7 décembre
deuxième partie de La richesse d'une vie
等线18 Décembre 2012 – Beacon Hills Demeure des Stilinski
Mieczyslaw ! Hurla le shérif de la ville face à son fils aussi buté qu'une porte de prison en acier trempé.
Le regard que lança le jeune homme à son père le fit chanceler. Comment son père pouvait encore prononcer ce prénom ? Il le lui avait interdit. Personne ne devait plus jamais le prononcer. Personne n'en avait le droit pas même son père. La seule personne qui l'avait énoncé en dernier était morte et depuis, Stiles n'autorisait personne à le prononcer ni même le chuchoter.
Stiles se raidit et se renferma alors que son père tendit la main vers son fils doucement.
Tu avais promis ! renifla Stiles en reculant violemment.
Désolé Stiles mais tu m'avais aussi promis de ne pas allez avec Derek et sa meute…
Ce sont mes amis, et même si c'est dangereux, j'irai toujours leur porter secours…
J'ai demandé à Scott de t'exclure de la meute…
Tu as fait quoi ? Stiles rêvait tout éveillé. Son père venait de le priver de ses amis. De sa famille. De sa meute. Non, impossible que Scott accepte cela, c'était son frère, son bro, son best, son double, le loup garou n'approuverait jamais …
Il a accepté après ce qui s'est passé ce soir, et c'est effectif à partir de maintenant.
Stiles observa son paternel lui tendre un morceau de papier que le jeune homme reconnu immédiatement. Le morceau de papier était en tout point reconnaissable, il l'avait offert à Melissa un kit de correspondance bleu roi avec une ligne d'étoiles sur le bas de la page. Stiles regardait ce papier sans pouvoir bouger. Scott n'avait pas osé ? Il n'avait pas osé écrire ce papier ? Parce que si s'était vrai et d'après ses recherches auprès de Deaton, toutes les personnes de la meute devaient signer ce papier pour que ce soit effectif quand il s'agissait d'un humain.
Stiles tendit la main, agrippa le morceau de papier et l'ouvrit délicatement tout en tremblant. Son cœur se serra en voyant l'écriture de son meilleur ami, de son frère de cœur. Tout en parcourant les lignes que Scott avait écrites, Stiles entendit son père sortir de sa chambre en refermant la porte.
Comment avait-il osé ? Comment avaient-ils tous osé ? Il les a tous sauvé ? Tous sans exception ! A plusieurs reprises ! Sans qu'il ne demande un merci, ce que bien sur personne ne lui avait donné. Enfin un, et étrangement c'était le plus fou d'entre eux. Merci Peter Hale de faire passer cette meute pour des cons sans cœur alors qu'il était un psychopathe assoiffé de pouvoir.
Sans qu'il ne s'en rende compte, Stiles s'était retrouvé assis sur le sol. La lettre dans sa main gauche avec toutes les signatures de ses amis. De ses ex-amis à présent. Il n'avait plus personne. Se rendaient-ils compte de ce qu'ils venaient de faire? Il ne l'avait pas qu'exclu de la meute, il l'avait exclu de leur vie entière. En plus d'exclure l'ami qu'il était, ils avaient exclu le futur druide de la meute qu'il devait devenir. Et tout ça était de la faute de son père. Comment avait-il pu lui faire quelque chose d'aussi violent ? Stiles venait de perdre une seconde fois des membres de sa famille. A tout jamais.
Le jeune homme se leva, pris les clés de sa Jeep et descendit les escaliers.
Stiles ? Le jeune homme l'ignora superbement, feignant de ne pas l'entendre.
Stiles ? cria plus fort le shérif alors que le jeune homme ouvrit la porte d'entrée.
STILES ! Hurla l'homme alors qu'il attrapa son fils par le poignet brutalement
Lâche-moi ! Hurla Stiles violemment, fixant son père avec une colère sourde au fond de son cœur.
Je te déteste, je ne veux plus jamais te voir, tu as détruit ma vie. Plus les mots sortaient, plus Stiles avait mal, il ne pensait pas ces mots et ne voulait pas les dire, malheureusement s'était plus fort que lui, une petite voix à l'intérieur de lui le poussa à terminer ce qu'il avait commencé.
Je te hais, maman ne m'aurait jamais fait ce que tu m'as fait ce soir, elle aurait été de mon côté et m'aurait soutenu. Stiles n'arrivait pas à contrôler son débit de paroles, sa colère le poussait à dire ce qu'il avait sur le cœur depuis quelques années déjà et ceci allait sûrement achever son père.
Je sais que tu aurais préféré que je meurs à la place de maman, t'inquiète pas, tu n'auras plus à te soucier de ma pauvre et pathétique vie minable de boulet hyperactif casse couille. Stiles sentit la main de son père lâcher son poignet et en profita pour sauter dans sa jeep et démarrer en trombe.
