des soieries et des pierreries onéreuses, et des domestiques prêts à répondre à la moindre de ses demandes.

A Pentos, elle avait Jaime et sa liberté. Et cela n'avait pas de prix.


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