Jackson entra dans la maison Whittemore et claqua la porte d'entrée brutalement sans se rendre compte de la force qu'il employait. Il était en colère. En colère contre eux. En colère contre Scott et son envie de sauver Stiles tout en faisant des conneries à chaque fois. En colère contre le Sheriff pour sa stupidité. En colère contre lui-même pour ne pas avoir défendu Stiles. Malheureusement, il ne pouvait rien y faire sans dévoiler ses sentiments à la face de la meute. Il ne devait pas le faire même si cela voulait dire faire du mal à celui qui faisait battre son cœur de Loup-garou.
Stiles avait toujours été son coup de cœur. Son crush. Son amourette secrète. Il avait tout fait depuis la maternelle pour que le jeune homme aux mille constellations corporelles ne voit que lui. Il était allé jusqu'à sortir avec Lydia pour que l'humain n'ai d'yeux que vers lui parce qu'il lui avait volé celle qu'il aimait. Il était allé jusqu'à devenir un loup-garou pour le protéger de tout et tout le monde.
Aujourd'hui il savait que Stiles n'était pas amoureux de Lydia, il avait seulement une admiration tellement grande pour la jeune femme qu'il se convainquait d'être amoureux. Tout ça pour ne pas être amoureux de quelqu'un d'autre et avoir la cœur à nouveau brisé. Mais voilà, Stiles avait à nouveau le cœur brisé par sa Famille, par sa meute et Jackson ne pouvait rien faire.
Jackson ? Qu'avons-nous dit en rapport à ta force ? Demanda David Porter en s'avançant dans l'immense entrée de la demeure.
Désolé Papa…
Qu'y-a-t-il ? Demanda le père de famille inquiet par le visage contrarié de son fils.
La meute a exclu Stiles ! Cracha le blond en fixant le sol.
Quand Jackson été revenu de son été en Angleterre, ses parents et lui avaient conclu un accord. Plus de mensonges, plus de non-dits entre eux et Jackson avait tout raconté. Ce fut très dur pour les parents Whittemore, mais ils avaient écouté leur enfant et pris la décision de ne rien dire à personne tant que cela ne faisait pas de mal à leur garçon. Jackson avait même mis sur le tapis ses sentiments pour Stiles. David Whittemore avait même plaisanté sur le syndrome de Stockholm pendant l'histoire de la camionnette de police.
Dis m'en plus, Jackson ! Demanda le père de famille en invitant son fils à entrer dans le salon. Ta mère n'est pas encore rentrée de sa visite à l'hôpital des enfants.
Quelque chose retourna le cœur de Jackson quelques secondes. Comme si on le lui arrachait à mains nues. Puis un son strident le mis à genoux. Un son à vous transpercer les tympans presque dans le même façon qu'un enseignant qui appuie une craie sur un tableau mais en mille fois pire.
Posant la main sur ses oreilles, le son fini par disparaître et Jackson pensant quelques secondes à Lydia. On lui avait expliqué le fonctionnement d'une Banshee. Son regard se leva vers son père affolé.
_ Stiles, quelque chose ne va pas avec Stiles !
Scott était assis en tailleur sur son lit depuis son retour du manoir Hale. Ses yeux dans le vague et son esprit ailleurs. Pour la énième fois, il avait fait du mal à son meilleur ami. Pour la énième fois, il ne pouvait pas le sauver du danger qu'il courrait à être auprès d'eux. Il était un lycanthrope et il ne pouvait pas aider son ami d'enfance, son bro, son best. A quoi lui servait ses pouvoirs s'il ne pouvait pas sauver Stiles ? L'humain avait réussi à les sauver tous au moins une fois et pourtant, il n'était pas comme eux. Il n'avait pas de pouvoir. Pas de vitesse extraordinaire. Pas de guérison rapide. Rien. Et à chaque fois, c'est lui qui préparait les plans de sauvetage, des plans bidons mais qui fonctionnaient quand même.
Scott chéri !
L'alpha leva les yeux vers la porte de sa chambre et croisa le regard inquiet de Mélissa.
Je voulais pas, maman ! Dit-il en sentant les larmes lui monter aux yeux. Mais je peux pas l'aider, je suis pas assez fort, personne dans la meute n'ait assez fort pour le sauver s'il reste avec nous ! Continua-t-il en implorant sa mère du regard de lui donner raison.
Je comprends, mon chéri ! Dit-elle en entrant dans la chambre. Mais Stiles ne vous a-t-il pas déjà sauver la vie un bon nombres de fois alors qu'il est sûrement le seul humain de votre groupe ?
Meute ! Maman, on dit meute !
Meute ! Je comprends le point de vue de Noah, mais avez-vous bien réfléchit aux conséquences que cela pourrait engendrer ? Stiles m'a expliqué qu'en excluant un membre d'une meute, s'était à vie et que le membre exclu ne pouvait plus interagir avec les autres sous peine de ressentir une très violente douleur !
Scott se leva brutalement. Personne ne lui avait dit ça ! Bordel, c'était Stiles qui lui expliquait toujours tout. Alors pourquoi n'avait-il rien dit ce soir ? Son cerveau se mit tout d'un coup en fonction et le jeune alpha chercha son portable.
Je dois l'appeler ! Je dois …
Avant qu'il n'ait pu dire le fond de sa pensée, un coup rapide et brutal à la fenêtre lui tourna les cervicales. Derek se trouvait au bord du toit le regard plus torturé que d'habitude. Scott s'avança rapidement et ouvrit.
Vous êtes stupide ou vous le faites exprès ? Grogna comme à son habitude Derek qui fusilla du regard le jeune loup. Bonjour Madame McCall !
Bonjour à toi aussi Derek, mais je préfère Mélissa, Mme McCall était ma belle-mère, une femme qu'il vaut mieux éviter je te le conseille ! Tenta Mélissa pour essayer de détendre l'atmosphère lourde dans la chambre.
J'en prend note, Mélissa ! Joua le jeu Derek.
Je pars deux jours et vous foutez un bordel sans nom ! Qui a décrété que Stiles devait être exclu de la meute ? Parce que vous venez de nous faire perdre notre émissaire et bannir Stiles à vie !
Sans crier gare un hurlement se fit entendre et les deux loups se retrouvèrent à genoux, tentant tant bien que mal de se boucher les oreilles. Mais un hurlement de Banshee n'était pas comme un crissement de pneu sur une route brûlante. On ne pouvait pas l'éviter.
Les deux loups se regardèrent hagard puis un déclencheur se fit.
Stiles ! S'écrient les deux hommes en attrapant leur téléphone respectif.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle passait la brosse sur le même côté de ses cheveux. Elle se fixait dans le miroir en essayant de se persuader qu'ils avaient pris la bonne décision. Et à chaque fois son cœur se tournait violemment. Elle savait qu'il ne fallait pas le faire et pourtant ils l'avaient fait. Elle se fichait des raisons du shérif, Stiles était son ami avait tout, son double, presque son jumeau, s'ils étaient nés dans la même famille. Elle savait bien plus de chose que les autres membres de la meute et c'est pourquoi elle avait réussi à faire en sorte que ce vote soit fait aujourd'hui. Derek n'était pas en ville et Jackson serait présent. Mais rien ne pouvait enlever se poids qu'elle avait sur le cœur depuis son retour du manoir.
Elle revoyait en permanence le regard de Stiles. Elle ressentait ce poids de trahison et d'incompréhension qu'il lui avait fait sentir quand il avait tourné les talons et était partit sans un mot pour les autres. Elle pouvait sentir encore ses derniers mots hurlés, presque crachés à leurs visages avant qu'il ne prenne un air défaitiste, vaincu, abattu. Il était Stiles. Ils les avaient tous sauvé. Derek. Erica. Boyd. Isaac. Scott. Jackson.
Ah ! Jackson ! Il était si facile de lire en lui. Comme si elle n'avait jamais su qu'il n'avait d'yeux que pour Stiles Stilinski. Même s'il avait eu quelques petits sentiments pour elle, c'est pour Stiles que brillaient ses yeux. Elle avait réussi son coup en le forçant à venir mais à quel prix. Maintenant elle avait peur. Peur qu'il fasse une connerie, elle aurait dû repartir avec lui, l'accompagné jusqu'à chez lui. Mais elle avait été terrassé par ses paroles. Lydia était restée tétanisée par la douleur dans sa voix et n'avait pu bouger un muscle. Heureusement Jordan l'avait fait pour elle, étant arrivé en retard.
Elle ne pouvait pas effacer ce regard de son esprit. Stiles ! Son Stiles ! Le même regard qu'il avait le jour où il était revenu à l'école et qu'il avait annoncé à la classe que sa maman était morte. Elle y avait vu une étincelle de culpabilité. Puis l'incompréhension était venu la remplacer et finalement dans la journée, Stiles était devenu aussi vide qu'une coquille. Il ne bougeait plus. Il ne parlait plus. Il était immobile au milieu de la cour, regardant les autres enfants courir vers le portail, se jetant dans les bras de leurs mamans qui venaient les chercher pour le midi. Inconsciemment, ce jour-là, elle s'était juré de ne plus jamais voir Stiles comme ça. Et pourtant.
Son cœur se sera à nouveau. Sa gorge se contracta mais elle essaya de ne pas céder. Elle essayait depuis une heure de retenir ce qu'elle redoutait de pire. Il était hors de question que cela n'arrive. S'était de sa faute tout ça ! Elle voulait faire quelque chose mais si elle bougeait, elle crierait.
Se concentrant comme elle le pouvait, elle continua à brosser ses cheveux. Ses larmes continuaient à couler comme une rivière malgré sa stature immobile. Sa gorge lui faisait très mal mais elle se concentrait encore et toujours sur les bons moments passés avec Stiles. Les longues discussions sur les différentes possibilités de créations d'explosifs utiles contre les loups garous et autres créatures qu'ils avaient trouvés dans le bestiaire. Les fous rires qu'elle avait eu quand Stiles avait essayé d'engueuler Peter après qu'il ait salit la cuisine du loft alors que le jeune homme l'avait fait.
La brosse tomba au sol dans un bruit mat, cassant le silence entrecoupé par ses sanglots. Sa main immobile comme statufié, restait en l'air, elle ne devait pas bouger. Elle ne devait pas y aller. Elle ne devait pas hurler.
Et pourtant !
